UNIVERSITE DES SCIENCES HUMAINES DE STRASBOURG MARC BLOCH U F R DE SCIENCES HISTORIQUES T H S E DE DOCTORAT D'ETAT Ancien Régime EN HISTOIRE

De
Publié par

Niveau: Supérieur, Doctorat, Bac+8
UNIVERSITE DES SCIENCES HUMAINES DE STRASBOURG - MARC BLOCH - U.F.R. DE SCIENCES HISTORIQUES T H È S E DE DOCTORAT D'ETAT (Ancien Régime) EN HISTOIRE LA CONSTITUTION D'UNE SEIGNEURIE TERRITORIALE DANS LE KINZIGTAL DES FURSTENBERG DE 1491 à 1609 < ? > L'ACCROISSEMENT DU PATRIMOINE COMTAL COMME PRÉALABLE À L'ÉTABLISSEMENT D'UNE SOUVERAINETÉ TERRITORIALE Présentée par Gabriel RAMSTEIN Sous la direction de Monsieur le Professeur Bernard VOGLER, Ancien Directeur de l'Institut d'Histoire d'Alsace et Professeur d'Université émérite Thèse soutenue le 20 octobre 2006 Jury : M. Gerald CHAIX, Recteur de l'Académie de Strasbourg, Président, M. le Dr Franz QUARTHAL, Professeur à l'Institut d'Histoire – Université de Stuttgart, Rapporteur, M. Jean-Marie CONSTANT, Professeur émérite – Université du Maine, Rapporteur, M. George BISCHOFF, Professeur à l'Insititut d'Histoire du Moyen-Age – Université de Strasbourg

  • insititut d'histoire du moyen-age

  • souveraineté territoriale

  • émérite thèse soutenue

  • seigneurie territoriale dans le kinzigtal des furstenberg


Source : scd-theses.u-strasbg.fr
Nombre de pages : 650
Voir plus Voir moins

UNIVERSITE DES SCIENCES HUMAINES DE STRASBOURG

- MARC BLOCH -

U.F.R. DE SCIENCES HISTORIQUES


T H È S E
DE DOCTORAT D'ETAT (Ancien Régime)
EN HISTOIRE

LA CONSTITUTION D’UNE SEIGNEURIE
TERRITORIALE
DANS LE KINZIGTAL DES FURSTENBERG DE
1491 à 1609

<○>


L’ACCROISSEMENT DU PATRIMOINE COMTAL
COMME PRÉALABLE À L’ÉTABLISSEMENT D’UNE
SOUVERAINETÉ TERRITORIALE

Présentée par Gabriel RAMSTEIN
Sous la direction de Monsieur le Professeur Bernard VOGLER,
Ancien Directeur de l’Institut d’Histoire d’Alsace et Professeur d’Université émérite
Thèse soutenue le 20 octobre 2006

Jury : M. Gerald CHAIX, Recteur de l’Académie de Strasbourg, Président,
M. le Dr Franz QUARTHAL, Professeur à l’Institut d’Histoire – Université de Stuttgart,
Rapporteur,
M. Jean-Marie CONSTANT, Professeur émérite – Université du Maine, Rapporteur,
M. George BISCHOFF, Professeur à l’Insititut d’Histoire du Moyen-Age – Université de
Strasbourg
- 2 -
- 3 -




