Contribution de RéseauLux aux débats sur l'aménagement du ...

De
Publié par

  • revision - matière potentielle : du sder en wallonie suite aux débats sur l' aménagement du territoire wallon
  • redaction
  • revision - matière potentielle : du schéma de développement de l' espace régional
  • revision
Première contribution de Réseaulux à la révision du SDER en Wallonie suite aux débats sur l'aménagement du territoire wallon pour le 21ème siècle Octobre 2011
  • carte hors texte ¶
  • données antérieures du développement territorial
  • wallons
  • wallonne
  • wallonnes
  • wallon
  • zones rurales
  • zone rurale
  • provinces
  • province
  • lieu
  • lieux
  • population
  • populations
  • territoires
  • territoire
  • développement économiques
  • développement economique
  • développement économique
  • développements économiques
Publié le : mercredi 28 mars 2012
Lecture(s) : 95
Source : lesateliersduterritoire.be
Nombre de pages : 28
Voir plus Voir moins

Première contribution de Réseaulux
à la révision du SDER en Wallonie
suite aux débats sur l’aménagement du territoire wallon
èmepour le 21 siècle
Octobre 2011Table des Matières
Une contribution partagée et inscrite dans l’avenir ........................ 3
Les 7 clés de la contribution de Réseaulux ...................................... 4
Les zones rurales, partenaires du redressement de la Wallonie .. 5
Focus 1 : Foncier, logement et habitat ............................................ 8
Focus 2 : Zones rurales, terres d’emploi .......................................... 13
Focus 3 : Mobilité ............................................................................... 21
Extraits d’interventions du Ministre Henry ....................................... 27
Les Partenaires .................................................................................... 28Contribution de Réseaulux
aux débats sur l’aménagement du territoire wallon
ème pour le 21 siècle
Une contribution partagée et inscrite dans l’avenir
Les propositions et commentaires présentés dans
ce document de synthèse sont le fruit d’un travail de
réfl exion et d’échanges qui a mobilisé durant plusieurs
mois Réseaulux, réseau de partenaires publics et pri-
vés rassemblés autour de l’objectif de développement
territorial équilibré de la province de Luxembourg.
Interpellés par la publication des «Lignes de force
pour l’aménagement du territoire wallon pour le
ème21 siècle», les membres de Réseaulux ont cher-
ché à exprimer, à travers une position commune, leur
souci de la reconnaissance du potentiel et de la spéci-
fi cité du territoire luxembourgeois. Cette large mobili-
sation des forces locales trouve aussi sa source dans
leur volonté d’inscrire cet espace de développement
dans les débats engagés par la révision du Schéma
de Développement de l’Espace Régional (SDER).
Pour relever le défi d’une expression structurée et
approfondie, une coordination partenariale s’est
construite entre Réseaulux, la Maison de l’Urbanisme
Lorraine-Ardenne et l’association internationale Rura-
lité-Environnement-Développement. Elle a débouché
sur l’organisation de plusieurs réunions et séminaires
et d’une conférence interrégionale, en point d’orgue,
le 5 octobre 2011 à Arlon, au cours de laquelle le
Ministre Philippe Henry a présenté ses Lignes de
force devant une large assemblée.
Un premier séminaire tenu le 9 mai avait permis de
sensibiliser Réseaulux aux enjeux importants por-
tés tant par la démarche des Lignes de force que
par l’actualisation du SDER. Relayés par un groupe
rédactionnel associant notamment Idelux et la Pro-
vince de Luxembourg, les premiers commentaires ont
permis la rédaction d’un document proposé au débat
lors d’un second séminaire tenu le 5 septembre.
