Depuis des années le Maroc accélère sa modernisation et obtient des résultats économiques suffisanls pour drainer des investisscments extérieurs 'ordre règne niéme s'il reste encore aux yeux des détracteurs du régime rigide et excessif La tentation islamiste ne semble pas une menace proche bien que la réconciliation tarde entre le Palais et l'opposition Les succ8s globale ment obtenus jusqu'à présent par l'ajustement structurel prêché par les grands organismes financiers internationaux devraient permettre non seulement de r6aliser le dévelopliement économique que rend chaque jour plus nécessaire une croissance démographique estimée l'an mais aussi de désamorcer une partie cles mouvements sociaux D'un autre côté il est vrai le conflit sahaiien continue obérer les finances et la diplomatie du royaume l1 tandis que le Maroc doit relever le double defi que posent au Maghreb une construction européenne désormais davantage tournée vers l'Est que vers le Sud et une lil>éralisation sans cesse accrue des échanges mondiaux: deux évolutions externes qui remettent en cause les situations acquises

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Mohamed BENHLAL Depuis des années, le Maroc accélère sa modernisation et obtient des résultats économiques suffisanls pour drainer des investisscments extérieurs. 1,'ordre règne? niéme s'il reste encore, aux yeux des détracteurs du régime, rigide et excessif. La tentation islamiste ne semble pas une menace proche, bien que la réconciliation tarde entre le Palais et l'opposition. Les succ8s globale- ment obtenus jusqu'à présent par l'ajustement structurel prêché par les grands organismes financiers internationaux devraient permettre non seulement de r6aliser le dévelopliement économique que rend chaque jour plus nécessaire une croissance démographique estimée à 2,4% l'an, mais aussi de désamorcer une partie cles mouvements sociaux. D'un autre côté, il est vrai, le conflit sahaiien continue à obérer les finances et la diplomatie du royaume(l1, tandis que le Maroc doit relever le double defi que posent au Maghreb une construction européenne désormais davantage tournée vers l'Est que vers le Sud, et une lil>éralisation sans cesse accrue des échanges mondiaux: deux évolutions externes qui remettent en cause les situations acquises (2). Mais ce qui retient surtout l'attention en 1994, c'est le risque de voir la démocratisation de la vie publique marocaine prise de vitesse par l'évolution sociale e t politique. Les campagnes électorales de 1993 ont déjà fait entrevoir que l'appareil des partis n'avait plus Io même efficacité que par le passé, alors que la monarchie marocaine paraissait s'orienter vers des formules démocrati- ques de type occidental.

  • aboridance spectaculaire des produits alimentaires sur les marchés

  • libertés syndicales

  • grève générale

  • déhlncage de la situation politique

  • distinction entre la grève dans le secteur privé

  • al-ittihad al-ichtiraki

  • échanges mondiaux

  • prise de vitesse par l'évolution sociale


Publié le : vendredi 8 juin 2012
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Source : aan.mmsh.univ-aix.fr
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CHRONIQUE POLITIQUE : Succession monarchique et désenchantement de l'alternance partisane Jean -Noël Ferrié*
* Rédacteur en Chef de de Aix -en -Provence) 1 . Je El Mossadeq pour sa lecture de la version texte et (1991 : 3 )
de du Nord, tonie CNRS 
A pd  s'agit. Le gouvernement Youssoiifi n'avait pas entrepris réformes spectaculaires, comme en ténioignait -parmi d'autres exemples --la politique budgétaire de (Ferrié, 2000). Plusieiirs raison:~ pouvaient expliquer ce fait : le caractère très coniposite gouvernement et de la coalition le soutenait, la présence e n son sein d e ministres souveraineté et leadership royal. Ironiqiiement, la situation se retrouve après l'accession trône d e Molianinied VI : le toujours aussi coniposite apparaît lent et malhabile à entreprendre des réformes, le départ de Driss du ministère d e pas la fin des ministères de souveraineté mais, bien au contraire., cette prérogative régalienne et le leadership royal non moins incontestable -même si son style a changé -qiie précédemment. En même temps, il semble le changement soit à l'oeuvre et que la société marocaine se reforme c'est aussi le sentiment doniinant les Marocains. Mais de quoi est fait ce changement Pour reprendre l'analyse de on serait tenté de solliciter ce propos l'aphorisme d e Lanipedusa s'il n'avait été maintes fois cité pour postuler le caractère illusoire des Plutôt d e répéter à l'envi que ceux -ci ne pas réel, il convient d e se demander dans quelle ils peuvent servir analyse Ce la succession suggère, en effet, n'est ni un en trompe -l'œil ni iin bouleversement mais recomposition d e l'espace public n'implique pas, pour autant, une modification dans la distribiition du pouvoir.
