Robert CHAPUIS Rapporteur général

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Niveau: Supérieur
Robert CHAPUIS Rapporteur général Jean-Marie SCHLÉRET Président Observations Évaluations Propositions RAPPORT ANNUEL 2008 Ob ser vat oir e n ati on al d e la Sé cu rité et de l'a cce ssi bil ité de s é tab liss em en ts d'e ns eig ne me nt RA PP OR T AN NU EL 20 08 Compétent pour les établissements scolaires, les établissements d'enseignement supérieur et l'enseignement agricole, l'Observatoire est chargé d'étudier depuis 1995 l'état des bâtiments et équipements et d'en évaluer les conditions de sécurité. Depuis fin 2007 ses attributions ont été élargies à l'accessibilité aux personnes handicapées. Ce 13ème rapport engage de manière concrète le 5ème mandat de l'Observatoire. Remplissant une fonction d'alerte et de sensibilisation aux différentes formes de prévention, l'Observatoire a poursuivi ses travaux notamment dans le domaine des risques majeurs. Les nouveaux guides pour la réalisation des plans particuliers de mise en sûreté et des exercices de simulation publiés dans ce rapport répondent à une forte attente de la communauté sco- laire qui s'implique de plus en plus dans la mise en place de ce dispositif comme le montre l'enquête réalisée auprès des éta- blissements du 1er degré. Les derniers événements climatiques (tornade qui a ravagé Hautmont et sa région, tempêtes de janvier et février 2009) nous rappellent la persistance de ce type de risque et la nécessaire vigilance assortie d'exercices d'entraînement.

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  • observatoire national de la sécurité et de l'accessibilité des établissements d'enseignement


Publié le : mercredi 30 mai 2012
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Compétent pour les établissements scolaires, les établissements d’enseignement supérieur et l’enseignement agricole,
l’Observatoire est chargé d’étudier depuis 1995 l’état des bâtiments et équipements et d’en évaluer les conditions de sécurité.
Depuis fin 2007 ses attributions ont été élargies à l’accessibilité aux personnes handicapées. Ce 13ème rapport engage de
manière concrète le 5ème mandat de l’Observatoire.
Remplissant une fonction d’alerte et de sensibilisation aux différentes formes de prévention, l’Observatoire a poursuivi ses
travaux notamment dans le domaine des risques majeurs. Les nouveaux guides pour la réalisation des plans particuliers de
mise en sûreté et des exercices de simulation publiés dans ce rapport répondent à une forte attente de la communauté sco-
laire qui s’implique de plus en plus dans la mise en place de ce dispositif comme le montre l’enquête réalisée auprès des éta-
blissements du 1er degré. Les derniers événements climatiques (tornade qui a ravagé Hautmont et sa région, tempêtes de Observations
janvier et février 2009) nous rappellent la persistance de ce type de risque et la nécessaire vigilance assortie d’exercices
d’entraînement.
ÉvaluationsLes résultats des enquêtes annuelles concernant les accidents scolaires et les paramètres de la sécurité des bâtiments et RAPPORT ANNUEL 2008équipements des collèges et lycées rendent compte des efforts réalisés et du chemin restant à parcourir. Reconnu au niveau
des instances internationales, l’Observatoire apporte depuis 15 ans aux principaux acteurs nationaux et locaux de la sécu-
rité un soutien particulièrement concret. Propositions
La culture de la sécurité, même quand elle progresse, n’est jamais un acquis définitif. Elle exige persévérance et continuité.
OBSERVATOIRE NATIONAL DE LA SÉCURITÉ
ET DE L’ACCESSIBILITÉ
DES ÉTABLISSEMENTS D'ENSEIGNEMENT Robert CHAPUIS Jean-Marie SCHLÉRET61-65, rue Dutot - 75732 PARIS CEDEX 15
Tél. : 01 55 55 70 73 - Fax : 01 55 55 64 94 Rapporteur général Président
http://ons.education.gouv.fr
Atelier d’imprimerie du M.E.N.
