LA DEUXIEME VOIE DU POST KANTISME

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LA DEUXIEME VOIE DU POST-KANTISME TEMPORALITE ET ETERNITE DANS LA PHILOSOPHIE DE SCHOPENHAUER ET SCHELLING Thèse soutenue publiquement le 23 juin 2010 en vue de l'obtention du grade académique de docteur en philosophie de l'Université de Strasbourg par Marcello Ruta Directeur de Thèse : Prof. Gérard Bensussan Membres du Jury : Prof. Gérard Bensussan Prof. Jean-François Courtine Prof. Pascal David Prof. Lore Hühn

  • généalogie

  • destruction de la raison

  • lecture hegelienne de l'ethique kantienne

  • temporalité de la liberté transcendantale

  • emancipation du temps individuel

  • héritage kantien dans la système de schopenhauer

  • structure déontologique du sujet pratique

  • schopenhauer face aux œuvres

  • dissertation de mayer sur l'esthétique de schopenhauer


Publié le : mardi 1 juin 2010
Lecture(s) : 50
Source : scd-theses.u-strasbg.fr
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LA DEUXIEME VOIE DU POST-KANTISME


TEMPORALITE ET ETERNITE DANS LA PHILOSOPHIE DE
SCHOPENHAUER ET SCHELLING














Thèse soutenue publiquement le 23 juin 2010
en vue de l’obtention du grade académique de
docteur en philosophie de l’Université de Strasbourg

par

Marcello Ruta


Directeur de Thèse : Prof. Gérard Bensussan

Membres du Jury :
Prof. Gérard Bensussan
Prof. Jean-François Courtine
Prof. Pascal David
Prof. Lore Hühn



TABLE DES MATIERES



PREFACE VII


CHAPITRE I

LA BIBLIOGRAPHIE SUR SCHOPENHAUER ET SCHELLING ET
L’APPROCHE DE CE TRAVAIL


A. INTRODUCTION ET PLAN DU CHAPITRE 1


B – LES ETUDES CLASSIQUES 11

1. L’étude de Ludwig Noack 11
2. La première publication des inédits de Schopenhauer: la recension de Dilthey 13
3. Liebmann : Kant et ses mauvais épigones 14
4. Les études de E. von Hartmann 18
5. L’influence de Liebmann en France – l’étude de Ducros sur Schopenhauer 23
6. La dissertation de Mayer sur l’esthétique de Schopenhauer 27
7. Les écoles néo-kantiennes : Windelband et Cassirer 28
7.1. Windelband 28
7.2. Cassirer 30
8. La perspective post-hégélienne 32
8.1. Lukacs : la destruction de la raison 33
8.2. Walter Schulz : la destitution de la puissance de la raison 36


C - LES ETUDES CONTEMPORAINES 39

1. L’approche Philologique 41

2. L’approche Thématique 47
2.1. La notion de Volonté 48
2.2. La caractérisation de la liberté : la question du mal 54
2.3. La possibilité de la liberté : caractère intelligible et empirique 58
2.4. La réalisation de la liberté : le deuxième commencement 63
entre extase et négation de la volonté
2.5. Philosophie de la nature 68

3. Le texte de Berg 71


D - L’APPROCHE DE CE TRAVAIL 74







I
CHAPITRE II

TEMPORALITE ET ETERNITE DANS LA PHILOSOPHIE PRATIQUE DE
KANT ET DANS SA LECTURE HEGELIENNE


A – PLAN DU CHAPITRE 77


B –LA LOI MORALE KANTIENNE COMME
EMANCIPATION DU TEMPS INDIVIDUEL 79

1. Eternité versus Perpétuité : une opposition (aussi) kantienne 79
2. Eternité versus Perpétuité : une opposition (aussi) antinomique 83
3. Perpétuité et éternité dans l’antinomie cosmologique :
la hors-temporalité de la liberté transcendantale 88
4. Excursus : l’analyse heideggérienne de la liberté kantienne : une lecture monolithique 96
5. La première version de la notion de liberté pratique chez Kant
entre Canon et Troisième Antinomie 100
6. La notion de liberté dans la KpV et la structure déontologique du sujet pratique 109
7. La dimension extra-temporelle de la loi morale 122
8. La dimension extatique de la loi morale 126


C - LA LECTURE HEGELIENNE DE L’ETHIQUE KANTIENNE 133

1. Hegel lecteur de Kant – considérations préliminaires 133
2. La vision morale du monde dans la Phénoménologie de l’Esprit :
le déplacement des postulats 134
3. La lecture hégélienne du devoir kantien dans la Théorie de l’Etre :
mauvais infini et perpétuité 138
4. La raison législatrice et examinatrice des lois dans la Phénoménologie de l’Esprit :
tautologie et Moi Absolu 145