Le bilan de la première année alternance février 1998, Le Roi a le socialiste Youssoufi de l'alternance se donc. Le bilan en un : le style, la et la seul acquis véritable de cette année de changement, c'est le Premier lui -même. On est tenté d'ajouter : et puis c'est tout La chute de tonal d e Maroc -Hebdo est et, sans cnieile. Eile cependant, un qu'il serait hasardeux d'attribuer à la seule ligne suivie par le journal : le bilan de la prenuère année est mitigé. il est mitigé, d'abord, pour des raisons sociales. C'est ce qu'évoque l'éditorialiste de Mohamed Kaitouni : Si les couches populaires fait preuve de patience et de à l'égard de la position du gouverne -ment qui n'a pas de mesures concrètes et elies s'attendaient pour opérer le changement promis, s'attendent à ce que la nouvelle loi de traduise les véritables intentions du gouvernenient et concrétise ses engagements Certes, un tel ton est caractéristique de la posi -tion stratégiquement ambivalente -entre distance et engagement -de l'Istiqlal, depuis la formation du gouvernement alternance se retrouve, cependant, dans l'éditorial : Un an après, le est à l'impatience. Les Marocains trop de l'alternance pour pouvoir s'expliquer les retards de son impact sur le quotidien. Sur fond d e et sans chasse sorcières, le trop lent Du de vue de Mohamed El l'éditorialiste de -et on serait tenté : de son point de seul -la lenteur est le signe d'une : À voir, après le premier gouvernement d'alternance procède à la mise place tranquille des et des canaux du changement, il est clair que c'est pour cette voie de la sérénité qu'il a opté, refusant catégorique  -ment, et pour le grand bien de la transition démocratique, à la fois la tentation de " coupeur de têtes " et le complexe paralysant qui le réduirait à une "tête cou -pée " du reste. Un an seulement, et il se diffuse déjà lentement et nient dans u n recommence à parler, à évaluer, à juger, à faire la différence, à se positionner. Parce qu'il a recommencé à croire, entre l'écoute, et qu'on l'entend. Avec Ironiquenient, les uns et les la chose : la en place de alternance prend du temps. Ce problème de reçoit diverses explications toutefois, deux ordres d'explication dominent : l'explication par la frilosité innovatrice l'explication par la complexité des décisionnels. Narjis Al tend à privilégier cette dernière explication : Youssoufi dès le départ, qu'il allait au " casse pipe " , pour reprendre sa propre expression. susciter l'effet d'alternance avec sept partis au pouvoir n'émanent pas tous des " forces de changement " et dont certains déjà goûté aux délices du pouvoir . l'alternance aura maille à partir avec ceux -qui la composent et l'ont rendue possible Khalid
3 . janvier -4 février 4. 4/2/99. 5 . AI 6 . 4/2/99. 7 . AI 4/2/99.
