Rapport atelier sous-régional de lancement DVRC OP VF

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1 MISE EN ŒUVRE D'UN DISPOSITIF DE VEILLE ET DE RENFORCEMENT DES PERFORMANCES DES EXPLOITATIONS FAMILIALES AU SENEGAL ET EN AFRIQUE DE L'OUEST ATELIER DE LANCEMENT – DAKAR 21/23 MARS 2011 ACTES MARS 2011 Projet mené en collaboration avec : Avec le soutien de : PNOPPA Bénin
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Publié le : mercredi 28 mars 2012
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MISE EN ŒUVRE D’UN DISPOSITIF DE
VEILLE ET DE RENFORCEMENT DES

PERFORMANCES DES EXPLOITATIONS

FAMILIALES AU SENEGAL ET EN AFRIQUE

DE L’OUEST
ATELIER DE LANCEMENT – DAKAR 21/23 MARS 2011
ACTES
PNOPPA
Bénin
Projet mené en collaboration avec :
Avec le soutien de :
MARS 1
2011
SOMMAIRE

1. Cadrage et objectifs de l’atelier ............................................................................................ 3

2. Le contexte et les enjeux de la mise en œuvre de l’ECOWAP.................................................. 6
2.1. Présentation de l’ECOWAP : contenu, processus et questionnements .................................. 6
2.2. Implication du ROPPA dans l’élaboration de l’ECOWAP ......................................................... 8
2.3. Témoignage de Nd. FALL sur l’implication du ROPPA dans l’élaboration de l’ECOWAP...... 10
2.4. Implication des plateformes dans l'élaboration de l'ECOWAP ............................................. 12

3. Les atouts des OP en termes d’influence ............................................................................. 16
3.1. Synthèse sur les enjeux : les repères qu’on se donne........................................................... 16
3.2. Partage des expériences des plateformes dans le domaine de l’influence .......................... 18
3.3. Etat des lieux des expériences pouvant faire l’objet de partage .......................................... 29

4. La stratégie de partage et le portage du projet commun...................................................... 30
4.1. Propositions du comité de pilotage ...................................................................................... 30
4.2. Choix d’une expérience et proposition de démarche par pays ............................................ 31
4.3. Dispositions du comité de pilotage pour le portage du projet commun .............................. 36



