Module Intégré Dermatologie Bases et principes du diagnostic biologique des mycoses cutanéo phanériennes et muqueuses

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Module Intégré 5 Dermatologie Bases et principes du diagnostic biologique des mycoses cutanéo-phanériennes et muqueuses Faculté de Médecine Montpellier-Nîmes Octobre 2005 Dr P. Rispail BASES ET PRINCIPES DU DIAGNOSTIC BIOLOGIQUE DES MYCOSES MUQUEUSES ET CUTANÉO-PHANÉRIENNES Objectifs pédagogiques - Connaître les modalités des différentes techniques mises en œuvre dans le cadre du diagnostic biologique des mycoses muqueuses et cutanéo-phanériennes. Savoir prescrire un examen mycologique et savoir en interpréter les résultats. - Connaître l'intérêt de la recherche d'une fluorescence sous rayonnement ultra-violet dans le diagnostic de certaines mycoses cutanéo-phanériennes. - Dans le cadre du diagnostic biologique des mycoses muqueuses et cutanéo-phanériennes, reconnaître la prééminence de la mise en évidence, par l'examen direct, du Champignon à l'état « parasitaire ». - Dans le cadre du diagnostic biologique des mycoses muqueuses et cutanéo-phanériennes, connaître les modalités d'isolement et d'identification des Champignons par culture mycologique. Plan de cours I - INTRODUCTION..................................................................................................................2 II - RECHERCHE D'UNE FLUORESCENCE SOUS RAYONNEMENT ULTRA-VIOLET (« LAMPE DE WOOD »)..........................................................................................................3 III – PRÉLÉVEMENTS .............................................................................................................4 IV - EXAMEN DIRECT .............................................................................................................5 IV.1 - Examen direct « à frais »........................................................................................................ 6 IV.2 - Examen direct après coloration ............................................................................................ 6 V - CULTURES ........................................................................................................................7 V.

  • fragments d'ongles …

  • fluorescence en plaques variant du jaune verdâtre au jaune orangé

  • lésion

  • examen direct du matériel

  • identification des champignons filamenteux

  • fluorescence

  • examen direct

  • principes du diagnostic biologique des mycoses cutanéo-phanériennes

  • squames


Publié le : samedi 1 octobre 2005
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 Bases et principes du diagnostic biologique des mycoses cutano-phanriennes et muqueuses
BASES ET PRINCIPES DU DIAGNOSTIC BIOLOGIQUE DES MYCOSES MUQUEUSES ET CUTANO-PHANRIENNESObjectifs pdagogiques - Connatre les modalits des diffrentes techniques mises en œuvre dans le cadre du diagnostic biologique des mycoses muqueuses et cutano-phanriennes. Savoir prescrire un examen mycologique et savoir en interprter les rsultats. - Connatre lintrt de la recherche dune fluorescence sous rayonnement ultra-violet dans le diagnostic de certaines mycoses cutano-phanriennes. - Dans le cadre du diagnostic biologique des mycoses muqueuses et cutano-phanriennes, reconnatre la prminence de la mise en vidence, par lexamen direct, du Champignon  ltat « parasitaire ». - Dans le cadre du diagnostic biologique des mycoses muqueuses et cutano-phanriennes, connatre les modalits disolement et didentification des Champignons par culture mycologique. Plan de cours I - INTRODUCTION..................................................................................................................2II - RECHERCHE DUNE FLUORESCENCE SOUS RAYONNEMENT ULTRA-VIOLET (« LAMPE DE WOOD ») ..........................................................................................................3III – PRLVEMENTS .............................................................................................................4IV - EXAMEN DIRECT .............................................................................................................5IV.1 - Examen direct «  frais »........................................................................................................ 