Théâtre de la manufacture / 10 rue Baron Louis, BP 63349 54014 ...

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  • cours - matière potentielle : léopold
Théâtre de la manufacture / 10 rue Baron Louis, BP 63349 54014 Nancy Cedex / 03 83 37 12 99 Direction Michel Didym Communication - Presse Emmanuelle Duchesne r
  • câble tendu
  • péripéties de l'homme face au monde confrontant la poésie brute
  • intro de ziggy stardust
  • partenariat avec face
  • p41 ¶
  • amplification du câble et de l'agrès
  • dj odm
  • rencontres
  • rencontre
  • théâtre
  • théâtres
Publié le : mercredi 28 mars 2012
Lecture(s) : 58
Source : ring-saintnicolas.com
Nombre de pages : 43
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Direction Michel Didym
direction@theatre-manufacture.fr
Communication - Presse Emmanuelle Duchesne
e.duchesne@theatre-manufacture.fr r
Théâtre de la manufacture / 10 rue Baron Louis, BP 63349 54014 Nancy Cedex
www.ring-saintnicolas.com / 03 83 37 12 99À Nancy, RING inaugure une nouvelle aventure avec l’ambition de créer
un rendez-vous international du théâtre musical au cœur de la Lorraine.
À cette période très symbolique de la St Nicolas, dans l’Est, nous voulons créer
autour de ce temps fort les bases d’un événement que nous rêvons extraordinaire
et venant ébranler la normalité de notre quotidien.
En faisant appel à des artistes européens et bientôt du monde entier, nous
caressons l’idée de rassembler de nouveaux publics avec une ouverture culturelle
dense et résolument « rock », « jazz », voire « techno » pour certains et ce, dans
un esprit de partage et de mélange entre générations, publics et artistes qui sera
notre moteur tout au long de ces rencontres internationales.
De ce frottement entre artistes de tout bord, nous aspirons à enrichir nos univers
respectifs. Ouverture, curiosité, innovation, création sont quelques-uns des mots
clés de ce Nancy Ring Théâtre qui nous permettra de découvrir des formes et des
esthétiques nouvelles.
Michel Didym
2RING - 23 novembre > 6 décembre 2011 Sommaire
FunambuS ..........................................................................................p5
et puiS j’ai demandé à ChriS tian
de jouer l’intro de Ziggy StarduS t ........................................p7
j’avaiS un beau ballon rouge .................................................p10
Carte blanChe à la S.o.u.p .e Cie ..............................................p12
poStuganda ...................................................................................p14
bonjour maChine .........................................................................p15
Capital ConFianCe .......................................................................p16
une Coquillette danS le ga SpaCho ......................................p18
high doll S ......................................................................................p19
jéruSalem plomb durCi ............................................................p21
antigone ..........................................................................................p23
Série b - titre noir et proviSoire .......................................p26
andromaque .................................................................................p29
indigenCe = éléganCe .................................................................p31
alexiS - une tragédie greCque ..............................................p32
WatCh me F all - la Caution - SoCalled ...............................p34
&&&&& & &&& p35
the magiC Flute ............................................................................p37
22h13 (Ce titre eS t SuSCeptible d’être modiFié d’une minute à l’autre) ........p38
Sound preSSure / the eleCtrix .............................................p41