eISSN : 1772-1571 97 rue de Grenelle - Paris 7
Observatoire national de la Sécurité et de l’accessibilité des établissements d’enseignement
RAPPORT ANNUEL 2008Dossiers 2008 Auditions Outils d’observation Rapport d’activité Annexes
Observatoire national
de la sécurité
et de l’accessibilité
des établissements d’enseignement
Rapport annuel 2008
1Dossiers 2008 Auditions Outils d’observation Rapport d’activité Annexes
3Sommaire
Rapport 2008
Introduction Poursuivre les avancées avec persévérance et continuité 5
Les risques majeursLes dossiers
2008 - les événements “risques majeurs” 2008 7
- l’enquête PPMS 2008 dans les écoles 17
- les nouveaux guides de l’Observatoire 25
Rencontres internationales 39
Le guide de maintenance et d’assistance à l’exploitation 43Les auditions
des bâtiments “Batigam”
L’organisation et les missions des services universitaires 47
et interuniversitaires de médecine préventive et de promotion
de la santé
La prise en compte de l’accessibilité dans la réglementation 53
incendie
La mise en place de l’accessibilité dans les établissements 57
d’enseignement supérieur
La base de données ESOPE : tableaux 2007-2008 61Les outils
d’observations La base d’observation des accidents BAOBAC : tableaux 2007-2008 91
Les accidents mortels 96
L’activité des instances 97Le rapport
d’activité Les activités extérieures de l’Observatoire 101
Questions écrites des parlementaires relatives aux travaux 105Les annexes
de l’Observatoire
Le rappel des propositions 2007 107
Les textes constitutifs de l’Observatoire 109
Les membres de l’Observatoire 111es des commissions 115
La table des sigles 117
3Dossiers 2008 Auditions Outils d’observation Rapport d’activité Annexes
Poursuivre les avancées avec persévérance et continuité
Empreint d’un caractère assez inhabituel l’apparentant avoir recommandé à l’instar des départements d’outre-
à un rapport d’activité, ce 13ème rapport traduit à sa mer l’instauration de zones de météo vigilance,
manière les aléas qui ont affecté le travail de l’Observatoire qui avait fortement contribué à
l’Observatoire en 2008. Il illustre le paradoxe de ce l’engagement du dispositif des PPMS s’emploie doré-
début du 5ème mandat où les effets dynamisants d’une navant à obtenir la généralisation des plans particu-
extension de compétence à l’accessibilité ont été frei- liers assortie d’une pratique plus systématique des
nés par des désignations tardives. Ceci n’a pas manqué exercices de mise en sûreté.
d’influencer le fonctionnement des instances de pilo-
tage et des commissions. Il aura en effet fallu attendre Un rapport annuel ne doit pas se borner à dresser un
la rentrée de septembre pour pouvoir valider le pro- état des activités achevées ou engagées. Il doit aussi
gramme de travail du 5ème mandat et l’engager nous projeter sur la durée d’un mandat. L’un des dos-
concrètement. siers les plus significatifs à cet égard est celui de
l’accessibilité des établissements d’enseignement aux
Ces conditions n’ont cependant pas empêché le secré- élèves et personnels en situation de handicap. Des
tariat général et les commissions de poursuivre leurs échéances immédiates vont bousculer les pratiques.
travaux. Nos enquêtes annuelles concernant les acci- L’impérative nécessité d’achever les diagnostics au plus
dents scolaires et les paramètres de la sécurité des bâti- tard en 2010 ne manquera pas d’orienter les travaux
ments et équipements des collèges et lycées ont été de notre commission thématique. S’il a fallu attendre
conduites normalement. Il convient d’ailleurs de sou- les nouveaux arrêtés de désignation pour faire fonc-
ligner pour ce qui concerne l’enquête ESOPE, la nou- tionner institutionnellement cette commission, nous
velle avancée constatée en 2007-2008 avec 5000 éta- avions alerté les pouvoirs publics en vue d’harmoniser
blissements inscrits dans notre base de données. sécurité et accessibilité. Il en a résulté une accéléra-
tion du processus de modification de quelques dispo-
Dans notre précédent rapport, le dossier qui a ren- sitions essentielles dans le code de la construction et
contré les échos les plus importants a été celui consa- de l’habitation et les règlements de sécurité. De la
cré à l’état des sanitaires dans les écoles. Nous n’en sorte, après passage devant la nouvelle commission
sommes pas demeurés au stade de l’information des consultative d’évaluation des normes, les maîtres
autorités concernées, mais avons pris des initiatives d’ouvrage seront en mesure d’établir des diagnostics
pour améliorer une situation préjudiciable à prenant en compte les nouveaux paramètres de la sécu-
l’éducation et à la santé des élèves. rité incendie.