D TEMPORALITE, HORS-TEMPORALITE ET FINITUDE
CHEZ KANT ET HEGEL 151

1. La notion hégélienne de Raison comme pierre angulaire de la lecture de Kant:
la liberté comme assimilation de l’altérité et l’éternité comme assimilation du temps 151
2. Le renversement de la structure du sujet opéré par la Critique de la Raison pratique :
la spécificité de la finitude pratique 158












II
CHAPITRE III

TEMPORALITE ET ETERNITE DANS LE SYSTEME DE
SCHOPENHAUER ET DANS SES MANUSCRITS DE JEUNESSE


A. INTRODUCTION ET PLAN DU CHAPITRE 169

1. Une Philosophie sans promesse et sans pardon 169
1.1. La double inactualité de Schopenhauer entre Aufklärung et Généalogie 169
1.2. L’inactualité absolue de Schopenhauer entre généalogie et sotériologie 176
2. Plan du chapitre 191


B. L’OPPOSITION ENTRE TEMPORALITE ET ETERNITE DANS
LA DOCTRINE DE LA CONSCIENCE MEILLEURE 194

1. Introduction : la question des manuscrits de Schopenhauer
face aux œuvres publiées 194
2. Conscience meilleure et esprit de la temporalité: une sotériologie sans généalogie 200
3. La doctrine de la conscience meilleure dans les Manuscrits de Jeunesse 209


C. LE TRANSCENDANTAL ET LE GENEALOGIQUE:
LE PASSAGE DE LA TEMPORALITE A LA PERPETUITE 219

1. Représentation, illusion et inquiétude : principe de raison et temporalité 219
2. Le passage du phénomène à la chose en soi :
l’éternité de la volonté comme racine du temps 229


D. LE MOMENT SOTERIOLOGIQUE :
L’EMANCIPATION DU MOI ET DU TEMPS 242

1. Introduction 242
2. L’émancipation esthétique du temps :
la perte du passé entre génialité et folie 244
3. L’émancipation sotériologique du temps :
la perte du futur entre compassion et résignation 251
4. Conscience meilleure, généalogie, sotériologie :
l’héritage kantien dans la système de Schopenhauer 256












III
CHAPITRE IV

TEMPORALITE ET ETERNITE DANS LA PHILOSOPHIE MEDIANE DE
SCHELLING


A. INTRODUCTION ET PLAN DU CHAPITRE 259

1. Introduction : la philosophie médiane de Schelling comme pensée de l’éternelle liberté 259
1.1. Le Freiheitsschrift comme laboratoire spéculatif de la pensée médiane de Schelling 261
1.2. L’éternelle liberté comme notion centrale de la philosophie médiane de Schelling 277
2. Plan du chapitre 282


B. TEMPORALITE ET ETERNITE DANS LE FREIHEITSSCHRIFT ET
DANS LES CONFERENCES DE STUTTGART 285

1. Les Recherches sur la liberté humaine : la genèse de la philosophie médiane 285
1.1. Liberté et système entre esprit géométrique et temporalité 285
1.2. Les trois notions de liberté dans le Freiheitsschrift 294
2. Les Conférences de Stuttgart : le complètement du puzzle spéculatif 302


C. TEMPORALITE ET ETERNITE DANS LES AGES DU MONDE 306

1. Introduction 306
2. La question de la temporalité dans Weltalter comme conséquence
de la critique du spinozisme 308
3. Weltalter – Considérations préliminaires et approche de lecture 312
3.1. L’incipit des Ages du Monde : ruptures stylistiques et temporelles 313
3.2. L’éternelle liberté, Alpha et Oméga du système du temps 316
3.3. La possibilité du temps : la contraction de Dieu
et le commencement de la Nature (Versions de 1811 et 1813) 326
3.4. La force du temps : nature égoïque et temps répétitif 330
3.4.1. La folie divine : le déclenchement du conflit des puissances
dans la Version de 1811 330
3.4.2. Excursus : Irrationalisme et Pessimisme chez Schopenhauer et Schelling :
un double malentendu 333
3.4.3. L’action rédemptrice de l’éternelle liberté dans les versions de 1813 et 1815 335
3.5. Engendrement du présent et système des temps :
le trinitairisme non-hégélien de Schelling (Version de 1811) 338
4. Premières conclusions 345


D. TEMPORALITE ET ETERNITE DANS LES LEÇONS D’ERLANGEN 347

1. Introduction 347
2. Sur la nature de la Philosophie comme Science :
le Discours de la Méthode de la philosophie médiane 348
3. Schellings Systementwurf : doctrine des puissances et théorie du temps 352

IV
CONCLUSION 363


BIBLIOGRAPHIE 373









































NOTE

Les citations des traductions françaises des textes de Kant, Hegel, Schopenhauer et Schelling sont
accompagnées de la référence à l’édition originale allemande (entre crochets). Exemple :
Schopenhauer, A. : Le Monde comme volonté et comme représentation, trad. A. Burdeau, révisée par
R. Roos, PUF, 1966, p. 121 [SW I, p. 98].





