Rôle de la protéine Ménine dans la prolifération intestinale

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MINISTERE DE LA JEUNESSE, DE L'EDUCATION NATIONALE ET DE LA RECHERCHE ECOLE PRATIQUE DES HAUTES ETUDES Sciences de la vie et de la terre MEMOIRE Présenté par Claire JOSSO Pour l'obtention du diplôme de l'Ecole Pratique des Hautes Etudes Rôle de la protéine Ménine dans la prolifération intestinale Soutenu le 13 juillet 2004 devant le jury composé de : PRESIDENT : Dr. Y. BENYAMIN RAPPORTEUR : Pr. JM. EXBRAYAT EXAMINATEUR : Dr. J. YUAN LI EXAMINATEUR : C. BERNARD EXAMINATEUR : Dr. C. ROCHE LABORATOIRE DE STAGE : INSERM U45 LABORATOIRE EPHE : Système neuroendocrine et épithélium Reproduction et Développement intestinal normal et néoplasique des Vertébrés Adresse : Faculté de médecine RTH Laennec Adresse : Faculté Catholique de Lyon 8, rue Guillaume Paradin 25, rue du Plat 69 008 LYON 69 002 LYON Directeur du laboratoire : Pr. JA. Chayvialle Directeur d'études : Pr. JM. Exbrayat Responsables Scientifiques : Mmes C. Bernard et C. Roche EPHE Banque de Monographies SVT 1

  • ménine

  • prolifération intestinale

  • analyse du cycle cellulaire

  • inactivation de la ménine par stratégie antisens

  • protéine

  • proliferation intestinale

  • phénomène d'auto- régulation


Publié le : jeudi 1 juillet 2004
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MINISTERE DE LA JEUNESSE, DE L’EDUCATION NATIONALE ET
DE LA RECHERCHE


ECOLE PRATIQUE DES HAUTES ETUDES
Sciences de la vie et de la terre


MEMOIRE
Présenté par


Claire JOSSO

Pour l’obtention du diplôme de l’Ecole Pratique des Hautes Etudes



Rôle de la protéine Ménine dans la
prolifération intestinale



Soutenu le 13 juillet 2004 devant le jury composé de :

PRESIDENT : Dr. Y. BENYAMIN
RAPPORTEUR : Pr. JM. EXBRAYAT
EXAMINATEUR : Dr. J. YUAN LI : C. BERNARD : Dr. C. ROCHE



LABORATOIRE DE STAGE : INSERM U45 LABORATOIRE EPHE :
Système neuroendocrine et épithélium Reproduction et
Développement
intestinal normal et néoplasique des Vertébrés

Adresse : Faculté de médecine RTH Laennec Adresse : Faculté Catholique de
Lyon
8, rue Guillaume Paradin 25, rue du Plat
69 008 LYON 69 002 LYON

Directeur du laboratoire : Pr. JA. Chayvialle Directeur d'études : Pr. JM.
Exbrayat
Responsables Scientifiques : Mmes C. Bernard et C. Roche



EPHE Banque de Monographies SVT 1ECOLE PRATIQUE DES HAUTES ETUDES
SCIENCES DE LA VIE ET DE LA TERRE

