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Méthodologie émissions diffuses 1/42 Emissions de CO2 diffuses : méthodologie spécifique pour les foyers fiscaux, entreprises et collectivités locales modifiant leur mode de consommation en vue de réduire leurs émissions de CO2. L'élaboration de cette méthodologie a bénéficié du concours du CITEPA, en particulier pour les points relatifs à la quantification des émissions, le suivi et la prise en compte dans les inventaires d'émissions nationaux de GES Version 8 du 14 octobre 2011
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Publié le : lundi 26 mars 2012
Lecture(s) : 48
Source : developpement-durable.gouv.fr
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Méthodologie émissions diffuses







Emissions de CO diffuses : 2
méthodologie spécifique pour les foyers fiscaux, entreprises
et collectivités locales modifiant leur mode de consommation
en vue de réduire leurs émissions de CO . 2

















L’élaboration de cette méthodologie a bénéficié du concours du
CITEPA, en particulier pour les points relatifs à la quantification des
émissions, le suivi et la prise en compte dans les inventaires
d’émissions nationaux de GES



Version 8 du 14 octobre 2011
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Méthodologie émissions diffuses


Sommaire

1. Exposé des motifs ....................................................................................................................... 3
1.1. Le changement climatique s’accélère ...................... 3
1.2. CO et énergie ......................... 4 2
1.3. Efficacité du marché européen régulé du carbone .................................................................. 9
Rôle des ménages dans les émissions de CO ..... 10 1.4. 2
1.5. Conclusion de l’exposé des motifs ................................ 11

2. Applicabilité................................................................................................ 12

3. Périmètre du projet .................................................... 13

4. Calcul des émissions ................................................................................ 14

5. Sélection du scénario de référence ......................................................... 18
5.1. Scénario de Référence Individualisé (SRI) ............ 18
5.2. Equité du Scénario de Référence Individualisé (SRI) ............................................................ 19
5.2.1. Application du SRI au « Facteur 4 » .................. 19
5.2.2. Equité du SRI ..................................................... 20
5.3. Détermination des références ................................................................ 21
5.4. Ajustement du SRI avec le temps .......................................................... 21
5.4.1. Ajustement des facteurs d’émissions ................................................. 21
5.4.2. Evolution du SRI avec le temps : analyse de différents scénarii ........ 22

6. Additionnalité ............................................................................................................................. 25
6.1. Les investissements alternatifs (étape 1 de l’Arrêté du 2 mars 2007) .................................... 25
6.2. Cas particulier des certificats d’économie d’énergie (CEE) ................... 26
6.3. Barrières liées aux pratiques dominantes (étape 3 de l’Arrêté du 2 mars 2007) 26
6.4. Intégration dans les dispositifs existants dans le secteur du bâtiment ... 30
6.5. Démonstration complémentaire de l’additionnalité (étapes 1 et 4 du document de l’UNFCCC)31

7. Réductions d’Emissions ........................................................................................................... 33

8. Plan de suivi ............................................................... 34
8.1. Mise en oeuvre de l’activité de projet (étape 1 de l’Arrêté du 2 mars 2007) .......................... 34
8.2. Vérification des déclarations. ................................................................................................. 34
8.3. Suivi des relevés des consommations. .................. 35
8.4. Tests de vérification des relevés des consommations. 39

9. Suivi ou modalités de communication des résultats de suivi au MEDDTL ......................... 40

10. Impact du projet sur l’inventaire national ............................................................................... 41

11. Annexe 1 : comparaison d’un trajet en train ou voiture ........................ 42


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Méthodologie émissions diffuses
1. Exposé des motifs



1.1. Le changement climatique s’accélère


Nous rappelons les observations les plus récentes et l’évolution des tendances mises en évidence dans
ème
le 4 rapport du GIEC paru en 2007.

