ZAC Seguin - Rives de Seine

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1GERU-COSTIC ZAC Seguin - Rives de Seine à Boulogne-Billancourt BATEX flash Un cadre exigeant pour la conception de bâtiments exemplaires Entretiens avec Patrick Chavannes (AAUPC), architecte-urbaniste en chef de la ZAC
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Publié le : mercredi 28 mars 2012
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BATEX fash
ZAC Seguin - Rives de Seine
à Boulogne-Billancourt
Un cadre exigeant
pour la conception de bâtiments exemplaires
Entretiens avec Patrick Chavannes (AAUPC),
architecte-urbaniste en chef de la ZAC
GERU-COSTIC
1Sommaire
Un projet urbain
pour encadrer une opération immobilière complexe ............................. 4
Des terrains cédés au mieux disant sans projet urbain fina lisé 4
La reprise du contrôle du projet par la Vi lle 4
Le « vide est au centre du proje »t 7
La « ville parc », un équilibre entre milieu naturel et densité .............. 7
Trois échelles de lecture du quart ier 8
Des macro-lots construits de grande dimens ion 9
Une évolution progressive dans la conception des cœurs de macro -lots 9
Une stratégie progressive d’élaboration du projet ur bain 12
La mise en place d’une structure de pilotage et de négociat ion 12
La conception d’un dispositif de pilotage partenar ial 12
Un mode de gouvernance innovant ....................................................... 12
Un ajustement du PLU pour prendre en compte les spécificités de la Z AC 13
La SAEM pilote l’opération pour le compte de la Vi lle 15
Un système d’acteurs hiérarchisé
pour gérer un projet complexe .............................................................. 15
L’architecte urbaniste en chef de la ZAC garantit la qualité urbaine et architec turale 16
Le recours systématique aux concours pour diversifier la diversité d’écriture archite ctur1a7le
Un accompagnement dans la maturation des projets sur le macr o-lot 18
Un suivi de la qualité de la conception des logements au niveau de chaque bâtim ent 18
L’architecte de lot contribue à la diversité architecturale du qu artier 19
Un bilan de cette expérience à mi-parcours ........................................... 20
Une nouvelle manière de vivre en ville découlant du concept de ville parc 20
Une gouvernance privilégiant la négociation dans le respect d’invariants pa rtagés 20
Une acculturation réciproque des différents acteurs induisant des relations de con fiance22
2Plusieurs entretens ont été accordés au GERU en fn
2009 et en 2010 par Patrick Chavannes (AAUPC - Agence
d’Architecture et d’Urbanisme Patrick Chavannes),
concepteur du projet urbain sur la friche industrielle
Renault du «T rapèze » et architecte-urbaniste en chef
de la ZAC Seguin-Rives de Seine à Boulogne-Billancourt
(92100). Ils retracent le contexte dans lequel ont été
conçus les bâtments résidentels analysés au ttre de
1la recherche BATEX menée pour le compte du PUCA .
Ces immeubles s’inscrivent dans un long processus de
maturaton et d’explicitaton des principes directeurs
d’une opératon d’urbanisme complexe, visant à
restructurer et à requalifer l’ancien site industriel des
usines Renault, sur la plaine de Billancourt, au sud de
la ville. Les éléments présentés dans ce fash retracent
le contexte partculier de l’émergence de cet important
projet urbain, explicitent le part d’aménagement
retenu avec notamment le concept central de ville «
parc», le mode de gouvernance spécifque qui a permis
de gérer et de suivre dans la durée ce projet complexe,
le système hiérarchisé d’acteurs mis en place.
1  Il s’agit des bâtments suivants :
- B3g, VINCI Immobilier, architecte : Intégral Lipsky+Rollet (A. Neto, chef de projet), livrai-
son : fn 2010 (projet inital THPE avec puits canadien).
- V3b, NACARAT, architecte : LAN architecture, livraison : mi-2011 (projet THPE qui a
évolué vers le label BBC).
- V3a, Immobilière 3F (bailleur social), architecte : Bernard Bühler (Bordeaux), livraison :
2012 (projet BBC).