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Avec le soutien financier de : LISTE DES ACRONYMES
APE Accord de Partenariat Economique
BM Banque Mondiale
CEDEAO Communauté Economique des Etats des l’Afrique de l’Ouest
CNCR Cadre National de Concertation et de Coopération des Ruraux
CNOP Mali Confédération Nationale des Organisations Paysannes du Mali
CPF Confédération Paysanne du Faso
CSA Collectif Sécurité alimentaire
EF Exploitation Familiale
FIDA Fonds International de Développement Agricole
FONGS : Fédération des ONG du Sénégal
IPAR Initiative Prospective Agricole Rurale
LOA Loi d’Orientation Agricole
LOASP Loi d’Orientation Agro Sylvo Pastorale
OGM Organisme Génétiquement Modifié
OP Organisation Paysanne
OPA Organisations de Producteurs Agricoles
OSC Organisation de la Société Civile
PAU Politique Agricole de l’Union
PNIA Programme National d’Investissements Agricoles
PNISA Programme national d’Investissement du Secteur Agricole
PNOPPA Plateforme Nationale des Organisations Paysannes et des Producteurs agricoles
PRIA Programme Régional d’investissements Agricoles
PTF Partenaire Technique et Financier
ROPPA Réseau des Organisations Paysannes et Producteurs de l’Afrique de l’Ouest
SDR : Stratégie Nationale de Développement Rural
TEC Tarif Extérieur Commun
UEMOA : Union Economique et Monétaire des Etats de l’Afrique de l’Ouest
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1. CADRAGE ET OBJECTIFS DE L’ATELIER
M. Samba GUEYE, président du CNCR, et M. Nadjirou SALL, secrétaire général adjoint du CNCR et par
ailleurs secrétaire général de la FONGS ont, dans leurs discours respectifs, cadré le contexte général
de la rencontre, et précisé les objectifs recherchés, à moyen terme et également dans le cadre de
l’atelier.
M. Samba GUEYE s’est d’abord félicité de la présence des plateformes sœurs du Bénin, du Burkina
Faso, du Mali, et du Niger ; et de la présence de la DDC à travers M. Servais AFOUDA, représentant le
bureau de la coopération suisse au Bénin. Il a également salué la présence attendue du ROPPA, à
partir du deuxième jour.
Son discours a relevé les défis de l’insécurité alimentaire et de
la pauvreté grandissante surtout en milieu rural auxquels les
pays de la sous-région font face depuis plusieurs décennies, et
la volonté politique affirmée des Etats de renverser les
tendances, avec l’adoption au niveau sous-régional d’une
politique agricole qui reconnaît la place de l’exploitation
familiale, et le droit des Etats à la souveraineté alimentaire. Il a
au passage salué le travail d’influence abattu par le ROPPA
auprès des instances de décisions de l’UEMOA et de la
CEDEAO, dans la phase d’élaboration de cette politique.
Le président du CNCR a ensuite insisté sur l’enjeu de l’influence par les plateformes nationales et
leurs membres, de la mise en œuvre de cette politique, en attirant l’attention sur le fait que la mise
en œuvre ne traduit pas encore suffisamment la vision et les options retenues dans le cadre des
politiques :
Faible reconnaissance du rôle des exploitations familiales et des OP, malgré l’adoption de lois
agricoles pertinentes dans certains pays (les lois d’orientation agricole peinent à être
traduites en actes au Sénégal et au Mali, etc.) ;
Faible implication du mouvement paysan autonome dans la définition et la mise en œuvre
des politiques agricoles ; et
Introduction dangereuse pour les exploitations familiales de l'agrobusiness dans la
production agricole.
Enfin, il a rappelé le mandat donné par le CNCR à la FONGS de travailler en profondeur sur la
question de l’exploitation familiale, précisant que c’est ce même mandat qui donné lieu au processus
du forum « Comment les exploitations familiales peuvent nourrir le Sénégal ? », organisé du 29
ernovembre au 1 décembre 2010, et qui se poursuit encore dans le cadre de cet atelier sous-régional
de lancement du Projet de mise en œuvre d’un dispositif de veille et de renforcement des
performances des exploitations familiales au Sénégal et en Afrique de l’ouest.
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À sa suite, M. Nadjirou Sall a présenté ce premier atelier sous-
régional de lancement comme la porte d'entrée d'un processus
qui sera conduit sur six mois, et qui doit permettre aux
plateformes nationales des organisations paysannes membres du
ROPPA de 5 pays (Bénin, Burkina Faso, Niger, Mali et Sénégal) de
partager et de capitaliser leurs expériences, dans les domaines
de l’influence des politiques et de l’amélioration des
performances des exploitations familiales. Ce processus devrait
aboutir, à l'issue d'un second atelier sous-régional prévu en
septembre 2011, à des propositions relatives à :
la consolidation de leurs dispositifs et des connaissances acquises sur les réalités des
exploitations familiales ;
l'amélioration des méthodes d'appui pour renforcer les performances des exploitations
familiales ; et
le renforcement de la place et du rôle du mouvement paysan ouest-africain dans
l'élaboration, la mise en œuvre, le suivi et l'évaluation des politiques agricoles et de leurs
effets sur les exploitations familiales.
Ce processus conduit par les organisations paysannes est accompagné par l'IPAR et réalisé en
partenariat avec la coopération suisse. M. Nadjirou SALL le présente en d’autres termes comme «un
moyen de mutualiser nos expériences, de continuer à mener le combat de la mise en œuvre, et de
vérifier ensemble ce que nous faisons en tant qu’OP et les dispositifs qui nous le permettent ».
M. Marius DIA, coordonnateur de la cellule d’appui technique du CNCR et modérateur principal de
l’atelier, a ensuite présenté les objectifs de la rencontre qui se déclinent comme suit :
Faire le point sur le contexte au niveau régional et dans chaque pays, de l’état d’avancement
du processus et sur l’implication des OP dans l’élaboration et la mise en œuvre de l’ECOWAP;
Comprendre quels sont les principaux enjeux pour les pays et comment se positionnent les
plateformes ;
Présenter les expériences et stratégies d’influence des OP des différents pays ;
Définir des engagements et une stratégie d’intervention sur les six (6) prochains mois.
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2. LE CONTEXTE ET LES ENJEUX DE LA MISE EN ŒUVRE DE L’ECOWAP