6IV.2 - Examen direct aprs coloration ............................................................................................ 6V - CULTURES ........................................................................................................................7V.1 - Isolement .................................................................................................................................. 7V.2 - Identification ............................................................................................................................ 8V.2.1 - Identification des Levures.................................................................................................. 8V.2.2 - Identification des Champignons filamenteux..................................................................... 9
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I - INTRODUCTION Pour le clinicien, les buts du diagnostic biologique des mycoses muqueuses et cutano-phanriennes sont : - confirmer la mycose, ou, au contraire, sur la base dune rponse ngative, rorienter le diagnostic ; - identifier l'(ou les) agent(s) fongique(s) incrimin(s) et adapter au mieux la thrapeutique ; - comprendre la pathognie de la mycose et amoindrir (voire supprimer) les facteurs favorisant son dveloppement. Dans ce cadre, la dmarche mise en oeuvre par le laboratoire est influence par : - la symptomatologie clinique ; - les facteurs pidmiologiques inhrents au patient ; - le « terrain » immunitaire sous-jacent. Hormis : - quelques rares cryptococcoses cutanes primaires (par inoculation) ou secondaires (par dissmination hmatogne chez le siden) ; - quelques mycoses dermo-pidermiques galement par dissmination hmatogne de Champignons impliqus dans des mycoses tissulaires chez limmunodprim ou par contamination arienne de plaies, brlures, … par desCandida, des Aspergillus; - et dexceptionnelles sporotrichoses, des Mucorales ou par diverses Dmatiaces autochtones, la pathologie muqueuse et cutano-phanrienne dorigine fongique dveloppe en Europe se rsume essentiellement :  - aux pityrosporoses ( = malassezioses) : pityriasis versicolor, pityriasis capitis, folliculite  Pityrosporum;  - aux candidoses buccales (chilite et perlche, stomatites aigus ou chroniques) et digestives (de lœsophagite  lanite), gnitales (vulvo-vaginite, balano-posthite, …), cutanes (intertrigos des grands plis et des sillons interdigitaux, parfois interdigito-plantaires, …) et unguales (onyxis avec pri-onyxis) ;  - et aux dermatophytoses : onychomycoses dermatophytiques, en particulier des orteils, occasionnellement compliques dune colonisation secondaire par un Champignon filamenteux opportuniste (Scopulariopsis brevicaulis,Fusariumdermatophytoses de la peau dite…) ;  sp., « glabre » (dermatophytose cutane circine, dermatophytose inguino-crurale, dermatophytose interdigitoplantaire, …) ; teignes du cuir chevelu (teignes tondantes microsporiques ou trichophytiques, teigne favique) ; folliculites suppures (sycosis ou mentagre, krion). Dune manire gnrale, le diagnostic biologique d'une mycose muqueuse ou cutano-phanrienne repose sur :  - la rvlation d'une ventuelle fluorescence sous rayonnement ultra-violet de certaines lsions fongiques de la peau ou du cuir chevelu ;  - la mise en vidence du (ou des) Champignon(s)  l'tat parasitaire par examen direct du produit biologique prlev ;  - lisolement et lidentification de ce(s) Champignon(s) par cultures. L'valuation de la sensibilitin vitro du Champignon  divers antifongiques (« antifongigramme ») est exceptionnellement justifie et na que trs peu dintrt en pratique courante. Ni la recherche danticorps spcifiques, ni celle d'antignes fongiques circulants ne sont justifies dans le cadre du diagnostic des mycoses muqueuses et cutano-phanriennes. La biologie molculaire (dtection de Champignons dans le matriel biologique, identification spcifique …) reste encore actuellement du domaine de la recherche.
