INSTITUT D'ETUDES POLITIQUES DE STRASBOURG

De
Publié par

Niveau: Supérieur, Doctorat, Bac+8

  • mémoire


Université de Strasbourg INSTITUT D'ETUDES POLITIQUES DE STRASBOURG DE L'EXODE BALKANIQUE A LA GENESE EUROPEENNE ETAT DES LIEUX ET PERSPECTIVES D'UN MONTENEGRO INDEPENDANT. Martin Jamond Sous la direction de M. Alexis Vahlas, Professeur de Droit International à l'Université de Strasbourg. MEMOIRE DE 4EME ANNEE D'IEP - MAI 2010

  • continuation du projet national

  • défi d'abord politique

  • integration dans la communaute internationale

  • professeur de droit international


Publié le : samedi 1 mai 2010
Lecture(s) : 42
Source : scd-theses.u-strasbg.fr
Nombre de pages : 158
Voir plus Voir moins
Université de Strasbourg
INSTITUT D’ETUDES POLITIQUES DE STRASBOURG
DE L’EXODE BALKANIQUE A LA GENESE EUROPEENNE ETAT DES LIEUX ET PERSPECTIVES D’UNMONTENEGRO INDEPENDANT. Martin Jamond Sous la direction de M. Alexis Vahlas, Professeur de Droit International à l’Université de Strasbourg.EME MEMOIRE DE 4ANNEE D’IEP MAI 2010
2
DE L’EXODE BALKANIQUE ALA GENESE EUROPEENNE ETAT DES LIEUX ET PERSPECTIVES D’UNMONTENEGRO INDEPENDANT. Martin Jamond L'Université de Strasbourg n'entend donner aucune approbation ou improbation aux opinions émises dans ce mémoire. Ces opinions doivent être considérées comme propres à leur auteur.
3
SOMMAIRE Introduction ........................................................................................................................... p.8 Partie Première L’INTEGRATION DANS LA COMMUNAUTE INTERNATIONALE, UNE NECESSITE POUR TOUT ETAT NOUVELLEMENT INDEPENDANT .................................................................................... p.13 Chapitƌe ϭ. L͛aĐĐessioŶ à l͛iŶĠpeŶaŶĐe u Monténégro, une réussite sans équivoque ......... p.16 Chapitre 2. Le Monténégro dans la « communauté des Nations » ........................................... p.33 Partie Seconde LA STABILISATION INTERNE, PERENNITE ET CONTINUATION DU PROJET NATIONAL ............. p.62 Chapitƌe ϭ. Assuƌeƌ la staďilisatioŶ, uŶ Ġfi ͛aďoƌpolitique .................................................. p.65 Chapitre 2. Economie, Stabilisation interne et Intégration européenne .................................. p.85 Conclusion .............................................................................................................................. p.106 Annexe ................................................................................................................................... p.110 Bibliographie .......................................................................................................................... p.148 Table des matières ................................................................................................................. p.154 Résumé ................................................................................................................................... p.157 Abstract .................................................................................................................................. p.158
