Numéro Spécial

Publié par

  • redaction
  • revision - matière potentielle : des textes
V ol . 2 3 - n° 5 - Sp éc ia l 2 01 1 7$ Numéro Spécial Le phare de l'îlet de Bellechasse par Jean-Coutier
  • île située en face de saint- valier
  • système dioptrique
  • catoptrique pour les rempla- cer
  • pouce
  • pouces
  • phare
  • phares
  • saint charles
  • saint-charles
  • huiles
  • huile
  • pointe
  • pointes
  • îles
  • ile
  • île
  • sud
Publié le : lundi 26 mars 2012
Lecture(s) : 64
Source : shbellechasse.com
Nombre de pages : 20
Voir plus Voir moins

Numéro Spécial
Le phare de
l’îlet de Bellechasse
par Jean-Coutier
Vol. 23 - n°5 - Spécial 2011 7$eAu fil des ans - 88 parution
Conseil d’administration
président: Jean-Pierre Lamonde, 418 887-3761
lamondej@globetrotter.net
vice-président: Pierre Prévost, 418 882-3528
marie-josee.deschenes@globetrotter.net
trésorière: Gisèle Lamonde, 418 887-3761
gisele.lamonde@globetrotter.net
secrétaire: Nicole Picard, 418 837-9768
picard.tardif@sympatico.ca
Lise Fleury-Gosselin: 418 887- 6030
feuryl@globetrotter .net
Réjean Bilodeau: 418 789- 3664
Paul St-Arnaud: 418 884-4128
paulst-arnaud3@gmail.com
Yvan De Blois: 418 883-3056
ydeblois@globetrotter.net
Conrad Paré: 418 887-3238
Conpar@globetrotter.net
Claude Gignac: 418 789-2990
Membres d’honneur
0006 André Beaudoin
0008 Claude Lachance
0016 Fernand Breton
0019 Benoît Lacroix
0038 Claudette Breton
0162 Charles-Henri Bélanger Voilier à l’ancre du côté Sud du phare en 1962. Photo : Collection Pierre Boisvert
0131 Conrad Paré
Territoire
Armagh, Beaumont, Buckland, Honfeur, La Durantaye, Saint-
Anselme, Saint-Camille, Saint-Charles, Sainte-Claire, Saint-Damien, RemerciementsSaint-Gervais, Saint-Henri, Saint-Lazare, Saint-Léon-de-Standon,
Saint-Magloire, Saint-Malachie, Saint-Michel, Saint-Nazaire, Saint-
Nérée, Saint-Philémon, Saint-Raphaël, Sainte-Sabine, Saint-Vallier.
orsque mon ami Jean-Claude Tardif, rédacteur en chef de la revue « Au fl Responsable de la publication: Société historique de Bellechasse
Rédacteur en Chef : Jean-Claude Tardif des ans » pour la Société historique de Bellechasse, m’a demandé d’écrire
Équipe éditoriale : Pierre Prévost, Claude Gignac, Jean-Pierre
Lamonde, Yvan de Blois et Conrad Paré. L un article à propos du phare de la petite île de cette région, j’ai accepté
Inscription et renouvellement : Lise Gosselin immédiatement. Je savais que la première lumière érigée sur l’île de Bellechasse Révision des textes : Louise MacDonald
Conception graphique : Julien Fontaine - julien.fontaine278@gmail.com faisait partie des cinq phares que Louis Déry avait construits en 1861 et 1862. Je
savais également qu’il ne restait aujourd’hui, qu’une tour à claire-voie comme
amer lumineux. L’histoire de ce site entre ces deux moments, m’était entièrement
inconnue. J’ai cependant eu la chance de retrouver M. Jean-Louis Gaumond, fls
Couverture: du dernier gardien de ce phare. Jean-Louis a généreusement partagé avec moi ses Le phare de l’Îlet Bellechasse
Collection Jean-Louis Gaumond connaissances, anecdotes et photos d’époque. D’un simple article occupant une
demie-page de la revue, je suis passé rapidement à une revue entière, un numéro
spécial.
Il y a très peu d’information écrite à propos de ce phare. J’espère que ma modeste
contribution permettra de ne pas oublier cette petite structure blanche, ses
gardiens et leurs familles qui ont participé à garder notre feuve sécuritaire pour Cotisation annuelle: 25 $
Adresse postale: 8, avenue Commerciale, Saint-Charles, GOR 2TO tous les marins.
Courriel: redaction@shbellechasse.com
Site Web: www.shbellechasse.com Je désire en premier lieu remercier Jean-Claude Tardif pour m’avoir lancé ce
Dépôt légal: déf d’écrire un texte à propos d’un des phares disparus de notre feuve Saint-
Bibliothèque et Archives nationales du Québec, 2006 ISSN Laurent. D381 079
Les textes publiés dans cette revue sont la responsabilité de
leurs auteurs. Je désire aussi remercier celles et ceux qui m’ont aidé à réaliser ce petit recueil
Le masculin est utilisé sans aucune discrimination et
uniquement dans le but d’alléger le texte. historique. Mes remerciements vont à : Jean-Louis Gaumond, Denise Proulx,
La rédaction se réserve le droit d’adapter les textes pour Donald Moffet, Robert Delisle, Pierre Boisvert, Jean-Pierre Charest, André Ruest
leur publication. Sauf exception, Au fl des ans est publié
quatre fois l’an. et mon épouse Marion Fontaine.