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Lordonnance prescrivant lexamen mycologique d'une mycose muqueuse ou cutano-phanrienne sera donc rdige ainsi : « Examen mycologique dune lsion de … : prlvement, examen direct et cultures (isolement et identification) ». Lventuelle recherche dune fluorescence sous lampe de Wood pourra tre mentionne si elle na pas t effectue par le clinicien. II - RECHERCHE DUNE FLUORESCENCE SOUS RAYONNEMENT ULTRA-VIOLET (« LAMPE DE WOOD ») Les voies biochimiques utilises par certaines espces particulires de Champignons pour dgrader les molcules organiques constitutives de la peau et des phanres (notamment la kratine) aboutissent  la prsence, dans les tissus coloniss, de substances spontanment fluorescentes sous un rayonnement ultra-violet d'une frquence donne. L'examen de ces lsions cutano-phanriennes ainsi « claires »  l'aide de la lampe de Wood peut rvler cette fluorescence, et donc fortement tayer le diagnostic positif de mycose. La teinte de la fluorescence oriente vers un type de Champignon (ventuellement vers un diagnostic diffrentiel non mycologique). L'tendue des zones cutanes fluorescentes permet un bilan d'extension de lactivit du Champignon et guide le geste de prlvement en vue de l'examen mycologiqueproprementdit.Toutefois,l'absencedefluorescencenetteni'nfirmeenrienlediagnosticde mycose. En pratique courante, cet examen para-clinique fait partie du diagnostic des pityrosporoses (= malassezioses) et de certaines dermatophytoses : * L'examen sous lampe de Wood des lsions hyper-chromiques (plus rarement des lsions hypo- ou achromiques) du pityriasis versicolor met en vidence une fluorescence en plaques variant du jaune verdtre au jaune orang. Il rvle les atteintes invisibles  l'œil nu et permet un bilan d'extension  l'ensemble du tronc, des hanches, des cuisses, ... Pour en savoir plus Par contre, la fluorescence « gris perle » de lsions hypochromiques oriente plutt vers un vitili o.Cette mme fluorescence jauntre : -en plaques sur le cuir chevelu est fortement en faveur d'un pityriasis capitis ; - ponctuelle au niveau des follicules pilo-sbacs oriente vers une pityrosporose folliculaire. * Une fluorescence verte sous rayonnement ultra-violet des petits cheveux casss courts est un argument majeur du diagnostic de certaines teignes tondantes microsporiques, notamment des teignes Microsporum canis(galement M. audouini langeroni) et, plus accessoirement en Europe, du favus Trichophyton schoenleini. Ce sont, bien entendu, ces petits cheveux fluorescents qui seront prlevs en priorit en vue de l'examen mycologique. Pour en savoir plus D'autre part, au cours de toute lsion microsporique de la peau (dermatophytose circine  Microsporum), le duvet peut tre colonis par le Champignon, de la mme manire que le cheveu au cours des teignes, notamment en priphrie des lsions. De plus, c'est au niveau des poils follets et duvets que les Dermatophytes, en particulier lesMicrosporum, subsistent aprs un traitement insuffisant.Leurfluorescencedoitdonctresystmatiquementrecherche(bienqui'nconstantesilepoil, trop fin, est peu parasit). A noter : la fluorescence rouge sous rayonnement ultra-violet d'une lsion cutane inguino-crurale oriente le diagnostic vers un rythrasma, lsion due  une Bactrie du genreCorynebacterium.
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III - PRLVEMENTS De l'efficacit du geste de prlvement et de la quantit du matriel biologique prlev dpend le succs des tapes ultrieures du diagnostic mycologique. Les prlvements doivent tre effectus avant tout traitement antifongique par voie gnrale ou en application locale. Les prcautions d'usage de strilit visent, entre autres,  viter la contamination du matriel biologique par les Bactries, mais galement par des Levures ou des Champignons filamenteux prsents dans le milieu extrieur ou  l'tat saprobiontique chez le patient : conditions optimales d'asepsie, strilit du matriel de prlvement et de recueil … Le matriel strile utilis pour le prlvement est fonction du type et de la localisation de la lsion et du produit biologique  recueillir : couvillon humidifi au moyen dun peu de liquide physiologique strile, curette de Brocq fentre, scalpel mousse (c'est  dire non aiguis) ou vaccinostyle, pinces  piler, ciseaux fins, pinces et ciseaux  ongles, bistouri d'Harouet (ou Punch-biopsy ),  Les produits biologiques prlevs sont : * les mucosits (couvillonnage de muqueuses) * le suintement des intertrigos, le pus des pri-onyxis (couvillonnage) * les squames (scalpel mousse, curette de Brocq) * les cheveux, poils et duvets (pinces  piler) * les fragments d'ongles et la matire sous-unguale (scalpel mousse, curette de Brocq) * les fragments tissulaires (biopsies, pices opratoires) Pour en savoir plus Casparticulierdesprlvementscutano-phanriens:ilconvientdi'nsistersurlefaitque,pour ce type de prlvements, l'utilisation de l'couvillon (ventuellement humidifi au moyen de liquide physiologique) est un pis-aller. Il ne doit, en aucun cas, tre utilis seul pour les lsions du cuir chevelu, les folliculites suppures, les atteintes unguales, les lsions cutanes sches. Cette mauvaise pratique est