4
5
REMERCIEMENTS Un grand merci à toutes les personnes qui ont contribué directement ou indirectement, volontairement ou involontairement à la réalisation de ce travail de recherche. Un remerciement particulier à MM. Alexis Vahlas et Ivan Ivanisevic qui, malgré leur emploi du temps souvent chargé, ont su prendre le temps de me guieƌ, e ŵ͛eŶĐourager et de me donner de précieux conseils. En vous souhaitant une bonne lecture.
6
« Grouping and mutuality of countries and peoples in the Balkans is the only road that leads to economic, national and political liberation . »Dimitrije Tucovic,Pƌǀa ďalkaŶska soĐijaleŵokƌatska koŶfeƌeŶĐija͟, Belgrade, 1950.
« Quand on voyage vers un objectif, il est très important de prêter attention au chemin. C'est toujours le chemin qui nous enseigne la meilleure façon d'y parvenir, et il nous enrichit à mesure que nous le parcourons. »Paulo Coelho, ͞LePèlerine Coŵpostelle͟.1998
7
De l’Edžode ďalkaŶiƋue à la GeŶğse euƌopĠeŶŶe
Etat es lieudž et PeƌspeĐtiǀes ͛uŶ MoŶtĠŶĠgƌo iŶĠpeŶaŶt
Introduction :
Au lendemain de la victoire des indépendantistes monténégrins lors du référendum du 21 mai 2006, Milo Djukanovic, alors Premier Ministre, se rend auprès du Haut Représentant à la Politique Etrangère et de Sécurité Commune (PESC), Javier Solana, pour présenter le projet national du Monténégro et rassurer les instances européennes ƋuaŶt à l͛iŵpaĐt suƌ le fƌagile ĠƋuiliďƌe ƌĠgioŶal. Loƌs e la ĐoŶfĠƌeŶĐe e pƌesse Ƌui suit l͛eŶtƌetieŶ eŶtƌe les eudž hoŵŵes, DjukaŶoǀiĐ s͛edžpƌiŵe eŶ Đes teƌŵes: «C’est ŵa ĐoŶǀiĐtioŶ Ƌu’apƌğs le ƌĠfĠƌeŶduŵ Ŷous auƌoŶs ŶoŶ seuleŵeŶt uŶe ŵeilleure stabilité interne au Monténégro mais que nous contribuerons également à la stabilité régionale et favoriserons la perspective européenne des Balkans occidentaux. Je vous assure que le 1Monténégro a un avenir européen évident et tout proche». Quatre ans plus tard, le pƌoĐessus ͛iŶtĠgƌatioŶ euƌopĠeŶŶe et e staďilisatioŶ ƌĠgioŶale eŶgagĠ paƌ le Monténégro prend une nouvelle ampleur. Le 29 mars 2010, avec la signature de la delgiƋue, l͛aĐĐoƌ e staďilisatioŶ et ͛assoĐiatioŶ eŶtƌe aŶs sa eƌŶiğƌe phase et sera er 2 officiellement en vigueur au 1 mai . Cet accord conclu, signé et ratifié en moins de trois aŶs ŵaƌƋue, aǀeĐ la ĐaŶiatuƌe offiĐielle u MoŶtĠŶĠgƌo à la fiŶ e l͛aŶŶĠe ϮϬϬϴ, l͛Ġtape ultiŵe u pƌoĐessus ͛ahĠsioŶ à l͛UŶioŶ EuƌopĠeŶŶe, oďjeĐtifclairement annoncé par les autoƌitĠs ŵoŶtĠŶĠgƌiŶes aǀaŶt ϮϬϬϲ et justifiaŶt eŶ paƌtie la sĠpaƌatioŶ ͛aǀeĐ delgƌae. “i