du Développenient social et porte -parole du interrogé à ce propos, que, si lorsque le Roi a Youssoufi au poste de Premier ministre, notre souhait en tant que USFP était un gouvernement tout à fait compact avec un de 25 [. .  .  ] la formule choisie, la arithmétique, a nécessité une coalition plus large ajoutait : la pluralité devient atout car elle élargit le spectre d e la participation Ce raisonnement, proche ils trop verts clairement la difficulté du montage le Premier a été contraint. Élargir le spectre de la participation implique e n effet de tre en place des formules consensuelles parfois inipossibles entre partis repré -sentant des sensibilités politiques différentes et eux -niênies organisés e n courants. Le Plan d'intégration de la femme au développement a été lui -même, e n partie, de cette stratégie consensuelle. fait, ce que sug -gère l'argument portant sur la des décisionnels, c'est qu'il est difficile d'innover si l'on dépend d'alliés qui ne sont pas essentielle -ment portés à considérablenient les choses. La présence d'anciens partis au pouvoir le peut ainsi être comme un blocage, ainsi que le sous -entendait Narjis Rerhave. En revanche, le roi n'est en cause non plus que les ministres d e souveraineté : le Souverain est notre atout majeur et nous tous des ministres de souveraineté décla -rait aussi De telles déclarations rendent de déterminer si la timidité des réformes est due aiix circonstances ou aux convictions des acteurs ou si, tout simplement, les acteurs proportionnent leurs convictions circonstances, à ce qu'ils pensent être l'éventail des possibles. II est clair que la volonté du gouvernement d'adopter une politiqiie de réforme consensuelle est au centre du débat sur le bilan d e la première année d'alternance. D'une manière générale, les transitions dans les pays du Sud (de et de ont tenté, à tout prix, d e maintenir le consensus, en évitant de rompre avec le passé. C'est ce qui explique par, les refornies économiques aient été différées en Espagne afin (pensait -on) de ne pas gêner la mise place d'institutions déniocratiques. Mais, à la différence des gouvernements libéraux du Sud avaient clairement tâche d'établir la démocratie, le gouvernenient ne s'est pas exactement cette tâche par le Roi, bien qu'il ait en sorte décidé d e faire comme si L'éditorial de al -Isbitiraki du 2 février 1999 ainsi soutenir que le but d e l'alternance était de la cratie sur des institutionnelles pour édifier État de droit et de loi, de liberté et de justice sociale Ce n'est pas, pour le mandat qui lui a été effectivenient confié par le Roi. La part d e gestion qui revient, e n effet, au gou -issu (partiellement) de l'ancienne opposition réside presque sivetnent dans conduite des affaires économiques et sociales, tout ce qui concerne l'assise institutionnelle du restant entre les mains du souve -rain. Dès lors, on ne qu'être surpris d'un stratégique consistant à dans un sur lequel la nouvelle majorité n'a pas de reconnue (celui de institutionnelle) au détriment de l'action dans un domaine qu'elle est gérer et le social).
8 . 9 .
6 -12 février 1999.
cette surprise est une surprise d'analvste, si l'on peut ainsi dire, la que, pour ce dernier domaine, il lui contrôler le précédent. C'est, par exemple, l'analyse d e sociologiies engagés Guessous Toutefois, le de cette stratégie est immobilisme consistant à ne pas agir où l'on pourrait pour agir où I'on ne peut. Sans doute est -ce là l'erreiir de ce que pourrait nommer la stratégie espagnole de l'alternance. Si, pour les libéraux espagnols, la sor -tie de l'autoritarisme de ne pas couper avec le passé et, notamment, de pas entreprendre de réformes écononiiques qui eussent coalisé les par -tisans d e l'autoritarisnie, la contrepartie de cette abstention résidait dans la possibilité de conduire à bien Dans les pays d e revanche, les réformes écononiiques étaient le nieilleiir pour achever de dénianteler l'ordre autoritaire. C'est pour cela conduites rapidement. Mais au Maroc, contrairement à l'un et cas, la démocratisation n'est tout simplement pas enjeu puisque nous n'avons affaire ni à une comparable à celle de l'Espagne, le Roi -cela est vrai d e VI ce le fiit de son père -n'entendant pas cesser de gouverner, ni à situation comparable à celle des pays d e le autoritaire ne s'étant pas effondré. En d'autres termes, procéder d'abord à des réformes ou à des reformes économiques et sociales ne constituait pas (et pas dû constituer) possibilité, la seconde, était ouverte par l'architecture insti -tutionnelle de alternance