La conférence interrégionale, tant par ses présenta-
tions que par ses débats, a permis de produire la pré-
sente version aujourd’hui diffusée. Ce document n’est
pas que l’aboutissement d’une démarche qui a montré
l’intérêt et la volonté d’acteurs ruraux à s’associer plus
étroitement au devenir de la Wallonie et aux travaux
d’actualisation du SDER. Il s’agit d’une première
étape dans un processus qui doit permettre de mieux
rassembler et conjuguer les forces et les dynamiques
des centres urbains et des territoires ruraux autour
du défi commun du renouveau wallon. Cette mise en
cohérence est un enjeu majeur du futur Schéma de
développement de l’espace wallon.Les 7 clés de la contribution de Réseaulux
aux débats sur l’aménagement du territoire wallon
èmepour le 21 siècle
1. Le territoire est le point de convergence des Les Lignes de force ne doivent pas culpabiliser les
résultats et des fi nalités des différentes politiques ruraux mais les associer à une démarche globale.
sous-tendant le projet de développement. Celles-ci Cette reconnaissance de leur potentiel dans le
doivent y être concertées. Les Lignes de force pour SDER est une condition nécessaire à la valori-
une politique d’aménagement du territoire pour le sation sociale et économique de leurs atouts.
ème21 siècle ont le mérite de rouvrir un débat sur
l’aménagement du territoire, trop longtemps négligé 5. Le territoire de la province de Luxembourg est
au niveau de la province de Luxembourg. à appréhender comme un bassin de développe-
ment : sa dimension est pertinente pour y concevoir
L’occasion est ainsi donnée d’élaborer un projet et y mener à bien un projet de développement so-
de territoire spatialisé pour le bassin de déve- cio-économique. Ce territoire est également perti-
loppement luxembourgeois, de manière à contri- nent dans d’autres domaines, comme l’organisation
buer à la conception du SDER, dont la révision est des soins de santé ou des services de secours,…
en chantier et qui sera la matérialisation cartogra- Selon une étude récente, la réalité socio-écono-
phique du projet de redéploiement wallon. Cette mique de ce territoire est confi rmée par la géogra-
situation rappelle en écho l’élaboration du Schéma phie des communications mobiles, leur fréquence et
de développement provincial (SDEP) de 1999 lors leur durée moyenne, à l’instar d’autres territoires de
de l’élaboration du SDER alors mis en débat. De projet wallons comme la Wallonie picarde.
cette initiative était née la démarche Luxembourg
Cette dimension doit donc être prise en compte 2010, que prolonge Réseaulux, pour un projet glo-
pour identifi er ou confi rmer des projets struc-bal de société.
turants à l’échelle wallonne, au départ de ce
2. Les réactions aux « Lignes de force pour une poli- bassin de développement.
ème tique d’aménagement du territoire pour le 21
6. Ce territoire est traversé de plusieurs bassins siècle », parfois tranchées, exprimées par les
de vie, chacun recouvrant plusieurs villages et forces vives de la province de Luxembourg lors
espaces ruraux en relation avec une petite ville des rencontres préparatoires, méritent l’attention
(Marche, Bastogne, Virton,…) dotée de fonctions des autorités responsables et nécessitent de
urbaines polarisantes. C’est à cette échelle que poursuivre le dialogue, pour lever tous les malen-
beaucoup de services à la population doivent tendus.
désormais être envisagés.
ème3. La récente 6 réforme de l’Etat belge inclut
des décisions fortes concernant les conditions 7. En particulier, le plan provincial de mobilité, issu
de la solidarité entre Régions et Communautés, des réfl exions de ces dernières années et présenté
plaçant la Wallonie devant un calendrier exigeant à de multiples reprises, apparaît en complète adé-
de relance économique. Il s’agit d’une opportunité quation avec les Lignes de force. Aussi, sa concré-
qu’il faut saisir pour mettre au centre des préoccu- tisation, traduisant la nouvelle répartition des
pations un développement économique durable, activités et de la population sur le territoire, doit
basé sur nos propres ressources mais appuyé sur être menée sans délai, une mobilité plus effi cace
des relations ouvertes sur l’extérieur. Les zones et raisonnée permettant d’accélérer le développe-
rurales wallonnes, et le Luxembourg en particu- ment du territoire.
lier, entendent pleinement contribuer à relever
ce défi lancé à la Wallonie, en synergie avec les
autres composantes de la Région, de façon à
élever le niveau de production de valeur ajoutée et,
in fi ne, d’emploi et de bien-être.