1
Les émissions de GES sont en très nette augmentation (Raupach et al., 2007 ; Canadell et al., 2007 ).
Alors que les teneurs en CO dans l’atmosphère croissaient à un rythme régulier de 1% par an environ 2
avant le début du XXIème siècle, cet accroissement est passé à 3% par an depuis le début des années
2000. Les émissions de 2005, 2006 et 2007 ont désormais dépassé le pire des scénarios entrevus
par les experts du GIEC.
Les conséquences du réchauffement, mettent en évidence l’ampleur des catastrophes, désormais
réalistes, si aucune mesure urgente n’est prise. Ainsi, S. Rahmstorf (Potsdam Institute for Climate Impact
Research) a fourni des estimations montrant une élévation probable du niveau de la mer voisine de
1m (au lieu des 18-54 cm du dernier rapport du GIEC) ; Schellenhuber (University of Oxford) a présenté
les conséquences d’un monde avec une température moyenne 5°C plus élevée qu’avant le début de l’ère
industrielle. Lord N. Stern (London School of Economics) a insisté sur les risques géoplitiques, et les
conflits à venir.

Au-delà de l’accélération du réchauffement, cinq autres messages clé ont été délivrés à l’occasion de la
préparation de la COP15 :
1. Limiter le réchauffement à 2°C, ce qui implique une diminution par deux des émissions globales à
l’horizon 2050, par quatre pour les pays développés
2. L’effort à fournir est gigantesque mais il est possible de l’atteindre si une volonté collective se met
en place avant la COP15, dans un souci d’équité (entre les générations, entre le nord et le
sud….).
3. Toutes les pistes doivent être essayées, aussi bien au niveau des développements
technologiques (D. Kammen, university of California, Berkeley) que des changements de
comportement (D. Liverman, University of Oxford).
4. Des finances importantes seront nécessaires. Les tenants d’une taxe carbone, harmonisée à
l’échelle internationale (W. Nordhaus) ont débattu avec d’autres économistes prônant l’efficacité
du marché carbone (N. Stern). Quelque soit le mécanisme, chacun s’est accordé à reconnaître
que l’essentiel est de démarrer en donnant un véritable prix au carbone, dont chacun ait
conscience (D. Kammen, N. Stern). « Inaction will be inexcusable ».
5. Il faut se donner les moyens d’agir rapidement et efficacement, au niveau des individus comme
au niveau de la gouvernance à mettre en place.


1
Articles complets disponibles sur http://www.pnas.org/content/104/47/18866.full.pdf+html et
http://www.pnas.org/content/104/24/10288.full
3/42
Méthodologie émissions diffuses
1.2. CO et énergie 2


Les approches « économies d’énergie » et « émissions de CO », ne sont ni antagonistes ni redondantes 2
(relation linaire entre ces deux variables dans la méthodologie), mais complémentaires et additionnelles.
Elles reposent toutes les deux sur des objectifs différents.


La France, comme l’Europe, ne dispose pas en effet, sur son territoire, des matières premières
nécessaires aux énergies utilisées à ce jour (pétrole, gaz, charbon, uranium principalement). Par
conséquent, elle met en œuvre des politiques énergétiques visant à assurer la sécurité en
approvisionnement de ces énergies, permettant de définir des marchés intérieurs de l’énergie, des
politiques énergétiques extérieures, des mécanismes de réponses aux crises, définissant des objectifs
2
d’efficacité énergétique, prenant en compte les enjeux de développement durable, etc ,….


Dans ces politiques énergétiques, la maîtrise de la demande énergétique (économies d’énergie)
apparaît comme un des moyens efficace et peu coûteux d’atteindre la sécurité énergétique, et de
réduire la facture énergétique. Toutes les aides aux économies d’énergie trouvent leur origine
dans cet objectif fort ancien (campagne « chasse au gaspi » des années 1970 par exemple).


Dans ces politiques énergétiques, les enjeux de développement durable (dont le changement
climatique) apparaissent désormais, et les réductions des émissions de CO sont un des champs 2
d’actions possible. Cet objectif est plus récent.


Les résultats obtenus à partir des campagnes de promotion anciennes des économies d’énergie
apportent la preuve qu’elles ne doivent pas être prises comme l’unique instrument de lutte contre le
réchauffement climatique de la même façon que le changement climatique ne pourrait répondre seul aux
problèmes de sécurité énergétique puisqu’en effet :


3
• S’il faut noter une baisse globale de l’intensité énergétique en France (Fig. 1) , celle-ci varie
fortement d’un secteur à l’autre : la situation de l'efficacité énergétique est préoccupante dans les
transports, elle progresse en moyenne de 1 % par an de 1997 à 2004 dans le secteur du
4
résidentiel tertiaire. L’évolution de l’intensité carbone est aussi en baisse .




