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L'argot des voleurs

De
160 pages

Dictionnaire argot-français suivi d'une biographie de Vidocq. Après le succès de ses célèbres "Mémoires", Vidocq, l'ancien forçat devenu chef de la Sûreté à la Préfecture de Paris (l'ancêtre de la Police Judiciaire parisienne), publie en 1836 un essai sur le monde de la pègre: "Les Voleurs, Physiologie de leurs mœurs et de leur langage, ouvrage qui dévoile les ruses de tous les fripons, et destiné à devenir le Vade Mecum de tous les honnêtes gens", composé notamment d’un dictionnaire de l’argot parlé dans le "troisième dessous de la société" (dixit Balzac). Ce savoureux dictionnaire d'argot de la racaille du XIXe siècle continue d'inspirer une bonne partie du vocabulaire d'aujourd'hui. Les longs et énergiques développements de Vidocq sur la pauvreté, les criminels, la délinquance, la prison, la police et la justice, entre autres, émaillé d'anecdotes et de faits divers insolites, en font aussi un ouvrage précurseur de certains débats de société toujours actuels.


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EUGÈNE-FRANÇOIS VIDOCQ
L’argot des voleurs
Dictionnaire argot-français
La République des Lettres
AVERTISSEMENT
Les entrées précédées d’un astérisque renvoient àLe Jargon, ou Langage de
l’argot moderne [ …]; voir ABBAYE RUFFANTE.
Les entrées précédées de deux astérisques renvoient aux ballades en langage
argotique de Villon; voir ARGUCHE.
Certains termes d’argot ne font pas l’objet d’une e ntrée particulière mais sont
expliqués dans un article plus générique, c’est le cas de toutes les entrées mises
entre crochets par l’éditeur.
Nous avons respecté le classement des articles de l’édition originale, il n’est pas
toujours strictement alphabétique.
adj.: adjectif
adv.: adverbe
p. p.: pronom personnel
s.: substantif
s. f.: substantif féminin
s. m.: substantif masculin
v.: verbe
v. a.: verbe actif
v. n.: verbe neutre
v. p.: verbe passif
Abréviations
A
ABADISs. f.Foule, multitude, rassemblement.
ABAT-RELUIs. m.Abat-jour.
ABBAYE DE MONTE-À-REGRETouDE MONTE-À-REBOURSs. f.Nos
romanciers modernes, Victor Hugo même, qui, dansLe Dernier Jour d’un
condamné, paraît avoir étudié avec quelque soin le langagebigorne, donnent ce
nom à la guillotine, quoiqu’il soit bien plus ancie n que la machine inventée par
Guillotin, et qu’il ne s’applique qu’à la potence o u à l’échafaud.
Celui qui jadis était condamné à passer tous ses jo urs à la Trappe ou aux
Camaldules, ne voyait pas sans éprouver quelques re grets se refermer sur lui les
portes massives de l’abbaye. La potence était pour les voleurs ce que les abbayes
étaient pour les gens du monde ; l’espoir n’abandon ne qu’au pied de l’échafaud
celui qui s’est fait à la vie des prisons et des ba gnes ; les portes d’une prison
doivent s’ouvrir un jour, on peut s’évader du bagne ; mais lorsque le voleur est
arrivé au centre du cercle dont il a parcouru toute la circonférence, il faut qu’il dise
adieu à toutes ses espérances, aussi a-t-il nommé l a potence l’Abbaye de Monte-à-
Regret.
* ABBAYE RUFFANTEs. f.Four chaud. Ce mot appartient au vieux langage
argotique, il est précédé d’un astérisque ainsi que tous ceux qui sont empruntés à
un petit ouvrage très rare, publié au commencement du seizième siècle, et qui est
intitulé :Le Jargon, ou Langage de l’argot moderne, comme il est à présent en
usage parmi les bons pauvres ; tiré et recueilli de s plus fameux argotiers de ce
temps ; composé parn la vergneun pilier de boutanche qui maquille en molanche, e
de Tours; à Troyes, et se vend à Paris, chez Jean Musier, marchand libraire, rue
Petit-Pont, à l’image Saint-Jean.