RÔLE DE LA PROTEINE MENINE DANS LA
PROLIFERATION INTESTINALE

Claire Josso


La NEM1 (Néoplasie Endocrinienne Multiple de type I) constitue un syndrome héréditaire, à
transmission autosomique dominante, caractérisé par des atteintes multi-focales touchant principalement
les organes endocrines. La ménine, produit du gène suppresseur de tumeurs MEN1, est exprimée chez
l'adulte sans restriction aux tissus endocrines. L'identification de nombreux partenaires n'a cependant pas
permis d'en déduire sa fonction ni le rôle fonctionnel de ces interactions. L'expression de la ménine étant
abondante dans les tissus en prolifération, notamment aux niveaux des cryptes intestinales, nous avons
cherché à déterminer le rôle de la ménine dans la prolifération intestinale.
Nous avons ainsi montré que l'inactivation de la ménine par stratégie antisens entraînait une
augmentation de la prolifération dans la lignée cryptique intestinale de rat IEC 17. Cette croissance
accrue est due à une absence d'arrêt du cycle cellulaire en phase G /G , associée à une surexpression de0 1
deux effecteurs majeurs de cette phase du cycle: la cycline D1 et Cdk4. Nous avons montré parallèlement
in vivo, qu'une période de jeûne augmente le niveau d'expression de la ménine au niveau de la muqueuse
intestinale.
L'étude des conséquences fonctionnelles de l'inactivation de la ménine a également démontré que
la perte de cette protéine empêche les effets anti-prolifératifs du TGFb. Cette altération de la réponse à ce
facteur étant corrélée à une diminution de ses récepteurs de type II.
Par ailleurs, nous avons voulu déterminer les mécanismes moléculaires impliqués dans la
surexpression de la cycline D1. L’intervention de NFkB dans la prolifération a été démontrée par
plusieurs études et est d’autant plus évidente que ce facteur augmente l’expression de la cycline D1.
L’interaction de la ménine avec ce facteur de transcription, impliquant l’inhibition de son activité
transcriptionnelle, constitue un indice supplémentaire quant au rôle de la ménine dans la régulation de la
prolifération. Afin de vérifier que la perte de ménine induit la surexpression de la cycline D1 par
l'intermédiaire de NFkB, nous avons mis au point une technique capture de protéine par l'ADN. Les
résultats préliminaires obtenus nous permettent d'envisager que la perte de l'interaction entre la ménine et
NFkB apparaît bien être responsable de la surexpression de la cycline D1.
Ces résultats indiquent clairement que la ménine contribue au contrôle de la prolifération
intestinale, dévoilant une fonction physiologique encore peu étudiée.



Mots clés : ménine ; cycline D1, TGFb, NFkB, prolifération intestinale, IEC-17.






