TITE LIVE Histoire romaine V

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TITE-LIVE, Histoire romaine, V, 35-36 L'invasion Gauloise de 391-390 (XXXV) (1) Alia subinde manus Cenomanorum Etitouio duce uestigia priorum secuta eodem saltu fauente Belloueso cum transcendisset Alpes, ubi nunc Brixia ac Verona urbes sunt locos tenuere. Libui considunt (2) post hos Salluuiique, prope antiquam gentem Laeuos Ligures incolentes circa Ticinum amnem. Poeninum deinde Boii Lingonesque transgressi cum iam inter Padum atque Alpes omnia tenerentur, Pado ratibus traiecto non Etruscos modo sed etiam Vmbros agro pellunt; intra Appenninum tamen sese tenuere. (3) Tum Senones, recentissimi aduenarum, ab Vtente flumine usque ad Aesim fines habuere. Hanc gentem Clusium Romamque inde uenisse comperio: id parum certum est, solamne an ab omnibus Cisalpinorum Gallorum populis adiutam. (4) Clusini nouo bello exterriti, cum multitudinem, cum formas hominum inuisitatas cernerent et genus armorum, audirentque saepe ab iis cis Padum ultraque legiones Etruscorum fusas, quamquam aduersus Romanos nullum eis ius societatis amicitiaeue erat, nisi quod Veientes consanguineos aduersus populum Romanum non defendissent, legatos Romam qui auxilium ab senatu peterent misere. (5) De auxilio nihil impetratum; legati tres M- Fabi Ambusti filii missi, qui senatus populique Romani nomine agerent cum Gallis ne a quibus nullam iniuriam accepissent socios populi Romani atque amicos oppugnarent.

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Publié le : lundi 18 juin 2012
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TITE-LIVE,
Histoire romaine
, V, 35-36
L’invasion Gauloise de 391-390
(XXXV)
(1)
Alia
subinde
manus
Cenomanorum
Etitouio
duce
uestigia
priorum
secuta
eodem
saltu
fauente
Belloueso cum transcendisset Alpes, ubi
nunc Brixia ac Verona urbes sunt locos
tenuere. Libui considunt (2) post hos
Salluuiique,
prope
antiquam
gentem
Laeuos Ligures incolentes circa Ticinum
amnem.
Poeninum
deinde
Boii
Lingonesque transgressi cum iam inter
Padum atque Alpes omnia tenerentur,
Pado ratibus traiecto non Etruscos modo
sed etiam Vmbros agro pellunt; intra
Appenninum tamen sese tenuere. (3) Tum
Senones,
recentissimi
aduenarum,
ab
Vtente flumine usque ad Aesim fines
habuere. Hanc gentem Clusium Romamque
inde uenisse comperio: id parum certum
est, solamne an ab omnibus Cisalpinorum
Gallorum populis adiutam. (4) Clusini nouo
bello exterriti, cum multitudinem, cum
formas hominum inuisitatas cernerent et
genus armorum, audirentque saepe ab iis
cis Padum ultraque legiones Etruscorum
fusas,
quamquam
aduersus
Romanos
nullum eis ius societatis amicitiaeue erat,
nisi
quod
Veientes
consanguineos
aduersus
populum
Romanum
non
defendissent, legatos Romam qui auxilium
ab senatu peterent misere. (5) De auxilio
nihil impetratum; legati tres M- Fabi
Ambusti filii missi, qui senatus populique
Romani nomine agerent cum Gallis ne a
quibus nullam iniuriam accepissent socios
populi Romani atque amicos oppugnarent.
35 - (1) Bientôt, suivant les traces de ces
premiers Gaulois, une troupe de Cénomans,
sous la conduite d'Étitovius, passe les Alpes
par le même défilé, avec l'aide de Bellovèse,
et vient s'établir aux lieux alors occupés
par les Libuens, et où sont maintenant les
villes de Brixia et de Vérone. (2) Après eux,
les Salluviens se répandent le long du
Tessin, près de l'antique peuplade des Lèves
Ligures. Ensuite, par les Alpes Pennines.
arrivent les Boies et les Lingons, qui,
trouvant tout le pays occupé entre le Pô et
les Alpes, traversent le Pô sur des radeaux,
et chassent de leur territoire les Étrusques
et les Ombriens : toutefois, ils ne passèrent
point l'Apennin. (3) Enfin, les Sénons, qui
vinrent en dernier, prirent possession de la
contrée qui est située entre le fleuve Utens
et l'Aesis. Je trouve dans l'histoire que ce
fut cette nation qui vint à Clusium et
ensuite à Rome; mais on ignore si elle vint
seule ou soutenue par tous les peuples de la
Gaule
Cisalpine.
