TEMOIGNAGES LIMOUSIN H

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Cet homme redonne vie à la terre. Des centaines d'agriculteurs du Limousin en profitent déjà. Ils témoignent. À LA SANTÉ DE LA TERRE DU LIMOUSIN PROCÉDÉ DE FERTILISATION MARCEL MÉZY
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Publié le : lundi 26 mars 2012
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Source : bacteriosol-sobac.com
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PROCÉDÉ DE FERTILISATION MARCEL MÉZY
À LA SANTÉ
DE LA TERRE
DU LIMOUSIN
Cet homme redonne vie à la terre.
Des centaines d’agriculteurs du Limousin
en profitent déjà.
Ils témoignent.PROCÉDÉ DE FERTILISATION MARCEL MÉZY
SOMMAIRE
Chaque jour, la terre nous donne raison :
agriculteurs et scientifiques témoignent …
LES TÉMOIGNAGES D’AGRICULTEURS DANS LA HAUTE-VIENNE
Pages 4 / 5 Haute-Vienne : Michel Texier à Saint-Yrieix la Perche
Pages 6 / 7 Haute-Vienne : Jean-Luc Dussoubs à Oradour sur Vayres
Pages 8 / 9 Haute-Vienne : Gaec Beylier à Saint-Yrieix la Perche
Page 10 Haute-Vienne : Guy Boutinaud à Pageas
LES TÉMOIGNAGES D’EXPERTS
Page 11 Agronome : Marcel Mazoyer ( Professeur à l’Université Paris XI )
Page 12 Vétérinaire : Frédéric Porchez ( Vétérinaire officiel de la station de sélection UPRA RACE AUBRAC )
Page 13 Nutritionniste : Michel Lepertel ( Nutritionniste indépendant )
L’ HUMUS ET LE CONCEPT SOBAC
Page 14 Le rôle de l’humus : Ne pas confondre matière organique et humus
Page 15 La technologie SOBAC : Moins de nitrates, moins de CO2
2R E M E R C I E M E N T S
À LA SANTÉ DE LA TERRE
ET DES ANIMAUX
« Retrouver le bon sens paysan », « se réapproprier la terre »,
« être à nouveau fier de faire ce métier » autant d’expressions
que nous avons entendues chez les agriculteurs des quatre
coins de la France. Autant de phrases porteuses d’espoir qui
permettent de croire en une autre agriculture plus solidaire et
aussi plus responsable.
Merci à tous ceux qui ont souhaité partager leur expérience
et leur passion pour la terre et les animaux à travers ces
témoignages.
3I L S T É M O I G N E N T
Haute
Vienne
“ Formatés dans un système ”
« On a assez profité du monde paysan qui Je ne chaule plus depuis 8 ansMichel Texier, 50 ans
nourrit la population, génère beaucoup
Sur le plus long terme, je fais des analysesà Saint-Yrieix la Perche d’emplois en amont et en aval. Il enrichit
de sols pour voir comment mes terres évo-les multinationales dans l’agrochimie,(Haute-Vienne) luent, pour savoir si j’ai toujours des élé-dans la distribution et puis nous aujour-
ments fertilisants à disposition ou pas. J’aid’hui, on crèverait de faim ? On n’est
fait des récoltes pendant quatre-cinq ansmême pas des ouvriers, on est des serfs.30 vaches allaitantes sans rien amener à ma terre à part duQuand on fait le bilan aujourd’hui, c’est
Bactériosol®. Ou ça plongeait au niveau decatastrophique. C’est peut-être notrede race limousine. la fertilité ou ça servait à quelque chose.modèle agricole qui doit disparaître, qui
Les techniciens quand ils voient mes ana-45 hectares n’est pas adapté.
lyses, ils ne savent plus quoi me dire.
