rcinome hépatocellulaire: approche qualitative et quantitative de la détection des mutations dans le tissu hépatique et dans l'ADN plasmatique.

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MINISTERE DE LA JEUNESSE, DE L'EDUCATION NATIONALE ET DE LA RECHERCHE ECOLE PRATIQUE DES HAUTES ETUDES Sciences de la Vie et de la Terre MEMOIRE Présenté Par Stéphanie Michel épouse Villar Pour l'obtention du diplôme de l'Ecole Pratique des Hautes Etudes TITRE: Mutations du gène TP53 et carcinome hépatocellulaire: approche qualitative et quantitative de la détection des mutations dans le tissu hépatique et dans l'ADN plasmatique. Soutenu le devant le jury suivant: Mr Paldi Andreas - Président Mr Exbrayat Jean-Marie - Rapporteur Mr Hainaut Pierre - Examinateur Mr Friesen Marlin - Examinateur Mme Sinilnikova Olga - Examinateur Laboratoire de: Directeur: Mr Jean-Marie Exbrayat Reproduction et développement des vertébrés Faculté catholique de Lyon Laboratoire de: Directeur: Mr Pierre Hainaut Centre International de Recherche sur le Cancer 150 cours Albert Thomas – 69372 Lyon Cedex 08 Introduction A- Le Cancer du foie …………………………………………………….1 EPHE Banque de Monographies SVT 1

  • cancer

  • interactions gènes-environnement

  • détection de mutation

  • aflatoxine b1

  • portion du gène tp53 humain

  • cancer du foie

  • adn plasmatique

  • mécanismes moléculaires de l'interaction aflatoxine

  • analyse de biopsies hépatiques pour la détection précoce


Publié le : mercredi 30 mai 2012
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MINISTERE DE LA JEUNESSE, DE L’EDUCATION NATIONALE ET DE LA RECHERCHE ECOLE PRATIQUE DES HAUTES ETUDES  Sciences de la Vie et de la Terre  MEMOIRE  Présenté  Par  Stéphanie MichelépouseVillar  Pour l’obtention du diplôme de l’Ecole Pratique des Hautes Etudes  TITRE:  Mutations du gène TP53 et carcinome hépatocellulaire: approche qualitative et quantitative de la détection des mutations dans le tissu hépatique et dans l’ADN plasmatique.   Soutenu le devant le jury suivant:   Mr Paldi Andreas -Président  Mr Exbrayat Jean-Marie -Rapporteur Mr Hainaut Pierre -Examinateur Mr Friesen Marlin -Examinateur Mme Sinilnikova Olga -Examinateur    Laboratoire de: Directeur:Mr Jean-Marie Exbrayat Reproduction et développement des vertébrés jmexbrayat@univ-catholyon.fr Faculté catholique de Lyon Laboratoire de: Directeur:Mr Pierre Hainaut Centre International de Recherche sur le Cancer hainaut@iarc.fr 150 cours Albert Thomas – 69372 Lyon Cedex 08   Introduction A- Le Cancer du foie …………………………………………………….1
 
                        1- Epidémiologie descriptive…………………………………………………2  2- Les facteurs de risque………………………………………………………5  2-1- Le virus de l’hépatite B……………………………………………….5  2-2- Les aflatoxines………………………………………………………6  2-3- Les aflatoxines et le virus de l’hépatite B………………………………..7  2-4 Les autres facteurs……………………………………………………7 -                        3- Pathologie Moléculaire……………………………………………………..8  4- Mécanismes de mutagenèse et de carcinogenèse………………………….10  4-1- Mutagenèse par l’Aflatoxine B1……………………………………….10  4-2- Prévalence de la mutation 249SERdans le monde…………………………12  4-3- Influence du virus de l’hépatite B………………………………………13  4-4- Mécanismes moléculaires de l’interaction aflatoxine – VHB………………16  