- Un autre bâtment B3f : Nexity, architectes Robain-Guieysse, dont la livraison est prévue
en fn 2010, a été maintenu dans l’échantllon pour illustrer une mixité sociale vertcale
innovante. La performance énergétque étant cependant limitée au label H&E, il ne sera
pas fait de suivi des performances thermiques.
Le choix de ces bâtments a été fait sur la base des objectfs initaux de performance
énergétque, de mixité fonctonnelle et sociale (thèmes prioritaires du programme BATEX)
et de la possibilité de suivre les évolutons du projet dans le temps, de la concepton au
dossier marché, jusqu’à la livraison.
Voir pour B3g et V3b le document en format .ppt du COSTIC intervenant conjointement
avec le GERU sur ces opératons : « Analyse de l’évoluton des performances énergétques
de bâtments exemplaires ».
3Un projet urbain
pour encadrer une opération immobilière complexe
à l’ensemble des promoteurs intervenant sur le quarter, Des terrains cédés au mieux disant sans projet
et un régime de partcipatons pour fnancer les urbain finalisé
équipements et aménagements liés à ce développement.
Après plusieurs années d’études sans projet urbain
1 C’est dans ce contexte qu’une consultaton d’urbanisme encore fnalisé , Renault a lancé en 1999 une consultaton
et de maîtrise d’œuvre urbaine avait été lancée par G3A auprès de promoteurs pour la cession des terrains du
pour l’étude d’un plan de référence portant sur deux Trapèze, au sud de la commune de Boulogne-Billancourt
secteurs opératonnels : le Trapèze et le quarter du (92). Ayant transféré ses actvités de constructon sur
22Pont de Sèvres . Ces études opératonnelles devaient d’autres sites, ces terrains consttuaient une friche
s’inscrire dans une réfexion générale portant sur un industrielle de 52 ha, en limite du centre-ville. Le
périmètre d’étude élargi, incluant l’ensemble des terrains consortum DBS (Développement-Boulogne-Seguin),
Renault et leur marges (dont des terrains localisés sur regroupant trois promoteurs natonaux (Nexity, Vinci-
Meudon et Sèvres). Dans le même temps, G3A réalisait Immobilier, Icade) pour les logements associés à Hines
3une étude de faisabilité sur l’île Seguin .pour les bureaux, a été mieux disant. DBS et Renault ont
donc signé en 2000 une promesse de vente pour des L’équipe consttuée de l’architecte-urbaniste Patrick
droits à bâtr. La cession des terrains devait se réaliser
Chavannes (AAUPC), mandataire, associé à l’architecte
progressivement selon un calendrier défni, une clause
Jacques Ferrier, au paysagiste Thierry Laverne, au bureau
d’indexaton, indépendante de l’évoluton des marchés
d’aménagement OGI ainsi qu’au bureau de déplacement
fonciers, réactualisait le prix de vente convenu. Une Sato & Associés, a gagné le concours pour l’élaboraton
opératon immobilière d’environ 1,2 million de m² de du plan de référence sur le secteur du Trapèze (« Rives de
SHON était prévue, avec pour seule contrainte, imposée
Seine ») sur le concept de « ville-parc ». Ce projet lauréat
par le préfet du département, d’assurer une mixité
posait déjà les grands invariants urbains, architecturaux
sociale et urbaine dans ce nouveau quarter. Une grande
et paysagers, la philosophie générale du projet, la
maille de répartton entre logements (dont 33 % de constructbilité, la silhouete, l’identté du nouveau
logements sociaux), bureaux, actvités et équipements, quarter, ainsi que les grands principes d’aménagement.
a été fxée.
Il précisait notamment :
▪ La place prépondérante de la nature en ville.
La reprise du contrôle du projet par la Ville
▪ Un plan de compositon urbaine détaillé.
▪ Le traitement des marges et des abords de ce secteur.Ce quarter, avec notamment la queston du devenir de
▪ Les principes de morphologie urbaine, les grands axes l’île Seguin, représentait un enjeu fort pour la Ville, qui
structurant les îlots à bâtr.ne disposait plus de terrains pour se développer.
▪ Les principes de compositon interne des îlots.