sociale d u g o u v e r n e m e n t En matière d'action sociale, le s'est trouvé par deux contraintes qu'il a acceptées des évidences et qui ont entraîné, à partir du trimestre, d e conflits sociaux : la limitation du déficit budgétaire et le respect des intérêts des entreprises, à doniinante de la libéralisation et du dialogue social La contrepartie de sa soumission à ces contraintes est que l'engagement social de l'État peut -être qualifié extrêmenient C'est, effet, comnie le remarque Nourredine El Aoufi, de même d e la politiqiie d'ajuste -ment que le gouvernement tente d e sortir des restrictions majeures qiie celle -ci fait siibir à l'action sociale s'attache, pour cela, rationaliser et moraliser le de On peut considérer que le reprend e n certes une lecture sociale de la démar -che, la politique amorcée par Hassan II consistant à niettre en place État de droit poiir les affaires Cette politiqiie privilégie les effets indirects,
10. Voir Ferrié (2000 : Sur l'analyse coniparée des démocratisations dans les pays Sud et de et. tout particulièrement. sur l'agenda des réformes économiques. voir Bunce (2000). Grèves dans le secteur public et manifestations des diplômés chômeurs Relance dialogue social la même période. Voir Catusse (1998, 14. El Aoufi (1999 : 51). Voir El (1999 : 5 2 ) . 16. Voir
supposant que la rationalité et la vont de pair et qu'elles engendreront iin accroissement des richesses favorisant la redistribiition, ce qui contribuera à stabiliser la croissance. Or, il est possible d'objecter que le fonctionnement infra -optimal d'une partie du système peut -être nécessaire au fonctionnement du tout et que le renforcement de la morale pas davan -tage un gain de rationalité que l'augmentation de la rationalité n'implique un gain Toutefois, l'essentiel ne réside pas dans cette objection logique, l'essentiel, le dire réside dans le fait si la méthode indirecte marche (et elle peut ne pas marcher), elle prend du temps et qu'il est alors bien difficile de déterminer si l'absence de décision ressort de la stra -tégie consistant laisser s'apaiser les passions pour parvenir à ses fins, de l'indétermination de l'erreur stratégique. L'assurance maladie obligatoire dont le gouvernement a traité le dossier de l'assurance die obligatoire (AMO) durant l'année 1999 est typique de cette difficulté. En effet, il n'existe pas, au Maroc. d'assurance maladie obligatoire, Caisse nationale de sécurité sociale, créée en 1959, sous le gouvernement Abdallah, se bornant à pallier partiellement les pertes de revenus des assurés en cas de de niaternité, d'invalidité et de vieillesse. Elle verse, en outre, une indemnité sanitaire d'un montant forfaitaire particulière -ment bas et les allocations familiales seul 3,5 % des Maro -cains bénéficient d'une assurance maladie En 1993, le Roi Hassan II avait annoncé la création de cette assurance elle figurait dans le programme de gouvernement de la nouvelle majorité. Le dossier de est rouvert par Khalid du Déve -loppement social, au début de l'année 1999. prévoit de rédiger rapide -ment un projet de loi. Des réunions de travail ont lieu et il semble, dès le de mars, le gouvernenient s'oriente vers un géré par la CNSS (Caisse nationale de sécurité sociale), pour le privé, et la CNOPS (Caisse nationale des organismes de prévoyance sociale), pour le À ce stade d'avancement du projet, la Fédération nationale des (FNA) mariage (est) possible entre assurances sociales et privées ce qui impliquerait que la CNSS ne gère pas seule et que les assureurs privés puissent conciirrencer la CNSS Le ministre du Dévelop -pement social poursuit néanmoins la mise au point de son projet de sorte que l'on peut penser qu'il en fera l'annonce à l'occasion de la fête du travail. Le ministère de la Solidarité et le ministère des Finances travailleraient siir le financement de s'agit aussi de de quelle manière faire bénéficier de les indigents et les travailleurs ne relevant ni de la CNSS ni de la CNOPS. Cela semble être la difficulté
17. Voir Elster (1986 : 92). 18. le fait bien remarquer El (1999 : 48). Voir Nationale de Sécurité Sociale (2000). 20. 1/2/00. 21. 11/3/99. 22.