SOMMAIRE

ABREVIATIONS ET ANGLICISMES
INTRODUCTION

CHAPITRE 1 : REVUE BIBLIOGRAPHIQUE
EPHE Banque de Monographies SVT 2

I. LA PROLIFERATION
INTESTINALE............................................................................................................... 81
1. STRUCTURE MORPHOLOGIQUE DE
L’INTESTIN................................................................................................... 81
1.1. Axe antéro-
postérieur..................................................................................................................................................
81
1.2. Architecture structurale de
l'intestin81
1.3. Axe crypto-
villositaire..............................................................................................................................................
113
2. CYCLE CELLULAIRE CHEZ LES MAMMIFÈRES..................................................................................................
135
2.1. Les étapes du cycle
cellulaire............................................................................................................................ 135
2.2. Les Cdk et leurs
cyclines....................................................................................................................................... 146
2.3. Régulation de l’activité des
Cdk...................................................................................................................... 157
2.4. Effets biologiques des complexes Cdk-cyclines................................................................................
1810
2.5. Implication des cyclines D dans la prolifération intestinale.................................................. 1911
3. LE TGFB ET LA PROLIFÉRATION INTESTINALE..............................................................................................
2012
3.1.
Historique
.......................................................................................................................................................................
2012
3.2. La superfamille du
TGFb................................................................................................................................... 2012
3.3. La famille du TGFb et ses
récepteurs...................................................................................................... 2113
3.4. Les protéines
médiatrices2213
3.5. Action du TGFb sur la prolifération intestinale..............................................................................
2314
3.6. Le système TGFb et la
cancérogenèse.................................................................................................... 2416
II. LES NEOPLASIES ENDOCRINIENNES MULTIPLES.............................................................
2517
1. LES NÉOPLASIES ENDOCRINIENNES MULTIPLES (NEM), ASPECTS CLINIQUES........................ 2517
1.1. Tableau clinique de la NEM
1....................................................................................................................... 2617
1.2. Pénétrance et
fréquence...................................................................................................................................... 2618
1.3. Lésions duodéno-pancréatiques fonctionnelles.................................................................................
2718
2. LE GÈNE DE PRÉDISPOSITION AUX
NEM1.......................................................................................................... 2719
2.1 Identification du gène
EPHE Banque de Monographies SVT 3MEN1............................................................................................................................ 2719
2.2. Le gène MEN1, gène suppresseur de tumeurs...................................................................................
2920
2.3. Structure du gène MEN1 et de son transcrit.......................................................................................
2921
3. LA PROTÉINE
MÉNINE.......................................................................................................................................................
3022
3.1. Structure de la
ménine.......................................................................................................................................... 3022
3.2. Conservation au cours de
l’évolution....................................................................................................... 3122
3.3. Etudes fonctionnelles chez les mammifères.........................................................................................
3122
4. LES PARTENAIRES PROTÉIQUES DE LA MÉNINE..............................................................................................
3425
4.1. Les facteurs impliqués dans la transcription......................................................................................
3426
4.2. Les protéines impliquées dans la réplication et la réparation de l’ADN..................... 4132
4.3. Les du
cytosquelette........................................................................................................................ 4536
5. RÉGULATION DE L’EXPRESSION DE LA MÉNINE.............................................................................................
4738
5.1. Promoteur et séquences
régulatrices........................................................................................................ 4738
5.2. Phénomène d'auto-
régulation......................................................................................................................... 4738
6. SUREXPRESSION / INHIBITION DE LA MÉNINE..................................................................................................
4839
6.1. Surexpression de la
ménine.............................................................................................................................. 4839
6.2. Inhibition de la
ménine........................................................................................................................................ 4839
7. FONCTIONS PUTATIVES DE LA
MÉNINE................................................................................................................. 4940
III. DEMARCHE
EXPERIMENTALE5041

CHAPITRE 2 : MATERIEL ET METHODES

I. MODELE ANIMAL................................................................................ 43
II. CULTURE CELLULAIRE........................................................... 43
2.1. CARACTÉRISTIQUES DES LIGNÉES CELLULAIRES UTILISÉES 43
2.2. CULTURE DES LIGNÉES CELLULAIRES.......................................... 44
2.3. CONGÉLATION/DÉCONGÉLATION CELLULAIRE...................... 45
III. ETUDE DE L’EXPRESSION TRANSCRIPTIONNELLE 45
3.1. EXTRACTION DES ARN TOTAUX PAR LA MÉTHODE DU TRIZOL 45
3.1.1. Principe.......................................................................................................... 46
3.1.2. Protocole....................................................................................................... 46
3.2. REVERSE TRANSCRIPTION – POLYMERASE CHAIN REACTION (RT-PCR) 48
3.2.1. Principe48
3.2.2 Protocole......................................................................................................... 50
IV. ETUDE DE L’EXPRESSION PROTEIQUE................. 51
4.1. EXTRACTION DES PROTÉINES............................................................. 51
EPHE Banque de Monographies SVT 44.1.1. Extraction des protéines totales.................................................. 51
4.1.2. Extraction des cytoplasmiques et nucléaires 52
4.1.3. Extraction des protéines membranaires et cytoplasmiques 53
4.2. DOSAGE DES PROTÉINES PAR LA MÉTHODE DE BRADFORD 54
4.2.1. Principe.......................................................................................................... 54
4.2.2. Protocole....................................................................................................... 54
4.3. TECHNIQUE D’IMMUNO-EMPREINTE OU DE WESTERN BLOT 55
4.3.1. Principe55
4.3.2. Protocole (figure 17)........................................................................... 55
4.4. TECHNIQUE D’IMMUNOFLUORESCENCE....................................... 58
4.4.1. Principe général de l’immunohistochimie.......................... 58
4.4.2. Observation du signal en immunofluorescence.............. 59
4.4.3. Protocole60
V. ETUDE DE L’ACTIVITE D’UN PROMOTEUR OU D'UN GENE 61
5.1. AMPLIFICATION PLASMIDIQUE.......................................................... 61
5.1.1. Principe.......................................................................................................... 61
5.1.2. Protocole....................................................................................................... 62
5.2. TRANSFECTION TRANSITOIRE............................................................. 67
5.2.1. Principe67
5.2.2. Les plasmides utilisés.......................................................................... 67
5.2.3. Protocole68
5.2.4. Dosage de la luciférase..................................................................... 69
VI. MISE EN EVIDENCE D’ INTERACTIONS MOLECULAIRES 71
6.1. INTERACTION PROTÉINE-PROTÉINE : CO-IMMUNOPRÉCIPITATION 71
6.1.1. Principe de la co-immunoprécipitation................................. 71
6.1.2. Protocole72
6.2. INTERACTION PROTÉINE-ADN : TECHNIQUE µ MACS.... 74
6.2.1. Principe.......................................................................................................... 74
6.2.2. Les outils....................................................................................................... 75
6.2.3. Protocole76
VII. ANALYSE DU CYCLE CELLULAIRE PAR CYTOMETRIE EN FLUX 79
7.1. PRINCIPE............................................................................................................ 79
7.2. PROTOCOLE..................................................................................................... 79
7.2.1. Préparation des cellules.................................................................... 79
7.2.2. Marquage des........................................................................ 80


