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Publié le : mardi 27 mars 2012
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Nombre de pages : 20
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LA GRANDE ENCYCLOPÉDIE
A
A (Ling.). Son vocal et première lettre de notre latin, etc., cela au nom d'une simple coïncidence de son qui
n'implique pas de connexion réelle, même dans le cas d'une alphabet. Dans notre alphabet, comme dans tous les s d'origine sémitique, partout où l'alphabet phé­ étroite parenté des idiomes. On ne peut attendre sur un
thème pareil qu'un assemblage de faits disparates, dont la nicien s'est propagé dans l'ancien monde, cette lettre a
conservé sa place primitive en tête, alors même que, véritable place serait dans les phonétiques respectives des
comme en sanscrit et en arabe, des considérations d'ana­ différentes langues. En présence du nombre p-esque illi­
mité des idiomes connus, on a du se borner d ailleurs aux logies phonétiques ou des raisons de ressemblances exté­
rieures avaient fait prévaloir une ordonnance nouvelle des principaux représentants de la famille indo-européenne.
— Pour toutes les langues restées voisines du type pri­autres caractères adoptés. L'éthiopien seul fait exception
à cette règle générale, son alef n'occupe que la treizième mitif, le sujet se dédouble en â bref et à long, car à
place. cette différence de durée correspondent des valeurs éty­
mologiques et grammaticales aussi nettement séparées quo I. LE SON A.— Mode d'articulation. Le son fondamental
est produit, comme pour toutes les voyelles, par les cordes s'il s'agissait de deux voyelles de timbre différent.
vocales que l'air chassé du poumon fait entrer en vibration ; L'a bref latin est en général une voyelle primitive, comme
de même que pour toute voyelle non nasalisée, la communi­ dans pâter, âger. Saut de rares exceptions (Italia, ahïcer,
cation avec les fosses nasales est fermée. Le caractère spéci­ calâmitas), cette voyelle ne se rencontre que dans la pre­
fique de l'a résulte de la disposition particulière de la caisse mière et la dernière syllabe des mots, étant changée dans
de résonance formée par la cavité du pharynx et de la bouche. toutes les syllabes intérieures en i, u ou e, selon la nature
Celle-ci est largement ouverte , la langue reste abaissée, et le nombre des consonnes subséquentes : efficio, effectus
les lèvres s'écartent, le canal ne se trouve donc rétréci en pour effacio, efj'actus, occupopowr occapo, machina pour le
aucun point. Le larynx, d'après Briicke, s'élève légèrement, grec (dorien) [iay avâ, etc (L. Havet, De Saturnio Lati-
et d'une manière beaucoup moins sensible que pour l't. — norum versu, p. 27). — L'a long de la même langue
Si l'on classe les sons de la parole d'après le degré de (ainsi muter, nâvis) est également une voyelle ancienne.
rétrécissement buccal nécessaire pour leur émission, a se 11 permute avec â bref dans stà-men : siâ-tio, sàgio :
placera à une extrémité de l'échelle comme représentant la sàgax, etc., et cette permutation est de date indo-euro­
plus grande ouverture ; les consonnes occlusives telles que péenne. Le latin , toutefois , possède aussi des à récents
b, d, g, seront à l'autre, comme demandant une fermeture provenant d'allongement compensatif, ex.: scâla pour
hermétique. — La question fort controversée de savoir ce scansla.
qui constitue acoustiquement le tiu^irc a et le timbre des L'a grec est souvent l'équivalent de l'a latin, comme
différentes voyelles en général ne peut trouver place qu'à dans jta-urîp, otypo';. Un a d'une autre nature est celui qui,
l'article Voyelle. — 11 est impossible de fixer le nombre dans le voisinage des liquides, permute avec e ou o (âap-cdç,
des variétés possibles de l'a. Ln français, l'a de flamme « écorché » en regard de Sc'pco, ôopâ; part. pass.
n'est pas celui de lui te. Indépendamment de la variation eVuaXjiai en regard de OTE'XXIU, oroXrj), de même que
ede qualité, on doit distinguer les différences de quantité celui qui tient lieu d'une nasale comme dans la 3 pers.
(durée). L'a de liâte est long ; l'a de chat est bref. — La pi. TïTay atai pour TSTâ/^uai, OU l'accus. îtdSa pour T.àom.
voyelle nasalisée qui correspond à l'a est celle-que nous (V. le résumé des vues nouvelles sur ce sujet dans
marquons, suivant l'étymologie, par an, am, en ou em, Gust. Mcyer, Griechische Grammatik, chap. i). L'a
dans chanter, lampe, temps, etc., et dont la notation pho­ long des Hellènes n'apparaît clairement que dans les dia­
nétique est à. L'articulation est la même que pour a, si ce lectes éolien et dorien ; le groupe ionien ne distingue plus
n'est que le voile du palais, en s'abaissant, laisse l'air expiré â de 7] (éol., dor. Orjsto, <rrao(o; ILEUS^Ç, yvojfià; — ion.
s'échapper par le nez en même temps que par les lèvres. Oirjoto, aT7JOTu; <[<EU8TJÇ, fvtupiri). Le dialecte attique met
Le son a vient d'être envisagé au point de vue phoné­ certains tempéraments à la loi générale ionienne ; il dit
tique proprement dit. Il resterait à considérer, au point encore vâO;, akrfiB'.â, yûpâ (ion. vrjû;, àXr^êîr,, -^tôpT]).