du projet Pourtant, le 16 avril, la Fédération nationale des assurances dénonce, au coiirs d'un point de presse, un projet dangereux pour les entreprises et l'économie faisant valoir que le financement de tel que le prévoit la CNSS, impliquerait une augmentation des charges patro -nales ainsi que des cotisations des salariés pour une prise en de seu -lement la des frais médicaux Les assureurs évoquent aussi les risques de bureaucratie et de déresponsabilisation bref le risque d'embal -lement des dépenses Malgré cette polémiqiie, il a d'abord semblé que le gouvernement décidait de maintenir sa position, le ministre du Développe -ment social annonçant, lors d'une conférence d e presse tenue début mai, que la gestion de reviendrait bien à la CNSS et la CNOPS, la mise place du régime s'étalant sur une période de trois ans C'est à ce la CGEM (Confédération générale des entreprises du Maroc), se saisit de l'affaire et lors d'une confé -rence de presse tenue le 14 une vaste concertation pour un système pluraliste d'assurance maladie respecte le dialogue social tenant pour assuré que le gouvernement -la déclaration de -n'a pas arrêté sa position Le président de la sociale de la CGEM propose gestion pluraliste avec un organisme de régulation Quelques jours après la polémique s'étend à l'Association des cliniques privées, opposée à une gérée par la CNSS, et aux médecins du libéral tiennent à être associés au débat, d'autant que la mise en place de devrait s'accompagner d'un contrôle des prescriptions médicales. La réaction du ministre du Développement social apparaît étrange : quel -ques jours après, au cours d'une réunion organisée par la Chambre Française de Commerce et d'Industrie du Maroc (CFCIM), Khalid s'est abstenu de réaffirmer la CNSS serait l'organisme gestionnaire de se bor -nant à dire que la Caisse est partie prenante au projet de l'assurance maladie obligatoire Quelques jours après, un syndicat -la CDT (Confédération démocratique du travail), pourtant proche de -demande une reprise des discussions tripartites, gouvernement, patronat, syndicats, déplorant que les décisions commencent de plus en plus être prises de manière Pourtant, le Secrétaire général de la CNSS laisse entendre, début juin, que le projet de loi sur serait prêt après celui -ci entre en léthargie puisqu'on n'en reparle qu'en février de l'année
14/4/99. 24. 16/4/99. 26. 23/4/99. 27. 5/5/99. 28. 14/5/99. 79. Pour reprendre Khadija Masmoudi, 21/5/99. 3 1. 2 4 / 5 / 0 1 . 33. 4/6/01. 34. Selon l'expression de Mohamed dans 1/2/00. Cette sortie de de sa léthargie ne fut que provisoire puisqu'en septembre de la même année, le journal consacrait I'AMO, un article commençant par le projet de obli -gatoire semble traverser une phase de léthargie totale (1 1/9/00).
SUCCESSION MONARCHIQUE ET
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suivante, à propos de la réunion d'une conimission interministérielle qui poiirrait (au décider si la CNSS sera ne sera pas gestionnaire de l'assurance 35. La concliision (provisoire) d e l'affaire fiit le renoncement dii gouverne -ment à imposer un projet qui n'avait pas l'aval de la CGME, cause de l'intervention vigoureuse d'une d e ses composantes, la Fédération nationale des assurances (FNA). Pourtant, préalablement à cette intervention, selon une enquête conduite par la CNSS, 66 % des chefs marocains affilies à la caisse se déclaraient partisans d'une assurance maladie obligatoire gérée par elle La création de e t sa gestion par la Caisse nationale de sécurité sociale jouissait ainsi d'un véritable consensus, l'inter -vention des assureurs étant accueillie, comme le rappel d'un principe d e bonne gestion voire d e good au credo libéral. qiie comme la volonté -somme non libérale -de prendre iine du gâteau Qiie le gouvernement Youssoufi s'abstienne d e trancher laisse ainsi perplexe. est difficile, e n effet, de comprendre, sinon les causes de cette indécision, du moins l'acceptation, quasiment sans contrepartie, d u risqiie politique qui lui est inhérent. Les causes sont effectivement assez aisées à déterminer : il s'agit, d'abord, d e la nécessité de préserver le consen -sus et, notamment, le social il s'agit, ensuite -cette caiise étant étroitement liée la précédente -de la crainte de ne pouvoir financer moyen terme : le financement dépendant plus qu'en partie d e charges socia -les que les employeurs marocains sont rétifs à verser. En acceptant un ble partenariat avec les entreprises représentées par la CGEM, le gouvernement s'est clans la sitiiation de ne pas heurter les intérêts de ses menibres sur des problèmes précis et donc d e ne pas s'opposer à la confédé -ration, dès lors qu'elle ces problèmes dans la rhétorique du bien commun. De plus, en faisant sienne la dépolitisation d e l'économique inhé -rente à cette postiire -et e n se soumettant alors à politique suivant l'expression de Catusse -le gouvernenient s'est laissé déposséder d e critère de partage, pouvant être publiquement entre des intérêts concurrents
