Université de Strasbourg Univerzita Karlova v Praze UFR des Sciences historiques Filozofická fakulta

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Niveau: Supérieur, Doctorat, Bac+8
Université de Strasbourg Univerzita Karlova v Praze UFR des Sciences historiques Filozofická fakulta Institut des Antiquités nationales Ústav pro prav?k a ranou dobu d?jinnou Art, histoire et civilisations de l'Europe Archéologie Prav?ká a st?edov?ká archeologie Thèse pour obtenir le grade de docteur de l'Université de Strasbourg présentée et soutenue publiquement le 25 septembre 2010 ? Diserta?ní práce Gilles Pierrevelcin Les relations entre la Bohême et la Gaule du IVe au Ier s. av. J.-C. ? Vztahy mezi ?echami a Galií ve 4. a? 1. stol. p?. Kr. Volume 1.1 : texte – Díl 1.1: text Sous la direction de – Vedoucí práce : Prof. Dr. Anne-Marie Adam doc. PhDr. Vladimír Sala?, CSc. Jury – Komise : Prof. Dr. Anne-Marie Adam (Professeur, Université de Strasbourg) Dr. Loup Bernard (Maître de conférences, Université de Strasbourg) Prof. PhDr. Jan Bouzek, DrSc. (Professeur, Univerzita Karlova v Praze) Prof. Dr. Stephan Fichtl (Professeur, Université de Tours) Dr. HDR Jean-Paul Guillaumet (Directeur de recherche, CNRS) doc. PhDr. Vladimír Sala?, CSc. (Directeur de recherche, Univerzita Karlova v Praze, Akademie v?d ?eské Republiky) Prof. Dr. Susanne Sievers (Seconde Directrice, Römisch-Germanische Kommission) 2010

  • personnel du département de pré

  • cadre chronologique

  • cabinet de numismatique du musée national de prague

  • bohême


Publié le : mercredi 1 septembre 2010
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Source : scd-theses.u-strasbg.fr
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Université de Strasbourg Univerzita Karlova v Praze
UFR des Sciences historiques Filozofcká fakulta
Institut des Antiquités Ústav pro pravěk a ranou
nationales dobu dějinnou
Art, histoire et civilisations de l’Europe Pravěká a středověká
Archéologie archeologie
Thèse
pour obtenir le grade de docteur de l’Université de Strasbourg
présentée et soutenue publiquement le 25 septembre 2010

Disertační práce
Gilles Pierrevelcin
Les relations entre la Bohême et la Gaule
e erdu IV au I s. av. J.-C.

Vztahy mezi Čechami a Galií
ve 4. až 1. stol. př. Kr.
Volume 1.1 : texte – Díl 1.1: text
Sous la direction de – Vedoucí práce :
Prof. Dr. Anne-Marie Adam
doc. PhDr. Vladimír Salač, CSc.
Jury – Komise :
Prof. Dr. Anne-Marie Adam (Professeur, Université de Strasbourg)
Dr. Loup Bernard (Maître de conférences, Université de Strasbourg)
Prof. PhDr. Jan Bouzek, DrSc. (Professeur, Univerzita Karlova v Praze)
Prof. Dr. Stephan Fichtl (Professeur, Université de Tours)
Dr. HDR Jean-Paul Guillaumet (Directeur de recherche, CNRS)
doc. PhDr. Vladimír Salač, CSc. (Directeur de recherche, Univerzita Karlova v Praze,
Akademie věd České Republiky)
Prof. Dr. Susanne Sievers (Seconde Directrice, Römisch-Germanische Kommission)
2010Prohlášení autora
Prohlašuji, že jsem disertační práci vykonal samostatně s využitím
uvedených pramenů a literaturyRemerciements
Au moment d’achever ce travail, je souhaiterais remercier toutes les personnes qui m’ont
aidé ou soutenu à un moment ou à un autre, et ainsi permis que cette thèse voit le jour.
