Liber Sacramentorum (tome 7

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LIBER S A C R A M E N T O R U M N O T E S H I S T O R I Q U E S E T L I T U R G I Q U E S SUR LE M I S S E L R O M A I N PAR S. EM. LE CARDINAL S C H U S T B R , O . S . B . DU T I T R E DE SAINT-MARTIN-AUX-MONTS Archevêque de Milan.
  • famille chrétienne dans le corps mystique de jésus
  • vénération des saints
  • martyrs
  • sens chrétien
  • opposition aux fastes et au cycle festif
  • offrande du saint sacrifice
  • diversité existant entre le sacrificium pro
  • célébration quotidienne de l'office divin
Publié le : lundi 26 mars 2012
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Source : liberius.net
Nombre de pages : 430
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LIBER
SACRAMENTORU M
NOTE S HISTORIQUES ET LITURGIQUES
SUR LE
MISSE L ROMAIN
PAR S. EM. LE CARDINAL SCHUSTBR , O.S.B.
DU TITRE DE SAINT-MARTIN-AUX-MONTS
Archevêque de Milan.
TOM E SEPTIÈME
LE S SAINTS DAN S LE MYSTÈR E DE L A RÉDEMPTION
(4 Mars - 6 Juillet)
BRUXELLES
0VROMAN T & G , IMPRIMEURS-ÉDITEURS
3, RUE DE LA CHAPELLE
eDépôt à Paris : 37, rue de Lille (VII)
1931 LIBE R
SACRAMENTORU M
NOTES HISTORIQUES & LITURGIQUES
SUR LE MISSEL ROMAIN
TRADUI T DE L'ITALIEN
AVEC L'AUTORISATION DE L'AUTEUR IMPRIMATUR :
Mechliniae, 16 Aprilis 1931.
J. THYS, can., lib. cens.
DE S PRESSES DE L'IMPRIMERIE VROMANT & C °
3, RUE DE LA CHAPELLE, BRUXELT.ES t
ISTA • QVAM • FELIX • ECCLESIA - VBI . PETRVS . PASSIONI • DOMINICAE
ADAEQVATVR . VBI • PAVLVS - IOHANNIS . EXITV . CORONATVR
VBI • APOSTOLVS - IOHANNES . POSTEAQVAM . IN . OLEVM
IGNEVM • DEMERSVS . NIHIL - PASSVS . EST • IN - INSVLAM
RELEGATVR.
(TERTVLL. DE PRAESCR.) CHAPITRE PREMIER
LES PREMIÈRES LISTES FESTIVES DANS
LE CALENDRIER LITURGIQUE
A vie bienheureuse promise aux justes après qu'ils ont
accompli le cours de leur pèlerinage, et l'unité de la
4 famille chrétienne dans le corps mystique de Jésus,
réunissant autour de l'unique pasteur toutes les brebis du trou­
peau, tels sont les principes théologiques sur lesquels se fonde
la doctrine catholique du culte des saints. Ce culte, déjà ébauché
par la Synagogue, progressa et se développa de pair avec la
théologie et, par sa nature populaire elle-même, se refléta à
travers les siècles sous mille formes diverses, plus ou moins
suggestives, plus ou moins artistiques, selon le différent degré
de civilisation des masses chrétiennes. A rencontre, en effet,
de ce que prétendent les protestants, et même certains catho­
liques imbus de leur esprit, la vénération des saints trouve sa
pleine justification dans l'Écriture, dans la tradition ecclé­
siastique et dans les sources liturgiques des premiers siècles
de l'Eglise.
En effet, l'espérance d'une résurrection glorieuse, dont celle
edu Christ est le type, assimila, au moins dès le II siècle,
la depositio des défunts, et spécialement des martyrs, à la
solennité dominicale; aussi Ignace d'Antioche peut-il écrire aux
Romains que désormais il ne désire rien plus que de mourir,
afin que la nouvelle de son martyre arrive aux fidèles quand
déjà est dressée la table du divin Sacrifice. De la sorte, tous en
chœur pourront remercier le Seigneur d'avoir permis à l'évêque
de la Syrie de monter de la cité de Rome au ciel. Quelques
dizaines d'années plus tard, à Smyrne, l'anniversaire du martyre
de saint Polycarpe est célébré près de sa tombe en grande
pompe, sans que ce rite révèle le caractère d'une solennité
nouvelle et exceptionnelle.
Ces commémorations périodiques des martyrs n'étaient peut-être pas très différentes, à l'origine, de celles des autres Sancti
ou simples fidèles défunts; aussi dans les diptyques de la messe
leurs noms purent-ils se suivre chronologiquement sans aucune
différence formelle ; toutefois le sens chrétien distingua toujours
parfaitement la diversité existant entre le sacrificium pro
dormitione et les suffrages en faveur des trépassés, et les
prières adressées à Dieu au nom de la gloire accordée par lui
aux martyrs, desquels au contraire on invoquait le patronage
auprès du trône divin. Nous pouvons conclure, des inscriptions
(graffiti) des cimetières romains et de la présence de nombreux
tombeaux dans leurs chambres sépulcrales, conformément au
désir qu'on éprouvait alors de reposer près des martyrs, que
e
les Depositiones de ces derniers, au moins dès le II siècle,
représentèrent avec les solennités de Pâques, de la Pentecôte,
du dimanche et des stations du mercredi et du vendredi, ce que
Tertullien appela, d'un mot heureux, les F asti chrétiens, par
opposition aux fastes et au cycle festif païens. Ponce, diacre de
saint Cyprien, nous apprend qu'à Carthage l'anniversaire des
martyrs était précédé de la Trawu^ta, ou veillée nocturne
près de leur tombe; et dans les Actes de saint Saturnin de
Toulouse, nous remarquons que son natale, outre la vigile
nocturne, comportait aussi le chant des hymnes et l'offrande du
saint Sacrifice au lever de l'aurore. La dernière trace de ce rite,
dans le Missel actuel, est la messe de vigile, le jour précédant
les plus grandes solennités de l'année.
eQuand, au IV siècle, la célébration quotidienne de l'office
divin devint à peu près générale, les natalitia des martyrs
avaient, depuis longtemps déjà, trouvé place dans le calendrier
chrétien, et il ne fut plus possible de les en éloigner; l'eucho-
logie fériale s'unit donc à l'euchologie festive, beaucoup plus
ancienne, et elles formèrent ensemble une prière si harmo­
nieuse et si variée dans ses détails, si élégante dans son ensemble,
qu'on peut à bon droit la considérer comme l'un des plus beaux
chefs-d'œuvre du génie chrétien.
L'antique constitution hiérarchique, qui avait coutume de
préposer un évêque, assisté de ses prêtres, au soin pastoral de
chaque communauté chrétienne dans les villes et dans les
campagnes, a laissé des traces profondes en Orient, en Italie et

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