UNIVERSITE DE PARIS PANTHEON SORBONNE

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  • mémoire - matière potentielle : professionnel


0 UNIVERSITE DE PARIS 1 - PANTHEON SORBONNE INSTITUT DE RECHERCHE ET D'ETUDES SUPERIEURES DU TOURISME Les festivals : moteurs de la valorisation du patrimoine et de l'attractivité touristique d'un territoire «Le Festival de la Photographie Les Rencontres d'Arles et la ville d'Arles» Mémoire professionnel présenté pour l'obtention du Diplôme de Paris 1 - Panthéon Sorbonne MASTER PROFESSIONNEL TOURISME (2e année) Spécialité Valorisation Touristique des Sites Culturels Par DIAMANTAKI Garyfallia Directeur du mémoire : TIARD Michel JURY Membres du jury : ..................................... : ..................................... : ..................................... Session de ………………………. IREST septembre 2010

  • impact culturel

  • public au cœur du développement du festival ………………………………………

  • adjoint office de tourisme

  • musée départemental de l'art antique

  • festival

  • tourisme

  • potentiel touristique de la ville d'arles…………………………

  • développement local


Publié le : mercredi 1 septembre 2010
Lecture(s) : 99
Source : univ-paris1.fr
Nombre de pages : 120
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UNIVERSITE DE PARIS 1 - PANTHEON SORBONNE
INSTITUT DE RECHERCHE ET D'ETUDES SUPERIEURES DU TOURISME





Les festivals : moteurs de la valorisation du patrimoine et de l’attractivité
touristique d’un territoire

«Le Festival de la Photographie Les Rencontres d’Arles et la ville d’Arles»





Mémoire professionnel présenté pour l'obtention du
Diplôme de Paris 1 - Panthéon Sorbonne
MASTER PROFESSIONNEL "TOURISME" (2e année)
Spécialité Valorisation Touristique des Sites Culturels


Par DIAMANTAKI Garyfallia
Directeur du mémoire : TIARD Michel
JURY
Membres du jury : .....................................
: .....................................
: .....................................
Session de ……………………….






IREST septembre 2010

0

Remerciements




Je me tiens à exprimer ma reconnaissance d’abord à mon directeur de mémoire, M.
Michel TIARD, pour ses conseils avis, son orientation, sa patience et sa disponibilité.

Je souhaiterais remercier toutes les personnes qui ont bien contribué à cette étude avec leur
réponses et leur compétences et notamment, Alice MARTIN, administratrice générale du
Festival, Agnès BENICHOU, adjoint administratrice, François HEBEL, directeur du
Festival des Rencontres d’Arles, Eléna FERTIL, coordinatrice du Photo Folio Review &
Gallery 2010, Florence ROUMY, responsable Communication &Presse Festival Les SUDS
Arles Emmanuelle CARRIE ,responsable de la communication et coordination festival
ARELATE Odile CAYLOUX, animatrice de l’architecture et du patrimoine de la ville
d’Arles, Service du Patrimoine Francine RIOU, directrice adjoint Office de Tourisme
d’Arles, Claire NYS, responsable vie étudiante à l’Antenne Universitaire de la ville d’Arles

Je pense toute particulièrement également pour l’équipe du festival des Rencontres
d’Arles pour leur accueil et leur soutien et plus spécifiquement :
Pamela Naiman Chaine, responsable des boutiques et de la billetterie, Isabelle
Saussol, responsable des activités pédagogiques, Monique Lopez, responsable des agents
d’accueil et des gardiens, Elise Valluet responsable de la première édition du Village des
Rencontres, Emilie Le Bourhis, stagiaire responsable de la billetterie et des visites guidées,
Aude Bolechala, stagiaire responsable de la billetterie et librairie, Hélène Molmerret
stagiaire Protocole et Pauline Bouchet, stagiaire pour la Rentrée en images et aux activités
pédagogiques.


Merci aussi à ceux qui de près ou de loin m’ont aidé dans la rédaction de ce travail.


Enfin, un remerciement à tous les acteurs et les habitants d’Arles qui contribuent à
faire cette ville une destination incontournable.