2
voir par exemple la résolution du parlement européen en date du 3 février 2009 sur la deuxième
analyse stratégique de la politique énergétique (http://www.europarl.europa.eu/sides/getDoc.do?pubRef=-
//EP//TEXT+TA+P6-TA-2009-0038+0+DOC+XML+V0//FR&language=FR)
3
http://www.industrie.gouv.fr/energie/developp/econo/textes/se_evol_demande.htm et
observatoire de l’énergie.
4
Croître sans réchauffer ? L’intensité carbone des pays développés. Note d’étude de la mission
climat de la caisse des dépôts, janvier 2007
4/42
Méthodologie émissions diffuses




















Fig. 1 : Baisse de l’intensité énergétique en France depuis 1970


• Cette baisse des intensités énergétique et carbone laisserait supposer qu'une prise de
conscience de la maîtrise des consommations énergétiques progresse auprès des ménages et
que les nombreuses actions et politiques mises en œuvre révèlent leur efficacité.
Malheureusement, la consommation totale par habitant est stable sur ces 20 dernières années
(Fig. 2), et du fait de l’augmentation de la population, la consommation d’énergie du pays
augmente. Les consommations énergétiques, et les émissions de CO2 liées à l’utilisation
5
de l’énergie fossile sont globalement en hausse dans le monde voire seulement stationnaires
ou en faible baisse dans quelques pays comme la France. La consommation énergétique finale
du secteur résidentiel-tertiaire augmente chaque année. En ce qui concerne le CO en France 2
dans les transports pour les véhicules particuliers, on observe une stabilisation des émissions
depuis 1999, bien que l’activité routière augmente jusqu’en 2006 (figures 3 et 4), probablement
liée au progrès des constructeurs, ainsi qu’à diverses mesures (contrôles de la vitesse, recours
aux agrocarburants).

















Fig. 2 : Evolution des émissions de CO par habitant en Europe, depuis 1970 2

5
observatoire de l’énergie : http://www.industrie.gouv.fr/energie/statisti/pdf/co2-monde.pdf
5/42
Méthodologie émissions diffuses























Figure 3 et 4.
































Figure 3 et 4 : Emissions de CO dans le secteur du transport en France, Source CITEPA (Avril 2009) 2
6/42
Méthodologie émissions diffuses
Cette baisse de l’intensité énergétique conjointement à l’augmentation des consommations
d’énergie et de carbone s’explique très clairement par l’équation de Kaya argumentée par Monsieur
6
Jancovici : « se focaliser sur une seule partie de l'équation est oublier le reste, et notamment évacuer
dès à présent le débat suivant : est-on sûr que si l'intensité énergétique du PIB diminue ce n'est pas
essentiellement... parce que PIB augmente plus vite que la consommation d'énergie ? »

Cette baisse de l’intensité énergétique conjointement à l’augmentation des consommations
d’énergie et de carbone révèle l’importance des COMPORTEMENTS, au-delà de la seule
performance des équipements.

Les campagnes d’économies d’énergie ont amélioré (réduction de l’intensité énergétique) la performance
des équipements : ils consomment moins. Cependant, si les comportements évoluent peu l’amélioration
intrinsèque risque d’être contrebalancée. Par exemple, la production de véhicules qui vont émettre 120 g
CO par km au lieu de 150g, correspond à une baisse potentielle de 20 % des émissions qui pourrait être 2
effacée si les kilomètres parcourus augmentent dans la même proportion. Ainsi, l’évolution du parc roulant
en figure 4, pour les véhicules particuliers, est en croissance depuis 1960. Cette hausse des véhicules x
kilomètres parcourus illustre ce que les économistes appellent « l’effet rebond » : la baisse du prix du km
parcouru permet, à budget constant, d’en « acheter » une quantité plus grande.
Il est bien évident qu’en valeur absolue, les émissions de CO , ainsi que les consommations après avoir 2
fortement augmenté ne sont pas encore en diminution sensible. La notion de comportement englobe bien
à la fois l’utilisation des équipements existants (éteindre la lumière dans les pièces vides), le choix
d’augmenter le nombre des équipements (nombre d’ampoules), et le choix d’investir dans des
équipements faiblement consommateurs (ampoules basse consommation). Cette augmentation des
et de la consommation d’énergie met à jour l’existence de barrières liées aux émissions de CO2
pratiques dominantes.