3RING - 23 novembre > 6 décembre 2011 Calendrier
merCredi 23 novembre merCredi 30 novembre
19h Ouverture, Funambus / cours Léopold Gratuit 19h Antigone / Manufacture
20h30..Et puis j’ai demandé à Christian de jouer 20h45 Sound Pressure + DJ Tess Wassila /
l’intro de Ziggy Stardust / Manufacture + rencontre Manufacture, La Fabrique
22h DJ Samy Boy / Manufacture 20h30 Série B + rencontre /
Vandoeuvre-lès-Nancy, CCAM (bus)
jeudi 24 novembre 21h Andromaque / Maxéville, Le T.O.T.E.M
19h ..Et puis j’ai demandé à Christian de jouer
l’intro de Ziggy Stardust /Manufacture jeudi 1er déCembre
21h J’avais un beau ballon rouge / Manufacture 19h Série B / Vandoeuvre-lès-Nancy, CCAM (bus)
+ rencontre 21h Andromaque + DJ Etienne C. /Maxéville,
22h The Electrix / Manufacture,La Fabrique Le T.O.T.E.M (bus)
vendredi 25 novembre vendredi 2 déCembre
19h Body Building / Manufacture 19h Indigence = élégance / Manufacture,
19h45, 20h30, 21h15 Sous le jupon / Manufacture La Fabrique
20h, 20h50 Orphée manipulation / Manufacture 20h30 Alexis + rencontre puis DJ ICS / Manufacture
21h45 Au plaisir d’offrir / PostUganda /
Manufacture, La Fabrique Samedi 3 déCembre
minuit On vous passera des disques /Manufacture 18h Alexis / Manufacture
21h Watch me fall, La Caution,Socalled /
Samedi 26 novembre L’Autre Canal (bus)
18h30 Bonjour Machine / Manufacture
20h30 Capital Confiance + rencontre /Manufacture dimanChe 4 déCembre
22h PostUganda / DJ Pinky Bloody Mary / 14h Départ de Nancy &&&&& & &&& /Metz,
Manufacture, La Fabrique Centre Pompidou (bus)
dimanChe 27 novembre lundi 5 déCembre
11h, 14h30 Une coquillette dans le Gaspacho / 20h30 The Magic flute + rencontre /Manufacture
12h Brunch / Manufacture mardi 6 déCembre
15h30 Capital Confiance / Manufacture 19h The Magic flute / Manufacture
20h30 22h13 / Ensemble Poirel
lundi 28 novembre 22h Clôture du festival, DJ ODM /Manufacture
14h30 High Dolls (scolaire) / Les Écraignes,
Villers-lès-Nancy
20h30 Jérusalem plomb durci /Conservatoire
mardi 29 novembre
19h High Dolls / Les Écraignes, Villers-lès-Nancy,
(bus)
20h30 Antigone + rencontre /Manufacture
4RING - 23 novembre > 6 décembre 2011 Mercredi 23 Novembre 2011 - 19h
Festival RING - Cours Léopold, Nancy GRATUIT
FunambuS
Ouverture du Festival RING
Production Écriture,trajectoire,scénographie,fildefériste,funambule ...........Chloé Moura
UNDERCLOUDS CIE .....................................................................................................et Mathieu Hibon
Musique, performeur, acting: .................................................................. Phil Von
Durée 50 minutesVidéo, son du câble, machiniste, acting : ................................... William Nurdin
Chauffeur, régisseur son, lumière, machiniste, acting ......... Thomas Ménoret
Coach fil, regard extérieur mise en scène: .....................................Diane Vaicle
Street coach, regard extérieur: ......................................................Didier Manuel
Funambus : (fynâbys) n.m. Du lat. funambulus, dérivé de funis (corde) du verbe ambulare (se
promener) et du mot bus (désigne une architecture de réseau selon laquelle toutes les machines
partagent un fl unique.)
1.Véhicule de transport peu commun. 2.Engin motorisé spécialisé dans le transport d’acrobates
équilibristes. Il permet le repos des funambules migrateurs lors des grandes transhumances
de rue. Exp : « Etre beau comme un funambus » cad, en avoir sous la carrosserie malgré les
apparences.
Avant-propos:
Un funambule (Mathieu Hibon) et une fldefériste (Chloé Moura) se croisent sur un fl. Ils
tombent sur un vieux bus Saviem S53M de 1977 : 8,860 tonnes à vide, 15,250 tonnes en charge
maximale, 650 000 kilomètres au compteur, 19 cheveaux et une carrosserie non spécifée.