le MoŶtĠŶĠgƌo est allĠ aussi ǀite suƌ la ǀoie e l͛Euƌope, Đ͛est Ƌue l͛oŶ Ŷote 1 «It’s my conviction that after the referendum we will have not only a better internal stability in Montenegro but will also contribute to regional stability and European perspective of the Western Balkans. I would like to assure you that Montenegro has a certain and a near European future‖.Milo Djukanovic, Conférence de prОssО Кu CШЧsОiХ НО Х’UЧiШЧ EurШpцОЧЧО, BruбОХХОs, ЦКi 2006.Disponible sur http://www.ena.lu/conference_presse_javier_solana_milo_djukanovic_conseil_union_europeenne_bruxelles_ 2006-012500582.html] 2 Voir le tableau de la Commission européenne sur [http://fr.wikipedia.org/wiki/Accord_de_stabilisation_et_d%27association]
8
politiquement une réelle détermination, certes à jouer un rôle stabilisateur dans cette ƌĠgioŶ fƌagile Ƌu͛est la pĠŶiŶsule ďalkaŶiƋue, ŵais aussi et suƌtout à pƌeŶƌe le laƌge ǀeƌs cette Europe qui symbolise un certain choix de développement politique, économique et social. Cette tentation européenne est une constante dans les Balkans occidentaux, mais prend une toute autre ampleur à Podgorica, entre exode balkanique et genèse euƌopĠeŶŶe. L͛Exodeest le seĐoŶ liǀƌe e la diďle. Il ƌaĐoŶte la soƌtie ͛EgLJpte es Hébreux sous la conduite de Moïse et notamment les pérégrinations vers la Terre Pƌoŵise. Il est tout à fait possiďle e faiƌe uŶ paƌallğle eŶtƌe l͛Edžoe ďiďliƋue et l͛edžoe monténégrin. Certes, celui-Đi Ŷ͛est pas ŵatĠƌielleŵeŶt aussi ĠfiŶi et ƌeste politiƋueŵeŶt ĠloigŶĠ e l͛Edžoe hĠďƌeudž, ŵais il Ŷ͛eŶ ƌeste pas ŵoiŶs ƌĠel. Nous eŶteŶoŶs paƌ là Ƌu͛il existerait une certaine fuite en avant du Monténégro, avant tout politique, qui lancerait le paLJs suƌ la ƌoute e l͛Euƌope, Ŷouǀelle teƌƌe pƌoŵise. dieŶ Ƌu͛à auĐuŶ ŵoŵeŶt le peuple monténégrin ne refuse sesoƌigiŶes ďalkaŶiƋues et l͛iŵpoƌtaŶĐe e soŶ ƌôle ŶotaŵŵeŶt staďilisateuƌ aŶs la ƌĠgioŶ, il est iŶĠŶiaďle Ƌue la ǀoloŶtĠ ͛iŶĠpeŶaŶĐe a fait Ŷaitƌe une idéologie européiste qui éloigne le Monténégro de la péninsule et le pousse à prendre le large versl͛ouest. Cet edžoe est pƌiŶĐipaleŵeŶt le ƌefus e «l͛ĠĐheĐ ďalkaŶiƋue». Si les réalités ethniques, politiques, économique ou historiques sont les mêmes au Monténégro Ƌu͛ailleuƌs aŶs la ƌĠgioŶ, le paLJs ƌefuse e ĐoŶŶaitƌe les ŵġŵes ĠĐheĐs, e faiƌe à nouveau les mêmes erreurs que par le passé et cherche donc un modèle de développement autre. Et ce modèle est résolument européen. LaGenèse est le premier livre de la Bible. Il raconte la création du Monde et de l͛Hoŵŵe. CoŵŵuŶĠŵeŶt, la geŶğse est aujouƌ͛hui le commencement de tout projet, de toute aĐtioŶ ou e tout ŵouǀeŵeŶt. Il est oŶĐ faĐile pouƌ Ŷous ͛assoĐieƌ le teƌŵe genèse au Monténégro dès lors que le pays est nouvellement indépendant. Mais cette assoĐiatioŶ est plus aŵďiguë. Il s͛agit à