15 hectares en En 2002, Jocelyn de la Sobac m’a parlé de
Le goût ? C’est trop subjectif pour affirmerredonner au sol sa capacité à nourrir lapommiers Golden qu’il y a une amélioration. Mais il n’y a pasplante, il m’a dit d’oublier le sol-support.
de dégradation, ça c’est sûr. Au niveauOn revenait à l’origine : c’est le sol quiLe reste en prairies maladies, il y en a une qui est due à unnourrit et qui est à l’origine de la plante et
manque de calcium dans le fruit et qu’onet céréales non la chimie de l’homme. Je pense que
appelle le « Bitter Pit ». C’est une maladiecette façon de faire dormait au fond de
superficielle, c’est à dire que la pulpe enmoi. L’agriculture qu’on pratique avec tant
surface devient spongieuse. d’intrants c’est quelque chose qui n’est pasTravaille avec la Sobac Je ne chaule plus depuis huit ans au niveaudans la logique. J’avais conscience qu’il fal-
des pommiers et je n’ai aucun problèmedepuis huit ans lait permettre à la terre de donner ce qu’el-
de « Bitter Pit » à ce jour. Ça veut dire quele était capable de donner sans passer son
sans amener de calcium ni de chaux, je n’aitemps à la perfuser.
pas ces problèmes.
J’ai commencé par des essais. J’ai fait une Je constate simplement que ce n’est pas en
parcelle de pommiers et une de prairies. chaulant qu’on va éradiquer le problème
J’ai tout de suite vu que ça avait l’air inté- alors que c’est une déficience en calcium.
ressant. Le premier signe est assez para- La question qu’on se pose est simple : est-
doxal. On a l’impression que ça ne pousse ce que chauler ne perturbe pas le sol à tel
pas et quand on fauche, on a autant de point que par la libération de certains élé-
rendement, avec une petite herbe très ments dans le sol, il n’y a pas d’interactions
riche et très dense. de blocage qui favorisent le « Bitter Pit » ?
4I L S T É M O I G N E N T
Ça fait huit ans que je ne chaule pas et je On regarde fatalement nos sols différem-
ment quand on travaille de cette façon.n’ai donc pas de problème de cet ordre
Avant on ne descendait même pas du trac-mais j’attends toujours une réponse de
teur. Maintenant on essaie de com-
la part des conseillers.
prendre. Tiens, il y a une plante qui pous-
se. Pourquoi elle pousse? On regarde leDeux ans après mes premiers essais je suis
bouquin. On revient aux fondamentaux. passé en Bactériosol®-Bactériolit® sur l’en-
semble de l’exploitation. Justement
Il y a toujours un gros scepticisme chez lesconcernant Bactériolit®, j’ai constaté que
agriculteurs, ils sont dans un système oùsur les prairies traitées il y a beaucoup
on ne voit pas de porte de sortie. En agri-moins de refus. Même autour des bouses,
culture on est trop endetté aujourd’hui, onil n’y a plus ces grosses touffes de refus.
n’a plus de marge de manœuvre. Donc, onTout est mangé. Déjà ça, c’est important.
produit à tout va pour essayer de s’en sor-L’herbe est beaucoup plus dense, plus
tir. C’est une sorte de fuite en avant assezvariée que celle qui a reçu de l’azote. Au
pathétique. niveau des pommiers, c’est plus compli-
qué. Je n’ai que mes analyses qui me
Avec la Sobac, nous sommes plus indé-disent s’il y a déséquilibre ou pas. Quand il
pendants et ça permet de mieux gérer lay a des chutes de feuilles dues au froid ou
à la chaleur, j’en constate des moins production.
importantes que ce qu’on a pu connaître
ou que connaissent des collègues qui tra- Le Grenelle de l’environnement, ce serait
vaillent en traditionnel. une bonne chose si au lieu de tuer les pay-
sans, on leur donnait les moyens d’être
Sur les prairies, la flore évolue. Sur une de accompagnés vers une agriculture plus
mes prairies qui a quinze ans, quand j’ai propre. On ne fait rien pour. On taxe l’agri-
commencé à mettre du Bactériosol®, j’ai culteur qui utilise des produits phyto-sani-
vu ressortir du trèfle violet. Des luzernes taires mais on ne lui donne pas de moyens
qui poussent par-ci, par-là. Le fumier se de recherche pour mettre en place des
décompose beaucoup plus vite. Il a déjà solutions adaptées.
