Unité de recherche : Institut d'Asie Orientale

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volume 1 Bilan Scientifi que Unité de recherche : Institut d'Asie Orientale Unité Mixte de recherche CNRS : UMR 5062 Etablissement de rattachement principal : Ecole Normale Lettres et Sciences Humaines 15 Parvis René Descartes BP 7000 69342 Lyon cedex 07 Etablissements de rattachement secondaire : Université Lumière Lyon 2 Institut d'Etudes Politiques de Lyon 15 septembre 2009 Contrat Quadriennal 2011-2014 vague A Dossier soumis à l'évaluation de l'AERES
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Publié le : mardi 27 mars 2012
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Source : iao.ish-lyon.cnrs.fr
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Contrat Quadriennal 2011-2014 vague A
Dossier soumis à l’évaluation
de l’AERES
volume 1 Bilan Scientifi que
Unité de recherche :
Institut d’Asie Orientale
Unité Mixte de recherche CNRS : UMR 5062
Etablissement de rattachement principal :
Ecole Normale Lettres et Sciences Humaines
15 Parvis René Descartes
BP 7000 69342 Lyon cedex 07
Etablissements de rattachement secondaire :
Université Lumière Lyon 2
Institut d’Etudes Politiques de Lyon
15 septembre 2009SOMMAIRE BILAN SCIENTIFIQUE


INTRODUCTION GENERALE .....................................................................................1

AXE 1 HISTOIRE ET SOCIETE EN ASIE ORIENTALE..........................................3
A. Histoire sociale du monde chinois et indochinois ..............................................3

Projet 1. Les mutations du monde chinois..................................................3
Projet 2. Identités corporelles et politiques : une nouvelle approche des
mutations des sociétés dans la péninsule indochinoise .................5

B. Voir pour savoir : les images animées et inanimées comme objets et
instruments de recherche ....................................................................................6

Projet 1. Virtual Shanghai............................................................................6
Projet 2. Common People and the artists.....................................................7
Projet 3. Supplices chinois...........................................................................8

C. Les enjeux actuels du confucianisme dans les sociétés asiatiques .....................9

AXE 2 RECHERCHE ET INNOVATION, RECOMPOSITION DES ENTREPRISES
ET MOBILITES SOCIALES EN ASIE..............................................................11
A. Politique de recherche et d’innovation : reconstruire la compétitivité...............11

Projet 1. Les clusters industriels en Asie : formes anciennes,
formes nouvelles............................................................................11
Projet 2. La réforme de la propriété intellectuelle : les récents
développements du droit des brevets au Japon..............................14
Projet 3. Institutionnalisation de la « société de connaissance » :
le cas du Japon...............................................................................15
Projet 4. Le développement industriel en Thaïlande : politiques
industrielles, agglomérations.........................................................15

B. L’insécurité du parcours professionnel et la réforme de l’Etat-providence :
transformation des formes d’emploi et la réforme du welfare ...........................16


AXE 3 MUTATIONS URBAINES ET RECOMPOSITIONS REGIONALES EN ASIE
............................................................................................................................18
Thématique A...........................................................................................................19

Projet 1. Stratégies foncières et politique de diversification
des opérateurs ferroviaires privés face au processus
de rétraction urbaine......................................................................19
Projet 2. Titrisation immobilière et nouvelles dynamiques urbaines
au Japon.........................................................................................19
Projet 3. Rôle de l’économie foncière nipponne dans l’émergence
de cycles fonciers/immobiliers en Asie.........................................20 Projet 4. Terre-pleins côtiers et mégaprojets ...............................................20

Thématique B ...........................................................................................................20

Projet 1. Mutation des espaces sacrés à Tokyo sous l’effet
de la pression foncière...................................................................20
Projet 2. Aspects comparés de l’offre d’espaces et de
services funéraires en Asie du Nord-Est .......................................21


AXE 4 REFORME DE l’ETAT, MODERNISATION ET MUTATION DU DROIT ET
DES INSTITUTIONS EN ASIE ORIENTALE ...............................................49
A. Interactions entre droits occidentaux et droits asiatiques dans la
construction de l’Etat-nation ............................................................................49
B. Enjeux politiques et géopolitiques de la « normalisation » constitutionnelle
en Asie Orientale..............................................................................................54


LISTE DES PUBLICATIONS.........................................................................................26

ANNEXES..........................................................................................................................43

ANNEXE 1 Opérations de coopération internationale......................................43
1. Coopérations internationales..........................................................43
2. Organisation de colloques nationaux et internationaux .................47

ANNEXE 2 Bibliothèque et ressources documentaires ....................................48
ANNEXE 3 Liste des enseignements et formation à la recherche ...................52
ANNEXE 4 Séminaire de recherche de l’IAO...................................................54
ANNEXE 5 Diffusion de l’information...............................................................55















BILAN SCIENTIFIQUE
du contrat quadriennal 2007-2010.


