ECOLE PRATIQUE DES HAUTES ETUDES SCIENCES DE LA VIE ET DE LA TERRE

De
Publié par

Niveau: Supérieur, Doctorat, Bac+8
ECOLE PRATIQUE DES HAUTES ETUDES SCIENCES DE LA VIE ET DE LA TERRE Laboratoire Éthique et Travail Maison de la recherche - 5, allée Antonio Machado 31058 Toulouse Cedex THÈSE Présentée en vue de l'obtention de grade de DOCTEUR DE L'ÉCOLE PRATIQUE DES HAUTES ÉTUDES, PARIS Discipline : PSYCHOLOGIE LA DÉCISION DE PARDONNER : EFFETS DES REPRÉSENTATIONS FAMILIALES ET DES CROYANCES Présentée par Marianne Bedringas Akl Dirigée par Monsieur le Professeur Etienne Mullet Soutenue le 21 juin 2010 Composition du Jury D Monsieur le Professeur Félix Neto, Université de Porto Madame le Professeur Colette Sabatier, Université Bordeaux II Monsieur le Professeur Etienne Mullet, EPHE, Paris Monsieur le Professeur Eric Raufaste, Université Toulouse Mirail Résumé Cette recherche exploratoire s'intéresse aux conceptions du pardon divin et les représentations du pardon familial, et leurs influences sur la propension personnelle et les motivations à pardonner. 243 sujets ont coté 233 propositions concernant la propension au pardon, les motifs au pardon, au ressentiment et à la vengeance, le pardon familial et le pardon divin. L'analyse factorielle exploratoire des conceptions du pardon divin a montré 4 facteurs, nommés « Pardon sur demande », pardon « difficile », « aléatoire » et « automatique ». Les représentations familiales partagent les 2 derniers, EPHE Banque de Monographies SVT 1

  • pardon familial

  • offenseur

  • pardon

  • propension

  • validation du modèle du pardon dans les relations familiales

  • sciences de la vie et de la terre

  • pardon amène des changements cognitifs

  • modèle des relations familiales


Publié le : mardi 1 juin 2010
Lecture(s) : 49
Source : ephe.sorbonne.fr
Nombre de pages : 41
Voir plus Voir moins
   
ECOLE PRATIQUE DES HAUTES ETUDES SCIENCES DE LA VIE ET DE LA TERRE Laboratoire Éthique et Travail Maison de la recherche - 5, allée Antonio Machado 31058 Toulouse Cedex marianne.akl@wanadoo.fr
 THÈSE Présentée en vue de l’obtention de grade de  DOCTEUR DE L’ÉCOLE PRATIQUE DES HAUTES ÉTUDES, PARIS  Discipline:PSYCHOLOGIE    LA DÉCISION DE PARDONNER : EFFETS DES REPRÉSENTATIONS FAMILIALES ET DES CROYANCES     Présentée par Marianne Bedringas Akl Dirigée par Monsieur le Professeur Etienne Mullet  Soutenue le 21 juin 2010  
  Composition du JuryD Monsieur le Professeur Félix Neto,Université de Porto Madame le Professeur Colette Sabatier,Université Bordeaux II Monsieur le Professeur Etienne Mullet,EPHE, Paris Monsieur le Professeur Eric Raufaste,Université Toulouse Mirail Résumé  Cette recherche exploratoire s’intéresse aux conceptions du pardon divin et les représentations du pardon familial, et leurs influences sur la propension personnelle et les motivations à pardonner. 243 sujets ont coté 233 propositions concernant la propension au pardon, les motifs au pardon, au ressentiment et à la vengeance, le pardon familial et le pardon divin. L’analyse factorielle exploratoire des conceptions du pardon divin a montré 4 facteurs, nommés « Pardon sur demande », pardon « difficile », « aléatoire » et « automatique ». Les représentations familiales partagent les 2 derniers,
mais ont également mis en lumière un pardon familial « punitif », « récalcitrante » et « stable ». Les motivations reflètent les 8 états métamotivationnels de la théorie des renversements. Les motifs conformistes et sympathie sont importants pour le pardon et les motifs de maîtrise pour le ressentiment. Conformément à nos hypothèses, il y a des effets des conceptions religieuses et des représentations familiales sur la propension au pardon et les motivations.  Mot clés : Propension à pardonner, pardon familial, pardon divin, ressentiment, motivation, théorie des renversements.     Abstract  This exploratory study addressed individual’s conceptions of divine forgiveness and their experience of family forgiveness, and how each influence forgivingness and motivations to forgive. 243 participants answered a 233 item questionnaire concerning propensity to forgive, motives to forgive, keep resentment and to avenge, family forgiveness and divine forgiveness. Responses were submitted to an exploratory factor analysis and then to correlational analyses. Conceptions of divine forgiveness yielded 4 factors, named ‘Forgiveness on Demand’, ‘Difficult’, ‘Random’ and ‘Automatic’ forgiveness. Representations of family forgiveness shared the last 2 factors but also revealed ‘Punishing’, ‘Reluctant’ and ‘Stable’ family forgiveness. Motives reflected all 8 motivational states of the Reversal Theory. Conformist and sympathy motives were important in forgiveness and mastery motives central in resentment. As hypothesized, we observed effects of both family forgiveness and conceptions of divine forgiveness on propensity to forgive and on motives.  Key words: Forgivingness, Family forgiveness, God’s forgiveness, Resentment, Motivation, Reversal Theory.