La première étape sera de lui greffer un câble de marche à 5 m du sol sur le toit. Le vieux bus
Saviem devient alors Funambus :
Fabrique d’Utopie Nomade et Artistique Métamorphosée en Bus à Usage Spectaculaire
Le Funambus répond à ce fantasme de pouvoir marcher sur un câble tendu au-dessus d’un
bus alors que celui-ci roule.
Cet agrès-machine permet de dépasser les contraintes d’installation liées à la pratique du
funambulisme et invente une nouvelle performance artistique.
Heureux de détourner les codes, ils font alors le pari de l’autonomie et de la mobilité.
L’objectif étant de pouvoir jouer partout où le bus pourra les emmener. Ils embarquent
d’autres passagers (musicien, vidéaste, chauffeur-technicien) pour un voyage en dehors des
sentiers battus.
Après avoir fèrement œuvré en tant que bus de ramassage scolaire puis de cabaret itinérant,
le bus repart pour un tour.
Propos:
C’est dans une ambiance inspirée des bandes dessinées de Fred ou du cinéma d’Andreï
Tarkovski et de Roy Anderson que le « Funambus » évolue.
Le fl est un agrès fragile et en tension, à la fois aérien et terrien, contradictoire par na- ture,
et ce sont les étincelles créées au con- tact de ces éléments qui nous intéressent.
5RING - 23 novembre > 6 décembre 2011 Partir de la technique de cirque et de ce qu’elle raconte, pour la transposer à la vie, à l’humain
avec ses troubles, ses rêves, ses folies, ses amours et ses incohérences.
Le « Funambus » devient une mythologie des temps présents où chacun est libre de s’approprier
et d’interpréter les images proposées.
Dans une succession de tableaux , on raconte les péripéties de l’homme face au monde
confrontant la poésie brute et l’onirisme.
Le fl:
Inhérent mais pas surligné, le cirque est là. On retrouve le cercle primitif de l’attroupement
autour de l’évènement.
Clin d’oeil au domptage, on détourne la prouesse du fl en oubliant presque l’agrès et l’on part
avec une performance périlleuse sans que rien ne soit appuyé ni présenté en tant que tel. Le
tout au service non pas d’une écriture narrative dramaturgique cohé- rente mais plus comme
médium à la création d’images incongrues, improbables.
La prouesse se situe dans la tension poé- tique créée par la présence singulière de deux êtres en
équilibre sur le fl, métaphore du cheminement de la vie.
Les équilibristes, à la fois héros et simples humains, sont dans une position critique, au bord de
l’abîme; et si proche de l’envol. Cette situation met en relief toute l’ambivalence de l’homme.
La musique:
Ni narrative, ni illustrative, la musique du spectacle évoque la voix amplifée du personnage du «
Bus »... ses respirations, ses songes ou ses visions.
Elle a été imaginée comme une partition flmique contemporaine, qui emprunte des modes
de composi- tions électroniques, laissant libre cours à des interventions chantées ou électro-
acoustiques (amplifcation du câble et de l’agrès).
Les plages sonores sont jouées en direct depuis l’intérieur même du bus, générées par le
musicien- acteur qui est relié visuellement aux actions des funambules par un retour caméra.
Les projections:
La conscience cinématographique est inhérente au projet par ses inspirations, et sa forme. Le
médium vidéo permet de brouiller les frontières entre fction et réalité, de créer le trouble.
D’abord pensé comme un long travelling, le spectacle est rythmé par la mise en focus en
utilisant diffé- rents procédés empruntés à la conception et le montage d’un flm. (focus,
plan séquence, ellipse, fash back, montage à l’envers, inclusion d’autres éléments, images
subliminales...)
Attention particulière à la construction picturale (perspective, ligne de fuite, mise en lumière)
Les images projetées sont un mélange de séquences tournées et d’éléments rapportés. Les
sources diverses et variées sont à la fois là pour appuyer, mettre en exergue ou en abîme
certaines scènes, pour donner un focus, montrer un autre point de vue (caméra subjective) ou
pour donner à voir un autre niveau de lecture.