la fois ela geŶğse ͛uŶ peuple et ͛uŶe politiƋue. Dğs loƌs Ƌu͛il LJ a eu edžoe, il LJ a eu ƌuptuƌe et il LJ a oŶĐ geŶğse. Au MoŶtĠŶĠgƌo, Đette genèse est européenne et représente la volonté politique de tout un peuple de prendre le laƌge ǀeƌs l͛ouest et e ďâtiƌ uŶMonténégro nouveau en 2006, non basé sur les anciennes influences Ottomanes, serbes ou russes, afin de garantir au mieux, à la fois la survie du pays, son développement et la stabilité régionale.
9
Le terme « Balkan» est ͛oƌigiŶe tuƌƋue est ĠsigŶe aŶsun premier temps la ème ĐhaiŶe e ŵoŶtagŶe Ƌui tƌaǀeƌse la dulgaƌie ͛est eŶ ouest. A paƌtiƌ u XIXde siècle, Ŷoŵďƌeudž gĠogƌaphes ĠteŶeŶt le teƌŵe à l͛eŶseŵďle e la pĠŶiŶsule, e la “loǀĠŶie à la ème ème Grèce, en passant par la Bulgarie et une partie de la Roumanie. Du XIV au XIX siècle, les OttoŵaŶs oĐĐupeŶt et ĐoŶtƌôleŶt la ŵajoƌitĠ es dalkaŶs et Đ͛est loƌs e la liďĠƌatioŶ de cette domination impériale, à la suite de nombreux traités entre grandes puissances, que les Balkans vont avoir, pour la première fois, une connotation négative. Le terme de « balkanisation » fait son apparition pour désigner le morcellement de la région en petits Etats saŶs gƌaŶe ƌĠalitĠ ethŶiƋue, ƌeligieuse ou soĐiale. D͛uŶe ĐoŵpledžitĠ ƌaƌe, les Balkans sont partagés entre une multitude de peuples, de religions et de langues qui vont faĐiliteƌ au Đouƌs es siğĐles l͛ĠĐlosioŶ e Ŷoŵďƌeudž ĐoŶflits iƌƌĠsoluďles Ƌui ǀoŶt aĐĐeŶtueƌ l͛iŵage ŶĠgatiǀe e la ƌĠgioŶ. DĠsoƌŵais, oŶ paƌleƌa e «poudrière des Balkans » et la péninsule sera iŵŵĠiateŵeŶt assoĐiĠe à l͛ĠĐheĐ et à la ĐoŵpledžitĠ.Or la « réussite balkanique » doit exister. De nos jours, on envisage la réussite étatique au regard de certains critères prédéfinis. Ainsi la « réussite balkanique » ĐoŶsisteƌait eŶ l͛edžisteŶĐe ͛uŶe ǀĠƌitaďle ĐoŶĐoƌe ethŶiƋue, eŶ l͛aďseŶĐe e ĐoŶflit e voisinage, en un développement économique solide et rapide et en une singularité et une identité nationale avérée. Ces critères ne sont autres que ceux exposés et soutenus par l͛UŶioŶ EuƌopĠeŶŶe. La ŵoernité au sens européen du terme serait donc ce qui permet ͛eŶǀisageƌ la ƌĠussite ĠtatiƋue. Cela edžpliƋue aloƌs uŶe paƌtie e l͛edžoe ŵoŶtĠŶĠgƌiŶ et e la geŶğse u pƌojet euƌopĠiste. L͛UŶioŶ EuƌopĠeŶŶe pƌoŵeut l͛Etat e ƌoit, la démocratie, le développement économique régulé, la stabilité politique, les droits des minorités, la concorde sociale, le bon voisinage, la reconnaissance et le soutien iŶteƌŶatioŶal, etĐ. C͛est oŶĐ Đe Ƌui pouƌ Ŷous, oĐĐieŶtaudž, ƌesseŵďle à la ƌĠussite ĠtatiƋue. Et Đ͛est Đe ǀeƌs quoi se tourne le Monténégro. Le Monténégro, est un micro-Etat. Enclavé dans la péninsule balkanique, ce pays de 700.000 habitants est bordé par la mer Adriatique, tournant depuis toujours le dos à ses ǀoisiŶs ďalkaŶiƋues et ƌegaƌaŶt ƌoit ǀeƌs l͛Italieet l͛Euƌope. CƌŶa Goƌa ;Ƌui sigŶifie « Montagne Noire ») est partagé entre mer et montagne, tout au long de ses 300 kms de Đôtes. Le touƌisŵe et l͛edžtƌaĐtioŶ e ŵatiğƌes pƌeŵiğƌes Đoŵŵe la ďaudžite ou le feƌ soŶt les pƌiŶĐipales iŶustƌies ͛uŶ paLJs Ƌui Đonnait une forte tertiarisation depuis quelques