de vue linguistique et grammatical, le son a dans les L'a en vieux germanique représente à la fois l'a et i'o
différentes langues. On remarquera, toutefois, combien du grec et du latin. Ainsi le latin pater et le latin hostis,
il est artificiel de grouper sous une même rubrique ces l'un par a, l'autre par o, ont tous deux a dans le vieux
sujets essentiellement distincts, a français, a allemand, a haut allemand faler, gaxt. Va long, dans les dialectes
GRANDE ENCYCLOPÉDIE. 1 A - a -
où il existe, ne correspond point à Yâ gréco-italique, lequel lettres, et aux variations de cette forme, suivant; les temps et
est rendu par Ô (frdter, goth. brôthar), mais il exprime les lieux (V. A [Paléographie]). Le linguiste n'a pas à
Yê gréco-italique, ainsi v. haut allemand, wdr < vrai », considérer le signe en lui-même, mais la valeur phoné­
latin vêras. En anglo-saxon, à long est le plus souvent la tique attachée à ce signe dans les divers systèmes u'é-
cmitraction de la diphtongue ai. —L'a du slave ecclésias­ enture. S'il s'agit d'une langue morte, c'est à lui ju'il
tique, quoique de quantité brève, ne doit pas être pris pour appaniem de contrôler la tradition à cet égard. — >a liste
le représentant de l'ancien â bref. U vient toujours d une des emplois successifs de certains signes serait quelquefois
voyelle longue qui peut être â ou 5 : rnati mater, bratrû fort longue (par ex.: pour u, y, c, h, x) ; mais la première
frâter; dva 8iw, darû 8ûpov. L'ancien <ï bref est changé lettre de notre alphabet est de celles dont la fonction a le
dans cette langue en o (osi axis, bobû faba). — L'a des moins varié à travers les siècles. Le moment capital de
langues baltiques (borussien, lithuanien, lette) répond à l'a son histoire se place à l'origine même, à la transformation de
germanique et à Yo slave, c'est-à-dire soit à l'a, soit à Yo l'aie} phénicien, signe consonantique, en l'alpha grec,
gréco-italique. — L'a long n'a pas la même valeur en lette exprimant une voyelle. On sait que toutes les autres voyelles
qu'en lithuanien. Dans le premier idiome il est la continua­ de l'alphabet grec sont de même dérivées de signes conso-
tion d'un â long primitif. Dans le second, la quantité longue nantiques, les seuls que connût l'écriture sémitique. Les
de l'a n'est jamais qu'un effet récent de l'accent tonique sur un Hellènes choisirent pour cet usage les lettres dont le son
â bref de sa nature, tandis que tout d originairement long se rapprochait le plus de celui d'une voyelle, savoir celles
s'est changé en d. A la différence du slave et du germa­ qui marquaient soit une semi-voyelle, soit une gutturale
nique, le lette et le lithuanien distinguent tous deux l'an­ douce, soit une simple aspiration. Parmi les dernières est
cien ô (qu'ils rendent par û) de l'ancien â, qu'ils rendent, Yalef. Depuis cette époque reculée, le signe A transporté
le premier par d, le second par ô. dans une foule d'écritures issues directement ou indirecte­
ment de l'alphabet grec (latine, runique, ulfilane, copte, Dans le système vocalique des langues ariennes (sanscrit,
cyrillienne, glagolitique, arménienne, géorgienne), n'a vu perse, zend), on est frappé à première vue de l'énorme
nulle part sa valeur se modifier sensiblement. U faut excep­prédominance de l'a (bret et long). Rien de plus fréquent
ter le cas de l'orthographe anglaise, dans laquelle, grâce en sanscrit que le retour de cette voyelle dans six ou sept
au changement de prononciation, a en est arrivé à désigner syllabes consécutives. Ceci s'explique par le fait que les
dans la grande majorité des mots è ouvert ou ê fermé. trois timbres vocaliques a, e, o, des langues européennes
— Parmi les écritures du système syllabique, l'écriture ont cessé d'être distincts pour les Indo-Iraniens et se sont
dêvandgarl (employée pour le sanscrit et plusieurs lan­confondus en un seul. Ainsi Èep^povto est en sanscrit abha-
gues modernes de l'Inde) mérite d'être mentionnée comme ranta, Sonrîp data, etc. — Cette singularité phonétique
donnant en quelque sorte à la voyelle a un rang privilégié. des langues ariennes fut longtemps pour la grammaire com­
Cette voyelle doit se sous-entendre après chaque consonne parée la source de graves méprises. Se fiant trop au témoi­
tant qu'aucun signe n'est ajouté à la consonne pour mar­gnage du sanscrit, elle ne douta pas que l'état primordial
quer, soit une autre voyelle, soit l'absence de voyelle. ne fût celui de cette langue qui, de même que l'arabe dans
L'écriture cunéiforme des inscriptions perses et l'écriture la famille sémitique, ne connaît d'autres voyelles brèves
éthiopienne présentent un fait semblable. ***. que les trois extrêmes a, i, u. En conséquence Ye et Yo,
desquels dépend pourtant intimement la structure de l'idiome A (Paléogr.). C'est à l'alphabet phénicien, on le sait,
indo-européen, fuient qualifiés dégénérescences postérieures qu'il faut remonter pour trouver la forme primitive
de l'a. Par une coïncidence curieuse, le plus ancien des dia­ qu'ont eue les lettres de tous les alphabets en usage
lectes germaniques, le gothique, en est venu à la suite d'une aujourd'hui (V. ALPHABET). L'alphabet phénicien ne
série d'altérations à un état des voyelles brèves presque connaissant pas de voyelles, le signe d'où dérive notre /A
identique à celui du sanscrit, circonstance qui ne pouvait n'y avait pas cette valeur. La forme de ce signe est elle-
qu'entretenir l'erreur. — La grande importance que cette même dérivée de l'un de ceux que les hiérogrammates
théorie donnait à l'a conduisit, sur la nature et le rôle égyptiens de l'ancien empire employaient pour rendre les
historique de cette voyelle, à des divagations qui le cèdent articulations sémitiques. Du signe phénicien dérivent tous
à peine à celles des Court de Gehelin et des de Brosses. les caractères par lesquels l'A a été représenté dans les six
Ce fut la voyelle par excellence, la plus ancienne, la groupes ethniques qui ont emprunté leur alphabet aux
plus forte, la plus noble des voyelles. On s'imaginait Phéniciens : les Sémites, les Grecs, les Italiens, les anciens
en particulier que si a, avec le temps, pouvait « s'affai­ habitants de l'Espagne, les peuples germaniques et Scan­
blir » en e, o, i, u, en revanche tout a existant était de dinaves, et enfin les indiens. On trouvera à l'article Alpha­
sa nature primitif, aucune autre voyelle n'étant capable de bet des tableaux qui montrent la dérivation des différents
l'engendrer. Le mérite d'avoir assigné à l'a sanscrit sa véri­ alphabets en usage dans chacun de ces groupes. U suffira
table place revient principalement à M. Brugman. — En fran­ d'indiquer ici quelles ont été les principales transformations
çais,a vient, la plupart du temps, de a latin tonique entravé de la lettre A, d'abord chez les Grecs et en Italie, puis
(c'est-à-dire suivi d'une consonne dans la même syllabe) : dans les écritures latines de l'occident. Le premier tableau
vacca vache, battuere battre, cappa chape, flamma flamme, fait voir comment l'A de l'alphabet dit Cadméen est dérivé
passus pas, carta charte, carmen charme, posta paste, du phénicien et a donné à son tour naissance à la même
pâte. L'a latin tonique libre aboutit, au contraire, au son lettre des anciens alphabets grecs.
e (par é, è, ou ai) : ligatus lié, faba fève, ala aile; pa- On sait que de ces divers alphabets, c'est l'ionien qui a
trem, capra, père, chèvre (parce que les deux consonnes fini par prévaloir, et qui, dans sa forme la plus régulière,
appartiennent ici à la seconde syllabe). L'a venant de as est devenu l'alphabet de tous les Grecs au commencement
devant une consonne est resté long (âne, pâte). 11 faut dis­ du iv* siècle avant notre ère. U est inutile de montrer
tinguer Yd long ouvert de pâte de l'a long fermé de ici les formes onciales et minuscules de l'A grec, ces
flamme. — L'a allemand moderne est la continuation de transformations ayant été à bien peu près les mêmes que
l'a du vieil allemand. De même que ce dernier, il peut être celles de l'A latin dont on verra plus loin des exemples.
long ou bref, mais la quantité actuelle des voyelles alle­ Quant à la forme de l'a minuscule qui a fini par prévaloir,
mandes est établie sans égard à la quantité ancienne, dont et qui de l'écriture a passé dans la typographie, on sait
le principe, encore vivant en moyen haut allemand, est au­ que ce n'est pas autre chose que l'a de l'écriture de Lascaris
jourd'hui perdu. Ainsi thaï « vallée », zahn « dent », où qui a servi de type pour la gravure des premiers caractères
la voyelle est à présent longue, avaient une brève en vieil grecs.
allemand. Inversement ich brachte « j'apportai », par â Le deuxième tableau montre la transformation de la
bref, remonte au vieil allemand bràhta.
même lettre dans les écritures des divers idiomes de l'Italie
ancienne et dans l'alphabet latin. II. LA LETTRE A. — Pour ce qui touche à la forme des - 3 -
De l'A latin dément toutes les formes de la même les manuscrits où on le trouve tracé avec sa forme normale,
lettre qui ont été ea «sage- chez les peuples de l'occident de et même dans les plus anciens, comme le Virgile de Saint-
l'Europe. L'A capital de DOS caractères d'imprimerie est Gall, dans les imitations carolingiennes, dans les titres et
exactement le même que celui que traçaient les lapicides de les initiales des manuscrits postérieurs, cette forme est arti­
l'ancienne Rome. Mais il D» faudrait pas croire que sa ficielle et no persiste exceptionnellement que sous la plume
forme n'ait subi aucune altératioA à travers les âges. Dans de quelques calligraphes qui dessinent plutôt qu'ils ne tra-
t . ORIGINE ET DÉRIVATION DE L'A GREC.
