Permanence et Consciences des tracés d'époque coloniale ...

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Permanence et Consciences des tracés d'époque coloniale française en Algérie Enseignant Architecte. Directeur de la Recherche et de la Post-Graduation Département d'Architecture. Université de Blida Tant dans nos travaux de recherches, pédagogiques ou activités professionnelles nous ne cessons de nous confronter aux traces et tracés de la colonisation Française en Algérie. En effet, après diverses investigations dans la consultation des cartes de fondation de ces villes, il s'avère clair que l'installation, telle que décrite par les différents ouvrages et publications, s'est effectuée à travers un binôme Village de colonisation/Périmètre de colonisation.
  • graduation dans l'enseignement en architecture
  • structuration du territoire actuel
  • problématique des fondements théoriques dans l'élaboration des instruments d'urbanisme
  • colonisation de la plaine du cheliff
  • périmètres de colonisation
  • base de travail établie
  • urbain
  • réseau de canaux d'assèchement de la plaine de la mitidja
  • ville
  • villes
Publié le : mercredi 28 mars 2012
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Source : umc.edu.dz
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Permanence et Consciences des tracés dépoque coloniale française en
Algérie
Enseignant Architecte.
Directeur de la Recherche et de la Post-Graduation
Département dArchitecture. Université de Blida
bitamabdelkrim@yahoo.fr
Tant dans nos travaux de recherches, pédagogiques ou activités professionnelles nous ne
cessons de nous confronter aux traces et tracés de la colonisation Française en Algérie.
En effet, après diverses investigations dans la consultation des cartes de fondation de ces
villes, il savère clair que l installation, telle que décrite par les différents ouvrages et
publications, sest effectuée à travers un binôme Village de colonisation/Périmètre de
colonisation.
Ce que nous souhaiterions partager, à travers cette journée, est la consistance puis l impact de
ces tracés sur les extensions des villes ayant des villages de fondation coloniale à travers
quelques exemples didentification et réutilisation de ces Tracés les villes étudiées so nt
Boufarik et Cherchell.
L existence de ces tracés est érigée en hypothèse étant donné l inexistence de documents
écrits ou graphique illustrant ce procédé.
Par ailleurs, une deuxième hypothèse sera émise : considérant la « revendication » des
échelles dappartenance comme matrice principale dans l élaboration et l implantation des
projets.
L ampleur des territoires occupés et "façonnés" durant cette période est révélatrice de
l importance des traces et tracés encore en place et auxquels nous sommes confrontés dans les
divers domaines daménagement de l espace.
L'entreprise conquérante française s'est attelée, très vite, à s'approprier des terres par tous les
moyens. La domination de l'espace se fera par une occupation méthodique et systématique
mettant en place de multiples systèmes de contrôle et de gestion.
Le plus abouti et répandu a été le binôme village/périmètre de colonisation.
Le territoire sera littéralement quadrillé et couvert par la juxtaposition de ces périmètres
recensés en 1928 à plus de 631 crées dont 475 villages construits à l'intérieur de ces
1périmètres.
La structuration du territoire actuel, à travers l'établissement du réseau administratif et viaire,
est l'héritière directe de la logique d'occupation et de contrôle de l'espace par la colonisation
française.
L'intérêt de son étude et de sa compréhension est à double titre : pour, d'une part, son
caractère de fait accompli, d'héritage et d'usage de ces espaces et d'autre part, pour la
particularité de son mode d'implantation et de composition de l'espace urbain.
Aussi, nous nous intéressons aux villages et villes fondées durant la colonisation française en
Algérie afin de saisir une occasion rare dans l histoire des villes qui est la fondationex-nihilo
dun groupement qui sera l e noyau et le centre de villes actuelles compte tenu de l importance
des territoires couverts par ces binômes (village et périmètre de colonisation)
1 " &les 475 villages de colonisation bâtis de la sorte au cours de presque un siècle constituent l'ossature du réseau actuel
des centres agglomérés dans les campagnes in "CÔTE Marc "l'Algérie ou l'espace retourné" 1993. p133.21. Le village de colonisation :
2. Le périmètre agricole annexe constitué de parcelles géométriquement tirées au
cordeau offrant des lots systématiquement aux colons. Ces derniers recevaient un lot
3urbain, un lot de Jardin et un Lot de culture . Ce périmètre est appelé Périmètre de
colonisation. Il nest pas sans rappeler l équivalent angl-osaxon : les Townships que
nous retrouvons dans le Nouveau monde, notamment.