bien travaillé quand on le sort. Il se com-
poste plus vite. Il est plus vite friable. Dans Tout ça est un problème de conscience. Si
les stabulations, il y a beaucoup moins je vais dans le sens de moins utiliser d’in-
d’odeurs d’ammoniaque, ça ne vous pique trants, ce n’est pas pour dépenser moins
pas le nez comme avant. d’argent au départ. C’est plus pour offrir
quelque chose de plus propre. Ça m’embê-
Dès la première année, j’ai donc supprimé terait de savoir des choses et de continuer
une quinzaine de tonnes de chaux et je ne sans rien changer. Depuis vingt ans, dans
mets plus du tout de phospho-potassique. la pomme, on travaille beaucoup
Je continue à acheter un peu d’azote, sur- là-dessus. Je n’exclue pas du tout la possi-
tout pour les céréales. Sur les prairies, je bilité de passer un jour en bio. Au niveau
n’en mets pratiquement plus. Donc, il ne de notre coop, j’ai participé à développer
me reste plus qu’à régler le problème pour une activité bio en pommes. On a mis
éliminer l’azote et avoir des prairies suffi- en place un verger bio pour essayer
samment riches en légumineuses. Dans d’attaquer ce créneau qui se développe.
cette optique, les méteils c’est intéressant.
Je ne veux pas faire d’ensilage, je fais de Si on maîtrise bien, ensuite les produc-
l’enrubannage, c’est tout. teurs pourront se lancer dans une activité
bio. Aujourd’hui on ne peut pas rester fer-Les gens autour regardent. Ils ne disent
més à tout ce qui se passe autour de nous,rien. Les techniciens, les producteurs
que ce soit le réchauffement de la planète,savent comment je travaille. Et puis, huit
les problèmes liés au pétrole et donc à ses
ans, ça commence à parler. Aujourd’hui, dérivés. C’est l’économie de nos exploita-
on produit trop cher, on est trop dépen- tions qui est mise en jeu. Donc il faut
dant de l’extérieur. Il nous faut revoir qu’on bouge. C’est ce que je pense avoir
fait en adoptant cette démarche. notre façon de produire. Qu’on soit plus
indépendant, plus autonome.
Déjà, le fait d’utiliser un produit comme
ça, ça veut dire qu’on ne peut plus faire
n’importe quoi derrière. On sait mainte-
nant qu’on peut se passer de produits chi-
miques sans voir une baisse de fertilité de
nos sols.
On a été formatés dans un système. Il y a le
technicien des approvisionnements qui
vient et dit : « il faut utiliser ça » ; celui de
la coop qui dit : « il faut faire ça en fonc-
tion du marché » . On n’a pas été formatés
dans l’idée de la compréhension du fonc-
tionnement d’un sol, bien au contraire.
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Haute
Vienne
“ Fier de montrer mes résultats ”
« En 1990, les deux frères Fabre et Marcel d’hui on met tout à l’automne. On avaitJean-Luc Dussoubs,
Mézy sont venus nous voir par l’intermé- arrêté Bactériolit® un moment parce que
40 ans diaire d’une personne avec qui on tra- c’était un peu contraignant à mettre sur
vaillait pour engraisser. On avait pas mal les fumiers et en plus mon père était partià Oradour sur Vayres de problèmes sanitaires, de diarrhées sur à la retraite. Maintenant, on a repris
les petits veaux surtout. On chopait tout avec le nouveau produit : le Bactériolit®(Haute-Vienne)
ce qui passait et on s’apercevait que Concentré, qui est plus facile d'emploi. Les
l’herbe n’était plus bonne. On passait et tas de fumier ont l’air de bien travailler. Ils
repassait de l’azote pour la faire pousser. n’ont pas diminué, ils n’ont pas d’odeur.
On avait beaucoup de problèmes de déli- Avec Bactériolit®, quand on épand, huit-130 vaches Limousines
vrance. dix jours après, les bêtes peuvent aller sur
145 hectares la parcelle. On le met début septembre s’il
J’étais très jeune quand ils sont venus tous pleut. Et dès que l’herbe repousse, c’est200 UGB les trois, j’étais encore à l’école. Comme bon, les bêtes mangent. On enrichit énor-
nous avions confiance en la personne qui mément le fumier, on diminue les pertes17 hectares de triticale
nous les amenait, nous avons commencé par lessivage et ça évite de mettre des
4 hectares de méteil tout de suite à faire des essais. Des ronds engrais derrière.