Parallèlement à la démarche de Renault, la Ville avait ▪ Les profls, gabarits, volumétries et typologies d’im-
initalisé l’étude d’un plan programme dès 1999, confée meubles diversifées (en périphérie et en cœur d’îlot),
à G3A, afn de défnir les grandes orientatons du le traitement des couronnements.
devenir de ce quarter. En efet, ses moyens de contrôle L’équipe s’est vu confer dès la fn 2001 un marché
du développement urbain, sans maîtrise foncière des d’études et de maîtrise d’œuvre urbaines portant sur
terrains, reposaient sur l’octroi du permis de construire l’afnement et la validaton des grandes orientatons du
(dans le cadre des règles du plan local d’urbanisme, le projet, la vérifcaton de sa faisabilité. Elle devait passer
PLU), l’élaboraton d’un document cadre qui s’imposerait en revue l’ensemble des contraintes de l’aménagement
et proposer des solutons pour rendre le projet réalisable.
1  Une consultaton d’urbanisme avait déjà été lancée en 1997 par le syndicat mixte
Elle devait coordonner sa mission avec celle de Christan du Val de Seine, regroupant les communes de Boulogne-Billancourt et de Meudon, en
associant au projet le Conseil Général des Hauts-de-Seine, la Région Ile-de-France et
l’entreprise Renault. Le lauréat, Bruno Forter, proposait une organisaton spatale du
site correspondant aux droits à construire de 1 million de m² de SHON, autorisés par le
2 Premiers immeubles réalisés en 1970, dans le cadre d’une ZAC, suite à la cession de préfet. Il dessinait les grandes lignes d’un plan programme comprenant 10 ha réservés
terrains par Renault pour loger les ouvriers de la régie. La plupart des logements ont été aux espaces verts, 500 000 m² de logements (dont un ters de logements sociaux), 250
réalisés par l’OPAC de Paris (aujourd’hui Paris-Habitat).000 m² de bureaux, 250 000 m² d’équipements publics, d’actvités et de commerces. La
mise en œuvre d’un programme de cete envergure a conduit le syndicat mixte à lancer 3 Avec François Grether, François Barré, et Michel Desvigne. Ce dernier projet a fait
une consultaton d’urbanisme, gagnée en 1999 par la société G3A, fliale de la Caisse l’objet d’une nouvelle consultaton gagnée par Jean Nouvel (architecte) et Michel
des Dépôts et Consignatons, dirigée par l’urbaniste Jean-Louis Subileau (Euralille), ac - Desvigne (paysagiste) en juillet 2009. Leurs propositons ont été exposées en juillet 2010
compagné de l’architecte urbaniste François Grether et du paysagiste Michel Desvigne. et mises en débat public à l’automne 2010. Une révision du PLU est envisagée en début
Source : SAEM Val de Seine Aménagement. 2011.
4Devillers, retenu pour le quarter du Pont de Sèvres, et Les grandes orientatons du projet urbain ont ensuite été
G3A, désigné pour l’aménagement de l’île Seguin. mises en débat avec les associatons, au rythme d’une
2réunion de concertaton organisée tous les mois .
Un plan directeur, issu des études urbaines menées
depuis 2001, a permis de fnaliser le plan de référence Ce projet urbain a permis à la Ville de reprendre le
qui a été approuvé par le conseil municipal du 6 juin contrôle de l’évoluton du quarter. Il a été à l’origine
2002. de la structuraton des dispositfs de pilotage adoptés
3par la suite . Il a permis de fnaliser le schéma directeur
La mise au point de ce plan de référence, son qui a servi de base à l’élaboraton du PLU de Boulogne-
développement et sa confortaton ont mobilisé une Billancourt et s’est poursuivi par la créaton de la ZAC
équipe de douze personnes à temps complet pendant Seguin-Rives de Seine en même temps que la mise
près de trois ans. Elle a consttué un véritable « laboratoire en place de la SAEM Val de Seine Aménagement, par
d’idées » pour cadrer le projet d’ensemble. De nombreux
conventon publique d’aménagement, dès juillet 2003.
