Centre d'appui de l'Alliance mondiale contre le changement ...

De
Publié par

  • revision
   L'AMCC est une initiative financée par la Commission européenne Le Centre d'appui de l'AMCC est géré par MWH     Centre d'appui de l'Alliance mondiale contre le changement climatique       Ateliers de formation sur l'intégration du changement climatique dans la planification et la budgétisation du développement national           NOTES À L'INTENTION DES PARTICIPANTS ‐‐‐  MODULE 6 Intégrer le changement climatique dans les politiques, stratégies et programmes nationaux, sectoriels et infranationaux  
  • adaptation  partent 
  • actuelle  et 
  • passage  en 
  • le  changement 
  • sur  des 
  • changement  climatique 
  • dans  les 
  • à 
  • de  la 
  •    http://www.unpei.org/knowledge‐resources/publications.html .    
  •    http://www.univ‐littoral.fr/inscription/validation_etudes.htm   
  •    http://climatechange.worldbank.org/content/social‐dimensions‐adaptation‐climate‐change.   
  •    http://www.easychair.org/conferences/?conf=nplaphasia2012   
  •     
Publié le : mercredi 28 mars 2012
Lecture(s) : 104
Source : gcca.eu
Nombre de pages : 44
Voir plus Voir moins

 


Centre d’appui de l'Alliance mondiale contre le changement
climatique
 
 
 
Ateliers de formation sur l’intégration du changement
climatique dans la planification et la budgétisation
du développement national
 
 
 
 
 
NOTES À L'INTENTION DES PARTICIPANTS

‐‐‐ 

MODULE 6
Intégrer le changement climatique dans les
politiques, stratégies et programmes nationaux,
sectoriels et infranationaux
 
 
L’AMCC est une initiative financée Le Centre d’appui de l’AMCC
par la Commission européenne est géré par MWH
 
     
MODULE 6 –  Intégrer le changement climatique dans les politiques, stratégies 
et programmes nationaux, sectoriels et infranationaux 
 
 
THEMES TRAITES PAR LE MODULE : 
 
‐ Pourquoi intégrer le changement climatique aux niveaux national, sectoriel et infranational ? 
‐ Principaux acteurs et interactions entre les divers niveaux. 
‐  points d'entrée pour intégrer le changement climatique dans les processus stratégiques 
d'élaboration des politiques et de planification. 
‐ Outils pour intégrer le changement climatique dans les processus stratégiques d'élaboration des 
politiques et de planification. 
 
 
OUTILS ET APPROCHES‐CLES : 
 
‐ Les notes sectorielles « changement climatique » d’EuropeAid. 
‐ Le passage en revue (« screening ») des risques climatiques. 
‐ L’évaluation des risques climatiques. 
‐ L'évaluation environnementale stratégique. 
 
Également (voir le module 5) : 
‐ Les évaluations de la vulnérabilité et de l’adaptation. 
‐ L'analyse macro‐ et mésoéconomique 
‐ Les projets pilotes ou de démonstration. 
 
 
CONCEPTS ET MESSAGES CLES : 
 
Pourquoi intégrer le changement climatique aux niveaux national, sectoriel et infranational ? 
 
1. Plusieurs raisons justifient l'intégration de la réponse au changement climatique aux niveaux 
national et sectoriel de la planification stratégique. En particulier : 
‐ Les impacts biophysiques et socioéconomiques du changement climatique sont tels que tout 
effet  spécifique  a  tendance  à  avoir  des  implications  sur  des  secteurs  entiers  (et  pas 
uniquement sur des projets isolés) et sur plusieurs secteurs en même temps. 
‐ Le niveau national assure la coordination intersectorielle (et, de plus, joue souvent un rôle 
dans  la  coordination  des  divers  niveaux  de  gouvernement).  Il  est  aussi  responsable  de 
l'arbitrage entre les demandes des différents secteurs et de la répartition des ressources entre 
eux. 
 