SOMMAIRE Définitions du pardon ………………………………………………………. 16 Spécificités du pardon et de la réconciliation. ……………………………….. 18 Modèles du pardon …………………………………………………………. 20 Un modèle général. ………………………………………………………….. 21 Modèle du processus du pardon. …………………………………………….. 22 Modèle pyramidal du pardon. ………………………………………………... 23 Propension à pardonner ……………………………………………………. 25 Pardon et excuses. ……………………………………………………………. 25 Relations pardon, excuses, empathie. ………………………………………… 26 Effets des excuses, conséquences et intention. ……………………………….. 27 Structure de la propension à pardonner. ……………………………………… 28 L’influence de l’âge et de sexe sur la propension à pardonner………………. 30       Pardon et vengeance. ……………………………………………………….... 30 Propension au pardon et personnalité.………………………………………. 31 Demander pardon. ……………………………………………………………. 33 Conceptions du pardon ……………………………………………………... 34 Structure des conceptions du pardon. ………………………………………… 35 Conceptions du pardon intergroupe. ………………………………………….. 37 Conceptions du pardon et propension à pardonner. …………………………... 37 Objectifs et hypothèse générale …………………………………………….. 38  Motivation …………………………………………………………………… 38 Quelques définitions de la motivation. ……………………………………….. 39
Théorie de renversement …………………………………………………… 41 La structure de l’expérience et le renversement ……………………………… 41 Les états métamotivationnels. ………………………………………………... 43 Les émotions et théorie des renversements. ………………………………….. 45 Dominance, saillance et changement.………………………………………... 47 Pardon et motivation ………………………………………………………... 48 Théorie de renversement et pardon ………………………………………... 49 Hypothèses concernant le pardon et la motivation ………………………... 52 Pardon humain – pardon divin, psychologie et théologie………………… 53 Pardon et religions …………………………………………………………... 54 La place du pardon dans différentes religions. ……………………………….. 54 Concepts théologiques du pardon dans les grandes religions. ………………... 56 Concepts théologiques chrétiens du pardon.…………………………………. 56 Des points de vue musulmans.………………………………………………... 60 Des points de vue juifs………………………………………………………... 61 Pardon et religions orientales.………………………………………………. 63 Conceptions humaines du divin et du pardon ……………………………... 64 Image de Dieu. ………………………………………………………………... 64 Spiritualité. ……………………………………………………………………. 65 Pardon divin et pardonner Dieu. ……………………………………………… 66 Le pardon et l’engagement religieux ……………………………………….. 69 Propension à pardonner dans différentes appartenances religieuses ……. 72 La motivation dans la construction de la pensée religieuse ………………. 75 Motivations bibliques et humaines, une vision théologique ………………. 76 Hypothèses portant sur le pardon et Dieu …………………………………. 78  Le pardon et la famille ……………………………………………………… 79 Développement du pardon ………………………………………………….. 80 Relations familiales et pardon ……………………………………………… 82 Un modèle des relations familiales. …………………………………………... 82 Ressentiment, maîtrise et contrôle. …………………………………………… 83 Réconciliation, pardon et culpabilité. ………………………………………… 84 Un modèle du pardon familial ……………………………………………… 84 Validation du modèle du pardon dans les relations familiales.……………….. 86 Une échelle du pardon en thérapie familiale. …………………………………. 87 Famille et propension à pardonner ………………………………………… 88 Modélisations de la propension au pardon dans les relations parents-enfants... 89 Motivation et relations dans le pardon en famille. ……………………………. 90 Conceptions du pardon en famille ………………………………………….. 92 Hypothèses concernant le pardon en famille ………………………………. 92 Le pardon est un concept complexe, avec des racines religieuses et philosophiques. La psychologie et plus particulièrement la psychologie sociale s’y intéresse depuis relativement peu de temps (Enright & North 1998, Worthington 1998). Cependant, depuis 15 ans, les recherches dans le concernant le pardon ont commencé à fleurir.  Cet intérêt grandissant pour le pardon est, entre autre, motivé par les possibles bienfaits psychologiques du pardon. Le psychiatre Richard Fitzgibbons (1998) remarque que les effets bénéfiques du pardon sont connus depuis longtemps dans la pratique clinique, mais que des recherches scientifiques ont tardé à se réaliser. Des études ont montré que le pardon permet aux victimes d’une offense d’avoir plus d’espoir pour l’avenir et une meilleure estime de soi, ainsi qu’une baisse de la dépression et de l’anxiété. (Freedman & Enright, 1996). Krause et Ellison (2003) ont mis en évidence des corrélations négatives entre le pardon et la dépression, les symptômes somatiques et
l’anxiété devant la mort. Il y a aussi une corrélation positive entre satisfaction de vie et pardon. Selon Fincham et Kashdan (2004) il n’y a pas de preuves directes d’une causalité entre le pardon et la santé mentale et physique. Cependant, ces auteurs passent en revu un grand nombre d’études qui démontrent des relations indirectes. Il est entre autre question de rythme cardiaque, de tension vasculaire et de stress.  Notre étude s’inscrit dans ce courant relativement nouveau de recherches concernant le pardon. Elle s’intéresse particulièrement aux relations entre le pardon personnel et les conceptions du pardon divin et les représentations familiales du pardon. L’objectif est d’explorer, d’une part comment les racines religieuses du concept du pardon peuvent influencer le pardon personnel, et d’autre part comment l’expérience familiale forme ce même pardon.  