IDEAL DEMOCRATIQUE ET STRATIFICATION SOCIALE

De
Publié par

Niveau: Supérieur
51 – IDEAL DEMOCRATIQUE ET STRATIFICATION SOCIALE CHAP 5 – STRATIFICATION SOCIALE ET INEGALITES A – Comment concilier idéal démocratique, inégalités et stratification sociale ? 1 – Le caractère multidimensionnel des inégalités et de la stratification sociale a) – Différences et inégalités 1 – Dans toute société existent des différences sociales entre individus, fondées sur divers critères. Ces critères de différenciation, permettant de classer les individus varient dans l'espace et dans le temps. On peut distinguer des critères économiques (revenu, patrimoine), démographiques (âge, sexe), culturels (religion, appartenance ethnique), politiques (rapport au pouvoir) ou symboliques (prestige, honneur). Ces différences deviennent des inégalités car elles sont traduites en termes d'avantages ou de désavantages. Dès lors, les individus peuvent être hiérarchisés dans une échelle traduisant leur inégal accès aux ressources valorisées par la société. La hiérarchie sociale désigne ainsi un ensemble social caractérisé par une échelle descendante de pouvoir, de privilèges, de situations qui impliquent la subordination des échelons inférieurs aux échelons supérieurs. Ainsi, étudier la stratification sociale, c'est analyser comment une société est organisée, selon quels critères elle hiérarchise les individus et les groupes sociaux auxquels ils appartiennent. (Source : Patrice Bonnewitz, Economie et histoire des sociétés contemporaines, Bréal, 2001) 2 – Forgée au cours de la préhistoire, l'idée que les femmes doivent faire des enfants, et surtout des fils pour perpétuer l'espèce, persiste.

  • stratification sociale

  • ……………………………………………………………………………………………………………………………………… ………………………………………………………………………………………………………………………………………

  • chef d'entreprise

  • groupe social

  • profession

  • temps au temps

  • classe sociale

  • …………………………………………………………………………………………………………………………………… ……………………………………………………………………………………………………………………………………

  • dimension économique

  • …………………………………………………………………………………………………………………………


Publié le : mardi 29 mai 2012
Lecture(s) : 74
Source : sesmassena.fr
Nombre de pages : 22
Voir plus Voir moins

CHAP 5 – STRATIFICATION SOCIALE ET INEGALITES


51 – IDEAL DEMOCRATIQUE ET STRATIFICATION SOCIALE


A – Comment concilier idéal démocratique, inégalités et stratification sociale ?

1 – Le caractère multidimensionnel des inégalités et de la stratification sociale

a) – Différences et inégalités

1 – Dans toute société existent des différences sociales entre individus, fondées sur divers critères. Ces critères de
différenciation, permettant de classer les individus varient dans l ’espace et dans le temps. On peut distinguer des critères
économiques (revenu, patrimoine), démographiques (âge, sexe), culturels (religion, appartenance ethnique), politiques
(rapport au pouvoir) ou symboliques (prestige, honneur). Ces différences deviennent des inégalités car elles sont traduites en
termes d’avantages ou de désavantages. Dès lors, les individus peuvent être hiérarchisés dans une échelle traduisant leur
inégal accès aux ressources valorisées par la société. La hiérarchie sociale désigne ainsi un ensemble social caractérisé par
une échelle descendante de pouvoir, de privilèges, de situations qui impliquent la subordination des échelons inférieurs aux
échelons supérieurs. Ainsi, étudier la stratification sociale, c ’est analyser comment une société est organisée, selon quels
critères elle hiérarchise les individus et les groupes sociaux auxquels ils appartiennent.
(Source : Patrice Bonnewitz, Economie et histoire des sociétés contemporaines, Bréal, 2001)

2 – Forgée au cours de la préhistoire, l'idée que les femmes doivent faire des enfants, et surtout des fils pour perpétuer
l'espèce, persiste. Les femmes sont cantonnées à leur fonction reproductrice et domestique. La hiérarchie entre les sexes est
au fondement de toute hiérarchie. Et ce n'est pas un hasard si parmi les premières mesures que les islamistes ont prises
après leurs victoires issues du printemps arabe concernaient la restriction des droits des femmes. Mais on ne devrait pas
oublier que l'inégalité homme-femme est si structurante et qu'elle encore tenace en Occident. Elle ne revêt pas les mêmes
oripeaux. Elle est moins visible, moins brutale. On notera avec intérêt que Monsieur Guéant parle de " la " femme, c'est-à-
dire d'une essence idéalisée, et non pas des femmes, qui sont des individus concrets, à part entière. Nous sommes
seulement sur la voie de l'égalité et nous l'empruntons de manière hésitante. Sortir de l'engrenage de la valence différentielle
des sexes n'a pas été jusqu'ici une priorité politique, encore moins " la " priorité absolue qu'elle devrait être. La quasi-
impossibilité masculine d'accepter de partager le pouvoir sous toutes ses formes, la virulence ou la condescendance des
comportements et attitudes envers les femmes, leur cantonnement dans les travaux les plus faiblement rétribués et les moins
appréciés, j'en passe, sont la norme non seulement des autres sociétés, mais bien de la nôtre.
(Source : Françoise Héritier, Le Monde du 11 février 2012)

