Les Syllabus de Pie IX et Pie X et les principes de 1789

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LES SYLLABUS D E P I E I X ET P I E X ET LES PRINCIPES DE 1789 O U L'ÉGLISE, L'ÉTAT ET LA LIBERTÉ Par E M I L E K E L L E R , ANCIEN DÉPUTÉ a Veritas lihembil vos ». La vérité vous donnera la liberté. T R O I S I È M E É D I T I O N PARIS P . LETHIELLEUX, LIBRAIRE-ÉDITEUR 10, RUE CASSETTE, 10
  • base solide pour lejirs travaux
  • ardeur pleine
  • cher navire en détresse
  • celte lumière
  • problème vital de la société ¶
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Publié le : mercredi 28 mars 2012
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LES SYLLABUS
D E
PI E IX ET PIE X
ET LES PRINCIPES DE 1789
O U
L'ÉGLISE, L'ÉTAT ET LA LIBERTÉ
Par EMILE KELLER, ANCIEN DÉPUTÉ
a Veritas lihembil vos ».
La vérité vous donnera la liberté.
TROISIÈM E ÉDITION
PARIS
P . LETHIELLEUX, LIBRAIRE-ÉDITEUR
10, RUE CASSETTE, 10 LES SYLLÀBÏÏS DE PIE IX k DE PIE X
ET
LES PRINCIPES DE 1789 Imprimatur
aParisiis, die a5. Januarii 190g.
U . ODEUN, vic. genm
L'auteur et Véditeur réservent tous droits de traduction et
de reproduction.
Cet ouvrage a été déposé, conformément aux lois en f
juin 1909. AVANT-PROPOS
Mon père est mort dans son cabinet de travail. Miné
par le mal qu'il savait irrémédiable et dont il attendait
d'un instant à Vautre l'attaque foudroyante, il s'était
muni de tous les secours de VÊglise. Puis, maintenant
son âme en présence du Dieu devant Lequel il allait
paraître, sans se laisser absorber ni par la solennité de
cette suprême veillée ni par le souci de ses intérêts per­
sonnels, il avait poursuivi, dans le calme, son labeur
habituel et il consacrait ses dernières forces au service
des grandes causes qui avaient possédé sa vie.
C'est ainsi que Dieu le trouva à son poste et lui ouvrit
les portes de rÊternité.
Vœuvre de la matinée recouvrait la table, et parmi la
correspondance, les dernières pages de ce volume. Elles
étaient achevées, prêtes à l'impression définitive.
Il semble que mon père ait reculé jusqu'à la limite
extrême la mise à jour de cet ouvrage, qui fut à ses
yeux son livre capital.
Lorsqu'en 1865 il avait rapproché le Syllabus de Pie IX
et les principes de 1789, il avait entendu poser, sous sa
forme la plus concrète, le problème vital de la société V I AVANT-PROPOS
moderne. Son amour passionné pour la pairie, son culte
ardent de la vraie liberté et sa foi de chrétien, il les avait
réunis pour approjondir, à la lumière de la vérité infail­
lible et des enseignements de F histoire, comment la poli­
tique et F économie sociale tout entière pouvaient se
mettre d'accord avec renseignement catholique. Puis,
ayant vu clairement les conditions du bien et du salut
commun, rien au monde n'avait pu F empêcher de le dire
à son pays.
Cependant à beaucoup celte lumière avait paru inop­
portune, cruelle aux illusions cl contraire aux accom­
modements qui/s ne désespéraient pas d'établir antre
la Révolution et l'Eglise. Ils voulaient bien donnera F En­
cyclique leur platonique respect, mais ifs n'admettaient
pas qu'on put leur demander cette adhésion dans le
domaine de leur conduite pratique.
On fit autour du livre ce que le général de La Mori-
cïère appela si justement la conspiration du silence, et
on parvint à en détourner Vattention publique.
Quarante ans passèrent : Foubli s'était appesanti,
mais la séparation, chaque jour plus accentuée, entre
F filai et l'Eglise, avait porté ses conséquences logiques.
Pour avoir refusé d'orienter ses destinées vers la vérité
éternelle, la société louchait aux écueils sur lesquels
la Révolution menace de la briser.
De nouveau, le phare du salut s'était allumé sur la
chaire de Pierre. N'étail-il pas trop lard pour échapper
au naufrage et pour reprendre la direction du port?
Celui qui avait infatigablement lutté pour détourner AVANT-PROPO S VII
le navire des récifs, vers lesquels il le voyait entraîné
9
n'espérait plus que l'on pût éoiter la crise; mais il
croyait encore qu « au lendemain d'une tempête pleine
d'enseignements, la vérité apparaîtrait claire et féconde,
seule capable de préserver le monde d'une dissolution
complète et d'un réoeil de la barbarie païenne ».
Ce lendemain, il savait qu'il ne l'atteindrait pas, qu'il
ne serait pas là pour réédifier cette France chrétienne
quijut l'idéal de son patriotisme. Il voulut cependant
apporter sa pierre à l'édifice et laisser à ceux qui
avaient mis leur confiance en lui, comme à ses fils, une
base solide pour lejirs travaux à venir.
Quelque temps, le souvenir de son premier insuccès le
fit hésiter.
Mais, quand il sentit que ses jours étaient comptés, il.
éprouva, comme en 4865, que, voyant clairement la voie
nécessaire au salut de sa patrie, il avait le devoir de la
montrer à tous.
Il reprit donc le livre jadis méconnu ; il le reprit, non
plus avec l'ardeur pleine đespoir de son premier tra­
vail, mais avec la vaillance du chrétien qui jait son
devoir, qui sait que l'effort n'est jamais perdu ni dans
ce monde ni dans l'autre, avec la certitude que les
portes de l'enfer ne prévaudront pas contre l'Église de
Dieu*
La marche des événements et la situation présente
9comportaient de nouvelles leçons quil mit en lumière; il
approfondit les enseignements de Pie X, comme il l'avait
fait pour ceux de Pie IX, et il proclama une dernière vin AVANT-I*HOI»ÔS
fois que le Syllabas de ces deux Papes « était le code du
bon sens et de la vérité non seulement religieuse, mais
politique et sociale ».
Ce Jut la dernière pensée de son âme de lutteur, à
lheure dabandonner le cher navire en détresse, au seuil
redoutable de VÉternité.
Il la lègue à ses amis, à ses jeunes amis surtout qu'il
aimait tant, parce qu'il retrouvait en eux son ardeur
d'autrefois et toutes ses espérances d'avenir.
Juin 1909.
Colonel KELLER.

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