Politiques de l'éducation, formation des compétences et construction de l'État en république du Congo de 1911 à 1997

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La science politique a longtemps été consacrée à l'étude des régimes, des élites politiques, des institutions ou du pouvoir au détriment de l'analyse du fonctionnement de l'État au « quotidien » c'est-à-dire de ce que l'État fait ou ne fait pas. Ce livre tente de comprendre la construction de l'État au Congo à partir d'une analyse objective des logiques et des stratégies déployées par les pouvoirs publics dans le but de mettre en œuvre des programmes de gouvernement dans le domaine de l'enseignement.
Publié le : dimanche 15 mai 2016
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EAN13 : 9782140009143
Nombre de pages : 456
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Etudes africaines
Clàude-Ernest Kiamba
Politiques de l’éducation, formation des compétences et construction de l’État en république du Congo de 1911 à 1997
Une contribution à l’analyse de l’action publique en Afrique Noire
POLITIQUES DE LÉDUCATION,FORMATION DES COMPÉTENCES ET CONSTRUCTIONDE LÉTAT EN RÉPUBLIQUE DUCONGO DE1911À1997
Collection « Études africaines » dirigée par Denis Pryen et son équipe
Forte de plus de mille titres publiés à ce jour, la collection « Études africaines » fait peau neuve. Elle présentera toujours les essais généraux qui ont fait son succès, mais se déclinera désormais également par séries thématiques : droit, économie, politique, sociologie, etc.
Dernières parutions
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Claude-Ernest KIAMBAPOLITIQUES DE LÉDUCATION,FORMATION DES COMPÉTENCES ET CONSTRUCTIONDE LÉTAT EN RÉPUBLIQUE DUCONGO DE1911À1997 Une contribution à l’analyse de l’action publique en Afrique Noire
© L’Harmattan, 2016 5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris http://www.harmattan.fr diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 978-2-343-08452-7 EAN : 9782343084527
À Régina Lisiane Monique, ma très chère épouse.
PRÉFACE
SAUVER L’ÉCOLE OU PÉRIR !
Sauver l’école ou périr ! Nous pouvons ainsi résumer l’étude de Claude-Ernest Kiamba. C’est, en effet, le cri d’intelligence et de cœur du philosophe, du politologue, de l’enseignant et du père de famille. L’auteur nous propose une réflexion fort pertinente sur l’action publique en Afrique, et plus concrètement sur « les différentes politiques publiques mises en place en République du Congo dans le secteur de l’enseignement depuis l’époque de la colonisation française jusqu’à l’année 1997 et d’évaluer leur apport à la construction de 1 l’État » .
1. Trajectoire socio-historique
Dans une trajectoire socio-historique, Claude Ernest Kiamba choisit de traverser diverses étapes de la gestation, de la naissance et de la construction de l’état congolais, de 1911 à 1997, de la période coloniale aux lendemains des changements politiques liés à la Conférence nationale et aux violents soubresauts politiques qui s’en sont suivis. Pour le meilleur et pour le pire, l’enseignement au Congo a vécu les soubresauts de l’histoire du pays. Il porte les cicatrices des divers régimes politiques qui s’y sont succédé. Le livre se déploie en trois étapes. La première part de 1911 à 1963. Pendant la période coloniale, l’éducation vise à amener les Congolais à s’imprégner de la
1 Kiamba (C.-E.),Politiques de l’Enseignement, Formation des compétences et Construction de l’Etat en République du Congo de 1911 à 1997. Une contribution à l’analyse de l’Action publique en Afrique Noire, 2016, p. 243.
civilisation occidentale. Pourtant, en dépit de cette visée assimilatrice et utilitariste, naîtra une intelligentsia locale qui, à l’indépendance en 1960, prendra en mains les sphères éducatives. On prendra vite conscience que la construction de l’État n’est pas possible sans un investissement dans des politiques éducatives :
« La question de la construction de l’État a toujours été au centre des préoccupations politiques au Congo. Si, au départ, les décideurs politiques pensaient que le changement social était lié à la mise en place des dispositifs socio-économiques permettant de rattraper le retard de développement accumulé face à l’Occident, il ne demeure pas moins vrai que la formation des compétences constitue l’une des 2 conditions essentielles de ce développement » .