Q1 – Qu’est-ce qu’une différence ? Une inégalité ? Une inégalité sociale ?
 ………………………………………………………………………………………………………………………………...……………………….……
…………………………………………………………………………………………………………………………….…
 ……………..……………..
.…………………………………………………………………………………………………………...……………………………………...……………..…..…
 ……………………………………………………………………………………………..………………………………..
.…………………………………...…………………………………………………………………………………………...………………...…
Q2 – Quelles sont les différentes dimensions de l’inégalité ?
 ……………………………………………………………………………………………..……………………………...……………………………………
…………………………………………………………………………………………………………………………...…
 ……………..…...
……………………………………………………………………………………………………………………………………………………………
 ……………………………………………………………………………………………..……………………...…………………………..…………
……………………………………………………………………………………………………………………
 ………………………..…...
……………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………
 …………………………………………………………..……………...…………………………………………………………..…………
………………………………………………………………………………..…

b) – Des inégalités à la stratification sociale

3 – La stratification est universelle et omniprésente. Il en est des sociétés primitives apparemment les plus simples et les
plus homogènes comme des systèmes sociaux les plus différenciés et les plus hétérogènes : ils sont tous traversés de
divisions verticales, fondées tantôt sur le sexe, l’âge ou la structure de parenté, tantôt sur la richesse matérielle, le pouvoir ou
le prestige. Toute institution est la combinaison de plusieurs ordres hiérarchisés, qu’il s’agisse des groupes primaires
apparemment les moins inégalitaires comme la famille ou des groupes secondaires les plus sélectifs comme l’école. Tous les secteurs de l’activité humaine sont stratifiés : les différences de salaires, la source de revenu ou de patrimoine ;
l’hétérogénéité religieuse d’une société, l’intensité des pratiques culturelles de coreligionnaires, la distribution du pouvoir
politique entre les groupes ou les individus, la proximité que l’on a avec des centres de décision, le degré d’engagement
partisan, les modes de consommation des biens matériels ou symboliques, les styles de vie sont autant d’exemple des
aspects polymorphes de ce phénomène. Il y a stratification dès qu’il y a différenciation, intégration, hiérarchisation, inégalité
ou conflit entre les éléments constitutifs d’un groupe.
(Source : M. Cherkaoui, La stratification in “Traité de sociologie”, PUF 1993)

Q1 – Qu’est-ce qu’un groupe social ?
……………………………………………………………………………………………..……………………………...……………………….…………………
………………………………………………………………………………………................................................................
..........................................................................................................………………………………………………..…

Q2 – Comment peut-on définir la stratification sociale ?
……………………………………………………………………………………………………………………….……...….……………………………...………………….………………..………
………………………………………………………………………………………..................................................
......................................................................................................................……………………………………..…
Q3 – A l’aide du vocabulaire suivant, remplissez le schéma : groupes sociaux différenciés, inégalités, stratification sociale.






4 – La stratification sociale est la différenciation des fonctions à la fois hiérarchisée et évaluée selon des critères
spécifiques à chaque société. Dans toute société, qu ’elle soit esclavagiste, à castes, d ’états, d ’ordres ou de classes, on
observe une répartition inégale des ressources.
Certains comme J.J.Rousseau et Marx voient dans la propriété privée l ’origine de l ’inégalité. Pour Marx, la structure de
classe se définit par le rapport à la propriété des objets et des moyens de travail. Le capitaliste est celui qui les détient ;
l ’ouvrier ne possède pour sa part que sa force de travail. Cette thèse échoue à déduire de la dimension économique les
autres rapports sociaux et politiques. C ’est à Max Weber que revient le mérite d ’avoir mis au jour le caractère
multidimensionnel de la stratification : économique, statutaire et politique. Si certains ont eu raison de souligner l ’importance
de la dimension économique, ils ont en revanche tort de vouloir en faire la source de toutes les répartitions inégales. Sans
doute une position élevée dans cet ordre peut-elle favoriser la détention de position de même niveau dans les ordres
politiques et de prestige. Mais cette relation n ’est ni nécessaire ni à sens unique : une position dans l ’ordre politique influe
également sur la détention des ressources économiques et sur le prestige dont jouit un individu. La relative autonomie des
trois ordres peut entraîner des distorsions entre les positions détenues par un même individu. Il peut occuper des positions
de valeur différentes sur les trois dimensions.
(Source : R.Boudon, P.Besnard, M.Cherkaoui, B.P.Lecuyer, Stratification sociale, Dictionnaire de sociologie, Bordas, 1999)

5 – Une "classe" au sens logique du terme, c'est une catégorie de gens ayant certaines caractéristiques : par exemple tous
les légumes "rouges" peuvent être classés dans une même catégorie (carottes, radis, tomates, etc.). De même un revenu de
plus de vingt-cinq mille francs par mois isole une catégorie de gens, qui peut réunir côte à côte des commerçants, des
directeurs de ministère, des grands propriétaires fonciers, des cadres d'entreprise.
Cette catégorie n'est qu'une simple classe de revenus et les gens qui la composent n'ont ni idées communes ni action
commune qui fassent d'eux un groupe social réel : c'est simplement une catégorie statistique commode. En d'autres termes,
pour qu'il y ait classes sociales, il faut qu'il y ait un regroupement de groupes sociaux réels et que ce groupement manifeste son
unité de quelque manière, que ce soit une unité d'action, si ce groupe a des intérêts communs et s'il s'organise pour les
défendre ou du moins réagit de façon identique à ces intérêts, selon sa conscience de classe ; ou bien simplement qu'il y ait
une suffisante similitude de situations pour qu'on puisse prévoir des réactions communes.
L'attribution des positions, même dans une société très rationalisée, n'est jamais une attribution purement individuelle, et
les différences entre les rôles reposent rarement sur un parfait consensus de l'ensemble de la société. Premier point : y aurait-il
des classes sociales s'il n'y avait aucune hérédité sociale ? Si le fils de médecin n'avait pas plus de chance de devenir médecin
que le fils d'ouvrier ?
(Source : H.Mendras, Eléments de sociologie, Armand Colin, 1975, pp.190-192)