La Société historique de Bellechasse, incorporée en 1985, est
membre de la Fédération des sociétés d’histoire du Québec. Jean Cloutier
2eAu fil des ans -88 parution
Nom pour une île
rès de la côte Sud du pratiquement en trois îlots, d’où le ours, etc… Car ces animaux dorment
nom des îslets. Dans le livre de topo- au moment où il serait possible de tra-Saint-Laurent, en face du
nymie « Noms et lieux du Québec » verser sur la glace. Un lièvre aurait P village de Berthier-sur-Mer
nous pouvons découvrir l’origine du besoin d’équipement de forage pour y vous pouvez apercevoir un cran
nom de cette île du Saint-Laurent. faire un terrier. Donc, s’il n’y a pas de rocheux à faible distance de la
lièvre, il n’y a pas de renard, de coyote rive. Ne vous surprenez pas, c’est
« Île de Bellechasse, cette Île étroite ou de loup. Un couple de chevreuil seulement cela, l’île de Bellechasse.
et rocheuse qui reçut de Champlain le a besoin de beaucoup plus de terrain
Une longue crête de roc étroite et nom d’Isle de Chasse parce qu’il la pour s’épanouir que ce que l’île peut
dénudée de végétation, faisant envi- tenait pour excellent endroit de chas- offrir. Finalement, il ne reste que des
2ron 560 mètres de longueur. Dans se, … » mulots et des oiseaux… Pas de quoi
un vieux manuel d’instruction aux Tous les écrits consultés sur le sujet faire une belle chasse ! Le seul type
pilotes, elle est décrite comme suit : adhèrent à cette explication. Toute- de chasse probable aurait été la chasse
«Three principal and several small fois, lorsque l’on xvoit l’île en ques- aux oiseaux migrateurs. Étant donné
rocks joined together at low water; it tion, il y a de quoi être sceptique face que même à la marée basse, il n’y a
is 3 cables long. N.E. By E ¾ E, and à cette explication un peu simpliste. pas de grève avec boue, herbes et
1narrow.» J’ai de la diffculté à imaginer que des nourriture, il n’y a donc aucun intérêt
arbres aient pu un jour pousser sur ce pour ces oiseaux. Ce que le fls du der -Trois principaux rochers et plusieurs
cordeau de roches. Mais imaginons nier gardien confrme en disant : autres roches reliés ensemble à la mer
3quand même l’île dans ses meilleures basse. C’est probablement la raison « Les oies n’arrêtaient pas là ! »
années avec une fore dense et touffue, pour laquelle les gens du coin ont de-
Lorraine Guay raconte dans le livre « À et même là, elle n’aurait pas pu être puis toujours fait référence aux «Islets
la découverte des îles du Saint-Lau-considérée comme giboyeuse. Elle de Bellechasse». Lors des grandes
rent » : « … plus en amont, Champlain ne peut accueillir aucun animal qui marées, l’eau se rejoint dans les par-
notera en 1608 que les îles de l’ar-hiberne tel que marmotte, moufette, ties les plus basses de l’île, la divisant
chipel de l’île aux Grues contiennent
« force gibier » ; d’ailleurs l’auteur
(Champlain) signalera sur sa carte de
1632 une île située en face de Saint-
Valier « Isle de Chasse » (aujourd’hui
Bellechasse), car il considère ce lieu
4excellent pour la chasse. »
Si c’est l’archipel de l’île aux Grues
qui est bonne pour la chasse, pourquoi
nommer une toute petite île, près de la
terre Sud, en face de Berthier, île de
Chasse ? De plus, cela ne se dit pas
très bien, pourquoi pas île de la Chas-
se ou île à la Chasse?
J’ai une théorie personnelle, sans pré-
tention, mais non approuvée à ce sujet.
En 1602, le Sieur Aymard de Chaste,
chevalier de Malte et gouverneur de
Dieppe fonde la Compagnie de la
Nouvelle-France. En 1603, le roi de
France, Henri IV, concède aux ad-
ministrateurs de la Compagnie de la
Nouvelle-France le droit exclusif de
faire la traite des fourrures sur les
côtes du Saint-Laurent pendant une
Vue aérienne de l’île de Bellechasse en 2011. - Photo : Jean Cloutier
1. St-Lawrence river pilot below Quebec, 1929 page : 125
2. Noms et lieux du Québec,Toponymie page : 56
3. Entrevue de M. Jean-Louis Gaumond, fls du dernier gardien du phare de l’île de Bellechasse, accordée à M. Jean Cloutier le 7 octobre 201 1
4. À la découverte des îles du Saint-Laurent page : 133
3eAu fil des ans - 88 parution
cées tout le long du littoral afn de
guider les marins. La Chambre d’as-
semblée du Bas-Canada a créé, le 14
mai 1805, la Trinity House de Qué-
bec dans le but de régir le pilotage
et de doter le Saint-Laurent d’une
infrastructure d’aides à la navigation
sécuritaire. Dès le 18 février 1806,
la Trinity House de Québec propose
la construction d’un premier phare.