35. Le Teinps du Maroc, septembre (publie la a mois avant). 37. Comme l'écrit Mansour dans un article très (et justement) critique portant le bien fondé d e la protestation des assureurs, dans 72 -27 niai O n retrouve, d e manière allusive, une critique dans Ln Vie 14 -20 mai : Aussi. on est [en] droit d e se deniander si l'avenir du srcteur d e l'assurance Maroc est étroitement lié la question d e maladie obligatoire. La réponse est ment n o n . . .   est observable dans le remplacement d e la par la mise e n cause qui représente une autre manière d e dépolitiser le politique. de condamner des puissants, oii gouvernants. non e n fonction d e la place occupent dans système politique (qui serait alors e n cause e n tant que tel). niais e n fonction d'une faute Cette manière d e procéder -poursuivre la faute d e  rend difficile --ment discernable la part du contexte -c e qiie appelait (( la -et, par rend difficiles les opérations d'evaliiation et d e C'est une caractéristique évidente du traitement des d e corruption au Maroc. Voir, par exemple, (1999) et Catusse (2001).
La stratégie de l'inaction Excès de pnidence politique oii défaut d'expertise sociale II est, bien sûr, difficile de trancher niais on peut observer cette -ouvrir des chantiers et ne pas les poursuivre -a été typique, durant la période, d'autres entreprises gouvernementales à l'instar du combat contre la corniption également caractérisé par la lenteur, la et l'indécision On retrouve, d'ailleurs, dans ce combat les pro -tagonistes du « dialogue social )) et la CGME. Mais, cette patronale défend sensiblement la mênie ligne le ment. Toutefois, l'action d e celui -ci n'en paraît plus déterminée. total, si l'on comprend comment le gouvernement se trouve empêtré dans la politique consensuelle, on ne peut que constater qu'il avoir fait le d'éviter conflit espérant -si l'on suit les -ne pas hypothéquer la transition e n s'aliénant les élites renoncer à des gains à terme) pour ne pas d e déséquilibres dans le court terme Cette était, à peu de choses près, celle qui caractérisait la politique d'Hassan II, bien qu'il ne pas à pro  -prement parler toujours d e « transition )) Mais, le but d'Hassan II (pour le dire vite) était d e conserver le soutien des élites il avait été de conserver le soutien des notables en du tien d e leur position ne s'agissait pas pour le roi d'être pouvait donc, à la fois, des réformes et renoncer les pousser, puisque les destinataires de celles -ci (les Marocains en général) n'étaient pas ceux sur lesquels il pour niaintenir sa Les élections étant largement falsifiées, il ne pas d e se sanctionné par les électeiirs. En revanche, le gouvernenient Youssoiifi se donne comme but principal l'organisation d'élections libres c'est -à -dire d'élections fondées sur des Par on entend que les gouvernants sont tenus (et se sentent) responsables de leur gestion. L'une des conséquences de cette responsabilité
Pour le constat ans plus tard. voir Ln mars p. 6. On notera I'optiinisme qui prévalait alors I'USFP. journal dii arti titrant en avril. lors d e la reprise d u : celle tous les engagements liés à l'habitat social, couverture des et code du travail 40. Voir (2000). 41. Certes, le mécanisme d e c e renoncement préserve la possibilité tion dans le plus long terme. II s'agit d e renoncer une réforme à ternie pour ne hypothéquer le e t rendre impossible la réforme à long ternie. Mais, outre qu'il est sible d'objecter cette position la d e Keynes selon laquelle nous serons tous morts dans le long ternie, on voit pas un pur principe être de moiivenient. 42. C'est ainsi que dossier d e la CNSS figurait les priorités d u Affaires sociales dii gouvernement d e techniciens niis en place 1997 pour nance (Ln Me 43. Voir (1985). Sur le renoncement aux réformes. voir El (1999 : 37 -38). C'est un trait caractéristique d e politique d e I'USFP, prenant le pas sur toute autre La participation d u parti au e n 1983, avait ainsi par préparation transparentes (voir El -Mossadeq. 1987 : 79 81).