2. Les considérations suivantes justifient aussi une réponse intégrée aux niveaux national et sectoriel 
(OCDE 2009) : 
‐ Le niveau national fournit le cadre politique directeur général au sein duquel les niveaux 
« inférieurs »  (sectoriel  et  infranational)  opèrent.  Les  politiques  et  programmes  sectoriels 
contribuent directement à l'opérationnalisation et à la mise en œuvre des politiques/stratégies 
nationales. Dès lors que la réponse au changement climatique est intégrée dans les politiques 
et stratégies nationales, il est logique et nécessaire de prendre des mesures similaires et 
complémentaires  au  niveau  sectoriel.  Les  niveaux  national  et  sectoriel  se  complètent  et 
 
Module 6 : Intégrer le changement climatique dans les politiques, stratégies et programmes  1     
forment un cadre cohérent dans lequel il est possible de planifier et mettre en œuvre des 
mesures de réponse au changement climatique. 
‐ Les législations et réglementations nationales et sectorielles peuvent influer sur la vulnérabilité 
et la capacité d'adaptation, et créer des conditions d'incitation ou de dissuasion à s’engager 
dans des mesures d'adaptation et d'atténuation du changement climatique (p. ex. régimes de 
droits de propriété, cadre juridique pour les services d'assurance et les services financiers). 
‐ Certaines fonctions‐clés (p. ex. collecte et analyse des données climatiques, mise en place de 
systèmes d'alerte précoce, planification générale de la réduction des risques de catastrophe) 
s’exercent de préférence au niveau national. D'un autre côté, en l'absence d'une réponse 
nationale au changement climatique ou en parallèle avec celle‐ci, les initiatives sectorielles 
peuvent jouer un rôle innovant en commençant à développer des capacités et de bonnes 
pratiques qui pourront ensuite servir de modèle à d'autres secteurs et pour les politiques 
nationales de développement. 
‐ Le niveau national gère les relations internationales, ce qui peut s'avérer important en ce qui 
concerne la gestion des ressources partagées, la mise en œuvre des traités internationaux, y 
compris la CCNUCC, et la coordination de l'aide. Les organismes sectoriels participent parfois à 
la coopération transfrontalière sur des questions pertinentes par rapport au climat (p. ex. 
gestion des bassins fluviaux, programmes régionaux de recherche). 
‐ Une  véritable  intégration  du  changement  climatique  dans  les  politiques  et  stratégies 
nationales et sectorielles favorise une plus grande appropriation des réponses au changement 
climatique (comparativement à l'appropriation plus limitée dans le cas d'un plan isolé, de 
projets isolés ou d'interventions au niveau local), permet de puiser dans un réservoir plus 
vaste  de  ressources  financières  et  humaines  pour  la  mise  en  œuvre,  et  encourage  le 
développement des capacités et des institutions à plus grande échelle. 
 
3. L'intégration du changement climatique à ces niveaux de planification stratégique présente les 
avantages suivants : 
‐ des  réponses  plus  intégrées,  fondées  sur  une  compréhension  plus  complète  des  liens, 
opportunités, risques et contraintes ; 
‐ des réponses plus efficaces, grâce à une meilleure coordination entre les secteurs et les divers 
niveaux de gouvernance ; 
‐ des réponses plus efficientes, grâce à une priorisation et une allocation des ressources plus 
éclairées ; 
‐ tous ces avantages se traduisant par des réponses plus durables. 
 
4. Les  niveaux  infranational  et  local  sont  également  importants,  en  particulier  concernant 
l'adaptation au changement climatique, et ce pour diverses raisons : 
‐ Les impacts du développement s'observent et se comprennent le mieux au niveau local. 
‐ Les impacts du changement climatique sont ressentis au niveau local. 
‐ La vulnérabilité et la capacité d'adaptation sont très spécifiques à un contexte donné. 
‐ Pour être efficaces, la plupart des options d'adaptation doivent être mises en œuvre au niveau 
local. 
‐ Les initiatives innovantes lancées au niveau local peuvent être répliquées et mises en œuvre à 
plus grande échelle (OCDE 2009). 
 