Tout d’abord, A.-M. Adam et V. Salač, mes deux co-directeurs de thèse, dont le soutien et
les conseils avisés m’ont permis de mener ce travail à son terme. Je remercie également
tous les membres du jury, L. Bernard, J. Bouzek, S. Fichtl, J.-P. Guillaumet et S. Sievers,
qui ont bien voulu prendre de leur temps pour juger ce travail.
Que les collègues qui m’ont aidé dans la collecte d’informations, m’ont fourni ou m’ont
permis l’accès à des données parfois inédites soient chaleureusement remerciés. En premier
lieu P. Sankot, J. Valentová, et tout le personnel du département de Pré- et Protohistoire
du Národní Muzeum, J. Militký, qui a plus que grandement facilité l’étude des monnaies
incluse dans ce travail, notamment en mettant à ma disposition des données inédites, tout
comme S. Bílková, du cabinet de numismatique du Musée national de Prague.
Que soit remercié ici tout le personnel du centre archéologique européen de Bibracte, dont
l’accueil et la gentillesse permettent de toujours fréquenter effcacement et agréablement
les lieux, et contribuent à faire vivre ce lieu d’échanges incroyable.
Je souhaiterais également souligner le rôle joué par le programme Egide, sous la forme d’une
bourse bilatérale fnancée par le Ministère français des Affaires étrangères et le Ministère
tchèque de l’Education, qui m’ont permis de séjourner pendant près de deux ans à Prague,
tout en me donnant accès aux cours de tchèque qui ont été nécessaires pour parfaire mes
connaissances de cette langue au charme qui était pour moi insoupçonné.
Une pensée pour mes parents et ma famille, qui m’ont toujours encouragé à poursuivre mes
efforts dans la voie que j’avais choisie, et m’ont incité à développer un certain goût de la
curiosité.
A tous mes amis également, qui ont tous permis, d’une manière ou d’une autre, que ce
travail soit mené à son terme, j’exprime ma profonde gratitude. Marie et Bertrand, qui
ont eu le « privilège » de suivre au jour le jour l’évolution de mes états d’âme, et dont la
patience est louable, mais également Géraldine, Clément, Aurélie, Yarno, Delphine, pour
leurs divers coups de main et leur soutien, notamment dans les derniers moments.
Tous mes amis du Morvan, Angélique, Daniel, Emilie, Gérard-Gerhard, Jenny, Katinka,
Nico, Pierre, Seb, Yves, avec une pensée particulière pour Eloïse et Gilles, qui m’ont
maintes fois aidés à me sortir la tête de l’eau.
Petr et Zuzka, grâce à qui j’ai pu découvrir et m’immerger dans la culture tchèque sous son
meilleur jour, en dehors des itinéraires à touristes, mais aussi de l’archéologie. Katarina,
Dan et Lucka, Alžběta, ont eux aussi toujours été prêts à m’accueillir lors de mes séjours
pragois et donné envie de toujours revenir.
Que « mes » traducteurs soient ici remerciés : Dominik et Natacha, mais surtout Jan, qui
a sacrifé de longs moments pour permettre de rendre ce doctorat accessible aux lecteurs
tchèques.
Une dédicace spéciale à Aurélie, pour son soutien dans les derniers moments.