dessins, plans, maquetes ont été nécessaires pour
préciser les concepts proposés. Les études abordaient Puis l’équipe a été chargée de préciser l’évoluton
l’ensemble des aspects quanttatfs, techniques, le profl réglementaire nécessaire au futur quarter, de gérer les
4et la silhouete urbaine comme l’aspect réglementaire. interfaces avec le SCOT ; valider la faisabilité technique
Cete phase d’afnement et de test de la faisabilité du projet d’ensemble et par sous-secteur (dont la
technique du projet de plan de référence a permis de SHON potentelle au regard de la réglementaton,
préciser la nature des diférents espaces publics selon les besoins en réseaux et en parkings). A l’issue de ce
1leur statut, la répartton des macro-lots , ainsi que travail, l’équipe a fnalisé les outls d’encadrement
les éléments programmatques avec leur localisaton des projets : notamment le cahier des prescriptons
préférentelle sur chaque macro-lot. architecturales et d’aménagement urbain (CPAU, devenu
5CPAUP) , l’élaboraton des documents d’urbanisme
L’étude a débouché sur un plan de cohérence, couvrant opposables (usage des sols, volumétrie, contraintes
l’ensemble du quarter élargi, qui a été validé par la environnementales, espaces publics).
SAEM et par la Ville.
2 Cete concertaton systématque a été organisée par la Ville après recours d’associa -
tons s’appuyant sur la loi SRU.
3 Voir infra : Un mode de gouvernance innovant.
4 Schéma de cohérence territoriale. 1 Le terme de « macro-lot » a été créé par Patrick Chavannes pour désigner un îlot bât
de grande dimension. 5 Voir infra e innovant.
5Le projet urbain lauréat de la consultaton sur le Trapèze. Équipe Chavannes-Ferrier-Laverne. 2001
Source : Agence d’architecture et d’urbanisme Patrick Chavannes
A3
B3
B4
ZAC Seguin-Rives de Seine. État en 2010 : une trame verte structure les îlots bâts
Source : Agence d’architecture et d’urbanisme Patrick Chavannes
6La « ville parc », un équilibre entre milieu naturel et densité
À travers le concept de « ville parc », Patrick Chavannes axes majeurs, parc, traverses, jusqu’à infltrer les cœurs
d’îlots. Les milieux naturels organisent la ville dense. a voulu concilier une approche par l’usager, recherchant
la campagne à la ville tout en assurant un programme
ambiteux de constructon de plus d’un million de m²
Le « vide est au centre du proje »t
de SHON sur le site du Trapèze (37,5 ha). Sa réponse
à la consultaton d’urbanisme a été de proposer une Un travail sur le vide a été réalisé pour le rendre signifant.
concepton renouvelée de la fabricaton de la ville, Par oppositon à la ville traditonnelle, qui se défnit par
respectant les milieux naturels, veillant à un équilibre l’organisaton des îlots bâts, les espaces libres étant
entre nature et densité des constructons. des espaces d’accompagnent et d’embellissement par
compensaton de l’urbanisaton, le part d’aménagement Les qualités intrinsèques du site (le méandre de la Seine,
urbain retenu sur le site donne la priorité à la trame les berges, une déclivité douce entre le centre-ville et le
verte, il défnit un système de vides et de pleins variés.
feuve, les vues sur les coteaux de Meudon) l’ont amené
Un tressage de réseaux capillaires verts difuse dans tous à imaginer une hybridaton entre densité et nature en
les îlots.
ville, où ces deux composantes seraient perçues en
1équilibre. Il a ensuite recherché une forme urbaine Le plan de référence organise l’aménagement de
capable de donner l’impression d’une omniprésence de l’ensemble du quarter du Trapèze autour des berges de
la nature malgré une densité importante, et que cete la Seine et d’un grand parc de 7 ha, espace public central
cohabitaton paraisse naturelle. qui leur est parallèle et sert en même temps d’espace
de régulaton des crues du feuve (bassin d’expansion Il résulte de ces réfexions trois parts fondateurs :
des crues). Il précise les espaces publics et ouvrages à
▪ une part d’espaces libres et naturels représentant la créer ou à transformer, le réseau de cours arborés et
moité des surfaces d’emprise du site ; de traverses piétonnes, les passages privés secondaires
▪ une structure viaire frugale, avec un nombre réduit traversant les cœurs d’îlots.
