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PROJET HYDROELECTRIQUE DE LOM PANGAR EVALUATION ENVIRONNEMENTALE ET SOCIALE (EES) VOLUME 1. EVALUATION DES IMPACTS ENVIRONNEMENTAUX ET SOCIAUX (EIES) ANNEXE 11 RELEVE DES REUNIONS PUBLIQUES ET DE LEURS RESULTATS Projet de rapport final pour commentaires des bailleurs Version 1.0 Février 2011
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PROJET HYDROELECTRIQUE DE LOM PANGAR
EVALUATION ENVIRONNEMENTALE ET SOCIALE (EES)
VOLUME 1. EVALUATION DES IMPACTS ENVIRONNEMENTAUX ET
SOCIAUX (EIES)

ANNEXE 11
RELEVE DES REUNIONS PUBLIQUES ET DE LEURS
RESULTATS

Projet de rapport final pour commentaires des bailleurs
Version 1.0 Février 2011

Projet hydroélectrique de Lom Pangar. Evaluation environnementale et sociale. Volume 1 : Evaluation des impacts
environnementaux et sociaux. Relevés des réunions publiques et de leurs résultats. Février 2011.

TABLE DES MATIERES
1 RAPPEL des consultations DE 2005 dans les villages .......................................................... 3
1.1 Compte rendu des missions de consultation ........................................................................... 3
1.1.1 Méthodologie ................................................... 4
1.1.2 Echantillonnage ............................................................................... 5
1.1.3 Présentation des résultats ............................................................................................. 5
1.2 Résumé des résultats des consultations de l’étude de l’impact environnemental ..................... 5
1.3 Mission de restitution de l’EIE dans les villages ....................................................................... 6
1.3.1 Appréciation par les populations locales des propositions de l’Etude de l’Impact
sur l’environnement ...................................................................................................................... 7
1.3.2 Principales observations à intégrer dans l’étude de l’EIE......... 7
1.4 Relevé des commentaires dans les registres déposés dans les villages ................................ 10
2 Rapports des réunions régionales DE 2003 A 2005 ............................................................. 13
2.1 Compte rendu de la mission du 31 juillet au 3 août 2003 au site du barrage (Province de l’Est)
13
2.2 Atelier de lancement de l'Etude d'Impact sur l'Environnement ............................................... 13
2.3 Ateliers de restitution de l'Etude d'Impact sur l'Environnement .............. 14
3 Atelier de lancement de la reformulation de l’EES EN 2009 ............................................... 17
3.1 Déroulement ......................................................................................... 17
3.2 Commentaires et questions de l’assemblée .......................................................................... 20
4 comptes rendus des audiences publiques du 18 janvier au 2 fevrier . 26
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1 RAPPEL DES CONSULTATIONS DE 2005 DANS LES VILLAGES
Les réunions et les enquêtes dans les villages ont traité de nombreux aspects concernant
l’encadrement, les aspects socio-économiques, l’indemnisation et le patrimoine culturel.
L’ensemble des résultats est publié en annexe du rapport de thème 23 « Socio-économie ».
1.1 Compte rendu des missions de consultation
La principale mission des thèmes 4, 5, 19 21 et 23 a eu lieu du 15 au 27 mars 2004.
L’équipe était composée des Dr Maximilien Bilong et Georgius Koppert, de M. Martial
Massiké et du chauffeur, M. Simon-Pierre Amenguélé Essame. Les principales activités
consistaient à :
 Compléter les données recueillies lors de la phase I ;
 Identifier les impacts pour le compte de la phase II ;
 Localiser par GPS toutes les habitations présentes autour de la retenue du
barrage.
La mission avait également pour but d’informer les populations villageoises, et de recueillir
leurs avis sur les impacts positifs et négatifs du projet. Elle visait à étudier l’utilisation
effective des terroirs villageois touchés ou non par la zone à ennoyer, les bases de
l’économie locale et à consigner les équipements existants, afin d’apprécier l’impact potentiel
de la retenue sur le mode de vie et la dynamique économique. Les recensements
démographiques et la cartographie des espaces résidentiels devaient permettre d’évaluer
avec suffisamment de précision l’effectif de la population et sa distribution spatiale autour du
barrage et de la zone de retenue.