Et surtout, un grand merci à Aline, dont la patience et l’abnégation sont incommensurables,
et sans qui ce travail n’aurait certainement jamais vu le jour.S
S
Volume 1.1
i ...................................................................................................................8
c i. c d’ S S ...........................10
a. le d’ .....................................................................................................10
1. Le ..........................................................................................10
2. Le L ........................................................................................15
3. Le L L..................................................................................................20
3.1. Quelques repères historiques..................................................................................20
3.2. L’habitat : formes et fonctions.................................................................................21
3.3. Les nécropoles et le rite funéraire............................................................................27
3.4. Les sanctuaires et lieux de culte..............................................................................31
3.5. Les dépôts : pratique rituelle ou cachette ?.................................................................33
3.6. La sphère économique : échanges et production.........................................................35
3.7. Bohême et Gaule : points communs et divergences.....................................................38
B. l S S à S : S S S l’ 40
1. d L40
1.1. Contacts, relations, rapports...................................................................................40
1.2. Longue distance, Est-Ouest....................................................................................41
1.3. Echanges et migrations : formes et mécanismes des contacts à longue distance....................43
2. L L’ : L « L ».......................................................48
2.1. Les produits de l’esprit et le problème de la transmission orale.............................................48
2.2. Les biens matériels...............................................................................................50
2.3. Uniformité de la culture matérielle...........................................................................52
c. h S : B S S S
à S .........................................................................................................55
1. L ............................................................................................56
e e1.1. Au tournant des XIX et XX s. : J. L. Píč et J. Déchelette.............................................56
e1.2. La première moitié du XX s. : quelques synthèses......................................................62
1.3. Années 1970-2000 : les études de mobilier................................................................66
1.4. : les colloques............................................................................73
1.5. Les années 2000 : état de la recherche (et des interprétations).......................................74
2. c L ...........................................................................................................77
2.1. Périodes-clé dans les contacts et régions importantes...................................................78
2.2. Périodes-clé dans la recherche et archéologues importants............................................80
c i. l S S S à S ........................84
a. m d’ S S S.................................................85
1. m d’ ......................................................................................85
2. m ........................................................................................88
2.1. Les cartes de répartition.........................................................................................88
2.2. Les analogies stylistiques et morphologiques.............................................................92
4
sbtutirsditvaniiesnteiautdmoorgpasrecetdhumtiéeeodcsreotdicirmatrorirrueoilddeeshlnatéaroeacthiecrncehienyroilcanpsoshuêpmoermeeétaeilcacsmguahuelterelduainnmiréldeeelcyolnttmeoxotuertrdoeiseefctoanitoadcétidindonialeomnhgeuoectudiiniateaqnhcaegnéiefdécedetseddphrpitneciihpeaeuaxquetrrcaevcanuaxttaéeeodgeetdiemaiclrtoeietmoreettaeadyneoeiltiiineinfééhddelcgnqaeteiddeeéuhgdntopldnnoiiitaailnehroeéehrdutteuvcrefrcdtaocueoutqeiigmooornaomreS
3. cL d’ .....................................................93
3.1. Marqueurs retenus................................................................................................93
3.2. écartés94
3.3. Marqueurs « problématiques ».................................................................................95
4. ........................................................95
5. c L ..........................................................................................................98
B. l S S102
1. m (« ») L ......................................................102
1.1. Le système monétaire de Bohême..........................................................................102
1.2. Les monnaies d’or..............................................................................................105
1.3.Sites et non pris en compte......................................................................107
1.4. Analyse du corpus...............................................................................................108
2. m L ............................................................................113
2.1. Le système monétaire gaulois................................................................................113
2.2. Les monnaies d’or114
2.3. Les monnaies d’argent.........................................................................................116
2.4. Les monnaies en billon........................................................................................121
2.5. Les bronzes frappés............................................................................................122
2.6. Les bronzes coulés (potins)...................................................................................125
2.7. Monnaies gauloises d’attribution incertaine.............................................................131
2.8. non prises en compte.............................................................................132
2.9. Analyse du corpus...............................................................................................134
3. c : L -o ..........................................147
c. la ...............................................................................................................152
1. p .................................................................................................152
LT B-C1 / Est-Ouest152
LT B-C1 / Ouest-Est162
LT C2-D / Est-Ouest172
LT C2-D / Ouest-Est : fbules de Nauheim .....................................................................177
2. p ...................................................................................................180
LT C / Est-Ouest......................................................................................................182
LT C-D / Ouest-Est182
3. s ...............................................................................................................189
d. la .........................................................................................................196
LT C-D / Est-Ouest196
LT C-D / Ouest-Est199
Conclusions............................................................................................................206
e. l S S S...........................................................................................210
1. a .............................................................................................................210
LT B-C1 / Ouest-Est.................................................................................................210
LT C2-D / 214
Conclusions220
2. t /h .....................................................................................221
LT C2-D / Est-Ouest221
LT C2-D / Ouest-Est223