à Francine et Gilles
à Suzanne

à Cyrille - Aryan
à Alexandre et Eloïse







- 4 -
- 5 -










A V A N T - P R O P O S


- 6 -
- 7 -
Pourquoi un tel sujet ?
èmeTout l’essentiel semblait avoir été dit sur le XVI siècle des Fürstenberg, dans des
monographies détaillées comme dans des ouvrages de synthèse. Que peut-on encore
ajouter ? C’était d’ailleurs la question que me posait l’un de mes inspirateurs, le
Professeur Karl Siegfried Bader, dont j’occupais le bureau lors de mes longues séances
de travail dans la salle des archives princières de Donaueschingen, où il avait été
autrefois archiviste et que je rencontrais à l’occasion d’un de ses passages à l’invitation
des princes de Fürstenberg. Il a tant écrit lui-même et en particulier sur le Kinzigtal des
Fürstenberg, que sa question pouvait paraître légitime.
En fait, des circonstances particulières sont à l’origine de cet ouvrage. Sur la trace des
origines allemandes de mon ancêtre direct, Hans-Thomas Ramstein, installé à Andlau, en
Alsace, où il se marie en 1715, « civis et molitor ex Eschbach propre Haslach ultra
Rhenu », j’ai découvert que ce hameau d’Eschbach, dont il se déclarait originaire de
l’autre côté du Rhin, dépendait en fait du village de Weiler, appelé autrefois
Ramsteinweiler. C’était une avouerie de l’ancienne seigneurie du Kinzigtal, appartenant
aux Fürstenberg, et le village actuel de Weiler-Fischerbach, habité aujourd’hui par de
nombreux porteurs du nom Ramstein, avait été en fait le berceau d’une antique famille de
ministériaux réputée noble et dont la présence était attestée à Weiler-Fischerbach dès
1277.
Grâce aux différents registres paroissiaux de l’évêché de Fribourg-en-Brisgau et aux
documents des archives des princes de Fürstenberg à Donaueschingen, il m’était possible
d’établir une filiation ascendante rattachant à cette très ancienne famille mon ancêtre
Hans-Thomas et les Ramstein présents à Weiler-Fischerbach entre 1500 et 1700. Mais je
trouvais de plus à Donaueschingen dans les archives de la seigneurie du Kinzigtal des
documents démontrant qu’entre 1500 et 1580, les représentants de l’ancienne famille à
cette époque, rendaient aux Fürstenberg, seigneurs du Kinzigtal, avec ou sans
dédommagement, les attributs de souveraineté, fiefs, justice, dîmes et champarts, etc.…,
dont ils étaient encore propriétaires à l’époque et dont ils avaient bénéficié jusque là.
Par contre, leurs héritiers immédiats étaient demeurés présents depuis lors dans le village,
où ils s’occupaient des mêmes exploitations agricoles, mais désormais en tant que sujets.
Leur statut antérieur leur conférait toutefois une place privilégiée de notables auxquels
étaient confiées de préférence les fonctions de prévôts ou de forestiers, alors qu’au cours
des siècles précédents leurs ancêtres, en tant que chevaliers ou écuyers, avaient siégé au
tribunal féodal des comtes de Fürstenberg. Cette curieuse péripétie d’une histoire
familiale, nobles justiciers réduits peu à peu à l’état de sujets, avait-elle une signification
plus générale ?
Des investigations dans les nombreux documents d’archives relatifs au Kinzigtal
conservés entre autres dans les centres d'archives de Karlsruhe, Stuttgart, Strasbourg,
Colmar ou Innsbruck, complétant ceux disponibles dans les archives des Fürstenberg à
Donaueschingen, comme dans les archives paroissiales ou dans les archives communales
d'Haslach ou de Wolfach, révélaient effectivement que cette rétrocession de droits
souverains avait touché presque toutes les familles nobles présentes ou possessionnées
dans la seigneurie du Kinzigtal à la même époque.
Quelle était la signification de ce phénomène, que j’ai analysé par la suite comme un
retrait d’agrément aux administrateurs féodaux de la moyenne et basse noblesse ? Dans
- 8 -
quel contexte se produisait-il et, en particulier, quel rapport entretenait-il avec les
réformes institutionnelles entreprises à la même époque dans l'empire allemand par les
1empereurs et la diète d’empire ?
J’ai cherché à cerner le phénomène, puis à donner des réponses à ces questions, en
privilégiant trois directions de recherche :
- La reconstitution des faits
Au lieu d’utiliser seulement les synthèses déjà existantes, je suis revenu aux sources,
dont l’exploitation est rendue difficile davantage par leur ampleur que par leur carence,
ce qui malheureusement est aussi le cas quelquefois. Mais quand elles existent, elles
peuvent être conservées dans des endroits fort éloignés les uns des autres.
A titre d’exemple, il suffit de dire qu’à propos de Wilhelm von Fürstenberg, bailli de
l’Ortenau et futur colonel général des lansquenets allemands au service de François 1er,
on trouve à la Bibliothèque nationale à Paris (manuscrits – collection de Bourgogne) un
exemplaire de son contrat de mariage en 1505 avec Bonne de Neuchatel, héritière
franccomtoise. Mais on trouve aussi au HHSt-Archiv de Vienne, une correspondance de
l’empereur Maximilien 1er, donnant à la même époque des instructions à son sous-bailli
de Basse-Alsace, Caspar von Moersperg und Beffort, d’obtenir de la promise
l’acceptation de ce mariage et de le représenter à la cérémonie de mariage, ainsi que
2Philippe-le-Beau, son fils, roi d’Espagne.
- Les aspects transnationaux
èmeC’est l’historiographie du XIX siècle finissant, qui a donné à l’histoire européenne des
frontières nationalistes, qui n'ont pas toujours eu auparavant la même signification. Pour
reprendre l’exemple déjà cité ci-dessus, Wilhelm von Fürstenberg, conseiller et officier
de l’empereur, titulaire des seigneuries héritées de sa femme en Franche-Comté, utilisant
à Strasbourg les services de Calvin comme secrétaire dans un conflit avec la cour de
France, avait acquis à Héricourt une expérience bourguignonne d’administrateur et de
gouvernant, qu’il pouvait mettre à profit dans la gestion de ses seigneuries du Kinzigtal et
3de la Baar.

