Moscou PP accordés et désaccordés

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Danièle Flament-Boistrancourt Université Paris Ouest–Nanterre-la Défense Participes passés accordés et désaccordés Vers des règles alternatives, plus simples et … justes dans plus de 90% des cas?
  • cadre de la règle générale
  • erreur de copiste au moyen âge
  • copistes oublieux
  • sujets de discussion militaire
  • accord du participe passé
  • participe passé
  • règle
  • règles
Publié le : lundi 26 mars 2012
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Danièle Flament-Boistrancourt
Université Paris Ouest–Nanterre-la Défense
Participes passés accordés et
désaccordés
Vers des règles alternatives, plus simples et
… justes dans plus de 90% des cas?SOMMAIRE
1. Les règles : des participes passés accordés avec pérennité
2. L2 : plus royaliste que le roi? More Catholic than the pope?
3. L’usage chez le francophone diplômé : des PP tout désaccordés!
4. L’origine des règles: le cas de avoir
a. La leçon de Marot (1558)
b. Un erreur de copiste au Moyen âge? (Wilmet, 1999)
e
c. Quand orthographe et phonétique s’en mêlent : le 18 s.
d. Le c.o.d. : « une notion sans fondements cause de dégâts dans
l’enseignement » (Maurice Gross, 1969)
5. Vers des règles alternatives simples et justes dans 90% des cas?
6. Bibliographie1. Les règles : des participes passés accordés avec pérennité
Poisson-Quinton, S. et al. (2002) : Grammaire expliquée du français, niveau
intermédiaire, Paris, Clé International (p. 118 sqq.)
1.1. « Avec l’auxiliaire avoir, c’est la place du complément d’objet qui
compte :
Elle a rencontré sa sœur au supermarché
Ta sœur, je l’ai rencontrée hier
1.2. Avec l’auxiliaire être, on accorde en général le participe passé avec le
sujet du verbe :
Elles sont arrivées à 8h
1.3. Le cas des verbes pronominaux est assez difficile » (sic p. 119)
Se [-H] : suivre être, accord avec le sujet/ Se [+H] : suivre avoir, chercher le
c.o.d
Elle s’est évanouie : *évanouir quelqu’un, se [-H]
Elle s’est lavé les cheveux : laver les cheveux de/à quelqu’un, se [+H] c.o.i
Ses cheveux, elle se les est lavés hier : se [+H] c.o.i., les = c.o.d.
Elles se sont téléphoné : téléphoner à quelqu’un, se [+H ], se = c.o.i.
Elles se sont regardées : regarder quelqu’un, se [+H] c.o.d.fi

2. L2 : plus royaliste que le roi, more Catholic than the pope?
Des tolérances :
- L’arrêté Haby du 28 décembre 1976
- Les rectifications de l’orthographe, Journal Officiel de la République française
6 décembre 1990
La chanson que j’ai entendu chanter
La cantatrice que j’ai entendue chanter la cantatrice que j’ai entendu chanter
Elle s’est laissée tomber par terre Elle s’est laissé tomber par terre
Elle s’est laissé convaincre d’acheter cette voiture
PAS APPLIQUEES (voir par ex les collections de chez Clé après 150h de français!)3. L’usage chez le francophone diplômé (bac +5): des PP désaccordés
« Le participe passé non accordé là où il devrait l’être se trouve chez tout
le monde » (Cl. Blanche-Benveniste 1997 : 44)
1. Voici la phrase type que je leur ai proposé/proposée :
2. L’une des apprenantes m’a expliquée/expliqué qu’elle n’arrivait pas à
savoir quand ...
3. Les sujets de discussion militaire ont beaucoup motivés /motivé les
élèves.
4. Les élèves se sont succédés/succédé pour aller au tableau.
5. Mme X s’est aidé/aidée de la méthode Espaces.
6. Le programme « jeunes français en Pologne » sera
remplacer/remplacé par un programme « Assistants en Pologne.
7. Comment Mai 68 va-t-il être célébrer/célébré à Nanterre?
8. Après avoir feuilleter/feuilleté la méthode Tempo, j’ai une
l’impression …
9. Cette enseignante s’est vu confié/confier des cours de français.
10. L’exercice fut plutôt réussit/réussi.4. L’origine des règles : le cas de avoir
b. L’hypothèse du linguiste belge Marc Wilmet (1999): des copistes
oublieux?
WILMET, M. (1997) : Grammaire critique du français, Paris–Louvain-la-Neuve,
Hachette Supérieur–Duculot.
WILMET, M. (1999) : Le participe passé autrement, Bruxelles–Paris, De
Boeck–Duculot.
Amo/amor amabam/amabar amabo/amabor
J’aime/ je suis aimé(e) j’aimais/j’étais aimé(e) J’aimerai/ je serai
aimé(e)
Amavi/amatus (a,um) sum amaveram/amatus (a,um) eram
J’ai aimé/j’ai été aimé(e) j’avais aimé/j’avais été aimé(e)
Amvero/amatus (a, um) ero
J’aurai aimé/ je serai aimé(e)1. Urbem captam hostis diripuit
2. L’ennemi pilla la ville (qui avait été) prise
3. Inclusum in Curia senatum habuerunt
4. Ils tinrent le sénat (qui avait été) enfermé dans la Curie
5. Habeo cultellum comparatum
6. Je possède un couteau (qui a été) acheté (non pas volé)
7. Je possède/j’ai un couteau (qui a été) acheté
8. Habeo comparatum cultellum
9. J’ai acheté un couteau
10. Il a écrit les informations au dos de cette feuille
11. Vous avez les informations écrites au dos de cet appareil
« Si le PP suit son support, un coup d’œil à gauche débusque la bonne solution,
mais pour peu que le PP précède le support, l’accord est sous bénéfice
d’inventaire laissé en suspens et … une fois sur deux le copiste oublie le
moment venu de retourner en arrière » (Wilmet 1999: 17)La situation en ancien français :
« En ancien français, dans les manuscrits, le participe passé d’un verbe transitif
avec objet et construit avec avoir apparaît le plus souvent accordé que ne le
demanderait la règle d’accord moderne, et spécialement dans les textes et
e
manuscrits du 13 siècle. La règle générale semble être en ancien français :
accord du participe passé construit avec avoir avec l’objet direct, quelle que
soit la nature nominale ou pronominale de celui-ci et quelle que soit sa
position : nos avez mauvesement chevalerie emploiee ; nos avons hui veues
merveilles » (Dupuis 1989 cité par Chr. Marcello-Nizia 1999 : 107)
e
La situation au 18 s. :
Participes passés, phonétique et orthographe au XVIIIe siècle : l’éclairage de A.
Chervel (1977)
« A l’époque des voyelles longues et des voyelles brèves, l’accord du participe
passé n’est pas, comme il est devenu ensuite, une question purement (ou
presque) orthographique. Il était sensible oralement non seulement dans « la
ville que j’ai prise », mais aussi « La ville que j’ai vue », puisque vue comportait
alors une longue qui s’opposait à la brève de vu. En 1706, l’abbé Régnier-Desmarais, secrétaire perpétuel de l’Académie
française, énonce trois cas d’invariabilité du participe, dans le cadre de la
règle générale ici étudiée :
Les peines que m’a donné cette affaire.
Le commerce l’a rendu puissante.
Je les ay vu partir.
La raison commune à ces trois exceptions, c’est évidemment la
phonétique.
Toutes les trois présentent un groupe syntaxique uni, sans possibilité de
pause, où la voyelle finale du participe restait donc brève.

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