Les manipulations à vue:
On décide de tout montrer, ou plutôt de laisser la possibilité de tout voir. 360 degrès, pas de
triche, pas de coulisse, pas de souffeur... L’utilisation de trucages et d’artifces de spectacle est
recyclée et détournée. La magie des effets reste entière et même si on voit ce qui va se passer, les
émotions restent intactes.
6RING - 23 novembre > 6 décembre 2011 Mercredi 23 Novembre 2011 - 20h30
Jeudi 24 Novembre 2011 - 19h
Festival RING - Théâtre de la Manufacture
...et puiS j’ai demandé
à ChriS tian de jouer
l’intro de Ziggy StarduS t
A glam Project / Renaud Cojo / Ouvre le chien
Dès 15 ans
Production Conception, Mise en scène, Images, Interprétation ..................... Renaud Cojo
Carré des Jalles / Ouvre le Chien / « Hybrides » CDN MontpellierAvec .................Romain Finart. Eliott Manceau. Un(e) Invité(e) en Alternance.
/ OARA / IDDAC / Isolar / The Beckenham Arts LAbMontage Images ...................................................... Benoit Arène. Renaud Cojo
Son ..............................................................................................Sylvain Dumoulin
Avec L’aide de : Festival Garden Nef Party (Angoulême)Lumières ............................ Éric Blosse. Véronique Bridier. Emmanuel Bassibé
Costume .........................................................................................Odile Béranger
Durée 1h20Construction .................................................................... Jean-François Huchet
Régie Générale ....................................................................... Emmanuel Bassibé
Diffusion / Production .......................................................... Florence Bourgeon
Administration ..........................................................................Thierry Rousseau
Comptabilité ...................................................................................... Anne Dulucq
A Glam Project...
Ziggy Stardust est né le 3 février 1972, à Lancaster, sur scène.
Il est mort le 3 juillet 1973, sur scène à nouveau, au Hammersmith Odeon de Londres.
Pendant son éphémère et fulgurante existence, il créé un album avec les Araignées de Mars,
et donne de centaines de concerts sur la planète entière, alors que sa phobie ne lui permettait
pas de prendre l’avion, lui, créature de l’espace.
Une Rock’n’Roll Star, un monument excentrique frisant la folie à chaque instant, un avatar
maquillé, à qui l’Ailleurs est vital. Un être venu de Mars : l’Espace comme une possibilité,
un terrain d’aventure et d’expression où l’étrange devient réel, où l’impossible existe telle
l’invention de soi.
...by Renaud Cojo
De cette forme «transgenre», dont la fgure de Ziggy Stardust (alter ego créé par David Bowie
en 1972) est l’axe, Renaud Cojo propose une réfexion sur le geste artistique, le dédoublement
de la personnalité et la résonance que met en mouvement l’acte de création dans la sphère de
l’intime.
Au centre du plateau parsemé de moniteurs vidéos, la cabine téléphonique de l’album «The
Rise And Fall of Ziggy Stardust And The Spiders From Mars» est le pivot central de cette
performance.
Au fl des rencontres et des situations que l’artiste a provoquées, (y compris une séance de
psychanalyse), un casting improbable s’est mis en place autour de son double - personnage :
Romain, stagiaire perspicace, Elliot, fan de David Bowie rencontré sur Youtube, quelques
invités mystères...
La fascination fascinée tel est le ressort qui témoigne de cette entreprise artistique.
>> R encontre avec l’équipe me 23 nov après le spectacle
suivi de DJ Samy Boy Soul, glam rock, electro 80’s
7RING - 23 novembre > 6 décembre 2011 La Possibilité d’un « Il ».
Qu’ils se choisissent comme nom, Clatty Brown, Guitarad, Eliminazi, ou Eddie The Kook,
dont ils sont plus de 300 à avoir « posté » leur reprise personnelle sur le site communautaire
Youtube, le mythe Ziggy Stardust n’en fnit pas de subir la réappropriation d’un temps
toujours plus élastique.