La construction de ce phare a débuté
sur l’île Verte en 1806, et il est fnale-
ment allumé en 1809. Les ressources
limitées de l’organisation n’ont pas
permis la construction d’un deuxième
phare tout de suite. Il aura fallu 21 ans
avant qu’un deuxième phare ne soit
allumé sur le feuve, celui de Pointe-
des-Monts, en 1830.
Dans les années 1840, le port de New-
York devenait plus intéressant que le
port de Montréal car il pouvait main-
tenant desservir les régions en amont
de Montréal depuis la construction Partie de la carte de Nicola Bellin en 1761. Sur cette carte marine, l’île de Bellechasse est
du canal Champlain et du canal Érié, représentée par trois gros cailloux et quelques roches. Le secteur a probablement été cartographié
lors des mers hautes. accessible par la rivière Hudson.
L’année 1840, marque aussi l’union décennie. Toutefois elle devait res- thode d’enquête : « Il y a plusieurs
du Bas et du Haut-Canada. Le gou-pecter la condition d’y amener 60 co- noms de lieux canadiens qui se sont
vernement du nouveau Canada-uni lons chaque année. Alors le Sieur de altérés et même transformés depuis
avait tout intérêt à réduire le nombre Chaste, anxieux de fonder au Canada trois siècles. Leurs usages n’ayant été
de naufrages sur le Saint-Laurent s’il une colonie durable confe à Samuel d’abord qu’oral, ils se sont transmis
voulait continuer à opposer une com-de Champlain et François Gravé Du de bouche à oreille et se sont défor-
pétition commerciale effcace au ca-Pont la mission d’explorer ce pays més. Les modifcations sont parfois
nal Érié. La Trinity House de Qué-trop peu connu, avant d’y envoyer des si inattendues qu’il n’y a plus aucun
bec a donc fait construire trois phares colons. Lors du retour de Champlain rapport entre la forme actuelle et le
5 pendant cette période, soit : Le Pilier en France, ce dernier constata que son nom primitif. »
de Pierre en 1843, le phare de l’Île mécène était décédé entre-temps. Je ne suis pas historien ou topony- Bicquette en 1844 et le de l’Île
miste et je laisserai à ceux-ci le soin Rouge en 1848. Le remplaçant pour diriger la compa- d’explorer la question en profondeur. èmegnie est Pierre Dugua de Mons, qui Vers le milieu du 19 siècle, il était Il n’en demeure pas moins qu’il n’y a
avait eu une mauvaise expérience à évident que le développement éco-rien à chasser sur l’île de Bellechasse.
Tadoussac; il préféra explorer la ré- nomique de l’Amérique du Nord
gion de l’Acadie. L’exploration aca- Britannique était en danger dû prin-
Le phare de l’Île de Bellechassedienne n’a pas été un succès et, en cipalement à un système d’aides à la
1608, Champlain est de retour sur le Le Canada possède le plus long lit- navigation dépassé. Ainsi en 1850, le
Saint-Laurent et fonde Québec. C’est toral au monde (environ 244 000 Saint-Laurent est toujours le théâtre
probablement pendant ce voyage que kilomètres), le plus gros archipel au de nombreux naufrages. Cherchant
Champlain a nommé l’Île de chasse monde, des voies navigables intérieu- à rendre la navigation plus sûre et
ou plutôt l’Île de Chaste, en l’hon- res s’étendant sur 3700 kilomètres ainsi diminuer les frais d’assurance
neur du Sieur Aymard de Chaste qui du golfe du Saint-Laurent au lac Su- pour les armateurs, William Hamilton
l’avait enrôlé pour son premier voya- périeur. Au cours des quatre derniers Merritt, commissaire en chef des Tra-
ge. Avec le temps, de Chaste devint siècles, afn de favoriser une navi- vaux publics envoie un questionnaire
de chasse et plus tard Bellechasse. Le gation sécuritaire, des centaines de à différents intervenants et autorités
nom d’un lieu qui a presque 400 ans phares et autres aides à la navigation concernés par le problème pour ainsi
a beaucoup de chance d’être modifé terrestres furent érigés à des endroits trouver une solution.
au fl des ans. D’ailleurs M. Poirier stratégiques en plus des innombra- Parmi les réponses des gens interpel-
stipule dans le livre Toponymie, Mé- bles bouées et balises fottantes pla- lés, le capitaine Edward Boxer, Maître
5. Toponymie, Méthode d’enquête page : 26
4eAu fil des ans -88 parution
clamés. Aussitôt la construction de ces
phares terminée, John Page, ingénieur
en Chef des Travaux publics, com-
mença à envisager la prochaine série
de phares à construire selon les recom-
mandations reçues dix ans plus tôt.
Finalement, en 1860 les entrepreneurs
ont eu accès aux plans et devis afn de
soumissionner pour la construction de
six phares. Ces phares étaient tous si-
tués sur des îles pour baliser le chenal
du sud entre Québec et Rivière-du-
Loup. Il y a eu dix-neuf soumissions
qui ont été reçues avant la date limite
du 14 juillet 1860 pour la construction
des phares de la pointe Saint-Lau-
rent sur l’île d’Orléans, de l’île de
Bellechasse, de l’île aux Grues, de la
Grande Île de Kamouraska, de l’île du
Long Pèlerin et aussi de l’île du Pot à
l’Eau-de-Vie.