INTRODUCTION

L’Institut d’Asie Orientale (IAO) a maintenant seize ans d’existence. C’est à la fois une durée
suffisamment longue pour pouvoir prendre la mesure de son intégration dans le paysage universitaire
français et courte étant donné les besoins immenses de la recherche sur les aires culturelles extra-
européennes. Créé en janvier 1993 dans le cadre de la politique de déconcentration de la recherche
hors Ile-de-France du CNRS, l’IAO a reçu pour mission de s’affirmer comme un pôle structurant de la
recherche sur l’Extrême-Orient contemporain. Cette initiative du CNRS visait alors à pallier le déficit
de la recherche française sur l’Asie orientale contemporaine, notamment à l’Université, sans
commune mesure avec la montée en puissance des sociétés concernées. Dans ce contexte, il
apparaissait nécessaire de renforcer le potentiel de recherche de la France dans ce domaine, dans
une configuration universitaire généralement peu favorable à l’enseignement et à la recherche sur les
pays de l’Asie Orientale.

Situé à sa création au Centre Berthelot, au centre-ville de Lyon, et à deux pas des Universités,
l’Institut a profité de la constitution d’un pôle scientifique dans le quartier de Gerland, au sud de
Lyon, et de l’installation des deux ENS, pour rejoindre, en septembre 2002, l’Ecole Normale
Supérieure Lettres et Sciences Humaines qui constitue désormais son rattachement scientifique
principal.

L’équipe est composée d’une vingtaine de permanents, dont plus de la moitié du CNRS, et
d’enseignants chercheurs des universités Lyon 2 et Lyon 3, de l’IEP de Lyon et de l’ENS LSH.
Toutefois, au cours du quadriennal, le périmètre de l’équipe a quelque peu évolué avec quatre
mobilités à l’étranger, deux départs à Paris suite à des promotions, la démission d’un maître de
conférences de japonais et, l’arrivée de nouveaux chercheurs compensant les départs : Vatthana
èrePholsena, chargée de recherche 1 classe CNRS en janvier 2007, Laurence Roulleau-Berger,
directrice de recherche CNRS en juin 2009 ; en septembre prochain, deux nouveaux apports avec
l’intégration de Laurent Gédéon, maître de conférences de l’Université catholique de Lyon et la
nomination d’un professeur en études chinoises à l’ENS LSH. Par ailleurs, la direction du laboratoire
a changé en automne 2008. Guy Faure, précédemment directeur de l’IRASEC à Bangkok (USR 3142),
a succédé à Eric Seizelet. Ces mouvements entrants et sortants, au cours de la période considérée, ont
naturellement eu des effets sur les activités sans toutefois compromettre le bon déroulement de la
programmation scientifique dans son ensemble. Il convient de noter également que la programmation
scientifique avait fait l’objet d’un recadrage suite à une demande du CNRS, ce qui explique que les
objectifs ont été revus et les axes redéfinis fin 2007. C’est donc sur cette base que nous présenterons
ce rapport d’activités.