Plusieurs présentations et prises de paroles ont permis de caractériser le contexte et les enjeux liés à
la mise en œuvre de l’ECOWAP. Il y a eu successivement :
une présentation de l’ECOWAP par l’IPAR (Amel BENKAHLA) : contenu, processus, jeu
d’acteurs et questionnements ;
une présentation sur l’implication du ROPPA dans l’élaboration de l’ECOWAP, par le
CNCR/ROPPA (Daouda DIAGNE) : contribution directe au niveau régional, utilisation des
apports des plateformes nationales ;
un témoignage de Ndiogou FALL, sur son expérience en tant que président du ROPPA au
moment de cette élaboration ;
des prises de parole de chaque plateforme (Bénin, Burkina Faso, Mali, Niger, Sénégal) sur
l’implication des plateformes dans l'élaboration de l'ECOWAP (et éventuellement dans le
processus PNIA).
2.1. PRESENTATION DE L’ECOWAP : CONTENU, PROCESSUS ET QUESTIONNEMENTS
Amel BENKAHLA, agroéconomiste à l’IPAR (Initiative Prospective Agricole et Rurale) a tout d’abord
brossé le contexte régional dans lequel s’est élaborée la politique agricole commune.
L’Afrique de l’Ouest est en effet caractérisée par la place importante qu’y tient l’agriculture ;
cette activité occupe 60% des actifs, contribue à hauteur de 35% au PIB régional et pèse 15%
dans les exportations de la région.
Malgré ce rôle primordial dans l’économie, les populations agricoles rurales sont encore très
vulnérables : 58% est considéré comme pauvre et 17% en situation d’insécurité alimentaire.
L’Afrique de l’Ouest dispose pourtant de nombreux atouts non encore valorisés : une
diversité de systèmes agro-écologiques, des ressources en terres et en eau encore
inexploitées, une forte capacité d’adaptation des exploitations familiales, un marché régional
de taille importante en construction, etc.
La politique agricole régionale (ECOWAP/PDDAA) a été adoptée par les chefs d’Etats de la CEDEAO en
janvier 2005 afin de répondre à ces différents enjeux, en s’appuyant sur une stratégie de forte
intégration régionale et de protection différenciée des produits. Son objectif est de « contribuer de
manière durable à la satisfaction des besoins alimentaires de la population, au développement
économique et social et à la réduction de la pauvreté dans les Etats membres, ainsi que des
inégalités entre les territoires, zones et pays. »
L’ECOWAP s’articule autour de 3 axes d’intervention :
l’accroissement de la productivité et de la compétitivité de l’agriculture,
la mise en place d’un régime commercial intracommunautaire,
et l’adaptation du régime commercial extérieur.
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L’ECOWAP est également dotée d’une vision d’une « agriculture
moderne et durable, fondée sur l’efficacité et l’efficience des
exploitations familiales et la promotion des entreprises
agricoles ». Cette vision résulte d’un compromis, mais a tout de
même permis, grâce au plaidoyer mené par le ROPPA, de
positionner l’agriculture familiale comme un système à
promouvoir dans le cadre des politiques agricoles régionales.
L’opérationnalisation de cette politique s’est ensuite effectuée
en plusieurs étapes, dont la crise de 2008 a constitué un coup
d’accélérateur.
En novembre 2009 est signé le pacte régional au cours de la conférence d’Abuja, avec
l’ensemble des partenaires (société civile, organisations de producteurs, secteur privé,
partenaires techniques et financiers. Dans la foulée, les pays ont organisé leurs table-rondes
nationales pour valider les brèves et brochures du processus PDDAA, qui présentent les
programmes de développement prioritaires des pays.
En avril 2010 la méthodologie de réalisation des plans d’investissements nationaux est
présentée, ainsi que les grands axes du programme régional d’investissements. Il s’agit alors
de traduire les programmes de développement en éléments « banquables », sur lesquels les
partenaires au développement peuvent se positionner.
En juin 2010, soit deux mois plus tard, les pays ont présentés des plans d’investissements
détaillés, lors du business meeting de Dakar. Cette accélération du calendrier a entraîné de
grandes difficultés du point de vue de la participation des acteurs ; les organisations de
producteurs et de la société civile n’ont pas manqué de manifester leur manque
d’implication dans ce processus.
Le plan régional d’investissements a été conçu autour de 3 axes principaux :
La promotion des produits stratégiques pour la souveraineté alimentaire,
La promotion d’un environnement global favorable au développement agricole régional
La réduction de la vulnérabilité alimentaire et la promotion d’un accès durable à
l’alimentation.
Il est constitué de mesures d’investissement et d’instruments de politique :
instruments d’intensification de la production (subvention des engrais et autres intrants, du
petit matériel innovant, création d’un réseau de distribution d’intrants, appui à la mise en
place de fonds de garantie intrants, etc.),
instruments de régulation des marchés (re-catégorisation des droits de douanes, mesure de
sauvegarde à l’importation, promotion du stockage privé, mise en place d’un stock public
régional de sécurité, appui aux interprofessions, appui à l’élaboration de standards
régionaux, etc.)
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instruments de réduction de l’insécurité alimentaire pour les plus vulnérables (amélioration
des systèmes d’information sur la sécurité alimentaire, identification d’un pool d’instruments
complémentaires de filets sociaux de sécurité, etc.)
Les prochaines étapes vont porter maintenant sur la définition
précise de ces instruments, à travers des Task force
thématiques (intrants, élevage, foncier, interprofessions,
commercialisation, etc.), la mise en place du dispositif de suivi-
évaluation et du dispositif institutionnel (Agence régionale
pour l’Agriculture et l’Alimentation, Fonds régional pour
l’agriculture et l’alimentation). Les OP seront conviées à
participer à ces Task force et tout l’enjeu réside maintenant
dans la capacité qu’auront les OP à formuler des propositions
concrètes, en s’appuyant sur l’expérience des différentes
régions et pays, afin d’influencer favorablement la mise en
œuvre de l’ECOWAP.