Remplissant une fonction d’alerte et de sensibilisation
Reconnu au niveau des instances internationales
aux différentes formes de prévention, l’Observatoire a
comme le rappelle l’un des chapitres du rapport,
en particulier poursuivi ses travaux dans le domaine
l’Observatoire apporte depuis 15 ans aux principaux
des risques majeurs. Les nouveaux guides pour la réali-
acteurs nationaux et locaux de la sécurité un soutien
sation des plans particuliers de mise en sûreté publiés
jugé particulièrement utile.
dans ce rapport répondent à une forte attente de la
communauté scolaire. Aussi bien la tornade qui a
Au fil des années, l’Observatoire a bénéficié d’un inves-ravagé Hautmont et sa région au cours de l’été dernier,
tissement considérable en compétences et en énergiesque les récentes tempêtes de janvier et février 2009,
de la part de toutes ses composantes. Il a de ce faitnous ont rappelé la persistance de ce type de risque et
acquis une expertise reconnue, notamment à traversla nécessaire vigilance assortie d’exercices
la qualité de ses productions, grâce à un dialogue fruc-d’entraînement.
tueux qui se nourrit du contact régulier avec le terrain
comme des échanges avec ses différents partenaires.L’Observatoire qui avait établi le premier bilan des
dégâts tempêtes de décembre 1999 ayant affecté
quelque 5500 établissements, est aujourd’hui en La culture de la sécurité, même quand elle progresse,
mesure de constater le chemin parcouru et les évolu- n’est jamais un acquis définitif. Elle exige persévérance
tions sensibles dans les pratiques de prévention. Après et continuité.
5Dossiers 2008 Auditions Outils d’observation Rapport d’activité Annexes
Les événements “risques majeurs” 2008
La tornade du 3 août 2008
Les trombes marines se rencontrent sur tous les litto-
raux, mais semblent préférer nettement les eaux plusen Val de Sambre
chaudes de la Méditerranée et des rivages corses.
Le dimanche 3 août 2008 une tornade d’une forte
intensité s’est abattue en fin de soirée sur le départe- Les tourbillons de poussière sont à mettre à part, car
ment du Nord traversant particulièrement less com- ils apparaissent dans des conditions météo particulières,
mune d’Hautmont, de Maubeuge, de Boussières-sur- par beau temps chaud. Les tourbillons de poussière
Sambre et de Pont-sur-Sambre. sont en général inoffensifs, mais certains d’entre eux
ont pu atteindre des proportions respectables et pro-
L’Observatoire a souhaité se rendre sur place, une fois voquer des dégâts notables, comme celui de Tonnay
la rentrée effectuée pour entendre les témoignages et Boutonne (17) en 2003, soulevant à 1 m de hauteur
le vécu des personnes présentes ou non ce jour là à toute la structure d’une buvette.
Hautmont et constater les dégâts subis par les diffé-
rents types de constructions scolaires. Les caractéristiques des tornades
en France
C’est pourquoi Nadine Viers et Lucien Schnebelen ont
visité le 30 septembre les établissements scolaires tou- Même si leurs conditions d’apparition et leur fonc-
chés par la tornade avec en particulier pour le rectorat tionnement obéissent aux mêmes règles générales
de Lille, Christophe Basquin, secrétaire général adjoint, que celles des tornades américaines, les caractéris-
Yvette Thellier, chargée de mission risques majeurs, tiques des tornades en France et en Europe diffèrent
Louis Alain Vandewalle, inspecteur hygiène et sécurité cependant dans leurs applications concrètes, liées au
et Vincent Cotton, IEN de la circonscription Avesnes climat européen et à ses spécificités. La répartition
Fourmies, pour la mairie Daniel Devins, 1er adjoint au géographique des cas montre l’existence d’un couloir
maire, pour le conseil général Jean-Pierre Mannessier, à l’échelle nationale, une sorte d’écharpe au Nord-
responsable de la sécurité, Cyrille Vaille, responsable de Ouest qui va de La Rochelle jusque dans le Nord - Pas
l’unité territoriale d’Avesnes-sur-Helpe, pour le conseil de Calais. Les autres zones à risques sont le Languedoc-
régional Monsieur Pichon, pour l’école Victor Hugo le Roussillon et une vallée jurassienne. Le relief protège
directeur Guy Maréchalle, pour le collège Claude Fercot, les zones les plus montagneuses. 3 zones locales sont
principal, Bernard Frédéric, principal adjoint, Nadine particulièrement touchées : Charente-Maritime et Centre-
Hisbergues, gestionnaire, pour le lycée professionnel Ouest, région Nord - Pas de Calais et littoral langue-
Placide Courtoy, Arnaud Canal, proviseur, François docien. Sur ces zones, le nombre de sinistres annuels
Masse, proviseur adjoint, Bernard Dudek, gestionnaire par tornade évolue entre un cas tous les 7-8 mois et
et Monsieur Wavin, ACMO. un cas tous les 15 mois aux 10 000 km2.