Dans un premier temps nous essayerons d’aborder la question : qu’est-ce que le pardon ? Pour ce faire, nous regarderons quelques définitions le délimitant le pardon des autres concepts s’y référant. Nous aborderons les différences, mais aussi les relations entre le pardon et la réconciliation. Comment pardonne-t-on ? Sera la question que nous analyserons dans un deuxième temps. Pour cela nous présenterons quelques modèles théoriques et pratiques du pardon, se basant sur la pratique clinique, sur la psychologie cognitive ou sur la psychologie comportementaliste  Définitions du pardon Lewis Smedes (1984) propose des définitions et des réflexions pragmatiques et philosophiques autour du pardon. Ses propos ont depuis servi de base pour de nombreuses théories et recherches scientifique à ce sujet. Premièrement il dit que « Le pardon est la révolution de l’amour contre l’injustice de la vie » (Smedes, 1984, p. 126). Ensuite il décrit des caractéristiques du pardon interpersonnel : D’abord il s’agit d’« un miracle que l’on accomplit seul ». On peut recevoir de l’aide, mais l’acte en lui-même ne peut être fait que seul, cela se passe dans un endroit très privé dans notre for intérieur. D’un point de vue moral, pardonner est un outrage contre la moralité stricte qui ne se satisfait pas de moins que l’égalité des scores, mais en pardonnant, nous créons des nouveaux commencements à partir des souffrances illégitimes (Extraits traduits des pages 191-192). Lewis Smedes fournit aussi la définition pragmatique du pardon. « On sait que l’on a commencé à pardonner quand on peut penser à ceux qui nous ont fait du mal et se sentir capable de leur souhaiter du bien. » (Smedes, 1984, p. 47)  La définition du pardon peut être abordée sous plusieurs angles nécessaires pour définir l’essence même du concept. McCullough, Worthington et Rachal (1997) aborde le pardon par l’analyse des changements motivationnels. Ainsi définissent-ils le pardon interpersonnel comme une série de changements motivationnels : l’individu devient moins motivé à se venger, moins motivé à garder la distance qui le sépare de l’offenseur et plus motivé à être conciliant et de bonne volonté envers l’offenseur, et ceci en dépit des actions blessants de celui-ci. Pour ces auteurs, l’empathie qu’un sujet peut avoir envers un offenseur avec lequel il entretient des relations proches, est la condition centrale pour faciliter le pardon.  Baumeister, Exline & Sommer (1998) insistent sur le caractère pro-social du pardon : l’essence même du pardon est d’offrir à une relation la possibilité de se rétablir des dommages causés par une offense. Ils mettent en évidence deux dimensions du pardon, une première intérieure et intrapsychique concernant uniquement la personne offensée et une deuxième dimension interpersonnelle qui prend en compte la relation continue dans laquelle le pardon prend place.  Avec un regard vers les possibilités du pardon dans la politique, notamment internationale, Shriver (1998) écrit que « Le pardon est une transaction sociale orientée vers l’avenir » (Shriver, 1998, p. 133). Ne pas oublier, est une étape à ne pas ignorer, une étape qui mérite d’être souvent répétée si l’on veut se diriger vers la réconciliation. La politique doit permettre de ne pas oublier pour ne pas refaire les mêmes erreurs.  
Enright, Mullet et Fitzgibbons (2001), aborde la définition du pardon par le biais du vécu émotionnel et cognitif de la personne offensé. « Le pardon peut être défini comme un processus interindividuel par lequel un individu qui a été blessé choisit de « considérer son agresseur avec compassion, bienveillance et amour tout en reconnaissant que celui-ci a délibérément perdu tout droit à ces cadeaux moraux. » (North, 1987) » (Enright et al., 2001, p 124) Cette définition implique que le pardon existe entre deux individus, non entre individu et groupe ou entre groupes. Le pardon authentique peut exister sans excuses et sans contact entre ces deux parties. Il s’agit d’un processus interne qui transforme la personne qui pardonne.  North (1998) précise que le pardon n’annule pas le tort commis, mais l’effet que ce tort a sur nos relations aussi bien avec l’offenseur qu’avec les autres. Du point de vue de la victime, le fait de pardonner peut mettre un terme à la distorsion et la corruption de ses relations personnelles (p18).  Spécificités du pardon et de la réconciliation. Il n’y a pas de définition consensuelle du pardon. (Fincham, 2004) Au cœur des différentes approches se trouve la place accordé à la réconciliation et au rétablissement de la relation dans le pardon. Pour Freedman et Enright (1996), le pardon ne doit pas être confondu avec l’amnistie, il ne s’agit pas de libérer les coupables pour qu’ils continuent leurs ravages. Le pardon amène des changements cognitifs, affectifs et comportementaux envers l’offenseur, mais il peut cependant aller de pair avec la justice. Pardonner est aussi différent d’excuser : l’offensé offre de renoncer au ressentimentmalgré la gravité de l’offense, mais il ne nie nullement le mal qui a été fait. Dans le pardon la victime ne cherche pas à rester imperméable, pour en arriver à dire qu’il ne s’agissait pas vraiment d’une offense. Freedman et Enright (1996) insistent sur le fait que le pardon ne doit pas être confondu avec la réconciliation. En pardonnant, l’offensé peut renoncer au ressentiment et à la haine, sans forcement reprendre le contact avec l’offenseur. La réconciliation suppose que l’offenseur reconnaît ses torts et qu’il fait des efforts pour corriger son comportement. La réconciliation est donc un processus qui implique les deux parties, pardonner est uniquement le domaine de l’offensé.  Si le pardon ne doit pas être confondu avec la réconciliation, les deux concepts sont intimement liés. Le pardon est nécessaire à la réconciliation, mais pas l’inverse. Sur un plan théorique et centré sur la psychothérapie, Michelle Nelson (1992) a choisi de définir trois différents degrés de pardon, et ainsi inclure la réconciliation. D’abord elle décrit lepardon détaché où les affects négatifs au regard de l’offenseur sont réduits sans rétablir la relation. Ensuite elle décrit lepardon limité les affects où négatifs sont d’avantage réduits et où l’on commence de nouveau à s’investir émotionnellement dans la relation. Enfin lepardon completimplique la fin des affects négatifs et le rétablissement total de la relation.  