CHAPITRE 3 : RESULTATS

I. ETATS DES TRAVAUX......................................................... 82
1. ETABLISSEMENT DES CLONES............................................................. 82
2. ACTION SUR LA PROLIFÉRATION....................................................... 82
II. RESULTATS................................................................................. 83
1. ANALYSE DU CYCLE CELLULAIRE........................................................ 83
1.1. Expression des effecteurs du cycle cellulaire........................ 83
1.2. Analyse du cycle cellulaire.................................................................. 84
2. RÉGULATION DE L'EXPRESSION DE LA CYCLINE D1............... 84
2.1. Voie de la b-caténine............................................................................... 84
2.2. Régulation de l'expression de la cycline D1 par la ménine et NFkB 85
3. PERTINANCE PHYSIOLOGIQUE................................................................. 89
3.1. Expression de la ménine au niveau de l’intestin................ 89
3.2. Modèle de jeûne/réalimentation...................................................... 89
4. EXPRESSION DES RÉCEPTEURS DE TYPE II AU TGFB ET DE SMAD3 91
EPHE Banque de Monographies SVT 5
III. CONCLUSION............................................................................ 91


CHAPITRE 4 : DISCUSSION

I. CONSEQUENCES DE L’INACTIVATION DE LA MENINE SUR LE CYCLE
CELLULAIRE............................................................................................ 93
II. REGULATION DE L’EXPRESSION DE LA CYCLINE D1 95


CHAPITRE 5 : CONCLUSION ET PERSPECTIVES

I. TUMORIGENESE ENDOCRINE ASSOCIEE A L’INACTIVATION DE LA
MENINE........................................................................................................ 101
II. IMPLICATION DE LA MENINE DANS LA VOIE DU TGFB 103