B- Le gène TP53: une cible majeure pour la carcinogenèse environnementale………………………………………………………………….16             1- Définition…………………………………………………………………..16  2- Structure……………………………………………………………………17   3- Fonctions biologiques de p53……………………………………………...19  4- Régulation………………………………………………………………….21  5- Mutations dans les cancers………………………………………………...21  C- L’ADN plasmatique: une source de biomarqueurs dans les cancers  Interactions gènes-environnement et cancérogenèse………………….…… 23 1- Origine et production………………………………………………………23 2- Méthodes d’analyses……………………………………………………….25 3- ADN circulant et pathologies……………………………………………...27  D- La spectrométrie de masse…………………………………………………...28 1- La technique SOMA: une technique ultra-sensible pour la détection de mutation de l’ADN……………………………………………………………30  2- Applications de la technique SOMA………………………………………31 Résumé des travaux:  Chaque année, à travers le monde, 10 millions de nouveaux cas de cancer sont diagnostiqués et plus de 6 millions de personnes décèdent des suites d’un cancer. Or, plus un cancer est détecté tôt, plus les chances de guérison sont élevées. La détection précoce du cancer est donc un défi majeur pour la médecine d’aujourd’hui. L’inactivation ou l’absence de la protéine p53, qualifiée du titre de gardien du génome, est le phénomène le plus fréquemment observé dans les cancers humains. Il a été démontré que la mutation ponctuelle du gène TP53 peut précéder l’apparition de lésion dans le cas de cancers induits par des agents exogènes. Un exemple classique de cette situation est le cancer du foie dans les pays en voie de développement, caractérisée par une étiologie impliquant une forte prévalence du virus de l’hépatite B et une forte exposition à l’aflatoxine (toxine, produite par des champignonsAspergillus flavus etAspergillus parasiticus,  lesqui contaminent les céréales, les graines oléagineuses lors de leur stockage). Dans ces conditions,
hépatocarcinomes sont fréquemment caractérisés par la mutation 249SERTP53, qui est le résultat direct dedu gène l’effet mutagénique de l’aflatoxine. Des études récentes ont montré que le plasma pouvait contenir de petites quantités d’ADN relargué par des tissus pathologiques. L’enjeu de notre projet est d’évaluer si l’ADN présent dans le plasma peut représenter une approche alternative à l’analyse de biopsies hépatiques pour la détection précoce de cette mutation. Pour cela nous avons utilisé les plasmas de personnes appartenant à une étude cas-témoins en Gambie (pays d’Afrique de l’Ouest de haute incidence pour les cancers du foie) et des tissus tumoraux prélevés, dans le cadre d’une procédure thérapeutique normale, chez des patients thaïlandais souffrant d’hépatocarcinome (pays d’incidence moyenne). A l’aide de techniques de biologie moléculaire (PCR, RFLP, séquençage) nous avons observé cette mutation chez 40% des patients en Gambie et dans 23% des tumeurs en Thaïlande. Dans un deuxième temps, nous avons traité une partie des échantillons de Gambie par une méthode de spectrométrie de masse appelée SOMA. Cette technique plus sensible que les techniques classiques de biologie moléculaire nous a permis de détecter de faibles niveaux d’ADN mutant dans le plasma d’individus à risque ou porteurs de lésions hépatiques prédisposantes comme la cirrhose. Ensuite, nous avons transformé cette méthode qualitative, qui nous procure des renseignements sur les brins sens et anti-sens de l’ADN étudié, en une méthode quantitative. Par l’introduction d’un standard interne basé sur un plasmide contenant une portion du gène TP53 humain muté en position 249. Ainsi, il nous est non seulement possible de déterminer le ratio ADN muté / ADN sauvage mais aussi le nombre de copies d’ ADN muté et d’ADN sauvage présentes dans l’échantillon. La sensibilité de cette approche ouvre de nouvelles perspectives pour la détection précoce de petites quantités d’ADN mutant comme marqueur pathogénique du foie.  MOTS-CLES: 249Virus de l’hépatite B, ADN circulant, TP53, mutation Hépatocarcinome, Aflatoxine B1, SER , spectrométrie de masse        A: Adénine AA: Acide aminé AFB1: Aflatoxine B1 AFB1-FAPY: Aflatoxine B1 formamido pyrimidine AFB2: Aflatoxine B2 AFG1: Aflatoxine G1 AFG2: Aflatoxine G2 AFM1: Aflatoxine M1 AFP1: Aflatoxicol1 ADN: Acide désoxyribonucléique AgHBs: Antigène HBs Akt: voir PKB