Ces degrés de pardon peuvent aussi être considérés comme des étapes vers la réconciliation. Selon Shriver (1998) il y a quatre double pas indispensables pour arriver à la réconciliation : nommer le mal qui a été fait, se détourner de la vengeance, développer de l’empathie pour l’offenseur et enfin tendre la main pour renouveler la communion. Chacune de ces quatre étapes doit impérativement être accompagné d’une repentance concrète de la part de l’offenseur pour atteindre la réconciliation.  Enfin, en créant une conceptualisation du pardon avec deux dimensions, intrapsychique et interpersonnelle, Baumeister, Exline et Sommer (1998) incluent les deux concepts du pardon et de la réconciliation. La dimension interrelationnelle rend compte de la réconciliation. Les deux dimensions peuvent être combinés et fournissent quatre formes du pardon et réconciliation. Un état intrapsychique du pardon sans un acte interpersonnel (ex : demande de pardon) donne unpardon silencieux, un état intrapsychique sans pardon accompagné des actes interpersonnelle (ex. acceptation verbale des excuses) donne unpardon creux. L’état intrapsychique du pardon et des actes interpersonnels donne comme résultat unpardon total. Il est enfin possible que les deux dimensions soient inactives, il n’y a doncaucun pardon.  
Nous pouvons constater que les concepts de réconciliation et de pardon se trouvent en quelque sorte sur un continuum. Il est difficile de définir quand l’un s’arrête et l’autre commence.  Modèles du pardon Nous pouvons trouver plusieurs modèles qui tentent d’expliquer le processus du pardon. Ces modèles ont chacun leurs spécificités, ils sont marqués par le contexte de recherche ou de thérapie sur lesquelles ils sont fondés. Les auteurs ne prétendent pas proposer des modèles universels, mais nous pourrons, en étudiant quelques uns, voir se dégager quelques lignes conductrices.  Un modèle général.le processus de pardon d’une manière très générale. SonSmedes décrit en 1984 approche ne se base pas sur une pratique particulière de pardon, ni sur un courant de recherche quelconque. Smedes insiste sur le fait que l’acte de pardonner est en lui-même très simple et rapide, mais qu’il se produit dans un contexte émotionnel très complexe.  Il met en évidence quatre stades qu’il faut traverser avant d’atteindre le pardon dans sa forme la plus complète : la réconciliation. Premièrement, il y ales blessuresdont nous souffrons. Ces blessures qui vont déclencher une crise, où se situe le pardon, sont infligées injustement par un autre, elles sont profondes et affectent la personne, la vie et les relations. Deuxièmement il y ala haine, une réaction naturelle face à la souffrance injustement infligée. Cette haine peut s’exprimer de deux manières : passive, elle enlève tout désir d’aimer et à faire du bien. Active, elle exprime une hostilité de plus en plus importante. C’est dans le troisième stade que le pardon, à proprement dit, prend place. Il s’agit deguériren pardonnant à l’autre, sans prendre en considération ce qu’il devrait mériter en réalité. En pardonnant nous « laissons aller », nous lâchons prise du ressentiment justifié. Le fait de relâcher l’autre est central pour guérir, et permet de voir l’autre tel qu’il pourrait être sans le mal qu’il a fait. Le dernier stade,se réunir et, n’est, pour Smedes, pas nécessaire pour pardonner. Avec véracité honnêteté, la victime et la personne pardonnée peuvent reconnaître la réalité de ce qui s’est passé et s’engager ensemble de nouveau. Il n’est pas possible d’être réellement réuni si l’offenseur ne reconnaît pas le mal qu’il a fait à l’autre.  Modèle du processus du pardon.Dans son livre « Forgiveness is a choice » (Pardonner est un choix) Robert Enright (2001) reprend les principes que Smedes a mis en évidence en les adaptant à un contexte de processus d’aide au pardon. L’accent est avant tout mis sur l’expérience passée et la situation actuelle de la victime. Ce modèle va plus en profondeur en ce qui concerne l’acte de pardonner et les émotions qui l’entourent. Il se base sur le travail scientifique et thérapeutique d’Enright & The Human Development Study Group (1991) présenté par Enright et Coyle en 1998 comme lemodèle du processus du pardon. Il met en évidence quatre phases, chacune cognitives, comportementales et affectives, qui composent le processus de pardon. A l’intérieur de chaque phase des modules sont proposés. Ils peuvent être abordés dans le désordre et car ils ont une importance variable en fonction des besoins de la victime.  Ainsi, pendant les huit modules de laphase de découverte, le sujet explore-t-il ses réactions, ses sentiments et ses comportements influencés par l’offense. La deuxième phase est laphase de décision. Il s’agit du « changement de cœur » décrit par North (1987). Le sujet décide de laisser tomber ses stratégies qui ne fonctionnent pas, il aborde sa volonté de considérer le pardon avant de s’engager dans le travail de pardonner.  La troisième phase :phase du travail, est un processus thérapeutique actif. L’individu reconsidère l’offenseur dans son contexte et analyse ses sentiments d’empathie et de compassion vers son offenseur. Dans cette phase il s’agit aussi pour les sujets d’accepter la douleur au lieu de la transmettre à quelqu’un d’autre. Ainsi, le cycle de transmission générationnel de l’abus peut être arrêté. Dans le dernier module de cette phase, le sujet met en pratique le pardon en se permettant d’avoir des sentiments positifs, voire de l’amour à l’égard de l’offenseur.  