de voies, délimitant de grands îlots. La densité des
Deux axes majeurs structurent ainsi le plan constructons y est hiérarchisée : immeubles hauts sur
d’aménagement du quarter: leur périphérie, à l’alignement des voies principales,
plus bas sur les axes secondaires et les traverses, va- ▪ nord-sud, reliant la Seine au centre-ville : cours de l’île
riatons de hauteur dans leur centre encouragées par Seguin, cours Emile Zola, complétant les traverses pié-
une modulaton des épannelages, laissant en espaces tonnes principales (exemple : allée Robert Doisneau),
naturels une parte du cœur d’îlot ; ▪ est-ouest, défnissant de grandes unités territoriales
▪ enfn, la consttuton d’un réseau de traverses et de parallèles à la Seine : berges de la Seine et l’île Se-
passages en cœur d’îlot, contribuant à cete capillarité guin, parc de Billancourt, les rues (avenue Pierre Le-
de la nature et à sa visibilité de toute part. A cet efet, faucheux le long du parc, rue Marcel Bontemps), les
les espaces libres de cœur d’îlot doivent être réalisés passages urbains entre îlots (« sentes ») traités de fa-
en pleine terre et plantés. Les milieux naturels infl - çon plus minérale, assurant les liaisons entre quarters
trent l’ensemble des cœurs d’îlots. proches et les dessertes de sécurité tout en permet-
Ce réseau structurant d’espaces libres naturels, de statut tant de construire à l’intérieur des îlots.
privé et public, est organisé pour se metre en relaton Des contnuités piétonnes assurent l’intégraton du
avec le grand territoire. Ainsi, les traverses piétonnes nouveau secteur au reste du quarter élargi du Pont
se prolongent à travers le parc de cœur de quarter et de Sèvres (zone ANRU) vers les statons de métro et
se poursuivent vers les berges de la Seine, où un jardin les grands équipements commerciaux de l’avenue du
d’eau est prévu. Général Leclerc. Le paysage et la nature contraignent ici
la forme de la ville. Ce concept de « ville parc » démontre que la densité
peut engendrer un cadre de vie agréable sous réserve Le plan de référence impose en outre une mixité
de limiter la circulaton automobile au strict nécessaire fonctonnelle (bureaux, logements, équipements,
et de créer les conditons pour que la nature devienne actvités, commerces) et sociale (un ters de logements
consubstantelle à la densité de constructons. Dans sociaux locatfs).
ce projet, la présence de la nature est contnue, elle
se perçoit à toutes les échelles du nouveau quarter : 1 Voir supra
7des constructons, facilite l’accessibilité du quarter tout Trois échelles de lecture du quartier
en ménageant des perspectves lointaines. Les espaces
Patrick Chavannes distngue ainsi trois échelles de lecture
constructbles s’inscrivent dans les vides laissés par cete
du quarter : les grandes percées, assurées par les cours
trame. Un système de geston des eaux pluviales claires et avenues, un réseau vert de traverses principales, très
(triple réseau d’assainissement séparatf), avec une larges, laissées à l’état de nature (plantatons, circulatons
régulaton des débits de fuite, permet leur traitement douces, noues) et réservées aux piétons, enfn, des
traverses secondaires qui assurent une « capillarité de et leur récupératon par infltraton dans les noues pour
la trame paysagère » en traversant les jardins intérieurs. arroser ces espaces verts et le parc. La variaton du
La nature est relayée jusqu’aux constructons qui niveau des eaux, selon les précipitatons et les crues de
privilégient les terrasses plantées, les balcons largement
la Seine, anime le paysage de ce parc.
dimensionnés.
Le projet urbain privilégie ainsi une nature qui « infltre
Cete trame de passages secondaires, ouverts au public
le territoire », rentrant en profondeur dans celui-ci. 1pendant la journée , défnie avant même la concepton
Un travail sur le vélum (ligne de crêtes des arbres)
1 Ils sont préservés dans le PLU au ttre des contnuités paysagères (documents gra- inversement proportonnel à la densité renforce
phiques, plan 4.1) et inscrits au ttre de
servitudes de passage dans le plan 4.7 au ttre de l’artcle L. 123-2c du Code de l’urba- l’impression visuelle de présence forte de la nature dans
nisme, servitudes pour voiries,
équipements et espaces verts la ville.