Liste des principales abréviations
APEX: Array Primer Extension Assay AP site: Site apurinique ARF: Alternative reading frame Arg: Arginine ARN: Acide ribonucléique Pb: Paire de bases C: Cytosine CDKN2A: Cycline dependant kinase inhibitor 2A CHC: Carcinome hépatocellulaire CIRC: Centre International de Recherche sur le Cancer CYP1A2: Cytochrome P1A2 CYP3A4: Cytochrome P3A4 Cys: Cystéine LC: Denaturing High Performance Liquide Chromatography DHP DNTP:            Déoxynucléoside triphosphate EBV: Epstein-Barr Virus ERCC: Excision repair complementing defective in chinese hamster G: Guanine GADD45: Growth arrest DNA damage 45 HPLC: Chromatographie liquide haute performance JNK: c-jun N-terminal kinase Lys: Lysine Kb: Kilobase Kg: Kilogramme MAP kinase: Mitogen activated protein kinase MS: Mass Spectrometer KRAS: Kirsten rat sarcoma NRAS: Neuroblastoma rat sarcoma NF-kb: Nuclear factor – kb NSL: Séquence de localisation nucléaire CR: Polymerase Chain Reaction P PKB: Proteine kinase b (Akt)                         RB: Protéine du rétinoblastome : Restriction Fragment Length Analysis RFLP RR: Réactivité relative SDS: Sodium Dodecyl sulfate SOMA: Short Oligonucleotide Mass Analysis T: Thymine TP53: Tumor protein 53 TP63: Tumor protein 63 TP73: Tumor protein 73 TTGE: Temporal-Temperature Gradient Electrophoresis VHB: Virus de l’hépatite B VHC: Virus de l’hépatite C XPB/D: Xeroderma pigmentosum groupe de complémentation B/D      
  Introduction:  Chaque année, à travers le monde, plus de 6 millions de personnes décèdent d’un cancer et 10 millions de nouveaux cas sont diagnostiqués. Ainsi, plus de 22 millions de personnes sont atteintes de cancer (Ferlayet al du latin « crabe » par allusion à la maladie qui ronge l’organisme ou à la., 2001). Le mot cancer provient forme de certaines tumeurs. Il s’agit d’une prolifération locale et anormale de cellules formant des amas appelés tumeurs. Chez les animaux et les hommes, des cellules tumorales peuvent migrer pour envahir d’autres tissus et former des métastases. Ce processus de cancérisation s’accompagne d’une accumulation d’altérations génétiques qui modifient profondément la capacité des cellules à proliférer, à survivre, et à s’adapter à leur environnement.  Dans un organisme en bonne santé, la prolifération cellulaire est très contrôlée afin de subvenir aux besoins de l’organisme tels le développement, la croissance, le renouvellement cellulaire. Une cellule devient cancéreuse quand elle ne répond plus ou répond mal aux signaux qui contrôlent la prolifération cellulaire et quand elle échappe aux mécanismes qui contrôlent la durée de vie normale. Ce phénomène conduit à une prolifération anarchique et donc la formation de tumeur ou oncogenèse.   A- Le cancer du foie  Le foie, organe interne de l’homme composé de 2 lobes, pèse de 1 à 1.5 kg chez l’adulte. Les hépatocytes et les cellules biliaires jouent un rôle dans la régularisation des produits chimiques du sang. En effet, le foie sert de « système de nettoyage », il débarrasse le sang de ses toxines en altérant leur structure chimique et en les excrétant dans la bile. Il permet également l’entreposage du glucose, et, la synthèse de protéines, de facteurs de coagulation, du cholestérol et de la bile.  Le cancer primitif du foie est une tumeur maligne qui se développe soit aux dépens des cellules hépatiques (on parle d’hépatocarcinome) soit aux dépens des canaux biliaires (on parle de cholangiocarcinome), soit aux dépens des vaisseaux (on parle d’angiosarcome). L’hépatoblastome est dû au développement d’une tumeur à partir de cellules du foie embryonnaire maligne au cours de l’enfance. Toutefois l’hépatocarcinome est la plus fréquente des tumeurs hépatiques.  1- Epidémiologie descriptive