V




















































VI
PREFACE



Ce sont là des évidences sensibles au cœur,
mais qu’il faut approfondir
pour les rendre claires à l’esprit
(Camus, A. : Le mythe de Sisyphe, Gallimard, 1942, p. 17).



Le titre de ce travail, divisé en deux parties, synthétise en soi la double dimension dans laquelle il
se meut, à savoir la dimension historico-philosophique (Schopenhauer et Schelling comme
représentants de ce qu’on va nommer ici la deuxième voie du post-kantisme) et la dimension
théorétique (la relation entre temporalité et éternité comme clé de lecture des auteurs en question).
Cette Préface sera à la fois une explication préliminaire et une sorte de justification de ces deux
dimensions du travail.

La première dimension, la dimension historico-philosophique, requiert la réponse à trois
questions, reliées entre elles, mais qui vont d’un plan général à un plan de plus en plus spécifique. La
première question peut être formulée de cette façon : pourquoi commencer encore une fois un travail
sur la philosophie allemande post-kantienne ? Sur ce sujet il y a déjà une Bibliographie imposante en
quantité et qualité, dans laquelle on trouve aisément des auteurs illustres et très illustres, et la simple
possibilité de trouver un « espace libre » dans ce territoire, ne justifie à elle seule ce choix. La réponse
à cette question peut être articulée en trois points :

• Les années suivant la publication de la Critique de la raison pure de Kant ont été sans doute parmi
les années les plus fécondes de la pensée allemande, et plus en général de la pensée européenne
moderne. On trouve périodiquement ces périodes, sorte de « situations à haut rendement de
génialité », en différents domaines de la culture, dans lesquelles un nombre notable de talents se
trouve interagir dans un même contexte historique et géographique. On peut penser à la France
d’après-guerre, qui a vécu une période inoubliable de fécondité littéraire et philosophique, ou aussi
à la Vienne fin de siècle, qui a été le témoin d’un incroyable épanouissement dans le domaine des
arts, de la littérature et des sciences humaines en général. Bien, l’Allemagne des premières
èmedécennies du 19 Siècle est certainement une de ces périodes, en particulier dans le domaine
philosophique, une période dans laquelle des penseurs comme Jacobi ou Schleiermacher risquent
de passer pour des figures mineures ; et ce simple détail donne l’idée de ce dont on parle ici.

Ce premier point ne dit toutefois encore rien de nouveau et de décisif par rapport au choix du
èmesujet : on sait bien que la philosophie allemande a vécu dans les premières décades du 19 Siècle un
âge d’or, et c’est exactement pour cette raison qu’il y a une Bibliographie très riche sur les auteurs de
cette période, en premier lieu sur les représentants de l’idéalisme allemand. La question reste donc
ouverte: pourquoi faire un nouveau travail sur le post-kantisme ? Il y a toutefois deux autres points
qui, liés étroitement au premier, m’ont amené à commencer un travail sur deux auteurs appartenant à
cette période :

• Le patrimoine spéculatif développé dans cette période est à notre avis bien loin d’avoir été
assimilé dans ces deux derniers siècles. Le post-kantisme et l’idéalisme (en fait, comme on le
verra tout de suite, ici on considère l’idéalisme comme un des courants du post-kantisme) en une
trentaine d’années ont pour ainsi dire consommé une quantité impressionnante de virtualités
contenues dans la philosophie kantienne, qui a été sans doute le grand réservoir spéculatif de cette
VII période. Mais à notre avis la même communauté philosophique n’était pas prête à assimiler toute
cette masse spéculative, ce qui aurait demandé plusieurs siècles. Le positivisme, qui s’impose
aussi comme réaction à l’idéalisme, tout en mettant en place avec Comte un schéma téléologique
qui fait de l’état positif un état progressif face à l’état métaphysique, en fait représente
philosophiquement une sorte de restauration du réalisme et du bon sens, et peut donc être lu en ce
sens comme non seulement mais aussi comme le premier résultat de cette faute d’assimilation. Au
moins, il a répondu aussi à une exigence de retour à la pensée de l’homme commun. Après trente
années de vertiges post-kantiens, qui avaient réduit le monde, notre monde, à un produit d’une
activité, aussi rationnelle ou irrationnelle qu’elle soit, on a eu le besoin de rentrer dans les canons
de la pensée quotidienne, et à la vieille et rassurante idée de la connaissance comme adaequatio
1intellectus et rei, (avec toutes les spécifications du cas ). Cette restauration ne dura pas beaucoup,
et la réflexion philosophique sur la science (mais aussi la même réflexion scientifique) ne tardera
pas à re-mettre en crise périodiquement la certitude dans une réalité qui est déjà là et qui demande
seulement d’être connue. Cette périodique remise en question peut être lue à notre avis comme le
procès d’assimilation, pour ainsi dire, du patrimoine spéculatif post-kantien. On est encore à
l’intérieur de ce procès, et il faudra encore beaucoup de temps pour que le « ventre de l’histoire »
2puisse digérer ces mêmes contenus.