CORINTHIEN
A A A fl ÉOLO-DORIEN
A A4AA
PHÉNICIEN A A A ATTIO.UE
HIÉRATIQUE GREC
Punique
ÉGYPTIEN CADHÉEN Archaïque
(Inscriptions) A A
- • GREC DES ILES
A A & Z, *-*_- F
A/IAAAA|4AAA
A A AA/UA t
cent une forme de caractère depuis longtemps tombée en cire et les rouleaux de papyrus qui se sont conservés à
désuétude dans l'écriture ordinaire. Dès l'antiquité, la né­ Hcrculanum, à Pompé), et dans quelques autres lieux. La
e e
cessité d'écrire plus rapidement avait fait subir à l'A comme 2 et la 3 colonne du tableau suivant en montrent des
aux autres lettres des altérations dont on peut juger par les spécimens. Les copistes, même lorsqu'ils écrivaient des
inscriptions tracées à la pointe sur les murs de Pompé!, manuscrits entiers en capitales, n'ont pas conservé à l'A sa
connues sous le nom de graffiti, et par les tablettes de forme normale. La plupart du temps la barre en a été
2. ORIGINE ET DÉRIVATION DE L'A DES ÉCRITURES DE L'ITALIE.
1TALIOIES ALPHABETS
Ombrien. A
Sabellique. A A A
ÉTRUSQUE
Osque. R
AAAARfl/lfl/M Euganéen. ÉOLO-DOR1EN ^N ,
Rhétien. ^ A
AA4AA Salasse. fcF
A/\A|A A) A
supprimée, et le montant de gauche n'a plus été qu'un trait cursive, il résulte que cette panse reste ouverte par en
loger, comme on peut le voir à la 4° colonne du même haut. Cet a ouvert, qui se confond facilement avec l'u, s'est
tableau. Dans l'écriture dite onciale la barre réunie au longtemps conservé dans l'écriture cursive où il a coexisté
montant de gauche a pris le caractère d'une panse ; ce avec l'a et l'a, et où on le trouve jusqu'au xm° siècle, tout
caractère s'est accentué davantage dans l'écriture semi- au moins dans les lettres suscrites.
onciale, et davantage encore dans la minuscule, dont L'A des différentes écritures dites nationales ne pré­
l'a ne tarde pas à ressembler à celui de nos caractères sente pas de particularités qu'il soit nécessaire d'expliquer.
romains d'imprimerie. L'A de l'écriture cursive la plus L'examen du tableau que nous en donnons fera mieux
ancienne présente une analogie très sensible avec l'A de juger de la forme spéciale qu'affecte ce caractère dans les
l'écriture capitale rustique; c'est d'abord une sorte de diverses écritures que tout ce que nous en pourrions
capitale cursive, mais la panse qui y représente l'ancien dire.
montant de gauche uni à la barre ne tarde pas à prendre La double forme que nous avons vue à l'a minuscule
plus d'importance que le montant de droite. De la liaison dans les écritures de la première époque persiste dans les
des caractères entre eux qui est un trait distinctif de la écritures gothiques. A côté do l'a, dérivé de la forme onciale, se maintient l'a dérivé de la cursive. I) s'y ajoute Ces trois formes de l'A se sont maintenues à l'époque
une troisième forme, celle de l'a proprement gothique, moderne et ont passé dans les caractères d'imprimerie.
L'a gothique a fourni le modèle des premiers caractères dérivé du premier.
3. ÉCRITURES DE LA 1™ PÉRIODE DU MOYEN AGE.
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u w u is GRAFFITI ONCIAL E CURSIVE MINUSCULE
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Écritures A A antiques. h
e A V siècle. . .
e A. VI siècle.. . À
eVII siècle. . A A
0 et X VIII siècle. . A A
6 et IX siècle.. . A
eX siècle. . . A A A
e a XI siècle.. . a. 4/ X X
gothiques; c'est celui des incunables et des éditions dites I nuscule; et enfin, quand Aide Manuce a fait graver les . Le caractère dit romain a imité l'ancien a mi- I caractères connus aujourd'hui sous le nom d'italiques (V.
4. ÉCRITURES DITES NATIONALES.
CAPITALE ONCIALE CURSIVE MINUSCULE
Mérovingienne. . . (t CL
le ce il A c e A
Wisigothiquc . . . A Ct A
Irlandaise a 4. X
Anglo-Saxonne . . A \ W <v a co
ALMNS), c'est l'a cursif de la belle écriture de Pétrarque, 11 serait oiseux et du reste impraticable de vouloir
que François de Cologne (l'orfèvre Francesco Raibolini, décrire les formes diverses qu'a su donner à l'A initial
dit Francia) a reproduit. la fantaisie des calligraphes et des enlumineurs du moyen — 5 — A —AA
Ige et de la Renaissance. Ces compositions souvent très | dans notre frontispice douze types différents empruntés à
compliquées échappent à toute analyse. Nous avons groupé | des manuscrits, qui nous ont paru caractériser le mieux
5. ÉCRITURES GOTHIQUES.
SCEAUX MINUSCULE CURSIVE MAJUSCULE INSCRIPTIONS
& à XII» siècle A H fi fi
A i l à a XIII" siècle. . nn
* \
XIV» siècle. . . a SI fi
1Â a a a XV siècle. . , 21%
6. ECRITURES MODERNES.
NBOGOTHIQUE ROMAINE ITALIQUE ÉCRITURE DES BULLES BATARDE
< V Ci a. a a a a «
le style des diverses époques et des différents pays de v6pivos) (V. NOTATION). Lorsque aux premiers siècles du
e 3l'Europe depuis le vi jusqu'au xvr siècle (V. ALPHA­ moyen âge on ajouta la lettre V (gamma), adjonction faus­
sement attribuée à Gui d'Arrezw (V. ce mot), A servit BET, — PALÉOGRAPHIE). ***
A (Log.). Cette voyelle désigne les propositions uni­ à désigner la seconde lettre de l'alphabet musical (V. AL­
PHABET). — Lorsque la notation alphabétique fut remplacée verselles affirmatives; asserit A, ... verum generali-
ter... Ex. : Tout vicieux est esclave (Logique de Port- par l'écriture neumatique (V. NEUMES), l'A ne fut plus em­
Royal, partie II, chap. m). — Dans les prc.positions ployé que pour les démonstrations théoriques, et au xv« siècle
il reprit dans l'échelle musicale la place que le gamma, complexes modales, A marque à la fois l'affirmation du
mode et l'affirmation de la proposition (lbid., part. II, désormais disparu, lui avait fait perdre (V. GAMME). Cette
lettre désigne aujourd'hui : 1° le la du diapason normal chap. vm). — (V. E, i, o, u, et PROPOSITION [Logique]).
français de 870 vibrations (V. DIAPASON) ; 2° certaines H. M.