Une mission préliminaire de balayage de la zone avait précédé cette mission. Y ont pris
part : Bilong Maximilien, Ndongo Gaëlle qu’accompagnait Massike Martial enquêteur recruté
à Bertoua. Au cours de cette mission, une enquête semi-directive a été organisée auprès
des autorités administratives, des chefs-lieux des arrondissements et auprès de chefs de
village. En plus, une enquête structurée a été organisée dans 12 villages.
La mission de balayage a permis de dégrossir la problématique et d’aider à mieux définir la
méthodologie à adopter. La seconde mission s’est déployée sur :
 La zone de Deng Deng, qui correspond à la zone d’impact N° 1 (zone de construction) de
Goyoum au village Lom-Pangar en incluant les villages de Lom Pangar, d’Ouami, de
Deng Deng, de Lom I, de Lom II et de Cambocassi ;
 La zone rurale de Betaré Oya, soit le « croissant intérieur » qui correspond à la zone
d’impact N° 2 couvrant tous les villages et hameaux situés entre Doyo-Touraké-Bétaré
Oya-Bangbel, à l’exception de la ville même de Bétaré Oya qui est traitée par le thème
« urbanisme » ;
 La région située le long du chemin de fer où Mbitom, principale localité impactée par la
nouvelle route Mbitom-Bétaré Oya a pu être recensée.
Une troisième mission, en juillet et août 2004 (Martial Massike, Mal Hourso, Blaise Massoure
et Georgius Koppert) a permis de consulter la région située le long la route bitumée Bétaré
Oya-Bertoua entre Bétaré Oya et Petit Bello, pour vérifier l’impact sur la population bien
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qu’elle soit assez éloignée de la première zone d’influence. M. Massike a également visité
les hameaux et campements permanents de la zone qui se trouve autour de la retenue mais
en dehors des routes et des villages officiels. Lors de cette mission, les registres déposés
dans les villages ont été photocopiés pour en rendre compte dans les rapports.
Lors de chaque mission et à l’arrivée dans chaque zone, des visites de courtoisie ont été
rendues aux autorités administratives (Sous Préfet, Chef de canton, Chef de village ou leurs
représentants) et aux responsables du maintien de l’ordre.
Les références géographiques renvoient aux cartes 1/200.000ème de la zone de Deng Deng
et de Bétaré Oya. Les lieux nommés dans les interviews ont été repérés sur ces deux cartes,
mais cela n’a pas toujours été possible. Le recensement des rivières est le plus exhaustif
dans la zone englobant Bouli et Doyo. La carte de Deng Deng s’est avérée être fort
incomplète aux alentours de Mbitom et celle de Bétaré Oya de qualité inégale en ce qui
concerne la zone Nord de Bétaré Oya.
1.1.1 Méthodologie
Trois actions ont été menées :
 L’identification de tous les villages et hameaux situés le long des axes sillonnés et la
localisation par GPS des habitations principales de chaque chef de ménage ;
 La tenue d’une réunion formelle avec chefs, notables et habitants du village pour les
èmevillages principaux (possédant un chef de III degré) portant à la fois sur une
sensibilisation (explications) et sur une consultation participative (attentes et
appréhensions) à propos du projet :
o Explications sur les objectifs du barrage (fournir de l’eau à la Sanaga pour
l’électricité), sur son fonctionnement (remplissage en saison des pluies, marnage
en saison sèche), sur ses conséquences (aucun village ne sera inondé par la
retenue) et, enfin, sur les bénéfices potentiels qu’il apportera aux riverains (du
poisson, probablement ; des terres d’étayage utilisables comme pâturages et pour
les cultures de contre-saison) ;
o Une session de questions et réponses ;
o Une discussion sur les bénéfices attendus en terme de développement et sur
les craintes ressenties par la population ;
 Une enquête semi-directive menée lors des réunions organisées dans les villages avec
les chefs de troisième degré concernant les activités de production (agriculture, chasse,
pêche, élevage), la vie économique (présence de commerces et d’infrastructures
scolaires et de santé), destinée à mettre à jour les données recueillies en 1997 ;
 Une brève explication du projet auprès des personnes présentes dans les autres
hameaux dépourvus de chef de troisième degré ;
 Un questionnaire conduit dans tous les villages par l’équipe de consultants (et avec l’aide
de guides-traducteurs) auprès d’un échantillon de ménages choisi de manière aléatoire ;
 Une mise à jour des informations recueillies dans les villages enquêtés lors de la première
mission de balayage.