Q1 – Quelles sont les différentes structures sociales qui ont apparaissent au cours de l ’histoire ?
 ……………………………………………………………………………………………..………………………….…...………………...…
……………………………………………………………………………………………………………………...…..….
 ………………………..………….………...
…………………………………………………………………………………………………………..……….…………………………..……..…………..…
 ……………………………………………………………………………………………..……………………………....……………………
……………………………………………………………………………………………………..…………………..……
Q2 – Qu’est-ce qu’une classe sociale ?
……………………………………………………………………………………………………………………………………………………………
……………………………………………………………………………………………………………………………………… Q3 – Complétez le schéma à l’aide du deuxième texte :




Classes sociales









Q4 – Quelle est la différence entre l’analyse de la stratification sociale de Marx et celle de Weber ?
 ……………………………………………………………………………………………..…………………….………….……………………….………
……………………………………………………………………………………………………………………………………….………………..……….………………
…………………………………………………………………………………………………..………. …………..
 ………………………………………...……...
….…………………………………………………………………………………...……….………..……………
…..………………………………………………………....………
…………………..……………………………………………………………………………………………….………………………………………………….
Q5 – Expliquez la phrase soulignée du premier texte.
………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………
……………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………

5 – La nomenclature de l'Insee se présente sous la forme d'une pyramide dont le niveau de base est constitué de 497
rubriques de profession. Les catégories socioprofessionnelles (24 à 42) forment un niveau intermédiaire. Ces CSP sont elles
mêmes regroupées en 6 PCS : « Agriculteurs exploitants », « Artisans, commerçants, chef d’entreprise », « Cadres et
professions intellectuelles supérieures », « Professions intermédiaires », « Employés », « Ouvriers », ou en 8 si l’on tient
compte des inactifs : « Retraités », « Autres personnes sans activités professionnelles ».
Le découpage en CSP, dont l'objectif est le classement de la population en catégories présentant chacune une forme
d'homogénéité sociale, combine, de façon non systématique, l'utilisation de critères généraux et une procédure empirique
d'agrégation de professions, socialement proches. La proximité sociale est plutôt appréciée intuitivement que véritablement
mesurée. Les critères utilisés par l'Insee sont : le statut (indépendant, salarié), l'activité économique (agriculture, industrie et
services), la place hiérarchique mesurée par la taille de l'entreprise (moins de neuf ou plus de neuf salariés) pour les
indépendants et par la fonction (tâches de direction ou d’encadrement, tâches d’exécution) pour les salariés, le niveau
d'instruction ou la qualification professionnelle pour les salariés d'entreprise et le grade pour les salariés de la fonction
publique (A, B, C, D), le métier (artisanal, industriel, manuel/non-manuel).
(Source : Insee.fr, Guide des PCS-ES, 2003)

6 - Evolution des PCS (en % de la population active occupée)

PCS/CSP en % 1954 1975 2010
1 – Agriculteurs exploitants 20,7 7,8 2,9
2 – Artisans, Commerçants, Chef d’entreprise 12,0 8,1 8,6
3 – Cadres et professions intellectuelles supérieures 2,9 7,1 15,1
4 – Professions intermédiaires 10,8 16,0 23,3
5 – Employés 16,1 23,5 28,9
6 – Ouvriers 37,5 37,5 21,3
Total 100 100 100
Effectifs (en milliers) 19 185 21 699 25 691
(Sources : Insee 2012)

Q1 – Qu ’est-ce qu ’une catégorie socioprofessionnelle ?
………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………
……………………………………………………………………………………………………………………………………





Q2 – Inscrivez les cinq grands critères de classement de l'Insee pour les PCS dans le schéma :

Profession de la
personne de

référence





..............................
........................... ........................... .............................. ..............................
Biens agricoles …………………… Salarié Sans diplôme Petite/Grande
Biens non Manuel Non-salarié Bep, Cap entreprise
agricoles Non manuel Bac Encadrement/

Bac + 2 ou 3 Exécution Services
Bac + 4 et plus



Q3 – Ce classement reflète-t-il une hiérarchie sociale ?
…………………………………………………………………………………………………………………………..…………………………………
…………………………………………………………………………………………………………………………..….……
Q4 – pouvez-vous donner une définition simple de chaque catégorie ?
 Agriculteur exploitant =……………………………………………………………………………………………….
………………………………………………………………………………………………………………………………………….
 Artisans, Commerçants, Chef d’entreprise = ………………..
………………………………………………………………………………………………………………………………………….
 Cadres et professions intellectuelles supérieures =………………………………………………………………
………………………………………………………………………………………………………………………………………….
 Professions intermédiaires =…………………………………...
………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………….
 Employé =……………………………………………………..
……………………………………………………………………………………………………………………………………………………
 Ouvrier =………………………………………………………………………………………
…………………………………………………………………………………………………………………………………………

c) – CSP et classes sociales

1 – Les CSP regroupent des individus possédant des attributs sociaux communs, tout particulièrement une position
socioprofessionnelle. Or, l'appartenance d'une personne à une classe sociale est doublement médiatisée. En premier lieu,
par son appartenance à une famille, voire à un ménage. En second lieu, par l'ensemble de sa trajectoire sociale : son origine
et ses positions sociales successives sont plus significatives que la position occupée au moment d'une enquête, qui ne peut
être que transitoire. D'autre part, les CSP sont forcément plus ou moins hétérogènes.
Dans une même profession se côtoient en effet des individus dont les positions dans les rapports de production, pour ne
parler que d'eux, peuvent être extrêmement diverses, voire franchement opposées. Inversement, des individus exerçant des
professions différentes relèvent pourtant d'une même position dans les rapports de production, et donc de classes.
(Source : Alain Bihr et Roland Pfefferkorn, Alternatives économiques, Hors-série n° 29, 1996)