 
Module 6 : Intégrer le changement climatique dans les politiques, stratégies et programmes  2     
5. Pour ces raisons, l'adaptation au niveau des communautés (y compris les projets pilotes ou de 
démonstration,  voir  le  module 5)  est  un  aspect  important  de  l'intégration  du  changement 
climatique. Les évaluations de la vulnérabilité et de l'adaptation centrées sur les communautés 
forment un outil‐clé pour promouvoir l'adaptation au niveau des communautés. 
 
Principaux acteurs et interactions entre les divers niveaux 
 
6. Les acteurs‐clés par rapport aux politiques/stratégies nationales et sectorielles comprennent : 
‐ les autorités impliquées dans l’élaboration des politiques et la planification qui exercent des 
compétences nationales dépassant les limites sectorielles (p. ex. ministères des finances, de la 
planification, du développement) ;  
‐ les autorités impliquées dans l’élaboration des politiques et la planification qui exercent des 
compétences nationales mais spécifiques à un secteur (p. ex. agriculture, eau, aménagement 
du territoire) ; 
‐ les agences de gestion à compétence sectorielle ;  
‐ les membres du parlement ;  
‐ la société civile ;  
‐ les ONG nationales actives dans les domaines de l'environnement et du développement ;   
‐ les organisations du secteur privé ayant une influence au niveau national ou dans des secteurs 
spécifiques ;  
‐ les  de recherche et académiques ayant une influence au niveau national ou dans 
des secteurs spécifiques ; 
‐ et, particulièrement dans les pays qui font beaucoup appel à l'aide extérieure, les agences de 
bailleurs  de  fonds  (qui  peuvent  apporter  un  appui  budgétaire  ou  s’impliquer  dans  des 
approches sectorielles) (Conde & Lonsdale 2004, Ebi et al 2004, OCDE 2009).  
 
7. Aux niveaux infranational et local, les acteurs‐clés comprennent :  
‐ les gouvernements infranationaux et locaux (provinces, districts, municipalités, villages, etc.) ;  
‐ le secteur privé local ;  
‐ les centres de recherche et institutions académiques régionaux ;  
‐ les  associations  locales  (y  compris  les  ONG  locales  actives  dans  les  domaines  de 
l'environnement et du développement) ;  
‐ les communautés locales ; 
‐ et les citoyens (individus, ménages) (Conde & Lonsdale 2004, Ebi et al 2004, OCDE 2009). 
 
8. Bien que les acteurs ayant des compétences nationales soient susceptibles d'être les plus actifs 
dans la planification nationale et sectorielle, il faut prendre en compte la voix des acteurs du 
niveau infranational, ainsi que les connaissances et l'expérience acquises à ce niveau (p. ex. grâce 
aux projets pilotes ou de démonstration). En pratique, l'intégration du changement climatique 
dans les politiques et stratégies sectorielles doit reposer sur un mélange d'approches « de haut en 
bas » et « de bas en haut » (Niang‐Diop & Bosch 2004, OCDE 2009).  
 
9. Les  approches  « de  haut  en  bas »  pour  évaluer  la  vulnérabilité  et  l'adaptation  partent 
généralement de l’utilisation de scénarios de développement et scénarios climatiques mondiaux 
dérivés de modèles climatiques globaux (mis à l'échelle régionale), qui fournissent des données 
pour alimenter des modèles d'impact ; les impacts résultants servent ensuite à élaborer des 
 
Module 6 : Intégrer le changement climatique dans les politiques, stratégies et programmes  3     
stratégies d’adaptation centrées sur les impacts. Ces approches se concentrent principalement 
sur les impacts physiques et la « vulnérabilité biophysique », adoptent une perspective à moyen 
ou  long  terme,  et  sont  habituellement  mises  en  œuvre  à  l’initiative  du  niveau  national  (ou 
international). Par contre, les approches de « bas en haut » prennent la variabilité climatique 
actuelle et des indicateurs de vulnérabilité des parties prenantes comme point de départ pour 
déterminer  la  « vulnérabilité  sociale » ;  les  conclusions  qui  en  sont  tirées  servent  ensuite  à 
élaborer des stratégies d'adaptation centrées sur le renforcement de la capacité d'adaptation. Ces 
approches  se  concentrent  habituellement  –  mais  pas  toujours  –  sur  le  bien‐être  social  et 
économique à des niveaux plus locaux et avec des horizons prévisionnels plus courts (Dessai & 
Hulme 2004). Le graphique 6.1 montre comment les approches « de haut en bas » et « de bas en 
haut » de l’évaluation de la vulnérabilité et de l’adaptation, avec leurs perspectives différentes, 
peuvent éclairer l’intégration de l’adaptation au changement climatique. 
 