L’Institut d’Asie Orientale est inscrit dans un réseau dense de coopérations internationales qui
s’expriment à travers des formes variées d’organisation, des réseaux informels de chercheurs autour
d’une action de recherche commune aux structures formelles de collaboration telles que le LEA avec
Heidelberg, le LIA avec l’Université de Tokyo et le PICS avec l’Université de Pékin. L’implication de
l’institut dans la recherche au plus haut niveau international n’est pas seulement fonction de son
champ naturel d’études. Elle se manifeste précisément par la qualité et la diversité des partenaires,
généralement établissements de référence dans leurs pays respectifs, et par le travail de fond que
traduisent des publications conjointes. L’ancienneté de certaines collaborations souligne l’intérêt
mutuel trouvé dans les projets renouvelés qui ont jalonné ces collaborations. Celles-ci se renouvellent
aussi à la faveur d’initiatives de nouveaux chercheurs, d’accords interinstitutionnels et de rencontres
scientifiques (voir ANNEXE 1).
1Depuis sa création en 1993, l'Institut d’Asie Orientale (IAO) a constitué une bibliothèque de
référence pour ses activités de recherche et pour répondre à la demande grandissante d’informations
sur l’Asie (45.000 monographies, 750 titres de périodiques et plus de 350 cartes). Elle comprend des
fonds en langues chinoise, japonaise, coréenne, vietnamienne, anglaise et française qui couvrent
l'ensemble des sciences sociales contemporaines appliquées à l'Asie orientale (anthropologie,
démographie, droit, économie, ethnologie, géographie, histoire, philosophie, science politique,
sociologie, urbanisme). 67% (2/3) du fonds documentaire est constitué d’ouvrages en langues
asiatiques. Il est alimenté par des dotations publiques, nationales ou régionales, mais aussi par des
dons et des donations (voir ANNEXE 2).

Notre laboratoire est engagé très fortement dans la formation à la recherche, notamment du fait
qu’il gère pédagogiquement trois formations : un DU délivré par l’IEP de Lyon, une spécialité du
diplôme de l’IEP de Lyon, et deux masters recherche, l’un en science politique cohabilité entre l’IEP
de Lyon, l’ENS LSH et Lyon 2 et l’autre en études chinoises avec l’ENS LSH et Lyon 3. Dans le cadre
de cette gestion, les enseignants-chercheurs et les chercheurs du laboratoire enseignent, au sein même
du laboratoire et dans ses locaux, des cours fondamentaux et des cours de méthodologie, et encadrent
des mémoires. Ces cours sont dispensés par la plupart des membres du laboratoire par période ou sur
la totalité du quadriennal : séminaire de recherche de niveau master pour Stéphane Corcuff, Guy
Faure, François Guillemot, Christian Henriot, Yveline Lecler, Vatthana Pholsena, Shi Lu, Kurumi
Sugita, Eric Seizelet ; cours de méthodologie pour Stéphane Corcuff, Laurent Dartigues, Guy Faure,
Béatrice Jaluzot, Yveline Lecler, Eric Seizelet. De même, un très grand nombre de mémoires de
master sont suivis et soutenus chaque année au laboratoire, ainsi qu’un nombre important de thèses,
l’équipe comptant huit membres ayant une HDR (voir ANNEXE 3). La vie scientifique du laboratoire
s’articule également autour d’un séminaire de recherche mensuel, de journées doctorales et de
journées d’études (voir ANNEXE 4).

L’IAO est devenu aujourd’hui un acteur incontournable de la recherche sur l’Asie orientale, tant
sur le plan national qu’international. Des freins à son développement demeurent néanmoins. Ils sont
de nature diverse: (1) Sur le plan du personnel, le manque de création de postes localement (5 en 16
ans) constitue l’obstacle majeur à son développement ; à ceci, il faut ajouter l’absence de
renouvellement de certaines spécialités à la suite de mobilités de chercheurs ; (2) sur le plan de
l’organisation du travail on remarque que la vie scientifique du laboratoire ne fait pas suffisamment
de place au travail collectif et privilégie les projets en réseau ou individuels. Le fonctionnement de la
vie scientifique du laboratoire en direction d’un rééquilibrage du travail en équipe par rapport aux
autres formes d’organisation est en cours ; enfin, (3) le manque d’espaces disponibles pour répondre
aux besoins du fond documentaire pose une hypothèque pour la suite de son développement.

Concernant les orientations stratégiques du laboratoire, leur mise en œuvre est en cours suite
aux changements de personnel et de la direction en 2008. Elles ne devraient donc aboutir qu’à la fin
du quadriennal en 2010. Le nouveau projet scientifique capitalisera sur ces résultats en enrichissant
son contenu stratégique.

