UNIVERSITE MARC BLOCH STRASBOURG II LES PERSONNAGES FEMININS DANS LES TRAGEDIES DE VOLTAIRE A SUJETS ANTIQUES Thèse pour le doctorat en littérature française générale et comparée Présentée par Mme Halima OUANADA Sous la direction du Professeur Pierre HARTMANN Année

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Niveau: Supérieur, Doctorat, Bac+8
UNIVERSITE MARC BLOCH STRASBOURG II LES PERSONNAGES FEMININS DANS LES TRAGEDIES DE VOLTAIRE A SUJETS ANTIQUES Thèse pour le doctorat en littérature française, générale et comparée Présentée par Mme Halima OUANADA Sous la direction du Professeur Pierre HARTMANN Année 2007

  • passion du jeune arouet pour le genre tragique

  • personnage féminin

  • jeune fille

  • sincères sentiments

  • antiquité gréco

  • attachement sans concession au sens du devoir familial

  • amour

  • parallèle entre les personnages féminins de voltaire

  • amour maternel


Publié le : mercredi 20 juin 2012
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UNIVERSITE MARC BLOCH
STRASBOURG II
LES PERSONNAGES FEMININS DANS LES TRAGEDIES DE VOLTAIRE A SUJETS ANTIQUES
Thèse pour le doctorat en littérature française, générale et comparée
Présentée par Mme Halima OUANADA
Sous la direction du Professeur Pierre HARTMANN
Année 2007
REMERCIEMENTS Mes premiers remerciements sont adressés à mon directeur de thèse, Monsieur Le Professeur Pierre Hartmann, sans qui ce travail n’aurait pas vu le jour. Je lui suis reconnaissante pour la qualité scientifique et pédagogique de son encadrement et pour la disponibilité dont il a fait preuve à mon égard. Je remercie aussi Messieurs les membres du jury : M. Pierre Frantz, M. Gérard Freyburger et notamment M. Abdeljelil Karoui, mon ancien professeur à la faculté des sciences humaines et sociales de Tunis I, pour sa grande disponibilité, sa bonne volonté à lire ce travail, ses encouragements, ses conseils précieux, ainsi que son accueil chaleureux. Je remercie tout particulièrement M. Jean-Pierre Perchellet, pour sa disponibilité et sa bonne volonté à relire et corriger une partie de ce travail. Je tiens à lui témoigner toute mon amitié et ma sincère gratitude. Je tiens à exprimer également toute ma gratitude et mes sincères sentiments à mon mari Mohsen pour la patience dont il a fait preuve durant les années de préparation de ce travail. Son soutien moral m’a permis de tenir bon et de ne pas abandonner dans les moments difficiles. Qu’il soit certain de toute ma reconnaissance et de tout mon amour.
A ma mère  A mon mari
TABLE DES MATIERES
TABLES DES MATIERES....................................................................................4INTRODUCTION.....................................................................................................9 La passion du jeune Arouet pour le genre tragique ; la place que son théâtre occupe dans la production théâtrale du XVIIIe siècle. Sa volonté de réformer le goût du public. L’intérêt que le dramaturge porte au théâtre gréco-romain. Le personnage féminin entre exclusion et intérêt. Définition de la méthodologie. PROLOGUE : LE PERSONNAGE FÉMININ EST-IL REGI PAR UNE THÉORIE OU DEFINI PAR UNE ATTITUDE ?............................................ 19
1-Entre « Anciens et Modernes »..................................................................19Le personnage féminin entre l’imitatioet l’aemulatio. L’attachement de Voltaire à l’Antiquité gréco-romaine s’inscrit en réaction contrela décadence de la tragédie de son temps. L’importance accordée au goût dominant de l’époque. 2-L’expérience personnelle............................................................................27Voltaire et sa quête perpétuelle d’amour. Le sentiment de l’amitié, véritable substitut de l’amour. Le personnage féminin : une panacée à la désillusion de l’expérience personnelle. La jeune fille, la mère et l’épouse : reflet de l’idéologie de l’auteur. 3- Le caractère sentimental de Voltaire.......................................................33Voltaire, un sentimental ? La création de ses héroïnes tragiques s’en ressent. La tragédie : « remède d’amour » pour Voltaire. L’importance du rôle des
femmes dans les sujets antiques. Le personnage féminin : fruit d’une attitude personnelle et d’une connaissance intime des questions dramaturgiques.
PREMIÈRE PARTIE :UNE FIGURE TRADITIONNELLE ; UN MODÈLE
SUBLIMÉ……………………………………..……………………………….41
Parallèle entre les personnages féminins de Voltaire et leurs modèles antiques. L’attachement sans concession au sens du devoir familial. Le cas de la jeune fille, de l’épouse et de la mère.CHAPITRE PREMIER:La jeune fille.............................................................42La pureté, le dévouement au devoir paternel : éléments fondamentaux du caractère de la jeune fille. L’exemple d’Iphise et de Julie. A- Figure deVirgo......................................................................................................46 B- Une figure dévouée. ..............................................................................................58CHAPITRE II:L’épouse....................................................................................67Le souvenir d’un amour enfoui, source de malheurs. L’épouse entre devoir et sentiment amoureux. Le cas de Jocaste, d’Artémire et d’Irène. A- La vertu : une hantise............................................................................................72 B- Le devoir conjugal : une loi....................................................................................79 CHAPITRE III:La mère.........................................................................92Le personnage de la mère entre abnégation, dévotion maternelle et prérogatives morales et politiques. L’exemple de Mérope, de Statira et d’Hippodamie. A- L’amour maternel...................................................................................................99