ABREVIATIONS ET ANGLICISMES

Ac : Anticorps
ADN : Acide désoxyribonucléique
ADNc : Désoxyribonucléique complémentaire
Ag : Antigène
AP1 : Activating Protein 1
APC : polypose adénomateuse colique
APS : ammonium persulafte
ARN : Acide Ribonucléique
ARN m : Acide messager
ATP : Adénosine triphosphate
BAC : Bacterial Artificial Chromosome (chromosome artificiel bactérien)
BET : Bromure d’Ethidium
BMP : Bone Morphogenic Proteins
BSA : Bovine Serum Albumin (sérum d'albumine bovine)
bZIP : région basique leucine ZIPper
CaBP 9K : Calcium Binding Protein 9 kDa
CAK : cyclin activated kinase
CBP : CREB binding protein
Cdc : Cell division cycle
Cdk : Cyclin Dependent Kinase
CIP : Cdk Inhibiting Protein
CKI : CDK Inhibitor (inhibiteur des Cdk)
db : double brin
DEB : diepoxybutane
DMEM : Dulbecco’s Modified Eagle’s Medium
DMSO : Diméthyl Sulfoxide
dNTP : désoxyribonuléotide triphosphate
DO : Densité optique
ECL : Enhance Chemical Luminescence
EGFP : Enhanced Green Fluorescent Protein
FI : filaments intermédiaires
EPHE Banque de Monographies SVT 6FITC : isothiocynanate de fluorescéine
FMTC : Familial Medullary Thyroid Carcinoma
G : gap (étape)
GFAP : Glial Fibrillary Acidic Protein
GDF : Growth Differenciation Factors
HDAC : histone désacétylase
IkB : Inhibitor kB
IKK : IkB kinase
Inr : Initiator
INK4 : Inhibitor of Cdk4
KAP : CDK associated phosphatase
Kb : kilobase
KDa : kilo Dalton
KIP : Kinase Inhibitor Protein
KO : Knock Out
LAR II : Luciferase Assay Reagent II
LB : Luria Bertani broth
LEF/TCF : Leucocyte Enhancer Factor / T-cell factor
LOH : Loss Of Heterozygosity (pertes d'hétérozygotie
M : mitose
MAPK : Mitogenic Actived Protein Kinase
MEN1 : Multiple Endocinre Neoplasia Type I (Néoplasie endocrinienne Multiple de Type I)
MIP : Menin Interacting Protein
MTC : Medullary Thyroid Carcinoma
NDP : Nucléoside diphosphate
NLS : Nuclear Localisation Signal
NFkB : factor kB
nm23 : nonmetastatic 23
Pb : paire de base
PBS : Phosphate Buffered Saline
PCNA : Proliferating Cell Nuclear Antigen
PCR : Polymérase Chain Reaction (réaction de polymérisation en chaîne)
PDX-1 : pancratic and duodenal homeobox gene-1
pH : potentiel d'hydrogène
PLB : Passive Lysis Buffer
PM : Poids Moléculaire
PMSF : PhenylMethylSulfonylFluorid
PRL : Prolactine
PVDF : polyfluorure de vinylidène
PYGM : human muscle glycogen phosphorylase gene
YAC : Yeast Artificial Chromosome (chromosome artificiel de levure)
RHD : Rel Homology Domain
RPA2 : Replication Protein A 2
RPM : Rotation Par Minute
RT - PCR : Reverse Transcription PCR (transcription inverse suivie d'une PCR)
S : synthèse
SDS : Sodium Dodécyl Sulfate
SDS -PAGE : Sodium- Polyacrylamide Gel Electrophoresis
SGF : Sarcoma Growth Factor
SVF : Sérum de Veau Fœtal
TbR II : récepteur de type II au TGFb
TEMED : tétraméthyl –éthylène diamine
Thr : thréonine
TGFb : Transforming Growth Factor b
Tyr : tyrosine
UV : Ultra Violet





EPHE Banque de Monographies SVT 7



I. LA PROLIFERATION INTESTINALE

1. Structure morphologique de l’intestin

1.1. Axe antéro-postérieur

Le tractus intestinal se présente comme un tube déterminant une régionalisation proximo-distale
caractérisée par des spécificités morphologiques et fonctionnelles à chaque niveau. En effet, l’intestin se
divise en deux parties selon un axe antéro-postérieur : l’intestin grêle et le côlon (figure 1).
Les fonctions de digestion et d’absorption des nutriments sont l’apanage de l’intestin grêle avec
certaines spécificités le long de ce tractus. Il possède également une fonction immunitaire locale puisqu’il
contient les plaques de Peyer et les lymphocytes intra-épithéliaux.