dans des parcelles, des demi-parcelles.7 hectares de maïs L’année suivante nous avons remarqué que Mon père, à l’époque, mettait 25 tonnes
les animaux allaient directement là où il y de chaux par an, 300 kilos/hectare d’en-117 hectares de prairies
avait eu du Bactériosol®. C’était très net. grais complet et après, deux à trois pas-
On a donc décidé de faire une partie enco- sages à 100 kilos/hectare d’azote. On aTravaille depuis re plus importante au Bactériosol® et là, on arrêté tout ça. Sur les céréales, on fait juste
a vu de vrais changements. Il y avait du deux petits passages d’azote à 10020 ans avec la Sobac
trèfle alors qu’il avait disparu depuis long- kilos/hectare et sur les prairies de fauche,
temps. Et puis, dès la deuxième année, on j’essaie de mettre 20 unités d’azote. Sur
a pu faire les premières constatations sur les pâtures au Bactériosol®, on ne met rien
le troupeau : les bêtes étaient en meilleure de plus.
santé, ça se voyait à l’œil nu et elles
n’avaient plus de diarrhée. On travaillait Ici, nous avons des sols très lourds à tra-
déjà beaucoup avec du fumier à l’époque vailler. Il y a beaucoup de mottes très
et donc c’était super pour nous. Le seul dures. Aujourd’hui on n’a plus ça.
problème au démarrage, c’était l'épanda- Maintenant, la terre s’effrite, ça tasse
ge du produit qui était sous forme de moins. Nos sols ont considérablement évo-
poudre. En 20 ans, ça a fait des progrès lué. Mes deux marchands de vaches utili-
énormes. Au début on mettait le sent aussi ce procédé, c’est un signe !
Bactériosol® au printemps alors qu’aujour- Ils m’ont vu travailler avec, ont vu les
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stocks qu’on avait, et la santé du troupeau. Ils ont fait des essais comparatifs avec
Tous les stagiaires qui sont passés ici ont nous. Il y avait trois bandes. Nous, on
adopté ce procédé par la suite. Mon avait fait une bande au Bactériosol®,
ancien ouvrier qui s’est installé est aussi un
et la Chambre d’agriculture avait faitadepte du “Bactério”. Il fait du mouton et
son échantillon. On est toujours res-il dit qu’il voit la différence.
sorti devant avec le Bactériosol®. Ils
ont arrêté leurs essais…Carrément !Économiquement c’est plus rentable.
Aujourd’hui il y a de nouvelles personnes àOn est en gros à 150 kilos/hectare et puis
la Chambre. Ça évolue. Maintenant, autourc’est surtout la facilité de travail avec ce
de moi, ils sont une demi-douzaine à tra-procédé. Première quinzaine de sep-
vailler avec la Sobac. Tous ceux qui l’utili-tembre, on va passer le Bactériosol® par-
sent en sont contents. Je n’en ai pas vu untout. C’est une période un peu plus creuse,
seul abandonner en cours de route. on a du temps. Et au printemps on n’a pas “ Après vingt ans, je suis
La deuxième année, tu vois tout de suiteà remettre de l’engrais.
plus que fier de mes l’évolution.
Pour aller dans cette démarche, Il faut résultats. On a retrouvé
Tous les terrains qu’on reprend autour, onquand même avoir dans un coin de la tête
les bombarde au Bactériosol® les deux pre- l’amour, le respect de lal’envie de ne pas polluer. En 90, je sortais
mières années. J’ai une très grande parcel-d’un BTA et j’avais appris tout le contraire. terre, de l’environnement, le que j’ai reprise quand elle était enQuand mon père a commencé à utiliser ce
friche. En plus la première année, c’étaitproduit et que je m’y suis intéressé, j’ai de l’animal aussi. ”
une année sèche. J’ai tout broyé, on a toutessayé d’en parler autour de moi mais ça a
enlevé. J’ai mis du Bactériosol® sur la fricheété très dur. Nous sommes restés dix ans à
au printemps et à l’automne, j’ai remis Je crois que maintenant je suis respectéêtre les seuls à l’utiliser ici. Et on s’est mis
300 kilos de Bactériosol®. Deux ans après, parce qu’on a un beau troupeau, parcebeaucoup de personnes à dos ; elles nous
c’était impressionnant le changement. Les qu’ils voient que nous travaillons bien, quedisaient que c’était de la poudre de perlin-
deux premières années, il faut vraiment ça marche. Lors des portes ouvertes, cer-pinpin, que j’avais des réserves dans le sol
bien le mettre en place. tains ne viennent pas. Quand on se retrou-et que j’allais épuiser ma terre. On me
ve pour les ensilages, je leur dis : « Essayezdisait que mes vaches allaient être en
Fallait oser partir à l’aventure il y a vingt au moins ». Ils bombardent en azote, c’estdéséquilibre, qu’elles allaient manquer de
ans. Mon père avait commencé deux ans de la folie. tout.