4. Les territoires ruraux wallons ne sont pas des es-
paces « en creux » dans la Wallonie, ils ne sont pas
des zones caractérisées par une « absence » par
rapport à d’autres milieux, mais ils affi chent des
différences, des spécifi cités, qui sont sources
d’opportunités pour le développement durable. Les zones rurales,
partenaires du redressement de la Wallonie
Texte rédigé par : Henry Demortier, Directeur du Département Partenariats à Idelux,
coordinateur Réseaulux sur base des séminaires organisés dans le cadre de Réseaulux
* l’obtention par lobbying consensuel auprès des au-1. Périurbanisation et Luxembourg rural
torités nationales d’une accessibilité très amélio-
rée du territoire, grâce à la construction du réseau
La périurbanisation (étalement urbain) est le résultat autoroutier dans la province achevé en 1988 (E25
d’un phénomène de sortie des actifs et autres urbains et E411), rapprochant celle-ci de Bruxelles. Ce
des villes, pour des raisons diverses, de coût du fon- réseau ouvrait en même temps la province à l’Eu-
cier, de recherche de l’espace, du grand air, de sché- rope, via les pays voisins, et singulièrement très tôt
mas culturels…Elle aboutit à « vider les villes » et à vers Luxembourg. L’accessibilité par la voie ferrée
augmenter le nombre d’habitants à leurs périphéries, n’a, elle, pas connu d’amélioration depuis 1950,
qui deviennent alors des zones « dortoirs » ; progres- selon certaines sources…Au contraire, l’un des
sivement toutefois, cette nouvelle population souhaite chefs-lieux d’arrondissement luxembourgeois (Bas-
disposer à proximité d’autres services (enseignement, togne) a perdu son accès à celui-ci, fait unique en
commerces,…), ce qui tend alors à déstructurer Belgique. Le désenclavement routier a permis aux
l’espace et à affaiblir les centralités urbaines (double Luxembourgeois de trouver de l’emploi à l’exté-
conséquence de perte de population et de services, rieur de la province, surtout au Grand-Duché, à
donc d’attractivité). une distance raisonnable, sans plus devoir démé-
nager et quitter celle-ci, puisque le phénomène de
Ces inconvénients ont été relevés à juste titre dans les
navette devenait possible.
Lignes directrices pour l’aménagement du aerritoire
ème au 21 siècle et la nécessité de lutter contre le * en parallèle à la construction de ces autoroutes,
phénomène de perte d’attractivité des villes s’impose, une prospection active d’investisseurs étran-
quelle que soit la dimension de la ville considérée. gers a été mise sur pied au niveau provincial. Très
rapidement, grâce aux méthodes innovantes pour
Mais il y a ruralité et ruralité…L’absence d’une les attirer déployées à l’époque, des résultats signi-
grande ville à une distance proche a placé la pro- fi catifs ont été engrangés jusque dans les années
vince de Luxembourg et plus largement le Sud Est ’90, concrétisés d’abord par les implantations de la
wallon rural dans une situation spécifi que. Cellulose des Ardennes (Virton), de L’Oréal (Libra-
mont), Archambel (Aubange),…Un tissu diversifi é
L’augmentation de population constatée depuis les s’est construit progressivement sur la base de ces
années ’70 en province de Luxembourg n’est pas implantations structurantes, permettant de fournir
issue du phénomène de périurbanisation. un emploi sur place à une population luxembour-
geoise traditionnellement jeune, qui quittait la
Jusqu’au milieu de ces années ‘70, un exode rural province auparavant. Simultanément se concré-
important a sévi dans la province, par manque tisait un vaste plan d’équipement en zones indus-
d’accessibilité de celle-ci et par manque d’emplois trielles des principales petites villes de la province,
sur place dans un contexte socio-économique modi- bien reliées aux différentes viabilités nécessitées
fi ant fondamentalement les données antérieures du par l’accueil des grandes unités manufacturières
développement territorial (notamment l’émergence ciblées. La fermeture de la sidérurgie d’Athus en
du Marché commun agricole à partir de 1957, dans 1977, séisme pour l’économie provinciale, a ren-
une économie luxembourgeoise dominée par une forcé la nécessité de repeupler le tissu industriel
agriculture quasi autarcique, et avec la quasi absence (Mobil, …) du Sud de la province, efforts qui ont été
d’industries,…). encore amplifi és avec le Pôle Européen de Déve-
loppement (PED) à partir de 1985 (Ferrero, Ampa-
Un point d’infl exion apparaît à partir de cette décen- cet,…). Après le Sud, puis le Centre et le Nord à
nie ’70, résultat de différents facteurs: partir de la fi n des années ‘90, un nouvel équilibre
* la prise de conscience d’un groupe de respon- doit aujourd’hui être recherché.