↗ Entrée ouest du macro-lot B3 depuis l’allée Robert Doisneau
Le cœur d’îlot est traité en forêt humide dans sa parte sud et en prairie feurie dans sa
parte nord. Un passage public en zigzag traverse le cœur d’îlot. Il est fermé par des grilles
la nuit. Les bâtments en cœur d’îlot sont moins hauts (R+4 à R+6+2) que ceux situés en
périphérie d’îlot (R+8+2).
Source : Intégral Lipsky+Rollet, Ofce of Landscape Morphology
↖ La Grande traverse piétonne nord-sud (allée Robert Doisneau)
Concours de l’équipe P. Chavannes et T. Laverne
Source : Agence d’architecture et d’urbanisme Patrick Chavannes
Une organisaton hiérarchisée de la trame paysagère qui difuse par c apillarité jusqu’au bât
8La morphologie urbaine privilégie une forte densité en Des macro-lots construits de grande dimension
périphérie des macro-lots. Les immeubles occupent
Ce réseau structurant de traverses et de voies détermine une bande de constructbilité de 15 mètres le long des
la forme et la taille des macro-lots bâts qui sont par rues et cours principaux (bande E) assorte de flets de
conséquent relatvement importants (200 à 400 mètres hauteur variant selon l’importance des voies : de R+8+2
de long sur 200 à 150 mètres de profondeur). Cete à R+5+2 étages en retrait (couronnement). Le long des
grande emprise facilite un travail sur les paysages et les traverses et en cœur d’îlot, les règles s’assouplissent afn
vues à ménager ; elle permet de prévoir des modulatons de favoriser une diversité morphologique. La hauteur des
entre hauteurs en cœur d’îlot, en cohérence avec bâtments peut y être modulée entre R+1 et R+8, voire
1l’organisaton des espaces extérieurs . plus. La part relatve des surfaces autorisées pour chaque
type de bâtment est alors inversement proportonnelle Ces macro-lots sont eux-mêmes subdivisés en lots
3
2 à leur hauteur . accueillant bureaux et logements . Les droits à construire
sur ces lots sont ensuite réparts entre les diférents Le part d’une hauteur plus importante en bordure de
promoteurs du groupement DBS, selon la nature des macro-lot nécessitait un fractonnement du front bât
constructons (quotas de logements sociaux, logements au moyen de césures, imposées sur toute la hauteur
libres, bureaux et actvités). Chaque îlot cumule des droits des immeubles ou formant des porches, ménageant
à construire compris entre 30 000 et 50 000 m² de SHON. des percées visuelles afn d’assurer une porosité entre
Lors de la mise au point des études réglementaires, les espaces intérieurs et les espaces publics. Par le
Patrick Chavannes a convaincu la Ville de classer les découpage de cete masse bâte, densité et nature
deux ters de la ZAC en zone UAb, alors que l’ensemble s’interpénètrent, contribuant à créer des échelles et des
du périmètre devait initalement relever de la zone UCd, ambiances variées.
correspondant aux grandes opératons périphériques
réalisées récemment le long des berges. La forme
Une évolution progressive dans la conception urbaine autorisée par le zonage en UAb permet au
contraire au nouveau quarter de consttuer une des cœurs de macro-lots
extension naturelle du centre ville dense vers les berges,
La constructon de la ZAC par tranches successives
assurant une transiton modulée entre la forte densité
organisées d’ouest en est a favorisé un afnement
de l’hyper centre et les constructons moins denses en
progressif des concepts et leur enrichissement. En bordure de Seine. Cela concerne aussi bien les règles
efet, Patrick Chavannes estme que l’interprétaton du de morphologie, de compositon urbaine, que les vues
concept de « ville parc » s’est améliorée au fl du temps. perspectves. Ce classement en zone UA consacrait le
projet dans son importance stratégique au regard du Le macro-lot B3, support d’une parte des opératons
développement de la ville. suivies dans le programme BATEX, illustre une concepton
plus traditonnelle avec un part d’aménagement plutôt
refermé sur lui-même. Le front bât contnu est ponctué
de failles et de césures relatvement étroites, sauf sur
la rue Nouvelle où un simple porche vient rompre cete
contnuité. Le part constructf alterne des immeubles
en peigne ou en équerre, formant une sorte de « courée
fermée ». L’imbricaton entre nature et ville est plus
limitée que dans les macro-lots plus récents.