La dernière phase :phase d’approfondissement, permet au sujet de trouver un sens à sa souffrance. Il se rend compte du fait qu’il a lui-même commis des erreurs pour lesquelles il a eu besoin du pardon. Le sujet considère donc la nature imparfaite de l’humanité. Il peut réaliser qu’il est soutenu, que le pardon lui permet d’avoir un nouveau but dans sa vie. Enfin au dernier module, l’individu peut ressentir une détente émotionnelle et profiter d’une meilleure santé psychologique.  Modèle pyramidal du pardon.Dans la continuité du travail scientifique sur le pardon et l’empathie (McCullough, Worthington & Rachal, 1997) Worthington (1998) propose d’explorer les mécanismes du conditionnement psychologique à la peur. Il s’agit ici des victimes d’une offense qui ont peur d’être blessé de nouveau. Face à la présence du danger représenté par l’offense, la première réponse est d’être figée. Ensuite le système de réponse au stress est activé et provoque la fuite ou l’évitement. Si la fuite n’est pas possible, les comportements agressifs de défense se mettent en route. Enfin, si l’attaque est impossible, la victime peut adopter une attitude de soumission. Worthington (1998) émet l’hypothèse que le conditionnement de la peur est à la racine de beaucoup de non pardon. C’est dans cette base large qu’une grande partie du travail de pardon prend place. Ce modèle se compose de cinq pas allant de l’extinction de la réaction de peur à la possibilité de maintenir le pardon.  Le premier pas(RECALL) vers le pardon est de pouvoir se souvenir de l’offense, ou être en présence de l’offenseur, sans que ces réactions de peur se mettent en marche. Le fait de pouvoir évoquer l’offense dans un cadre sécurisant de soutien, permet à la victime de revivre la situation sans la douleur qui l’accompagnait. De ce fait commence l’extinction du conditionnement, ce qui ne signifie pas l’éradication du conditionnement mais la fin de la réponse agressive de la victime face à l’événement blessant.  Le deuxième pasconcerne l’empathie pour l’offenseur. Etant donné que le conditionnement à la peur est une réponse émotionnelle, il s’agit d’induire par un processus cognitif un état émotionnel d’empathie. Les changements corporels, cognitifs et environnementaux qui en résultent permettent au cortex préfrontal, qui contient la mémoire vive, de produire une nouvelle réponse émotionnelle à la place des réactions du stress ou d’angoisse. Débarrassée de la peur, la personne peut de nouveau envisager de fairele troisième pas,le don altruiste du pardon.  Lesquatrième et cinquième pas Leà pardonner et à maintenir ce pardon. consistent à s’engager pardon est un événement émotionnel, sujet à des doutes à posteriori. Mais, grâce à ces derniers pas, le cerveau et le corps travaillent ensemble pour transformer l’expérience du non pardon en pardon. La personne peut maintenir le pardon, tout en sachant que parfois elle aura peur d’être blessé de nouveau, mais que cela ne signifie pas pour autant qu’elle n’a pas pardonné. Propension à pardonner Quels sont les éléments qui décident quelqu’un à pardonner ?  Pardon et excuses. 1991,Les excuses jouent un rôle important dans le fait de pardonner ou non. En Weiner et ses collègues ont mis en évidence l’effet des excuses, et notamment des excuses spontanées, sur le pardon et d’autres variables. Dans une première étude ils ont présenté, des scénarios impliquant une offense aux sujets. Ils ont fait varier la forme des excuses présentées par l’offenseur. Dans une condition l’offenseur présente ses excuses, mais nie sa responsabilité personnelle, dans l’autre condition, l’offenseur présente une confession complète où il exprime ses regrets, admet sa responsabilité et propose une réparation. Les sujets doivent, entre autre, noter sur une échelle leur degré d’accord avec le fait de pardonner à l’offenseur. En comparant avec un groupe contrôle, l’effet de la confession complète sur le pardon est positif et l’effet de la confession sans admission de responsabilité est négatif.  Dans une autre étude utilisant le même paradigme expérimental, les auteurs ont fait varier le contexte des excuses. Soit l’offenseur confesse spontanément, soit il est accusé de son tort et il nie, soit il est accusé de son tort et il présente ses excuses. En accord avec leurs attentes, les résultats montrent que
les offenseurs qui présentent leurs excuses spontanément sont mieux perçus et plus prompt à être pardonnés que les offenseurs qui s’excusent ou nient après avoir été accusés. Ceux qui présentent leurs excuses après l’accusation sont tout de même mieux jugés et plus pardonnés que ceux qui nient les faits.  Relations pardon, excuses, empathie.Nous  en varier peutavons vu que la volonté de pardonner fonction de plusieurs facteurs. Les excuses ont un rôle particulier et McCullough, Worthington et Rachal (1997) ont exploré la façon dont les excuses et l’empathie peuvent avoir des relations causales avec la volonté de pardonner afin de conceptualiser un modèle qui rend compte de leurs rôles respectifs. Ils ont étudié le pardon dans le cadre des relations proches. En gardant en tête une offense spécifique, commise par quelqu’un de proche, les sujets ont répondu à un questionnaire. Les items rendaient compte de la gravité de l’offense, de la nature des excuses, de l’empathie affective avec l’offenseur, du pardon et en fin des comportements à l’égard de l’offenseur. Pour mieux éclairer les effets différents de l’empathie, des excuses et du pardon, les auteurs ont aussi exploré la réponse comportementale du sujet envers son offenseur. Ces réponses comportementales peuvent être de conciliation ou d’évitement. Une des hypothèses était que les excuses ont une influence indirecte sur le pardon car elles fortifient l’empathie, et que le pardon détermine les comportements envers l’offenseur. Il faut noter qu’il s’agit ici d’un effet sur un pardon spécifique pour une offense particulière, et non pas d’un effet sur la capacité du sujet à pardonner en général.  