10
années. Après avoir été indépendant en 1910, quelques décennies après le retrait ottoman, le Monténégro rejoint le Royaume des Serbes, des Croates et des Slovènes en 1918, puis le Royaume de Yougoslavie en 1929. Au lendemain de la Seconde Guerre Mondiale, Tito donne au Monténégro le statut de République fédérée dans la nouvelle République Fédérale Socialiste de Yougoslavie (RFSY). En 1992, la RFSY meurt au profit de la RFY (République Fédérale de Yougoslavie),Ƌui Ŷ͛est autƌe Ƌu͛uŶe alliaŶĐe eŶtƌe “eƌďie et MoŶtĠŶĠgƌo. EŶ ϮϬϬϯ l͛Etat ĐoŵŵuŶ e “eƌďie-et-MoŶtĠŶĠgƌo est ĐƌĠĠ eǀaŶt l͛ĠĐheĐ e la ‘FY et les Ŷoŵďƌeudž ďouleǀeƌseŵeŶts politiƋues es aŶŶĠes ϭϵϵϬ. Ce Ŷ͛est Ƌu͛eŶ 2006, suite à un référendum, que 55.5% des monténégrins se prononcent pour l͛iŶĠpeŶaŶĐe. EŶ plus ͛aǀoiƌ ĐoŶŶu uŶe histoiƌe ƌĠĐeŶte ŵouǀeŵeŶtĠe, le MoŶtĠŶĠgƌo reste également une mosaïque ethnique, religieuse et linguistique qui complique sérieusement la construction nationale et la gestion du pays. Si 90% de la population parle serbe ou monténégrin, deux langues proches, les deux communautés ne représentent que ϳϬ% e la populatioŶ totale ;ƌespeĐtiǀeŵeŶt ϯϬ% et ϰϬ%Ϳ, aloƌs Ƌu͛AlďaŶais, MusulŵaŶs, 3 Croates, Roms et Bosniaques se partagent les 30% restant . Nous comprenons donc que le Monténégro reste un pays complexe, très « balkanique » de ce point de vue là et que les eŶjeudž et les Ġfis e l͛iŶĠpeŶaŶĐe soŶt ƌĠels.“i Ŷous ǀouloŶs faiƌe uŶ Ġtat es lieudž et ŵettƌe eŶ aǀaŶt les peƌspeĐtiǀes ͛un Monténégro indépendant, nous devons comprendre quels sont les défis majeurs qui attendent le pays et quelles sont ses spécificités. Deux axes sont primordiaux pour eŶĐaƌeƌ l͛Ġtue: l͛iŶtĠgƌatioŶ aŶs la ĐoŵŵuŶautĠ iŶteƌŶatioŶale et la staďilisatioŶ interne. En effet, ce sont les deux enjeux principaux de toute indépendance. Pour que celle-ci soit réussie, tout Etat nécessite une reconnaissance et une acceptation internationale réelle de la part de ses pairs et de ses voisins. En outre, aucune indépendance ne peut être viable à long terme sans stabilisation interne, que celle-ci passe par la réconciliation des partisans et opposants à la sécession, la bonne gestion de l͛apƌğs-ƌĠfĠƌeŶuŵ ou la ĐoŶstƌuĐtioŶ e l͛ieŶtitĠ ŶatioŶale. Ce soŶt oŶĐ là les eudžthğŵes ͛Ġtue Ƌui Ŷous oĐĐupeƌoŶs.
3 Bieber, Florian, « Monténégro: НцЦШМrКtisКtiШЧ iЧКМСОvцО Оt НцЛКts КutШur НО Х’iНОЧtitц», Courrier des Pays НО Х’Est, 2004/6, Чњ1043, p.83
11
Soyez le premier à déposer un commentaire !

17/1000 caractères maximum.