cordes des instruments grattées ou pincées a vide, c.-à-d. A (Mus.). La lettre o est employée par les musiciens
la deuxième du violon après la chanterelle, les chanterelles et surtout par les théoriciens pour désigner la note la,
de l'alto et du violoncelle, la troisièmo corde de la con­c.-à-d. la sixième du type de notre gamme majeure en
trebasse (V. CORDES et ACCORD) ; 3° dans les instruments ut, la première de la gamme mineure typique en la. On
à nombreux tuyaux ou à nombreuses cordes, les différents emploie cette lettre, soit majuscule, soit minuscule, en la
la de l'échelle musicale, comme dans le piano, l'orgue ou soulignant ou la surmontant d'un ou de plusieurs traits.
la harpe (V. TEMPÉRAMENT) ; 4° en Allemagne, la note L'alpha ou a, droit ou renversé, tronqué ou complet, se
ou le ton de la dans les partitions. retrouve souvent dans les fragments qui nous sont restés
Henri LAVOIX. de la notation grecque. Dans la notation en lettres, dite
A (Numis.). Dans la numismatique grecque, la lettre A, béotienne, si fréquemment employée pour la démonstration
isolée dans le champ de la pièce, est souvent l'initiale du par les théoriciens du moyen âge, et même par les compo­
nom de la ville où eut lieu l'émission ; elle indique parfois siteurs, ainsi que l'on peut le voir dans le célèbre manuscrit
aussi un nom d'homme, soit de souverain, soit de magistrat
monétaire. Sur les monnaies romaines, cette lettre n'est A a
À généralement que l'indication d'un atelier monétaire. Sur les &—
monnaies de France, elle désigne l'atelier de Paris, depuis
er33C l'édit de François I en 4539 (V. MONNAIE). I mr AA. Ces deux lettres désignent l'atelier monétaire de
Metz, depuis 4662 jusqu'en 1794 (V. MONNAIE).
.DU a .G AA. Nom de plusieurs cours d'eau de l'Europe occiden­
bilingue de YAntiphonaire de Montpellier, l'A, comme tale centrale et septentrionale. Ce mot, dont la racine
semble celtique, se trouve dans les divers dialectes germa­dans l'écriture musicale des Grecs, représente le degré la le
plus bas de l'échelle, celui qui avait été ajouté (icpoçXajjiêa- niques et Scandinaves avec le sens d'eau courante. Il présent* AA — AAGAARD — C —
une frappante analogie avec le latin aqua, le sanscrit dp, le J.-H. Relier, puis du peintre de la cour, Gerrit Mets, il
gothique ahva, le breton ae'h. Très souvent ce mot s'ajoute acquit une grande habileté dans la peinture historiée des
à la fin d'un nom de rivière en gardant sa signification panneaux de voitures, selon la mode de ce temps. Ses
primitive. Nous nous contenterons d'indiquer les principales compositions sont remarquables par leur ordonnance riche
rivières connues sous ce nom en Europe. et variée, et il excellait à y répandre un grand charme
AA. Rivière de France, prend sa source aux Trois- par l'introduction de petits enfants.
Marquets, corn, de Bourthes-les-Hameaux, cant. d'Huc- A A (Cornelis van der), historien hollandais, né à Leyde
queliers (Pas-de-Calais), coule de l'ouest à l'est jusqu'à en 1749, mort à Amsterdam en 1816, fut libraire à
Verchocq, remonte au nord, traverse Fauquembergues Harlem et à Utrecht, et l'auteur d'un grand nombre de
et Lumbres où elle reçoit la rivière de Bléquin, reprend volumes sur l'histoire de son pays.
à cet endroit son cours à l'est jusqu'à Arques où elle AA (Pierre-Jean-Baptiste-Charles van der), fils de
devient navigable ; passe à Saint-Ômer et de là coule au Christian-Charles-Henri van der Aa, né à Harlem le 31 oc­
nord jusqu'à la mer à travers d'anciens marais dont les tobre 1770, mort à Leyde le 12 mai 1812, fut avocat
canaux ou watringues lui envoient leurs eaux. Dans distingué et publia un grand nombre d'ouvrages de
cette partie de son cours elle sépare les pays de langue jurisprudence. Son fils aîné, Christian-Pierre-Elisée-
française de ceux de langue flamande. Elle se jette dans Robidé (7 octobre 1791-14 mai 1851), a occupé une
la mer du nord près de Gravelines. Sa navigation est très place marquante parmi les poètes et les prosateurs de son
active: des navires de 200 tonneaux peuvent la remonter pays ; son second fils, A.-J. van der Aa, a dirigé la
jusqu'à Saint-Omer. Elle communique à gauche avec le publication du meilleur dictionnaire biographique de la
canal de Calais, à droite avec ceux de Bourbourg et de Hollande (Biographisch Woordenboek der Nederlanden;
la Haute-Cohue; elle rejoint la Lys par le canal de Neuf- Harlem, 1852-1874, 18 vol. in-8).
fossé, la Deule par ceux d'Aire, de la Basse et de la llaute- AAA (Numis.). Abréviation que l'on trouve fréquemment
Deule. Au-dessus de Saint-Omer elle alimente de nom­ sur des monnaies d'argent et de bronze frappées vers la fin
breuses usines. Son cours est de 80 kil., dont 29
navigables.
AA. Rivière de Hollande, affluent de la Dommel. Elle
passe à Hclmond. Son cours est d'environ 50 kil.
AA. Nom de deux fleuves de la Russie. Le premier, celai de
Courtaude, prend sa source dans le gouvernement de Kovno
et devient navigable à Mitau. Il se divise en deux bras
dont l'un se jette dans la Dvina occidentale et l'autre dans de la République romaine, dans la formule : 111VIR A.A.A
le golfe de Riga. Le second, l'Aa de Livonie (ou Treider Aa F.F. (triumvir aère, argento, auro, flando, feriundo),
en allemand), appelé anciennement Goiva, se jette dans le placée à la suite du nom du magistrat chargé de surveiller
golfe de Riga uu peu au nord de la Dvina. Ses bords sont l'émission des espèces.
pittoresques. AACHEN (V. AIX-LA-CHAPELLE).
AA. Rivière de Suisse, affluent de droite de l'Aare. Elle AACHÉNIEN (Géol.) (d'Aachen, Aix-la-Chapelle, par
passe à Lenzburg et au-dessous d'Aarau (Argovie). Elle suite d'une assimilation, d'ailleurs inexacte, entre les sables
forme les lacs de Baldeeg et de Allwyl. de cette localité et ceux de la Belgique). Dénomination em­
AA (Saarner-AA). Rivière de Suisse, dans le canton ployée par les géologues belges pour désigner un ensemble
d'Unterwald. Près d'Alpnach, elle se jette dans le lac de sables diversement colorés, et d'argiles réfractaires,
des Quatre-Cantons. Elle forme les lacs de Lungern et de parfois lignitifères, qui, en de nombreux points de la Bel­
Sarnen. gique, au nord de l'axe de l'Artois, recouvrent directement
A A (Méd.) (V. ABRÉVIATIONS). le calcaire carbonifère. Ce sont ces sables qui, sous le nom
A A (Pierre van der), en latin Vanderanus, juriscon­ de Torrent d'Anzin, occasionnent tant de difficultés dans
sulte hollandais, né à Louvain vers 1530, mort à Luxem­ le fonçage de certains puits de mine du Nord. La décou­
bourg en 1594, fut successivement professeur de droit à verte récente faite àBemissart (Belgique), dans une poche
l'université de sa ville natale, assesseur du conseil suprême d'argile de cet âge, de squelettes entiers à'Iguanodon,
de Brabant (1565) et président de la haute cour de justice dinosaurien caractéristique du wealdien anglais, motive
(Raad) de Luxembourg (1574). U avait publié deux l'attribution de l'aachénien au wealdien.