La deuxième partie de l’ouvrage nous fait revivre la période révolutionnaire du pays, de ses balbutiements en 1963, jusqu’à sa radicalisation en 1970. Au début, le souci des décideurs politiques est de construire un nouvel État. La nationalisation de l’enseignement aux lendemains de la révolution visait la naissance d’une école au service de l’idéologie socialiste et en rupture d’avec la France. En 1970, « l’école du peuple » voulait aller plus loin : mettre l’enseignement au service du développement social intégré, en insistant sur le travail productif. La troisième partie nous conduit de 1970 à la Conférence nationale souveraine de 1992 et aux crises meurtrières de 1997. La Conférence nationale se voulait occasion d’un nouveau départ pour le pays. Le peuple entendait reprendre l’initiative historique et assumer en toute souveraineté la responsabilité de son destin. Cette reprise en mains passait, d’une part, par une profonde remise en cause des systèmes éducatifs mis en place depuis l’indépendance du pays et, d’autre part, par des propositions de réformes :
« Il est important de noter que, depuis la tenue de ces assises, plusieurs recommandations et lois d’orientation scolaire avaient été adoptées de manière à faire de l’école congolaise, non seulement un véritable moteur du changement social, mais également un levier du développement social et économique du Congo. Toutes ces décisions étaient d’autant plus importantes qu’elles devaient permettre la mise en place d’autres méthodes de planification des ressources nationales,
2 Kiamba (C.-E.),op. cit.,p. 2.
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ainsi que de nouvelles modalités de production sociale de manière à 3 construire l’État » .
2. La responsabilité des pouvoirs publics
Pourtant, malgré les nombreuses réformes proposées par différents spécialistes, même après la conférence nationale, au Congo-Brazzaville, l’école est en péril. Comment l’expliquer ? Pour l’auteur, la première cause de cette situation est à chercher dans les crises économiques qui ont frappé durement le Congo, autant dans les années 1970-1980 lors du premier choc pétrolier, que dans les années 1980-1990, lors du second choc pétrolier. Dans la décennie 1990-2000, le pays a dû également faire face à une sévère crise financière entraînant une véritable cure d’austérité. À ces problèmes économiques, il convient d’ajouter les turbulences sociales à répétition qui ont secoué le pays et hypothéqué la mise en application des diverses politiques éducatives élaborées. En effet, ces violences ont amené la destruction des infrastructures scolaires et universitaires, la dispersion aussi bien des enseignants que des élèves et étudiants, la mise en veilleuse des programmes de restructuration envisagés. Néanmoins, l’auteur rappelle la mauvaise gestion administrative des structures socio-éducatives et des enseignants. De plus, la confusion des rôles entre le parti en charge de l’idéologie et les services de l’Éducation nationale freinait les réformes. En outre, le recrutement d’enseignants « volontaires » peu qualifiés et forcés d’assumer une vocation aussi exigeante ne pouvait pas favoriser l’avènement de l’école de qualité qu’on attendait. Enfin, les crises socio-économiques ont malheureusement amené les pouvoirs publics à réduire de façon drastique le budget alloué à l’éducation : « Comme bon nombre de secteurs sociaux de production au plan national, le secteur de l’enseignement avait été durement touché par la crise, car les politiques de l’enseignement étaient devenues le parent pauvre des 4 politiques de développement national » . La question principale est donc celle de la responsabilité des décideurs sociopolitiques. Les précisions que donne l’auteur sur la 3 Kiamba (C.-E.),op. cit.,p. 245. 4 Kiamba (C.-E.),op. cit.,p. 245.
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