Le 16 juillet 1860. Louis Déry, en-
trepreneur de Québec qui avait été le
plus bas soumissionnaire, se voyait
octroyé le contrat pour construire cinq
des phares proposés. La construction
d’une tour lumineuse à la pointe Saint-
Laurent ayant été reportée à plus tard.
Phare de l’Île de Bellechasse en 1890, vue de l’Est vers l’Ouest. Il est intéressant de noter qu’il n’y Déry avait proposé la construction
a pas de végétation sur l’Île à cette époque. Photo : Archives nationales du Canada, Collection du phare du Pot à l’Eau-de-Vie pour
Ministère des transports. la somme de $2,000.00, tandis que
de havre et Capitaine du port de Qué- mouski, M. Joseph-Charles Taché la plus haute soumission était de
bec, écrit :« Conformément à la de- propose lui aussi des endroits pour $3,996.00. Il proposa aussi $2,000.00
mande que vous m’avez faite de vous l’érection de phares. pour la construction du phare de l’île
mander mon opinion sur les moyens du Long Pèlerin, soit $2,600.00 de « (…) Les autres phares qu’il serait
qui pourraient me paraître nécessaires moins que la plus haute soumission. nécessaire d’ériger, seraient, un sur le
pour diminuer les frais de commerce Pour le phare de la Grande île de Ka-Cap-Rosier dans le district de Gaspé,
vers le Saint-Laurent ; et jusqu’à quel mouraska, il demandait $1,280.00 un sur le Pot-à-l’Eau-de-Vie, un sur
point il est praticable d’en améliorer alors que le plus haut soumissionnaire la Grosse ile de Kamouraska et un sur
7la navigation dangereuse : Comme il demandait $3,600.00. Le phare de les Ilets de Belle-Chasse (…) »
est de la plus grande importance pour l’île de Bellechasse avait été soumis-Plusieurs autres recommandations le Canada d’attirer le commerce des sionné à $1,175.00 alors qu’un autre dont les résultats étaient comparables lacs d’en haut des canaux américains entrepreneur demandait $5,150.00 ont été reçues par le Commissaire en vers les ports atlantiques par les eaux pour la même construction. Malgré Chef des travaux publics. Ce dernier du Saint-Laurent (…) et je n’y vois pas la proximité des deux autres phares a, par la suite, appuyé presque l’in-meilleur moyen que l’établissement de à construire, Déry évaluait ceux-ci tégralité des listes de sites de pha-phares plus nombreux dans le golfe et à $4,400.00 pour l’île aux Grues et res proposés. Une dizaine d’années 6le feuve (…) » $4,000.00 pour la Pointe Saint-Lau-s’écoulèrent avant que ne débute la
rent. Ce qui s’avéra encore très rai-Par la suite il recommande un certain construction des petits phares du che-
sonnable si nous les comparons aux nombre de phares dans le golfe et trois nal du sud. La construction complexe
plus hautes soumissions reçues pour petits fanaux de havre répartis dans le et très coûteuse des phares prioritaires
ces mêmes phares qui se chiffraient chenal du Sud, sur l’Île du Pot à l’Eau- dans le golfe, tels que Cap-des-Ro-
à $7,900.00 et $6,728.00 respective-de-Vie, la Grande Isle de Kamouraska siers, Belle-Isle, Pointe Amour et la
8ment.et fnalement l’île de Bellechasse. Pointe Ouest d’Anticosti, ont retardé
Un contrat global pour ériger les cinq L’honorable député du comté de Ri- la construction des autres phares ré-
6. Rapport des Commissaires des Travaux Publics pour 1850, lettre de M. Edward Boxer, 4 octobre 1850
7. Rapport des Commissaires des Travaux Publics pour 1850, lettre de l’honorable député du comté de Rimouski, M. Joseph-Charles Taché, 26 décembre 1850
8. Document interne Garde côtière , Historique du phare du Brandy Pot, par Jean Paradis, 1986
5eAu fil des ans - 88 parution
phares fut enfn signé entre Travaux Spécifcations pour la construction
publics et l’entrepreneur Louis Déry du phare de l’île de Bellechasse
le 12 novembre 1860. Il était trop tard
C’est dans le contrat de en saison pour envisager le début des
du phare proposé le 11 juin 1860 par travaux, aussi l’entrepreneur passa
John Page commissaire des Travaux l’hiver à rassembler les matériaux né-
publics, que nous pouvons retracer cessaires afn de pouvoir commencer
quelques détails de la structure de ce le plus tôt possible après la fonte des
petit phare côtier. Le contrat accepté glaces. Les dirigeants de Travaux pu-
et signé par Louis Déry le 12 novem-blics devaient de leur côté commander
bre 1860 nous apprend : en Angleterre les lanternes et les systè-
mes lumineux requis pour chacun des • Le phare va être placé aux envi-
phares en espérant les recevoir avant rons du centre de l’île à la position
la date de terminaison des travaux du indiquée par l’offcier en charge
20 juillet 1861 imposée à Déry dans et représentant le département des Gravure du phare de Bellechasse, vue de
le contrat. L’entrepreneur n’a pas été Travaux publics. l’Ouest vers l’Est. Tiré de : Le Saint-Laurent
en mesure de respecter cette clause du historique, légendaire et topographique.