Conclusions228
3. o L /u L228
4. m L.........................................................................................................231
f. m S S B S...............................................................234
5
ebraooounezoeardurrmaretrouerqaepotéséegumtcssensatrcmattrnsotcenteesmeusteréinenoomdnssetdenpoeiitiasttnrohanréueréeeraedntfévsesrsrmeuntonesmuêshaoebinaeasueosiioonuraegestehitaannycndtehyèssdeontonerunapgrnmeacnécreaemtitqdueedstesnunuerïmoebeeumuêihsodbtendiseehiéatnnnmoneaitaenenaeqoemraauctrréeretepcoaltmétgqoermeiS
1. m L ..................................................................................234
2. L .........................................................................................240
2.1. Est-Ouest..........................................................................................................241
2.2. Ouest-Est242
3. c L .........................................................................................................255
g. S S .................................................................................................................257
1. t ..............................................................................................257
2. c L ........................................................................................................260
3. r ...................................................................................263
Régions émettrices....................................................................................................263réceptrices...................................................................................................266
Confrontation des données.........................................................................................270
4. c ...............................................................................271
5. c L ..........................................................................................................272
Volume 1.2
c iii. f S S S S :
S S S.........................................................275
a. p S S...........................................................................................275
1. e L 276
1.1. Les différentes migrations envisagées.....................................................................276
1.2. Débats sur la localisation des Boïens et des Volques Tectosages...................................279
2. L ...............................................................................................282
2.1. Les Boïens........................................................................................................282
2.2. Les Volques Tectosages........................................................................................290
2.3. Analyse des sources............................................................................................292
2.4. Conclusions.......................................................................................................297
3. m L ...................................................................................300
3.1. Les traces archéologiques.....................................................................................300
3.2. Différences de points de vue.................................................................................307
3.3. Conclusions311
4. s ...............................................................................................................313
B. e S .........................................................................................316
1. p L .......................................................................................316
2. c L ?..................................................................320
3. t ..................................................................................322
4. L’ ................................................................................324
e e5. e iv iii s................................................................326
6. c L .........................................................................................................327
c. v S SS S ....................................................................329
1. L : L’aLL L’a ..........................329
1.1. Les marqueurs de contact entre la Bohême et la Gaule...............................................329
1.2. Autres types.......................................................................................................333
1.3. Conclusions336
6
hcréiiemhicnemrsadeedotxaatsnioeiitnagrngtièmntneuecsrehtueixctsersiléaanntcioqeuéeesephuselesvcimtsattuéeraptrqertrnoinetènhttnoipayahntschaeténhoectimgcruartsiooannsseseytiddaargctheédorrioogsireuudeotccseuvgtdeuetmsrioeetrbtsiupeamhbneosieseuoctnxoeydnotthoègsnessttontaetrcchaagnsgpeercoaegtspecooommmreeracxeomhitseertgrtocboicèumienssspdeeotedtéefpiynaieteiooinueiseettaxuotmnmseenttaeqaeprprreéchneantdéerretenaensqouéscdheamneguerscseruuieauéqorpyrpeeqsaardaemmeS
2. L ........................................................................................338
2.1. Nombre et répartition globale................................................................................338
2.2. Contextes et chronologie......................................................................................340
3. L ...................................................................................343
3.1. Remarques préliminaires343
3.2. Les grands axes entre la Gaule et la Bohême............................................................346
3.3. L’apport des marqueurs de contacts entre la Bohême et la Gaule.........................................350
4. s ...............................................................................................................355
c iv. S S ..............................................................................................360
a. t S S, S S...............................360
Catégories361
Régions..................................................................................................................362
Chronologie............................................................................................................363
B. c S S S S............................................................363
1. Méthodes d’identifcation .......................................................................................363
2. Formes de diffusion...............................................................................................364
3. Les types de sites..................................................................................................366
c. f S S – c S S.....................................................................369
c S S S S ......................................................372
S ..........................................................................................................................375
aB S................................................................................................................388
B B ..............................................................................................................392
l S S S........................................................................................................436
l S S S..........................................................................................................442
S.............................................................................................................................444
7
tanoateneonoinmcrltuycsitotnreedoeqmyornèctlousrdieoentoataerticopheeraaepèeyciteitvoectmnedxesorriepcrhuesricsheetcaetdohtrengultnírecmuruorrmédvpieahtnieotnpfhesdhnninoilaiiougmrcadpehaieetcatéanioreédtécfagrrapeetinsaetdreocprmeiincoriegméii
i
« The archaeological record still has much potential, but we need to get away from the
limited range of traditional interpretations »
Collis 2003, p. 194
Dans le contexte de l’Europe du second âge du Fer, les relations entre la Bohême et la Gaule
ont été à de multiples reprises employées dans la recherche pour expliquer l’apparition de
faits ou d’artefacts nouveaux dans l’une ou l’autre de ces zones.
