Pierre de Béthune

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  • cours - matière potentielle : la seconde moitié
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  • cours - matière potentielle : introduction
  • cours - matière potentielle : eau en phase de remblaiement
Pierre de Béthune Ixelles, le 23 mars 1909 ; Louvain-la-Neuve, le 20 mars 1991. Correspondant de la Classe des Sciences en 1977 ; Membre en 1986 ; Directeur de la Classe et Président de l'Académie en 1990. Géologue. Professeur à l'Université Catholique de Louvain. par André D E L M E R et Dominique L A D U R O N Tel un guetteur du siècle, le baron Pierre de Béthune aura vécu cette lente maturation qui, au cours de la seconde moitié de ce siècle, a donné aux sciences de la Terre leurs lettres de noblesse.
  • fastidieuse description de la surface de la terre pour présen­
  • époque sur base du célèbre traité de harker
  • ab­ sence de dépôts corrélatifs sur les sommets
  • con­ naissances sur l'évolution des appalaches
  • origine effusive de la rhyolite du piroy
  • problème tectonique de l'ardenne
  • historique des théories et des recherches sur le métamorphisme de l'ardenne
  • géologie
  • théorie
  • théories
  • recherches
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Publié le : lundi 26 mars 2012
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Notices Pierre de Béthune
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Pierre de Béthune
Ixelles, le 23 mars 1909 ; Louvain-la-Neuve, le 20 mars 1991.
Correspondant de la Classe des Sciences en 1977 ;
Membre en 1986 ;
Directeur de la Classe et Président de l'Académie en 1990.
Géologue. Professeur à l'Université Catholique de Louvain.
par André DELME R et Dominique LADURON
Tel un guetteur du siècle, le baron Pierre de Béthune aura vécu
cette lente maturation qui, au cours de la seconde moitié de ce
siècle, a donné aux sciences de la Terre leurs lettres de noblesse.
Suivant un schéma commun à toutes les sciences, la géologie a
progressivement limité ses prétentions explicatives, a fixé son
vocabulaire et forgé ses méthodes propres. Toujours en spectateur
curieux et lucide, quelquefois en acteur, Pierre de Béthune a su
se garder d'une spécialisation trop exclusive tout en cultivant ses
domaines de prédilection.
*
* *
Né à Ixelles, le 23 mars 1909, Pierre de Béthune trouve dans
le milieu familial ce ferment qui produira les qualités qu'on lui
connaît. Son père en effet était professeur de cartographie et de
topographie à l'École royale militaire ; en 1919, il est envoyé en
mission diplomatique à Rome. C'est ainsi que le jeune P. de Bé­
thune acquiert un goût très sûr du dessin, une grande habileté de
cartographe et une culture humaniste étendue.
Revenu en Belgique, P. de Béthune obtient en 1931, à l'Uni­
versité Catholique de Louvain, le diplôme d'ingénieur civil des
mines. Après son service militaire à l'artillerie, il bénéficie de
1932 à 1935 d'une « CR B Fellowship » de la « Belgian American
Educational Foundation » qui lui permet de séjourner aux États-
Unis. A l'université du Wisconsin, il obtient un « Master of
Science » en 1933. Il participe au Congrès géologique internatio­
nal à Washington et visite les sites classiques de la géologie nord-
américaine. Au cours de l'année académique 1933-1934, il
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séjourne à l'université de Stanford et pratique la cartographie
géologique en marquant un intérêt tout particulier pour la tectoni­
que et la géomorphologie. Après six mois passés comme assistant
au « Départment of Mining » de l'université Columbia à New
York, il effectue une prospection minière à Flathead en Colombie
Britannique.
De retour en Europe en 1936, il visite les universités d'Ams­
terdam et de Leiden ainsi que le Geologisch Bureau à Heerlen où
il s'intéresse tout particulièrement à la pétrographie des houilles.
Avec Maurice Lugeon à l'université de Lausanne, il découvre les
Alpes et leurs problèmes tectoniques.
Une telle formation devait nécessairement amener Pierre de
Béthune à la carrière académique qu'il entama en 1936 comme
chargé de cours puis comme professeur en 1939.