McCullough et al. ont mis en évidence que la relation entre les excuses et le pardon est médiatisée par l’empathie. Il est possible que les excuses rendent le sujet plus conscient de l’état de l’autre : de ses regrets et de ses motivations. De ce fait, il se sent plus proche de l’offenseur et il le pardonne plus facilement. En ce qui concerne les réponses comportementales, les auteurs ont contrôlé l’effet de l’empathie et l’effet du pardon pour voir lequel a la plus grande influence sur les comportements d’évitement ou de conciliation. Il s’avère que le l’empathie et le pardon influencent directement les comportements de conciliation, mais que le pardon a une influence plus importante. (empathie 0.28 pardon 0.66) En ce qui concerne les comportements d’évitement, seul le pardon a un effet négatif significatif (-0.70) Il est donc évident que le pardon et l’empathie sont deux phénomènes liés, mais avec des effets distincts.  Effets des excuses, conséquences et intention.Girard et Mullet (1997) ont mis en évidence une variation de la volonté de pardonner selon certains facteurs. En utilisant des cartes avec des scénarios, permettant ainsi d’étudier la tendance générale à pardonner des sujets. Les auteurs ont fait varier la proximité sociale, les excuses, la gravité des conséquences, l’annulation des conséquences, les attitudes des autres et enfin l’intention de faire du mal. Ils ont mesuré leur influence sur la propension à pardonner, chez des sujets adolescents, des jeunes, d’âge moyen et des personnes âgés. Quelque soit l’âge des sujets, l'annulation des conséquences semble avoir le plus d’effet. La sévérité des conséquences a le moins d’effet sur la volonté de pardonner. L’importance de l’effet des excuses, de la proximité sociale et de l’attitude des autres s’estompent avec l’âge.  Girard, Mullet et Callahan (2002) ont exploré expérimentalement la façon dont les différents éléments d’information s’ajoutent ou forment une moyenne pour faire varier la volonté de pardonner. Les sujets de l’expérience ont été confrontés à une série d’histoires courtes concernant une offense où figurent différents informations qui peuvent influencer leur volonté de pardonner. Après chaque histoire les sujets cotent leur degré d’accord pour pardonner. Trois informations : l’annulation de conséquences, l’intention de faire du mal et les excuses varient. Les auteurs ont constaté que les trois éléments avaient une influence positive sur la propension à pardonner. Les excuses ont le plus d’influence sur la volonté de pardonner, suivies par l’intention de faire du mal et enfin l’annulation des conséquences. Ils ont aussi trouvé que les éléments d’informations s’ajoutent, ne formant pas une moyenne, mais contribuant chacun avec son poids à la volonté de pardonner.  Structure de la propension à pardonner.menées pour mettre en évidence laPlusieurs études ont été
structure sous-jacente de la propension au pardon. Au fil des différentes recherches, cette structure a pu être de plus en plus affinée et stable. Mullet, Houdebine et Laumonier (1998) ont interrogé 474 personnes d’âges différents concernant leur volonté de pardonner. Un questionnaire avec 38 propositions a été présenté aux sujets qui devaient coter leur degré d’accord avec chaque proposition. Les auteurs ont mis en évidence quatre facteurs qui structurent la propension à pardonner : Vengeance versus pardon,circonstances personnelles et sociales,blocage contre le pardon et les obstacles au pardon. Le premier facteur qui oppose la vengeance d’un coté et le pardon de l’autre explique 14% de la variance. Le deuxième facteur rend compte de la sensibilité aux circonstances. Elles peuvent être personnelles, comme le fait d’être de bonne humeur, ou sociales, comme lorsque l’offenseur présente ses excuses. Ce facteur rend compte de 9% de la variance. Le troisième facteur, leblocage contre le pardonla variance totale. Il exprime l’incapacité constante duexplique 11% de sujet à pardonner. Le dernier facteur explique 12% de la variance et rend compte desobstacles au pardon de l’offense. L’intention de faire mal, le manque d’excuse et la gravité des conséquences peuvent empêcher le sujet de pardonner.  Avec ce même matériel, une structure en trois facteurs a été retrouvée dans une recherche concernant le pardon au Liban (Azar & Mullet, 2002). Les sujets étaient des hommes et des femmes, d’âges différents et appartenants à six groupes religieux différents (les shiites, les sunnites, les druzes, les catholiques, les orthodoxes et les maronites). Les trois facteurs structurant le pardon sont : les obstacles contre le pardon,pardon versus vengeanceet lescirconstances personnelles et sociales. Ils expliquent près de 50% de la variance.  En 2003, Mullet, Barros, Frongia, Neto et Rivière ont utilisé une version affinée du questionnaire concernant la propension à pardonner pour ne contenir que 18 items. Lors d’une première étude, ce questionnaire a été distribué à des participants en France et en Italie. Les analyses factorielles des résultats ont mis en évidence une structure de trois facteurs expliquant 46% de la variance. Elle se compose dublocage contre le pardon, qui rend compte du ressentiment durable, descirconstances personnelles et sociales enfin du facteur de et vengeancepardon versus été. Ces résultats ont retrouvés lors d’une deuxième étude auprès d’une population au Portugal. Pour ces deux études, plus de 1000 sujets ont été interrogés.  