MISE EN ŒUVRE D'UN DISPOSITIF DE VEILLE ET DE ...

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1 MISE EN ŒUVRE D'UN DISPOSITIF DE VEILLE ET DE RENFORCEMENT DES PERFORMANCES DES EXPLOITATIONS FAMILIALES ATELIER FINAL – MBODIENE, 19-21 SEPTEMBRE 2011 ACTES SEPTEMBRE 2011 Projet mené en collaboration avec : Avec le soutien de :
  • cncr
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  • exploitations familiales
  • pnisa programme national d'investissement du secteur agricole
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Publié le : mercredi 28 mars 2012
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MISE EN ŒUVRE D’UN DISPOSITIF DE
VEILLE ET DE RENFORCEMENT DES
PERFORMANCES DES EXPLOITATIONS
FAMILIALES
ATELIER FINAL – MBODIENE, 19-21 SEPTEMBRE 2011
ACTES
Projet mené en collaboration avec :
Avec le soutien de :
SEPTEMBRE
2011
1






















































Compte-rendu réalisé par Amel Benkahla (IPAR) et Papa Assane Diop (FONGS), avec l’appui des équipes de
l’IPAR, de la FONGS et du CNCR.

SOMMAIRE

1. Cérémonie d’ouverture de l’atelier .......................................................................................................... 5
1.1. Discours d’ouverture de l’atelier ........... 5
1.2. Contexte d’évolution des exploitations familiales par Mamadou Cissokho .......................................... 7
1.3. Présentation des objectifs de l’atelier par Nadjirou Sall, SG de la FONGS et sg adjoint du cncr ........... 8
2. Présentation des travaux menés par les pays .......................................................................................... 9
2.1. Capitalisation de la participation de la PNOPPA Bénin au processus de relecture du PSRSA/PNIA ...... 9
2.2. Capitalisation de la participation de la CPF au processus de sécurisation foncière en milieu rural au
Burkina Faso ........................................................................................................................................ 12
2.3. Etude sur la dynamique des exploitations familiales au Mali ............................. 15
2.4. Organisation de la Journée du paysan au Niger par la PFPN ............................................................... 19
2.5. Processus pour montrer que les exploitations familiales sont capables de nourrir le Sénégal .......... 23
2.6. Evaluation des dispositifs de suivi des exploitations familiales par IPAR ............................................ 28
2.7. Débat général ...................................................................................................... 31
2.8. Synthèse des enseignements tirés des expériences des différentes plateformes et de l’étude sur les
dispositifs de suivi des EF .................................................................................................................... 32
2.9. Processus d’élaboration d’une méthodologie au niveau régional par le ROPPA ................................ 34
2.10. Débat général sur le projet d’observatoire régional des EF ................................ 36
3. Restitution des travaux de groupe ......................................................................... 38
3.1. Chercher les voies pour renforcer les capacités des OP à appuyer l'amélioration des performances
des exploitations familiales ................................................. 38
3.2. Construire ou renforcer des dispositifs paysans de suivi des exploitations familiales et de veille sur
politiques locales et nationales ........................................................................................................... 40