ouvrages remarquables pour l'époque : Prochiron sive AAGAARD (Niels ou Nicolas), né en 1612, mort en
Enchiridion judiciarium ; Louvain, 1558, in-8. — 1657, professeur d'éloquence et bibliothécaire de l'Aca­
Commentarius de Privilegiis creditorum ; Anvers, démie de Soroê, publia un grand nombre de poésies
1560, in-8. grecques et latines, ainsi que des opuscules de philologie,
A A (Pierre van der), éditeur hollandais, mort vers sur Tacite, sur Ammien Marcellin, sur le style du Nou­
1730. 11 fonda à Leyde, vers 1682, une librairie, et avec veau Testament, etc., et un écrit politique : De Optima
la collaboration de ses deux frères, Hildebrand, graveur, regendœ reipublicœ forma ; Soroë, 165a.
et Baudouin, imprimeur, il publia d'importants ouvrages AAGAARD (Christian), frère cadet du précédent, poète
de géographie, de voyages, de botanique, ainsi que les latin danois, né à Viborg le 27 janvier 1616, mort le
œuvres d'Erasme (17Ô3-1706, 11 vol. in-fol.) et les cé­ 5 février 1664, professa la poésie à l'Université de Co­
lèbres Thésaurus de Gronovius et de Graevius. penhague, puis devint recteur du collège de Rippen (1651)
AA (Christian-Charles-Henri van der), prédicateur et et lecteur de théologie. Il compte au nombre des poètes
naturaliste, né à Zwolle le 25 août 1718, mort à Harlem néo-latins les plus élégants, pour les poèmes suivants :
le 23 septembre 1793, probablement le petit-fils du pré­ Laurus Cimbrica, poema heroicum de Victoria Chris-
U
cédent. Pasteur pendant plus de cinquante ans à l'église tiani IV adversum classem Sueco-Batavam, die i6
luthérienne de Harlem, il acquit une réputation méritée maj i664; Copenhague, 1644, in-fol. ; — Threni hy-
par l'éloquence de ses prédications, qui furent imprimées perborei in exeouias ChristianilV; ibid.,1648, in-fol.;
successivement (1747-1792). Ses travaux d'histoire natu­ — De Homagio Frederici III, Daniœ et Norvegiœ
relle sont insérés dans les Algemeene Vaderlandsche régis; ibid., 1660, in-fol. Ses œuvres poétiques ont été
Letteroefeningen (1798). 11 fut un des fondateurs de la recueillies ensuite dans Rostgard, Deliciœ poelarum
erSociété hollandaise des sciences, à Harlem (1752), et en Danorum; Leyde, 1693, t. I , où l'on trouve également
devint le premier secrétaire perpétuel. une notice sur la vie de l'auteur, écrite par son fils. —
Plusieurs autres personnages du nom d'Aagaard se AA (Thierry van der), peintre hollandais, né en 1731
firent connaître au siècle dernier dans 1* domaine des à La Haye, où il mourut le 28 février 1809. Elève de — AAGAARD — AARBURG
lettres, et actuellement le Danemark possède un peintre nages ciselés et incrustations do lapis-lazuli, encore au
distingué de ce nom. nom d'Amosis ; un bracelet d'or incrusté de pierres dures
AAGESEN (Svend), premier historien danois, vivait à ayant la forme d'un épervier aux ailes déployées ; un
la fin du su' et au commencement du xm" siècle. Son autre bracelet d'or incrusté de pierres dures et formé
histoire des rois de Danemark (Compendiosa historia), d'une grosse torsade qui supporte le cartouche d'Amosis
de Skiold à Canut VI (300-1187), a été publiée par Ste- entre deux sphinx ; un pectoral d'or découpé à jour et
phanius : Suenonis Aggonis filii, Christierni nepotis, incrusté de pierres dures taillées en très léger relief et
primi Daniœ gentis historia, quœ exstant opuscula ; représentant Amosis entre deux divinités ; cette dernière
Soroë, 1642, in-8. On y trouve aussi, du même auteur, pièce est certainement le plus beau des bijoux antiques
une traduction latine des lois militaires de Canut le Grand connus jusqu'à ce jour ; un miroir métallique avec un
{Historia legum castrensium). Réimprimés avec un manche de bois orné d'or ; un petit modèle de barque
excellent commentaire, dans Langebek, Scriptores rerum avec ses rameurs ; un autre modèle de barque avec
danicarum, t. I (1772) et t. III. ses rameurs en argent et les chefs de l'équipage en
or ; cet objet d'art porte le nom de Kamès ; un modèle AAH. La lune est exprimée en égyptien par un sub­
de char à quatre roues en bronze et bois destiné à sup­stantif masculin, aah, qui est en même temps le nom du
porter l'une des deux barques. Les plus remarquables de dieu Lunus. Ce dieu est représenté tantôt avec une tête
ces spécimens de l'orfèvrerie égyptienne, bien antérieurs d'épervier que surmontent le croissant et le disque, tantôt
à l'époque de Moïse, ont été magnifiquement reproduits en sous la forme d'un enfant également coiffé du disque et
couleur dans la Ilevue de l'architecture, année 1860. du croissant (c'est Khons-Lunus), ou bien avec une tête
d'ibis ornée du croissant, du disque et parfois de la Paul PIERRET.
plume qui symbolise la vérité (c'est Thot Lunus). La lune, AALBORG (Albiœ). Ville de Danemark, à 222 kil.
en raison de ses phases, est en perpétuelle relation dans les N.-O. de Copenhague, bâtie sur la rive droite du Lijm-
textes avec les idées de naissance et de renouvellement. fjord, dans la partie septentrionale du Jutland. 14,152 hab.
C'est ainsi que Lucine se confondait souvent avec Diane. Evêché. Ecole de navigation. Commerce important de grains,
Aah préside au renouvellement, au rajeunissement, à la de draps et de coton. La pêche du hareng occupe chaque
renaissance. C'est sans doute à ce titre qu'il est repré­ année plus de cent bâtiments. Le diocèse d'Aalborg
senté avec la figure de Khons enfant, coiffé de la tresse, compte environ 96,000 hab.
Khons étant l'Horus de la triade Thébaine (Y. KHONS et AALCLIM (Bot.). Nom donné, dans l'Inde, à plusieurs
HORUS). Pour les représentations du dieu Lunus, voyez Légumineuses-Caesalpiniées du genre Bauhinia Plum., et
Paul Pierret, Panthéon égyptien; Paris, 1881. surtout au B. scandens L., dont les feuilles sont em­
AAH-HOTEP, reine d'Egypte, était considérée comme ployées dans le traitement des tumeurs et des maladies des
erla femme d'Aménophis I , lorsque, il y a une vingtaine yeux (V. BAUHINIA).
d'années, les fouilleurs de Mariette découvrirent à Drah- AALEN. Petite ville du Wurtemberg sur la Kôcher.