Invisibilité apparente
La « trame invisible » que nous considérons est celle relative aux structures spatiales et
géométriques (donc imperceptibles) des binômes village/périmètre de colonisation. La
cohérence et la pertinence liée au site naturel sont, en fait, des « coups partis » avec lesquels il
faudra composer. Non seulement pour des raisons dadaptation et de continuité mais surto ut
que les territoires qui doivent recevoir les extensions des villes (parcellaire agricole et
propriétés foncières) sont issues de ce découpage géométrique lié au tracé de la ville coloniale
(nous le démontrerons avec le cas des villes de Boufarik et Cherchell)
La permanence de ces tracés est pourtant « apparente » dans la perception quotidienne et la
pratique de ces villes : les distances, les rythmes de ponctuations, sont autant de signes de
l existence dun dispositif urbain avec des catégories diversiifées : l échelle du quartier,
l échelle de la ville et l intermédi .aire
Ces imbrications sont révélées par l identification des structures spatiales en plac:e les
parcours principaux, servitudes, éléments topographiques . A laquelle nous superposons la
« trame » de l installation coloniale française. Cette trame est en fait lepérimètre de
colonisation avec l emplacement du village son découpage la, mesure des parcelles agricoles,
les « jalons » que constituent les éléments hors village : le cimetière, le marché, la gare, les
franchissements divers tels que pont, gué. De même que les éléments naturels (oueds..) et
historiques (ruines...)
La mise en relation de ces composantes prises dans un cadre spatial géométrique confère à la
structure de la ville contemporaine une indéniable cohérence et de solides repérages dans la
définition des entités ou plus l aspect plus problématique que constitue la délimitation des
périmètres de POS (Plan dOccupation des Sols)
Nous sommes conscients de la portée de ce propos quest la cohérence de la composition
spatiale de la ville. Elle nest pas innocente, c est une façon pour nousde reposer la
problématique des fondements théoriques dans l élaboration des instruments durbanisme.
C est également unaspect que nous traitons et développons, tant dans nos travaux
èmepédagogiques nous avons en charge le module Projet Urbain de 4 année graduation dans
l enseignementen architecture - que professionnels.
2
M. Côte "L'Algérie l'espace retourné" Edition Média plus 1993 p 133 relève qu'au total, " sur 200 agglomérations
de plus de 7500 habitants que compte aujourd'hui le pays (en 1993) que l'on peut qualifier d'urbaine, 32 sont les
héritières de médinas, 122 sont dans le droit fil des villes et villages de colonisation crées ex-nihilo le reste
correspond à des ksours sahariens. En outre, entre 1848 et 1928, les services de colonisation officielle ont crées
631 périmètres de colonisation. Ce sont 475 villages de colonisation qui ont été construits dans ces périmètres."
3
Xavier Yacono « Colonisation de la plaine du cheliff »Traces et devenir
L incidence de ces tracés est un des aspects traités dans notre recherche.
Dans les divers outils mis en place dans l élaboration des instruments durbanisme. Il n est
pas fait référence aux structures coloniales puisquelles ne sont pas encore identifiées ou du
moins pas évaluées.
En effet, ces tracé géométriques, une fois identifiés, représentent une structure indéniable dans
l élaboration des projets urbains, tant pour les restructurations que pour les extensions. Nous
proposons dillustrer à travers un exemple de fondation de vil lage de colonisation (Binôme
Village/périmètre de colonisation) le tracé hypothétique à la base de l installation.
En effet, nous considérons quun projet darchitecture ou daménagement urbain, de
restructuration ne peut exister sans une attache dans un e structure densemble identifiée et
hiérarchisée. Pour chaque site dintervention une échelle dappartenance est considérée
permettant détablir la pertinence du choix programme/site d«implantation»
Le parcours et l orientation dans la ville est tributraei dune structure urbaine claire et
hiérarchisée : c est l espace public qui représente la construction et matérialisation volontaire
et consciente de cette structure.
Ainsi, considérant l échelle dappartenance telle que définie, il serait aisé de rentrre dans des
spéculations théoriques en associant à chaque site dintervention une entité à laquelle elle se
rattachera sans pour autant assoir une base de travail établie sur de critères objectifs.
De même quil serait aisé de traiter nimporte quel projet (toutes échelles confondues) en
sinventant des données (contraintes) urbaines au gré des « souhaits du client, ou autre maître
douvrage &».
Nous tenterons dillustrer à travers la présente contribution comment la matrice du tracé
dépoque coloniale frança ise à Boufarik peut servir de base de travail pour l identification des
lignes primaires dans la composition la structure de la ville et par la même suggérer la
définition de ces échelles dappartenance par la construction des espaces publics.
Ceci paraîtra comme des raccourcis faciles mais en fait l exercice, a priori empirique, est
vérifié dans plusieurs exemples de villes notamment de la Mitidja.
Eu égard au temps qui nous est imparti, nous nous attarderons uniquement sur l incidence du
tracé de la ville (ou village) et du périmètre agricole annexe sur les extensions contemporaines
et enfin sur l émergence dune composition potentiellement «ordonnée » de la ville.
Nous y reviendrons plus loin.
Cas de Boufarik :
En effet, nous illustrerons, à travers l'étude d'un cas, certes, particulier - dans ses conditions,
son contexte et ses objectifs : celui de la ville de colonisation de Boufarik- les capacités de
cette méthode à intégrer de façon positive les spécificités du site, les préexistences dans le
processus d'élaboration, puis de la formation de la ville.