Le « signal carbone », apporte des éléments nouveaux et complémentaires à l’approche « économie
d’énergie » dont l’utilisation permet les modifications de comportements attendus :

• Enjeu du changement climatique : la guerre. Le prix Nobel 2007 de la Paix a bien été décerné
au GIEC et à Monsieur Gore pour leurs travaux sur le changement climatique et non à la
Commission Européenne (ou au Conseil Européen) pour sa politique énergétique. Cet enjeu de
Paix, acte fondateur de l’Union Européenne, diffère substantiellement de l’enjeu de sécurité
énergétique.
• Urgence d’agir : changement d’échelle de temps. La réalité physique du changement
climatique demande un plan d’action immédiat compris entre quelques mois à quelques
années. Décembre 2012 pour l’accord international (COP 17) définissant l’après Kyoto, des
modifications de comportement dans les 10 années à venir pour diviser par 4 le niveau des
émissions dans 40 ans (2050), le tout pour maintenir à 50% la probabilité de limiter la hausse de
la température sous 2°C d’ici 100 ans. Les réserves énergétiques existantes et à venir,
n’imposent aucune urgence de cet ordre : après l’utilisation du pétrole (40 ans), dont la date du
« peak oil » est sans cesse revisitée, et dont les cours subissent encore des fortes baisses, les
réserves de charbon (pourtant fortement émetteur de CO ), de gaz, et d’uranium garantissent un 2
7
approvisionnement énergétique pour les deux prochains siècles .
• Budget CO : Les économies d’énergie sont focalisées uniquement sur les gains financiers, et 2
facilitent la gestion d’un budget financier. En ajoutant une dimension carbone, nous pouvons
désormais gérer un budget carbone (objectif de division par 4 par exemple) et adapter nos
comportements pour rester dans ce budget comme le montre l’application numérique en annexe 1
où l’utilisation du train est comparée à celle de l’automobile. Le budget carbone permet aussi