sables, qui se connaissent, des possibilités de
«prendre en main son avenir », et d’enfi n « trouver Pour schématiser, plus de Luxembourgeois de-
un emploi sur place pour leurs enfants », évitant meurent dans leur province et y fondent une famille,
ainsi l’exil (dans le sillon industriel, à Bruxelles, ce qui permet à la population d’augmenter durable-
dans les Colonies,…). On notera qu’un vrai projet ment par solde naturel.
de territoire a donc déjà été porté à l’époque.Conjointement, dès le début des années ’70 se met 2. Les potentialités des territoires ruraux
en place au Grand-Duché de Luxembourg, une au regard de l’effet de serre, de l’évolution
politique ambitieuse d’attractivité économique, puis du climat, du renchérissement de l’énergie
de reconversion, basée sur le concept de « niche
peuvent être sources de développementde souveraineté » (création d’avantages compara-
tifs économiques au niveau de l’Etat, notamment au
niveau des activités fi nancières). Elle nécessite une > La question du renchérissement
main-d’œuvre importante, qui trouve un large écho des énergies fossiles et de son impact particulier
d’abord dans le Sud de la province, ouvrant une en milieu rural
autre possibilité d’y demeurer tout en décrochant un
emploi de qualité au Grand-Duché. èmeLes Lignes de force pour l’aménagement au 21
siècle sont assises de façon large sur ce constat.
Progressivement, l’infl uence grand-ducale va Il est clair que cette augmentation peut avoir un
s’étendre, déclenchant aussi une forte immigration impact fort dans les zones rurales, où la mobilité des
depuis l’intérieur du pays, (le Centre Ardenne, le personnes est largement dépendante de la voiture.
Sud liégeois, la Communauté germanophone,…), Toutefois, il faut tenir compte à l’avenir de la capacité
attirée par la croissance phénoménale des emplois des habitants ruraux en Wallonie à mieux organiser
au Grand-Duché de Luxembourg (12.000 emplois leur mobilité, en réaction à cette tendance. Outre la
par an dans les années ’90). Depuis la moitié des sensibilisation à des changements de pratiques ou
années 2000, le phénomène a tendance à s’essouf- comportements individuels, pour réduire dans cer-
fl er sur le versant belge. Ces travailleurs frontaliers tains cas l’usage de la voiture, la volonté d’actualiser
belges, souvent au début de leur âge actif, aux reve- de façon globale le réseau des TEC dans la province
nus importants, s’installeront à proximité de leur lieu de Luxembourg pour tenir compte des changements
de travail, essentiellement dans leur pays d’origine, intervenus dans la localisation des activités et dans
dans le Sud et l’Est de la province de Luxembourg. les modes de vie doit enfi n trouver une concrétisation.
Ils fonderont des familles, qui sont à l’origine du ca-
ractère très jeune de la population luxembourgeoise Si on bouge diffi cilement sans véhicule particulier
par rapport à la moyenne belge et wallonne. dans notre province, on pourrait peut-être penser
à doper les relations virtuelles, surtout que l’Union
L’augmentation de population relativement européenne nous y invite à nouveau avec son
importante que connaît la province de Luxem- agenda numérique à 2020, réclamant une explosion
bourg, territoire rural, est donc due d’une part, rapide des débits d’accès jusque chez l’habitant à cet
à son désenclavement, ensuite à son attraction horizon. Ce serait un challenge qui devrait être relevé
propre, enfi n à l’attraction socio-économique dans le Sud-Est wallon en général, et au Luxem-
du Grand Duché, ce qui constitue un processus bourg en particulier, caractérisé par son organisation
très différent de l’étalement urbain envahissant spécifi que en réseau, en veillant à limiter les effets
les territoires ruraux proches des grandes villes. négatifs de ces nouvelles technologies.