(4)
Tout,
dans
cette
nouvelle guerre, épouvanta les Clusiens; et
la multitude de ces hommes, et leur stature
gigantesque, et la forme de leurs armes, et
ce
qu'ils
avaient
ouï
dire
de
leurs
nombreuses victoires, en deçà et au-delà du
Pô, sur les légions étrusques : aussi,
quoiqu'ils n'eussent d'autre titre d'alliance
ou d'amitié auprès de la république, que
leur refus de défendre contre les Romains
les Véiens, leurs frères, ils envoyèrent des
députés à Rome pour demander du secours
au sénat. (5) Ce secours ne leur fut point
accordé; mais trois députés, tous trois fils
de Marcus Fabius Ambustus, furent chargés
d'aller, au nom du sénat et du peuple
romain,
inviter
les
Gaulois
à
ne
pas
attaquer une nation dont ils n'avaient reçu
aucune injure, et d'ailleurs alliée du peuple
romain et son amie. (6) Les Romains, au
besoin, les protégeront aussi de leurs
armes; mais ils trouvent sage de n'avoir
recours à ce moyen que le plus tard
possible, et pour faire connaissance avec les
(6) Romanis eos bello quoque si res cogat
tuendos esse; sed melius uisum bellum
ipsum amoueri si posset, et Gallos nouam
gentem pace potius cognosci quam armis.
Gaulois, nouveau peuple, mieux vaut la paix
que la guerre.
(XXXVI) (1) Mitis legatio, ni praeferoces
legatos Gallisque magis quam Romanis
similes
habuisset.
Quibus
postquam
mandata ediderunt in concilio (Gallorum)
datur responsum, (2) etsi nouum nomen
audiant Romanorum, tamen credere uiros
fortes esse quorum auxilium a Clusinis in
re trepida sit imploratum; (3) et quoniam
legatione aduersus se maluerint quam
armis tueri socios, ne se quidem pacem
quam illi adferant aspernari, si Gallis
egentibus agro, quem latius possideant
quam
colant
Clusini,
partem
finium
concedant; aliter pacem impetrari non
posse. (4) Et responsum coram Romanis
accipere uelle et si negetur ager, coram
iisdem Romanis dimicaturos, ut nuntiare
domum possent quantum Galli uirtute
ceteros mortales praestarent. (5) Quodnam
id ius esset agrum a possessoribus petere
aut minari arma Romanis quaerentibus et
quid in Etruria rei Gallis esset, cum illi se in
armis ius ferre et omnia fortium uirorum
esse ferociter dicerent, accensis utrimque
animis ad arma discurritur et proelium
conseritur.
(6)
Ibi
iam
urgentibus
Romanam urbem fatis legati contra ius
gentium arma capiunt. Nec id clam esse
potuit cum ante signa Etruscorum tres
nobilissimi
fortissimique
Romanae
iuuentutis pugnarent; tantum eminebat
peregrina uirtus. (7) Quin etiam Q- Fabius,
euectus
extra
aciem
equo,
ducem
Gallorum,
ferociter
in
ipsa
signa
36 - (1) Cette mission était toute pacifique;
mais elle fut confiée à des députés d'un
caractère farouche, et qui étaient plus
Gaulois que Romains. Lorsqu'ils eurent
exposé leur message au conseil des Gaulois,
on leur fit cette réponse :
(2) "Bien qu'on entende pour la première
fois parler des Romains, on les estime
vaillants hommes, puisque les Clusiens,
dans
des
circonstances
critiques,
ont
imploré leur appui; (3) et, puisque ayant à
protéger contre eux leurs alliés, ils ont
mieux aimé avoir recours à une députation
qu'à la voie des armes, on ne repoussera
point la paix qu'ils proposent, si aux
Gaulois,
qui
manquent
de
terres,
les
Clusiens, qui en possèdent plus qu'ils n'en
peuvent cultiver, cèdent une partie de leur
territoire; autrement, la paix ne sera pas
accordée. (4) C'est en présence des Romains
qu'ils veulent qu'on leur réponde : et s'ils
n'obtiennent qu'un refus, c'est en présence
des mêmes Romains qu'ils combattront,
afin que ceux-ci puissent annoncer chez
eux combien les Gaulois surpassent en
bravoure les autres hommes." (5) Les