Les enseignements dont il fut chargé et qu'il dispensa en fran­
çais et en néerlandais durant une grande partie de sa carrière,
furent très variés. Outre la géographie physique et la pétrogra­
phie, P. de Béthune enseigna aussi durant des périodes limitées,
la géologie appliquée et la géologie structurale. Il contribua ainsi
à la formation de très nombreux géologues, géographes et ingé­
nieurs des mines. Il donna en outre le cours d'introduction à la
minéralogie, à la géologie et à la géographie physique tant aux
candidats ingénieurs civils qu'aux candidats en sciences et en
agronomie.
La production scientifique de P. de Béthune est abondante et
variée à tel point qu'il devient difficile d'en faire une analyse tant
soit peu complète, aussi devons-nous la limiter à l'essentiel.
P. de Béthune, encore étudiant, publie un premier travail en
1931, et c'est dans le n° 12.1990 de ses Bulletins que notre Aca­
démie royale recueille son dernier message.
En 1936, P. de Béthune expose le résultat de ses levers géolo­
giques en Colombie Britannique. Ce travail est bien plus qu'une
description géologique des environs de Flathead Townsite. A
cette époque, J. L. Rich venait à peine de définir la notion de
rampe tectonique, qui devait se révéler si féconde pour l'étude
des « thin-skinned deformations ». En avance sur son temps,
P. de Béthune donne une image très moderne de la structure où
on trouve en germe ce qui deviendra bien plus tard la méthode
des « balanced cross-sections ». On admire dans ce travail la dia­
lectique serrée propre aux sciences d'observation, qui part de
l'examen méthodique des faits pour éliminer successivement les
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hypothèses fausses ou improbables, et ainsi approcher de la
vérité.
On se prend à regretter que P. de Béthune n'ait pas poursuivi
des études de tectonique structurale, mais sans doute son incoer­
cible curiosité l'appelait-elle à d'autres sujets.
Cependant, P. de Béthune revient plus tard à la tectonique
notamment en donnant une description de nos bassins houillers
où il expose les idées de l'époque (1952), mais formulées avec
quelle clarté ! En 1967, dans une adresse présidentielle prononcée
devant l'assemblée générale de la Société Géologique de Belgi­
que, P. de Béthune nous livre « quelques réflexions sur la compo­
sante horizontale de la mobilité tectonique ».
La géomorphologie ou l'étude des formes du relief ont pas­
sionné P. de Béthune, et M . le professeur A. Pissart a bien voulu
donner ci-dessous son analyse des apports de P. de Béthune dans
cette science si spéciale.
La publication de 1937 « Éléments tectoniques ayant déter­
miné le cours de l'Alameda en Californie centrale » est d'esprit
très moderne. Basée sur des observations détaillées de géologie et
de géomorphologie (surface d'érosion et de dépôts corrélatifs),
cette étude conduit à des résultats vérifiés ultérieurement. Réali­
sée pendant le séjour d'un an à l'université de Stanford sans pré­
paration bibliographique et sans idée préconçue, les conclusions
étaient originales et ont amené leur auteur à reconnaître le dépla­
cement horizontal considérable de quelques grandes failles en
Californie à un moment où on ne soupçonnait pas l'importance
de leur rejet.
P. de Béthune avait, un peu auparavant, étudié « la physiogra-
phie de l'est des États-Unis » et avait résumé en 1932 les con­
naissances sur l'évolution des Appalaches. Il s'y montre imprégné
de la théorie du cycle d'érosion de W. M. Davis qui s'éloignait
d'une fastidieuse description de la surface de la terre pour présen­
ter une théorie explicative de l'évolution du relief continental.