Ce processus de dynamisation démographique et
socio-économique du territoire luxembourgeois a Le nouvel exode rural n’aura pas lieu, l’histoire ne se
manifestement contribué jusqu’ici au développement répétera pas, à condition de renforcer notre propre
du territoire wallon dans son ensemble, plutôt qu’à réseau de petites villes et de réussir à offrir le choix à
le déstructurer comme la périurbanisation. Le déve- nos enfants de pouvoir déployer leur projet de vie là
loppement du Luxembourg rural doit donc pouvoir se où ils le souhaitent, mais y compris là où ils sont nés.
poursuivre.
> La question de l’empreinte carbone des activi- le concept Systèmes de Services Ecosystémiques).
tés en général en fonction de leur localisation La Wallonie devrait y investir aux côtés de ses terri-
toires ruraux.
Certaines études récentes réalisées en Finlande
(Implications of urban structure on carbon consump-
> La question de la cohésion sociale
tion in metropolitan areas, Jukka Heinonen and
dans les territoires
Seppo Junnila Aalto University, 28.03.2011) prônent
la prise en compte de la production de CO là où les 2 La défi nition wallonne de la cohésion sociale est la
biens et services sont consommés, et non où ils sont suivante : c’est l’ensemble des processus qui contri-
produits. En intégrant le fait que les comportements buent à assurer à tous les individus ou groupes
de consommation sont plus gourmands en CO en 2 d’individus l’égalité des chances et des conditions,
ville (revenus plus importants, habitudes de consom- l’accès effectif aux droits fondamentaux et au bien-
mation – songeons à l’opposé aux comportements être économique, social et culturel. Cela doit per-
typiquement ruraux : potagers, usage de l’eau de mettre à chacun de participer activement à la société
pluie, petit élevage, chauffage au bois, compostage, et d’y être reconnu, et ce quels que soient son origine
…), ces études arrivent à la conclusion que les émis- nationale, ethnique, son appartenance culturelle, reli-
sions de CO sont pratiquement équivalentes en 2 gieuse ou philosophique, son statut social, son niveau
zone urbaine et en milieu rural. La part de l’empreinte socio-économique, son âge, son orientation sexuelle,
Carbone due aux déplacements plus importants sa santé ou son handicap. Cette politique doit trouver
en distance en zone rurale est d’après ces études, à s’exprimer également dans les territoires ruraux
marginale, comparée aux autres facteurs infl uençant wallons. On l’a compris, opposer villes et milieu rural
cette empreinte. est vide de sens, car la complémentarité doit être de
mise entre des lieux de vie et d’activités qui présen-
> La question de la sous-estimation des produc- tent chacun leurs spécifi cités, attractives pour certains
tions potentielles des zones rurales en matière et répulsives pour d’autres, suivant le choix libre mais
d’énergies alternatives ou de réduction des gaz responsable et solidaire qui doit être la marque de
à effet de serre notre société démocratique.
Par ses caractéristiques spécifi ques, le milieu rural
La structuration du territoire rural en villes, bourgs,
est évidemment fort apte à accueillir des produc-
villages et hameaux pour faire face aux questions
tions d’énergies renouvelables complémentaires
énergétiques et climatiques doit être accompagnée
aux énergies fossiles : biomasse, énergie éolienne,
par un renforcement des dynamiques associatives,
hydroélectrique,… Les Lignes directrices du Ministre
villageoises et citoyennes (et cela à n’importe quelle
Henry y font référence. Mais alors, on conviendra
échelle de la structure spatiale luxembourgeoise).
qu’il faut veiller à ce que les nouveaux métiers liés au
développement et à l’exploitation de celles-ci doivent Ce soutien, qui peut passer notamment par une offre
naturellement pouvoir être exercés à proximité de en lieux de rencontre de qualité (salles de village,
leur production. Sans oublier bien sûr la capacité des maisons rurales, espaces publics, par exemple), vise
espaces forestiers et agricoles à remplir leur rôle de à développer chez les ruraux des comportements qui
puits de carbone, ce qui nécessite maintenance et pourront s’adapter aux changements à venir.
entretien.