2
Axe 1 : HISTOIRE ET SOCIETE EN ASIE ORIENTALE
Responsables : Christian Henriot, Vatthana Pholsena

FOCUS: Il ressort des travaux de l’Axe 1 une contribution significative à l’analyse d’enjeux
essentiels qui ont forgé les configurations politiques et culturelles de l’Asie orientale contemporaine.
On soulignera notamment la problématique de la construction des identités dans la péninsule
indochinoise ou à Taiwan ([OS1], [OS10], [OS12], [OSC21], [OSC29], [OSC63]) et les fermentations
intellectuelles du temps présent à la lumière des assises culturelles du passé en Chine et à Taiwan
([DO7], [OS13], [THE2]).
Au plan méthodologique, on mettra l’accent sur l’investissement décisif dans un double
mouvement d’exploration de documents ‘marginaux’ de l’histoire ([ACL6] [ACL10] [ACL26]
[DO18]) et de développement d’instruments innovants comme les plateformes numériques de
recherche [Supplices chinois, Virtual Shanghai, Common People].
Des rencontres scientifiques essentielles ont ponctué les quatre années d’élaboration de l’axe avec
pour tous une dimension internationale avérée, signe de l’intégration solide de l’équipe dans les grands
réseaux internationaux [« War and Warfare in Images » (2006), « Les identités corporelles au Viêt
Nam » (2007), « Le néoconfucianisme en Chine et dans l’Asie orientale » (2007), « History in
Images » (2007), « La notion de modernité multiple » (2008)]. La production scientifique de l’axe
s’est aussi traduite par la production de cinq thèses et d’un ouvrage par les doctorants qui mettent en
lumière leur implication dans l’activité de recherche du laboratoire.


A. Histoire sociale du monde chinois et indochinois

Jérôme Bourgon, Stéphane Corcuff, Laurent Dartigues, Aglaia De Angeli, Feng Yi, François
Guillemot, He Cheng, Christian Henriot, Agathe Larcher-Goscha, Aurore Merle, Chizuru Namba,
Vatthana Pholsena.

Cette direction de recherche réunit deux ensembles de travaux qui mettent l’accent sur les mutations
sociales et culturelles des sociétés du monde chinois et de la péninsule indochinoise. Elle s’est traduite
à la fois par une activité soutenue de publication, l’organisation d’un colloque international et surtout
une implication et une intégration marquée des doctorants dans les activités de recherche de cet axe.
Leurs travaux ont contribué de façon notable et originale à la connaissance de facettes méconnues de
la Chine et du Viêt Nam.

o Projet 1. Les mutations du monde chinois

Les transformations profondes de la société chinoise ont été examinées dans le temps long à partir
d’études de cas portant principalement sur la société urbaine, une des points d’ancrage de la recherche
à l’IAO. Le travail réalisé sur la criminalité et les femmes à Shanghai sous la République a ainsi mis
en lumière la part modeste des femmes dans l’activité criminelle, le plus souvent liée au vol et à la
contrebande, mais leur exposition majeure comme victimes, soit de violences physiques, soit
d’enlèvements et de trafics (prostitution). Shanghai offrait un terrain favorable en raison de sa
prospérité, la situation juridique emmêlée créée par l’existence de l’extraterritorialité et de juridictions
3autonomes (concessions) au sein de la ville. Un simple déplacement dans la ville pouvait permettre de
se mettre à l’abri de poursuites et de sanctions. Ce ‘trop-plein’ juridique a rendu la position des
femmes, notamment des nouvelles immigrées dans la ville, plus vulnérables. On pourrait au demeurant
tracer un parallèle avec la condition présente des migrantes dans les grandes villes de Chine populaire
qu’étudient les sociologues contemporains.

Dans l’étude menée sur la renaissance de la sociologie en Chine, on a suivi avant tout le regard des
sociologues chinois à la fois sur la société chinoise et sur la pratique sociologique en Chine. Fondée
sur un travail de terrain de cinq années, cette étude souligne l’enracinement solide de la sociologie en
Chine avant 1949 (avec notamment un intérêt marqué pour la condition féminine, la pauvreté urbaine,
le crime). Associée de manière étroite à une conscience politique (modernisation et construction de la
nation), la pratique sociologique s’est très vite trouvée en porte-à-faux avec le nouveau régime. La
sociologie est bannie du monde académique pendant 30 ans après 1954. Toutefois, la conjonction de la
politique des réformes et d’une vision politique plus ouverte des élites dirigeantes remet en selle la
discipline censée apporter avant tout des ‘solutions’ aux grands problèmes sociaux découlant des
réformes. Pris d’abord dans le rôle d’experts entre commande politique et demande sociale, les
sociologues ont navigué progressivement vers une autonomisation de leurs recherches à la faveur
d’événements (crise de 1989) et d’une réflexion critique croissante sur la discipline et ses paradigmes.
La vigueur de cette réflexion, en plein flux, souligne l’originalité de la sociologie chinoise dans le
champ international.