L'intestin grêle se divise en trois régions définies suivant l’axe antéro-postérieur : le duodénum, le
jéjunum et l'iléon (figure 1). Le duodénum correspond à la partie initiale de l'intestin grêle. Les enzymes
digestives provenant du pancréas et la bile d'origine hépatique sont déversées dans le duodénum où elles
permettent la poursuite de la digestion. Le jéjunum, segment moyen de l'intestin grêle, est le siège d’une
importante production d'enzymes digestives. Ce compartiment est le site principal de l’hydrolyse
terminale et de l’absorption des nutriments. L’iléon, lieu de réabsorption des sels biliaires, participe
également à l’hydrolyse et l’absorption des nutriments.
Enfin, le côlon qui est subdivisé en quatre segments (ascendant, transverse, descendant et anse
sigmoïde), participe au transport actif des ions, à la réabsorption de l’eau et à l’élimination des déchets.

1.2. Architecture structurale de l'intestin

La structure de base du tube digestif est constante sur toute sa longueur, seule la muqueuse présente des
particularités structurales régionales liées à ses différentes fonctions physiologiques.
Malgré cette régionalisation, qu'il s'agisse de l'intestin grêle ou du côlon, la structure de la paroi du
tube digestif est constituée de quatre couches, de la lumière à la périphérie : la muqueuse, la sous-
muqueuse, la musculeuse et l'adventice (figure 2).

1.2.1. La muqueuse
La muqueuse se dispose en extensions digitiformes nommées villosités entre lesquelles
l'épithélium s'invagine pour former les cryptes. La muqueuse est sub-divisée en trois couches distinctes :
l'épithélium, le chorion et la musculaire muqueuse. Le revêtement épithélial, constitué d'un épithélium
monostratifié, repose sur le chorion, encore appelé tissu conjonctif de soutien ou lamina propria. Le
chorion vascularisé et innervé, peut également contenir des éléments lymphoïdes (follicules,
macrophages, cellules de Langerhans,…) ainsi que des glandes exocrines (glandes muqueuses).
La musculaire muqueuse (muscularis mucosae), correspond à une couche mince formée de fibres
musculaires lisses organisées en deux plans. Celle-ci assure les replis de la muqueuse.
EPHE Banque de Monographies SVT 8
1.2.2. La sous-muqueuse
Cette couche est constituée de tissu conjonctif lâche vascularisé et innervé, qui rattache la
muqueuse à la musculeuse. La sous-muqueuse contient également des glandes exocrines qui déversent
leur produit de sécrétion dans la lumière intestinale par des canaux excréteurs. Ces glandes sont appelées
glandes sous-muqueuses. Comme la lamina propria, la sous-muqueuse contient des éléments
lymphoïdes.

1.2.3. La musculeuse
La musculeuse est constituée de fibres musculaires lisses divisées en deux plans : une couche
longitudinale externe et une couche circulaire interne sensiblement plus épaisse.

1.2.4. L’adventice ou séreuse
Cette couche externe de tissu conjonctif lâche forme le tissu de soutien aux gros vaisseaux et aux
nerfs qui vont pénétrer dans les couches plus internes de la paroi.



1.3. Axe crypto-villositaire

L'épithélium intestinal possède une capacité de prolifération et de différenciation cellulaire
importante. Son renouvellement s’effectue en 2-3 jours chez le rat et en 4-5 jours chez l’homme. Cet
épithélium peut être subdivisé en deux compartiments morphologiquement distincts, constituant l’unité
fonctionnelle de base de l’intestin : les cryptes et les villosités (figure 3). La prolifération cellulaire
cryptique est suivie d’une migration et d’une différenciation des cellules le long de l’axe crypto-
villositaire, pour se terminer par une desquamation à l'apex des villosités.
Les cryptes, invaginations de l’épithélium, contiennent les cellules souches, les cellules en
prolifération et les cellules de Paneth. Les villosités, évaginations de l’épithélium, sont constituées de
cellules différenciées. Cette organisation cellulaire reste similaire tout au long de l'intestin bien que
l’épithélium colique présente des cryptes plus profondes et que les villosités de l’intestin grêle sont
remplacées par des coiffes épithéliales.