Ziggy est l’autre parti d’un « moi » interstellaire, satellisé à jamais dans la mémoire d’un
possible. Il sufft par exemple de jeter un oeil sur la conviction investie de Harvest Moon
(http://fr.youtube.com/watch?v=KoK0CfpAQbg), dont on ne connaîtra rien à l’avance du
drame qui se joue dans cette salle à manger pourvue d’une vitrine renfermant les mystères
d’une collection de verre en cristal, pour deviner dans cette transfguration, une échappée en
solitaire vers des galaxies meilleures.
Le phénomène fascine. Non pas l’objet de fascination comme étude empirique de « l’être à
part » inventé par la création de David Bowie, mais le rapport au fascinant, la fascination
fascinée. De ce probable Illinois où il exerce en secret seul face à sa caméra numérique,
témoin complice d’une évasion offerte à cette fenêtre ouverte sur la globalité du monde,
Harvest Moon donne à voir l’autre partie d’un lui-même inaccompli.
Dans une autre vie, il aurait été, lui aussi une « Rock’N’Roll Star ». Pour le moment, c’est un
agent comptable qui nous fait croire à la possibilité d’un « Il », une identité neuve. .. Sur le
plateau, c’est Eliott « Stardust » que j’ai choisi d’inviter, convaincu par sa reprise investie de
Rock’n’Roll Suicide sur Dailymotion.
L’expérience du metteur en scène de théâtre à ce moment de son histoire, assiste
à cet autre interprétant l’Autre. Ce « moi » metteur en scène se reconnaît précisément là, dans
l’impossibilité de son ubiquité. Ziggy Stardust l’aura mené sur les champs de son expérience.
Tout son travail de théâtre aura versé vers le trou noir dans lequel Ziggy aura montré la
lumière. Une étoile suspendue comme d’autres portent des éléphants à leur cou.
À un moment où les doutes d’un théâtre à inventer pérennisent une certaine angoisse du
temps fgé, il était temps non pas de lui rendre hommage, mais de le retrouver avec ce « nous »
réunifé. Tous ceux qui à travers leurs vies dissoutes auront permis à Ziggy de se cacher, les
« posteurs » de Youtube, les collectionneurs « fous », les arpenteurs infatigables de Heddon
Street, les « lad in sane »...
Enfn le souvenir de cette répétition sur Elephant People où justement puisqu’il s’agissait de
répéter, je me trouvais dans l’impasse de l’instant qui s’échappait parce que trop renouvelé,
incapable d’être à la luminescence du présent... Et puis, j’ai demandé à Christian de jouer
l’intro de Ziggy Stardust.
Renaud Cojo, fn mai 2008.
Si vous êtes fan ou curieux de David Bowie mais tout autant de psychanalyse, de
schizophrénie, de tout processus de « work in progress », si vous aimez le théâtre qui ne
ressemble à rien et qui se fabrique à vue et en vidéo, si vous aimez les leurres, les perruques,
le faux autant que le vrai, alors allez voir Et puis j’ai demandé à Christian de jouer l’intro de
Ziggy Stardust.
Jean-Pierre Thibaudat, Rue 89
8RING - 23 novembre > 6 décembre 2011 Et puis j’ai demandé..., c’est une variation débridée sur l’artiste et son double, une somme
de rencontres, un jaillissement d’idées, une toile d’araignée tissée au gré de l’inspiration,
un patchwork dingue autour d’une fgure centrale : Ziggy Stardust, créature androgyne
longiligne férue de dope et de sexe. Inventé et incarné par David Bowie en 1973, maquillage
outrancier et tignasse rousse, Ziggy débarqua sur Terre pour adresser à une humanité
condamnée un message de paix. Ici, des vidéos d’amateurs qui entonnent les airs cultes
de l’idole ; là, un entretien flmé en caméra cachée par Cojo en consultation chez un psy
pour dédoublement de la personnalité ; encore, la lecture de textes sur la schizophrénie des
artistes ou une balade flmée nostalgique et drôle sur les lieux cultes de l’épopée Ziggy : le
studio d’enregistrement Trident, l’Hammersmith Odeon, salle de concerts londonienne où
Bowie suicida son alter ego éponyme.