 Le cancer du foie représente le cinquième cancer le plus fréquent au monde et son pronostic s’avère souvent fatal, c’est la 4ème cause de mortalité par cancer (Ferlayet al., 2001), (Pisaniet al., 1993). Il existe de très grandes variations dans l’incidence du cancer hépatocellulaire dans le monde. C’est dans les pays en voie de développement, que l’incidence est la plus forte. On estime, par exemple, que 55% des CHC sont concentrés en Chine (Parkinet al par cette., 1993). Les pays développés sont nettement moins touchés forme de cancer. D’autre part, on compte plus d’hommes que de femmes atteints de cancers du foie (Bahet al., 1990), (Chenet al., 1997b), (Koulibalyet al., 1997), ce qui laisse supposer une influence hormonale sur le développement du CHC (Chenet al., 1997a). En 2000, par exemple, il a été dénombré 400000 cas de cancer hépatocellulaire chez l’homme contre 165000 chez la femme. Une susceptibilité génétique, et surtout les différences d’exposition aux facteurs de risque, dans différentes populations peuvent expliquer les variations d’incidence observées (Yuet al., 1996), (Engstrom PFet al., 1997).  L’hépatocarcinome se développe, le plus souvent à partir d’une maladie préexistante comme une hépatite chronique B (Buendia 1992), (IARC monographs on the evaluation of Carcinogenic Risks to Humans 1994a), (Beasley 1982). Le risque de développer un CHC est nettement plus élevé chez les porteurs chroniques du virus de l’hépatite B (VHB) que dans le reste de la population (IARC monographs on the evaluation of Carcinogenic Risks to Humans 1994a); on estime que 60% des cas de CHC dans le monde et 67% des cas dans les pays en voie de développement sont dus à une infection chronique par le VHB (Tomatis 1990), (Pisaniet al., 1997). A Taïwan, la vaccination contre le VHB d’enfants âgés de 6 à 14 ans a permis d’observer une nette diminution du nombre de cancer hépatocellulaire (Changet al., 1997). D’autres facteurs comme l’infection chronique par le virus de l’hépatite C (VHC) (Chenet al., 1997b), (Sheu 1997), (Stuveret al., 1997), l’infestation par des parasites telsOpisthorchis viverrini, l’alcoolisme (responsable de l’apparition de cirrhose), le tabagisme (Chenet al., 1991) ou encore une hémochromatose (surcharge en fer) (Schafer et Sorrell, 1999) peuvent être associés à un hépatocarcinome. En effet, les populations présentant un désordre génétique lié au métabolisme d’un métal (Porphyrie, Hémochromatose, maladie de Wilson) présentent un risque plus élevé de développer un CHC. Le CHC peut également être dû à une mauvaise nutrition, à une contamination alimentaire par l’aflatoxine B1 (Chenet al., 1997b). De nombreuses études ont montré que cette mycotoxine qui contamine les aliments dans les pays où le climat est chaud et humide (Bosch FX et Munoz, 1988), (Wildet al., 1992b) est cancérigène chez l’animal et son association avec le CHC chez l’homme est admise. Par ailleurs, dans 20% des cas, l’hépatocarcinome se développe sur un foie non pathologique. Le cholangiocarcinome est une pathologie relativement rare, elle est principalement localisée au nord de la Thaïlande, et se développe suite à certaines parasitoses dues à l’ingestion de poissons crus contaminés par Opisthorchis viverrini ouClonorchis sinenesis(IARC monographs on the evaluation of Carcinogenic Risks