1
Sommaire

Préface........................................................................................................................................6

Introduction …………………………………………………………………………………..9
Première partie : Potentiel touristique de la ville d’Arles…………………………...........14
1. Arles et son territoire : carte d’identité.............................................................................15
1.1 Données géographiques………………………………………………………………….15
1.2 Accessibilité……………………………………………………………………………...16
1.3 Paysage économique …………………………………………………………………….18
1.4 Paysage politique…………………………………………………………………….......19
1.5 Paysage culturel…………………………………………………………………………19
1.5 .1.Un patrimoine culturel exceptionnel……………………………………….......19
1.5.2. Un patrimoine naturel reconnu ………………………………………………...21
1.5.3. Une offre culturelle précieuse…………………………………………….……21
1.5.4 .Des festivals reconnus et un événementiel riche ..............................................23
1.6 Etablissements éducatifs………………………………………………………………….24
1.7 Une région touristique forte………………………………………………………………24
2. La culture et le tourisme au centre de son développement local………………………25
2.1 Culture, tourisme et développement local : Quels bénéfices ? …………………………..25
2.2 Une politique culturelle dynamique ……………………………………………………..27
2.2.1 Historique de protection et de mise en valeur du patrimoine …………………..27
2.2.2 Le service du patrimoine de la ville d’Arles…………………………………....29
2.2.3 La révision du secteur sauvegardé ……………………………………………..30
2.2.4 L’actualité culturelle …………………………………………………………...31
2.3 Une stratégie touristique renouvelée…………………………………………………...32
2.2.1 L’étude de public de 2007 et ses résultats………………………………………32
2.4 Une politique d’aménagements ………………………………………………………..34
3. Conclusion première partie : patrimoine, tourisme, volonté politique : l’effet du cercle
vertueux……………………………………………………………………………………….34


Deuxième partie : Le festival de la photographie Les Rencontres d’Arles : impacts
culturels, touristiques et sur le développement local
4. Le festival : définition, fonctionnement……………………………………………….....37
5. Le Festival des Rencontres d’Arles et son impact au territoire………………………..40
5.1 Histoire des nouveautés…………………………………………………………………41
5.1.1 Semaine d’ouverture et autres activités principales…………………………….43
5.1.2La fréquentation et le public du festival………………………………………....44
5.2 L'impact culturel et la valorisation du patrimoine arlésien…………………………..49
5.2.1 Le projet de réhabilitation des ateliers SNCF et la fondation LUMA………….51
5.3 L'impact économique & touristique
5.3.1Retombées directes………………………………………………………………52
5.3.2 Retombées indirectes ………………………………………………………….53
5.3.3 L'impact sur l'attractivité touristique …………………………………………...54
5.4 Retombées médiatiques ………………………………………………………………...55
5.5L'impact social et la question de l'intégration au territoire…………………………...55

2
6. Les festivals : Les Suds Arles et Arelate : deux cas intéressants………………………58
6.1 Le festival Les Suds Arles ………………………………………………………………58
6.1.1Le public du festival……………………………………………………………..59
6.1.2 Le tourisme au service social et du développement territoriale………………...60
6.2 Le festival Arelate : Une structure associative intéressante……………………………..61
6.2.1 Un public familial important…………………………………………………..............63
6.2.2 Une politique tarifaire pour le grand public ……………………………………63
6.2.3 Les bénéfices de l’association ………………………………………………….64
6.2.4 Implication des locaux & impact touristique …………………………………..64
7. Conclusion deuxième partie ……………………………………………………………..65

Troisième partie Quel avenir pour le festival et la ville d’Arles ?...................................66
8.Les enjeux et défis des festivals…………………………………………………………...67
8.1 Fidélisation et renouvèlement du public ………………………………………...67
8.2 Les synergies avec les acteurs touristiques……………………………………….68
8.3 Une nécessaire intégration au territoire ……
8.4 L’enjeu financier …………………………………………………………………69
8.5 La mise en réseau et la mutualisation des moyens………………………………..69