Cettee a occupé la majorité des géomorphologues jusqu'à
la dernière guerre, et une grande partie des publications de
P. de Béthune ont été consacrées à cette question fondamentale.
L'origine du réseau hydrographique de Moyenne Belgique a
d'abord intéressé P. de Béthune qui, comme il l'avait fait en Cali­
fornie, a cherché à reconstituer l'allure de la surface originelle à
partir de laquelle les rivières sont apparues. Il a ainsi défendu
l'hypothèse suivant laquelle les rivières de la Moyenne Belgique
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s'étaient localisées dans des dépressions synclinales. S'intéressant
au développement des méandres des rivières (1946), il souligne
diverses difficultés que rencontrent les théories classiques et
montre (1947) comment se produisent des déplacements de cours
d'eau en phase de remblaiement, phénomène qui sera peu après
connu sous le nom de « capture par déversement ».
De 1948 à 1957, les publications de P. de Béthune concernent
essentiellement l'évolution du relief appalachien et condruzien.
L'auteur montre une réalité beaucoup plus complexe que ne le lais­
serait supposer la théorie du cycle d'érosion. Il démontre l'in­
fluence des mouvements tectoniques qui perturbent l'évolution
classique du relief telle qu'elle est présentée par Davis. Dans plu­
sieurs publications, il insiste sur la théorie de l'usure des crêtes due
à Ashley (1953) et qui pourrait expliquer la concordance d'altitude
des sommets d'une région. Quoique illustrés par des exemples
divers, il s'agit avant tout de raisonnements théoriques, car l'ab­
sence de dépôts corrélatifs sur les sommets ne permet pas d'appor­
ter d'argument définitif en faveur d'une théorie particulière.
P. de Béthune a été, fin 1950, à l'origine de la création du
Centre national de Recherches Géomorphologiques, lequel a
donné, pendant 25 ans, une impulsion considérable aux travaux
réalisés dans ce domaine. Membre du Comité Directeur, P. de Bé­
thune en a orienté les travaux pendant plusieurs années dans la
perspective de la réalisation d'une carte géomorphologique de la
Belgique et ainsi il a favorisé des études morphométriques détail­
lées. Il a été conduit à étudier en grand détail le relief appala­
chien du Condroz et à présenter dans plusieurs publications, entre
1964 et 1967, les problèmes que soulèvent la surimposition des
rivières et leurs adaptations structurales.
Dans la seule publication consacrée à une description détaillée
d'un dépôt quaternaire (1950), P. de Béthune est le premier à
décrire en Belgique des éboulis ordonnés qu'il interprète très jus­
tement comme des dépôts périglaciaire. Il montre excellemment
les relations existant entre ces formations et les dépôts de la
plaine alluviale de la Meuse, à proximité de Namur.
P. de Béthune s'est imposé comme un théoricien de l'évolu­
tion géomorphologique, préoccupé avant tout de rechercher quand
et pourquoi la grande théorie du cycle de Davis n'était pas appli­
cable. Ainsi a-t-il participé à la discussion qui a mobilisé pendant
de nombreuses années les forces vives des géomorphologues du
monde entier.
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Les problèmes de géographie physique auraient pu, à eux
seuls, remplir une carrière, mais la pétrographie et la pétrologie,
non seulement des roches métamorphiques mais aussi des roches
ignées, devaient être une autre passion de P. de Béthune.
Dans ce champ disciplinaire, sa première publication date de
1944 et a trait à l'origine effusive de la rhyolite du Piroy
(Malonne). En 1949, il se préoccupe des manifestations bénignes
du métamorphisme entre autres en discutant le cas de l'Ardenne.
Il attire alors l'attention sur la nécessité de distinguer dans le
métamorphisme régional les effets de la recristallisation méta­
morphique - qui peut être statique - des effets de la déformation
tectonique. Grâce à de multiples observations, il était ainsi amené
à remettre en cause certaines théories enseignées à l'époque sur
base du célèbre traité de Harker (1932), qui avait été une de ses
références durant ses années d'études.