Abou'l-Negah, dans le quartier funéraire de Thèbes, un 6,491 hab. Tanneries, fabriques de draps, fonderies.
cercueil au nom de cette reine. Par malheur, Mariette Cette ville est l'Aquileia des Romains qui se trouvait dans
étant absent au moment de la trouvaille, le cercueil fut la province Germania transdanubiana.
ouvert, malgré les protestations du surveillant des fouilles, AALÉNIEN (Géol.) (d'Aalen, en Wurtemberg). Employé
par le gouverneur de la province ; les bandelettes furent dis­ pour désigner un terme de passage du Lias au Bajocien.
persées et déchirées dans le harem de ce pacha, la momie AALST (Géog.) (V. ALOST).
fut brisée et jetée dehors, et il n'est pas impossible que AAM. Mesure de capacité pour les liquides en usage en
quelques-uns des objets précieux qui l'accompagnaient Hollande et dans le nord de la Belgique ; sa contenance
aient été soustraits. Cela serait d'autant plus regrettable est pour les vins et eaux-de-vie de 155 litres 224 ; pour
que cette boite de momie qui, par sa décoration et son les huiles, elle est de 145 litres 5225.
e
style archaïque, pourrait être attribuée à la XI dynastie, AANS (Bot.) (V. BADAMIER).
ne contenait précisément aucun objet au nom de la reine AAR, AAROU, est le nom des Champs-Elysées des
Àah-Hotep : tous les bijoux qu'on y a trouvés sont au Egyptiens. Les mânes y consacraient à des travaux agri­
enom d'un roi obscur de la XVII dynastie nommé Kamès, coles leurs loisirs éternels, ils y récoltaient un blé haut de
dont on suppose qu'elle était la veuve, ou au nom du roi sept coudées. Cette région des élus, à laquelle on accédait
Ahmès (Amosis) qui pourrait être son fils. 11 eût suffi
d'un bracelet ou d une bague pour résoudre le problème.
Il convient d'ajouter que le Musée du Louvre a acquis en
1884 une bague en or au nom d'Aah-Hotep, qui a
peut-être fait partie des objets soustraits à la trou­
vaille de Drah-Abou'1-Negah. Les bijoux et objets d'art
dits de la reine Aah-Hotep sont une des gloires du Musée
de Boulaq, et ils ont fait sensation à l'Exposition univer­
selle de 1867. Ils comprennent : une hache d'arme en or
Travaux des mânes dans les Champs-Elysées égyptiens incrusté de pierres dures au nom du roi Amosis ; un
d'après un tableau du Livre des morts.
ioignard sans gaine dont le manche est en or massif etla
par des chemins mystérieux, était entourée d'une muraille fame en bronze ; un poignard muni d'une gaine d'or et
de fer, percée de nombreuses portes et traversée par un
dont le manche de bois sculpté est orné de quatre têtes
fleuve.
humaines, recouvert de lames d'or et incrusté de pierres BIBL. : Le Livre des morts des anciens Égyptiens ou Ri
dures ; trois ou quatre petits poignards plus ou moins tuel funéraire, traduit par Paul PIERRET; Pans, 1882.
ornés ; un éventail de bois recouvert de lames d'or au AARAU. Ville de Suisse, capitale du cant. d'Argovie,
nom du roi Kamès ; plusieurs chaînes d'or de différentes située sur la rive droite de l'Aare, & 67 kil. N.-E. de
formes ; la plus grande, longue de près de deux mètres Berne, 37 kil. O. de Zurich, à 44 kil. N.-N-.O. de
et fort pesante, porte sur ses fermoirs les nom et prénom Lucerne. 5,984 hab. Ville industrieuse et un des centres
du roi Amosis ; un scarabée d'or incrusté de lapis—lazuli intellectuels de la Suisse (bibliothèque très importante).
et admirablement travaillé est suspendu à cette chaîne ; Filatures, coutelleries, fonderie de canons, fabrique d'armes.
plusieurs bracelets et périscélides en or ; trois bracelets Patrie du romancier Zschokke.— Paix (9-11 août 1712),
composés de grains de pierres dures et d'or passés dans qui termina la guerre entre les cantons.
des fils d'or, en forme de mosaïque, avec les noms AARBURG. Petite ville de Suisse, cant. d'Argovie,
d'Amosis sur les fermoirs ; un bracelet d'or avec person- sur la rive droite de l'Aare, à 15 kil. S.-O, d'Aarau. La AARMJRG — AARON — 8 —
seule place forte de la Suisse. 2,000 hab. Château-fort au premier plan, et Aaron ne parait pas. Plus tard,
pittoresque, construit par les Bernois en 1660. lors du voyage au désert, Moïse ayant été retenu sur le
A A RE ou AAR. Principale rivière de Suisse, 280 kil. mont Sinaï pour recevoir communication des lois divines,
Aaron fabrique une idole du dieu national, qui devient de cours. Elle est formée, un peu au nord du Grimsel,
par la réunion des eaux du glacier supérieur ( ait. de l'objet des adorations du peuple, le veau ou plutôt le tau­
2,260 mètres) et du glacier inférieur de l'Aare. Elle descend reau d'or, ce qui provoque le courroux céleste. Puis nous le
en grondant, au fond d'un ravin, la vallée dite Hasli supé­ voyons, revêtu de la dignité de grand-prêtre, inaugurer la
rieur, et forme à la Handeck une chute de 75 mètres de hau­ lignée des chefs du culte israéhte; il meurt enfin, ainsi
que son frère, avant l'entrée dans la terre promise et est teur qui est réputée une des plus belles de la Suisse. A l'ex­
trémité du Hasli, et au sortir des terrains cristallins, elle enseveli sur le mont Hor, non loin de Pétra, ville principale
rencontre, près de Meiringen, une longue et profonde dé­ des Iduméens, au milieu de grandes démonstrations de
chirure des terrains calcaires, dirigée dans le sens de l'est deuil. Le sacerdoce suprême, entouré des prescriptions les
à l'ouest. C'est dans cette déchirure qu'elle coule vers plus minutieuses, avait été attribué à sa personne et à
celle de ses descendants directs. Cependant deux de ses fils l'ouest ; elle a comblé une partie de ce creux par ses alluvions
et créé la charmante plaine du Hasli inférieur; elle rem­ avaient péri miraculeusement pour avoir apporté sur l'autel
plit de ses eaux une autre partie, et forme ainsi les lacs de de Yahvéh (Jéhovah) du «feu étranger». Cette rigueur
Brienz et de Thun que sépare une langue de terre apportée ne s'accorde point avec l'indulgence qui avait accueilli sa
par la Lutschine, son affluent; c'est là, entre les deux lacs, propre conduite dans l'affaire du veau d'or. — Les prin­
cipaux traits et actes que la tradition prête à Aaron sont qu'est la petite ville d'interlaken, fréquentée par les tou­
ristes. Sortie du lac de Thun, l'Aare arrose Thun et Berne suspects à la critique, sans compter qu'ils offrent un carac­
qu'elle enveloppe de ses replis. Elle reçoit la Sarine, la Zihl, tère incohérent. Ce n'est cependant point une raison pour
qui lui verse les eaux des lacs de Neuchâtel, etc. (V. ZIHL), révoquer en doute l'existence même du personnage ; c'est un
longe le pied du Jura en se dirigeant vers le nord-est, des très rares noms sauvés du naufrage où se sont englou­
tis les souvenirs des Hébreux relatifs à l'époque de leur éta­recueille l'eau de la plupart des lacs et des rivières qui
descendent des Alpes Helvétiques : Grande-Emme, Reuss, blissement en Palestine, événement dont la date est
Limmat (V. ces mots). Au confluent, elle roule une plus incertaine, mais qui doit être placé antérieurement à l'an
grande quantité d'eau que le Rhin lui-même. 1100 avant l'ère chrétienne. La notoriété d'Aaron tient à ce
que des écrivains, éloignés des événements de plusieurs siè­HISTOIRE. — Pendant les guerres de la République (se­
cles, ont cru devoir faire de lui le prototype de la prêtrise conde coalition), M'asséna prit position dans le bassin de
souveraine qui joua un très grand rôle chez les Juifs dan» l'Aare entre les armées ennemies de l'Italie et de l'Allemagne;
la période de la restauration ou du second temple, après par une série d'habiles combats dans les hautes montagnes,
le retour de Babylone. On ne se contenta pas alors de le long de l'Aare et de la Reuss, dans la région des col­
posséder le personnage de Moïse, le prophète-législateur, lines, aux environs de Zurich et sur les bords de la Limmat,
placé au début de l'histoire nationale ; on voulut, en face ce général désorganisa l'armée austro-russe (1799). L'ar­
et à côté de lui, poser la figure du prêtre avec l'importance chiduc Charles ayant voulu occuper Dettingen pour couper
qu'il avait prise dans le nouvel ordre de choses. Ainsi, les communications de Masséna avec Bâle, et ayant com­
sur un nom obscur se bâtit une légende qui n'offre aucun mencé (6 et 7 août 1799) la construction de deux ponts
caractère d'authenticité. Une tradition plus ancienne veut de bateaux sur l'Aare à la faveur du brouillard, Ney,
que Moïse lui-même ait fonctionné comme prêtre pendant averti par une patrouille française, vint prendre position
le séjour des Israélites au désert avec l'assistance de Josué, avec 10,000 hommes en face de Dettingen ; l'archiduc se
son futur successeur (Exode, xxxm, 7 à 11, cf. xxiv, retira sans combat. E. L.