avant et nous avions une grande confiance
dans la personne que nous avait amené la Car une bête qui mange un bon fourrage,À la Chambre d’Agriculture, on ne peut pas
SOBAC. Sans cette personne là, je ne sais ça se sent. Et puis, je sais que si un lièvredire qu’ils nous aient aidés. Les coops,
pas si nous serions partis. Il n’y avait aucun mange derrière moi quand j’épands duc’était la même chose. J’étais le premier à
recul à l’époque. Bactériosol®, il ne va pas s’empoisonner.prendre ce produit dans la région, j’ai vrai-
Même chose si j’en mets à proximité d’unment été un précurseur. J’ai tout de suite
Et puis, pendant toute cette période, la ruisseau. Après, c’est avoir le respect deessayé de le faire bien. Quand j’y repense,
SOBAC venait ici trois ou quatre fois par soi-même. Il faut aimer ce qu’on fait pourc’est fou comme le procédé de Marcel
an. Ils venaient voir, ils me posaient des entrer dans cette démarche. Mézy a fait son chemin en vingt ans !
dizaines de questions. Ils regardaient les
bouses, ils venaient voir les animaux. On Vu l’ampleur que prend Bactériosol® et ce
Aujourd’hui, tous ces gens qui se avait fait des essais sur des terrains très qu’en disent les gens quand ils l’utilisent,
caillouteux, c’était phénoménal. Le trifou-foutaient de nous il y a vingt ans, se je me dis que j’ai pris le bon chemin.
let sauvage, les trèfles poussaient partout. posent des questions.
Les gens me disent quand ils viennent : on
Le méteil, on l’a attaqué il y a plus de dix sait pas comment tu fais mais tu as duMême s’il en reste qui n’ont pas évolué du
ans. Le gars qui est venu moissonner, il trèfle partout. En passant en voiture, letout. Depuis, nous avons fait des portes
n’avait jamais vu ça. Si on réussit à monter gars qui est du métier, il voit bien s’il y a deouvertes où les gens ont pu voir que nos
à 22-24% de protéines, on pourra engrais- l’herbe ou pas. Il voit bien que sur ma gran-terres ne s’étaient pas appauvries, bien
ser les génisses qu’avec ça. On pourra sup- de parcelle j’ai ensilé, j’ai fait de l’enruban-au contraire. J’étais fier de montrer mes
primer le peu de matière azotée qu’on nage et là c’est encore bon à manger. Et jerésultats.
ajoute encore. ne suis pas passé avec l’ammonitrate.
Il y avait des gars à la Chambre qui ne fai-
C’est vrai qu’il y a chez nous maintenant Il y a des nouveaux utilisateurs avec noussaient que m’attaquer. Les deux ou trois
un respect de la nature, de la terre qu’on et pour rien au monde ils ne reviendraientpremières années, j’étais jeune, je ne disais
laissera. J’en vois certains qui ont bombar- en arrière. En plus, ce sont des laitiers et ilsrien, j’attendais les résultats. Ils sont partis
dé en chimique et n’ont fait que des voient la différence encore mieux. Quand
à la retraite mais pendant sept-huit ans ils
céréales, ils ont tué leurs terres. Si je n’ai leurs bêtes allaient dans une parcelle quine m’ont pas mené la vie facile. Ils m’inter-
pas été suivi au début, c’est parce que n’était pas Bactériosol®, elles n’avaient pasdisaient de réunions. Ils ne m’aimaient pas
j’étais un gamin. Si ça avait été un type de envie d’y aller. Ils disaient que c’était fla-parce qu’ ils avaient tort et qu’ils ne vou-
40 ou 45 ans, ça aurait pris plus vite. Les grant. Ils sentent quand les bêtes sontlaient pas le reconnaître. Il y a une dizaine
mentalités évoluent quand même. bien.