6
et http://www.manicore.com/documentation/serre/kaya.html
7
Charbon : environ 200 ans au rythme actuel, avec une répartition sur la planète où les principaux
producteurs sont les principaux consommateurs. Gaz : 60 ans environ, le pic de Hubert pour le gaz, est
décalé d’environ 20 ans le « peak oil ». Uranium : 60 ans dans son utilisation actuelle, des milliers
d’années à partir du plutonium (donnée très contestée du fait de l’importance des investissements requis
pour le développement des réacteurs à neutrons rapides, dont le succès reste à démontrer).
7/42
Méthodologie émissions diffuses
d’avoir une approche globale de ses émissions (applicabilité de la méthodologie au chapitre 2) qui
n’existe pas avec les économies d’énergie : les montants économisés par une action de réduction
d’énergie (remplacement d’une chaudière à fuel par une pompe à chaleur par exemple) peuvent
donner lieu à une dépense fortement émettrice de CO (vacances en avion par exemple), qui ne 2
peut exister dans la gestion d’un budget CO . La question porte alors sur le moyen de se rendre 2
en vacances et permet d’étudier d’autres modes de transport (ferry par exemple).
Alternativement, le foyer fiscal peut décider de réserver son budget CO pour le transport en 2
avion, et fournir des efforts de réduction de CO ailleurs. 2
• Signal prix carbone. Dans certains secteurs, la demande est inélastique au signal prix. En
particulier dans le domaine des transports, il faut attendre que le baril atteigne un seuil proche de
145$ pour que les automobilistes réduisent leur consommation. En ajoutant un prix au CO 2
(inexistant aujourd’hui) au prix du pétrole, ces seuils de comportement seront plus vite atteints, et
les modifications de comportement plus rapides. Le marché européen du carbone montre que le
signal carbone favorise les modifications de comportement. Les économistes s’accordent tous
aujourd’hui pour donner un prix au Carbone, même s’ils diffèrent sur la méthode (Taxe ou
Marché).
• Références nouvelles et changement d’unité. Le passage de l/km à gCO /km pour une 2
automobile par exemple, permet de faire évoluer les comportements en ancrant des références
nouvelles : dois-je acheter une automobile émettant 50 gCO /km (Loremo par exemple) au lieu de 2
120 gCO /km ? (nouvelles normes européennes). Le prix du baril de pétrole fait partie des 2
informations quotidiennes, celui de la tonne de CO pourrait le devenir aussi. Ce changement 2
d’unité que l’on retrouve aussi dans le milieu scientifique (comptage en Moles au lieu de g/l par
exemple) prouve son utilité.
• Dimension pédagogique. La méthodologie possède une dimension pédagogique qui fait
actuellement défaut aux dispositifs relatifs aux économies d’énergie. Dans ces derniers la solution
est souvent fournie clé en main (par exemple dans le cas des CEE, le montant total du gain
financier est indiqué, par les économies d’énergies qui sont réalisées). La méthodologie
proposée, permet à tout un chacun (1) de s’informer sur la thématique, l’importance du
changement climatique, (2) de s’approprier une démarche scientifique (je mesure, je calcule, je
réfléchis aux solutions envisageables etc.), ce qui entre bien dans l’idée de la création d’une
8
société de la connaissance (Caracostas, 2007 ) : chaque individu devient acteur, citoyen
responsable. Ce travail doit être accompagné par les experts, qui participent à cette démarche
pédagogique, et voient par là leur action renforcée. Ainsi, la méthodologie présentée ci-après
s’insère dans les actions déjà existantes en sollicitant par exemple les experts DPE (Diagnostic
de Performance Energétique) et les conseillers EIE (Espace Information Energie).




8
Caracostas, P., 2007. Une prospective de la société de la connaissance. Dans : /Sciences et société en mutation/,
sous la direction de J.-P. Alix. CNRS Editions, pp. 19-31
8/42
Méthodologie émissions diffuses
1.3. Efficacité du marché européen régulé du carbone

L’efficacité du marché européen du carbone est maintenant avérée. Le Système Communautaire
d’Echange de Quotas d’Emissions de gaz à effet de serre (SCEQE ou EU ETS) est en effet l’outil
principal de l’Europe dans la lutte contre le changement climatique mondial. L’efficacité du système est
9
rapportée dans une étude qui parvient aux conclusions suivantes :

1. La phase pilote a été utile, et a permis de faire fonctionner le système dans des délais très courts.
Un autre enseignement important de cette phase pilote est qu’il est possible de lancer un
système d’échange sans que tous les éléments soient parfaitement en place.

2. Le carbone a maintenant un véritable prix.

3. Le prix du carbone a induit des réductions d’émissions.

4. Le prix du carbone a eu un impact limité sur la compétitivité des industries.

5. Le marché européen du carbone a eu des impacts externes. L’adoption par l’Europe de l’échange
de permis d’émission a créé un précédent qu’il sera difficile d’ignorer dans les prochaines
négociations climatiques mondiales.

Le livre blanc du ministère de l’économie et du MEEDDM en date du 10 juin 2009 en préparation à la
Conférence des experts sur la contribution énergie climat des 2 et 3 juillet 2009 rappelle par ailleurs à la
fois l’efficacité théorique (équivalente à celle d’une taxe carbone) et l’efficacité avérée du marché des
10
quotas .

Par ailleurs, le marché du carbone a été confirmé comme instrument central de la lutte contre le
changement climatique par l’Union Européenne jusqu’en 2020 dans la directive du 17 décembre 2008
11
(paquet énergie-climat) .

Il est possible de réduire les émissions au-delà du marché du carbone en France. La Caisse des
Dépôts a lancé en ce sens un appel d’offre à projets domestiques CO , initialement clos fin 2007 2
(16 projets ont été retenus représentant potentiellement un volume total de plus de 2 millions de
tonnes de réductions d’émissions de CO ), et qui reste ouvert notamment pour permettre 2
l’émergence de projets dans de nouveaux secteurs.