3.3. Mettre en place un observatoire régional de suivi des exploitations familiales et de veille sur les
politiques ............................................. 42
3.4. Débat général sur les perspectives ...................................................................................................... 45
4. Conclusions de l’atelier .......................................................... 47
5. Clôture de l’atelier ................................................................................................. 50

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LISTE DES ACRONYMES
APE Accord de Partenariat Economique
BM Banque Mondiale
CEDEAO Communauté Economique des Etats d’Afrique de l’Ouest
CNCR Conseil National de Concertation et de Coopération des Ruraux
CNOP Confédération Nationale des Organisations Paysannes
CPF Confédération Paysanne du Faso
CSA Collectif Sécurité alimentaire
EF Exploitation Familiale
FIDA Fonds International de Développement Agricole
FONGS Fédération des ONG du Sénégal
IPAR Initiative Prospective Agricole Rurale
LOA Loi d’Orientation Agricole
LOASP Loi d’Orientation Agro Sylvo Pastorale
OGM Organisme Génétiquement Modifié
OP Organisation Paysanne
OPA Organisations de Producteurs Agricoles
OSC Organisation de la Société Civile
PAU Politique Agricole de l’Union
PNIA Programme National d’Investissements Agricoles
PNISA Programme national d’Investissement du Secteur Agricole
PNOPPA Plateforme Nationale des Organisations Paysannes et des Producteurs agricoles
PRIA Programme Régional d’investissements Agricoles
PTF Partenaire Technique et Financier
ROPPA Réseau des Organisations Paysannes et Producteurs de l’Afrique de l’Ouest
SDR Stratégie Nationale de Développement Rural
TEC Tarif Extérieur Commun
UEMOA Union Economique et Monétaire des Etats de l’Afrique de l’Ouest 1. CEREMONIE D’OUVERTURE DE L’ATELIER

La modération globale de l'atelier a été assurée par Mamadou Cissokho, Président d'honneur du CNCR et du
ROPPA, et Adama Faye, Président du comité scientifique de IPAR.
1.1. DISCOURS D’OUVERTURE DE L’ATELIER
Mot d’accueil de Mamadou Cissokho, président d’honneur du ROPPA et du CNCR
« Nous ressentons tous l’absence de notre ami, de notre frère, qui a mené le combat pour que
l’EF soit respectée et reconnue et puisse être le levier du développement agricole. Un homme
qui a donné tout son temps et sa vie. Il s’agit de notre frère Ndiogou Fall, qui nous a quittés
sur ce chantier. Il a été rattrapé par la maladie et a rejoint la vérité. Nous souhaitons profiter
de ce moment pour lui adresser nos prières. Le président de la plateforme de la Gambie nous
a quittés aussi, ainsi que d’autres qui sont nombreux dans les plateformes nationales et au
niveau local. Nous avons aussi une pensée pour Jacques Faye, qui a donné sa vie pour
l’exploitation familiale. Nous leur adressons à tous nos prières, que la terre leur soit légère. »
Mot de bienvenue de Samba Gueye, président du CNCR
« Cet atelier boucle un cycle de 6 mois. En mars dernier, nous amorcions ce processus, nous
nous étions donné rendez-vous en septembre pour partager nos expériences de suivi des EF
et d’influence sur les politiques. Grâce au travail mené par le ROPPA, la reconnaissance des EF
au niveau de l’Afrique de l’Ouest a été acquise. Nos principaux partenaires ont aussi essayé de
mettre en œuvre des appuis ciblés sur les EF. Mais dans nos pays, nous observons une mise en
place très mitigée : un accaparement des terres jamais égalé par le passé avec une entrée
massive de l’agro-business et des politiques agricoles et commerciales qui peinent à renverser
la tendance.