Le but de cette thèse de doctorat consiste en une reprise de la documentation principalement
issue des données bibliographiques, pour tenter de déterminer la teneur de ces relations.
Il s’agira alors de savoir si ces contacts ont pu se dérouler entre des régions et/ou à des
moments précis, et éventuellement sous quelles formes ils ont pu se manifester.
Le choix des zones étudiées peut paraître à première vue déconcertant, au regard de leur
2différence de taille : la Gaule couvre une superfcie d’environ 500.000 km , tandis que la
2Bohême seulement 60.000 km . Il ne faudra donc pas voir ce travail comme une comparaison
de l’évolution des sociétés laténiennes dans chacun de ces ensembles, mais bien comme
une étude des relations entre ces deux zones.
Les raisons de ce choix sont multiples. La première est liée aux résultats de travaux
universitaires antérieurs, qui nous avaient permis de nous pencher sur la Bohême d’abord,
à travers l’étude du mobilier de bronze de l’oppidum de Stradonice (Pierrevelcin 2002),
puis sur les questions de contacts à longue distance ensuite, dans un contexte européen plus
large, pour la période de La Tène fnale uniquement (Pierrevelcin 2003). Les conclusions
apportées par ces travaux nous ont amené à vouloir approfondir la problématique des
contacts à longue distance, mais en restreignant le cadre géographique, tout en élargissant
la fourchette chronologique.
Le resserrement de la problématique sur la Bohême et la Gaule a été motivé par plusieurs
constatations. La première est le rôle important qu’il semble falloir accorder à l’oppidum
de Stradonice dans le cadre de ces contacts à longue distance, illustré par la présence de
nombreuses importations d’autres régions de la culture laténienne.
Ensuite, il s’est avéré que les liens entre la Bohême et la Gaule appartenaient à l’histoire
de la recherche, en ayant participé à la reconnaissance de la civilisation laténienne. Nous
faisons référence ici aux travaux de J. Déchelette notamment, qui se basait sur les similitudes
entre Bibracte et Stradonice pour justifer l’existence d’une culture matérielle homogène à
l’échelle européenne.
8
oitidnccurdootrutontnni
Mais au-delà de ces deux sites et de cette période, les relations entre la Bohême et la Gaule
e eont également été évoquées à d’autres reprises. Ainsi, pour les IV et III s., dans tous les
grands déplacements de population supposés à l’échelle européenne, entre la Champagne,
la Suisse, l’Italie padane, la Bohême, le bassin des Carpathes, les liens entre la Bohême et
la Gaule occupent une place importante.
Afn d’étudier ces différents aspects, et tenter de comprendre la teneur et l’importance
éventuelle des contacts entre la Bohême et la Gaule, nous commencerons par présenter le cadre
général dans lequel se place notre anlyse. Le cadre d’étude, géographique, chronologique et
culturel, sera complété par une première approche introductive sur les différentes formes de
contacts existants. Nous accorderons ensuite une importance particulière à l’histoire de la
recherche, de manière à souligner le rôle qu’elle occupe dans les théories actuelles.
Dans le second chapitre, nous présenterons concrètement les différents artefacts qui
permettent de supposer des liens, directs ou indirects, entre la Bohême et la Gaule. Nous
avons en effet souhaité reprendre à la base la documentation, en grande partie issue de
l’histoire de la recherche, de manière à s’assurer de la validité des différentes théories
reposant sur du mobilier bien précis.