Les trajets des tornades ne dépasseraient pas laLes différents types de phénomènes
soixantaine de kilomètres dans presque tous les cas.tourbillonnaires en France
La proportion des très grosses tornades reste faible.
Les tornades sont des tourbillons nuageux extrême- Deux F5 ont été enregistrées pour l’instant en France
ment violents prenant naissance à la base d’un cumu- (Montville en 1845 et Palluel en 1967), ainsi que qua-
lonimbus fortement orageux, et se reliant au sol par torze F4, dont les plus récentes ont eu lieu à Hautmont
une colonne en forme d’entonnoir ou de trompe (2008), Leviers (1982), La Rochelle (1971) et Pom-
d’éléphant. Les dégâts provoqués peuvent être consi- mereuil (1967).
dérables en raison de la vitesse des vents, jusqu’à 500
km/h, de leur caractère tourbillonnant et de Il semblerait que le nombre de cas de tornades est bien
l’aspiration, issue d’une pression exceptionnellement plus important à l’échelon national que ne le laissaient
basse régnant à l’intérieur de la colonne. supposer les premiers recensements effectués en
France. Un raisonnement par zones climatiques serait
Il convient de distinguer parmi elles les cas destruc- certainement pertinent dans la mesure où des facteurs
teurs, des cas de trombes très faibles ou des tubas locaux climatiques spécifiques semblent jouer un rôle
(amorces de tornades ne touchant pas le sol) qui la dans l’augmentation ou la diminution du risque de tor-
plupart du temps passent inaperçus. Les tornades sont nades. Il conviendrait de réfléchir en terme de cons-
recensées sur une échelle dite de Fujita dans un ordre truction scolaire pour les régions les plus exposées :
croissant allant de F0 à F5. constructions modulaires, terrasses encombrées, etc…
7Dossiers 2008Introduction Auditions Outils d’observation Rapport d’activité Annexes
Références : Observatoire national des tornades et ora- maternelle. Les radiateurs étaient en cours de démon-
ges violents : étude en ligne «la tornade F4 du 3 août tage le jour de la visite. Les classes ont été réparties
2008 en Val de Sambre», par Pierre Mahieu et Emma- entre une annexe de l’école et le CDI pour les CP, CE1 et
nuel Wesolek sur le site www.keraunos.org et Associa- CE2 et au collège Ronsard pour les élèves de CM1 et CM2.
tion météorologique du Nord-Pas-de-Calais Les conséquences de la tornade semblent plutôt de
www.meteo59-62.com nature humaine, la communication et la concertation
entre la mairie et le directeur et les enseignants parais-
sant insuffisantes.Quelques informations générales
sur la tornade du 3 août 2008
Les personnels, les parents et les élèves ont presqueen Val de Sambre
tous été touchés directement ou indirectement par les
Le dimanche 3 août 2008, en fin de soirée, un tornade conséquences de la tempête à titre personnel et la
de forte intensité s’est abattue sur le département du vision de l’état de dégradation de l’école qui aurait pu
Nord provoquant des dégâts très importants sur plu- être réparée a aggravé leur désarroi. Des assistants
sieurs kilomètres en suivant un couloir très étiré par- sociaux et des psychologues travaillent encore sur
tant de Pont-sur-Sambre et traversant les communes place pour atténuer les souffrances et aider au règle-
de Boussières-sur-Sambre, Hautmont, Neuf Mesnil et ment des problèmes matériels.
Maubeuge. A Maubeuge, des maisons ont été détruites,
la salle des fêtes, la piscine, une mairie annexe ont été La commune ne possédait pas de plan communal de
très gravement endommagées et des arbres arrachés. sauvegarde avant la tornade. Interrogé, le maire-
A Hautmont, la commune la plus touchée, 900 person- adjoint ne semblait pas décidé, 2 mois après les évé-
nes ont été sinistrées sur la commune et 3 personnes nements d’en initier un. Il était peut-être encore un
sont mortes et 18 ont été hospitalisées. La vitesse et la peu tôt, le temps étant encore trop à l’action pour lais-
violence de la tornade n’ont permis à personne de ser de la place à la réflexion.