Sur le plateau, savant bric-à-brac, une cabine téléphonique rouge, réplique de celle qui fgure
sur la pochette de l’album, des canapés très kitsch, une table de travail et une foule d’écrans
qui dévoilent le projet. Avec ses compagnons de folie, tous coiffés comme lui de perruques
ziggyesques, Cojo va, vient, court, chante, flme, perché sur des platform shoes insensées,
s’amuse à se - et à nous - perdre avant de retrouver son chemin. Embarqués avec un vrai
plaisir dans ce délire savamment orchestré, on se surprendrait presque à attendre, avec son
créateur, l’appel de Bowie pendant le spectacle !
Nedjma Van Egmond Le Point le 11/06/2010
9RING - 23 novembre > 6 décembre 2011 Jeudi 24 Novembre 2011 - 21h
Festival RING - Théâtre de la Manufacture
j’avaiS un beau
ballon rouge
Avevo un bel ballone rosso de Angela Dematté (Italie)
Mise en espace avec ..........................Romane Bohringer et Richard Bohringer En partenariat avec Face à face
Musique ............................................................................ Vassia Zagar (guitare) Paroles d’Italie pour les scènes de France
Le texte de Angela Demattè a été traduit
avec le soutien de la Maison Antoine Vitez,
centre international de la traduction théâtrale
Depuis son enfance jusqu’à sa mort, c’est la trajectoire fulgurante de la vie de Margherita
Cagol, alias Mara, épouse de Renato Curcio, fondateur et idéologue des Brigades Rouges,
que reparcourt l’auteure. Margherita est une enfant qui grandit et développe sa conscience
politique pendant ses études à la faculté de sociologie de Trente, où elle rencontre Renato
Curcio. Le couple part à Milan, fonde la lutte armée, effectue les premiers enlèvements, mais,
le 6 juin 1975, Mara est tuée au cours d’un affrontement avec les forces de l’ordre.
Interlocuteur omniprésent de Margherita - dans la pièce d’Angela Dematté - son Père.
Et, à partir de leurs échanges, deux visions du monde entrent en collision : le bon sens
commun, « petit bourgeois », du Père et la vision idéologique, intransigeante, de Mara.
Pour évoquer la vie et la mort de Mara Cagol, Angela Dematté s’appuie, en outre, sur des
lettres de Mara à sa mère, des communiqués (successifs) des Brigades Rouges, des extraits
de journaux, photographiant ainsi un moment particulier de l’histoire italienne : la naissance
des Brigades Rouges, le passage à la lutte armée jusqu’à la disparition tragique de Mara.
L’auteure oppose le quotidien à l’exceptionnel car elle choisit – et c’est là le plus intéressant – le
point de vue de l’intime : au centre, la relation entre le Père et la Fille, dans laquelle la raison
« concrète » du père, celle des affects, particulièrement touchante, déteint sur les raisons
quelque peu abstraites et suicidaires de Mara. À travers leurs dialogues, Angela Demattè
raconte non seulement l’histoire d’une des fondatrices des Brigades Rouges mais elle
explore également le rapport concret entre un père et sa flle, fait de silences, de non-dits et
d’incompréhensions. Pour cela, elle a recours au dialecte de Trente, froid et poignant à la fois,
jusqu’au moment de la rupture fnale entre Margherita et son père, marquée par un retour à
l’italien exprimant l’aberration du langage idéologique.
La pièce est un témoignage fdèle de cette période de l’histoire : outre sa valeur documentaire
certaine, elle laisse la parole aux « communiqués » de Mara et de son groupe, thématisant ainsi
leur aveuglement et leur isolement, face à l’incompréhension de ce Père qui ne lâche jamais
prise dans sa tentative, sans cesse réitérée, de ramener sa flle aux raisons de la vie et de sa
propre humanité.
>> S uivi d’une rencontre avec l’auteur
10RING - 23 novembre > 6 décembre 2011

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