• La tour du phare doit avoir 29 1/2 contrat par manque de coordination chaque étage par des poutres hori-pieds de hauteur, construite d’une de Travaux publics. Dans une lettre zontales de 7 pouces par 8 pouces. charpente de bois, avec une pièce en date du 11 mai 1861 et adressée à Les poutres doivent être fxées annexée pour l’usage du gardien.Travaux publics, M. Déry stipule qu’il dans les poteaux par des tenons
n’a pu encore commencer les travaux • La tour doit être construite 15 et (Drawbored). Au sommet, les
car personne n’est encore venu lui in- pieds par 15 pieds à la base en di- poteaux doivent être fxés avec te-
diquer avec précision les endroits où il minuant de façon régulière sur les nons dans des morceaux de bois
devait ériger les structures. quatre côtés jusqu’à un carré de de 9 pouces par 15 pouces qui
10 pieds 4 pouces immédiatement vont dépasser 5 pouces par l’ex-Le Ministère a immédiatement com-
sous la projection du sommet. térieur…muniqué avec la Trinity House de
Québec afn qu’un pilote expérimenté • La structure du phare va être for- • Chaque coin, à la base et au som-
accompagne le chef ingénieur du dé- mée par 8 poteaux de bois de pin met, doit être renforcé avec une
partement lors d’une visite pour indi- de 10 pouces par 10 pouces, dis- plaque de métal de 3 pouces par
quer à M. Déry l’emplacement exact tribués de la façon suivante, un à 3/8, se prolongeant 3 pieds de
des phares à construire. La mise en chaque coin avec un poteau inter- chaque côté. Les plaques doi-
chantier a débuté le jour même pour se médiaire sur chaque mur. Ils doi- vent être bien boulonnées et des
poursuivre jusqu’à la fn de la saison vent être fxés entre eux par des bandes de métal verticales de 3
de navigation. Trois des cinq phares tenons. L’intérieur de chaque côté 1/2 pouces par 1/2 pouce, fxées
ont quand même été terminés avant sera comblé avec des madriers de avec des boulons de 1/2 pouce de
l’automne de 1861, incluant celui de 10 pouces par 12 pouces et ensui- diamètre et ancrées dans la roche
9l’île de Bellechasse. te relié tout autour du bâtiment à doivent être placées à chaque coin
de la base.
• Au sommet, des poutres de 10 Nomenclature du phare de l’île de Bellechasse selon le livre des feux,
pouces par 12 pouces doivent être bouées et signaux de brume de 1949
disposées diagonalement entre le
No 1212 montant du centre et les poteaux
du mur adjacent… Placées et ar-Position Sur le sommet de l’île, à l’extrémité Est.
rangées pour former les côtés
46 55 58 N 070 45 58 O d’un octogone de la dimension à
Caractéristiques du feu pouvoir fxer la lanterne.Blanc, Occ. 17 secs, visible : 10 secs, éclipse :
7 secs. • Le plancher des différents étages
doit être de 1 1/2 pouce d’épais-Hauteur focale au-dessus de l’eau 54 pieds
seur, bouveté, les planches bien
Portée nominale 12 miles nautiques insérées et jointées. Une ouvertu-
re doit être laissée à chaque étage Description Tour carrée, blanche avec maison attachée,
pour accéder à la lanterne.le toit rouge.
• Des échelles doivent être four-Hauteur totale 40 pieds
nies, 2 pieds 6 pouces de lar-
Allumé en 1862 geur avec les côtés, pas moins
9. Document interne Garde côtière , Historique du phare du Brandy Pot, par Jean Paradis, 1986
10. Contrat de construction entre M. John Page, commissaire des Travaux Publics et Louis Déry,12 novembre 1860
6eAu fil des ans -88 parution
D- Éolienne : appelée aussi moulin à
vent, servait à recharger les batteries
pour le radiotéléphone.
E- Mât du drapeau : pour le drapeau
canadien.
F- Hangar à bois : servait à entrepo-
ser le bois de chauffage et le charbon.
La toilette était attenante à ce hangar.
G- Échelle : installée à côté de la des-
cente de la chaloupe.
H- Plan incliné pour la Chaloupe :
communément appelé le «Slip», cette
structure de bois et de fer servait à la
mise à l’eau ou à la remontée de la
chaloupe.