2 – La correspondance entre le groupe socioprofessionnel "Ouvriers" et la classe ouvrière semble a priori aller de soi. Or,
un grand nombre d'employées de commerce et une partie des employées de bureau de sexe féminin, outre qu'elles
connaissent des conditions de travail assimilables à celles des travailleurs manuels de l'industrie, sont mariées à des ouvriers
de sexe masculin. Par ailleurs, des actifs classés dans le groupe des employés dans la nomenclature de 1954, tels que les
conducteurs d'engins de transport pouvaient être considérés comme ouvriers, ce qui a été fait dans la nomenclature en PCS.
Le groupe "Employés" ne peut être réparti unilatéralement dans une classe sociale. Certaines employées de bureau
peuvent être considérées comme appartenant aux classes moyennes en raison de leur formation et de leur mobilité
professionnelle.
Plusieurs auteurs ont souligné que la bourgeoisie n'apparaît pas telle qu'elle dans le code des CSP. Notons
provisoirement que ses membres se recrutent pour l'essentiel dans une fraction des CSP " Patrons de l'industrie et du
commerce" et "Professions libérales et cadres supérieures".
(Source : Serge Bosc, Stratification et transformations sociales, Nathan Circa 1993)

Q1 – A partir des deux textes et du vocabulaire suivant, complétez le texte à trous : position, arbitraire, classes supérieures,
structure sociale, stratification, origine, trajectoire, zones frontière, automatisation, classes moyennes, relations, bourgeoisie,
hétérogènes, classes populaires, classe.
L'utilisation des PCS dans l'analyse des classes sociales est une tentation permanente du sociologue. Elles
offrent un ensemble statistique commode et riche en information. L'Insee propose ainsi de considérer que les
cadres et professions intellectuelles supérieures peuvent représenter les «……….……………………………….», les
patrons de l'industrie et du commerce et les professions intermédiaires, les «…………………………»,
et les ouvriers, les employés et les agriculteurs les «……………………………………..».

Pourtant, les PCS présentent un certain nombre de limites dans l'analyse des classes sociales :

 Le classement des métiers dans une PCS contient toujours une part d'……………………………... Ainsi, un
manutentionnaire qui convoie des palettes sera considéré comme un employé s'il travaille dans un
supermarché et comme un ouvrier s'il travaille dans une usine. Un boucher salarié, qui était considéré
comme un employé avant 1982, est désormais dans la catégorie « ouvrier » (métier manuel). Les
«…………………………………………. » entre deux CSP peuvent être plus ou moins peuplées.

 Les PCS peuvent être………………………….socialement du point de vue des classes. Ainsi, un
petit commerçant figure dans la même PCS qu'un grand industriel alors qu'ils n'ont ni le même pouvoir
économique, ni la même position sociale, ni les mêmes pratiques culturelles. Classes sociales et PCS ne
se recouvrent pas. Il faut opérer d'autres regroupements pour passer des CSP aux classes sociales. Ainsi,
la………………………………..n’apparaît pas en tant que telle dans les PCS.

 La…………………………. sociale ne se limite pas à la profession occupée. L’Insee donne une vision de la
structure sociale limitée à la sphère professionnelle. Or, la position sociale d’un individu peut dépendre
également d’autres critères plus socioculturels (vie familiale, vie publique…). De plus, le critère de la
profession est de plus en plus insuffisant pour représenter la société à l’heure où la part des emplois
atypiques (CDD, intérim, contrats aidés) tend à augmenter et où le chômage frappe durablement ou à
répétition de plus en plus d’actifs. Un ouvrier intégré dans une grande entreprise n'a pas la même situation
sociale qu'un jeune ouvrier précaire d'une PME.

 La classification de l'Insee n'est que le reflet de la…………………………………de la société française à un
moment donné de son histoire. Son application à d'autres sociétés industrielles est difficile (le terme de
« cadre » n'a pas d'équivalent en GB ou en Italie). De même, la distinction ouvrier/employé, qui était nette
au début du XXème siècle (l’opposition entre les «cols bleus » et les « cols blancs »), a perdu une partie
de sa signification à la fin du siècle sous l'effet de l'………………………………, de l'informatisation et de
l'amélioration de la condition ouvrière. Enfin, les conflits catégoriels et de classe peuvent modifier la place
d'une profession dans une CSP (les instituteurs qui deviennent des "professeurs d'école"), ce qui oblige
l'Insee à modifier de temps en temps sa classification.

 Les PCS ne nous disent rien sur les…………………….. sociales qu'entretiennent ces différents groupes
sociaux. La hiérarchie entre les groupes ne peut être établie que pour les salariés. Les relations de
domination, de coopération ou de complémentarité entre les groupes sont occultés. Ainsi, en établissant la
PCS à partir de la profession du chef de famille, on occulte la profession du conjoint. Une employée de
bureau mariée à un médecin ne connait certainement pas le même univers social que l'employée de
commerce mariée à un ouvrier, par exemple. En conséquence, les PCS donnent une certaine image de la
structure sociale mais elles ne nous donnent pas de renseignement sur la………………………….sociale.

 L'appartenance de…………………..n'est pas donnée par une CSP : l'appartenance à un métier, à un
moment donné, ne nous dit pas quelle est l'………………………sociale de l'individu (la position sociale de
sa famille et de sa parenté), l'origine sociale de son conjoint (une employée peut être mariée à un cadre ou
à un ouvrier, ce qui modifie sa position de classe) et quelle est sa………………………….sociale (en
ascension ou en régression). La seule analyse des CSP ne permet donc qu'une approche sommaire de la
logique d'ensemble des comportements de classe. Tous les cadres supérieurs ne font pas partie de la
Bourgeoisie, certains artisans sont très influencés par leur origine ouvrière...