ABÈQUERv. a.Nourrir un enfant ou quelqu’un gratuitement.
ABÈQUEUSEs. f.Nourrice.
ABLOQUIRv. a.Acheter à prix d’argent ; se dit aussi pour acquérir.
ABLOQUISSEUR-EUSEs.Celui qui achète ou qui acquiert.
ABOULAGE ACRÉs. f.Abondance.
ABOULERv. a.Venir.
ABOULER DE MACQUILLERv. a.Venir de faire une chose ou une autre.
ABOYEURs. m.Celui qui dans une prison est chargé d’appeler les prisonniers
demandés au parloir.
ABREUVOIR À MOUCHESs. f.Grande plaie d’où coule le sang ; ce terme est
passé dans la langue populaire ; je le trouve dans leVocabulaire de Vailly, édition
de 1831.
ACCENT (FAIRE L’)v. p.Voir ci-après ARÇON (FAIRE L’)
ACCROCHE-CŒURSs. m.Favoris.
ACHAR’s. m.Acharnement.
AGRÉ-ÉEadj.Fort-e.
AFFRANCHI-IEadj.eurs desêtre corrompu, connaître et pratiquer une ou plusi
nombreuses manières de voler. (Affranchir des Latins.)
AFFRANCHIRv. a.er deCorrompre, apprendre à quelqu’un les ruses du méti
fripon ; ainsi l’on dira :affranchir un sinve avec de l’auber, corrompre un honnête
homme avec de l’argent, l’engager à taire la vérité ;affranchir un sinve pour grinchir,
faire un fripon d’un honnête homme.
AFFURAGEs. m.Bénéfice, profit.
AFFURERv. a.Gagner. (Vient probablement defur, voleur).
* AFLUERv. a.Tromper.
AIDANCEs. m.Service.
AIGUILLEs. f.Clé. Terme dont se servent les voleurs de campagne .
AILEs. m.Bras.
AILE (SOUS L’)adv.Sous le bras.
ALARMISTEs. m.Chien de garde.
ALENTOIRadv.Alentour, aux environs.
ALTÈQUEadj.Beau, bon, excellent. (Altur), d’où dérive le motaltier, changé en
altèque.
ALLUMERv. a.Regarder attentivement.
* AMADOUs. m.rogueLes argotiers du temps passé nommaient ainsi une d
dont ils se frottaient pour devenir jaunes et paraître malades.
* AMBYERv. a.Fuir.
ANDOUILLEs. m.Homme qui a peu de vigueur, qui est indolent, sans
caractère.
* ANGLUCEs. f.Oie.
ANGUILLEs. f.Ceinture.
À NIORT (ALLER)v. a.Nier un fait.
ANTIFLERv. a.Marier.
ANTONNEs. f.église. Terme des voleurs parisiens.
ANTROLLERv. a.Emporter.
APÔTREs. m.Doigt.
AQUIGERv. a.Battre, blesser. Onaquigeaussi les cartes pour les reconnaître
au passage, et les filer au besoin.
ARBALÈTEs. f.Croix que les femmes portent au col.
* ARBALÈTE DE CHIQUE, D’ANTONNE, DE PRIANTEs. f.Croix d’église.
ARCASIENouARCASINEURs. m.Celui qui écrit deslettres de Jérusalem.(Voir
ce mot).
ARCATs. m.Le fait d’écrire unelettre de Jérusalem.
ARCHE DE NOÉs. f.Académie.
ARCHI-SUPPÔT DE L’ARGOTs. m.(Voir CAGOUX).
ARÇON (FAIRE L’)v. p.Faire le signal qui sert aux voleurs, et plus
particulièrement aux assassins de profession, pour se reconnaître entre eux. Ce
signal se fait de cette manière : le bruit d’un cra chement et simuler un C sur la joue
droite et près du menton, avec le pouce de la main droite. On fait aussi l’arçonpour
avertir celui qui se dispose àtravailler(à voler), de ne pas commencer, attendu qu’il
est observé ou en danger d’être saisi.
