Quelle efficacité pour l'enseignement supérieur au Mali ?

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L'enseignement supérieur malien connaît d'énormes difficultés depuis l'avènement de l'Université en 1996, notamment l'insuffisance d'infrastructures, d'enseignants, l'accroissement incontrôlé des effectifs, la mauvaise gestion des ressources, le chômage des diplômés, l'administration peu outillée pour faire face à ses responsabilités. Quelles alternatives peut-on envisager pour surmonter les obstacles ? Cet ouvrage vise à éclairer les facteurs qui les engendrent et à lancer des pistes de réflexion pour une sortie de crise.
Publié le : vendredi 1 avril 2016
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EAN13 : 9782140005640
Nombre de pages : 242
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Études africaines
Série Éducation
SeydouL
Quelleefficacitépour l’enseignementsupérieurauMali?
Quelle efficacité pour l’enseignement supérieur au Mali ?
Collection « Études africaines » dirigée par Denis Pryen et son équipeForte de plus de mille titres publiés à ce jour, la collection « Études africaines » fait peau neuve. Elle présentera toujours les essais généraux qui ont fait son succès, mais se déclinera désormais également par séries thématiques : droit, économie, politique, sociologie, etc. Dernières parutions TOUNG NZUE (Jérôme),Précarité et replis identitaires au Gabon, 2016. KAZIENDE (Léopold),Samafou, Fragments biographiques de la vie de Boubou Hama, 2016. BODO (Bidy Cyprien), COULIBALY (Moussa), KAMAGATE (Bassidiki) (dir.),Les écritures de l’horreur en littératures africaines, 2016. VAUDELIN (Pierre),Afriquéconomie, Entre défis urbains et émergence économique, 2016. BARBET (Clotilde),Les rébellions touarègues au Nord-Mali, 2016. AMBOULOU (Hygin Didace),Le droit des investissements et l’analyse éco-nomique de l’espace OHADA, 2016. SOHI BLESSON (Florent),les traces du premier administrateur Sur colonial du Haut-Cavally (Côte d’Ivoire), Laurent Charles Joseph (1877-1915), 2016. DAMIBA (François-Xavier),Les Moosé du Burkina Faso, 2016. ADAMA (Hamadou) (dir),Patrimoine et sources de l’histoire du Nord-Cameroun, 2016. TARCHIANI (Vieri) et TIEPOLO (Maurizio),Risque et adaptation climatique dans la région Tillabéri, Niger. Pour renforcer les capacités d’analyse et d’évaluation, 2016. TAPOYO (Faviola),Les règles coutumières au Gabon. Parenté, mariage, succession, 2016. AMOUZOU (Esse),L’Afrique noire face à l’impératif de la réduction des naissances, 2016 BRACK (Estelle),Les mutations du secteur bancaire et financier africain, 2016 RIDDE (Valéry), KOUANDA (Seni), KOBIANE (Jean-François) (éds.), Pratiques et méthodes d’évaluation en Afrique, 2016 NKERE (Ntanda Nkingi),Clitorisation de la fille Mushi : antithèse de la Mutilation, Génitale Féminine, 2016 UWIZEYMANA (Emeline),Quand les inégalités de genre modèrent les effets du micro-crédit, 2016. MANKOU (Brice Arsène), ESSONO (Thomas),L’impact des TIC dans les processus migratoires féminins en Afrique Centrale, Cas des cybermi-grantes maritales du Cameroun, 2016. BUKASSA (Ambroise V),Congo Kinshasa, Quand la corruption dirige la République, 2016.
Seydou Loua Quelle efficacité pour l’enseignement supérieur au Mali ?
© L’Harmattan, 2016 5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris http://www.harmattan.fr diffusion.harmattan@wanadoo.fr ISBN : 978-2-343-08608-8 EAN : 9782343086088
Remerciements
A tous ceux qui m’ont aidé dans mon parcours scolaire et universitaire.