B- La mère, substitut du père...................................................................................108
DEUXIÈME PARTIE :UNE FIGURE REVOLTEE……………………..……118
Parallèle entre les personnages féminins de Voltaire et leurs modèles antiques. L’héroïne rebelle : une autre catégorie du personnage féminin de Voltaire. La transgression de toutes les lois familiales. CHAPITRE PREMIER :La mère..........................................................120La mère coupable, les dangers de l’amour : l’adultère, le régicide et l’abandon du fils.Le cas d’Eriphyle et de Clytemnestre. A- Une passion coupable.........................................................................................127 B- Dégradation de l’amour maternel.........................................................................135CHAPITRE II :L’épouse.......................................................................150
Le devoir conjugal n’est plus une valeur absolue. Transgression des lois établies. Le cas d’Aurélie, d’Erope et de Fulvie. A- Amour ou devoir ?................................................................................................155 B- Transgression de la loi conjugale........................................................................162 CHAPITRE III :La jeune fille................................................................174Le personnage de la jeune fille déraisonnable. Le cas d’Aurélie, d’Electre et d’Olympie. A- Une figure rebelle.................................................................................................174 B- L’amour familial intéressé....................................................................................189
TROISIÈME PARTIE :DEUX MODÈLES EN PROCÈS...........................200
Confrontation des deux modèles précédemment étudiés. Leurs limites et les conséquences qui en découlent. CHAPITRE PREMIER :Une figure défaillante...................................203Le sens du devoir poussé à l’extrême, défaut principale de l’héroïne. A- Figure de soumission...........................................................................................204 B- Un personnage marginalisé.................................................................................212 C- L’obsession de culpabilité....................................................................................218
CHAPITRE II :Une figure réhabilitée..................................................229La violence n’exclut pas le sens de l’humain : une sensibilité attestée, des remords libérateurs. A- Une humanité restituée........................................................................................231 B- Les remords de l’héroïne : véritable purgatoire...................................................249 CHAPITRE III :D’un modèle éventuelvers une société idéale….….261Trois principales institutions mises en cause : l’Etat, la religion et la famille. LatragédiedesLois de Minos: une panacée. Les traits indispensables au modèle idéal. A-incarnation d’un réquisitoire contre l’Etat, la religion et laLe personnage féminin, famille.......................................................................................................................262 B- Astérie, un modèle éventuel................................................................................282
CONCLUSION.........................................................................................................312 Des constantes se dégagent de cette étude : l’activité théâtrale est consubstantielle à Voltaire ; Volonté de réformer la dramaturgie classique. Deux modèles féminins seraient à souligner : les personnages soumis et les personnages révoltés. Le résultat de leur confrontation. Les héroïnes mythologiques et historiques de Voltaire soutiennent l’intérêt. La place des tragédies de Voltaire aujourd’hui et l’importance de les reconsidérer. Le message de tolérance et d’espoir que ces tragédies véhiculent. ANNEXES................................................................................................................319Annexe I : Tableaux...................................................................................................................320 1- Corpus (tab.1 et 2)……………………………………………………………………..320 2- Sources (tab.3 et 4)………………………………………………………...………….320 3- Ratio personnages féminins / personnages masculins (tab.5)…………………...323 4- Typologie des personnages féminins. (Tab. 6)………………………………..……324 5- Présence des personnages féminins. (Tab. 7)……………………………………..325 6- Statistiques : temps de parole des principaux personnages de chaque pièce. (Tab. 8 à 19)………………………………………………………………………………………329 Annexe II : Résumé des pièces..................................................................................................336 BIBLIOGRAPHIE.....................................................................................................349