d’années, ces gens de la Chambre d’agri-
culture ont commencé à vouloir parler de
Il y en a qui commencent déjà à donner Depuis la grosse porte ouverte qu’on a faitcompost, du travail avec les fumiers alors
du foin aux bêtes alors qu’on est début et qui a fait bouger du monde, il y a beau-qu’il y a vingt ans, ils disaient exactement
août. Ce sont pourtant les mêmes sols que coup de jardiniers qui ont essayéle contraire. Je ne les ai pas ratés sur ce
les miens. Moi j’ai de l’herbe haute comme Bactériosol® et ils disent que c’est phéno-
sujet… Je leur ai dit : « Il y a dix ans, tu
ça, du trèfle partout, nous sommes char- ménal. disais que le fumier ne servait à rien et
gés. C’est très rare qu’on ait à donner du
maintenant tu veux en faire du compost ?
foin dans les prés. Là, on va aller jusqu’au
A mon avis, la terre n’a pourtant pas chan-
20 novembre. gé en dix ans… »
7I L S T É M O I G N E N T
Haute
Vienne
“ Pas le droit de laisser
un champ de ruines ”
« Aujourd’hui, nous avons une centaine Lors des premiers essais, j’ai tout de suiteGaec Beylier
d’hectares et mon fils vient de s’installer noté que les bêtes se comportaient mieux
Bernard Beylier 58 ans, avec nous. La première fois que j’ai notamment au niveau des déjections. Le
entendu parler de la Sobac, c’était dans troupeau était dans un meilleur état sani-son frère et son fils un article sur « Entraid », la revue des taire. On a toujours eu des fertilisations rai-
Cuma, qui retraçait l’histoire de l’entre- sonnées. J’ai toujours employé des amen-Cédric 23 ans
prise. J’ai découvert Marcel Mézy et c’est dements. Aujourd’hui, c’est devenu la
à Saint-Yrieix la Perche suite à cet article que j’ai passé un coup mode… La Sobac a vulgarisé l’amende-
de fil. C’est le fils de Marcel Mézy, ment, ce qui n’était pas du tout le cas il y a(Haute-Vienne)
Christophe, qui est passé me voir. C’était trente ans. A l’époque, ce n’était pas du
en 1996. Il nous a expliqué le procédé et tout conseillé par les Chambres d’agricul-
nous avons essayé sur deux-trois par- ture.
150 vaches allaitantes celles. On a isolé un lot de vaches sur
une parcelle où nous avions essayé Quand j’étais petit, mon père a utilisé pen-de race Limousine
Bactériosol®. Dans la foulée on s’est mis dant une douzaine d’années la méthode
au Bactériolit® au niveau des fumiers. d’agriculture biologique Lemaire-Boucher(naisseur-engraisseur)
Nous fertilisons l’ensemble de l’exploita- ( cette méthode utilise le compostage rapi-
116 hectares tion avec nos fumiers traités. de en tas, l’algue calcaire et les légumi-
neuses en culture dérobée ou en assole-
J’ai toujours été proche de la nature et ment). Et moi, j’ai fait quatre ans d’école
j’étais à la recherche d’une formule qui me d’agriculture et en parallèle, dans lesTravaille avec la Sobac
plaise. Dans le passé, j’avais travaillé avec années 67-68, j’ai suivi les cours par corres-
depuis 1996 d’autres sociétés. Ce n’est pas que je pondance d’une école d’agriculture biolo-
n’étais pas content du produit mais je gique d’Angers. Ce n’était pas courant à
n’étais pas d’accord avec l’esprit qui habi- l’époque et dans mon école, ils se ren-
tait ces gens-là. A un moment donné, j’ai daient bien compte que je n’avais pas la
même pris peur avec eux tellement ils s’in- même vision des choses qu’eux.
crustaient. Quand je me suis retiré, ça a été
douloureux mais je n’avais pas d’autres Le fait de travailler nos fumiers existe
solution. C’était dans les années 89-90, je depuis longtemps dans notre famille.
suis resté quatre ans avec eux. Après, il y a Quand je me suis installé, j’ai gardé la base
eu un trou et j’ai fait la démarche avec la des amendements. Nous continuons à
Sobac. mettre un peu d’azote, uniquement sur
8I L S T É M O I G N E N T
céréales. Pour faire pousser de l’herbe et “ Nous sommes aujourd’hui une des exploitations les plus
du maïs, il n’y a pas besoin d’azote.
chargées du département et cela impose le respect.