to Humans 1994b). L’angiosarcome est très rarement observé, il est le plus souvent dû à une intoxication chronique par le chlorure de vinyle ou l’arsenic en milieu professionnel.  En fonction de l’importance de l’exposition à ces facteurs, l’incidence du cancer hépatocellulaire varie dans le monde. Il est possible de définir 3 types de zones géographiques: les régions de faible, de moyenne et de forte prévalence.  Les pays d’Europe, l’Amérique du Nord, l’Australie correspondent aux zones de faible prévalence (l’incidence varie de 1 à 3 pour 100 000 cas par an). Dans ces pays, le taux de porteurs chroniques du VHB est faible ( de 0.1 à 1% de la population). Toutefois, 20 à 50% des patients présentant un cancer du foie sont porteurs de l’antigène HBs (AgHBs) (marqueur de l’infection par VHB) (IARC monographs on the evaluation of Carcinogenic Risks to Humans 1994a). D’autres facteurs comme l’infection par le VHC, l’alcoolisme par induction de cirrhose sont associés au cancer du foie (Brechotet al., 1982), (Chenet al., 1991), (Munoz et Bosch FX, 1987). Le tabagisme, la prise de contraceptifs oraux ont également été soupçonnés de jouer un rôle dans l’étiologie du CHC (Bosch FX et Munoz, 1988), (Chenet al., 1991), (Munoz et Bosch FX, 1987). Dans ces pays, de nombreuses analyses des aliments contrôlent leur non-contamination par l’aflatoxine.  Les zones de prévalence moyenne (incidence: 3 à 10 pour 100 000 personnes) correspondent à l’Amérique du Sud, l’Afrique du Nord, le Moyen Orient, l’Inde et le Japon. Dans ces pays, les infections chroniques par le VHB, par le VHC (au Japon, 60 à 70% des patients atteints de cancer hépatocellulaire sont infectés par le VHC (Chenet al., 1997b)), et d’autres facteurs environnementaux sont des causes de développement de cancers du foie. Compte tenu de leur climat chaud et humide, l’Inde ou l’Amérique du Sud pourraient être potentiellement contaminées par l’aflatoxine.  L’Afrique subtropicale et l’Asie du Sud Est correspondent aux zones de forte prévalence (jusqu’à 150 cas pour 100 000 personnes). Dans ces pays, l’infection par le VHB est endémique (20% de la population sont des porteurs chroniques du VHB); c’est le facteur de risque principal du cancer hépatocellulaire. En Afrique, 60 à 70 % des patients atteints de CHC sont porteurs de l’AgHBs, contre 80 à 90 % en Asie. Dans ces zones, d’autres facteurs comme la contamination des aliments par l’aflatoxine B1 influencent l’apparition de cancer du foie. En effet, dans une même population, de fortes variations de la fréquence de ce cancer ont été observées indépendamment du taux d'infection par le VHB. Chez l’homme, l’infection par le VHB et l’exposition à l’aflatoxine B1 ont montré une synergie dans l’oncogénèse hépatique et dans l’hépatocarcinogénèse (Rosset al., 1992a), (Rosset al., 1992b), (Wildet al., 1992b), (Wildet al., 1992a),