9. Comment Le Festival des Rencontres peut-il pérenniser son développement ? …….69

9.1Un équilibre financier fragile …………………………………………………………….70
9.2Autres sources de financement : le mécénat& ressources propres………………………..72
9.3Un budget «expositions» incompressible ………………………………………………...72
9.4 Le public au cœur du développement du festival ………………………………………..73
9.4.1 Une grande capacité d’accueil & le potentiel de développement du public ......74
9.4.2 Satisfaction & fidélisation du public …………………………………………...74
9.4.3 Le potentiel du public touristique : un travail avec les acteurs touristiques &
patrimoniaux …………………………………………………………………………76
9.4.4 Autres publics à approcher……………………………………………………...79
9.4.5 Synergies avec d’autres festivals ………………………………………………80
9.4.6 Le public local & les pratiques pour renforcer l’intégration au territoire……..81
9.4.7Les outils de communication pour attirer un grand public………………………81
9.5 Responsabilité développement durable : les festivals pour l’agenda 21 ?.......................82
9.6 Communication interne & l’équipe ………………………………………………………82

10. Le projet Marseille Provence 2013 : une grande opportunité de développement…..83

Conclusion …………………………………………………………………..……………….84

Bibliographie
Annexes/Gallérie des photos

"L'Université n'entend donner aucune approbation ou improbation aux opinions émises dans
les mémoires et thèses. Ces opinions doivent être considérées comme propres à leurs auteurs"
3
RÉSUMÉ

Mots clefs : culture et développement, festivals, tourisme culturel, développement local,
attractivité touristique, Arles, festival Rencontres d’Arles

Le festival est un secteur de l’activité culturelle qui rencontre ces dernières années une
croissance fulgurante. La France en dénombre à elle seule environ 2000, chiffre lui-même
difficile à établir. Le phénomène festivalier, qui n’est pas encore assez étudié, commence à
faire l’objet d’un discours initié par les professionnels du milieu, qui essaient de le définir et
de déterminer les éléments qui le composent, afin de pouvoir l’analyser et tracer de bonnes
pratiques pour son futur fonctionnement.
En Arles, ville de 55 000 habitants de la région Provence-Alpes-Côte-D’azur, l’une
des plus touristiques de France, les festivals jouent un rôle important dans le développement
culturel. De début mai à fin août, les festivals se succèdent, animant la période estivale. Arles
est une ville qui vit de sa culture et son tourisme.
La ville d’Arles est un cas particulier. Cette petite ville, qui a charmé van Gogh, a un
patrimoine exceptionnel de 8 monuments datant de son époque romaine et romane, tous
inscrits au Patrimoine Mondial de l’Unesco (depuis 1981) et de nombreux bâtiments classés
monuments historiques. De plus, elle abrite trois musées importants (le Musée Départemental
de l’Art Antique, le Musée Réattu de l’art contemporain et le Muséon Arlaten de l’art
populaire), ainsi qu’un grand nombre d’associations culturelles offrant une grande diversité
d’expositions, de spectacles et de conférences. Elle est aussi le siège des éditions Actes Sud et
d’Harmonia Mundi, maisons de renommée internationale. Sise au carrefour de différentes
populations, elle profite des traditions provençales mais aussi de celles des corridas et des
ferias. De plus, elle jouit aussi d’une richesse naturelle, étant située près du delta du Rhône et
entourée du parc naturel de la Camargue au sud, des Alpilles au nord et de la réserve
naturelle du Crau à l’est.
Ainsi, ces dernières années, Arles a connu un essor important et s’est transformée en
l’une des villes culturelles les plus attractives de France. Cet accomplissement est le résultat
d’une politique culturelle dynamique qui a entrepris une série d’actions pour mettre en valeur
ce patrimoine et le diffuser.
Dans cette démarche, le Festival de Photographie « Les Rencontres d’Arles » a joué
un rôle fondateur. Dès son apparition à la fin des années 60, il a suscité un dynamisme qui a
bouleversé le paysage culturel en faisant du mieux la, la ville de la photo et de l’image.
Ayant attiré 72 000 visiteurs en 2009, le festival se trouve, avec ce chiffre record,
dans une nouvelle période de croissance. Après déjà 41 ans d’existence, il se projette dans le
futur en attaquant de front l’instabilité financière à laquelle les festivals sont toujours sujets,
ainsi qu’au besoin de se renouveler tout en conservant sa qualité et sa notoriété. Dans cette
optique, des entreprises favorisant une meilleure connaissance par le public et une meilleure
coopération avec les acteurs touristiques et culturels sont des alliés importants.
Le nouveau projet de réhabilitation du site des anciens ateliers de la SNCF, entamé
par le festival, va changer le paysage de la ville d’Arles et son futur, en la propulsant parmi
les principales villes de culture de l’avenir.
En cette époque de crise économique où la culture est reléguée au second plan, Arles
montre l’exemple d’une ville qui investit dans son patrimoine et dans le tourisme pour un
développement durable. Dans cette démarche, le festival des Rencontres d’Arles joue un rôle
primordial.
4
SUMMARY