la cause de la plupart des fausses ngativits. Ces dernires entranent alors l'abandon du traitement antifongique envisag par le praticien sur l'pidmiologie et l'aspect clinique de la lsion, et retardent le diagnostic, dterminant ainsi un prjudice certain, notamment dans les cas de teignes et de lsions suppures (risque de dissmination  l'entourage, cicatrices). Dautre part, l'application de cellophane adhsive n'a, en pratique, aucun rel intrt en mycologie. Au contraire, elle est souvent la cause de la fausse ngativit de l'examen. Les modalits du prlvement dpendentdelalsion,desonsige,desonaspect.Li'mportantestdercuprer,enchaquesiteprlev, un maximum de matriel pour un examen direct abondant, des cultures efficaces, ventuellement un nouvel examen direct et de nouvelles cultures en cas de « doute ». En pratique, suivant les diffrents types de lsions cutano-phanriennes, il est souhaitable d'obtenir : - une trentaine de squames (ou plus, si possible) prleves, au-dessus d'une bote de Petri, avec un scalpel mousse ou une curette, sur le relief vsiculeux priphrique dune lsion circine (le centre, squameux, est en voie de gurison), sur les taches dyschromiques dun probable pityriasis versicolor, en priphrie dune fissure interdigitoplantaire, … - au moins une quinzaine de cheveux ou poils parasits, prlevs  la pince en exerant une lgretraction.Lespoilsparasitsn'offrentaucunersistance,alorsqui'lestinutiledi'nsistersurunpoil ne venant pas spontanment. Si la lsion est suppure, une gouttelette de « pus » sourd au niveau de l'ostiole,  recueillir sur un couvillon humidifi avec du liquide physiologique strile. Au cours des teignes « endothrix », les cheveux sont trs fragiliss, augments de diamtre, casss trs
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courts ou enfouis et contourns dans les squames. Lors des teignes microsporiques, les cheveux parasits sont souvent fluorescents sous rayonnement ultra-violet et casss  quelques millimtres au-dessus du cuir chevelu (sensation de « petite brosse » au toucher), car soutenus par les gaines pithliales (aspect blanchtre). - un maximum de fragments d'ongles et de matire sous-unguale. En cas d'onychomycose sous-unguale, il faut recueillir,  l'aide d'un scalpel et/ou d'une curette, toute la matire sous-unguale, jusqu' la limite de dcollement de la tablette, cette limite signant le front d'avance du Champignon (les derniers fragments prlevs renferment les filaments les plus jeunes). Seule la prsence de taches de leuconychie superficielle justifie le prlvement de fins copeaux raliss par grattage au scalpel de la surface de la tablette unguale, ou du matriel finement crayeux obtenu en creusantchaqueplaqueblanchtreavecunecurette.Lorsqui'lexisteunpri-onyxis,lerecueilauscalpeloulacurettedessquamesdupourtourdel'onglefaciliteli'ssuedepussouslebourreletsus-un ual,  rlever  l'couvillon. Le conditionnement et le transport de ces produits biologiques se font en rcipients striles (tubes, flacons, petites botes de Petri, …) bien ferms. Lajout de quelques gouttes de liquide physiologique strile  lcouvillon est conseill pour viter la dessiccation. Les fragments de tissus (biopsies, pices opratoires) destins  l'examen mycologique doivent tre conditionns dans du liquide physiologique strile, sans fixateur, totalement spars de ceux, fixs, destins  l'anatomo-pathologiste. Dune manire gnrale, la longue survie  sec et  temprature ambiante des Champignons dans les squames, cheveux et poils, fragments dongles et de matire sous-unguale permet un envoi  distance sans risque de dtrioration. Le produit biologique ainsi prlev sera ensuite partag en deux parties sensiblement gales par le laboratoire pour effectuer en parallle examen direct et culture. IV - EXAMEN DIRECT Il s'agit, bien videmment, de l'examen direct du matriel prlev, et non de l'examen microscopique des produits de la culture ! Dans le langage courant, cette vidence est pourtant loin d'en tre une pour tout le monde ... Cet examen direct, technique indispensable pour mettre en vidence le Champignon sous un « tat parasitaire », apporte en quelques minutes (alors que l'ventuelle croissance en culture et li'dentificationd'unChampignonpeuventprendreplusieurssemaines)lapreuveformelledunemycose. A elle seule, en effet, la positivit de lexamen direct permet dimpliquer un (ou plusieurs) Champignon(s) dans le processus pathologique en rvlant, par exemple, la prsence de Levures bourgeonnantes du genreCandida, ventuellement accompagnes de myclium, sur les muqueuses ou de filaments de Dermatophyte dans les squames, les fragments dongles … En cas de positivit de lexamen direct, le diagnostic de mycose sera bien videmment maintenu, mme si les cultures restent ultrieurement ngatives … Pour en savoir plus  Cette ngativit des cultures sexplique par laffaiblissement du Champignon du fait de l'anciennetdeli'nfestationoudetraitementsitratifsmaisinsuffisants.Ainsi,environletiersdesdiagnostics de mycose cutano-phanrienne, la moiti de ceux d'onychomycose des pieds, n'est port ue sur le seul examen direct !… ou sont souilles par d'autres spores « contaminantes » prsentes sur ou dans le matriel biologique prlev.