(Chenet al., 1997b), (Qianet al., 1994), (Wildet al., 1992b), (Wildet al., 1992a).  Un cancer secondaire du foie est un cancer qui a commencé à un autre endroit de l’organisme et qui se développe, dans un deuxième temps, dans le foie. Les métastases hépatiques compliquent surtout les cancers du colon, du pancréas, de l’estomac, mais on les trouve également dans les cancers généralisés du poumon, des ovaires, du sein, de l’oesophage, du rein…  Les cancers primitifs peuvent être bénins ou malins alors que les cancers secondaires correspondent toujours à des cancers métastasiques.  Le développement d’un cancer primaire du foie peut être asymptomatique ou se traduire par une perte de poids, un manque d’appétit, une hyperthermie, une léthargie, une hépatomégalie, des douleurs abdominales, un ictère, la présence de liquide dans l’abdomen et une détérioration de l’état de santé. Le diagnostic repose sur l’imagerie (ultra-sonographie), la présence de marqueurs sériques actifs dans la fonction hépatique et la présence dans le sérum d’alphafoetoprotéine, une protéine caractéristique des cellules hépatiques embryonnaires ou dé-différenciées.  Les cancers primitifs du foie, relativement rares dans les pays développés, représentent 50% des cancers observés en Afrique, en Asie du Sud Est et en Chine. Ceci peut s’expliquer par la plus grande incidence de sujets porteurs du virus de l’hépatite B et de sujets atteints de cirrhose du foie. Comme on l’a vu précédemment, l’infection par le VHB et l’exposition à l’aflatoxine B1 sont les 2 étiologies principales du cancer hépatocellulaire primitif.  2- Les facteurs de risque  2-1- Le virus de l’ hépatite B  Le virus de l’hépatite B est classé parmi lesadeadnavirihép en raison de son tropisme hépatique et de la nature de son génome ADN. Il s’agit d’un ADN circulaire, bicaténaire sur les ¾ de sa circonférence, de petite taille (de 3 à 3,3 kb (Ganem D 1996)), associé à une ADN polymérase ADN dépendante. La capside ou « core » qui contient le génome, est faite d’un antigène HBc et d’un antigène HBe. Elle est entourée d’une enveloppe non membranaire formée de lipides cellulaires et de protéines virales appelées antigènes HBs.  Dans le monde, parmi les 2 milliards de personnes présentant une marque sérologique d’une hépatite B
(actuelle ou ancienne), on compte 350 millions de porteurs chroniques et on estime que 70 millions vont mourir d’une maladie du foie liée à cette infection. Ce virus peut se transmettre lors de rapports sexuels, par contact avec du sang contaminé, par l’utilisation d’aiguilles souillées lors de la prise de drogue, de tatouages. Dans les pays où l’infection chronique par le VHB est endémique comme c’est le cas en Afrique subsaharienne, en Chine, il se transmet essentiellement par passage de la mère à l’enfant (transmission verticale), c’est à dire par échange de sang entre la mère et l’enfant lors de la naissance, plus rarement par des échanges placentaires, et, par contact étroit entre les enfants (transmission horizontale). Dans ces pays, les enfants sont exposés au VHB dès leur plus jeune âge; en Gambie, par exemple, l’infection chronique par le VHB se fait essentiellement chez les enfants de 0 à 4 ans. Ceci peut s’expliquer par l’importante circulation de virus liée aux faibles moyens mis en œuvre pour traiter les individus ou prévenir l’infection. Or, il a été démontré que le risque de développer une hépatite chronique augmente avec la précocité de l’infection (70% de risque d’évoluer vers la chronicité pour un enfant contre 15-30% pour un adulte environ). Les personnes qui présentent une hépatite B chronique, identifiée par la présence d’anticorps spécifiques de l’Ag de surface du virus dans le sérum, ont environ 20 fois plus de risque de développer un cancer du foie (IARC monographs on the evaluation of Carcinogenic Risks to Humans 1994a).  