Gravure parue dans une page centrale du journal où il y a plusieurs gravures des phares du Saint-
Laurent. Vue du côté Nord vers la rive Sud. Journal L’opinion publique du 18 octobre 1877 Les systèmes lumineux du phare de
Bellechasseque 9 pouces de profondeur galvanisées, doivent être pein-
et 2 pouces d’épaisseur. Cha- tes de deux couches d’une bonne Étant donné que la construction de cet
cune doit avoir une garde avec peinture à huile, de la couleur in- édifce sur l’Île de Bellechasse n’avait
10main-courante sur un seul côté. diquée par l’offcier en charge. pas pour but d’être un chalet de villé-
giature, mais plutôt une lumière pour Ce ne sont que quelques éléments nous • La chambre à coucher pour le
guider les marins, il est important permettant de nous faire une idée des gardien à être annexée à la tour du
d’expliquer les différents systèmes lu-dimensions et du type de construction phare sera de 10 pieds par 15 pieds
mineux qui se sont succédés.du phare. Ce contrat de de dimension, ayant une structure
compte plusieurs pages de détails de pièces de bois dont les poteaux Dans le Rapport annuel du ministère
qu’il serait inutile d’énumérer dans de 8 pouces par 5 pouces ne seront de la Marine et des Pêcheries pour
cet ouvrage.pas disposés à plus de 12 pieds de l’année 1872, le système lumineux du
distance… Description du site du phare de l’île phare de l’île de Bellechasse est décrit
de Bellechasse comme suit : « Feu catoptrique ; cinq • Une cheminée doit commencer Avec les années, le site du phare de lampes à becs mammoth plats ; réfec-à partir d’un des murs de la fon- Bellechasse, si petit soit-il, a eu droit teurs de vingt pouces, sur l’extrémité dation et s’élever en briques de à quelques améliorations. Voici une est de l’île, côté sud du Fleuve St-Lau-2 pouces 1/2 par 2 pouces avec 11description sommaire du site du phare rent. »(fue) bien formée à mesure que le avant qu’il ne soit détruit.
travail montera et sera connectée
A- Hangar à pétrole : contenait des par un collet en pierre taillé. La
bidons spécialement conçus pour les partie de la cheminée à l’extérieur
phares et permettant de s’approvision-du toit doit être en brique à feu…
ner en kérosène avec un robinet à la
• Les murs extérieurs de la maison base de chaque bidon. Ce hangar ser-
et de la tour, doivent être faits de vait aussi pour ranger de l’équipement
revêtement de bois de 1 pouce pour la chaloupe.
d’épaisseur en pin sec clair de
B- Phare : le rez-de-chaussée et le nœuds. Les planches ne doivent
premier étage étaient sommairement pas dépasser 7 pouces de largeur
meublés de deux lits et d’un escalier. et chaque planche doit chevau-
Le deuxième étage abritait le réservoir cher d’au moins 3/4 de pouce par-
d’huile et la pompe qui assurait l’ali-dessus la planche immédiatement
mentation du système d’éclairage. En-en-dessous.
fn, au-dessus, on retrouvait la lanterne
• Toutes les boiseries extérieures du phare et le système lumineux.
et intérieures, incluant le revête- C- Annexe : servait de cuisine avec
ment, les bardeaux du toit, les ca- un poêle à bois, une table, des chaises
dres de fenêtres, portes, moulures, et un peu de rangement.
Le phare avec les autres bâtiments, le slip et ainsi que les pièces métalliques
la chaloupe, vue du Sud. Photo : Collection
Jean-Louis Gaumond
11. Rapport du ministère de la Marine et des pêcheries pour l’année 1872
7eAu fil des ans - 88 parution
et que le phare de l’Île Rouge avec ses Le système dioptrique : Cette appel-
24 réfecteurs arrivait à se faire voir de lation vient du Grec : «dioptrikos» qui
12toutes les directions. signife «voir à travers».
Les premiers phares du Saint-Laurent Année Gardien
ont utilisé l’huile de blanc de baleine
1862 - 1880 Édouard Thiviergecomme combustible pour produire la
lumière. En 1862, l’année de la mise 1881 - 1902 Jean Baptiste Galibois
en service du phare de Bellechasse,
1903 - 1918 Joseph O. Bilodeaul’administration des phares avait déjà
commencé à substituer ce combus- 1919 - 1922 Pierre Bilodeau
tible par de l’huile de pétrole blanc,
1923 - 1924 C. Gaumondcommunément appelé huile lampant
1925 - 1926ou kérosène. La quantité d’huile utili- François Dupuis
sée par la station de phare pendant une
1927 - 1944 Francis Gaumondsaison dépendait directement du nom-
1944 - 1945bre de lampes que son système catop- Albert RoyDessin du site du phare avec l’emplacement
des divers bâtiments. Crédit : Jean Cloutier trique possédait. Le phare de l’île de 211946 - 1964 Lauréat Gaumond Bellechasse consommait environ 180 Un élément du système catoptrique est
13gallons d’huile par saison. constitué d’une lampe installée dans
Le système utilise une seule lampe si-un réfecteur parabolique (miroir) qui À l’ouverture de la navigation en
tuée au centre d’une lentille de forme capte les rayons lumineux émis par la 1903, le feu de cette localité, qui était
cylindrique. La lumière s’échappe de famme et les réféchit en faisceaux autrefois blanc fxe catoptrique, a été
la lampe dans toutes les directions : parallèles sur un plan horizontal. Un remplacé par un feu blanc à occulta-
une partie passe à travers la lentille et seul élément de ce système d’illumi- tion, éclairant pendant 5 1/2 secondes
une autre, qui devrait être perdue par le nation avec un réfecteur parabolique et s’éclipsant 3 al-
haut ainsi que par le bas, est partielle-de 20 pouces projetait la lumière dans ternativement. Le nouvel appareil il-
ment récupérée dans le système diop-èmeune seule direction assez étroite. Afn luminatif est dioptrique du 4 ordre
trique par des anneaux de verre cylin-de produire une lumière fxe couvrant et la substance illuminante consiste
driques en forme de prisme, installés en gaz de pétrole brûlant dans des
au-dessus et au-dessous de la lentille Huile de charbon, $ 160.00 14lampes à incandescence.