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Pour en savoir plus  Exemple de spores « contaminantes » : spores dePenicilliumspp. qui germent au contact du milieu de culture. Le myclium envahit alors la glose, inhibant la croissance du Champignon attendu, aussi bien ar com tition s atiale ue ar excrtion de molcules antifon i ues. A contrario, la croissance en culture, alors quun examen direct minutieux et approfondi est rest ngatif, de colonies de Champignons dont les spores sont connues pour tre prsentes en grand nombre  ltat normal dans le milieu extrieur et/ou hberges naturellement par le patient, ne permet pas,  elle seule, daffirmer la mycose. Un examen microscopique minutieux de la morphologie des lments fongiques dans les produits biologiques permet de prciser le(s) type(s) de Champignon(s) impliqu(s). Il oriente ainsi son (leur) identification ultrieure par cultures. De plus, la constatation de la coexistence de plusieurs types de myclium permet la dtection de frquentes associations Pour en savoir plus Exemples dassociation : Dermatophyte + Levure dans les squames des lsions interdigitoplantaires ; Dermatophyte + opportuniste dans la matire sous-unguale lors donyxis « chroniciss » du fait de la non-efficacit de nombre d'antifon i ues sur les o ortunistes. Deux modalits dexamen direct peuvent tre mises en œuvre : IV.1 - Examen direct «  frais »  Lexamen direct «  frais » se pratique directement sur le produit biologique, sans fixation ni coloration spcifique. Il est facilit par lutilisation dclaircissants (p. ex. : lactophnol d'Amann). Sont ainsi, par exemple, examins les appositions sur lame dcouvillons, les cheveux, poils et duvets. Examen direct «  frais »  levures bourgeonnantes (+/-myclium) de mucosits, …Candidaspp.  …  filaments intra-pilaires et spores de cheveux, poils, duvets Dermatophytes  spores deMalassezia furfurintra-folliculaires IV.2 - Examen direct aprs coloration  Les principales colorations utilises en Mycologie (aprs fixation par 50% alcool - 50% ther) sont des « colorations aprs oxydation ». Lune dentre elles, la coloration en rose « fuchsia » fonc selon la technique de Hotchkiss-MacManus (HMM) est adapte de la coloration P.A.S. (acide periodique, ractif de Schiff) des histo-pathologistes. Elle est particulirement indique pour mettre en vidence les Levures (blastospores et filaments) et les filaments des Dermatophytes et de certains Champignons opportunistes (Scopulariopsis brevicaulis,Fusariumspp., …).