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1.1.2 Echantillonnage
Dans la zone située autour du futur chantier du barrage (Lom Pangar, Ouami, Cambocassi,
les hameaux entre Goyoum et Deng Deng), toutes les maisons ont été enquêtées. A Deng
Deng et Lom 1, l’enquête a touché une maison sur trois ; dans la zone de Bétaré Oya, une
maison sur cinq. Dans quelques grands villages déjà enquêtés lors de la mission de
balayage (Bouli, et Mali (Longa)), une maison sur 10 a été enquêtée, de même que dans la
zone de Mbitom. Sur la route goudronnée, dans les petits hameaux, l’échantillon était de 1
sur 5, dans des grands villages (plus de 100 maisons), 1 sur 10.
Dans chaque village, les ménages à enquêter étaient tirés au sort après avoir identifié et
numéroté toutes les maisons habitées du village.
1.1.3 Présentation des résultats
Lors de l’exploitation des données, les résultats ont été pondérés selon l’échantillonnage
appliqué dans chaque village, afin d’obtenir des résultats comparables et représentatifs de
l’ensemble de la population enquêtée1.
Au total, 326 ménages ont été interrogés sur un effectif de 1667, soit un échantillon de 19.60
%.
Betaré Oya Betaré Oya Tous
Deng Deng Mbitom
brousse goudron villages
Nombre de ménages enquêtés 117 165 261 62 605
Pondération 2.10 5.79 8.80 10.16 7.82
Nombre de ménages effectifs par zone 246 955 2.298 630 4.734
Echantillonnage de l’étude quantitative et structure des ménages selon la zone du projet en 2004
1.2 Résumé des résultats des consultations de l’étude de l’impact
environnemental
Dans la zone du projet, 98 villages ont été visités au cours de deux principales missions
d’information et de consultation.
La population est estimée à 1.975 personnes dans la zone limitrophe au site même du
barrage : (Goyoum-Deng Deng-Lom) ; son effectif est de 5.336 personnes pour ce qui
concerne la zone située entre Doyo, Touraké et Bangbel. L’effectif de la population située
sur l’ensemble de la zone (site du barrage + zone de retenue) s’élève donc à 7.300
personnes environ. A cela s’ajoutent environ 7.800 personnes résidant dans la ville de
Bétaré Oya, 11.644 réparties sur la route bitumée conduisant de Bétaré Oya à Petit Bello, et
2.954 résidant le long du chemin de fer (Mbitom et Tête d’Eléphant, le petit village de Liguim
sur la voie ferrée (90 habitants en 1997) n’a pas pu être visité). Dans les 15 hameaux hors
des axes principaux habitaient 407 personnes en août 2004.
Au moment de la mission, aucun mouvement de populations n’était observé vers le barrage :
la croissance démographique depuis 1997 est évaluée à +15 % dans la zone de Deng Deng,
à +38 % dans la zone Doyo-Touraké-Bangbel et à 55 % à Mbitom/Tête d’Eléphant.

1
La pondération implique que pour un échantillonnage de 1/10 comme à Mbitom chaque questionnaire
compte pour dix, à Deng Deng (échantillon 1/3) pour 3 et à Lom Pangar (échantillon 1/1) pour 1.
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Les activités principales sont l’agriculture (90 % des chefs de ménage), le petit élevage (53
%), la chasse (48 %), la pêche (39 %) et, dans la zone de Bétaré Oya seulement, l’orpaillage
(54 %).
Le nombre de pêcheurs équipés de matériel professionnel (pirogue et filets) est évalué à
400 : 325 dans les villages de Bétaré Oya, autour du Lom et du Pangar, 55 dans la zone de
Deng Deng et à 20 dans des villages se trouvant sur la route goudronnée.
Le nombre de ménages d’orpailleurs est évalué à 755 : 54 % des ménages dans la zone de
Bétaré Oya, et 11 % sur la route goudronnée. Ceci n’inclut pas les chercheurs d’or de la ville
de Bétaré Oya et ceux d’ailleurs qui sont localisés dans les campements d’orpailleurs.
Il ressort des consultations que les principales attentes exprimées par les populations
riveraines concernent la perception des compensations pour les dommages subis,
l’amélioration de l’économie locale par les routes et le commerce, l’emploi et l’essor de la
pêche. Elles attendent toutes que l’électricité du barrage illumine leur village. Elles espèrent
que le projet génèrera une amélioration des équipements collectifs dans les domaines de
l’éducation, de la santé et de l’eau potable.