l’anticiper et de se protéger. Il y aurait certainement
plus de victimes si le phénomène ne s’était pas produit Le collège Pierre de Ronsard de Hautmont
au mois d’août, beaucoup d’enfants étaient en vacan-
ces, et si l’heure avait été plus tardive, beaucoup de Le collège Pierre de Ronsard est un établissement
chambres se trouvant sous les combles. Les témoins ont récent. La tornade a effleuré le collège en provoquant
insisté sur la rapidité et la violence du passage de la des dégâts relativement légers sauf pour les logements
tornade, précédée d’un orage avec un vent violent puis de fonction, au bord de la route, qui sont inutilisables.
d’un silence suivi d’un grondement avant la destruc- L’ensemble des menuiseries extérieures et des pare-
tion des habitations. ments en brique ont été touchés, les cloisons et les
escaliers intérieurs très endommagés, les éléments de
Les locaux scolaires étaient vides mais des logements charpente et de couverture ainsi que les installations
de fonction étaient occupés au collège et au lycée. Un électriques et de plomberie sont à refaire. Les espaces
gardien d’une société extérieure était également pré- extérieurs ont également subi des dégâts et des arbres
sent au lycée et a été secouru par l’ACMO, les pompiers ont été déracinés.
s’occupant prioritairement des habitants des logements
individuels, de l’hôpital et de la maison de retraite. Le conseil général a immédiatement fait effectuer un
diagnostic de solidité des locaux et les conclusions
lui ont été remises dès le 13 août. En concertationL’école élémentaire Victor Hugo
avec l’établissement, des travaux ont été program-de Hautmont
més et entrepris pour assurer l’accueil des élèves le
Le bâtiment principal de l’école construite en 1965 est jour de la rentrée des classes. Des faux-plafonds ou
une structure béton avec une toiture terrasse. Seule la des éléments de couverture ont été remplacés ainsi
toiture a été arrachée. Le bâchage de la toiture aurait que des éléments de bardage dégradés, des vitrages
évité la dégradation irréversible de l’école mais le choix cassés ou fissurés. L’ensemble des menuiseries ont
opéré a été celui de la démolition et de la construction été vérifiées pour s’assurer de leur fonctionnement
sur un autre site d’une école neuve qui était prévue et les équipements techniques contrôlés après leur
initialement pour 2011, dans le cadre du plan ANRU de remise en état (VMC, désenfumage, ventilation, cli-
la ville de Hautmont qui intégrera aussi une école matisation, alarmes incendie et anti intrusion).
8Dossiers 2008Introduction Auditions Outils d’observation Rapport d’activité Annexes
Le lycée professionnel Placide Courtoy de Hautmont
A Maubeuge, le lycée André Lurçat a été endommagé réhabilité après vérification des structures. Les cloi-
mais les dégâts ont été relativement légers. Le lycée sons intérieures et les vitrages ont été réparés, toute-
professionnel Placide Courtoy a été l’établissement fois, le jour de notre visite, le chauffage n’a pu être
scolaire le plus touché par la tornade. Ce lycée devait remis en marche. Le deuxième bâtiment métallique
fermer à la rentrée 2009, un nouvel établissement retombé trop loin est trop endommagé et devra être
étant en construction dans le centre ville. Le conseil démoli totalement. L’on a pu constater que les bâti-
régional a débloqué plus d’1,2 million d’euros pour la ments métalliques n’avaient pas plus mal résisté, avec
remise en état pour la rentrée de bâtiments. Pour les la même force de vent, que les bâtiments en béton.
travaux en atelier, les élèves ont été accueillis dans un Dans les deux cas, les cloisons intérieures n’ont pas
autre établissement, le bâtiment des ateliers n’étant résisté et se sont effondrées.
plus utilisable. Le conseil régional a mis à la disposi-
tion du proviseur un correspondant en permanence sur Les 3 bâtiments préfabriqués se sont envolés et n’ont
le site pour organiser et suivre les travaux tout en pré- pas été retrouvés. Une nouvelle fois, le recours trop fré-
parant l’organisation de la rentrée 2009 sur le nouveau quent aux bâtiments modulaires qui deviennent parfois
site, prévu avant la tornade et déjà en cours de cons- pérennes après avoir été provisoires, est à considérer
truction. Des locaux provisoires ont été installés pour avec prudence. La qualité de ces constructions s’est
la direction du lycée. beaucoup améliorée et peut parfois atteindre une qua-
lité de confort d’usage quasiment équivalente à des
Après la destruction totale du logement de fonction de constructions en dur. Ils restent toutefois très vulnéra-
l’agent technique principal, ACMO du lycée, bles en cas d’accident majeur. Le recours à ce type de
l’établissement ne pouvait pas rester sans sur- locaux ne devrait se faire qu’après avoir étudié d’autres
veillance. Après avoir envisagé la location d’un mobil possibilités et être proscrit dans des régions à risque
home, le conseil régional a opté pour la construction élevé de tempête ou de tornade.
d’une maison de 110 m2 qui a été terminée en 10 jours.