200 gals. à 80 cents le
gallon.
Salaire du gardien $ 320.00
Mèches et cylindres de $ 60.00
lampes, savon, brosses
et frais d’inspection
Réparations au plan $ 40.00
incliné
16 Total $ 580.00
tout un secteur de l’arc d’horizon, il
fallait mettre côte à côte plusieurs élé-
ments catoptriques dont la projection
de lumière se chevauchait pour donner
l’impression qu’il y avait une seule
source lumineuse. Chaque phare avait
un nombre de réfecteurs différents se-
lon l’angle de l’arc d’horizon que ce
dernier devait couvrir. Par exemple,
au phare de l’Île Verte, il y avait 13
lampes avec 13 réfecteurs tandis que
Système d’illumination catoptrique comprenant 5 réfecteurs et 5 brûleurs. Illustration : Archives le phare de l’Île Bicquette en avait 21 du Port de Québec, Fond de la Trinity House de Québec. Photo : Archives nationales du Canada,
Collection Ministère des transports.
12. L’Île Verte, le feuve, une île et son phare, pages : 216,217
13. Rapport du ministère de la Marine et des Pêcheries pour l’année 1873
14. Rapport du ministère de la Marine et des Pêcheries pour l’année 1903
8eAu fil des ans -88 parution
donné le poids du nouveau système
lumineux, plusieurs phares de bois ont
littéralement été reconstruits en béton
armé ou en panneaux de fonte.
Ce furent entres autres les cas des pha-
res de Matane, Pointe de petit Métis,
Cap Madeleine, Cap Chat et le phare
de Pointe-au-Père. Pour les phares de
èmebois devant recevoir une lentille de 4
ordre, il n’y avait pas de problème car
cette lentille d’un diamètre de moins
de deux pieds n’était guère plus en-
combrante ou plus pesante que le sys-
tème catoptrique incluant le poids des
réservoirs à huile à chacun des réfec-
teurs. Par conséquent le phare de l’île
de Bellechasse n’a subi aucune modi-
fcation architecturale majeure lors de
ce changement de système lumineux.
En 1903, lors de l’installation de la len-Le système dioptrique : intérieur d’une lentille de Fresnel avec une seule source lumineuse au
centre. Photo : Jean Cloutier tille, le combustible a aussi été substi-
tué. Le phare de l’île de Bellechasse principale. La lumière recueillie est de premier ordre.
était maintenant pourvu d’un brûleur à ainsi réfractée dans la même direction Exemple : le Cap des Rosiers. incandescence à vapeur de pétrole. Le 15que celle qui passe par la lentille.
premier phare à expérimenter ce type Le second cercle de feux est composé Quoique beaucoup plus dispendieux, de brûleur avait été celui de l’île Pan-de phares de second et de troisième le système dioptrique offre certains fret en France. Tout le monde connaît ordres qui indiquent les caps secon-avantages par rapport au système ca- ces lampes à manchons et à liquide daires, les îles, les écueils, les bancs toptrique : il n’utilise qu’une seule pressurisé car elles sont équivalen-de sable, les limites d’un feuve et les lampe ou source lumineuse, réduisant tes aux lampes de type «Coleman» passes assez étroites dont même un pi-ainsi la consommation d’huile et pro- utilisées en camping. C’est le même lote ne saurait reconnaître la direction duisant une intensité lumineuse large- principe qu’on appliquait aux phares, pendant la nuit.ment supérieure à celle produite par le mais le système était plus gros et plus
système catoptrique. Pour une consom- Exemples : Pointe-de-la-Renommée, complexe à l’allumage.
mation égale, l’appareil dioptrique Rivière-à-la-Martre, Pointe-au-Père Ce type d’éclairage a réussi à se main-produit une lumière cinq fois plus Le troisième cercle lumineux se situe tenir en concurrence avec l’éclairage puissante que l’appareil catoptrique. plus à l’intérieur des terres, dans les électrique et à mesure que l’électri-
chenaux et à l’approche des ports. Ce Au point de vue de l’intensité lumi- cité était installée dans les stations de
sont des phares de quatrième, cinquiè-neuse des phares, on distingue six or- phare canadien, l’ampoule électrique
me et sixième ordres qui sont alors dres d’appareils. L’ordre, qui va du prenait la relève. L’électrifcation
utilisés.plus au moins puissant, est caractérisé des phares du Saint-Laurent a pris de
(sauf dans les appareils électriques) Exemples : L’île Verte, île du Pot à l’ampleur à la fn de la seconde guerre
par la distance focale, c’est-à-dire la l’Eau-de-vie, île du long Pèlerin, île mondiale pour se terminer au début
plus courte distance entre le foyer lu- de Bellechasse des années 1960. Le phare de l’île de
mineux et le réfracteur en verre qui Le système dioptrique, qui est en fait Bellechasse n’ayant jamais bénéfcié
l’entoure. La couverture des phares, une lentille à échelons, a été inventé d’une alimentation en électricité, le
généralement adoptée dans les diffé- par le français Augustin Fresnel et tes- phare garda son brûleur à manchon in-
rents pays, consistait à entourer leurs té dans le phare de Cordouan en 1823. candescent jusqu’à sa fermeture. En
côtes de trois cercles de lumière : Au début des années 1900, le Canada 1963 c’est dans le vieux phare qu’une
Le premier cercle est composé de pha- procéda à une vaste opération d’amé- lumière à batterie fut installée. Deux
res à grande portée (les plus puissants) lioration des systèmes lumineux des années plus tard, une tour à claire-
et indiquait aux navigateurs arrivant phares. Ainsi, le ministère procéda à voie est construite au centre de l’île
du large qu’ils approchent de la terre. la substitution des anciens systèmes et dorénavant ce gyrophare envoie le
C’est sur des promontoires et des caps lumineux Catoptrique pour les rempla- faisceau lumineux tandis que le vieux
de la côte que sont établis les phares cer par des lentilles de Fresnel. Étant phare est éteint.