ARGANEAUouORGANEAUs. m.Anneau de fer placé au milieu de la chaîne
qui joint entre eux les forçats suspects.
ARGOTIERs. m.Celui qui parle argot, sujet du grand Coësré (Voir ce mot).
ARGUEMINESs. f.Mains. Terme des voleurs flamands.
ARGUCHEs. m.Argot. Jargon des voleurs et des filous, qui n’est compris que
par eux seuls ; telle est du moins la définition duDictionnaire de l’Académie.Cette
définition ne me paraît pas exacte ;argot, maintenant, est plutôt un terme générique
destiné à exprimer tout jargon enté sur la langue n ationale, qui est propre à une
corporation, à une profession quelconque, à une certaine classe d’individus ; quel
autre mot, en effet, employer pour exprimer sa pens ée, si l’on veut désigner le
langage exceptionnel de tels ou tels hommes : on di ra bien, il est vrai, le jargon des
petits-maîtres, des coquettes, etc., etc., parce qu e leur manière de parler n’a rien de
fixe, d’arrêté, parce qu’elle est soumise aux capri ces de la mode ; mais on dira
l’argot des soldats, des marins, des voleurs, parce que, dans le langage de ces
derniers, les choses sont exprimées par des mots et non par une inflexion de voix,
par une manière différente de les dire ; parce qu’i l faut des mots nouveaux pour
exprimer des choses nouvelles.
Toutes les corporations, toutes les professions ont un jargon (je me sers de ce
mot pour me conformer à l’usage général), qui sert aux hommes qui composent
chacune d’elles à s’entendre entre eux ; langage an imé, pittoresque, énergique
comme tout ce qui est l’œuvre des masses, auquel très souvent la langue nationale
a fait des emprunts importants. Que sont les mots p ropres à chaque science, à
chaque métier, à chaque profession, qui n’ont point de racines grecques ou latines,
si ce ne sont des mots d’argot ? Ce qu’on est conve nu d’appeler la langue du
palais, n’est vraiment pas autre chose qu’un langag e argotique.
Plus que tous les autres, les voleurs, les escrocs, les filous, continuellement en
guerre avec la société, devaient éprouver le besoin d’un langage qui leur donnât la
faculté de converser librement sans être compris ; aussi, dès qu’il y eut des
corporations de voleurs, elles eurent un langage à elles, langage perdu comme tant
d’autres choses.
Il n’existe peut-être pas une langue qui ait un poi nt de départ connu ; le propre
des langues est d’être imparfaites d’abord, de se m odifier, de s’améliorer avec le
temps et la civilisation ; on peut bien dire telle langue est composée, dérive de telles
ou telles autres ; telle langue est plus ancienne q ue telle autre, mais je crois qu’il
serait difficile de remonter à la langue primitive, à la mère de toutes ; il serait difficile
aussi de faire pour un jargon ce qu’on ne peut faire pour une langue ; je ne puis
donc assigner une date précise à la naissance du la ngage argotique, mais je puis
du moins constater ces diverses époques, c’est l’ob jet des quelques lignes qui
suivent.
Le langage argotique n’est pas de création nouvelle ; il était aux quatorzième,
quinzième et seizième siècles celui des mendiants e t gens de mauvaise vie, qui, à
ces diverses époques, infestaient la bonne ville de Paris, et trouvaient dans les
ruelles sombres et étroites, alors nommées cour des Miracles, un asile assuré. Il
n’est cependant pas possible d’en rien découvrir av ant l’année 1427, époque de la
première apparition des Bohémiens à Paris, ainsi l’ on pourrait conclure de là que les
premiers éléments de ce jargon ont été apportés en France par ces enfants de la
basse égypte, si des assertions d’une certaine vale ur ne venaient pas détruire cette
conclusion.
Sauval (Antiquités de Paris, t. I) assure que des écoliers et des prêtres
débauchés ont jeté les premiers germes du langage a rgotique. (Voir CAGOUX ou
ARCHI-SUPPÔT DE L’ARGOT).