La même structure a été retrouvée dans une étude comparative entre des étudiants français et indonésiens par Suwartono, Prawasti et Mullet (2007). Le premier facteur s’appelle désormais ressentiment durable, et le deuxièmepropension au pardon. Les français ont des scores plus élevés pour leressentiment durable, et les indonésiens ont des scores plus élevés pour lapropension au pardonet pour lasensibilité aux circonstances en être. La culture plus collectiviste en Indonésie peut la raison.  L’influence de l’âge et de sexe sur la propension à pardonner.Mullet et ses collègues (1998) ont exploré les relations entre l’âge et les facteurs qui structurent la propension à pardonner. Ils ont interrogé des jeunes, des personnes d’âge moyen et des personnes âgées à l’aide d’un questionnaire. Ils ont pu constater que l’effet de l’âge est très important sur le facteur,pardon versus vengeance. Les personnes âgées tendent moins vers la vengeance que les personnes plus jeunes. Les personnes âgées sont aussi moins sensibles aux facteurscirconstanciels, personnels et sociaux, que les jeunes. En ce qui concerne les différences entre les hommes et les femmes, seul le premier facteur discrimine de manière significative entre les sexes. Les femmes tendent plus vers le pardon et moins vers la vengeance que les hommes.  Pardon et vengeance. qu’uneEn considérant ces différentes études, il est possible de constater structure de trois facteurs semble être stable pour décrire le concept de pardon. Mullet, Néto et Rivière (2005) Mullet, Néto et Rivière (2005) ont approfondi l’étude de cette structure de pardon en trois facteurs,Pardon versus vengeance, socialescirconstances personnelles et et leressentiment durablele pardon et la vengeance sont deux concepts différents qui ne sont pas. Ils notent que
toujours opposés l’un à l’autre. Il est possible de ne pas pardonner, c'est-à-dire de garder du ressentiment, sans pour autant se venger. Ne pas se venger ne signifie donc pas qu’il y ait eu pardon.  Cet aspect de la vengeance se distingue plus nettement dans une étude réalisé par Muñoz Sastre, Vinsonneau, Chabrol et Mullet (2005). L’étude a mis en relation la propension à pardonner, et notamment le pardon versus vengeance, avec la personnalité paranoïaque. A cet effet, des items concernant la vengeance ont été ajoutés à l’échelle de Mulletet al. (2003). L’analyse factorielle confirmatoire met en évidence une structure à quatre facteurs, où la propension à la vengeance est séparée de la propension à pardonner. Les résultats montrent que le style de personnalité paranoïaque a des corrélations positives avec les facteurs vengeance (.44) et ressentiment durable (.33), et qu’il est négativement lié au facteur pardon (-. 29). Le caractère spécifique de la vengeance semble donc justifier l’étude de la propension personnelle au pardon basée sur une structure de quatre facteurs.  Propension au pardon et personnalité.Les excuses et l’empathie sont des aspects changeants, mais qu’en est t-il de la personnalité, souvent considérée comme quelque chose de relativement stable ? Selon Mullet et al. (2005), il est essentiel de comprendre le rôle que joue la personnalité dans la décision de pardonner. Cette compréhension est importante pour consolider les connaissances théoriques du pardon, mais aussi pour les thérapeutes et les conseillers qui aident leurs patients à pardonner.  Afin d’aborder les relations entre les mesures du pardon et les mesures des la personnalité, Mullet et al. (2005) ont étudié 30 recherches qui impliquaient au moins une mesure de personnalité et une mesure du pardon. Pour plus de clarté ils ont divisé les mesures de pardon en six catégories : le ressentiment durable, le pardon des autres, la vengeance, la sensibilité aux circonstances, le pardon à soi-même et le pardon des situations. Ces facteurs du pardon ont été mis en relation avec des facteurs de personnalité dérivés du test de personnalité « Big 5 », mettant en évidence cinq grands facteurs de personnalité : l’agréabilité, l’extraversion, la stabilité émotionnelle, la conscience et ‘ouverture.  Parmi les résultats de l’étude nous apprenons que les facteurs de l’agréabilité ont des relations négatives avec le ressentiment durable et la vengeance, et des relations positives avec le pardon des autres. Plus une personne est chaleureuse, agréable, empathique et tendre, plus elle a tendance à pardonner et à ne pas garder de rancune. Les facteurs de l’instabilité émotionnelle sont négativement corrélés avec le pardon des autres et le pardon envers soi-même et ont des relations positives avec le ressentiment et la vengeance. Plus une personne est névrosée, anxieuse, en colère avec des tendances à ruminer, moins elle est ouverte au pardon, aussi bien vers elle-même que vers les autres. La conscience entretient des relations négatives avec la vengeance. Une personne qui tend vers les objectifs, qui agit de manière efficace et organisée, ne prend peut être pas le temps de se préoccuper de la vengeance. Nous apprenons aussi que l’ouverture est négativement corrélée avec le ressentiment durable et la vengeance, mais que les relations avec des facteurs du pardon envers soi-même ou les autres ne sont pas univoques. L’ouverture peut alors permettre de limiter la durée des conflits.  