Extrait du PLU : modulaton possible des hauteurs hors emprise de
la bande E
Source : Agence d’architecture et d’urbanisme Patrick Chavannes
1 Ce part s’oppose notamment à celui retenu pour le parc de Bercy (Paris 12°) : on y
retrouve le concept de taille d’îlots importants, mais la structure en U, fermée par deux
plots, délimite des espaces intérieurs d’îlots trop réduits pour en faire autre chose qu’une
simple pelouse d’accompagnement. 3 Cete approche fne de la morphologie des cœurs d’îlot a demandé de nombreuses
2 Dans la ville traditonnelle, l’îlot se défnit à l’échelle de la parcelle. études de simulaton avec maquetes.
9Macro-lot B3 : une compositon fermée Macro-lot A3
Des bâtments en forme d’équerre et de peigne Une modulaton des hauteurs en cœur d’îlot
Source : Intégral Lipsky-Rollet, maquete DBS Source : AAU Patrick Chavannes
Deux autres îlots refètent mieux cete capillarité voulue même de la ZAC imposait l’élaboraton d’une méthode
de la trame verte : originale de geston de projet :
▪ Une imbricaton entre nature et ville dans le macro- ▪ Dimensionner le projet à l’échelle du macro-lot (soit
lot A3 : un grand immeuble ferme la parte est de 30 000 à 50 000 m² de SHON).
ce macro-lot (bureaux et logements) et trois « im- ▪ Décomposer chaque macro-lot en lots comprenant
meubles confets » à cinq façades (ocre, argent et chacun un (bureaux) ou plusieurs bâtments (loge -
rosé) donnent sur l’Allée Robert Doisneau (Grande ments et équipements).
traverse), assurant une large ouverture visuelle sur ▪ Chaque bâtment représentant entre 5 000 et 10 000
l’îlot tout en prolongeant la structure du macro-lot m² de SHON.
A2, situé de l’autre côté de cete traverse. La circula -
ton piétonne entre les deux macro-lots est ainsi faci-
litée tout en préservant les vues lointaines.
▪ Une large ouverture du macro-lot B4 résultant d’une
réfexion approfondie de l’équipe lauréate sur les
densités relatves selon les fonctons (bureaux, loge -
ments, équipements) et sur un travail afné sur les re -
latons entre les immeubles et la nature, à l’intérieur
comme à l’extérieur de ce macro-lot. Une large part
est laissée à l’espace public en cœur d’îlot, avec une
fuidité visuelle entre espace public et espace privé..
Un travail sur l’optmisaton des vues sur les espaces
verts, la recherche de l’ensoleillement d’un maximum
de logements, tout en minimisant les vis-à-vis gênants,
explique un élargissement progressif des distances
entre les immeubles depuis le cœur d’îlot jusqu’à ces Lauréat du concours du macro-lot B4 :
espaces publics, une dispositon des immeubles en biais, Brenac et Gonzalez. Juillet 2009
un équilibre entre les proximités des constructons. Les Des variatons de densité en périphérie du macro-lot, une geston
fne des prospects (compensaton des densités, « pliage et densités sont compensées selon la nature des prospects.
orientaton des partes de bâtments vers la lumière et la vue »,
positonnement des immeubles en biais) pour assurer un maximum Préserver une diversité architecturale
d’ensoleillement aux logements tout en évitant les vis-à-vis
1Le risque d’une architecture urbaine de cete ampleur est rapprochés.
de générer une uniformité des bâtments. L’importance Une forêt centrale (« Forêt lumière ») d’où émergent les
constructons, avec une ouverture généreuse de l’espace de cœur
d’îlot sur les espaces publics (avenue, parc).
1 5 800 logements, plusieurs immeubles de bureaux à réaliser sur 10 ans. Voir supra. Source : SAEM Val-de-Seine Aménagement
10

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