2.2. IMPLICATION DU ROPPA DANS L’ELABORATION DE L’ECOWAP
Daouda DIAGNE, responsable formation à la FONGS, a ensuite fait une présentation pour le compte
du CNCR/ROPPA, sur les principales conclusions d’une étude de capitalisation menée sur l’implication
du ROPPA dans l’élaboration de l’ECOWAP. Il a tout d’abord rappelé la dynamique progressive de
structuration des OP en Afrique de l’Ouest, qui est indissociable de la construction des politiques
agricoles et arrive aujourd’hui à articuler différentes dimensions, du niveau local avec les associations
de base au niveau national avec les plateformes, et régional avec le ROPPA ou continental avec la
PAFFO.
Le ROPPA a toujours œuvré pour la défense d’une vision paysanne de l’agriculture ouest-africaine,
et notamment la promotion de l’exploitation familiale dans les politiques agricoles. Ce plaidoyer s’est
appuyé sur différents points de revendications, qui ont pu être intégré dans l’ECOWAP grâce au
ROPPA :
la reconnaissance de l’exploitation familiale agricole comme base de développement de
l’agriculture ouest-africaine (intégrée dans la vision de l’ECOWAP),
la promotion de la souveraineté alimentaire (objectifs affirmés dans l’ECOWAP d’assurer la
sécurité alimentaire des populations et de réduire la dépendance vis-à-vis des importations),
e la priorité au marché régional et à la protection aux frontières (création d’une 5 bande
tarifaire à 35% de droits de douanes),
la sécurisation foncière et la garantie de la durabilité des systèmes de production,
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l’implication des OP à toutes les étapes de la formulation, mise en œuvre, suivi-évaluation de
la politique et des programmes (participation du ROPPA à la Task force de la CEDEAO, OP
signataires des pactes, représentation des OP au sein du Comité consultatif pour l’agriculture
et l’alimentation).
Malgré ces nombreuses avancées, de nombreux défis restent encore à relever :
les négociations à l’OMC ne prennent pas en compte l’impact des subventions du Nord sur
les exploitations familiales (cas du coton) et ne reconnaissent pas le concept de souveraineté
alimentaire,
la création d’un marché commun (régime commercial intracommunautaire et finalisation du
TEC) est loin d’être atteinte alors que les négociations APE vont reprendre,
la mise en œuvre de l’ECOWAP dans les pays va être difficile alors que les OP ont faiblement
été associées au processus d’élaboration et que les pays risquent de ne pas forcément
respecter les principes énoncés au niveau régional dans l’opérationnalisation des politiques
(importance pour les OP de faire des propositions d’instruments opérationnels).
Une panoplie de stratégies ont été déployées par les OP pour participer à l’élaboration des
politiques : intégration des espaces de préparation, de discussion et de négociation de l’ECOWAP,
influence des politiques nationales à travers des débats nationaux et décentralisés en région, forte
implication de leaders charismatiques à toutes les étapes des négociations, etc.
Quelques facteurs de succès externes sont à souligner comme la forte valorisation du réseau
d’alliances internationales du ROPPA, la mobilisation d’une expertise externe, et un contexte
international favorable (échec des négociations à l’OMC, construction de l’intégration régionale).
D’autres facteurs endogènes demandent aussi à être bien capitalisés, comme la bonne préparation
des revendications par les OP, la capacité des OP à construire des réseaux de complicité au sein des
institutions, la disponibilité d’informations crédibles en temps voulu afin d’élaborer des stratégies de
plaidoyer. Cependant, il est souligné la valorisation insuffisante des acquis et expériences des
organisations de base dans la construction des argumentaires régionaux et des propositions
détaillées, notamment sur les instruments de politique en faveur de la production (accès aux
intrants, financement de la campagne agricole, du stockage/warrantage, de la mise en marché, etc.)