2 – Idéal démocratique et égalité

a) – Le triomphe de l ’égalité selon Tocqueville

1 – Ainsi, donc, à mesure que j'étudiais la société américaine, je voyais de plus en plus, dans l'égalité des conditions, le
fait générateur dont chaque fait particulier semblait descendre, et je le retrouvais sans cesse devant moi comme un point
central où toutes mes observations venaient aboutir. [...] Lorsqu'on parcourt les pages de notre histoire, on ne rencontre pour
ainsi dire pas de grands événements qui depuis sept cent ans n'aient tourné au profit de l'égalité. Si, à partir du XIe siècle,
vous examinez ce qui se passe en France de cinquante en cinquante années, au bout de chacune de ces périodes, vous ne
manquerez point d'apercevoir qu'une double révolution s'est opérée dans l'état de la société. Le noble aura baissé dans
l'échelle sociale, le roturier s'y sera élevé ; l'un descend, l'autre monte. Chaque demi-siècle les rapproche et bientôt ils vont
se toucher. Partout, on a vu les divers incidents de la vie des peuples tourner au profit de la démocratie. [...] Le
développement graduel de l'égalité des conditions est donc un fait providentiel, il en a les principaux caractères : il est
universel, il est durable, il échappe chaque jour à la puissance humaine ; tous les événements, comme tous les hommes,
servent à son développement. Serait-il sage de croire qu’un mouvement social qui vient de si loin pourra être suspendu par
les efforts d’une génération ? Pense-t-on qu’après avoir détruit la féodalité et vaincu les rois, la démocratie reculera devant
les bourgeois et les riches ?
(Source : Alexis de Tocqueville, De la démocratie en Amérique, 1835, Garnier-Flammarion, 1981, pp.61à 62)
2 – Dans la majorité des cas, Tocqueville désigne par le terme de démocratie un état de la société et non une forme de
gouvernement. [...] A ses yeux, la démocratie est l ’égalisation des conditions. Est démocratique la société où ne subsistent
plus les distinctions des ordres et des classes, où tous les individus qui composent la collectivité sont socialement égaux, ce
qui ne signifie d ’ailleurs pas intellectuellement égaux, ce qui serait absurde, ni économiquement égaux, ce qui d ’après
Tocqueville, serait impossible. L ’égalité sociale signifie qu ’il n ’y a pas de différence héréditaire de conditions, ce que toutes
les occupations, toutes les professions, toutes les dignités, tous les honneurs sont accessibles à tous. Sont donc impliqués
dans l ’idée de démocratie à la fois l’égalité sociale et la tendance à l ’uniformisation des modes et niveaux de vie. Mais si
telle est l ’essence de la démocratie, on comprend que le gouvernement adapté à une société égalitaire soit celui que, dans
d ’autres textes, Tocqueville appelle le gouvernement démocratique. S ’il n ’y a pas de différence essentielle de condition
entre les membres de la collectivité, il est normal que la souveraineté soit détenue par l ’ensemble des individus. La
démocratie telle que la conçoit d'ordinaire Tocqueville se définit donc essentiellement par la négation de l'aristocratie.
(Source : Raymond Aron, Les Etapes de la pensée sociologique, Folio Gallimard, 1967)

Q1 – Quel est l'élément qu'Alexis de Tocqueville découvre en analysant l ’évolution des sociétés ?
………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………
………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………
Q2 – Quels sont les deux sens du terme démocratie selon Alexis de Tocqueville ?
 ……………………………………………………………………………………………..……………………………...………………………………………………………………
……………………………………………………………………………………………
 ……………………………………..………….…………………...
……………………………………………………………………………………………………………………………………………………………
Q3 – A partir du deuxième texte, donnez les différentes égalités qui accompagnent la démocratie selon Tocqueville ?



Q4 – Pourquoi ces différentes égalités sont-elles reliées entre elles ?
………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………
……………………………………………………………………………………………………………………………………

b) – L'égalité des droits

1 – Le citoyen est un sujet de droit. Il dispose à ce titre de droits civils et politiques. Il jouit des libertés individuelles, la
liberté de conscience et d ’expression, la liberté d ’aller et de venir, de se marier, d ’être présumé innocent s ’il est arrêté par
la police et présenté à la justice, d ’avoir un avocat pour se défendre, d ’être traité par la justice selon une loi égale pour tous.
Il dispose des droits politiques : participer à la vie politique et être candidats à toutes les fonctions publiques. En revanche, il
a l ’obligation de respecter les lois, de participer aux dépenses collectives en fonction de ses ressources et de défendre la
société dont il est membre, si elle se trouve menacée. Mais la citoyenneté est aussi le principe de la légitimité politique.
(Source : Dominique Schnapper, Universalia 2001, Encyclopedia Universalis)

2 – Constitués en "nation" les citoyens cessaient d ’être des individus concrets pour agir dans l ’espace public en tant
que citoyens. C ’est pourquoi ils devenaient en principe citoyens sur un pied d ’égalité, quelles que fussent leurs origines
historiques, leurs croyances et leurs pratiques religieuses, leurs appartenances sociales. Le citoyen avait, selon les
révolutionnaires, la capacité de s ’arracher, au moins partiellement, à des enracinements particuliers et d ’entrer, en droit, en
communication avec tous les autres. Il pouvait cesser d ’être déterminé par son appartenance à un groupe réel. [...]
La séparation du public et du privé devenait un principe fondateur de l ’ordre social : au privé la liberté des individus
historiques dans toute leur diversité, au public l ’affirmation de l ’égalité des droits des citoyens. Tous les particularismes
étaient renvoyés à la sphère du privé. Ce qui fonde la citoyenneté, c ’est l ’opposition entre les spécificités de l ’homme privé,
membre de la société civile, et l ’universalisme du citoyen.
(Source : Dominique Schnapper, Universalia 2001, Encyclopedia Universalis)