15. L’Île Verte, le feuve, une île et son phare, page : 217
16. Rapport annuel du ministère de la Marine et des Pêcheries, 1868
9eAu fil des ans - 88 parution
n’avait aucun document écrit prou- de phares qu’on a actuellement sont
vant son droit de propriété. Le gou- gardiens de père en fls, ou frère, ou
vernement provincial avait avisé le cousin. Il y a toujours un lien de pa-
ministère fédéral qu’il n’y avait aucun renté fagrant. C’est vraiment leur vie
numéro cadastral pour l’île et par depuis qu’ils sont nés ; pour eux, la
conséquent ne savait pas qui en était vie sur un phare fait partie de leur
19propriétaire. La solution proposée a univers.»
été assez simple. Ce lien familial entre les gardiens a
«I think however, it might be advisa- commencé par le premier phare du
ble to expropriate the lighthouse land Saint-Laurent alors que quatre géné-
under the provisions of the expropria- rations de Lindsay se sont succédées
tion act to make doubly sure of our au phare de l’île Verte. Le phare de
18rights...» l’île de Bellechasse n’a pas fait excep-
tion à la règle et pendant plusieurs dé-
Il s’en suivit un relevé d’arpentage et cennies, il y a eu un lien de parenté en-
l’exécution du plan de l’île de Belle- tre les gardiens qui se sont remplacés.
chasse nécessaire à l’expropriation. Laissons M. Jean-Louis Gaumond
Personne ne savait qui était le pro- nous expliquer la situation :
priétaire et quoi qu’il en soit, il venait
d’être exproprié ! L’avis d’expropria- « Joseph O. Bilodeau, c’est le cousin
tion a été déposé le 4 février 1918 à mon grand-père, ensuite Pierre Bi-
au registraire de la division d’enre- lodeau, ça c’est mon grand-père du
gistrement du comté de Montmagny. coté de ma mère. C. Gaumond, ça doit La tour à claire-voie de l’île de Bellechasse
Maintenant que l’île appartenait off- être Charles Gaumond, mon oncle. Il dans les années 1980. Photo : Archives Garde
Côtière de Québec ciellement au gouvernement fédéral, n’a pas été longtemps lui. Francois
la vie pouvait continuer normalement Dupuis, pendant un an seulement Le phare à travers le temps
au rythme des nuits et des saisons. Jo- aucun lien de parenté. Par la suite,
En 1862, le feu du phare de l’île de seph O. Bilodeau était le gardien au Francis Gaumond, ça c’est le cou-
Bellechasse a été allumé pour la pre- moment de ces événements. sin de Papa, y a fait 18 ans lui. Mon
mière fois par M. Édouard Thivierge, Comme l’a si bien dit le Surintendant père Lauréat Gaumond a commencé
premier gardien de cette station. Il des phares de la région laurentien- en 1946. Y naviguait pour la Clarke,
avait été engagé par la Trinity House ne de la Garde côtière en 1987 lors le poste a ouvert et il l’a eu. Mais,
de Québec, mais a vécu la première d’une entrevue accordée à l’historien c’est pas tout le monde qui se garo-
transition administrative. Suite à la Normand Lafrenière : « Les gardiens chait pour avoir la job non plus ! Je
confédération en 1867 le ministère
de la Marine et des Pêcheries est créé
et devient le nouveau propriétaire du
phare. À ce moment M. Thivierge est
toujours le gardien et le total des dé-
penses pour cette première année se
résume comme suit :
Le 23 juin 1880, M. Thivierge est mis
à la retraite et est remplacé par M.
Jean-Baptiste Galibois. Ce dernier est
remplacé à son tour le 15 juin 1903 par
M. Joseph O. Bilodeau dont le salaire
était fxé à 350$ par année. Il verra
ses revenus passer à 400$ en 1909 et à
17520$ en 1911.
Une lettre du ministère de la Marine
datée du 22 septembre 1915 nous ap-
prend un fait inusité. Il semblait évi-
dent que la Trinity House de Québec
avait acheté l’île avant d’y ériger le
Le phare de l’île de Bellechasse vu du Sud en 1962. Photo : Collection Pierre Boisvert
phare. Toutefois, l’agence de Québec
17. Rapports annuels du Ministère de la Marine et des Pêcheries, 1881, 1904, 1910, 1912.
18. Lettre du chef Ingénieur du Ministère de la Marine adressée à l’agence de Québec le 22 septembre 1915.
19. Gardien de phare dans le Saint-Laurent, un métier disparu. Page : 29
10

Soyez le premier à déposer un commentaire !

17/1000 caractères maximum.