Graphique 6.1 – Approches « de haut en bas » et « de bas en haut » de l'évaluation de la vulnérabilité et de 
l'adaptation 
 
Source : Centre d’appui de l’AMCC – Adaptation libre de Dessai & Hulme (2004) Does climate adaptation  
policy need probabilities? Climate Policy, vol. 4 (2) 107‐128, Graphique 1. 
 
 
Principaux points d'entrée pour intégrer le changement climatique dans les processus stratégiques 
d'élaboration des politiques et de planification 
 
10. Des points d'entrée pour intégrer le changement climatique existent à tous les stades des cycles 
d’élaboration  des  politiques  nationales  et  sectorielles,  ainsi  que  du  cycle  des  projets.  Le 
graphique 6.2 (disponible en anglais uniquement, expliqué dans une large mesure par le texte ci‐
dessous) illustre les principaux points d'entrée pour intégrer le changement climatique dans les 
cycles d’élaboration des politiques et des projets. Le tableau 6.1 donne des exemples de points 
d'entrée pour l'intégration (de divers thèmes, en général) dans la planification du développement 
national. 
 
  
 
Module 6 : Intégrer le changement climatique dans les politiques, stratégies et programmes  4     
Tableau 6.1 – Points d'entrée possibles pour l'intégration dans la planification du développement national 
NIVEAU DE PLANIFICATION POINTS D'ENTREE
Gouvernements nationaux et  − Document de stratégie de réduction de la pauvreté 
ministères intersectoriels  − Plan national de développement  
− Stratégie nationale de développement fondée sur les OMD 
− Processus d'allocation des ressources budgétaires nationales (p. ex. 
cadre de dépenses à moyen terme, examens des dépenses publiques) 
Ministères sectoriels  − Stratégies, plans et politiques sectoriels (p. ex. plan du secteur 
agricole) 
− Élaboration des budgets sectoriels 
− Examen des dépenses publiques 
Autorités infranationales  − Politiques de décentralisation 
− Plans de district 
− Élaboration des budgets infranationaux 
Source : PNUD‐PNUE (2009) L’intégration des liens entre pauvreté et environnement dans la planification du 
développement : Manuel de bonnes pratiques. Tableau 4.1, p. 36. 
 
 
11. « Appliquer un prisme climatique », à l’aide de certains des outils présentés plus bas (évaluation 
environnementale stratégique, passage en revue et évaluation des risques climatiques), implique 
d'examiner les aspects suivants : 
‐ la vulnérabilité éventuelle de la politique/stratégie aux risques climatiques, et la mesure dans 
laquelle des mesures sont prises pour contrer ces risques ; 
‐ l'éventualité que la politique/stratégie exacerbe la vulnérabilité («  maladaptation ») ; 
‐ la contribution que la politique/stratégie peut apporter aux émissions de GES ; 
‐ pour les politiques/stratégies existantes sujettes à révision, les amendements qui pourraient 
s'avérer nécessaires pour mieux faire face aux risques, contraintes et opportunités liés au 
climat (protection contre les aléas climatiques) (OCDE 2009). 
Ce processus doit mener à des décisions concernant : (i) la nécessité de réaliser de nouvelles 
études et recherches sur les questions liées à l'adaptation et à l'atténuation ; et (ii) la nécessité de 
repenser  la  politique/stratégie  ou  d'y  intégrer  des  mesures  spécifiques  d'adaptation  ou 
d’atténuation. Le graphique 6.4 (voir plus loin) souligne les résultats de l’application d’un « prisme 
climatique » au niveau des programmes/projets ; mutatis mutandis, une approche similaire peut 
être adoptée au  des politiques et stratégies. 
 