La mise en place des différents contingents cellulaires se déroule au cours du développement
embryonnaire de façon asynchrone. Ces différents contingents cellulaires assurent les différentes
fonctions du tractus digestif (figure 4):

1.3.1. Les cellules souches
Le renouvellement de l’épithélium se fait à partir de cellules souches. Ces cellules souches
pluripotentes sont à l’origine des quatre types cellulaires présents dans l’épithélium digestif.
Indifférenciées, ces cellules représentent la majorité des cellules cryptiques. La présence à leur pôle
-apical, de nombreux canaux Cl , font des cryptes le site majeur de la sécrétion hydro-électrique.

1.3.2. Les entérocytes
EPHE Banque de Monographies SVT 9Ce contingent cellulaire représente 80 % de la population totale de l'épithélium intestinal et a pour
fonction première l’absorption. Les entérocytes sont caractérisés par la présence à leur pôle apical de
microvillosités constituant la bordure en brosse. La membrane des villosités est le siège des enzymes
digestives et des transporteurs de macromolécules présentes dans la lumière intestinale.

1.3.3. Les cellules caliciformes (à mucus)
Ces cellules sont caractérisées par la présence de nombreux grains de sécrétion dans leur
cytoplasme apical. Les cellules sont disséminées dans l'ensemble de l'épithélium intestinal, s'intercalant
entre les entérocytes. Le mucus sécrété constitue une barrière lubrifiante protégeant l'épithélium. Elles
représentent environ 5% de la population totale, leur proportion augmentant au niveau du côlon.

1.3.4. Les cellules de Paneth
Les cellules de Paneth sont observées à la base des cryptes où elles forment des amas. Elles
possèdent une activité sécrétoire intense se traduisant par la présence de grains de sécrétion apicaux à
forte activité lysosomiale. Ces sécrétions (défensines, lysozyme, phospholipase A), associées au pouvoir
phagocytaire de ces cellules, leur confèrent une fonction de défense innée et de bactériostase. Leur
nombre augmente du duodénum vers l’iléon et leur présence est rare dans le côlon.

1.3.5. Les cellules endocrines
Disséminées le long de l'épithélium des cryptes, elles représentent seulement 1% des cellules
épithéliales intestinales. Malgré cette faible proportion, plusieurs types de cellules endocrines sont
réparties tout au long du tube digestif. Chaque type sécrète une hormone spécifique et possède une
localisation préférentielle. Par exemple, les cellules D qui sécrètent la somatostatine sont retrouvées tout
au long du tractus digestif, de l'estomac au côlon ainsi qu'au niveau du pancréas. En revanche les cellules
G qui contiennent la gastrine ne sont localisées que dans l'antre et le duodénum proximal. La structure
polarisée de ces cellules permet des échanges d'information du milieu intraluminal, des cellules
épithéliales voisines, du milieu sanguin et du système nerveux. Les substances sécrétées sont des
bioamines (sérotonine) ou des peptides (somatostatine, gastrine). Ce système de régulation endocrinien
contrôle l'ensemble des fonctions digestives: motricité, secrétions exocrines (enzymatique et
hydroélectrique), secrétions endocrines, croissance voire différenciation des cellules liées à la fonction
nutritionnelle.



L’épithélium colique diffère de l’épithélium de l’intestin grêle, il possède peu de cellules de
Paneth et est essentiellement composé de colonocytes. Ce type cellulaire est morphologiquement et
fonctionnellement différent des entérocytes. En effet, les colonocytes assurant également une fonction
d'absorption, présentent un important système tubulo-vacuolaire ainsi que de grandes vacuoles supra-
nucléaires.


2. Cycle cellulaire chez les mammifères

2.1. Les étapes du cycle cellulaire
EPHE Banque de Monographies SVT 10

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