Travailler avec la Sobac, c’est tout d’abord On arrive à être autonome au niveau du fourrage. un état d’esprit. Le but aujourd’hui c’est
de respecter l’environnement mais c’est Ça parle tout seul. ”
aussi beaucoup plus que ça. Je considère
que la terre ne nous appartient pas. Elle
appartient à nos enfants et nous n’avons l’hectare, quand on voit comment mainte-
pas le droit de laisser un champ de ruines. nant la terre est facile à travailler…
En travaillant comme je le fais, je dévelop- C’est tous les jours qu’on se rend compte
pe un capital fertilité au niveau des terres. des changements.
C’est le premier but. On a l’espoir d’arriver
à faire des choses. Ce n’est pas parce qu’on À un moment, les Chambres d’agriculture
est dans cette démarche depuis quinze ont fait passer en bio les plus mauvais agri-
ans qu’on maîtrise tout définitivement. La culteurs. Je ne sais pas s’ils le faisaient
recherche va encore beaucoup nous aider exprès. Quand on n’est pas bon en conven-
dans les années à venir. tionnel, on ne peut pas être bon en bio.
Et là, on a donné une mauvaise image.
Le fils Cédric intervient : Je me suis installé Par contre, j’en ai connu d’autres qui
il y a un an et demi. Je suis entré dans le étaient au top et ceux-là, personne n’en
Gaec. C’est vrai qu’ici il y a une tradition, parlait.
une pérennisation de l’exploitation qui est
importante. La chose fondamentale, c’est Le fils : Au niveau des Chambres, quand ils
l’autonomie et nous avons encore un gros peuvent nous dénigrer, ils le font.
travail à faire là-dessus. A l’école, j’ai appris
l’agriculture traditionnelle, convention- Le père : Avec moi, ils se modèrent beau-
nelle. Quand je me suis installé j’étais un coup plus.
peu sceptique. Ça remettait en cause
beaucoup de choses que j’avais apprises à Le fils : J’ai fait un interim à la Chambre
l’école. Aujourd’hui je suis convaincu que pour des dossiers PAC. On n’ avait pas du
nous allons dans le bon sens . tout le même point de vue.
Le père : Je suis président de la Cuma. Tout Il faut être prêt à absorber les mesures qui
le monde connaît mes idées et je crois vont être prises. Et ça se prépare de
qu’on se respecte mutuellement. Je refuse longue haleine. Celui qui ne l’aura pas fait
de m’ingérer dans les affaires des autres, aura de gros problèmes. Et donc forcé-
ce n’est pas mon rôle. On me pose des ment sur cet aspect-là, nous sommes en
questions, j’y réponds. Je n’influence per- avance. Le plus gros reproche qu’on nous
sonne et à travers ça, je pense qu’un grand fait c’est celui-là, c’est d’être en avance sur A une époque on labourait
respect s’est installé. Les mentalités évo- notre temps.
du tuf. Jusqu’en 1987-88, luent.
Celui qui aujourd’hui vient faire le métier on ne pouvait pas faire
Nous sommes aujourd’hui une des exploi- d’agriculteur uniquement pour le profit, il
tations les plus chargées du département est nettoyé avant même d’avoir commen- pousser de blé. Aujourd’hui,
et cela impose le respect. On arrive à être cé. Il faut avoir la passion, comprendre la
on fait soixante quintaux autonome au niveau du fourrage. Ça parle nature.
tout seul. à l’hectare.
Ce n’est pas un hasard si on retrouve beau-
La santé animale, c’est le domaine le plus coup de gens passionnés de génétique qui
ardu par rapport aux résultats escomptés, sont dans cette démarche Sobac. Sur terre,
Quand on voit commentparce qu’on emploie encore des produits je veux laisser une bonne impression. Nos
qui ne sont pas bons, on désherbe encore générations maintenant, c’est : on prend maintenant la terre est faci-
parce que c’est sûrement sécurisant et on jette. C’est dramatique ».
quelque part, on a encore beaucoup de le à travailler… C’est tous les
choses à changer au niveau de nos cul-
jours qu’on se rend comptetures. Si du terrain se libère, on mettra en
place des méteils mais c’est vrai qu’actuel- des changements ” .
lement au niveau rotations, on a un souci
de foncier important.