Neto et Neto & Mullet (2004) Mullet (2004) ont mis en relation la structure en trois facteurs de la propension à pardonner et plusieurs facteurs de personnalité tel que l’estime de soi, l’interdépendance ou indépendance vis-à-vis d’autrui, la timidité, la tendance à être embarrassé et le sentiment de solitude. Des relations distinctes entre les différentes variables de personnalité et le pardon ont été observées. Le facteur duressentiment durableest corrélé avec l’indépendance (.24) Plus une personne tend vers l’indépendance dans ses relations, plus elle tend à garder du ressentiment. Etant donné que ses motivations à garder la relation intacte sont peu importantes le pardon joue un rôle minime. En ce qui concerne la sensibilité auxcirconstances personnelles ou sociales, elle a des relations avec la timidité (.22) et la tendance à être embarrassé (.31). Il est peut être question d’une sensibilité générale à l’égard des autres. Lapropension à pardonnerest corrélée avec l’interdépendance (.23). Plus une personne valorise la dépendance réciproque dans ses relations, plus elle à tendance à pardonner. En revanche, la propension à pardonner est négativement corrélée avec l’indépendance (-.15). Une
personne qui veut pouvoir s’en sortir toute seule, sans avoir besoin des autres n’a pas non plus besoin de pardonner afin de maintenir des bonnes relations.  Les hommes et les femmes n’ont pas présenté les mêmes résultats. Pour les femmes le facteur de la sensibilité aux circonstances n’a pas de relations significatives avec des facteurs de personnalité, et chez les hommes aucune relation significative entre la propension à pardonner et les facteurs de personnalité n’est observé. Les interactions sexe/estime de soi, pour la propension à pardonner et sexe/tendance à être embarrassé, pour la sensibilité aux circonstances sont, elles, significatives.  Demander pardon.pardon offert, la propension à pardonner, estLa structure du  bien connue, mais qu’en est-il de la demande du pardon. Chiaramello & Mullet (2008) ont étudié la structure de la demande du pardon en adaptant le questionnaire de la propension au pardon (Mulletet al., 2003). La recherche du pardon a une structure à trois facteurs,l’impossibilité de demander pardon, lasensibilité aux circonstanceset lademande inconditionnelle du pardon. Les résultats montrent également que le ressentiment durable est positivement corrélé avecl’impossibilité de demander pardon et positivement corrélé avec lademande inconditionnelle du pardon. Les deux facteurs de sensibilité sont également liés. De plus, la propension à pardonner est corrélée avec lademande inconditionnelle du pardon. Il semble donc que d’offrir et de rechercher le pardon soit fortement liés. Les individus disposeraient d’une attitude ou compétence globale face au pardon.  Conceptions du pardon Nous avons vu plusieurs définitions du pardon et des concepts qui lui sont reliés. Cependant, il est utile de se demander comment le public non professionnel perçoit et définit le pardon. Paul Leer-Salvesen (1998) a réalisé une enquête exploratoire au sujet des conceptions du pardon auprès des enfants et des jeunes en Norvège. Basé sur des lettres librement rédigées au sujet du pardon,il analyse leurs conceptions du phénomène. Chez les enfants du 9 à 11 ans les conceptions du pardon sont liés à la vie quotidienne, par exemple des histoires de moqueries et des amitiés brisées qui sont résolus par le pardon. La notion du temps est très présente, les enfants expliquent que le pardon peut prendre du temps. L’idée que le pardon nécessite un offenseur et une victime est clairement exprimée, et les notions d’intention et de gravité sont également présentes dans leurs réflexions autour du pardon.  Dans les lettres des jeunes (entre 17 et 19 ans) les idées autour du pardon sont basées sur l’expérience de la vie quotidienne, mais également sur des phénomènes de société. L’enquête a été réalisée peu de temps après la médiatisation forte d’une affaire de pédophilie en Belgique. L’abus sexuel est donc souvent évoqué en parlant des choses impardonnables. Le pardon est pour ces jeunes, lié au fait de regretter, à la bonne ou mauvaise conscience, à la culpabilité, la vengeance, la punition et la haine, mais aussi à la confiance, l’amour et la grâce. Le pardon est vu comme une manière d’accepter le fait que l’autre regrette son acte, et ainsi pouvoir vivre en harmonie avec lui de nouveau.  Structure des conceptions du pardon.et Bakhshi (2004) ont étudié trois aspects desMullet, Girard définitions et des concepts présents dans la littérature au sujet du pardon. Le premier aspect concerne le fait que le pardon implique un changement des émotions négatives en émotions positives à l’égard de l’offenseur. Le deuxième aspect concerne le fait que le pardon interpersonnel porte sur deux personnes, et le troisième aspect se réfère au fait que le pardon ne déprécie pas l’offenseur, mais permet à celui-ci de mieux se comporter dans l’avenir.  Les sujets, des étudiants et leurs parents, ont coté leur degré d’accord avec des propositions concernant des conceptions de pardon. Une analyse factorielle a mis en évidence quatre facteurs. Le Pardon comme un changement de cœurreprésente l’idée que la victime recommence à avoir de l’affection pour son offenseur, le pardon est immoral,reflète l’idée que pardonner encourage l’offenseur à continuer son mauvais comportement. Le troisième facteur,le pardon encourage la repentanceimplique que pardonner amène l’offenseur à regretter son acte, et enfin, le dernier facteur,
Soyez le premier à déposer un commentaire !

17/1000 caractères maximum.