Key words : culture and development, festivals, cultural tourism, sustainable tourism, Arles,
photo festival Les Rencontres d’Arles

The festival is a branch of the cultural activity which these last year’s meets a radical
growth. France only counts 2000 festivals, number which is not confirmed. The festival
phenomenon hasn’t been studied yet enough, is in the center of the debate, initiated by
professionals of the field, who try to define it, and to see the elements that compose it, in
order to be able to analyze it and trace good practices for its future operation. In Arles, a city
of 55.000 inhabitants in the south of France, in the region of Provence-Alpes-Cote d’Azue,
one of the most tourist areas of France, the festivals plays an important role in its cultural
development. Form May until the end August, the festivals follow one another, thus
animating the summer period. As a result, the festivals contribute to its cultural rise and its
tourist attraction. In fact Arles is a city which lives from its culture and its tourism.
The town of Arles is a particular case. This small city which charmed Van Gogh has
an exceptional cultural heritage, having 8 monuments, of its Roman and Romanesque period,
included in the World heritage list of UNESCO (1981) and a great number of its buildings
classified within the national list of protection of cultural heritage. Moreover, it shelters three
important museums (Museum of Antiquities, Musée Réattu of contemporary art, Muséon
Arlaten of popular art), a great number of cultural organizations, which offer a great diversity
of exhibitions, spectacles, conferences. The publishing house, Actes Sud is also installed in
Arles, as well as the record company Harmonia Mundi, both of international repute.
Moreover, Arles, being in the crossroad of various populations, it benefits both from regional
traditions as well as those like bullfights and Férias. Arles also benefits from a natural wealth
being located near the delta of the Rhone and being surrounded by the natural park of the
Camargue in the south, Alpilles in north and the protected area of Crau in the east.
Arles thus has seen the last years an important rise while being transformed in one of
the most important cultural cities in France. This achievement is the result of a dynamic
cultural policy undertaken by the local government and the affected services that launched a
series of actions to preserve and diffuse this cultural heritage. In this evolution the Festival of
Photography of the Rencontres d’Arles played a vital role. With its appearance at the end of
the Sixties, it caused a dynamism which upset the cultural landscape by making Arles, city of
photography and the image. Attracting 72.000 visitors in 2009, a record number in its history,
the festival, is going into a new era. Being already 41 years old, it is moving forward, having
to confront a financial instability, always present within the field of festivals and the need to
renew and keep its quality and notoriety. In this process, a better knowledge of the public and
a better co-operation with the tourist and cultural actors can prove vital allies. The new project
of the rehabilitation of the old railroad site, mobilized by the festival, will change the Arles
future, by putting her at the center of the cultural cities of the future. In this time of the
economic crisis where culture is put at a second plan, Arles presents the example of a city
which invested in its heritage and tourism for a sustainable development. And in this step the
festivals plays a primary part.





5
Préface



«Placer la culture au cœur du développement est un investissement capital
dans l’avenir du monde, la condition du succès d’une mondialisation bien comprise
qui prenne en compte les principes de la diversité culturelle»
L’Unesco