Introduction
Il est admis aujourd’hui que l’éducation occupe une place de plus en plus importante et joue un rôle croissant et décisif dans l’essor des nations modernes. Les universités africaines sont nées dans un con-texte de changements accélérés au lendemain de la Seconde Guerre mondiale. Elles devaient répondre aux aspirations socioéconomiques, politiques et culturelles des populations africaines. Les effectifs de l’enseignement supérieur africain ont connu une accélération assez e 1 rapide dans la seconde moitié du 20 siècle. Pour le Pôle de Dakar , « les universités africaines ne cessent d’évoluer aujourd’hui, chargées de contraintes multiples dues notamment à la massification des effec-tifs dans un contexte où les ressources humaines, matérielles et finan-cières pour y faire face sont restées limitées. » Nous reviendrons sur cette massification un peu plus loin avec des exemples. Dès 1961, les pays d’Afrique, dont plusieurs venaient d’accéder à l’indépendance, se réunissaient à Addis-Abeba en Ethiopie pour envi-sager l’avenir et l’essor de leur système éducatif. Depuis cette date, les décideurs et leurs conseillers n’ont cessé d’affirmer que l’enseignement et la formation devraient jouer un rôle primordial dans l’essor de leurs jeunes nations. Pour eux, l’éducation serait même in-contournable face aux défis à relever pour le développement écono-mique, social et culturel de leur pays. Cependant, en nous référant à 2 Joseph Ki-Zerbo , nous voyons que, depuis sa création avant les indé-pendances, l’enseignement supérieur d’Afrique noire francophone a 3 connu des moments de prestige , mais aussi et surtout des problèmes 4 qui perdurent de nos jours. Selon Hamidou Nacuzon Sall ,
1 Pôle de Dakar, 2008,Réformes de l’enseignement supérieur en Afrique : éléments de cadrage, Dakar, UNESCO/BREDA (Bureau régional pour l’éducation en Afrique), p. 7. 2 Ki-Zerbo Joseph, 1990,Eduquer ou périr, Paris, L’Harmattan, p. 20-21. 3 L’université/mosquée de Sankoré à Tombouctou (Mali). L’Ecole normale William Ponty au Sénégal d’où sont sortis plusieurs des premiers cadres de l’Afrique noire francophone comme Félix Houphouët-Boigny (Côte d’Ivoire), Modibo Keïta (Mali), Ouezzin Coulibaly (Burkina Faso), Assane Seck (Sénégal), Jean-Félix Tchicaya (Niger). Cité par Joseph Ki-Zerbo, 1990, op. cit., p. 20-21. 4  Sall Hamidou Nacuzon, 1996,Efficacité et équité de l’enseignement supérieur. Quels étudiants réussissent à l’université de Dakar ?, thèse de doctorat en sciences
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QUELLE EFFICACITÉ POUR LENSEIGNEMENT SUPÉRIEUR AUMALI?
« l’accroissement démographique, l’austérité budgétaire, les dysfonc-tionnements des structures politiques et administratives et les mau-vaises gestions sont en général les facteurs les plus souvent évoqués pour expliquer les difficultés que rencontrent les pays en développe-ment, et notamment la dégradation des conditions des situations édu-catives en Afrique subsaharienne. » 5 En nous référant à Paul John Marc Tedga , nous pouvons aussi no-ter certains problèmes qui retardent depuis plusieurs années l’atteinte d’une efficacité, aussi bien interne qu’externe, au niveau de l’enseignement supérieur en Afrique noire francophone, comme « l’insuffisance d’infrastructures adéquates ; de personnels ensei-gnants qualifiés ; de matériels dans les laboratoires de recherche, dans les bibliothèques, dans les salles informatiques ; des grèves récur-rentes des étudiants et des enseignants pour des raisons diverses (les principales raisons sont les problèmes de bourses pour les étudiants et de salaires ou d’indemnités pour les enseignants) ; le niveau des étu-diants est toujours remis en cause par les employeurs ; une inadéqua-tion entre les formations dispensées au niveau de l’enseignement su-périeur et le marché de l’emploi ; le problème de l’équité au niveau de l’accès, du financement de l’enseignement supérieur avec un coût es-timé trop élevé ; les administrations de l’enseignement supérieur sont peu ou mal outillées pour définir des politiques soutenables financiè-rement à moyen et/ou à long terme ; une mobilité non négligeable des intellectuels africains appelée la fuite des cerveaux vers les pays où les salaires sont relativement plus élevés ; un chômage inquiétant des jeunes diplômés sortant des universités et des écoles supérieures, etc. ». Concernant l’explosion démographique des effectifs étudiants, 6 le Pôle de Dakar révèle que « le nombre d’étudiants dans l’enseignement supérieur en Afrique est passé de 2,6 à 8,6 millions entre 1990 et 2006, soit un accroissement moyen annuel de 8,3 %. »
de l’éducation à la faculté des lettres et sciences humaines de l’UCAD (université Cheikh Anta Diop de Dakar), p. 19. 5  Tedga Paul John Marc, 1988,L’enseignement supérieur en Afrique noire franco-phone : la catastrophe ?, Paris, L’Harmattan, p. 13-39. 6 Pôle de Dakar, 2008,Réformes de l’enseignement supérieur en Afrique : éléments de cadrage, Dakar, UNESCO/BREDA (Bureau régional pour l’éducation en Afrique), p. 7.