Taiwan constitue une société de culture chinoise marquée par la guerre civile de 1945-49 et le transfert
des autorités nationalistes sur l’île lors de la conquête communiste. Parmi ceux chassés du continent
par le nouveau régime se trouvaient les Jésuites, implantés de longue date, désormais ‘orphelins’ de
Chine. Taiwan est apparu comme la planche de secours, possible tremplin vers un retour ultérieur sur
le continent. De fait, il s’est avéré que la société taiwanaise offrait un terrain de prédilection aux
Jésuites, notamment en raison de la présence de populations déracinées (Continentaux) ou marginales
(Aborigènes). De manière générale, en dépit de résistances liées à la culture locale ou aux réticences
du pouvoir en place, échaudé par le rôle des missionnaires en Chine, les Jésuites ont tracé une voie
calquée sur leurs pratiques anciennes (assistance aux pauvres, création d’écoles, d’universités), mais
aussi plus originale (développement du dessin animé, de la télévision), voire sensible politiquement
(action syndicale). Le travail d’enracinement s’est accompagné d’une démarche de ‘sinisation’ et
d’acculturation de la doctrine chrétienne. Malgré un apport notable au plan de la réflexion doctrinale et
de la langue, le succès des Jésuites à Taiwan se mesure davantage en termes de réalisations sociales,
éducatives et culturelles que religieuses. Après 25 ans de travail évangélique, le bilan modeste met en
lumière la difficulté à convertir une société solidement campée sur ses croyances et ses traditions.

Nos travaux se sont également intéressés également à la population des Continentaux de Taiwan issue
des immigrés chinois de la fin de la guerre civile. Cette recherche a analysé l'évolution de leur
identification nationale, en particulier ceux de la seconde génération (maintenant, en termes d'âge, au
zénith de leur carrière professionnelle), sous la présidence indépendantiste de Chen Shui-bian (2000-
2008) alors que la politique culturelle faisait une place croissante à l'identité taiwanaise. Depuis des
décennies, les Continentaux de Taiwan font l'expérience d'un tropisme taiwanais, mouvement qui
touche jusqu'à des variables aussi fondamentales que l'unification avec la Chine, l'image de la RPC, ou
l'appartenance chinoise de Taiwan. Sans soutien de la part de leurs représentants politiques, qui
maintiennent l'idéologie grand-chinoise coûte que coûte, pour accepter de se reconnaître pleinement
comme Taiwanais, comment ces Continentaux vivent-ils cette période liminale ? Cette recherche a
montré que leur traversée identitaire, entre identité diasporique et créolisation en contexte post-
colonial (chinois), s'est poursuivie sous la présidence indépendantiste de Chen Shui-bian, en dépit d'un
divorce profond entre les Continentaux et le Président Chen. Cette taiwanisation par la crise a
néanmoins subi une inflexion majeure, le passage d'une problématique politique à une problématique
culturelle : alors que sous Lee, la ligne rouge des Continentaux était l'"indépendance de Taiwan",
inavouable, inexprimable, inacceptable, cette dernière était acceptée dans les faits sous Chen, cédant
sa place à une nouvelle ligne rouge, désormais incarnée par la politique culturelle de Chen, qualifiée, à
raison ou à tort, de tentative de désinisation de Taiwan. Ce projet a pu ainsi chiffrer statistiquement
4l'évolution de cette ligne rouge entre 1997 et 2007, respectivement dix et vingt ans après la levée de la
loi martiale et du lancement de la démocratisation à Taiwan.

Publications: [OS13] [DO17] [ACL29] [ACL19] [OSC21] [OSC70] [OSC71] [ASLC26] [ASLC27]
[ASLC28] [ASLC29] [THE2] [THE3] [THE5]

o Projet 2. Identités corporelles et politiques : une nouvelle approche des mutations des
sociétés dans la péninsule indochinoise

Au sein d’une deuxième thématique, les publications et communications relatives à l’histoire politique et
sociale de la péninsule indochinoise de ce quadriennal (2007-2010) se sont focalisées sur la question des
identités corporelles (notamment le sport mais aussi le vécu des corps en guerre) et des identités
politiques et de ses mutations dans le contexte colonial et national (notamment la mise en évidence de la
diversité des nationalismes vietnamiens). En parallèle à ces réalisations, l’accent a aussi été mis sur la
constitution de corpus de matériaux (bibliographie et historiographie, sources, mémoires, supports
d’études, etc.) et d’inventaires de sources et de travaux relatifs à l’histoire politique et sociale de la
péninsule indochinoise.