Face à cette situation, quelle a été la réponse des EF ? Nous avons besoin de dispositifs de veille et de suivi
pour renforcer nos argumentaires. Personne ne le fera à notre place. Le forum tenu en décembre 2010 a
montré comment un tel dispositif peut permettre de renforcer le rôle et la place des EF. Cela nécessite une
connaissance approfondie des conditions de performance de nos exploitations, que seul un suivi peut nous
permettre d’obtenir. La mise en place d’un observatoire régional des EF peut nous aider à avoir ces arguments
pour influencer les politiques. Merci à tous de votre participation à cet atelier qui illustre la synergie d’action
qui caractérise de plus en plus le mouvement africain. »
Intervention de Yamar Mbodj, directeur du Hub rural
« Mes premiers mots seront des mots de remerciement pour nous avoir associé à ces
importants travaux. Ce sont aussi des mots d’encouragement et de félicitations pour le travail
engagé. Le Hub rural est une structure mise en place par des institutions de la région, dont le
ROPPA, aux côtés de la CEDEAO, de l’UEMOA et d’autres acteurs stratégiques. Il a pour
vocation d’aider les acteurs à mettre en place des politiques pertinentes et à faciliter le
dialogue entre acteurs. Nous allons être très attentifs à vos travaux afin de voir comment vous
aider dans la mise en œuvre de vos actions. »
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Intervention de Demba Sow, Conseil Economique et Social (CES)
« C’est un plaisir de retrouver des Sénégalais et Sénégalaises qui travaillent pour le
développement rural. Au sein du Conseil Economique et Social, nous cherchons le
développement du monde rural, c’est pourquoi j’ai choisi de venir travailler avec le CNCR,
malgré mes nombreux autres engagements, parce que j’y crois. Cela me fait vraiment plaisir de
me retrouver parmi vous. Je ferai ensuite mon possible pour que les conclusions de cet atelier
soient entendues. »
Intervention de Markus EGGENBERGER : Conseiller Régional pour le Développement Rural –
DDC Suisse
« Nous nous réjouissons de participer à cet atelier, dans le contexte de réorganisation de la
coopération Suisse, avec un accent mis au niveau régional sur le développement rural et l’appui
à l’ECOWAP. Nous avons lancé une phase intermédiaire avec quelques partenaires (ROPPA,
RBM et FONGS-IPAR) pour lancer des recherches sur les EF. Nous nous réjouissons de participer
à ces discussions pour connaître les conclusions de ce projet-pilote et voir dans quel sens nous
allons ensuite aller. »
Intervention de François CAJOT : Responsable de SOS Faim Belgique pour le Sénégal et la RDC
« Nous pensons que la FONGS est un moteur pour la défense et le plaidoyer sur les EF. Le
CNCR joue aussi un rôle moteur au niveau du ROPPA. Lorsque les partenaires de la FONGS se
sont réunis en 2008, nous avons convenu de ne pas faire une simple évaluation des
programmes de la FONGS mais de voir comment les EF peuvent nourrir le Sénégal, ce qui a
conduit au forum de décembre 2010. Les résultats de cet atelier seront très importants pour
nous pour alimenter le plaidoyer au niveau régional, mais aussi au Nord auprès des décideurs
européens. »
Intervention de Djibo Bagna, président du ROPPA
« Nous nous réjouissons de voir que sous la coordination de la FONGS et du CNCR, 5
plateformes nationales ont réussi à donner une suite au forum « comment les EF peuvent
nourrir le Sénégal » en élargissant la réflexion au niveau de la CEDEAO. Cela rejoint nos
préoccupations sur l’Afrique nourricière. Les 5 plateformes ont retenu des thématiques
importantes sur lesquelles elles ont basé leur capitalisation. Merci au CNCR et à la FONGS qui
ont accompagné les plateformes et su accompagner l’ensemble du processus. Cela n’a
probablement pas été facile, un tel exercice répond à des ajustements perpétuels afin d’être
valorisé à un niveau supranational. Nous nous engageons dans une dynamique de connaissance des EF que le
ROPPA entend porter au niveau régional. Cela constituera une contribution de grande portée. Dans son
programme quinquennal, le ROPPA laisse en effet une grande place aux EF, notamment afin d’aider la mise en
œuvre de l’ECOWAP. Cela constituera un important instrument de plaidoyer pour le ROPPA et permettra aussi
aux plateformes nationales de mettre en œuvre des services d’appui aux EF. Le ROPPA va constituer un comité
scientifique (ROPPA, APES, RBM, CNCR, FONGS, institutions de recherche), qui se réunira en novembre 2011
afin de définir les objectifs et modalités de lancement d’un observatoire régional des EF. Le ROPPA mettra tout
en œuvre pour tisser les alliances nécessaires. Que la coopération suisse soit remerciée pour son rôle majeur
dans le lancement de cette dynamique. Je lance un appel aux autres partenaires (Hub rural, SOS Faim) pour
qu’ils puissent aussi appuyer les plateformes dans leurs stratégies d’influence et faire en sorte que ces résultats
soient diffusés le plus largement possible. Nous attendons beaucoup du présent atelier, qu’il nous apporte les
informations utiles pour faire avancer les débats et permette d’aller vers le principe de solidarité cher au
ROPPA. Je souhaite à tous des échanges très productifs et déclare ouvert l’atelier. »
6
1.2. CONTEXTE D’EVOLUTION DES EXPLOITATIONS FAMILIALES PAR MAMADOU CISSOKHO
« L’exploitation familiale était là au début et sera toujours là, car c’est la famille qui
s’organise pour gérer sa vie, c’est là ce qui fait toute la multifonctionnalité de
l’agriculture. Nous ne sommes pas en face de simples agriculteurs, qui cultivent leur
terre ou de bergers qui tiennent leur bâton devant leurs animaux. Ce sont des
sociétés qui ont su, au cours de l’histoire, gérer l’évolution du monde.