En 1950, s'ouvre une période que P. de Béthune consacre à
divers travaux au Kivu. Après deux articles consacrés aux gise­
ments d'or de Lubongola et d'étain de Migamba, il publie une
note consacrée à l'étude pétrographique de roches métamorphi­
ques des monts Ruindi. Mais les travaux les plus significatifs réa­
lisés dans cette région - dont la plupart en collaboration avec
A. Meyer - seront consacrés entre 1956 et 1960 à la carbonatite
de la Lueshe. Deux articles n'ont-ils pas été publiés l'un, dans la
célèbre revue « Nature » en 1957, et l'autre, dans les comptes
rendus du Congrès Géologique International qui s'est tenu à
Copenhagen en 1960. U n prolongement de ces travaux sur la car­
bonatite de la Lueshe se retrouve dans deux notes publiées avec
H. Jans en 1966 dans les comptes rendus du congrès de l'Interna­
tional Mineralogical Association à Cambridge. Elles précisaient
les propriétés optiques extraordinaires et la composition chimique
de l'amphibole alcaline présente dans la carbonatite.
Au début des années 60, la microsonde électronique conçue
par Castaing est à peine lancée sur le marché que P. de Béthune
perçoit toute l'importance que cet instrument de microanalyse
aura dans les recherches pétrologiques futures. Avec deux collè­
gues, il obtient en 1965 du Fonds de la Recherche Fondamentale
Collective les crédits nécessaires pour lancer son laboratoire sur
cette voie nouvelle. En 1965, il est avec un de ses doctorants
parmi les premiers à publier, dans les C.R. de l'Académie des
Sciences de Paris, une note sur le zonage des grenats. Ce sujet
devint vite un thème familier qu'il développa avec ses élèves et
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avec des chercheurs étrangers qui, confrontés avec ce problème,
avaient été attirés dans son laboratoire. En 1966, la microsonde
est à la base de deux notes publiées avec un collaborateur à pro­
pos de la roche « maclifère » de Libramont. La composition
minéralogique des « macules », constituée d'une association
intime d'amphibole et de quartz, et la nature graphitique du pig­
ment de cette roche particulière étaient définitivement établies.
Cette œuvre de précurseur, qui a permis le développement de
nombreuses recherches menées dans son laboratoire, a pu heureu­
sement trouver un prolongement dans le « Centre d'Analyse par
Microsonde pour les Sciences de la Terre » qui rassemble aujour­
d'hui autour d'une microsonde entièrement automatisée les cher­
cheurs de toutes les institutions belges de recherche dans le
domaine des Sciences de la Terre.
Si par la suite, l'Ardenne avec son métamorphisme et ses pro­
blèmes structuraux est restée une de ses cibles privilégiées, sa
curiosité et sa soif de comprendre l'ont porté vers d'autres régions
où il lancera ses élèves sur les problèmes les plus variés. Ce furent
entre autres le complexe granitique de Ploumanach en Bretagne et
le granite de Palamos en Espagne qui l'ont interpellé avec, pour ce
dernier, la problématique particulière du rhéomorphisme provoqué
par l'intrusion de dykes de basalte au sein du massif granitique. Là
aussi la microsonde fut un outil indispensable pour caractériser la
composition très hétérogène des verres résultant de la fusion par­
tielle. En collaboration avec un collègue de l'Université de Stras­
bourg, il s'intéressa à la genèse particulièrement complexe des gra-
nodiorites et diorites des Vosges du Nord ainsi qu'au métamor­
phisme de contact associé à ces masses et auquel s'est superposé
le métamorphisme du célèbre granite d'Andlau. Il n'avait pas pour
autant oublié les problèmes tectoniques des Alpes, auxquels Mau­
rice Lugeon l'avait initié au début de sa carrière. Dans les Alpes
Penniques italo-suisse, il engagea plusieurs doctorants dans des
recherches concernant non seulement le métamorphisme mais aussi
ses relations avec l'évolution tectonique de la chaîne alpine. On
retrouve ainsi un prolongement de l'intuition qu'il avait eue en
1949 dans son article « Sur les manifestations bénignes du méta­
morphisme » publié dans le Bulletin de l'Académie royale et qui l'a
aussi amené, lors d'un séjour aux États-Unis, à étudier les relations
entre recristallisation métamorphique et déformation tectonique
dans les Appalaches du Vermont et du Massachusetts. Il faut aussi
rappeler qu'au sein de son laboratoire, des chercheurs ont étudié
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des échantillons de roches métamorphiques récoltés au cours des
expéditions belges en Antarctique.