Q1 – Qu ’est-ce qu ’un citoyen ?
……………………………………………………………………………………………………………………………………………………………
………………………………………………………………………………………………………………………………………
………………………………………………………………………………………………………………………………………
Q2 – Inscrivez dans le tableau suivant les principaux droits attachés à la citoyenneté :

Droits civils Droits politiques Droits sociaux





Q3 – Quel est le principe fondateur de l ’ordre social de la société démocratique selon Dominique Schnapper ?
………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………
……………………………………………………………………………………………………………………………………
Q4 – Montrez que ce principe permet de concilier égalité et différence.
………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………
………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………

c) – L ’égalité des chances et la mobilité sociale

1 – La première conception de l ’égalité, que l ’on pourrait appeler méritocratique, prétend établir une correspondance
rigoureuse entre les contributions des individus – leurs accomplissements – et leurs statuts. Elle compte sur une mobilité
sociale accrue pour extirper les privilèges une fois qu ’auraient été instituées dans la concurrence entre les membres de la
société des conditions égales pour tous. Une fois tout le monde mis sur le même pied, on fait l ’hypothèse que les gagnants
ne peuvent être que les "meilleurs". La méritocratie accepte donc des disparités éventuellement très fortes dans la hiérarchie
statutaire.
(Source : Raymond Boudon, François Bourricaud, Dictionnaire critique de la sociologie, PUF, 1990)

2 – L ’idée d ’égalité des chances comme méritocratie repose sur l ’idée intuitivement attirante, à savoir celle que
certains biens tels que le prestige, le pouvoir ou la richesse, devrait être le résultat d ’une compétition équitable. Si aucune
discrimination systématique en raison de ma couleur, de ma religion, de mon sexe, de ma classe sociale, etc, n ’a eu lieu, si
les bénéfices que je reçois ne sont pas le fait de la chance qui m ’a placé dans telles circonstances sociales, avec des
parents prêts à me donner une éducation prolongée, par exemple, mais plutôt de mes seuls efforts à égalité avec les autres
"compétiteurs", alors je les mérite. Dans la plupart de nos sociétés, ce principe est appliqué au moins dans une certaine
mesure, par exemple pour justifier que soit garanti l ’accès à l ’enseignement jusqu ’à un certain âge. Il est aussi parfois
étendu à l ’égalité des chances dans l ’emploi, par exemple en interdisant aux entreprises toute discrimination systématique
de telles ou telles catégories sociales.
(Source : Veronique Munoz-Dardé, La justice sociale, Nathan 2000)

Q1 – Comment définissez-vous l’égalité des chances et la méritocratie ?
 ……………………………………………………………………………………………………………………………………………………
………………………………………………………………………………………………………………………………
 ……………………………
……………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………
Q2 – Pourquoi la mobilité sociale réclame-t-elle l ’égalité des chances ?
………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………
…………………………………………………………………………………………………………………………… …………………………………………

d) – L ’égalité des situations

1 – Quand les hommes qui vivent au sein d’une société démocratique sont éclairés, ils découvrent sans peine que rien
ne les borne ni ne les fixe et ne les force de se contenter de leur fortune présente. Ils conçoivent donc tous l’idée de
l’accroître et, s’ils sont libres, ils essayent tous de le faire, mais tous n’y réussissent pas de la même manière. La législature
n’accorde plus, il est vrai, de privilèges, mais la nature en donne. L’inégalité naturelle étant très grande, les fortunes
deviennent inégales du moment où chacun fait usage de toutes ses facultés pour s’enrichir. La loi des successions s’oppose
encore à ce qu’il se fonde des familles riches. Elles ramène sans cesse les citoyens vers un commun niveau auquel ils
s’échappent sans cesse ; ils deviennent plus inégaux en biens à mesure que leurs lumières sont plus étendues et leur liberté
plus grande. [....]

Dans les siècles démocratiques, éclairés et libres, les hommes n'ont rien qui les sépare ni qui les retienne à leur place ;
ils s'élèvent ou s'abaissent avec une rapidité singulière. Toutes les classes se voient sans cesse, parce qu'elles sont fort
proches. Elles se communiquent et se mêlent tous les jours, s'imitent et s'envient ; cela suggère au peuple une foule d'idées,
de notions, de désirs qu'ils n'auraient point eus si les rangs avaient été fixes et la société immobile. Chez ces nations, le
serviteur ne se considère jamais comme entièrement étranger aux plaisirs et aux travaux du maître, le pauvre à ceux du
riche; l'homme des champs s'efforce de ressembler à celui des villes, et les provinces à la métropole.
(Source : A de Tocqueville, De la démocratie en Amérique, T.2, 1840, Garnier Flammarion 1981, pp.50-51)

2 – Enfin, le fait particulier et dominant qui singularise ces siècles, c'est l'égalité des conditions ; la passion principale qui
agite les hommes dans ces temps-là, c'est l'amour de cette égalité. Un peuple a beau faire des efforts, il ne parviendra pas à
rendre les conditions parfaitement égales dans son sein ; et s'il avait le malheur d'arriver à ce nivellement absolu et complet,
il resterait encore l'inégalité des intelligences qui, venant directement de Dieu, échappera toujours aux lois.
Quelque démocratique que soit l'état social et la constitution politique d'un peuple, on peut donc compter que chacun de
ses citoyens apercevra toujours près de soi plusieurs points qui le dominent et l'on peut prévoir qu'il tournera obstinément ses
regards de ce seul côté. Quand l'inégalité est la loi commune d'une société, les plus fortes inégalités ne frappent point l'œil ;
quand tout est à peu près au même niveau, les moindres le blessent. C'est pour cela que le désir de l'égalité devient toujours
plus insatiable à mesure que l'égalité est plus grande.
(Source : A.de Tocqueville, De la démocratie en Amérique, T.2, 1840, Garnier Flammarion, 1981, p. 174)