Romains leur ayant alors demandé "De quel
droit ils venaient exiger le territoire d'un
autre peuple et menacer de la guerre, et ce
qu'ils avaient affaire, eux Gaulois, en
Étrurie;" et les Gaulois ayant répondu
fièrement "Qu'ils portaient leur droit dans
leurs armes, et que tout appartenait aux
hommes
de
courage,"
les
esprits
s'échauffent, on court aux armes et la lutte
s'engage. (6) Alors, les destins contraires
l'emportent sur Rome : les députés, au
mépris du droit des gens, prennent les
armes, et ce combat de trois des plus
vaillants et des plus nobles enfants de
Rome, à la tête des enseignes étrusques, ne
put demeurer secret; ils furent trahis par
l'éclat de leur bravoure étrangère. (7) Bien
plus, Quintus Fabius, qui courait à cheval en
avant de l'armée, alla contre un chef des
Etruscorum
incursantem,
per
latus
transfixum hasta occidit; spoliaque eius
legentem Galli agnouere, perque totam
aciem Romanum legatum esse signum
datum est. (8) Omissa inde in Clusinos ira,
receptui canunt minantes Romanis. Erant
qui extemplo Romam eundum censerent;
uicere seniores, ut legati prius mitterentur
questum iniurias postulatumque ut pro
iure gentium uiolato Fabii dederentur. (9)
Legati
Gallorum
cum
ea
sicut
erant
mandata exposuissent, senatui nec factum
placebat Fabiorum et ius postulare barbari
uidebantur;
sed
ne
id
quod
placebat
decerneretur in tantae nobilitatis uiris
ambitio obstabat. (10) Itaque ne penes
ipsos culpa esset cladis forte Gallico bello
acceptae,
cognitionem
de
postulatis
Gallorum ad populum reiciunt; ubi tanto
plus gratia atque opes ualuere ut quorum
de
poena
agebatur
tribuni
militum
consulari potestate in insequentem annum
crearentur. (11) Quo facto haud secus
quam dignum erat infensi Galli bellum
propalam
minantes
ad
suos
redeunt.
Tribuni militum cum tribus Fabiis creati Q-
Sulpicius Longus Q- Seruilius quartum P-
Cornelius Maluginensis.
Gaulois qui se jetait avec furie sur les
enseignes étrusques, lui perça le flanc de sa
lance et le tua : pendant qu'il le dépouillait,
il fut reconnu par les Gaulois, et signalé sur
toute la ligne comme étant l'envoyé de
Rome.
(8)
On
dépose
alors
tout
ressentiment contre les Clusiens, et l'on
sonne la retraite en menaçant les Romains.
Plusieurs même émirent l'avis de marcher
droit sur Rome; mais les vieillards obtinrent
qu'on enverrait d'abord des députés porter
plainte de cet outrage et demander qu'en
expiation de cette atteinte au droit des
gens, on leur livrât les Fabius. (9) Les
députés gaulois étant arrivés exposèrent
leur message : mais, bien que le sénat
désapprouvât la conduite des Fabius, et
trouvât juste la demande des Barbares, il
n'osait
point
prononcer
contre
les
coupables un arrêt mérité, empêché qu'il
était par la faveur attachée à des hommes
aussi considérables.
(10) Ainsi, pour n'avoir pas à répondre des
malheurs
que
pourrait
entraîner
une
guerre avec les Gaulois, il renvoya au
peuple la connaissance de leur réclamation.
Là, le crédit et les largesses eurent tant
d'influence, que ceux dont on poursuivait
le châtiment furent créés tribuns militaires,
avec puissance de consuls pour l'année
suivante.
(11)
Cela
fait,
les
Gaulois,
justement indignés d'une pareille insulte,
retournèrent au camp, en prononçant tout
haut des menaces de guerre. Avec les trois
Fabius, on créa tribuns des soldats Quintus
Sulpicius Longus, Quintus Servilius pour la
quatrième
fois,
Servius
Cornélius
Maluginensis.
Traduction de Nisard légèrement modifiée (1864)
http://agoraclass.fltr.ucl.ac.be/concordances/Tite-LiveV/lecture/default.htm
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