9
CDC, note intitulée LE MARCHE EUROPEEN DU CARBONE: LEÇONS DE LA PREMIERE
PHASE (Synthèse), 31 mars 2007. étude complète disponible sur http://www.aprec.net ainsi que
http://www.caissedesdepots.fr/missionclimat/fr.
10
http://www.minefe.gouv.fr/presse/dossiers_de_presse/090610contrib_climat_energie.pdf
11
http://europa.eu/rapid/pressReleasesAction.do?reference=IP/08/1998&format=HTML&aged=0&la
nguage=EN&guiLanguage=fr
9/42
Méthodologie émissions diffuses
1.4. Rôle des ménages dans les émissions de CO 2

12
Le groupe de travail dit « Facteur 4 » et l’Institut Français de l’environnement (IFEN, désormais intégré
dans la structure du MEEDDM dans le Commissariat Général au Développement Durable (CGDD),
Service Observatoires et Statistiques (SOeS)) estiment que le mode de vie et la consommation des
13
ménages influent sur les émissions de GES . Conclusions partagées à l’extérieur de l’hexagone bien
entendu, comme en témoigne la récente (2008) étude allemande intitulée « la protection du climat exige
14
d’agir » . Cette thématique des changements de comportements a fait l’objet de sessions spéciales lors
du congrès de Copenhague (mars 2009) et l’exposé en séance plénière de Diana Liverman (University of
Oxford) a marqué les esprits le dernier jour. Les émissions de GES résultent d’une multitude de décisions
individuelles sur lesquelles il importe d’agir. Une adaptation ou une modification des comportements de
chacun peut contribuer à la réduction des émissions, sur la voie d’une division par 4 des gaz à effet de
serre émis en France d’ici 2050. Le logement et le véhicule particulier offrent les plus gros potentiels de
réduction dans leur utilisation quotidienne (notamment au moment d’investir en profitant des incitations
fiscales) : 50% des émissions de GES sont liées à nos transports quotidiens en voiture et à l’énergie
15
dépensée pour assurer le confort de nos maisons et bureaux . Au niveau des ménages, 50% des
émissions sont liées au transport et à l'habitat. La réduction des émissions de ce secteur est donc
indispensable pour atteindre les objectifs de Kyoto. Un ménage peut orienter ses choix de
consommation vers des produits ayant nécessité moins d’énergie pour leur fabrication et leur distribution
ou moins énergivores dans leur utilisation.

Par ailleurs, les experts s’accordent tous sur le fait qu’aucun secteur économique, ni aucune solution
technologique ne peuvent résoudre seuls le problème du changement climatique. Par conséquent, pour
parvenir à contenir les émissions de CO , il est nécessaire de mettre en oeuvre une combinaison de 2
16
par exemple), qui plusieurs solutions techniques (comme le représentent les « triangles » de Socolow
devront également être accompagnées par des changements de comportement. Ceci implique que
chaque individu devra choisir et adapter son « plan d’action » en fonction de son mode de vie, de son lieu
de travail, de la région où il habite, des technologies adaptées à ses besoins, etc. Par exemple, le citadin
pourra plus facilement avoir recours aux transports en commun que le rural, l’énergie solaire sera plus
développée dans les régions ensoleillées, etc. L’objectif collectif visé sera aussi atteint par la mise en
place de solutions individuelles différentes, par des consommateurs avertis et avisés.

Il faut donc mettre à disposition des ménages des outils et des systèmes incitatifs pour stimuler
leur implication dans la lutte contre le changement climatique.





12
Rapport du groupe de travail dit “Facteur 4”, sous la présidence de Christian de Boissieu, Août 2006
13
Florence Naizot, Patrice Grégoire, Ifen 2006
14
Etude disponible sur http://www.sozial-oekologische-forschung.org/_media/Klimaforschung_final_web.pdf
15
« Le développement durable au quotidien », F. Baddache, mars 2006, site de Jean-Marc Jancovici, site
internet de la MIES (http://www.effet-de-serre.gouv.fr/action_citoyenne)
16
Stabilization Wedges: Solving the Climate Problem for the Next Half-Century with Technologies
Available Today, Robert Socolow, November 16, 2004

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