12. À l'étape de la formulation des politiques nationales et sectorielles, l'intégration du changement 
climatique nécessite : 
‐ une reconnaissance claire des risques climatiques et de la nécessité de recourir à des mesures 
d'adaptation/atténuation ;  
‐ au niveau sectoriel, une réflexion sur les priorités climatiques établies au niveau national et 
une intensification de l'action à cet égard ; 
‐ l’application d’un « prisme climatique » et la réalisation des ajustements nécessaires dans les 
politiques (OCDE 2009, Olhoff & Schaer 2010). 
 
Module 6 : Intégrer le changement climatique dans les politiques, stratégies et programmes  5     
 
Graphique 6.2 – Principaux points d'entrée pour intégrer le changement climatique dans les cycles des politiques et des projets 
 
Source : Olhoff & Schaer (2010) Screening tools and guidelines to support the mainstreaming of climate change adaptation  
into development assistance: A stocktaking report. Graphique 1, p. 10. 
 
 
Module 6: Intégrer le changement climatique dans les politiques, stratégies et programmes    6     
13. À  l'étape  de  la  planification  nationale  et  sectorielle,  l'intégration  du  changement  climatique 
nécessite : 
‐ l’application d’un « prisme climatique » aux plans d'action proposés ; 
‐ l'intégration  proactive  de  considérations  et  de  mesures  d'adaptation  et  d'atténuation  du 
changement climatique dans ces plans d'action (y compris les activités sectorielles « de haut 
en bas ») ; 
‐ l'intégration des considérations et des mesures intersectorielles d'adaptation et d'atténuation 
identifiées au niveau national (p. ex. en ce qui concerne la gestion des risques de catastrophe, 
l'efficacité énergétique) (OCDE 2009, Olhoff & Schaer 2010). 
 
Outils  pour  intégrer  le  changement  climatique  dans  les  processus  stratégiques  d'élaboration  des 
politiques et de planification 
 
14. Divers outils peuvent être utilisés pour faciliter l'intégration du changement climatique dans les 
cycles  d’élaboration  des  politiques  nationales  et  sectorielles  et  dans  la  planification  du 
développement local. Nous avons déjà évoqué des outils tels que l’évaluation de la vulnérabilité 
et  de  l'adaptation,  l'analyse  macro‐  et  mésoéconomique  et  les  projets  pilotes  ou  de 
démonstration (voir le module 5) : ces outils sont utiles pour trouver des points d'entrée et 
développer l'argumentaire en faveur de l’intégration du changement climatique au stade initial de 
l'effort entrepris, mais le sont tout autant au moment d’intégrer le changement climatique dans 
les processus d'élaboration des politiques et de planification. D’autres outils d'appui au processus 
d'intégration, que nous examinons dans ce module, sont : 
‐ l'évaluation environnementale stratégique ; 
‐ le passage en revue et l'évaluation des risques climatiques ; 
‐ les notes sectorielles « changement climatique » d’EuropeAid. 
 
15. Les notes sectorielles « changement climatique » d'EuropeAid (EC 2009) sont une série de dix 
notes d'information, comprenant une introduction et des notes relatives aux secteurs suivants : 
agriculture et développement rural ; approvisionnement en eau et assainissement ; commerce et 
investissement ; éducation ; énergie ; gestion des déchets solides ; gestion des écosystèmes et de 
la biodiversité ; infrastructures ; santé. Toutes les notes sectorielles traitent des aspects suivants : 
(i)  la  façon  dont  le  changement  climatique  pourrait  affecter  le  secteur ;  (ii)  les  options 
d'adaptation  existant  au  niveau  du  secteur ;  (iii)  la  façon  dont  le   peut  contribuer  à 
l'atténuation du changement climatique. Une version imprimée de ces notes sectorielles relatives 
au  changement  climatique  est  incluse  dans  le  dossier,  en  fin  de  module ;  une  version 
électronique est également présente sur le CD‐ROM distribué aux participants à l'atelier. Ces 
notes sectorielles peuvent utilement appuyer l'intégration des questions liées au climat au niveau 
sectoriel, mais aussi au niveau des projets. 
 