La prise en charge, en amont, des éléments forts ou lignes de force du site telles que les lignes
de crête, les talwegs, l'orientation, les parcours, préexistants, permet l'ancrage du projet
dans son environnement basé sur des pérennités commodes c'est-à-dire réutilisables commeéléments de composition assurant un rôle et une fonction concrets. Ceux-ci contribuent à
donner à la composition sa spécificité et son unicité.
L'analyse de quelques exemples historiques pourra révéler comment diverses compositions
ont pu s'enrichir et atteindre une complexité par l'intégration des données et préexistences du
site.
Nous verrons dans le cas de la ville de Boufarik, comment on est passé du village de
colonisation à grille rigide et monotone à une ville intégrée à un réseau de canaux
d'assèchement de la plaine de la Mitidja à travers la forme du village et son orientation.
La composition urbaine spécifique de cette ville - que nous avons présentée dans dautres
occasions - est Hypothétique. Ainsi, l ensemble du tracé régulateur à la base de l élaboration
de la composition urbaine relève dun procédé systématique des auteurs des dessins de ces
villages de colonisation (les ingénieurs du Génie et ceux des Pont-et-chaussées)
Les tracés sont identifiés dans plusieurs villes de la Mitidja et divers villes du sahel Algérois,
Cherchell, Tizi-Ouzou pour ne citer que ceux que nous avons le plus étudiées.
- Description des exemples et des étapes de composition : Diapositives
Commentaires de la projection en data show :
- Nous pouvons lire l ensemble des procédés dans l élaboration de la composition géométrique
du village de Boufarik. Ce sont les éléments structurant les espaces majeurs de la ville
actuelle. Les cours apparaissent comme première ceinture d un ensemble quit éait appelé
Medina Clauzel. Les places sont positionnées sur le parcours territorial la Route Nationale
n°01 qui rentre dans la ville devenant avenue, le changement de direction est assuré par la
Place Carrée Place Mazaghran- jouant ainsi le rôle d artulication dans le parcours. Puis nous
aboutissons sur la place en fuseau au milieu duquel trône l église, de part et d autre sont
disposés les édifices majeurs de la ville. Enfin, la place triangulaire termine ce parcours
marquant la fon de perspective par l entré et la façade de l édifice principal du Camp dErlon
- La carte de synthèse représente la superposition des grandes lignes de découpages et tracés
agricole, les « jalons » faits par : le cimetière, le marché, les voies et chemins dexploitation
agricole.
Les éléments naturels tels que les deux oueds ainsi que les canaux dassèchement en place.
Nous voyons ainsi ressortir un premier maillage structurant potentiellement la ville avec des
délimitations physiques claires et surtout des équivalences en termes de proportion entre les
différentes entités.
Celles-ci sont en fait les échelles d appartenance primaires qui peuvent contribuer à asseoir
une base de travail, notamment, pour la délimitation des périmètres de POS.
Voici en parallèle les délimitations actuelles de POS.Incidences structurelles sur la ville actuelle.
Nous présentons cette partie par une série de diapositives.
Conclusion
La connaissance et la reconnaissance de ces tracés façonnant notre territoire est un premier
pas essentiel, à notre sens, dans l élaboration des plans durbanisme à différentes échelle.s
Il est effectivement nécessaire avant toute action ou opération urbaine de rechercher ces
structures du territoire permettant une hiérarchisation des échelles dint ervention dont les
articulations seront établies par la construction des espaces publics majeurs.
Par ailleurs, aboutir à notre double objectif est réaliste puisque le corpus choisi est en cours
détablissement (identification des tracés) investissant l a plaine de la Mitidja comme unité
paysagère historique. De même que la contribution à l élaboration des instruments
durbanisme (dans sa partie Structure projetée pour la ville et la délimitation des entités de
4.POS) est systématiquement expérimentée à travers les travaux détudiants
En guise de conclusion, nous souhaiterions avoir suscité l intérêt dans la connaissance dun
mode de composition encore méconnu, son de même pour la pratique du projet. La
participation à ces journées est pour nous une occasion privilégiée dans la diffusion et la
formulation de façon plus précise de nos hypothèses et surtout, amener à une réflexion plus
élargie sur les modes de production et délaborat ion des instruments et opérations
durbanisme.
Bibliographie sommaire
ð· Côte. M., L'Algérie l'espace retourné. Edition Média plus 1993
ð· Cohen. J., L., Oulebsir. N., et Kanoun. Y., dir Paysages urbains et architectures
1800-2000. Paris: Éditions de l'Imprimeur 2003
ð· Deluz. J., J., L'urbanisme et l'architecture d'Alger, aperçu critique. Alger. Office des
publications universitaires. 1988
ð· Duval, J., "Tableaux de la situation des établissements français en Algérie." Paris.
1865.
ð· Lespès. R., Etude de géographie et d'histoire urbaine. Alcan Paris. 1930
ð· Malverti X, Picard. A., les villes coloniales entre 1830 et 1880 en Algérie Paris 1988.
Ouv. Coll.
ð· Yacono X « Colonisation de la plaine du cheliff» Alger 1955
4 ème
Dans le Module Projet Urbain dont nous avons la charge dans l enseignement de la 4 année
d architecture.

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