Tous les géologues ont à portée de main la carte géologique de
notre pays que P. de Béthune dessina et publia en 1954 à l'échelle
du 1/500.000e, avec une notice explicative, dans l'Atlas de Belgi­
que. Ce document synthétique suppose de la part de son auteur la
connaissance assimilée de toute la littérature géologique relative au
sous-sol de notre pays jusqu'en 1954. Il en est de mêm e de la carte
géologique de la Belgique et des régions limitrophes qu'il publia
en 1961 avec J. Bouckaert comme Planche 2 du même Atlas.
Il serait fastidieux d'énumérer tous les autres centres d'intérêt
que P. de Béthune a cultivés, toujours avec bonheur et avec la
même plume alerte et élégante. Les événements marquants de la
vie scientifique étaient pour lui autant de prétextes à rédiger une
chronique.
Ainsi son attrait pour l'Histoire des Sciences l'ont poussé, au
milieu des années 80, à rédiger un historique des théories et des
recherches sur le métamorphisme de l'Ardenne. Un manuscrit
inachevé de 1989, retrace l'histoire de la géologie à l'Université
Catholique de Louvain au travers des travaux de ses professeurs
de géologie.
Une longue carrière académique s'accompagne de charges qui
ne sont pas nécessairement honorifiques. P. de Béthune fut secré­
taire académique puis doyen de la Faculté des Sciences de 1949
à 1958. C'est au cours de son décanat que fut créé le Centre de
Calcul dont il assura la direction durant de nombreuses années ;
il fut également membre du Groupe de Programmation académi­
que de l'U.C.L. après 1968. En 1969, P. de Béthune fut profes­
seur visiteur à l'Université de Californie à Los Angeles. En Bel­
gique, successivement président de la Société Géologique de Bel­
gique et de la Société belge de Géologie, membre des Comités
nationaux de Géologie et de Géographie ainsi que du Conseil
Géologique de Belgique, administrateur de l'université officielle
du Congo Belge et du Rwanda-Urundi et enfin membre puis vice-
président de la Commission du Fonds National de la Recherche
Scientifique pour la géologie et la géographie. En 1977, il est élu
membre correspondant de l'Académie royale de Belgique avant
d'en devenir membre puis directeur de la Classe des Sciences et
Président de l'Académie en 1990.
Il faut connaître l'homme pour comprendre son œuvre. Excel­
lent pédagogue, comm e le reconnaissent tous ceux qui ont connu
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le professeur, P. de Béthune était exigeant pour lui-même comme
pour ses étudiants. U n trait significatif de son caractère était l'at­
tachement qu'il portait aux Institutions où il siégeait et pour les­
quelles il réclamait l'autorité et les prérogatives qui sont les leurs
tout en assumant pleinement ses devoirs envers elles.
Les années de guerre furent pénibles pour les chercheurs, pri­
vés qu'ils étaient de sources bibliographiques. O n a admiré com­
ment, dès 1945, P. de Béthune s'est assimilé les nouvelles notions
d'outre-Atlantique et a voulu en faire profiter son enseignement.
Les années de retraite furent tout aussi studieuses sans que
s'arrête pour autant son activité intellectuelle.
D'aucuns seraient tentés de regretter cet éventail si étendu des
intérêts intellectuels de P. de Béthune alors qu'en approfondissant
un domaine particulier il y aurait apporté une contricution essen­
tielle. Ses élèves ne regretteront certainement pas une telle dispo­
sition d'esprit, eux qui ont bénéficié d'un enseignement toujours
renouvelé.
L'attrait des sciences de la Terre tient sans doute au grand
nombre d'énigmes qu'elles soulèvent. Dans sa soif de tout com­
prendre, P. de Béthune les a parcourues et grâce à des dons
exceptionnels de son intelligence, il les a creusées, simplifiées et
en a fait surgir de nouvelles.
Déjà atteint par le mal qui devait l'emporter le 20 mars 1991,
P. de Béthune nous a laissé dans le discours de l'Académie Royale
du 15 décembre 1990, quelques réflexions sur le « Destin des théo­
ries géologiques ». On y retrouve l'empreinte de sa grande érudi­
tion géologique alliée à un humanisme de grande élévation.