Les craintes exprimées concernent la perte de terres agricoles, de zones de chasse et de
sites d’orpaillage, la submersion des villages, les accidents et les noyades et – en aval – les
risques de rupture du barrage. Les populations redoutent l’effet sur l’économie locale d’une
diminution de l’effectif d’éleveurs transhumants Mbororo, qui sont leurs principaux clients.
Les conséquences du barrage sur la santé (augmentation des piqûres des moustiques,
notamment) sont également fréquemment mentionnées.
La distribution des terroirs exploités par les villages est éclatée et les espaces touchés par le
projet varient de l’un à l’autre : si l’habitat est de type concentrique, les terres agricoles,
situées dans les vallées et en savane se trouvent souvent à plusieurs heures de marche de
l’espace résidentiel ; il en va de même des zones de pêche (situées sur les grandes rivières)
et de chasse (zone étendue, touchée en partie par la zone de retenue), ainsi que des zones
de collecte de ressources spontanées (fruits, graines, matériaux de construction, rotin,..)
centrées sur les forêts-galeries et les savanes. La perte en pâturages est moins forte pour
les sédentaires Gbaya, dont les troupeaux paissent dans et autour des villages, que pour les
éleveurs transhumants, pour qui la zone d’impact est toute la zone ennoyée.
1.3 Mission de restitution de l’EIE dans les villages
Entre le 29 avril et le 16 mai 2005, seize réunions de restitution de EIE ont été organisées
dans les grands villages autour de la retenue. Lors de ces réunions les études d’impact ont
été expliquées et des discussions engagées entre les populations et des représentants du
projet. Au total 1487 personnes ont assisté aux 16 réunions, dont 22 % étaient des femmes,
et 12 % des minorités musulmanes dont des éleveurs Mbororo. Le détail des réunions et les
fiches de présence sont joints en annexe2.
Les réunions ont été traduites simultanément dans une ou deux des langues locales de la
zone : Gbaya, Bodomo, Fulfulde ou Képéré. Plus de 200 questions ont été posées lors des

2
Koppert, G et Massike Loke M : Compte rendu des ateliers de restitution dans les villages (Avril-Mai
2005).
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réunions. Les thèmes le plus souvent abordés étaient l’emploi, la compensation (aussi bien
les mises en valeurs à compenser que les tarifs d’indemnisation), l’électricité, l’eau potable,
la santé, la pêche et l’agriculture.
1.3.1 Appréciation par les populations locales des propositions de l’Etude de l’Impact sur
l’environnement
L’explication de l’étude de l’impact environnemental était basée sur trois idées : le barrage
répare ce qui est détruit à cause de lui (ponts, compensation, relocalisation, eau de boisson
polluée, les impacts à long terme méritent d’être compensés par un plan de développement
et d’autres programmes, utiles pour la région comme la route Doyo à Mbitom ou le plan
d’aménagement de la ville de Bétaré Oya, dépendent d’un financement disponible. La place
et le financement des mesures sanitaires, directement liées à l’impact du projet, paraissaient
encore trop vaguement définis dans l’EIE.
La construction d’un pont adapté au bétail, la création de l’emploi ainsi que la compensation
à long terme par un programme de développement ont été bien perçus dans les villages,
mais l’absence d’électrification des villages par le projet, les faibles taux d’indemnisation
selon les tarifs légaux de 1981, et leur doute en ce qui concerne le réalisme des mesures
compensatoires ont été critiqués comme éléments négatifs. Finalement, l’espoir de
développement par le projet a primé et les villages ont tous, avec plus ou moins
d’enthousiasme ou de réticences, accepté le projet.
Il est apparu lors des réunions, qu’il existait un fort manque d’information et que beaucoup
d’informations erronées circulaient dans la zone. Elles concernaient surtout les dangers
d’inondation des villages, et la nécessité de déplacer les villages.
Dans les discussions on perçoit un danger de tensions sociales : les éleveurs ont peur des
conséquences d’un changement de parcours dans la zone de Touraké, où agriculteurs et
éleveurs risquent d’avoir besoin des mêmes terres ; l’arrondissement de Bétaré Oya craint
que l’arrondissement de Bélabo obtienne plus de bénéfices du projet que lui, des tensions
peuvent se créer si la quantité d’emplois ne correspond pas aux attentes des locaux, et entre
Deng Deng et Belabo, il y a encore des tensions concernant les recrutements lors du
programme du pipeline qui persistent. Le rôle et la rémunération des chefs et des autorités,
constituent un autre risque potentiel.