L’analyse de la chronologie, de la répartition spatiale, et des contextes de découverte
permettront ainsi d’identifer de grandes tendances dans les relations entre la Bohême et la
Gaule, mais à ce stade encore dégagées d’hypothèses interprétatives quant à la forme des
contacts qui peuvent être envisagés.
Le troisième chapitre permettra à cet égard de réféchir d’une manière plus théorique à
ces différentes problématiques, en nous concentrant plus particulièrement sur les deux
phénomènes majeurs les plus souvent évoqués : les migrations d’une part, et les échanges et
le commerce d’autre part. Nous nous attarderons également sur les textes antiques, qui ont été
largement utilisés dans la recherche, en tant que fondement des théories migrationnistes.
Enfn, nous observerons d’une manière plus détaillée la situation des marqueurs de contacts
dans le sud de l’Allemagne et l’Autriche, cette fois pour tenter d’identifer certains des
vecteurs de contacts, tels que les voies de communication et les lieux de transit, qui
concernent tous les types de contacts.
Pour fnir, nous achèverons ce travail en tentant de fournir une vue synthétique des différents
aspects étudiés, pour mettre en parallèle le mobilier et les diverses théories proposées pour
expliquer la teneur des contacts. Il s’agira alors de voir dans quelle mesure les données
archéologiques peuvent nous permettre de répondre à des problématiques liées aux contacts
à longue distance, au sein d’une même culture matérielle.
9
oitnrnoutdcc i - c d’ S S
c i
c d’ S S
La première partie de ce travail est consacrée à la défnition du cadre d’analyse du sujet.
Il s’agira dans un premier temps de présenter sommairement les limites géographiques et
chronologiques, ainsi que le cadre culturel dans lequel s’inscrivent la Bohême et la Gaule.
On s’attachera ensuite à défnir les termes permettant de décrire les différents types de
contacts existants, puis à présenter les limites liées à ce type de problématique. Un historique
de la recherche sur les contacts à longue distance, tels qu’ils ont été envisagés pour notre
cadre d’étude, viendra clore ce chapitre.
Certains aspects, telle la chronologie, seront développés plus en profondeur dans les chapitres
suivants, en fonction de leur implication ou de leurs problématiques particulières dans le
cadre des contacts à longue distance. On s’en tiendra donc ici à une brève description qui
permettra de fxer le cadre d’étude.
a. le d’
1. Le
Les limites géographiques retenues l’ont été en partie en fonction des divisions administratives
actuelles, mais aussi de la situation archéologique de la période de La Tène (fg. 1).
Pour la Gaule, nous suivrons plus ou moins, avec quelques ajustements, les limites telles
que défnies par Jules César dans sa Guerre des Gaules (BG, I, 1, 1-7). Globalement, la
Gaule s’étend donc des Pyrénées au Rhin, de la Bretagne aux Alpes. Nos limites d’étude
pour la Gaule suivront celles de l’extension de la culture laténienne sur ce territoire, sachant
e erqu’entre les IV et I s., cette limite est mouvante, notamment pour l’Ouest et le Sud de
la France. La province romaine de Narbonnaise n’est ainsi pas traitée dans ce travail, au
moins à partir de 124 av. J.-C., au moment de la création de la Provincia romaine.
La limite la plus délicate à défnir, et certainement la plus discutable, est en fait notre limite
orientale, qui est par conséquent la plus proche de la Bohême. Si l’on suit le texte de César,
1cette limite doit être défnie par le Rhin . Il apparaît néanmoins que cette réalité n’était pas
forcément la même quelques décennies ou siècles plus tôt. Bien au contraire, les aires de
1 Ce qui est l’hypothèse traditionnelle, d’après le texte césarien : ainsi dans Fichtl 2000b, p. 27.
10
qihpeeoaarrgloaéigeedrtdeapcrerdauctcélerrideancdutehhecdreethpchehrrahleeadeeeriitohteiyhataereayreiaanl

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