L’exploitation familiale n’a longtemps pas pu s’exprimer, elle n’en a pas eu la place. Il
y a eu des débats aux Indépendances sur les raisons pour lesquels les blancs
quittaient le pays. Il y avait alors deux blocs qui s’affrontaient (capitalistes et
socialistes), mais il n’y a eu aucun débat sur ce que nous sommes et ce que nous
voulons être.
On a dit que l’agriculture était importante, mais on n’a jamais dit de quel type d’agriculture nous voulions, pour
qui et pourquoi. A cette période, il n’y avait pas d’exploitation minière, ce sont donc les produits et matières
premières exportés (café, cacao, arachide) qui apportaient des ressources aux gouvernements coloniaux. Par la
suite, il n’y a pas eu de remise en cause du système, car les gouvernements des Indépendances avaient aussi
besoin de conserver ces ressources financières et le système a perduré.
A la fin de la période coloniale, ce sont les intermédiaires qui géraient la commercialisation. Ces différents
intermédiaires avaient pris les paysans en otage : ils donnaient des crédits à des taux inimaginables et fixaient
les prix. Les paysans étaient dans les mêmes conditions que les ouvriers dans les pays occidentaux. Le
mouvement coopératif a ainsi été créé dans un mouvement top-down où le paysan était toujours ouvrier au
lieu d’être propriétaire de son organisation.
A cette période, 80% des travaux étaient réalisés grâce à la force physique. L’introduction de la traction
animale a libéré les paysans, particulièrement les femmes et les enfants, a qui incombaient les corvées de
transport. Notre plus grand problème est aujourd’hui lié à l’irresponsabilité des acteurs : le crédit n’a pas été
bien placé (intermédiaires) et l’épargne non plus, alors que nous étions en période de vaches grasses.
Les leaders qui ont vécu ces contradictions se sont mobilisés autour des exploitations familiales, qui
contribuent pour 85% à la production régionale, mais qui sont celles qui gagnent le moins. Cette situation n’est
pas durable. Cela a amené la crise financière et économique qui a plongé nos pays dans les ajustements
structurels. Cela a cassé le minimum qui avait été gagné : la capacité des Etats à soutenir nos agricultures.
La problématique de l’agriculture familiale est un problème de fond. Ce qu’on a voulu promouvoir à la place de
l’agriculture familiale est en crise. Au contraire, les EF arrivent à traverser les crises les plus graves. Elles ont
montré leur capacité et leur potentiel d’adaptation. Nous sommes 358 millions aujourd’hui dans l’espace
CEDEAO, nous serons 780 millions en 2050. Il y a un réel enjeu à relever en termes de sécurité alimentaire.