PRMIERE PARTIE UNE FIGURE TRADITIONNELLE ; UN MODÈLE SUBLIMÉ
« La véritable tragédie est l’école de la vertu ». Dissertation sur la Tragédie, M. IV.
INTRODUCTION
La première ambition du jeune Arouet, au sortir du collège, est d’être un poète, un grand poète tragique et épique que le pseudonyme de Voltaire devait consacrer. Parmi les ouvrages littéraires, rien ne vaut pour le jeune Arouet, une belle oeuvre en vers, dans le genre noble. En cela ses maîtres jésuites, admirables éducateurs, ont su ancrer en lui cette conviction qu’il conservera jusqu’à son dernier souffle. Comme nombre de ses contemporains, Voltaire tentera de se forger une place dans un siècle 1 réputé être, à l’instar du siècle de Louis XIV, un véritable « âge de théâtromanie ». Il en devient même le représentant le plus emblématique car presque personne n’a conçu passion plus ardente ni plus durable pour tous les aspects de son métier que lui. Le démon de Melpomène l’avait hanté dès son adolescence. Jusqu’à sa mort, Voltaire n’a cessé de composer des pièces, connaissant tantôt un franc, tantôt un demi succès, parfois des déboires, mais ces derniers n’ont jamais pu le rebuter. Il était presque toujours en train d’ébaucher, d’écrire, de corriger, de refaire, de monter ou de répéter 2 une pièce de théâtre . « Ecrire, évoluer sur les planches, user de mimiques et de gestes
1 G. Defaux, « L’idéal politique de Voltaire dansLa Mort de César»,Revue de l’Université d’Ottawa, 40, 1970, p.418. Voir aussi J.-P. Perchellet,L’Héritage classique : la tragédie entre 1680 et 1814, H. Champion, 2004. 2 Voici le portrait malicieux mais plausible du vieux Voltaire par le critique Geoffroy : « On voit... un vieillard que la vanité et la manie théâtrale ont fait tomber en enfance, qui se passionne pour des farces, comme les petites filles pour leur poupée qu’elles font coucher avec elles. Je ne sais pas si l’illustre vieillard couchait avec ses habits de théâtre ; mais on assure que, lorsqu’il devait jouer, il les endossait dès le matin, et les portait toute la journée, afin de se mieux pénétrer du rôle qu’il avait à remplir le soir. » Geoffroy,Cours de littérature dramatique, Paris, Blanchard, 1825, t.III, p. 121.
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est, note à juste titre A. Karoui, quasiment un acte biologique, c’est respirer, boire et 3 se sustenter . » Son énorme production dramatique, qui n’est certes pas un gage de qualité, témoigne assez de son engouement et de sa totale abnégation pour ce genre sur lequel il comptait pour accéder à une gloire semblable à celle de Corneille et de Racine. D’ailleurs, la gloire que pouvait lui valoir des genres moins nobles tels les essais ou les romans, voire le travail d’érudition, n’était recherché que par surcroît. Les pièces,
au nombre d’une cinquantaine, jalonnent la vie de l’auteur au rythme d’une tous les dix huit mois en moyenne (d’Œdipe àIrène). Par leur nombre, Voltaire rivalise très avantageusement avec Corneille (33 pièces), et laisse Racine loin derrière lui (12 pièces) ; comparaison qui ne tient pas compte bien évidemment de la masse des autres oeuvres du philosophe.C’est principalement comme poète tragique que Voltaire était connu de son temps, depuis le coup de maître de sonŒdipeet c’est peut-être sur ses (1718), 4 tragédies qu’il comptait le plus pour éclairer ses contemporains . Dès 1731, Voltaire 5 fustige la fade galanterie et les « conversations à la glace » qui ont envahi la scène
française, mais ses attaques contre la médiocrité du « tripot » parisien deviennent de plus en plus nombreuses et de plus en plus virulentes dans les dernières années. Il se 6 plaint de la médiocrité des acteurs et des salles de spectacles et, dans la polémique
3 Abdeljelil karoui,La Dramaturgie de Voltaire, publication de la faculté des lettres de la Manouba, Tunis, 1992, p. 421.4  Il considère en effet que le but du théâtre, « premier des beaux-arts », est d’instruire les nations, en accoutumant les hommes « à nourrir leur esprit de ce que la raison a de plus pur ».Commentaires sur Corneille. Œuvres complètes, Voltaire Foundation, vol. 54, p. 459. 5  M. II,Lettre au père Porée, jésuite, dans la préface d’Œdipe. Nous désignons ainsi l’édition Louis Moland desŒuvres complètes de Voltaire, Paris, Garnier, 1877-1885, 52 volumes.Sauf indication contraire, c’est cette édition, la dernière complète de Voltaire, qui est prise en compte. Le chiffre suivant le « M. » indique le volume. Il existe par ailleurs une édition en cours depuis 1969 publiée par la Fondation Voltaire (Oxford), mais étant incomplète, nous la citerons seulement quand il est question de ou des écrits de Voltaire déjà parus. 6  Voltaire souligne dans laLettre à un premier commis (1733) qu’au contraire des temps modernes, l’Antiquité consacra de vastes monuments au théâtre et au spectacle : « Les anciens Romains élevaient des prodiges d’architecture pour faire combattre les bêtes et nous n’avons pas depuis un siècle bâti seulement une salle passable pour y faire représenter les chefs-d’oeuvre de l’esprit humain. »
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