1 On peur analyser le fonctionnement des institutions de l’empire, résultant de la réforme réalisée par la
diète de Worms de 1495, comme celui d’une « union germanique », avec pour objet de rétablir la paix
entre les états d’empire. Le fonctionnement de cette « union » reposait sur la diète d'empire, conseil
d'états d'empire, la pondération des voix viriles et curiales, la création du gemein pfennig, le comité
permanent chargé d'exploiter les recès d’empire, une législation d’encadrement des législations
régionales, les décisions comprises dans les recès, véritables directives d’encadrement, l’activité des
délégués aux diètes et aux diétines et la création de la chambre impériale de Justice.
On pourrait pousser encore plus loin la comparaison, mais n'abusons pas trop de ces rapprochements.
Néanmoins, une fois oubliées les cuirasses et la religiosité de l'époque, ces analogies de structures ne
sont certainement pas le fait du hasard et elles m'ont quand même inspiré quelques pistes de réflexion.

2
B N (Ms) – Collection de Bourgogne – 215 – Mariages particuliers – "Traité de mariage du comte
Guillaume de Fürstenberg et de dame Bonne de Neufchatel douairière de Blamont sa femme, du
mercredi après la fête des Saints Evangélistes de l'an 1505" et Haus, Hof und Staatsarchiv – Wien
(HHStA) – Maximiliana Kart 16.
3
Voir Rodolphe PETER, "Jean Calvin, avocat du comte Guillaume de Fürstenberg, éléments d'un
dossier", dans "Revue d'histoire et de philosophie religieuse", T. LI (1971), pp. 63-78.
- 9 -
Pour tenir compte de ces aspects, il était bien nécessaire de ne pas restreindre la
recherche aux seules sources allemandes ou autrichiennes, ni l’exposé aux seuls
commentaires propres à la situation allemande.
- La prosopographie
Dans la présentation des faits, j’ai cherché à regarder vivre, pendant les années en cause,
èmeessentiellement le XVI siècle, les acteurs du phénomène, dont il n’était pas indifférent
de connaître les liens familiaux et l’appartenance sociale, pour mieux situer leur rôle dans
l’évolution en cours.
C’était, à mon avis, la meilleure manière de surprendre dans un îlot de la société
èmed’Allemagne du Sud-ouest, de quelle façon s’était effectuée, au cours du XVI siècle,
l’introduction d’une administration directe des sujets des nouveaux états souverains,
administration qui se substituait à la gestion des manants, déléguée jusque là à des
seigneurs féodaux. Cette mutation de la société de l’époque vers une administration
moderne, constituant un facteur essentiel de la territorialisation, participait ainsi à
l’élaboration de ce "jus publicum", dont les principes seront consacrés par la paix de
Westphalie et le traité de Münster et formeront des siècles durant les fondements de la
4vie politique allemande.



C'est ici l'endroit et le moment de remercier ceux qui m'ont aidé à réaliser mon projet.
J'adresse donc mes remerciements tout d'abord à M. Bernard VOGLER, ancien Directeur
de l'Institut d'histoire d'Alsace, désormais professeur émérite, pour son indulgente
patience vis-à-vis d'un historien d'occasion. J'ai toujours beaucoup apprécié l'accueil
cordial reçu aux archives princières de Fürstenberg à Donaueschingen, où M.
GOERLIPP, Archiviste en chef, m'a aidé avec compétence à rassembler la plus grande
partie du matériel, objet de mon étude.
Les atmosphères tranquilles du Generallandesarchiv de Karlsruhe comme du
Tirolerlandesarchiv d'Innsbrück, qui renferment tous deux des trésors sur le passé de
l'Allemagne du Sud-ouest et de l'Alsace, ont contribué de manière plus impersonnelle
aux progrès de mon entreprise. Cela a été aussi le cas des services d'archives
départementaux du Haut et du Bas-Rhin et du territoire de Belfort, comme de l'ordinariat
de l'évêché de Fribourg-en-Brisgau et des curés desservant les paroisses du Kinzigtal.
Je tiens à remercier deux amis proches, Tristano Gambini et Han Tak, pour leur soutien
constant à mon projet et leurs conseils avisés.
Enfin, il me faut reconnaître une dette morale envers le Professeur Docteur
KarlSiegfried BADER, dont les travaux sur les possessions des Fürstenberg, et en particulier

4
Voir Michael STOLLEIS, "Histoire du droit public en Allemagne", PUF 1999. Voir aussi Karl
Siegfried BADER, "Der deutsche Südwesten in seiner territorialen Entwicklung", 1950, p.19.
- 10 -
du Kinzigtal, m'ont beaucoup inspiré. Mais c'est surtout son essai sur la transformation
de la souveraineté dans l'Allemagne du Sud-ouest, qui soustend mon travail.

Soyez le premier à déposer un commentaire !

17/1000 caractères maximum.