• La richesse spéculative contenue dans la réflexion post-kantienne à notre avis a été, et continue à
être, presque cachée ou au moins emprisonnée par une périodisation de cette même réflexion,
périodisation de matrice fondamentalement hégélienne, qui voit dans Hegel même le grand
synthétiseur de l’idéalisme et par là du post-kantisme même, et qui voit tout ce qui ne rentre pas
dans sa synthèse poussé dans la catégorie de post-hégélianisme. Comme si le système hégélien
avait pris une autorité pas seulement sur les contenus de la philosophie kantienne qu’il a été
capable d’assimiler (de façon plus ou moins correcte, et cela c’est une autre question), mais aussi

1 On peut prendre à titre explicatif la notion de fait comme la devise post-idéaliste du retour à la réalité. Cette formulation
de Comte, reprise presque littéralement en 1921 par Wittgenstein dans son Tractatus, le montre très bien : « Toute
proposition qui n’est pas strictement réductible à la simple énonciation d’un fait, ou particulier ou général, ne peut offrir
aucun sens réel et intelligible » (Comte, A. : Discours sur l’esprit positif, Carilian-Goeury et Vor Dalmont, 1844, p. 12-13).
Le passage de l’état métaphysique à l’état positif n’est finalement qu’un passage vers la réalité. Mais il est toutefois curieux
èmequ’Edmund Husserl au début du 20 Siècle oppose aux disciplines scientifiques, et à la méthode scientifique, la même
accusation de manque de réalité. Et ce n’est pas un hasard, à notre avis. Après le procès mis en mouvement par Kant, tout
retour à une conception d’un réel qui s’impose pour ainsi dire à la connaissance ne peut plus reprendre simplement le
paradigme traditionnel de la connaissance comme adaequatio intellectus et rei (paradigme fondamentalement encore à
l’œuvre dans le Tractatus de Wittgenstein). Le réalisme ingénu n’est plus soutenable : pour le dire en bref, après Kant,
(peut-être après Descartes ; mais il faut mettre parfois des pierres angulaires, sinon on risque toujours de répéter le vieux mot
de Whitehead : « Le plus sûr, pour caractériser la tradition philosophique européenne en général, est de reconnaître qu’elle
consiste en une succession d’apostilles à Platon» (Whitehead, A.N. : Procés et realité, Gallimard, 1995, p. 98)), tout réalisme
doit faire la preuve de l’idéalisme.
2 ème On peut à notre avis trouver un « correspondant musical » de ce procès dans l’évolution du système tonal au 19 siècle.
Pendant un demi-siècle dans le contexte de la musique cultivée européenne s’est produit un procès pour ainsi dire
d’« évolution accélérée » du langage tonal, procès qui a été conduit par les acteurs avec une vitesse presque violente, sans
donner la possibilité aux spectateurs de métaboliser cette évolution. Cette métabolisation aurait eu besoin de plusieurs
siècles, tandis que le procès se consomma en quelques décennies, et à la fin du siècle on a assisté à la désintégration du
système tonal qui, apparemment, avait épuisé toutes ses possibilités. En fait, ce n’était pas le cas, du moins celle-ci est notre
èmediagnostic de ce procès. Quelques preuves en faveur de ce diagnostic sont aussi bien la reprise au 20 siècle du langage
tonal, non seulement par la musique pop et la musique de film, mais aussi par la même musique cultivée (on pense ici au
courant néo-romantique), que le succès chez un large public de la musique baroque ces trois dernières décennies, succès
imputable aussi à l’inscription de ce style musical dans les rassurantes limites de la tonalité. Comme s’il y avait une sorte d’
inconscient collectif qui réclamait de revenir sur ces mêmes structures harmoniques, pour pouvoir les somatiser en suivant
son rythme vital. C’est évident qu’on ne veut pas du tout instituer un improbable parallélisme, et que ces considérations sont
à prendre avec toutes les imprécisions d’une analogie. La différence la plus évidente dans les deux cas est la suivante : le
problème de l’assimilation de l’évolution du système tonal est un problème qui regarde en premier instance les spectateurs, et
seulement en deuxième instance les acteurs (compositeurs et interprètes) mêmes. C’est un problème, plus que musicologique,
de sociologie de la musique. Dans notre cas, par contre, on affirme qu’à l’intérieur même de la communauté des spécialistes,
le post-kantisme a eu, et a encore, besoin de temps pour que ces contenus puissent être assimilés
VIII

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