4 à 8 et 13). On s'explique que la figure d'Aaron, produit AARHUS. Ville de Danemark, sur la côte E. du Jut-
d'une simple convention, d'une création élaborée de sang-land, à 155 kil. N.-O. de Copenhague. 24,831 hab.
froid, soit absolument incolore et dépourvue d'originalité Evêché; commerce très actif de grains, de bestiaux, de
comme de vie (V. MOÏSE). M. VERNES. draps, et surtout de gants. Excellent port à l'embou­
e
chure du lac de Braband. La cathédrale du xm siècle AARON ou ÀHRON, prêtre d'Alexandrie, médecin et
est l'une des plus belles du nord de l'Europe. — Le philosophe, contemporain de Paul d'Egine, vivait sous le
bailliage comprend 2,477 kq. et 140,888 hab. —Combat règne de l'empereur Héraclius (610-641 ap. J.-C.). U
du 31 mai 1849 gagné par le général Hirschfeld sur l'ar­ écrivit en grec un livre en trente parties, intitulé, selon
mée danoise du général Rye. l'usage du temps, Pandectes. Cet ouvrage fut traduit en
AAROE. Petite lie du Petit-Belt, du district de syriaque, vers 683, par Gosios ou par le juif Maser-
Hadersleben, province prussienne du Schleswig-Holstein, djawaih ibn Djadjal. On ne connaît ce médecin que
à 750 mètres du continent duquel elle est séparée par par ce qu'en dit Razès dans son traité de la variole; ses
le canal appelé Aareosund, où, en 1848, eut lieu un com­ écrits, que par les citations de l'auteur arabe. Aaron a
bat naval entre les Danois et les Allemands commandés certainement beaucoup compilé d'après les médecins grecs;
par von der Tann ; longue de 3 kil. 8, large de 1 kil. 9; cependant il parait avoir connu mieux que ses devanciers
200 hab., la plupart pêcheurs, de langue danoise et de l'épilepsie, l'hypocondrie, les fièvres éruptives, et en par­
culte luthérien.— Ne pas confondre avecAERôEouARRôE, ticulier la variole, qu'il passe pour avoir le premier
lie danoise (traité de Vienne 1864) plus importante, égale­ décrite. C'est en effet à cet auteur que Razès a du em>
ment dans le Petit—Belt au sud de Funen. prunter, au moins en partie, sa description de la variole
AARON, plus exactement AHARON, personnage de l'an­ et probablement de la rougeole.
cienne histoire israélite. La Bible (livres de l'Exode et des AARON ou AHRON BEN ELIE (de Nicomédie), né ou
eNombres) fait de lui un frère aîné de Moïse, auquel il au­ établi au Caire vers le commencement du xiv siècle, rab­
rait prêté un important concours dans l'œuvre de la déli­ bin des plus distingués des juifs caraïtes. Il a écrit un
vrance des Hébreux de la servitude égyptienne. Lorsque commentaire de la Bible intitulé : Këter tora (Couronne
Moïse hésite à aller trouver le Pharaon, sous prétexte de la Loi ; le commentaire du Pentateuque qui en fait
qu'il a la parole embarrassée, la divinité le rassure en lui partie a été composé en 1362) ; un Se fer hammiçvot
disant qu'Aaron s'expliquera a sa place. Un certain nombre (Livre des préceptes), intitulé aussi : Gan Eden (Jardin de
de récits font, en effet, de lui l'assistant et l'intermédiaire l'Eden), sur des pratiques religieuses, et un ouvrage de
obligé de Moïse, soit auprès des Israélites, soit à l'égard théologie: Eç hayyim (Arbre de la vie),achevé en 1346,
du monarque égyptien ; il est à la fois son bras et sa destiné à rivaliser avec le grand ouvrage de philosophie
bouche. Dans une autre série de textes, entremêlée à la de Maïmonide, dont les caraïtes étaient jaloux. En géné­
première, c'est, au contraire, Moïse qui est constamment ral, il a été le Maïmonide des caraïtes, c.-à-d. l'organisation 9 — AARON
de leurs théories religieuses, leur grande autorité phi­ une question de calendrier. Il étudia les livres des rabba­
losophique et théologique. Si son Arbre de la vie leur te­ nites, leurs talmudistes, leurs grammairiens et exégètes ;
nait lieu du Guide des égarés, son Livre des préceptes dans son commentaire de la Bible intitulé : Mibhar, com­
remplaçait le Mischné tora. 11 n'a pas les hautes qualités posé à Constantinople (le commentaire du Pentateuque fut
intellectuelles et transcendantes du célèbre rabbanite qu'il écrit en 1289), il utilise lee de Moïse ben
avait pris pour modèle, mais il ne manque pas de qua­ Nahman ; dans son ouvrage grammatical intitulé : Kelil
lités solides. Il connaissait très bien la philosophie arabe yofi, il cite les grammairiens juifs de l'Espagne; en for­
et avait des tendances à s'en rapprocher. On l'appelle mant le recueil des prières depuis en usage chez les
quelquefois Ahron II pour le distinguer de son coreli­ caraïtes, il y admit des poésies d'Ibn-Gabirol, de Juda
gionnaire Ahron ben Josef. Hallévi, d'Ibn-Ezra. Il y inséra ses propres poésies, qui ne
BIBL. : FÛRST, Gesch. des Karâerthums, II, p. 261.— passent pas pour être excellentes. Sans avoir une grande
NEUBAUER, Aus der Petersburger Biblioth.,y. 58.—GRAETZ, originalité, ses commentaires bibliques contiennent des
Gesch. d. Juden, VII,2« éd., p. 354. — FR . DELITZSCH, Ah­
idées intéressantes et sont exempts de cet esprit de secte ron b. Elia's aus Nihomedien des Karâers System der
heligionsphilosophie ; Leipzig, 1841. — Literaturblatt des qui est la plaie des écrivains caraïtes. Pour le distinguer
Orients, 1 (1840), p. 198, 241, etc. , à 488, articles de d'Ahron ben Elie, on l'appelle quelquefois Ahron l'ancien
FR . DELITZCH sur les Diné schehita de l'auteur, incorpo­ er
ou Ahron I . rés plus tard & son Livre des Préceptes; puis. p. 500, 533,
609, 633, notices diverses.