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2.3. TEMOIGNAGE DE NDIOGOU FALL (ANCIEN PRESIDENT DU ROPPA) SUR
L’IMPLICATION DU ROPPA DANS L’ELABORATION DE L’ECOWAP

« La décennie 2010 a été marquée par plusieurs évènements qui ont montré un regain d’intérêt
pour l’agriculture suite entre autres à la publication du rapport de la Banque Mondiale sur
l’agriculture qui a parlé du sous-investissement dans le secteur comme étant la première cause de
l’insécurité alimentaire. C’est également l’avancée du processus d’intégration sous régionale, dans
un contexte de compétition entre l’UEMOA et la CEDEAO, même si elles mettent sur pied un comité
conjoint pour élaborer l’ECOWAP, négocier les APE, etc. Dans certains pays, on a aussi observé une
certaine fièvre pour mettre en place des politiques agricoles, même si parfois celles-ci n’en ont que le
nom (comme cela a été le cas pour les programmes spéciaux au Sénégal).
Notre participation à l’élaboration de l’ECOWAP s’est faite dans un jeu de
pouvoirs avec plusieurs acteurs et des intérêts divergents. Nous étions le
maillon faible, mais nous avons valorisé notre capacité de plaidoyer et
d’alliance.
L’ECOWAP touche plusieurs domaines : les politiques nationales
d’investissements (PNIA), les politiques régionales d’investissements (PRIA),
ainsi que la politique commerciale régionale, dans le contexte difficile des
négociations sur les APE où il y avait plusieurs points de divergence (TEC
UEMOA, TEC CEDEAO, le cas du Nigéria).
Le ROPPA a construit des alliances pour connaître les agendas et les positions des uns et des autres.
Mêmes les intérêts des OP ne sont pas les mêmes. Des études et des ateliers nationaux et régionaux
nous ont permis d’harmoniser nos positions, avant d’aller les défendre avec une position commune
à l’extérieur.
Nous avons aussi participé aux réunions d’experts (qui sont un cadre d’influence très important), où
les débats techniques sont très pointus et pour lesquelles nous avons dû contractualiser avec des
cabinets et des individus, parce que nous devions renforcer nos propres capacités. Il y a eu
également comme autres cadres les réunions ministérielles, où nous avons travaillé avec les
plateformes au niveau des pays afin de préparer notre plaidoyer (avec une forte mobilisation des
media pour attirer l’attention des autorités) et les sommets des chefs d’Etat, où nous avons dû
approcher les personnes les plus favorables pour partager et véhiculer nos arguments.
Lors de la négociation au niveau de la PAU, nous avons peiné à imposer l’exploitation familiale qui ne
figure nullement dans les politiques de l’UEMOA. Avec la CEDEAO et l’ECOWAP, cela reste très
ambigu, car l’exploitation familiale est associée au privé, et rien n’est donc acquis, comme on le voit
actuellement avec l’accaparement des terres.
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