3 – Je veux imaginer sous quels traits nouveaux le despotisme pourrait se produire dans le monde : je vois une foule
innombrable d'hommes semblables et égaux qui tournent sans repos sur eux-mêmes pour se procurer de petits et vulgaires
plaisirs, dont ils emplissent leur âme. Chacun d'eux retiré à l'écart, est comme étranger à la destinée de tous les autres : ses
enfants et ses amis particuliers forment pour lui l'espèce humaine ; quant au demeurant de ses concitoyens, il est à côté
d'eux, mais il ne les voit pas ; il les touche et ne les sent point ; il n'existe qu'en lui-même et pour lui seul, et, s'il lui reste
encore une famille, on dire du moins qu'il n'a plus de patrie.
Au dessus de ceux-là s'élève un pouvoir immense et tutélaire, qui se charge seul d'assurer leur jouissance et de veiller
sur leur sort. Il est absolu, détaillé, régulier, prévoyant et doux. Il ressemblerait à la puissance paternelle si, comme elle, il
avait pour objet de préparer les hommes à l'âge viril ; mais il ne cherche, au contraire, qu'à les fixer irrévocablement dans
l'enfance ; il aime que les citoyens se réjouissent, pourvu qu'ils ne songent qu'à se réjouir. Il travaille volontiers à leur bonheur
; mais il veut en être l'unique agent et seul arbitre ; il pourvoit à leur sécurité, prévoit et assure leurs besoins, facilite leurs
plaisirs, conduit leurs principales affaires, dirige leur industrie, règle leurs successions, divise leurs héritages ; que ne peut-il
ôter entièrement le trouble de penser et la peine de vivre ?
(Source : A. de Tocqueville, De la démocratie en Amérique, T.2, 1840, Garnier Flammarion, pp.434 à 439)

Q1 – Qu’est-ce que l’égalité des conditions ?
………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………
……………………………………………………………………..………………………….…………………………
Q2 – Quels sont les cinq processus qui poussent les sociétés démocratiques vers l’égalité des conditions ?
 ……………………………………………………………………………………………..……………………………...……………………….…
…………………………………………………………………………………………………………………………………………………………...
 ……………………………………………………………………………………..……………………...……………………………….…
…………………………………………………………………………………………………..…………………………………………………..…
 ……………………………………………………………………………………..……………………...………………………………….
………………………………………………………………………………………………..………………………………………………………………..…
 ……………………………………………………………………………………..…...………………………………………………….…
………………………………………………………………………………………………………..………………………………………………….….……
 ……………………………………………………………………………………………..…………...………………………………………….…
………………………………………………………………………………………………..………………………………………………………...…
Q3 – Quels sont les risques de cette égalité des conditions pour Tocqueville ?
 ……………………………………………………………………………………………..……………………………...………………………………
………………………………………………………………………………………………………………………………
 ……………..…...
………………………………………………………………………………………………………………………………………………………..…………….




B – La démocratisation s’est-elle accompagnée d’une réduction des inégalités ?

1 – Démocratisation, réduction des inégalités et moyennisation de la société

a) – Une réduction des inégalités économiques à long terme

Q1 – Faites une phrase avec 45% en France en 1913
………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………
Q2 – Déterminez quatre périodes dans l’évolution des inégalités en France et aux Etats-Unis
 ……………………………………………………………………………………………..…………………………………………………..………
 ……………………………………………………………………………………………..……………………………………………………………
 ……………………………………………………………………………………………..…………………………………………………………..
 ……………………………………………………………………………………………..………………………………………………………..…

2 – La loi de Kuznets

Selon Kuznets, l’inégalité est partout appelée à dessiner une courbe en n au cours du processus du développement
avec une première phase d’inégalités croissantes lors de l’industrialisation et de l’urbanisation des sociétés agricoles
traditionnelles, suivie par une seconde phase de stabilisation, puis de diminution substantielle des inégalités. Ce mouvement
de hausse des inégalités au XIXe siècle, puis de baisse des inégalités depuis la seconde moitié du XIXe siècle a été
particulièrement bien étudié pour le cas du Royaume-Uni et des États-Unis. Dans ce dernier cas, on observe par exemple
que la part du patrimoine total possédée par les 10% les plus riches est passée d’environ 50% vers 1770 à un maximum
d’environ 70-80% vers 1870, avant de retrouver en 1970 un niveau de l’ordre de 50% typique de l’inégalité contemporaine
des patrimoines. Cette courbe semble aux États-Unis avoir suivi de très près les mouvements de l’inégalité des revenus
d’activité et donc des capacités à accumuler du patrimoine. Les sources disponibles suggèrent que le même type de
phénomènes a eu lieu dans tous les pays occidentaux.
(Source : Thomas Piketty, L’Economie des inégalités, La Découverte, Repères, 1997)

Q1 – Quelle relation Kuznets met-il en évidence entre le développement et les inégalités ?
………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………
……………………………………………………………………………………………………………………………………