Dans le cadre du dernier quadriennal (2002-2005), nous avons amorcé un projet de recherche sur la
période coloniale au Viêt Nam axé sur l’histoire du sport vietnamien au XXe siècle. Il proposait une
nouvelle approche méthodologique de la complexité des changements socioculturels nés de et au sein
de l’expérience coloniale. L’introduction depuis la fin du XIXe siècle de nouvelles pratiques
corporelles et sportives au Viêt Nam fut un levier de « modernisation » (scientifique et technique,
culturelle et politique) et d’émancipation (individuelle et collective) offrant ainsi à l’observateur un
champ d’explorations et de réflexions inédit. Les activités sportives, considérablement diversifiées et
intensifiées au Viêt Nam entre les deux guerres mondiales, constituèrent en effet autant de véhicules
par lesquels s’effectuaient la transmission de nouvelles normes et l’approfondissement d’échanges
d’idées multiples (sur les valeurs morales, le rôle de la femme dans la société, les hiérarchies sociales,
la force du nationalisme, les canons esthétiques, etc.). Etudier le développement sportif en situation
coloniale est une façon d’approcher, au quotidien de l’expérience, les mutations intimes de la société
vietnamienne contemporaine.

Par ailleurs, grâce à la mise en place d’une coopération internationale avec des chercheurs travaillant
sur des sujets approchants, nous avons organisé un colloque international sur le thème : « Les
identités corporelles au Viêt Nam d’hier à aujourd’hui : métamorphoses et diversités » (Institut d’Asie
Orientale, ENS-LSH, Lyon, France, 14 et 15 mai 2007). Ce colloque constitua le point fort des
recherches de l’IAO sur la péninsule indochinoise. Les actes devraient être publiés d’ici 2010.
L’ouvrage se propose d’explorer un sujet inédit, encore négligé par les études vietnamiennes, celui du
rapport de l’Homme à son Corps au Viêt Nam. Charnière essentielle entre deux mondes —celui,
biologique de la vie organique, et celui, spirituel de la vie symbolique— le corps est une condition
humaine universelle et plurielle à la fois. Il est une construction autant anatomique que
socioculturelle, et à cause de lui, ou malgré lui, un révélateur d’altérité immédiat. L’histoire
vietnamienne contemporaine justifie pleinement que l’on parle ici de « métamorphoses et diversités »
des identités corporelles. En l’espace d’un siècle en effet, celles-ci ont été profondément marquées par
les influences et les impacts contradictoires du bouddhisme, du confucianisme, du colonialisme, des
trente années de guerre endurées, du socialisme et, plus récemment, de la mondialisation. Comment
les canons esthétiques et moraux, les critères de normalité, les tabous et interdits touchant au corps
ont-ils évolué au Viêt Nam et avec quelle intensité ? Comment ces glissements de référence ont-ils
affecté la vie quotidienne des populations, les rapports homme-femme ou générationnels, les
représentations de soi populaires et nationales ? Quelles sont les ambitions et les limites de l’actuelle
« libération » des corps amorcée depuis les années 1980 et accélérée depuis sous l’effet de la
mondialisation ? Quels regards la société vietnamienne pose-t-elle sur le corps et ses expressions ?
Telles sont quelques-unes des nombreuses questions qui furent posées durant le colloque et dont les
réponses seront reprises et approfondies dans l’ouvrage, en visant à contribuer à une meilleure
compréhension des transformations contemporaines de la société vietnamienne.
5Enfin, la colonisation et les guerres aux XIXe et XXe siècles offraient un champ privilégié pour
étudier l'impact des conflits sur les corps, identités et sociétés du monde chinois et de la péninsule
indochinoise. Une approche dépassant le cadre politique et militaire de la guerre sino-japonaise de
1937-1945 était indispensable pour étudier la ville de Shanghai dans la guerre et la violence civile. La
société civile relativement développée de Shanghai a été littéralement écrasée par la guerre. Nos
travaux se sont particulièrement intéressés au sort des réfugiés durant les ‘épisodes’ de violence qui
ont secoué entre 1927 et 1949 cette ville aux facettes multiples et contradictoires, à la fois « success
story » de la modernisation chinoise, berceau de mouvements révolutionnaires, creuset d’une société
cosmopolite et source du développement économique moderne. La violence coloniale, touchant
principalement le Viêt-Nam, interpelle le chercheur s’intéressant aux notions d’impunité et de cruauté
dans les situations de domination. Nos recherches ont porté sur les processus de violence dans le Viêt-
Nam colonial, symbolique et physique, du mépris (dans les rapports quotidiens entre des colonisateurs
et des colonisés) au massacre (la prise de Hué en 1883). De même, les aspects des guerres civiles,
véritables fractures dans le cas du Viêt-Nam, offraient un champ privilégié pour saisir la réalité des
rapports entre les Vietnamiens eux-mêmes. Outre les grandes questions sur la mise en place de l'Etat,
l'armée et la diplomatie, se posait la nécessité de comprendre la guerre et son impact sur une
génération d'hommes et de femmes, du haut dignitaire de l'armée au simple soldat, de l’aristocrate au
paysan, d’un camp ou de l’autre (RDVN ; RVN). Nos travaux sur les Jeunesses de choc du Viêt Nam,
enrôlés pour servir la guerre, ont ainsi révélé les fractures vietnamiennes endogènes au cours de ce
eXX siècle meurtrier et posé un regard interne sur le conflit, notamment à partir des sources
vietnamiennes. Enfin, l’étude des populations montagnardes sur la fameuse « Piste Ho Chi Minh » a
prolongé cette exploration des expériences humaines très variées et complexes, de chair et de sang, de
violences, de douleurs et de chagrins, mais aussi d'espoirs. L’objectif était, entre autres, de collecter et
de transmettre des récits de vie et trajectoires personnels des derniers témoins des conflits indochinois
sur ces « marges » stratégiques.