BIBL. : FÛRST, Gesch. des Karâerthums, II, p. 238. —
AARON ou AHRON HACCOHEN, de Lunel, rabbin pro­ NEUBAUER, AUS der Petersburger Bibliolheh; Leipzig,
8 1806,p. 56. — GRAETZ , Gesch. d. Juden, 2« éd., t. VII, p. 203. vençal du commencement du xiv siècle. Son nom entier
est Ahron ben Jacob b. David b. lsaac Haccohen ; il des­ AARON (Pierre) ou ARON, didacticien musical, né
cendait de savants de Narbonne. Ahron fut frappé, comme à Florence dans les dernières années du xv° siècle, mort
tous ses coreligionnaires, par l'expulsion des Juifs de vers 1562. L a donné quelques détails sur sa vie dans
France en 1306. « Je fus chassé, dit-il, de la position ses ouvrages et particulièrement dans son Toscanello,
honorable que j'occupais, obligé de quitter mon pays pour dont le curieux frontispice le représente entouré de ses élèves.
l'étranger, où j'ai erré sans trêve ni repos. » Comme beau­ Aaron fut d'abord moine hiéronymite, puis il fonda, à Rome,
coup de ses compatriotes et coreligionnaires, il alla s'éta­ en 1516, une école très fréquentée ; distingué par Léon X,
blir dans l'Ile de Majorque, où ils trouvaient un asile. Il a il fut nommé chanoine de Rimini. — Aaron est le premier
écrit un ouvrage de science talmudique et religieuse inti­ théoricien qui ait posé avec quelque clarté et d'une façon
tulé : Orhot Hayyim(\es Sentiers de la vie). systématique les règles du contrepoint moderne, dans le
Toscanello. Le Lucidario in musica jette une vive lumière BIBL. : GROSS, dans Monatschrift de GRAETZ, t. XVIII
(1869), p. 433 et 531. sur la théorie si difficile des proportions, employées dans
e 8 ela notation des xiv , xv et xvi siècles. Depuis la fin d u AARON ou AHRON HALLÉVI (ben Josef ben Benveniste),
e
xv siècle, les musiciens s'étaient lancés dans des études rabbin originaire du midi de la France. Il résida peut-
spéculatives, sur le système des Grecs, diatonique, chro­être deux fois à Tolède, il est à Saragosse en 1285, il
matique et enharmonique. Aaron se jeta avec ardeur dans vient de Tolède à Barcelone en 1286; il fut à Montpel­
ces polémiques stériles en apparence, mais d'où devait lier en l'an 1300. U a écrit plusieurs ouvrages de science
sortir en somme la théorie de l'harmonie moderne ; sa talmudique, dont le plus important a pour titre : Bédec
lutte avec l'illustre Gafori dura longtemps et fit grand habbayit (réparation de la maison) et se rattache à un ou­
bruit. vrage du même genre de Salomon ben Adret.
Voici les titres de ses ouvrages : 1° J Tre libri dell' BIBL. : GRAETZ, Gesch. d. Juden, t. VII. — Hist. lillér.
de (a France, t. XXVII, p. 523. lstituzione armonica ; Bologne, 1516, in-4 ; traduit en
AARON ou AHRON HALLÉVI, rabbin espagnol qui a latin par J.-A. Flaminio ; ibid.,, petit in-4. —
vécu, sans doute dans la première moitié du xiv° siècle. 2° Toscanello in musica; Venise, 1523, in-fol., et
Il est l'auteur d'un guide religieux et moral intitulé Séfer 1529,1532, 1539, 1562. — 3» Trattato délia natura
hahinnukh (Livre de l'initiation), et qui est surtout inté­ et cognitione di tutti gli tuoni di canto; Venise, 1525,
in-fol. — 4° Lucidario in musica di alcune oppinioni ressant par sa forme naïve et populaire. Parmi les auto­
rités les plus récentes qu'il cite se trouvent Moïse de antiche e moderne; Venise, 1545, in-4. — 5° Com-
Coucy, Moïse Nahmanide (mort à l'époque de la rédaction pendiolo di molli dubii, segreti et sentenze intorno
du livre), Salomon ben Adret (m. 1310), et, à ce qu'il al canto fermo et figurato; Milan, s. d. (v. 1530), in-4.
semble, Ascher ben Jehiel (m. 1327). L'ouvrage a été Henri LAVOIX.
erécrit à Barcelone, où l'auteur semble avoir été maître AARON I , prince de Moldavie, mort entre le 19 octobre
d'école ou précepteur d'enfants, ce qui explique le carac­ 1562 et le 20 janvier 1569. On ignore l'origine de ce
tère élémentaire et les qualités pédagogiques de son oeuvre. prince, qui fut installé sur le trône de Moldavie par Cas-
Il ne faut pas le confondre avec Ahron Hallévi ben Josef. taldo (général espagnol qui commandait en Hongrie l'armée
Le prénom d'Ahron que nous lui avons donné n'est pas de Ferdinand d'Autriche), dans les derniers mois de l'an­
assuré par des témoignages bien certains, nous savons née 1552. Aaron ne put se maintenir en possession du pou­
seulement par lui-même qu'il s'appelait Lévi, et M. Neu­ voir. Il fut promptement renversé, et vécut dès lors d'une
bauer a pu soutenir que le nom de l'auteur était Abra­ pension que lui accorda le prince autrichien. Quand il fut
ham ben Hassan Hallévi, d'une ville de Lanardo. L'époque mort, sa femme, appelée Anne, bénéficia après lui des
à laquelle il a vécu n'est pas non plus très certaine. Les libéralités, d'ailleurs assez mesquines, de l'Autriche.
uns veulent que son livre ait été écrit avant 1310, d'au­ BIBL. : URECHI, Chronique de Moldavie, édit. Picot, p.
tres, avec plus de vraisemblance peut-être, qu'il soit pos­ 388.
térieur à cette époque. Isidore LOEB. AARON II, prince de Moldavie (1591-1595), mort en
1597 à Alvinti (ou Alvinczi), appartenait, selon les uns, à la BIBL. : ROSIN (D.), Ein Compendium der jûdischen
Gesetzeskunde aus dem vierzehnten Jahrhundert: Bres- famille princière du pays (on a cru reconnaître en lui
lau, 1871. — Jûdische Zeitschrift, de GEIGER, t. V (1867), un fils de ce Tomsa qui renversa Jean Héraclide, en p. 183 ; t. VII (1869), p . 276, note ; et surtout t. IX (1871),
1563, et le père d'Etienne Tomsa qui régna en 1612) ; p. 184. — Monatschrift de GRAETZ, t. XX (1871), p. 232 ;
t. XXI (1872), p. 178 (NEUBAUER), et p. 184 (ROSIN). selon d'autres, au contraire, il avait une origine tout
à fait vulgaire. La première opinion paraîtra plus pro­' AARON ou AHRON BEN JOSEF, rabbin caraite. Né
bable si l'on songe que, sous le règne de Pierre le en Crimée vers le milieu du XIII* siècle, il vint s'établir à
Boiteux, Aaron s'était réfugié en Angleterre. Ce fut là qu'il Constantinople, au milieu de la communauté caraite de
apprit que Pierre avait le projet d'abdiquer. Il partit aus­cette ville. En 1279, il était encore à Sulcbat, en Crimée,
où U eut une controverse avec des juifs rabbanites sur sitôt pour Constantinople, et, grâce aux démarches de

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