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QUELLE EFFICACITÉ POUR LENSEIGNEMENT SUPÉRIEUR AUMALI?
La même source indique que « le rythme de croissance a été plus sou-tenu au cours des dernières années, en particulier entre 2000 et 2006 où les effectifs du supérieur ont crû en moyenne à un rythme annuel de 9,4 %. » Par ailleurs, le Pôle de Dakar souligne que la croissance a été plus forte dans les pays à faible revenu du continent. En effet, « pour les pays à faible revenu en Afrique noire francophone, les ef-fectifs du supérieur ont crû en moyenne de 9 % par an entre 1990 et 2006 (en passant de 750 000 en 1990 à environ 3 millions en 2006), et en moyenne de 12 % entre 2000 et 2006. Le fait que ces pays comp-taient relativement peu d’étudiants il y a une quinzaine d’années ex-plique pourquoi le rythme de croissance des effectifs y a été plus élevé qu’en moyenne pour l’ensemble du continent. » Et pour Borel Foko et 7 Mathieu Brossard , « cette forte expansion est par ailleurs soutenue par une demande sociale croissante et qui devrait continuer de croître. La pressioninterne du système éducatif (l’avancée vers la scolarisa-tion primaire universelle, l’expansion de l’enseignementsecondaire) conduira à une demande sociale pour l’enseignement supérieur esti-mée à environ 1,8 million d’étudiants dans les seuls pays d’Afrique francophone en 2015. »
Concernant principalement le Mali, en nous référant aux résultats 8 de la quarante-sixième session de la Conférence internationale de l’éducation à Genève en 2001, aux notes de Campus France et au rec-torat de l’université de Bamako, nous voyons que, depuis la création de l’Université au Mali, les effectifs n’ont cessé d’augmenter chaque année. A la rentrée 1996-1997, marquant la création de l’université du Mali, il y avait 10 774 étudiants inscrits ; en 1997-1998, il y en avait 13 814 et en 1998-1999, 18 682. Au cours de l’année universitaire 1999-2000, 19 881 étudiants étaient inscrits. En 2000-2001, il y en avait 21 861 ; en 2003-2004, 29 591 ; en 2004-2005, 33 103 ; en 2005-2006, 38 213 et en 2006-2007, 49 991. En 2008-2009, il y avait environ 65 000 étudiants pour 764 professeurs à l’université de Bama-
7 Brossard Mathieu, Foko Borel, 2007,Coût et financement de l’enseignement supé-rieur dans les pays d’Afrique francophone. Rapport pour la conférence sur « L’enseignement supérieur au cœur des stratégies de développement en Afrique francophone », Washington, Pôle de Dakar/UNESCO/BREDA/Banque mondiale, p. 57-60. 8 Quarante-sixième session de la Conférence internationale de l’éducation à Genève, 2001,Contenus de l’éducation et stratégies d’apprentissage pour vivre ensemble au e 21 siècle : problèmes et solutions, Rapport du Mali/MEN/secrétariat général, p. 19.
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