La culture n’est pas encore considérée par les acteurs politiques et économiques
comme un « véritable » facteur de développement. Pourtant, celle-ci est de plus en plus prise
1en compte au niveau local ou par les ONG. Acted , par exemple, en a notamment fait un de
ces pôles de développement. Nous envisageons ici la culture comme ‘l’ensemble des traits
distinctifs, spirituels et matériels, intellectuels et affectifs, qui caractérisent une société ou un
groupe social. Elle englobe, outre les arts et les lettres, les modes de vie, les droits
2fondamentaux de l’être humain, les systèmes de valeurs, les traditions et les croyances ‘ et le
développement comme une ‘action de croissance d’une société, dans tous ses facteurs en
gardant la cohésion sociale et le bien être de la population’.
En France, pays pionnier du discours autour des politiques culturelles, la culture, a
3depuis 1959 , été considérée comme composante du gouvernement et comme outil pour le
rayonnement du pays . C’est pour cette raison que des actions et des lois pour la sauvegarde
du patrimoine, pour la promotion de l’activité artistique et pour la décentralisation de la
création culturelle ont été promues, afin d’assurer l’essor culturel et le développement
économique à travers cette voie.
Au cours des dernières années, la culture a plus particulièrement été mobilisée par le
tourisme : des associations entre ces deux activités sont montées sur l’ensemble du territoire
dans l’objectif d’un développement durable : « un développement qui répond aux besoins des
générations du présent sans compromettre la capacité des générations futures à répondre aux
4leurs ».
La nécessité d’ancrer les démarches actuelles – tant au niveau culturel que touristique
– dans ce type de développement reste au centre du débat actuel et est soulignée dans de
nombreux documents officiels des gouvernements nationaux et des organisations
internationales (ex. : Agenda 21 de la culture).

1 Agence d’Aide à la coopération technique et au développement (ACTED) est une ONG qui intervient dans les
pays en difficulté en lançant des programmes (260 par an) qui aident à la reconstruction de leur économie et du
tissu social. Ses programmes, voyant le développement d’une façon globale, se basent sur le patrimoine,
l’artisanat et le tourisme pour favoriser un développement durable. www.acted.org/fr.
2 Définition de l’Unesco.
3
En 1959, le ministère de la Culture (dont la dénomination officielle est, depuis 1997, ministère de la Culture et
de la Communication) a été créé en France par le général de Gaulle, et attribué à André Malraux sous le nom de
ministère des Affaires culturelles, en affirmant l’importance de pérenniser la tradition de la protection de la
culture du pays. Depuis, de nombreux pays se sont également dotés d’un ministère de la Culture.
4
«Deux concepts sont inhérents à cette notion : le concept de « besoins » à qui il convient d’accorder la plus
grande priorité, et l’idée des limitations que l’état de nos techniques et de notre organisation sociale impose sur
la capacité de l’environnement à répondre aux besoins actuels et à venir», définition de 1987 de la Commission
mondiale sur l’environnement et le développement.
6
La culture et le tourisme peuvent jouer un rôle important dans la réalisation des
objectifs d’une croissance économique durable. Ils peuvent être utilisés ensemble et
s’influencer l’un l’autre pour développer les retombées économiques d’un territoire. Plusieurs
villes ayant investi dans la valorisation de leur patrimoine ont trouvé dans le tourisme un allié
important à cette démarche. La coopération de ces deux secteurs permet d’orienter le tourisme
vers une protection du patrimoine naturel ou architectural et de canaliser les impacts négatifs
du tourisme de masse.
Déjà, dans le milieu touristique quelques mouvements se dirigent vers un autre type de
5tourisme, l’appelant tourisme durable. Selon l’Organisation mondiale du tourisme « on
entend par développement du tourisme durable toute forme de développement de cette activité
touristique qui respecte, préserve et mette en valeur à long terme les ressources naturelles,
culturelles et sociales d’un territoire. Le développement du tourisme durable doit s’inscrire
dans une dynamique qui articule des modes de production et de consommation responsables,
tout en offrant aux populations qui vivent, travaillent ou séjournent sur cet espace des
avantages socioéconomiques équitablement répartis. Ce développement suppose un
aménagement et une gestion intégrée des ressources ainsi que la participation des acteurs
locaux, afin de concilier sa mise en œuvre avec les besoins et capacités du territoire. »
Le tourisme durable porte ainsi en faveur du touriste-visiteur plutôt que du touriste-
consommateur.
En effet, suite aux conséquences négatives du tourisme de masse des années 70
(bétonisation du littoral, altération architecturale et patrimoniale dans certaines régions et dans
des pays touristiques comme la Grèce, l’Italie, l’Espagne, etc.), une partie des acteurs et
professionnels du milieu touristique a réorienté les priorités du tourisme en proposant
d’« autres destinations ». Le tourisme contenait en lui une connotation négative, selon laquelle
elle serait une activité qui épuise les territoires. Les dernières années ont renversé la tendance
en montrant un autre visage, plus responsable, du tourisme, se fixant sur de nouveaux
objectifs et conscient des nécessités de protection du patrimoine et des ressources. Ces
modifications sont également engendrées par les attentes d’un public de plus en plus impliqué
dans l’esprit d’un tourisme durable et d’un développement raisonné. Dans ce contexte, le
tourisme durable, qui inclut l’écotourisme et le tourisme culturel, est mis au centre de la
6stratégie touristique des régions d’une forte attractivité touristique .