16. À titre d'introduction au passage en revue et à l'évaluation des risques climatiques, il est utile de 
définir le concept de « risque » et de le différencier du concept de « danger ». Un danger est un 
événement, une action, une situation ou un phénomène potentiellement néfaste ; un danger 
climatique est une manifestation de la variabilité ou du changement climatique, ou un type 
spécifique  d'événement  climatique  (discontinu  ou  continu,  ponctuel  ou  récurrent) 
potentiellement néfaste. Le risque est la combinaison de : (i) la probabilité (ou fréquence) de 
survenance d'un danger particulier donnant lieu à des conséquences néfastes ; et (ii) l'intensité/la 
gravité de ces conséquences, compte tenu de l'interaction entre ce danger et les propriétés du 
système exposé. Les risques climatiques résultent ainsi de la combinaison entre la probabilité ou 
fréquence de survenance de dangers climatiques spécifiques, et la sensibilité ou vulnérabilité de 
ceux qui sont exposés à ces dangers (Brooks 2003, Dessai & Hulme 2004, Jones & Boer 2004, GIEC 
 
Module 6: Intégrer le changement climatique dans les politiques, stratégies et programmes  7     
2007a, Olhoff & Schaer 2010). Le graphique 6.3 illustre de façon simplifiée les rapports existant 
entre le danger et le risque. 
 
Graphique 6.3 – Danger et risque 
 
Source : Centre d’appui de l’AMCC. 
 
17. Le passage en revue  ou « screening » est une procédure, idéalement mise en œuvre à un stade 
1précoce (p. ex. stade d'identification) du développement d'un programme ou projet , et qui sert à 
déterminer si celui‐ci est exposé à des risques ou peut générer des impacts nécessitant une 
évaluation plus approfondie au stade de la conception. Un passage en revue peut être entrepris 
par rapport à divers thèmes et critères (p. ex. incidences sur l'environnement, aspects liés à 
l'égalité entre les hommes et les femmes, risques climatiques). Le passage en revue des risques 
climatiques désigne parfois des choses quelque peu différentes d'une organisation à l'autre. Dans 
le cadre de la présente formation, nous le considérerons comme un outil qui permet, sur la base 
d'une évaluation ou d'un diagnostic préliminaire, d'identifier les risques potentiels associés à un 
programme ou projet dans son contexte spécifique, à savoir : 
‐ son exposition aux effets de la variabilité climatique actuelle et du changement climatique 
futur ; 
‐ sa sensibilité à ces effets ; 
‐ les capacités de réponse et d'adaptation ; 
‐ le risque que sa mise en œuvre entraîne une maladaptation (Burton & van Aalst 2004, CE 
2009, OECD 2010, Olhoff & Schaer 2010). 
La procédure de passage en revue peut également examiner les impacts possibles du programme 
ou du projet sur le climat (sous la forme d'émissions de GES ou de séquestration de ceux‐ci) (CE 
2009). La prise en compte de ces aspects s'apparente à l’application d’un « prisme climatique » au 
programme ou au projet, un concept présenté plus haut par rapport aux politiques et stratégies. 
  
18. L'annexe 6.1 présente un modèle de questionnaire de passage en revue des risques climatiques. 
Ce  questionnaire  facilite  l'exercice  de  passage  en  revue  en  assurant  une  prise  en  compte 
systématique  de  tous  les  éléments  importants.  Les  aspects  pris  en  compte  comprennent  la 
localisation de l'intervention, sa nature (secteur d'intervention), sa relation avec les moyens de 
subsistance, les conditions socioéconomiques actuelles et projetées, la capacité d'adaptation des 
divers groupes de parties prenantes (y compris les mécanismes et mesures d'adaptation déjà en 
place et autonomes) et, bien sûr, la durée de vie des investissements/activités envisagés (qui 
détermine  l'horizon  prévisionnel  à  prendre  en  compte  et  la  probabilité  d'une  exposition  au 
                                                 
1 Les procédures  de passage en  revue  sont en  général  appliquées  à  des  programmes  et  projets  mais, 
moyennant les adaptations nécessaires, elles peuvent aussi s'appliquer à des politiques. 
 