Ce qui nous réunit, c’est que chacun de nous a fait le choix d’être dans une OP et au sein du ROPPA. Nos
solutions nous ne les trouverons pas en dehors de nous, de nos savoirs. Nous venons de finir la réflexion, nous
devons maintenant commencer à agir. »
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1.3. PRESENTATION DES OBJECTIFS DE L’ATELIER PAR NADJIROU SALL, SG DE LA FONGS ET SG
ADJOINT DU CNCR
L’atelier boucle un processus qui peut être décomposé en 5 grandes étapes :
 Entre 2008 et 2010 a été menée une réflexion sur la problématique de la
productivité de l’exploitation familiale au Sénégal. Cette étape a conduit au forum
sur la capacité des exploitations familiales à nourrir le Sénégal, co-organisé par la
FONGS et le CNCR en décembre 2010 au CICES à Dakar.
 Il a ensuite été ressenti l’intérêt de partager l’expérience sénégalaise avec les autres
pays, en matière de suivi des exploitations familiales et de production de
connaissances paysannes. C’est en ce sens qu’a été signée avec la DDC une
convention de 6 mois, afin de capitaliser cette expérience sénégalaise et de la mettre en débat avec
d’autres pratiques de la région ouest africaine.
 En mars 2011, les plateformes de cinq pays (Bénin, Burkina Faso, Mali, Niger, Sénégal) ont dans le cadre
d’un atelier de lancement du projet de six mois, partagé leurs expériences à la fois dans le cadre de
l’élaboration de l’ECOWAP (politique agricole régionale), et de l’influence de leurs politiques nationales en
faveur des exploitations familiales. Elles ont ensuite pris des engagements en termes de capitalisation de
leurs pratiques, en vue de les mettre en débat au terme des six mois du projet.
 Entre avril et août 2011, chaque pays a travaillé dans ce sens, avec un appui organisé autour de la FONGS,
du CNCR et de l’IPAR.
 Le présent atelier dit final doit permettre une mise en commun entre les cinq pays, et ouvrir un nouveau
cycle pour les OP de la région ouest africaine.
A chaque étape, l’accent a été mis sur une dimension particulière : affiner les connaissances sur les EF, mais
aussi améliorer les capacités d’influence sur les politiques. L’objectif de cet atelier final est d’arriver à des
conclusions sur les dynamiques observées pendant ce projet, mais aussi de formaliser des propositions pour
les travaux à venir, notamment dans le cadre du ROPPA.
Différents temps rythmeront ainsi l’atelier:
 Temps 1 : rappel des objectifs et de la conduite du projet.
 Temps 2 : présentation des résultats obtenus par les différentes plateformes : exposés par pays,
présentation de l’IPAR, intervention du ROPPA et débats.
 Temps 3 : perspectives à donner au projet à travers la réalisation de travaux de groupes sur : (i) la
construction d’un observatoire régional, (ii) le renforcement des dispositifs nationaux (iii) la
recherche/action sur l’accompagnement des transformations au niveau des EF. Ces travaux seront
ensuite restitués et suivis d’un débat d’orientation qui permettra de définir les modalités d’affinement
des propositions.

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2. PRESENTATION DES RESULTATS DES TRAVAUX MENES PAR LES PAYS

2.1. CAPITALISATION DE LA PARTICIPATION DE LA PNOPPA BENIN AU PROCESSUS DE
RELECTURE DU PSRSA/PNIA

Cette présentation a été réalisée par Toto Bernardin, coordinateur à la PNOPPA Bénin.
Le contexte et les engagements de la PNOPPA Bénin
Dès 2006, le Chef de l’Etat béninois a affirmé sa volonté de faire du Bénin une puissance agricole à l’horizon
2015. Il a été élaboré dans ce sens le Programme Stratégique de Relance du Secteur Agricole (PSRSA), mais ce
document a été fortement critiqué par les organisations paysannes et les partenaires techniques et financiers
car il était clairement orienté en faveur de l’agro-business et au détriment des exploitations familiales.