En grande partie montée en atelier, les panneaux prin- L’ACMO du lycée, présent dans son logement de fonction
cipaux de l’habitation sont arrivés finis, les pignons du au moment de la tornade a fait un récit très circonstan-
toit pré-montés. L’assemblage et la pose des tuiles se cié et très émouvant des moments terribles vécus et a
sont faits sur place. Les agents ont coulé la dalle de décrit le paysage d’apocalypse découvert ensuite. La
béton et ont monté les façades extérieures. La maison, tornade est arrivée si rapidement qu’il n’a pu prendre
solide, pourra être démontée et reconstruite ailleurs aucune disposition pour se protéger. Toutes les cloisons
une fois le déménagement définitif de la famille sinis- se sont écroulées, la famille a pu se regrouper et se pro-
trée dans le nouveau lycée à la rentrée 2009. téger derrière un mur porteur de l’établissement en
attendant que le vent diminue d’intensité. Lorsqu’il a
Les deux bâtiments métalliques se sont soulevés. L’un réussi à sortir à l’extérieur, il a été horrifié par le spec-
est retombé quasiment à sa place d’origine. Il a pu être tacle de désolation qui s’offrait à ses yeux.
9Dossiers 2008Introduction Auditions Outils d’observation Rapport d’activité Annexes
Un soutien psychologique des habitants, temps scolaire, le travail effectué en commun pour
élèves et enseignants mettre en place le dispositif PPMS aurait permis à cha-
cun d’assurer au mieux son rôle dans le dispositif.
Un suivi psychologique pour les personnels et élèves
a été mis en place. Il faudra veiller à ce qu’il se pro- Pour ce qui concerne les bâtiments, l’Observatoire
longe aussi longtemps que nécessaire. Nous avons ren- avait déjà fait remarquer en 2000 après les tempêtes
contré des hommes et des femmes, présents ou absents des 26 et 27 décembre 1999, que les bâtiments préfa-
de leur domicile le jour de la catastrophe, encore très briqués ne résistaient pas aux vents violents. Il serait
choqués 2 mois après les faits, certains en grande important que les maîtres d’ouvrage prennent en
détresse. Un suivi sur une longue durée des élèves sera considération les particularités climatiques de leur
primordial pour que ne s’installent pas des patholo- région au moment de construire et rénover leur patri-
gies lourdes et irréversibles chez des enfants qui moine scolaire. Les établissements d’enseignement
n’auraient pas réussi à extérioriser leurs peurs et leurs accueillent un public particulièrement vulnérable et il
angoisses. n’est plus acceptable, au regard des connaissances
actuelles, de construire en zone inondable.
La résistance des bâtiments à la tornade
La gestion de crise
Nous avons pu constater une bonne résistance du
béton mais les projectiles puissants ont endommagé L’information réciproque et la concertation entre les
la maçonnerie. Les chaînages en haut de bâtiment ont partenaires sont des leviers indispensables afin de pal-
permis une meilleure résistance au vent. lier le plus urgent et notamment assurer la reprise des
cours. Dans le cas contraire, l’incompréhension ou les
La souplesse des bâtiments métalliques a permis éga- malentendus aggravent la souffrance psychologique
lement une bonne résistance mais avec déformation des uns et des autres. Un échange d’information pré-
des structures. cis des responsables des établissements avec les
familles est également primordial.
Les locaux préfabriqués, sans aucune résistance au
vent, se sont soulevés et envolés. Il ne faut pas non plus oublier que la communication
avec les médias est un exercice délicat qui peut se pré-
Si les toitures terrasses ont plutôt bien résisté, les maté- parer au moment des exercices de simulation.
riels fixés sur ces terrasses (ventilation ou groupe cli-
matisation) se sont descellés et sont devenus des pro- La gestion de l’après-crise
jectibles. Les toits-tuiles à pente douce ont moins bien
résisté. Il nous a été signalé qu’en hiver, le poids de la L’expérience de cette tornade pourrait également ser-
neige, rarement pris en compte pour les toitures en ter- vir à améliorer la mise en œuvre des PPMS : ainsi faut-
rasse risque d’entraîner des effondrements comme cela il réfléchir aux lieux de mise en sûreté en tenant compte
est déjà arrivé dans des centres commerciaux et des du type de construction de l’établissement, de
gymnases. Les cloisons intérieures, les surfaces vitrées l’emplacement des murs porteurs.