3 – La fin des rentiers

1 – L’impôt progressif sur le revenu a un double impact sur les inégalités. L’impact le plus connu est de nature statique :
du fait même de la progressivité, il permet de resserrer l’éventail des revenus. Du coup l’inégalité des revenus après impôt
est plus réduite que l’inégalité des revenus avant impôt. Mais, l’impôt progressif a également un impact dynamique : il limite
les capacités d’accumulation du capital des personnes les plus fortunées. Il réduit ainsi la concentration future des
patrimoines et des revenus qui en sont issus, et donc l’inégalité future des revenus avant impôt.
En limitant la concentration et la reproduction du capital et du pouvoir économique, l’impôt progressif peut également
favoriser l’émergence de nouvelles générations d’entrepreneurs et permettre un renouvellement plus rapide des élites
économiques. Tout laisse à penser que ce mécanisme a joué un rôle fondamental au cours du XXe siècle, en particulier en
France. Selon toute vraisemblance, c’est l’impôt progressif qui a permis, au moins pour une large part, d’éviter que la
concentration des fortunes, fortement ébranlées par les chocs des années 1914-1945 (destructions, faillites, inflation), ne
retrouvent après 1945 les niveaux astronomiques et économiquement stériles observés la veille de la Première Guerre
mondiale (ces fortunes étaient le produit d’un monde quasiment sans impôts).
(Source : Thomas Piketty, Alternatives économiques n° 195, septembre 2001) 2 – Montant moyen du revenu annuel, des prélèvements et des prestations pour un individu en France en 2008
(En euros)

Entre les Entre les Entre les
20% les 20% et les 40% et les 60% et les Les 20% les
Ensemble moins riches 40% les 60% les 80% les plus riches
moins riches moins riches moins riches
Revenu avant redistribution 7 200 15 200 20 870 27 770 53 760 24 960
Cotisations sociales - 560 - 1 260 - 2 090 - 2 980 - 5 640 - 2 510
1 + 100 -60 - 500 - 1 240 - 5 590 - 1 460 Impôts et prime pour l'emploi
6 740 13 880 18 280 23 550 46 530 20 990 Revenu après prélèvements
Prestations sans conditions 970 590 590 490 460 620
de ressources
Prestations sous conditions
780 380 220 130 10 300 2
de ressources
1 190 240 50 20 10 300 Aides au logement
3 Minima sociaux 920 110 50 40 20 230
10 600 15 200 19 190 24 230 47 030 22 440 Revenu disponible
(Source : Insee 2009)
1
Prime pour l'emploi = impôt négatif versés à ceux dont les revenus sont insuffisants pour payer l'impôt
2
Prestations sous conditions de ressources = prestations sociales versées à ceux dont les revenus ne dépassent pas un certain
seuil (Bourses scolaires, allocation de rentrée scolaire...)
3Minima sociaux = RSA, minimum vieillesse, allocation pour adulte handicapé...

Q2 – Quels sont tous les éléments qui ont contribué à une réduction à long terme des inégalités ?
 ……………………………………………………………………………………………..………………………………..…………………………..………………..…
 ……………………………………………………………………………………………..…………………………..…...……………………...………….…
 ……………………………………………………………………………………………..…………………………….....………………...………..
 ……………………………………………………………………………………………..…………………………….....………………………………...…………….…
 ……………………………………………………………………………………..………………………………...………………………………………………………………………….……….…
Q3 – Faites une phrase avec les trois nombres en gras de la colonne ensemble du document 2.
.......................................................................................................................................................................................
.......................................................................................................................................................................................
..........................................................................................................................................................................
Q4 – A l'aide du tableau et du vocabulaire suivant, complétez le texte à trous : prestations, revenus, inégalité, prélèvements,
cotisations, redistribution.
En France, en 2008, un individu qui fait partie des 20% les plus riches gagne en moyenne...........fois plus que
l'individu qui fait partie des 20% les plus pauvres. Les impôts et les ...............................sociales corrigent
légèrement cette..........................puisque qu'après ces..................................obligatoires l'individu qui fait partie des
20% les plus riches gagne en moyenne.........fois plus que celui qui fait partie des 20% les plus pauvres.
Mais ce sont les.................................sociales qui réduisent le plus les inégalités. Les prestations sans
conditions de ressources (allocations familiales, allocation pour garde d'enfant...) ne modifient pas beaucoup les
écarts car les 20% les plus pauvres touchent...........fois plus que les 20% les plus riches. En revanche, les
prestations réservées à ceux dont les.......................sont insuffisants (allocation logement, bourses scolaires,
RSA...) diminuent fortement les inégalités puisque les 20% les plus pauvres reçoivent en moyenne.................euros
contre...................euros pour les 20% les plus riches.
Au total, après........................................de l'Etat et de la Sécurité sociale, l'individu, qui fait partie des 20% les
plus riches, dispose d'un revenu disponible...........fois plus important que l'individu appartenant aux 20% les plus
pauvres. La redistribution a augmenté de.........% le revenu de départ de celui qui fait partie des plus pauvres et a
diminué de ...........% le revenu de celui qui appartient au 20% les plus riches.

b) – Une réduction des inégalités sociales à long terme

1 – De 1975 à 2010, la dépense pour l'éducation en France est passée de 15,3 milliards d'euros à 134,8 milliards d'euros
(courants). Cet effort financier a permis à la fois de scolariser un nombre et une proportion croissants de jeunes au niveau du
lycée puis de l'enseignement supérieur, et de diversifier l'offre de formation, en particulier dans l'enseignement professionnel.
La massification du second cycle du second degré au cours des années 60-70, puis de l'enseignement supérieur, au cours des
années 80-90, a, de ce fait, bénéficié avant tout aux enfants des classes populaires qui allaient peu, autrefois, au-delà de
l'enseignement obligatoire.

Soyez le premier à déposer un commentaire !

17/1000 caractères maximum.

Diffusez cette publication

Vous aimerez aussi