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Pour en savoir plus En prsence d'acide priodique (du latinper: au-del, et du greciods: violet [do : iode] et non « priodique », du grecperi: autour de, etodos: chemin), les groupements hydroxyle des complexes polysaccharidiques des parois des cellules fongiques sont oxyds en aldhydes. Agissant comme des rducteurs, les aldhydes ainsi forms ragissent avec le ractif fuchsine-sulfureux de Schiff. Examen direct aprs coloration selon la technique de Hotchkiss-MacManus (HMM)  levures bourgeonnantes (+/-myclium) de Candidaspp. squames spores et filaments deMalassezia furfur filaments de Dermatophytes  levures bourgeonnantes (+/-myclium) de fragments dongleCandidaspp. et matire sous-unguale filaments de Dermatophytes  filaments de Champignons opportunistes V - CULTURES  Le but des cultures est le dveloppement et lisolement de colonies qui, une fois dnombres (notammentdanslecasdesLevures),permettrontli'dentificationdu(oudes)Champignon(s)impliqu(s).Lersultatdecetteidentificationdoittrecorrlli'mageobservel'examendirect.Autrement dit, le(s) Champignon(s) qui « pousse(nt) » doi(ven)t tre celui (ceux) attendu(s) d'aprs le rsultat de l'examen direct. V.1 - Isolement  Lisolement se fait par ensemencements pratiqus de faon strile (prs d'un bec Bunsen), classiquement sur tubes de glose glucose (2 %) de Sabouraud, contenant des antibiotiques antibactriens et des vitamines (en ayant soin de conserver une quantit suffisante de matriel biologique pour l'examen direct sil na pas encore t effectu). L'adjonction de cycloheximide (Actidione)dansunepartiedesmilieuxpermetdi'nhiberlacroissanced'ventuelsChampignonscontaminants (mais, attention ! il inhibe galement celle de certaines Champignons impliqus en pathologie humaine :Candida glabrata,Cryptococcus neoformans, …) et d'utiliser la rsistance ou la sensibilitduChampignonceproduitcommecritredi'dentification.Pour en savoir plus  Les exigences mtaboliques (besoins en oxygne, …) de nombreux Champignons impliqus en pathologie cutano-phanrienne ncessitent toutefois l'utilisation de gloses de culture conditionnes : - en grands tubes contenant au moins 20 ml de milieu refroidi inclin, de faon  ce que la pente soit la plus longue possible, s'arrtant  3 cm du bouchon, pour une aration maximale, le bouchon tant viss  fond; - en botes de Petri de 9 cm de diamtre, contenant 30 ml de milieu our o timiser la lace dis onible our les colonies fon i ues.
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Les milieux ainsi ensemencs sont conservs au moins une semaine  27 C (et  37 C pour les produits biologiques d'origine profonde : biopsies, pices opratoires). En cas de positivit, le dveloppement :  - en deux  quatre jours (parfois davantage, notamment quand le patient est dj trait par antifongiques), de colonies blanchtres, crmeuses, paisses, luisantes suggrera une (ou des) Levure(s), notamment du genreCandida. Les colonies sont dnombres, habituellement de faon semi-quantitative (de « rares »  « trs nombreuses ») ;  - en trois  huit jours, de colonies en nappe de consistance et de teinte variables (bleute, verte, ocre, rose, blanche, …) orientera vers lesAspergillus,Penicillium,Fusarium, et autres Champignons filamenteux, … ;  - en une  trois semaines, parfois plus, de colonies dont la forme, la consistance et la couleur, variables, seront des critres macroscopiques didentification des Dermatophytes. Pour en savoir plus  En cas de suspicion de dermatophytose, les milieux devront donc tre conservs au moins trois semaines avant de considrer les cultures comme n atives ! Ces dlais de croissance, vritables critres didentification des Champignons, conditionnent, bien entendu, le dlai de rponse dfinitive de la part du Laboratoire. Par ailleurs, la ngativit des cultures (souvent du fait de prises antrieures d'antifongiques) ni'nfirmebienvidemmentpaslediagnostic(enparticulierquandl'examendirectestpositif)etn'aaucune valeur de gurison dune mycose prcdemment prouve tant que l'examen direct reste positif. V.2 - Identification Li'dentificationdesespcesdeLevuresoudeChampignonsfilamenteuxpermetdadapterlathrapeutique et, souvent, de prciser le mode de contamination. Elle se fait sur des caractres morphologiques (macro- et microscopiques) et/ou physiologiques (vitesse de croissance, besoins vitaminiques, utilisation et fermentation des sucres, ...). V.2.1 - Identification des Levures Laphasedi'dentificationdesLevures,notammentdecellesdugenreCandida, doit, dsormais, imprativement tenir compte de l'ventualit de l'association de plusieurs espces dans un mme chantillon biologique. Pour en savoir plus Ces associations sont lies  la fois  l'augmentation constante du nombre de patients atteints de pathologies et/ou soumis  des traitements dterminant la prolifration des Levures, et  la prescription au long cours d'antifongiques favorisant des Levures naturellement peu sensibles  ces molcules . ex.Candida labrata,C. krusei.  