ont toutes explosé violemment, seuls des murs porteurs
sont restés debout. Il convient de relever la dangero- Le suivi attentif des élèves et personnels traumatisés
sité des tôles métalliques qui deviennent de véritables pour un signalement auprès des médecins et psycho-
lames de rasoir lorsqu’elles sont arrachées. logues est également primordial dans les mois qui sui-
vent la survenue d’un accident majeur.
Quelques enseignements à retenir
Il est nécessaire de faire l’appel à chaque cours et
Face à des phénomènes climatiques d’une telle violence, d’identifier les personnes extérieures à l’établissement
il faut pouvoir tirer quelques leçons pour l’avenir. pour éviter de mettre en danger les sauveteurs qui
seraient à la recherche de personnes qui en réalité
La prévention n’étaient pas là ou au contraire d’oublier des person-
nes qui se trouveraient sur le site.
A l’occasion d’un phénomène aussi soudain et rapide
qu’une violente tornade, l’application du PPMS est ren- Comme pour toutes les catastrophes, qu’elles aient lieu
due très difficile mais les réflexes acquis peuvent être ou non dans le temps scolaire, le retour d’expérience
utiles sur le moment et aussi dans l’organisation de doit se faire à la fois rapidement mais aussi par la suite
l’après crise. Sa réalisation et l’organisation aussi longtemps que nécessaire. Le vécu et le ressenti
d’exercices de simulation permettent d’acquérir des des habitants doivent permettre d’alimenter une
postures très utiles pour gérer au mieux une situation réflexion commune et permanente sur la gestion d’une
de crise majeure. Si la catastrophe avait eu lieu sur le crise majeure afin de l’éviter ou d’en limiter les dégâts.
10Dossiers 2008Introduction Auditions Outils d’observation Rapport d’activité Annexes
L’exercice “Richter Antilles des secours ou des consignes ;
- la remontée d’information : vers les maires (en prio-2008” rité), vers le rectorat si les lignes téléphoniques fonc-
Les journées Réplik sont le rendez-vous donné chaque tionnent, faire des points de situation réguliers ( jus-
année aux Martiniquais pour parler et s’informer sur le qu’à retour à la normale) ;
risque sismique. Conférences, couverture médiatique, - la capacité à gérer la crise due aux évènements simu-
diffusion de produits dérivés avec les consignes de lés : quelques établissements scolaires, des circons-
sécurité, exposition, tournée de la caravane des criptions, le rectorat situés dans des communes plus
risques..., de nombreuses actions sont menées chaque impliquées avaient été destinataires d’un scénario
troisième semaine de novembre par la DIREN et les particulier. Ils ont été informés, lors de l’exercice,
acteurs institutionnels depuis 2006. par la transmission d’un message particulier.
L’objectif était alors de tester les réactions de leurs
La 3ème édition de ces journées Réplik, du 17 au 23 cellules de crises.
novembre 2008, a eu une dimension particulière. Tout
d’abord parce que le séisme de 2007 a eu pour effet béné- Après l’exercice, chaque directeur d’école et chef
fique de réveiller les consciences et donc d’accélérer le d’établissement devait faire remonter pour fin novem-
processus de sensibilisation mais aussi parce que les 18 bre à la Délégation Académique aux Risques Majeurs
et 19 novembre 2008 s’est déroulé un exercice de simu- (DARIM) la fiche d’évaluation type (voir page 15).
lation séisme «Richter Antilles 2008» à l’échelle de
l’ensemble des communes de Martinique et de Guade- Le deuxième courrier du 17 octobre 2008 aux EPLE,
loupe avec les objectifs suivants : traitait de deux points :
- faire le point sur les capacités de coordination et de - Les PPMS avec l’obligation de leur élaboration et de
communication entre les PC, leur mise à jour, la nécessité de renforcer les contacts
- tester la gestion des dysfonctionnements et des flux avec les communes afin de mieux articuler les PPMS
(population, blessés, réseaux…),es PCS et l’organisation régulière d’exercices de
- utiliser le retour d’expérience de cet exercice pour la simulation devant permettre de tester de façon pro-
mise à jour des plans ORSEC, gressive un ou plusieurs points clés du PPMS.