Des études ont montré que 80 à 90% des infections par le VHB et 90 à 95% des infections chroniques par le VHB pourraient être évitées par immunisation (Vivianiet al des jeunes enfants contre., 1999). Le vaccin le VHB dans ces régions de forte chronicité de l’infection est un facteur de prévention majeure des hépatocarcinomes et de la mortalité chez les jeunes adultes (Hall et Smith, 1999). La prévention de l’apparition de porteurs chroniques du VHB va diminuer le risque de développer un cancer du foie après plusieurs dizaines d’années (Montesanoet al., 1997). Des campagnes de vaccination ont ainsi été réalisées dans plusieurs pays. A Taïwan, par exemple, la vaccination a été introduite en routine en 1984; et une nette diminution des cancers du foie chez le jeune adulte a déjà été observée (Changet al., 1997). En Gambie, une étude, consistant à vacciner une partie des enfants, à la naissance, et à les suivre jusqu’à l’âge adulte, a débuté en 1986. Elle permettra de comparer l’apparition de maladie chronique du foie et de cancer du foie chez des enfants vaccinés ou non contre le VHB.  2-2- Les aflatoxines  Les aflatoxines sont des toxines produites par des champignonsAspergillus flavus etAspergillus parasiticus dans certaines régions du monde (Busby, Jr. et Wogan, 1984). La contamination se fait essentiellement lors du stockage des céréales comme le blé, le riz, le maïs, le soja, des graines oléagineuses comme les arachides, le cacao, les pistaches et du lait conservé à haute température (entre 25 et 40°C avec un degré
d’humidité de l’ordre de 80%). Dans l’alimentation, on retrouve essentiellement 5 sortes d’aflatoxines: l’AFB1, l’AFB2, AFG1, AFG2, AFM , ce sont des dérivés de la bisfurano-coumarine. Ces aflatoxines contaminent essentiellement le Sud Est de l’Asie, l’Afrique centrale et de l’Ouest , et l’Amérique du Sud. Dans de nombreux autres pays, comme en Europe, le niveau des aflatoxines dans les aliments à risque fait l’objet de contrôles réguliers. Elle est considérée comme un des plus puissants cancérigènes chimiques présentant un tropisme essentiellement hépatique.  Dans les pays en voie de développement où les conditions de stockage ne sont pas forcément très surveillées, on retrouve des adduits de l’aflatoxine sur l’albumine dans sérum de 95% de la population. Des études ont révélé que la contamination de l’AFB1 varie avec les saisons suivant la température et lhumidité.  2-3- Les aflatoxines et le virus de l’hépatite B  En Afrique, Asie et Amérique du sud, l’infection par le virus de l’hépatite B et l’ingestion d’aflatoxines sont étroitement liées dans l’apparition d’un hépatocarcinome. Ces zones de forte incidence du CHC étant des régions chaudes et humides, elles représentent des régions où les conditions de synthèse des aflatoxines par lessAspergillu de idéales (on retrouve des adduits de l’aflatoxine sur l’albumine dans le sérum sont 95% de la population). Ces pays sont également ceux où le taux de porteurs du VHB est très élevé (l’infection par le virus de l’hépatite B touche 20% des habitants). Par opposition, dans les zones où le taux d’aflatoxines est très bas voire inexistant, le taux de CHC est très faible, mais là encore, le taux d’infection par le VHB est très bas.  Le risque de développer un CHC est multiplié par 3 lorsque l’on détecte la présence d’adduits de l’AFB1 dans les urines, par 7 en cas de présence de l’AgHBs du virus de l’hépatite B dans le sérum et par 60 si ces 2 facteurs sont réunis (Rosset al un CHC augmente s’il y a infection par développer., 1992b). Le risque de le VHB et exposition à l’aflatoxine (Shen et Ong, 1996), (Chenet al., 1996a), (Bannaschet al., 1995).  