Le fils : On regarde beaucoup plus notre “ Entre ce qu’étaient nos terres terre. A l’école, on m’a appris que la terre
était un support. On restait sur des notions
très vagues. il y a trente ans et
Le père : Entre ce qu’étaient nos terres il y ce qu’elles sont maintenant,
a trente ans et ce qu’elles sont mainte-
nant, il n’y a pas photo. A une époque on il n’y a pas photo.”labourait du tuf. Jusqu’en 1987-88, on ne
pouvait pas faire pousser de blé.
Aujourd’hui, on fait soixante quintaux à
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Haute
Vienne
“ Une question de mentalité ”
(Propos recueillis en 2010)
Guy Boutinaud On a beaucoup moins d’interventions Je me rappelle avoir été à des réunions de
vétérinaires. Notre point faible sur les la Sobac avec des agriculteurs de la régionà Pageas (Haute-Vienne)
moutons, ce sont les poumons et ça a net- qui intervenaient. Il y avait les frères
tement diminué. J’ai toujours eu présent à Seggers, et l’un d’eux racontait comment20 vaches allaitantes
l’esprit le souci de ne pas polluer la Bactériolit® avait sauvé sa ferme. Il mettait
Limousines planète. C’est sûr que par rapport aux des tonnes et des tonnes de lisier de porc
mesures qui vont découler du Grenelle et il n’avait plus d’herbe. Il disait : on mar-350 brebis Texel
de l’Environnement, je suis en avance. chait sur du lisier et on n’avait pas d’herbe.
J’ai déjà un pied à l’étrier. Le mot qu’il avait employé c’était « fulgu-75 hectares SAU
rant » pour parler de l’effet du Bactériolit®.
Travaille avec la Sobac Sur les terres, j’ai le sentiment que
l’herbe démarre un peu plus tôt. Et puis Pourtant, certains restent encore fermés àdepuis sept ans quand on la travaille, elle est moins ce genre de démarche. Le frein au dévelop-
compacte. On a besoin de moins de pement de ce procédé réside dans les« J’ai commencé en 2003. Je suis tombé
passages avec le tracteur. mentalités qui restent figées dans lededans ! J’ai de bons rendements. Je
temps. Il faut prendre le temps de voir évo-maîtrise mieux la culture des céréales
Avant, il fallait chauler, il fallait un engrais luer les choses, retrouver ce bon sensavec cette pratique. Je fais mes prairies à
de fond, un complet, on passait au mini- qu’avaient les anciens.l’automne. J’ai commencé par des essais
mum trois fois alors que là, on ne passe
puis sur toute l’exploitation et il n’est
plus qu’une fois. Avant je dépensais beau- Je fais évidemment mon potager aupas question de faire marche-arrière.
coup d’énergie à savoir à qui j’allais Bactériosol® et c’est une vraie différence
prendre de la chaux, où j’allais prendreAprès les grands froids qu’on avait eus, au niveau du goût. Ça n’a rien à voir. Je sais
mes engrais au meilleur prix. Maintenant,j’aurais dû mettre un petit coup d’azote que nous allons dans le bon sens. Il faut
je n’ai plus qu’à travailler avec la Sobac. Lapour accompagner le démarrage. Il a man- simplement donner du temps au temps.
vie est beaucoup plus simple. Certainsqué le petit coup de fouet. Je ne voudrais
techniciens m’ont déconseillé de faire cepas revenir au chaulage et tout le reste. Je J’ai un lot de moutons dans une prairie, on
que j’ai fait, mais quand même les menta-n’incrimine personne, simplement j’ai des dirait qu’il y a un fil électrique. Ils avancent
lités évoluent. Ils sont bien obligés de seprogrès à faire dans ma connaissance des méthodiquement sans rien laisser derrière.
rendre compte que ça marche.sols. Chaque fois que je paille pour les bre- C’est beau à voir ».
bis, je mets du Bactériolit®. Tous les deux
Les gars, ce qu’ils veulent, c’est que huitjours, j’en mets sur les litières. J’ai beau-
jours après avoir mis de l’azote, ils voientcoup moins de mammites, beaucoup de
leur herbe qui a déjà poussé. Avecproblèmes sanitaires en moins. Moins de
Bactériosol® c’est plus lent, ils ne veulentpraux poumons grâce à une litiè-
pas de ça parce que ce n’est pas dans leursre plus saine. Je mets mon fumier traité sur
habitudes. Avec Bactériolit®, on n’a plus deles prairies au printemps, rien de plus, et il
problèmes d’odeurs. y a de l’herbe.
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