L’auteur inconnu duDictionnaire argotiquedont il est parlé ci-dessus (voir
ABBAYE RUFFANTE), et celui de la lettre adressée à M. D***, insérée dans l’édition
des poésies de Villon, 1722, exemplaire de la Bibli othèque royale, pensent tous
deux que le langage argotique est le même que celui dont convinrent entre eux les
premiers merciers et marchands porte-balles qui se rendirent aux foires de Niort, de
Fontenay et des autres villes du Poitou. Le Dr Fourette (Livre de la vie des gueux)
est du même avis ; mais il ajoute que le langage argotique a été enrichi et
perfectionné par lescagouxou archi-suppôts de l’argot, et qu’il tient son no m du
premierCoësréqui le mit en usage ;Coësré, qui se nommaitRagot, dont, par
corruption, on aurait fait argot. L’opinion du Dr F ourette est en quelque sorte
confirmée par Jacques Tahureau, gentilhomme du Mans , qui écrivait sous les
er règnes de François I et de Henri II, qui assure que de son temps le roi ou le chef
d’une association de gueux qu’il nommeBelistres, s’appelaitRagot.(VoirDialogues
de Jacques Tahureaussier,, gentilhomme du Mans, à Rouen, chez Martin Lemesgi
près l’église Saint-Lô, 1589, exemplaire de la Bibl iothèque royale, n° 1208).
La version du Dr Fourette est, il me semble, la plu s vraisemblable ; quoi qu’il en
soit, je n’ai pu, malgré beaucoup de recherches, me procurer sur le langage
argotique des renseignements plus positifs que ceux qui précèdent. Quoique son
origine ne soit pas parfaitement constatée, il est cependant prouvé que
primitivement ce jargon était plutôt celui des mend iants que celui des voleurs. Ces
derniers, selon toute apparence, ne s’en emparèrent que vers le milieu du dix-
septième siècle, lors-qu’une police mieux faite et une civilisation plus avancée
eurent chassé de Paris les derniers sujets du derni er roi des argotiers.
La langue gagna beaucoup entre les mains de ces nou veaux grammairiens ; ils
avaient d’autres besoins à exprimer ; il fallut qu’ ils créassent des mots nouveaux,
suivant toujours une échelle ascendante ; elle semb le aujourd’hui être arrivée à son
apogée ; elle n’est plus seulement celle des tavern es et des mauvais lieux, elle est
aussi celle des théâtres ; encore quelques pas et l ’entrée des salons lui sera
permise.
Les synonymes ne manquent pas dans le langage argot ique, aussi on trouvera
souvent dans ceDictionnaireplusieurs mots pour exprimer le même objet (et cel a
ne doit pas étonner, les voleurs étant dispersés su r toute l’étendue de la France, les
mots peuvent avoir été créés simultanément). J’ai i ndiqué, toutes les fois que je l’ai
pu, à quelle classe appartenait l’individu qui nomm ait un objet de telle ou telle
manière, et quelle était la contrée qu’il habitait ordinairement ; un travail semblable
n’a pas encore été fait.
Quoique la syntaxe et toutes les désinences du lang age argotique soient
entièrement françaises, on y trouve cependant des é tymologies italiennes,
allemandes, espagnoles, provençales, basques et bre tonnes ; je laisse le soin de
les indiquer à un philologue plus instruit que moi.
Le poète Villon a écrit plusieurs ballades en langa ge argotique, mais elles sont à
peu près inintelligibles ; voici, au reste, ce qu’e n dit le célèbre Clément Marot, un de
ses premiers éditeurs : « Touchant le jargon, je le laisse à exposer et corriger aux
successeurs de Villon en l’art de la pince et du croc. »
Le lecteur trouvera marqué d’un double astérisque l es mots extraits de ces
ballades dont la signification m’était connue.
ARICOTAGEs. m.Le supplice de la roue.
ARICOTERv. a.Rompre.
ARICOTEURs. m.Le bourreau. Celui qui rompt.
ARLEQUINSs. m.Morceaux de viande de diverses sortes, provenant d e la
desserte des bonnes tables et des restaurateurs, qu i se vendent à un prix modéré
dans plusieurs marchés de Paris. Ce mot est passé d ans la langue populaire.
Un pour Un
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