Nous associons le nom de la baronne Pierre de Béthune, et
ceux de ses enfants, au souvenir affectueux plein d'admiration
que nous conservons de Pierre de Béthune.
LISTE DES PUBLICATIONS
Outre les publications mentionnées dans cette bibliographie, de Béthune a
rédigé 113 comptes rendus et analyses d'ouvrages, qui pour la plupart ont
été publiés dans la Revue des Questions Scientifiques.
DE BÉTHUNE, P., 1930. L'avenir de la résistance des matériaux. Rev. des
Éleves des Écoles spéciales de l'Université catholique de Louvain, 2 :
145-167.
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DE BÉTHUNE, P., 1931. L'avenir de la résistance des matériaux. Rev. des
Élèves des Écoles spéciales de l'Université catholique de Louvain, 3 :
19-37.
DE BÉTHUNE, P., 1931. L'avenir de la résistance des matériaux. Rev. des
Élèves des Ecoles spéciales de l'Université catholique de Louvain, 3 :
61-76.
DE BÉTHUNE, P., 1931. L'avenir de la résistance des matériaux. Rev. des
Élèves des Écoles spéciales de l'Université catholique de Louvain, 3 :
104-123.
DE BÉTHUNE, P., 1931. Aperçu de la géologie de la Nouvelle-Angleterre
et de la vallée de l'Hudson - lac Champlain. Rev. des Elèves des Éco­
les spéciales de l'Université catholique de Louvain, 3 : 149-175.
DE BÉTHUNE, P., 1932. La physiographie de l'Est des États-Unis d'Améri­
e
que. Rev. Quest. Sci. 4 série, XXII/3 : 335-354.
DE BÉTHUNE, P., 1933. À propos de « Living Africa » de Mr Bailley Wil-
lis. Rev. Quest. Sci. 4e série, XXIV/2 : 258-271.
DE BÉTHUNE, P., 1933. Considerations on the symmetry of mountain
chains. Master's University of Wisconsin-Madison.
DE BÉTHUNE, P., 1934. Thrusting of unfolded rocks. Pan-American Geolo-
gist, LXI : 320.
DE BÉTHUNE, P., 1935. Thrusting of unfolded rocks. Geol. Soc. Am. Proc.,
1935 : 325-326.
DE BÉTHUNE, P., 1936. Un recueil consacré à la géologie du Katanga : les
« Annales du Service des Mines » publiées sous la direction de
M. E. Reintjens par le comité spécial du Katanga. Rev. Quest. Sci.
e
4 série, XXX/3 : 404-413.
DE BÉTHUNE, P., 1936. « Ripple marks », rhombiques fossiles du Carboni­
fère de l'Oklahoma. Bull. Soc. belge Géol., 46/2 : 291-296.
DE BÉTHUNE, P., 1936. Un cas d'involution de nappes du second genre
dans les Montagnes Rocheuses du Canada. (Géologie des environs de
Flathead Townsite, Colombie Britannique). Mém. Inst. géol. Univ.
Louvain, X : 151-187.
DE BÉTHUNE, P., 1937. Een nieuwe hydrostatische prospectie balans.
Natuurwet. Tijschr., 19/3 : 77-82.
DE BÉTHUNE, P., 1937. Éléments tectoniques ayant déterminé le cours de
l'Alameda en Californie centrale. Ann. Soc. Sci. Bruxelles, 2e série,
57/2 : 73-109.
DE BÉTHUNE, P., 1938. Le problème tectonique de l'Ardenne. Rev. Quest.
e
Sci. 5 série, IV/2, 261-277.
DE BÉTHUNE, P., 1939. Le Grand Cañon du Colorado. Bull. Soc. Roy.
belge Géogr., LXIII/2 : 143-164.
DE BÉTHUNE, P., 1940. Begrippen van Paleontologie (Autographie). Leu-
ven, 17 blz.
DE BÉTHUNE, P., 1940. Inleiding tot mikroscopische Methoden van Petro-
graphisch Onderzoek. Geologisch Instituut, Leuven, 73 blz.
52
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