2-4- Les autres facteurs  Le virus de l’hépatite C est responsable d’environ 25% des cancers du foie à travers le monde (IARC monographs on the evaluation of Carcinogenic Risks to Humans 1994a) et de plus de 70% des cas observés au Japon (Okuda 1997). Il est possible de distinguer 3 zones géographiques de prévalence des anticorps anti-VHC chez les patients atteints de CHC: une zone de forte prévalence (Japon, Italie, Espagne); une zone de prévalence intermédiaire (Europe du Nord, France, USA) et une zone de faible prévalence (Sénégal, Mozambique, Asie du Sud-Est). Ce virus, de 9 kb, code pour 9 protéines nommées NS5a, NS5b, NS4a, NS3, C, E1, E2, NS2, P7. La protéine NS5A, qui a une affinité particulière pour la protéine p53 et les « TATA binding protein », est potentiellement capable de déréguler les fonctions de réparation cellulaire,
l’apoptose, la croissance cellulaire et l’expression de gènes cellulaires (Qadriet al., 2002). Les protéines NS4A et NS4B peuvent inhiber la synthèse des protéines cellulaires (Floreseet al., 2002).  Dans les pays occidentaux, régions de faible endémie du VHB, le CHC survient le plus souvent tardivement (après 60 ans), sur une cirrhose préexistante et chez des patients AgHBs négatifs. D'autres facteurs étiologiques comme l’alcool doivent donc intervenir dans la carcinogenèse hépatique. En effet, le rôle de l'intoxication alcoolique chronique dans le développement d'un CHC par le biais de l'induction d'une cirrhose est largement admis. Ainsi, la prévalence des CHC au cours des cirrhoses alcooliques varie de 7 à 13 % (Nalpaset al., 1992).  3- Pathologie moléculaire  La carcinogenèse hépatocellulaire peut se diviser en plusieurs étapes, et, les changements moléculaires qui supportent les changements histopathologiques dans le développement des tumeurs peuvent varier d’une tumeur à l’autre. Une diversité du type et du nombre d’altérations génétiques a été observée suivant la localisation géographique et l’étiologie de la tumeur (Wonget al., 2000). Par exemple, dans les zones où l’exposition à l’aflatoxine est élevée, la mutation du 3ème nucléotide du codon 249 du gène TP53 est fréquemment rencontrée. Dans tous les cas, la pathologie du CHC s’accompagne d’une perte de la différenciation cellulaire, de l’adhésion cellulaire, de la matrice extra-cellulaire et d’une activation constitutive du signal de transduction qui permet la prolifération et la survie cellulaire.  Parmi les facteurs moléculaires fréquemment impliqués dans l’apparition d’un CHC, on distingue l’expression des protéines virales responsables de l’inactivation des gènes suppresseurs de tumeurs (Ex : la protéine HBx et le gène TP53 (Huoet al., 2001), (Uedaet al., 1995), (Wanget al., 1994), la protéine NS3 et TP53 (Ishido et Hotta, 1998)) ou dotées de propriétés transactivatrices ( HCV core qui stimule l’expression de c-myc) (Katoet al., 1997), (Rayet al de., 1995), les mutations des gènes suppresseurs tumeurs comme TP53 ou Rb observés plus tardivement dans la progression tumorale (Kimet al., 1996), (Murakami et al., 1991), les sur-expressions des oncogènes comme C-MYC et la cycline D1 (Nishidaet al., 1994), (Penget al également undu génome du VHB dans la cellule hépatique joue ., 1993). L’intégration rôle, notamment en activant la transcription de gènes adjacents au site d’intégration. Les oncoprotéines virales comme HBx, peuvent activer les voies de la transduction de signal (par l’intermédiaire de C-JUN et de RAS), activer les oncogènes comme C-MYC, qui sont parallèlement activés par les mutations de la Béta-caténine. La Béta-caténine, retrouvée mutée dans les stades précoces de CHC (de Laet al., 1998), (Hsuet al., 2000), (Miyoshiet al., 1998) et dans les adénomes de souris transgénique C-MYC
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