est le vote rétrospectif négatif les électeurs sanctionnant les pour leur gestion passée e n les renvoyant. Vouloir un régime que c'est se placer, pour les gouvernants, dans la situation d'être ainsi ren -voyés. Ils tentent, en conséquence, de mettre en des politiqiies qiii leur évitent ce sort, e n tenant compte d e ce qu'ils pensent que les électeurs souhaitent Or, le paradoxe de l'actuel gouvernement est qu'il entend à la tenue d'élections libres mettre en œuvre les politi -ques sociales qui comptent (ou dont il serait rationnel d e penser qu'elles comptent) les électeurs. Ce qui, laisse trois conduites possibles à ceux -ci : extrapo -ler l'expérience présente pour se faire une idée du futur (1) considérer qiie l'expérience présente ne va pas durer, les bonnes choses venant après les (2) exonérer les gouvernants de la responsabilité des niauvaises ses, e n attribuant celles -ci aux conditions défavorables et non à c e qu'ils font (3). La première possibilité implique généralement un vote négatif le présent n'est pas satisfaisant. La et la troisiènie possibilités n'impliquent pas nécessairement de vote négatif à condition, les gouvernants donnent l'impression de faire quelque chose et fassent accroire que faible réussite dépend de circonstances et de conditions qu'ils trisent pas. Mais si les économiques -l'ajustement par -peuvent entrer dans ces dernières catégories, les sociales y entrent plus En n'agissant pas pour société. gré évidente d'une large partie de population, le ne peut (raisonnablement) espérer (ou ne pas perdre) les élections convaincant les électeurs qu'il pouvait rien faire organiser tles élections libres (ce qui est sans un peu trop demander) : il peut aussi renoncer à libéralisation complète des élections La de Hassan La mort du roi du Maroc, le juillet, intervient à où apparaît le désenchantement d e l'alternance. En même elle au moment Hassan II senible avoir atteint le qu'il : établir le consensus autour de l'institution en tant détentrice du Quelques jours avant sa mort. à l'occasion de la de coïncidant avec son soixante -dixième anniversaire, le souverain -intervenant directement dans la question sociale -avait annoncé qiie sept niilliards d e Dirhams de bénéfice de la vente d e la deuxième licence GSM milliards) seraient déposes sur un spécial et affectés à des chantiers développement de du monde et de grands travaux (n'impliquant pas
46. Voir (1981). Voir Manin. et Stokes Suivant Stokes (1996) Stokes 50. Voir Cette situation illustre bien la de sortir de Sur cette question. voir. par (2001). mèrne si la position de apparaître trop tranchée en ce concerne la politique de Hassan II.
déficit budgétaire) échappait ainsi gouvernement II ainsi son discours : Ce sont là, Cher Peuple, autant d'actions qui ce qiie nous avons réalisé en faveur des et à ce qiie Je vous de réaliser dans trois ans [. .  .  ] aux bienfaits dont Dieu nous a l'occasion de cette opération et aux milliers d e Dirhams qu'elle a générés, pourrons, par la de Dieu, porter dans un avenir proche, un regard nou -veau sur le monde. Les horizons s'élargiront ainsi devant nous, d'une digne de notre passé et confornie à nos Nous pourrons être rassurés quant à l'avenir d e nos enfants et des générations La disparition d e Hassan II a un réel émoi, y compris ceux qui souhaitaient et la fin d e son règne. En temps, a permis (moinentanément) de sortir de l'alternance au détrinient sans doute de la conception d e la démocratie sur le renouvellement des gouvernants par les élections. n'est donc pas cet -tain que, reprendre l'expression d e monarchique ainsi l'alternance politique et lui donne plus d'enver -gure, plus de profondeur et d'efficience au contraire, qu'iine alternance se fasse au détriment de l'autre (ce pas qu'une soit meilleure que l'aiitre, l'alternance politique meilleure que tiance ou l'inverse : elles ne paraissent tout simplement pas