Les discussions montrent que dans l’ensemble le projet est bien perçu, mais qu’il manque de
règles claires en ce qui concerne les relocalisations, les sites sacrés, les indemnisations, les
pertes d’emploi à cause du barrage et la nécessité de trouver une solution à la demande de
branchement électrique des populations qui est considérée par presque tous les villages
comme véritable mesure compensatoire pour la création du barrage et de la retenue.
1.3.2 Principales observations à intégrer dans l’étude de l’EIE
Par rapport aux ateliers de restitution (section 2.3), beaucoup de questions couvraient les
mêmes sujets : indemnisation, emploi, inondations, santé, eau potable…
1.3.2.1 Indemnisation et relocalisation
Les tarifs d’indemnisation n’ont été jugés guère acceptables lors des réunions, surtout en ce
qui concerne les arbres fruitiers comme les manguiers. L’assistance à la relocalisation par
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environnementaux et sociaux. Relevés des réunions publiques et de leurs résultats. Février 2011.

contre a été tellement appréciée qu’il y a un risque que des populations s’installent dans les
zones inondables pour bénéficier de cette assistance. Il devient de plus en plus urgent de
limiter l’accès à la zone de retenue prévue par de nouvelles personnes par une Déclaration
d’Utilité Publique (DUP).
Tant qu’il n’a pas de DUP, tout le monde peut utiliser la zone, et l’indemnisation des cultures
devra être assurée. Par contre, il existe une limite floue entre un ménage qui possède sa
maison principale au village et habite au champ temporairement dans des huttes de raphia,
et un ménage pour lequel les mêmes huttes de raphia au champ, forment l’habitation
principale. Le premier ménage aura droit à l’indemnisation pour les cultures, les huttes, et
l’aide à la reconstitution du terroir, le deuxième ménage aura droit en plus à la relocalisation
– et la construction – d’une maison traditionnelle habitable3 dans un endroit de leur choix. Il
appartient au thème indemnisation de proposer des critères de décision justes et équitables.
1.3.2.2 Sites sacrés
Les consultations initiales de l’année 2004 dans les villages ont permis de dresser une liste
de sites sacrés potentiellement localisés dans la zone à ennoyer. En ce qui concerne les
lieux sacrés importants pour tout le village, il est difficile à admettre qu’ils ne sont pas tous
énoncés. En outre, de nombreux villages ont indiqué qu’étant chrétiens ils ne respectent plus
ces sites. Lors des réunions de restitution, il n’y a pas de nouveaux sites qui sont apparus.
Des sites apparaissant lors des phases suivantes devront être considérés avec suspicion.
Par contre, pour les tombes et sépultures, étant donné que l’emplacement exact n’est pas
forcément connu par tous dans le village, le Projet doit s’attendre à des demandes
d’intervention en dehors des sites déjà nommés. Pour être éligible à des mesures
compensatoires, il faudra quand même une preuve matérielle de l’existence d’une tombe.
1.3.2.3 Indemnisation des dégâts lors de la mise en eau
Le Projet prévoit d’indemniser les dégâts dans les cultures par des animaux sauvages qui
fuient lors de la mise en eau du barrage. Il faut qu’il soit clair pour le village que cette mesure
ne concerne que la première année de la mise en eau de la retenue.
1.3.2.4 Eau potable
La qualité de l’eau dans la retenue sera mauvaise et elle sera non potable pendant de
nombreuses années, selon les experts du thème « Qualité de l’Eau ». Ce thème prévoit des
points d’eau seulement dans quelques campements et hameaux en zone aval. Il est apparu
lors des consultations que de nombreux villages au Nord craignaient également pour la
qualité de leur eau. Ces craintes nous paraissent justifiées. Il est important d’adopter un
critère clair pour décider quels seront les hameaux et villages qui pourront bénéficier d’un
point d’eau potable. Un critère simple pourra être que tout village qui se trouve à une
distance de moins de 2 km de la retenue aura droit à un point d’eau potable par tranche de
75 ménages.

3
« Habitable » dans le sens qu’une simple hutte de raphia sera remplacée par une maison en briques de
terre et toiture en raphia, dont les coûts locaux de construction peuvent être évalués à environ 200 kFCFA.
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