Publications : [OS1] [OS10] [OS12] [OSC29] [OSC34] [OSC44] [OSC57] [OSC58] [OSC60]
[OSC63] [OSC94] [ACL1] [ACL2] [ACL4] [ACL8] [ACL16] [ACL17] [ACL19] [ACL30]
[ASCL12] [ASCL13] [ASCL14] [ASCL15] [ASCL16] [ASCL17] [ASCL18] [ASCL19] [ASCL 20]
[THE4]

B. Voir pour savoir : les images animées et inanimées comme objets et instruments de
recherche

Le pari fait en abordant cette thématique de recherche était multiforme. Il s’agissait tout d’abord de
centrer le travail sur l’usage des documents visuels conçus non comme illustrations, mais comme
élément cœur de la recherche historique.Le second pari était technologique puisque le choix de
travailler avec des matériaux de nature très diverse dans leur matérialisation (textes, cartes,
photographie, livres, films, etc.) impliquait d’une part un travail de ‘dématérialisation’ par la
numérisation, seul moyen d’intégrer ces différents éléments et de permettre des ‘parcours’ entre eux.
D’autre part, il y a fallu concevoir les plateformes numériques en ligne susceptibles de répondre au
cahier des charges de nos projets et questionnement respectifs. Enfin, tous ces projets ont été réalisés
par de petites équipes, le plus souvent dispersées géographiquement (en termes de continent), il y a
fallu inventer un mode de travail collaboratif combinant partages d’outils (plateforme) et séminaires
réguliers. Pour deux des projets, les responsables les ont menés en étant respectivement au Japon et
aux Etats-Unis.

o Projet 1. Virtual Shanghai
[Financement : ANR SUST]

On exposera tout d’abord la dimension technologique, non parce qu’elle serait le cœur des projets, qui
restent avant tout guidés par des questionnements d’historiens, mais parce notre démarche est
significative, voire exemplaire, de modalités nouvelles de la recherche. Les projets menés au sein de
cette thématique ont émergé spontanément et séparément, notamment « Supplices chinois » et
« Virtual Shanghai » (qu’avait précédée une plateforme de photos historiques en ligne). Ils se sont
6appuyés sur les ressources et les compétences réunies au sein de l’ISH, notamment le pôle multimédia.
Initialement, chaque projet a développé son propre cahier des charges en fonction des objectifs,
questionnements et modalités de recherche. La multiplication des projets (y compris en dehors de
l’IAO) a conduit à une réflexion sur la génération d’un outil commun qui puisse néanmoins répondre
aux besoins de projets aux finalités différentes. Cette réflexion, menée notamment avec Gerald Foliot,
responsable du Pôle multimédia, a abouti à la création d’un système d’information reconfigurable
(Virtual database) pour l’exploitation, via le web, de corpus multimédia (textes, images, vidéos, cartes,
etc.). Cette plateforme unique porte des projets très différents tout en maintenant leur caractère unique.