Le règne de Hassan II, depuis I'alternance Le règne et la personne du roi Hassan II ont laissé le souvenir mitigé d'un souverain autoritaire, parfois défendant un islam libéral tout sant un ordre public musulman, l'opposition tout en niaintenant le politique et proniouvant les institutions tout la vie politique. À la de sa vie. ce tout -puissant a nommé ministre l'un d e ses plus anciens opposants, sans pour autant lui concéder un véritable pouvoir autonome. alternance -ainsi nommé cette au Maroc -a, amené un réel d e la vie piiblique s'il est de ce qui a : la corrup -tion, la pauvreté, le chômage, l'absence dramatique d e protection sociale sont demeurés des problèmes non résolus. En même temps, une sorte d'opti -misme s'est de la société dont ne saurait prédire qu'il en adviendra. rendre compte d e la par le roi et contrôlée par lui Une explication consiste à l'aspect instrumental d e celle -ci : elle aurait été entreprise pour satisfaire les
51. il à échapper du souverain. à question de Daoud sur de ces : cela dépend de l'action de la commission et des royales (Ln Vie 6 septembre 1999). de le Roi II à In 1999). Sur la niise de ce projet, voir r licence GSM : le projet est Ln 6 août -2 septembre 1999. 53. 30 juillet -5
bailleurs d e et notamment la France et les États -unis. Une explication consiste à soutenir q u e le roi été contraint à la par la pression d e l'opposition e t la crainte d e sociale, notaniment à la suite des d e 1991 contre la parti -cipation d e l'arnibe marocaine à la du Golfe Parfois. l'une et l'autre explication sont appareillées, la première relevant des facteurs externes et la seconde des facteurs internes. Ces deux explications ont coniniun d e considérer que le roi Hassan II ne voiilait pas la et qu'elle lui On peut, toutefois, soutenir la contraire et prétendre que le roi iin démocrate qui souhaitait seulement mettre pro -gressivement e n place une démocratie stable et consensuelle. En fait. ni la thèse d'un souverain acculé à la démocratisation ni celle roi crate ne cadrent avec les faits. Deux d'entre eux s'iniposent tout nient l'analyse, que ces thèses prennent pas e n compte : Hassan II a toujours et défendu un système de pluralisnie politique dans lequel le roi régnerait e n temps qu'il gouvernerait il n'a accordé alternance qu'à partir du moment où l'opposition a renoncé contester caractère de la fonction royale. Ceci suggère que le roi depuis longtenips une conception de c e que être l'évolution politique Maroc : une démocratie dans laquelle le souverain conserverait une part importante du pouvoir. On peut désapprouver cette conception mais o n ne peut pas la dénaturer e n parlant, à son propos, absolutisme Elle a été for  -mulée dés le début du règne d'Hassan II : o n ne peut donc pas davantage la considérer comme une conversion tardive. De mênie, o n ne peut décrire la niise en place d e alternance comme le résultat d e la pression qu'auraient les forces démocratiqiies sur le roi, puisque alternance est la conséquence renoncement de ces forces à contrebalancer le pouvoir et la légitimité royale. La question du pouvoir au Maroc a été aussi, très souvent, abordée référence à théorie du califat le roi aussi bien que les politistes place importante au fait le souverain était égalenient des croyants Il n'est pas certain que c e genre d'explication nous bien loin. Hassan II n'eut -il pas été Comniandeiir des croyants il eut à faire face au même et aurait imposé, à ses adversaires comnie à l'ensemble des autres participants à la vie politique marocaine. les mêmes Ce consiste dans la mise e n place d'une démocratie dans laquelle le roi gouverne. s'agit d'un dileninie parce le gouvernement d'un roi n e peut être effectif qu'en limitant, sinon en la démocratie. Hassan II ne s'est donc pas seulement livré à une mise en destinée à satisfaire le concert des nations et à apaiser les tensions travaillant la société niarocaine. a, notamment dans les années quatre -vingt -dix, installé les institutions nécessaires à une véritable En il e n a falsifié le fonctionnenient par crainte d e perdre l'effectivité
54. Voir le point vue de Maâti Monjib dans le dossier du voir pour une interprétation (1997). C'est ce qui l'intérêt tout particulier des analyses de El (voir, par exemple, El Mossadeq (1995, 1998) ainsi qiie Femé
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