- poursuivre la sensibilisation de la population au - Les Correspondants Risques Majeurs (CORIM) avec la
risque sismique. mise en place d’une équipe pluridisciplinaire
d’enseignants pour réaliser un travail pédagogique sur
L’Observatoire était représenté en Martinique lors de la culture du risque et les conduites à tenir en cas de
cet exercice par Lucien Schebelen, rapporteur de la catastrophe majeure. Cette équipe sera animée par un
commission «risques majeurs». enseignant désigné par le chef d’établissement. Le
CORIM devait être désigné pour le 05 novembre. Le
réseau des CORIM sera animé par la DARIM.Préparation de l’exercice
Le Rectorat de la Martinique par l’action de Mme Régine Déroulement de l’exercice
Pam, déléguée académique aux risques majeurs, a
activement participé à la préparation et à la mise en L’exercice programmé le 18 novembre simulait un séisme
œuvre de cet exercice. Le mois précédent l’exercice, de magnitude 7,7 sur l’échelle ouverte de Richter, dont
Mme Marie Reynier, rectrice de l’académie, avait l’épicentre se trouvait à 45 km de profondeur à 46 km à
adressé deux courriers préparatoires. l’est de Fort-de-France. Sa durée était de 50 secondes.
Il était 08h30.
Le premier courrier du 13 octobre 2008 à tous les éta-
blissements scolaires et services de l’académie, don- Les dommages étaient conséquents :
nait des indications pratiques sur l’exercice Richter
(dates et cibles). Il s’agissait de vérifier l’articulation
Constats Martinique Guadeloupeentre les plans particuliers de mise en sûreté des éta-
blissements (PPMS) et les plans communaux de sau- Bâtiments détruits à 100% 760 0
vegarde (PCS) pour l’ensemble des établissements
Bâtiments partiellement 5 000 17d’enseignement de l’île. Il y était également indiqué
détruits à évacuerque les sites du Rectorat participeraient aussi à
l’exercice. Personnes décédées 260 32
Urgences absolues 340 4Des objectifs prioritaires avaient été retenus pour
l’Académie, à savoir tester : Urgences relatives 1 750 15
- les conduites à tenir : protection pendant la secousse,
Sans abris 70 890 12
évacuation vers les zones de rassemblement, attente
11Dossiers 2008Introduction Auditions Outils d’observation Rapport d’activité Annexes
Le message pédagogique essentiel était de faire pren- niques. Les informations étaient données en temps
dre conscience que les Antilles sont une zone à risque réel et la météorologie était celle du moment.
sismique important et qu’il était important de s’y pré-
parer. Un courrier du 14 novembre 2008, adressé à
l’ensemble des établissements scolaires et des ser-
Dans le scénario retenu, les bâtiments officiels étaient vices de l’académie, donnait essentiellement des pré-
détruits, y compris les Centres de Secours. Il ne pré- cisions sur le déroulement de l’organisation de
voyait pas de coupure des communications télépho- l’exercice.
Lors de l’exercice, Lucien Schnebelen s’est rendu dans au-dessus du niveau de la mer, à 100 mètres de celle-
deux établissements de l’île, à savoir le collège Robert ci et coincé entre deux ravines qui charrient énormé-
3 au Robert et l’école primaire Emmanuel Bruno au ment d’eau lors des très grosses pluies.
François
En cas de séisme, il n’y a aucune possibilité
Observations au collège Robert 3 d’évacuation sans passer sous des structures bâti-
mentaires (donc susceptibles d’être effondrées ou de
Le collège accueille 450 élèves et emploie 50 person- s’effondrer) pour se rendre sur le point de rassemble-
nes. L’établissement est neuf, il n’a pas encore été ment “Parking” devant le collège. Le test de cet exer-
réceptionné mais il a été mis à la disposition du conseil cice consiste à utiliser deux nouvelles zones qui ne
général de la Martinique pour cette rentrée scolaire. nécessitent pas de passer sous ces structures, à savoir
Les locaux ont été conçu pour accueillir des élèves han- le terrain de sport et la cour centrale.
dicapés, mais toutes les salles spécialisées sont en
étage. A 9 heures, le principal reçoit une alerte par SMS sur
son téléphone GMS. Un premier signal indique le
La situation du collège le soumet à trois risques impor- séisme, la mise à l’abri s’opère. 2 minutes 30 plus tard,
tants : séisme, tsunami et inondation. Il est à 1 mètre la sirène d’évacuation est mise en oeuvre par le prin-
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