De plus, l’Organisation mondiale du tourisme des Nations unies place ce type de
développement touristique au centre de l’offre touristique future, parce qu’il permet aux pays

5
L’Organisation mondiale du tourisme (OMT) est une institution spécialisée du système des Nations unies et la
principale organisation internationale dans son domaine de compétences. Elle fait office de tribune mondiale
pour les questions de politique touristique et elle est une source de savoir-faire. Ses membres comprennent
154 pays et 7 territoires et plus de 400 membres affiliés représentant le secteur privé, des établissements
d’enseignement, des associations de tourisme et des autorités touristiques locales. Des actions directes qui
renforcent et soutiennent les efforts des Administrations nationales du tourisme sont menées par les représentants
régionaux de l’OMT (Afrique, Amériques, Asie de l’Est et Pacifique, Europe, le Moyen-Orient et Asie du Sud)
qui ont leurs bureaux au siège de l’OMT, à Madrid. L’OMT joue un rôle central et décisif dans la promotion du
développement du tourisme responsable, durable et accessible à tous, en veillant tout particulièrement aux
intérêts des pays en développement. L’Organisation encourage l’application du Code mondial d’éthique du
tourisme pour s’assurer que les pays membres, les destinations touristiques et les entreprises du secteur
maximisent les effets économiques, sociaux et culturels positifs de cette activité et en recueillent tous les fruits
tout en en réduisant au minimum les répercussions négatives sur la société et sur l’environnement. L’OMT s’est
engagée à atteindre les objectifs du Millénaire pour le développement des Nations unies, conçus pour faire
reculer la pauvreté et favoriser le développement durable. www.unwto.org.
6 Comité départemental du tourisme PACA, schéma régional de développement touristique 2009-2010, p. 18.
7
destinataires et aux compagnies impliquées de diminuer les impacts négatifs du tourisme sur
l’environnement et le patrimoine en augmentant en même temps ses bienfaits économiques et
sociaux. Dans les objectifs du Millénaire pour le développement (2000-2015) fixés par
l’Assemblée générale des Nations unies en 2000, le tourisme durable est défini comme un des
7acteurs primordiaux pour le futur économique .
La Convention de l’Unesco de 1972 pour la Protection du patrimoine mondial, culturel
et naturel intègre également la notion du tourisme durable dans sa démarche.
Ainsi, si culture et tourisme ont pu viser des objectifs divergents, il est aujourd’hui
jugé préférable qu’ils jouent un rôle complémentaire l’un pour l’autre. La culture profite du
public touristique, et le tourisme du public culturel. En France par exemple, le troisième pays
du monde sur l’échelle de la fréquentation touristique, les séjours à dominante culturelle
« demeurent le principal facteur d’attractivité du pays en tant que destination touristique, pour
8la quasi-totalité des personnes interrogées ».
Cet avant-propos nous permet de poser les bases de notre étude de cas car la ville
d’Arles semble en effet avoir fait le choix de se développer de manière « durable ». Sous
plusieurs aspects, Arles est une ville modèle du développement par la culture et le tourisme.
C’est dans cette optique que s’inscrivent ses politiques culturelles et touristiques. Et c’est dans
ce paysage qui réagit ses festivals.