Le projet « Shanghai Urban Space in Time », retenu en 2005 par l’ANR, s’est traduit par la mise en
place d’une plateforme qui réunit des textes (articles), des documents originaux (ressources), des
photographies (4000) et des cartes (400). On y a développé aussi des outils spécifiques comme iSlide
pour la création de ‘récits visuels’ et surtout l’interface Web de la base SIG. Celle-ci incorpore une
soixantaine de cartes historiques géoréférencées, quatre atlas géoréférencés (détail jusqu’au niveau des
bâtiments individuels), plus de 4000 adresses, le tracé vectoriel de toutes les rues, canaux, espaces
verts, soutenus par une base de données de tous les noms de rue entre 1850 et 2008 (dans les
différentes langues et transcriptions), une frise chronologique, une typologie des bâtiments (requêtes)
et un lien avec les images de la base photographique. Le développement de ces ressources mises en
accès libre est le résultat de trois années de collecte des documents sources en Chine, France,
Angleterre, Japon et Etats-Unis. La plateforme elle-même est passée par une phase d’expérimentation
(année 1) et de consolidation (années 2 et 3). En janvier 2009, nous avons mis en place la version 2.0.

En termes de contenu, nous avons exploré la thématique de la ‘ville en guerre’ et celle des ‘espaces
publics et monuments’. Nous avons rendu compte par des exemples de l’apport spécifique des sources
visuelles (photographie, peinture) aussi bien sous la forme de textes ‘comparatifs’ (réfugiés), de textes
construits à partir de sources visuelles (Bund) ou cartographiques (Parcs publics), voire d’une
approche combinant cartographie et textes littéraires (romans de Shanghai). Un aspect distinctif de la
plateforme est d’offrir sur différents sujets des entrées multiples, par les textes, mais aussi par des
‘récits visuels’ à base d’images ou de cartes, par le recours à l’outil iSlide. Nous avons aussi produit
20 fonds de cartes (version édition et version géorectifiée) et 54 cartes thématiques, embryon d’un
atlas électronique de Shanghai. Au moment du rapport, la plateforme contient aussi 5 articles, 11 récits
visuels et 3 récits cartographiques. [voir note de synthèse ANR sur Virtual Shanghai, « Current state
of the project »]. Ces productions ont aussi trouvé leur traduction dans des publications scientifiques.

o Projet 2. Common People and the artists
[Financement: LEA, CPER, Chiang Ching-kuo Foundation]

Le projet Common People and the artists in the 1930s est le fruit d’une collaboration entre l’IAO et
son homologue de l’Université de Heidelberg dans le cadre du Laboratoire Européen Associé établi
entre les deux équipes (incluant un chercheur d’une équipe parisienne). L’idée était de réunir au
niveau européen des ressources et des matériaux, textuels, iconographiques, photographiques et de
produire des éléments à la fois pédagogiques et de recherche destinés à la communauté universitaire et
scientifique. Au cours de ce processus, nous avons focalisé notre travail sur différentes facettes de
l’histoire sociale et culturelle de la Chine, en particulier une approche de la culture populaire à travers
les documents iconographiques. Ce travail a abouti à la création d’une plateforme innovante qui a
permis non seulement la mise en place et le développement des projets ‘cibles’ à l’origine du LEA,
mais aussi d’accueillir des projets nouveaux, en association avec un nouveau partenaire (Bristol
University – China Historical Photographs : http://chp.ish-lyon.cnrs.fr/).

La réalisation majeure a été la création d’une plateforme Internet qui comprend actuellement 37
articles, 42 récits visuels, 7504 images (3038 pour « Beijing common people », 2809 pour « Jiangnan
people », 549 pour « Female impersonators », 225 pour « Lianhua actresses » et 875 pour « New
Woman »), 30 cartes, 10 clips vidéo et 1063 références bibliographiques. On peut affirmer que le
bénéfice le plus tangible a été la production de différents types de documents (articles, récits visuels,
clips vidéo) que nous n’aurions pas produits ou été en mesure de produire autrement. La base de
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