Classiquement, la dtection de ces associations passe par un repiquage sur milieu de Sabouraud contenant du triphnyl-2,3,5-ttrazolium, substance que chaque espce est plus ou moins apte  rduire en fournissant un compos color. Les colonies prenant des teintes diffrentes (du blanc au rouge violac) doivent tre considres comme autant de souches despces diffrentes, qui seront repiques et identifies sparment. Rcemment, la dtection de ces associations a pu bnficier de la mise au point de milieux contenant des chromognes, teintant plus ou moins les
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 Bases et principes du diagnostic biologique des mycoses cutano-phanriennes et muqueuses
colonies de couleurs particulires  certaines souches, sans pour autant permettre leur identification spcifique prcise. Li'dentificationdeCandida albicanspasse par la rvlation d'au moins un des deux caractres suivants : formation de chlamydospores caractristiques, 24  48 heures aprs repiquage en stries profondes (anarobiose) sur des milieux pauvres en sucres et tensio-actifs (PCB = Pomme de terre -Carotte - Bile; RAT = Rice - Agar -Tween); filamentation en srum (= blastse)  37 C en quatre heures au maximum. Li'dentificationspcifiquedesautresespcesdeCandidal'tude de certaines ncessite proprits physiologiques de la Levure, en particulier son aptitude (actuellement value en « galeries » commercialises)  assimiler divers sucres (« auxanogramme ») et  les fermenter («zymogramme»).Li'dentificationspcifiqueparagglutinationdeparticulesinertessensibilisespardes anticorps monoclonaux est en cours d'valuation.  Outre par sa mise en vidence  ltat parasitaire par lexamen direct, il est important d'valuerli'mplicationrelledanslapathologied'uneLevureisoled'unchantillonbiologiqueparlenombre de colonies dveloppes en culture et par son isolement  plusieurs reprises dans le mme type de matriel biologique.  Cette phase disolement et didentification de la (des) Levure(s) dure au minimum trois jours et peut demander une semaine. V.2.2 - Identification des Champignons filamenteux Lemilieuglucosdi'solementdeSabouraudfavoriselacroissancedumycliumdesChampignons filamenteux, mais non leur sporulation. Or, en pratique, la morphologie microscopique des organes de reproduction asexue est le critre majeur didentification spcifique de ces Champignons.Ilestdoncncessairederepiquerlescoloniessurdesmilieuxdi'dentificationnonglucoss qui stimuleront la fructification des organes sporignes et des spores (p. ex. micro- et macroconidies des Dermatophytes). Pour en savoir plus Les principaux milieux didentification utiliss en pratique courante par les mycologues sont : le milieu « Pomme de terre-Carotte » (Dermatophytes, Dmatiaces, …), le milieu Lactritmel de Borelli (Dermatophytes,Aspergillus, …), le milieu de Czapek-Dox (Aspergillus), la glose au malt (Champignons filamenteux opportunistes) et la glose au Mas ou corn meal agar (Dermatophytes et Cham i nons filamenteux o ortunistes .  Les principaux critres didentification des Champignons filamenteux sont :  * le dlai dapparition des colonies et la vitesse de leur croissance ;  * la thermo tolrance du Champignon et son optimum thermique de croissance ;  * les caractres macroscopiques des colonies : forme (plane, bombe, crbriforme, …),  consistance (poudreuse, duveteuse, cotonneuse, dure, lastique, …), couleur (recto  et verso), … ;  * les caractres microscopiques : myclium (diamtre, rgularit, ramifications, arthrospores,  chlamydospores, …), organes sporignes (conidiophores et vsicules, phialides, …),  spores (abondance, dimensions, morphologie, coloration, segmentation, …),  ornementations du myclium (nœuds, vrilles, chandeliers, …).
Facult de Mdecine Montpellier-Nmes
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