Les principales réserves des OPA au PSRSA
 Les EF étaient considérées comme des contraintes au développement du secteur ;
 Le cadre institutionnel était exclusivement centré sur l’Etat ;
 Il y avait une confusion des rôles entre chambre d’agriculture et OPA ;
 Un rôle laconique et non explicite était attribué au secteur privé.
Les résultats de la relecture du PSRSA
 Prise en compte des EF dans le document ;
 Définition claire des acteurs et de leur rôle ;
 Responsabilisation des acteurs en fonction de leur compétence ;
 Cadre institutionnel mettant au centre du dispositif la PNOPPA.
Objectifs escomptés pour le projet
La PNOPPA Bénin (Plateforme Nationale des Organisations Paysannes et de Producteurs Agricoles) a pris
l’engagement de capitaliser cette expérience au profit de ces membres et des autres plateformes du ROPPA.
Les objectifs du projet portent spécifiquement sur les points suivants :
 Identifier les points majeurs d’intérêt du processus de relecture du PSRSA à approfondir au niveau de
la PNOPPA et de ses membres ;
 Disposer d’un guide méthodologique et d’intervention par point d’intérêt motivant les actions de
plaidoyer par les OPA à administrer aux membres de la PNOPPA ;
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 Faire une large vulgarisation des guides méthodologiques d’intervention au niveau des faîtières de la
PNOPPA et de leurs membres ;
 Identifier les pistes d’actions à mener au niveau local pour une bonne implication des faîtières de la
PNOPPA-Bénin et de leurs membres dans le suivi du processus de la mise en œuvre du PSRSA/PNIA.
Méthodologie : (i) collecte d’informations, (ii) rencontres périodiques du comité technique (iii) ajustements
Etapes du projet
 Elaboration du projet de capitalisation ;
 Mise en place des organes de gestion du processus ;
 Atelier de lancement, avec l’appui de la FONGS, du CNCR et de l’IPAR ;
 Elaboration de documents de capitalisation ;
 Restitution des résultats de la capitalisation ;
 Mission de terrain pour analyser les dispositifs de suivi des EF existant au Bénin.
Produits : (i) rapport d’étape, (ii) rapport final et (iii) élaboration d’un guide méthodologique
Résultats et enseignements du processus
 Partage avec le groupe de référence et les autres acteurs du processus de relecture, du contenu du
PSRSA, de la politique agricole régionale, du PIA et de l’expérience sénégalaise de suivi des EF ;
 La PNOPPA a revisité son dispositif de relecture du PSRSA : (i) implication plus forte du groupe de
référence qui produit les argumentaires dans les ateliers locaux pour marteler les messages de la
PNOPPA ; (ii) diversification des sources d’argumentaires : ROPPA, argumentaires des autres
plateformes (Sénégal), statistiques officielles, connaissance des élus de la PNOPPA, expertise du
LARES, documentation, personnes ressources, etc. (iii) réorganisation interne du cadre institutionnel
pour valoriser les informations sur les EF dans les positions des élus aux différents niveaux (du niveau
communal au niveau national).
 Meilleure connaissance du dispositif de suivi des EF au niveau de la FUPRO : dispositifs de suivi en
rapport avec le développement des technologies, faiblement orienté vers le développement
institutionnel, ce qui limite la prise en compte des préoccupations des EF dans les programmes, faisant
peu appel à des actions collectives de défense des intérêts même au niveau local.
 Sensibilisation des acteurs directement impliqués dans le suivi (Mono/Coufo Ouémé/Plateau) sur les
enjeux et la nécessité d’améliorer le dispositif pour sa valorisation.
Difficultés rencontrées
Les difficultés sont rattachées aux différents rebondissements liés aux retards dans l’adoption en conseil des
Ministres du PSRSA et ses documents connexes, ce qui a conduit à un réajustement permanent de calendrier.
 Interférence du Ministre de développement, actuellement Premier Ministre ;
 Modification des fondamentaux du document à l’atelier conjoint Ministère de l’agriculture et du
développement ;
 Rejet par le CP de la feuille de route de la table ronde.
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