Module 6: Intégrer le changement climatique dans les politiques, stratégies et programmes  8     
changement climatique dans le long terme, en plus de celle à la variabilité climatique actuelle) 
(Burton & van Aalst 2004, CE 2009). 
 
19. Les résultats du processus de passage en revue des risques climatiques, résumés plus bas dans le 
graphique 6.4, sont : 
‐ un diagnostic préliminaire du degré général de vulnérabilité du programme ou projet aux 
effets de la variabilité climatique actuelle et du changement  climatique, en réponse à la 
question  suivante :  « dans  quelle  mesure  la  variabilité  ou  le  changement  climatiques 
pourraient‐ils menacer l'atteinte des objectifs et résultats escomptés ? » ; 
‐ un diagnostic préliminaire des risques de maladaptation, en réponse à la question suivante : 
« dans quelle mesure le programme ou projet pourrait‐il accroître la vulnérabilité de la société 
ou de groupes spécifiques aux effets du changement climatique ? » ; 
‐ comme élément complémentaire, un diagnostic préliminaire des émissions ou du potentiel de 
séquestration de GES susceptibles d'être associés au programme/projet ; 
‐ une décision quant aux démarches à entreprendre à l'étape suivante du développement du 
programme ou projet ; par exemple : 
o en cas de vulnérabilité nulle ou faible ; pas d'action spécifique, ou des mesures limitées ; 
o en cas de vulnérabilité moyenne : étude plus approfondie des éléments de vulnérabilité 
identifiés et des mesures possibles d'adaptation/atténuation des risques dans le cadre des 
études de formulation ou de conception du projet ; 
o en cas de vulnérabilité élevée : réalisation d'une étude spécifique d'évaluation des risques 
climatiques, remaniement important du programme/projet, ou même décision d'abandon 
du programme/projet ; 
o en cas d’identification de risques de maladaptation : étude plus approfondie, amélioration 
de la conception, ou remaniement important du programme/projet, ou même décision 
d'abandon du programme/projet ; 
o en cas de contribution significative aux émissions de GES et/ou d'existence d'un potentiel 
d'atténuation  du  changement  climatique ;  étude  plus  approfondie  sur  le  potentiel 
d'atténuation (Burton & van Aalst 2004, CE 2009). 
 
20. Dans la plupart des cas, le passage en revue n'implique pas la nécessité de faire appel à des 
experts spécialisés. Il importe toutefois que les personnes chargées du passage en revue puissent 
accéder aux informations relatives au changement climatique et aux risques et impacts potentiels 
qui y sont associés, et qu'elles prennent le temps d'examiner le programme ou projet proposé à la 
lumière de ces informations (voir la partie « évaluer l'information disponible » dans le module 5). 
Les sources d'information comprennent notamment : 
‐ des résumés des principaux changements et tendances climatiques ; 
‐ des prévisions climatiques et profils de risque climatique ;  
‐ les conclusions d’évaluations de la vulnérabilité et de l'adaptation ; 
‐ les  conclusions  d'analyses  macro‐  et  mésoéconomiques  en  rapport  avec  le  changement 
climatique ; 
‐ les expériences et enseignements tirés de projets pilotes ou de démonstration.  
Le passage en revue des risques climatiques peut s'effectuer en même temps que le passage en 
revue des incidences sur l'environnement (Burton & van Aalst 2004, CE 2009). 
  
 
Module 6: Intégrer le changement climatique dans les politiques, stratégies et programmes  9 

Soyez le premier à déposer un commentaire !

17/1000 caractères maximum.