Introduction


Notre étude traite de la question du phénomène du festival en tant qu’activité culturelle
ayant connu une croissance radicale ces dernières années. A l’exception de quelques grands
festivals comme ceux de Cannes, d’Avignon, des Rencontres d’Arles, issus de la volonté
d’artistes de monter des événements pour promouvoir leur discipline, la majorité des festivals
proviennent de l’initiative de collectivités locales d’animer leurs territoires et leurs

7
Dans cette optique, le programme STEP (Sustainable Tourism for the Elimination of Poverty), initiative née au
sein de la Conférence mondiale sur le développement durable à Johannesburg en 2002, a été mise en place afin
d’affirmer le rôle du tourisme comme moteur du développement durable. A ce jour, 90 projets ont été réalisés
dans 30 pays économiquement défavorisés.
8
Synthèse de l’Analyse de l’image touristique de la France et de son positionnement à l’étranger, IPSOS Public
Affairs/Maison de la France, 18 janvier 2007 p.g 3
8
monuments. Il faut noter que c’est la loi de décentralisation de 1982, donnant le pouvoir et
l’indépendance financière et administrative aux collectivités territoriales pour monter leurs
propres programmes et gérer leurs monuments, qui a permis la genèse des festivals.
La France accueille un grand nombre de festivals, difficiles à recenser dans leur
totalité. En 2000, environ 2000 festivals étaient dénombrés en France, tandis qu’en même
9temps la seule région Provence-Alpes-Côte d’Azur en dénombre 2000 sur son seul territoire .
Nous n’avons cependant pas besoin d’avoir un nombre fixe pour pouvoir affirmer leur
rôle dans l’offre culturelle des territoires français. La programmation culturelle de chaque
région laisse facilement constater leur forte présence dans les activités proposées.
Le phénomène festivalier a évolué pendant toutes ces années et continue à se
développer en posant des difficultés quant à sa définition même. Nous voyons que la
définition du festival donnée au début de son apparition comme « une manifestation musicale
se déroulant sur quelques jours dans un lieu particulier » semble insuffisante à décrire la
diversité et la complexité de l’offre actuelle. Le ministère de la Culture et de la
Communication le définit comme « une manifestation où la référence à la fête, aux
réjouissances éphémères, événementielles et renouvelées s’inscrivant dans la triple unité de
temps, de lieu et d’action ».
Dans l’actualité, les festivals présentent une offre vaste dont nous pouvons classer les
différents indicateurs : fréquentation, tarif, art présenté, période, lieu, activités. Ainsi se
distinguent des festivals de musique, de danse, de photographie, hors saison, de pleine saison,
dans les grandes villes, en milieu rural, des festivals gratuits, de moyen budget, de haut budget
etc. L’offre se multiplie chaque année, et une grande partie des festivals regroupent plusieurs
activités dans leur programmation.

Les festivals exercent une série d’impacts sur les territoires où ils s’inscrivent.
Au niveau artistique, ils encouragent la création et l’innovation et, de plus, « assument
plus volontiers le risque artistique que les institutions permanentes, favorisant l’éclosion des
10jeunes talents ». Ils contribuent ainsi au développement culturel des communautés
humaines dans lesquelles ils se déroulent, offrant la possibilité d’assister à des expositions et
des spectacles vivants. La dispersion, le caractère festif et éphémère des festivals permettent
sans aucun doute d’attirer nombre de spectateurs qui ne se seraient, peut-être, jamais rendus à
ce type de représentation. En outre, plusieurs festivals ont redonné une forme de vie et
d’activité à des villes ou des régions totalement démunies culturellement. De même, par la
diversité des genres des spectacles offerts, les festivals apportent à un public nouveau des
représentations traditionnellement réservées aux seules grandes villes : certaines expositions
d’art contemporain, des mises en scène par de grands noms du spectacle vivant qui n’auraient
pas, dans d’autres conditions, de motif pour se déplacer dans les régions.
Les festivals jouent également un rôle non négligeable dans la réhabilitation et
l’animation des lieux patrimoniaux. La réutilisation des espaces patrimoniaux pour la tenue de
spectacles ou d’expositions est une pratique qui a fleuri au sein des festivals ; elle fait revivre
des monuments délaissés. Les exemples sont nombreux : le Palais des Papes à Avignon, les
Ateliers SNCF à Arles et d’autres.

9 France Festivals (2006), Les Nouveaux Territoires des festivals, Actes du colloque, éd. La Scène-Magazine des
professionnels du spectacle, Paris, p.6.
10
BENITO L., (2002), « Les Festivals, entre événement et manifestation culturelle », in « Evénements, tourisme
et loisirs », Cahier Espaces, n° 74, éd. Espaces Tourisme & Loisirs, pg.26
.

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