C’est-à-dire soutenir de bonnes interrelations entre les
Ces spécifi cités devront d’ailleurs bientôt faire l’objet habitants afi n de créer un maillage dense, réactif et
d’une valorisation monétaire, qui pourrait compléter ouvert, et ainsi créer une attitude collective résiliente.
les moyens de développement des zones rurales.
Sur ce plan, la biodiversité assez préservée de notre
province a conduit la Région à « classer » près de Cette note d’articulation est introductive
25% de notre territoire en zone Natura 2000, ce à trois notes plus opérationnelles dévelop-
qui est vu actuellement par certains comme une pées autour des thématiques centrales pour
contrainte, mais peut devenir une réelle opportunité: l’avenir du territoire luxembourgeois :
inclure la valeur de la biodiversité dans l’économie va 1. le foncier, le logement et l’habitat
prendre une vingtaine d’années, mais cela com- 2. l’emploi et l’économie
mence aujourd’hui, notamment par la recherche (voir 3. la mobilitéTexte rédiiiiiigégggggg par :::: CCCCCCCCCCCCCCClaaaaaaaaauuuuuuduuude e FeFeFeltlttttttz,z,z,zz,z,z, PPPPPPPPPPPProoofesss eur hohohohohohohohohoho oooooooooonononononononononononorrrarrrrrrarr irirrrrrrrrrrrreee,eeeeeeeeee,eee,e,,,,
ULg – Ge embmoou ux x AAg roo-B-Bioo Tec ch
sur basee deess séméminaireess ororgganiissé s da ansns le e cadr ree dde Résé seae auluux x
Carte extraite de: Van der Haegen & al.
« Dispersion et relations de niveau élé-
mentaire des noyaux d’habitat en Belgique
– Situation 1980 » in Bulletin de Statis-
tique 1981 (5-6), carte hors texte banisation, suggérant que la structure même du milieu Introduction : rôle, limites et moyens de la
rural et sa faible densité serait une source de maldé-planifi cation territoriale publique par rapport
veloppement territorial,… à corriger.aux dynamiques et logiques résidentielles de
la population luxembourgeoise Les réponses proposées sont le réinvestissement
dans les (grandes) villes, tant comme structures
L’aménagement du territoire, soit toute planifi cation économiques « locomotives » que comme lieu de
tendant à orienter l’organisation territoriale, a pour but regroupement et de densifi cation de population et de
de maximiser les effets positifs de la relation entre logements, mesures sensées limiter cette empreinte
territoire et société (effets de synergies ou de dyna- écologique.
misation économiques par la concentration, effets
d’échanges sociaux et culturels, …) et de minimiser Le corollaire en serait le « lâchage » des campagnes,
ses impacts négatifs (dégradation des conditions de seulement perçues comme un éden de riches, aso-
vie de la population, déqualifi cation du territoire et de ciaux par leur recherche d’isolement et de nature et,
ses patrimoines, pollution planétaire et locale, coûts corollairement, gros pollueurs par leur forte mobilité
publics et privés,…). individuelle automobile.
Dans nos pays démocratiques, une politique territo- Un aménagement du territoire équilibré ne peut se
riale moderne présuppose le débat d’idées (phase qui satisfaire de diagnostics réducteurs parce que sec-
nous rassemble) en même temps que la coexistence toriels, la gestion territoriale doit prendre en compte
de modèles diversifi és, compatibles avec les enjeux l’ensemble des dimensions de la société et de ses
communs. territoires.
Pour la province rurale du Luxembourg, la recon-
naissance de la diversité des modèles territoriaux est 2. La place spécifi que et irremplaçable des
essentielle car la ruralité n’est pas seulement une espaces ruraux dans la dynamique territo-
situation de fait héritée, c’est pour la majorité de la po-
riale wallonnepulation un choix de vie d’aujourd’hui, impliquant sans
doute l’actualisation de l’héritage territorial et social
Les zones rurales, peu denses du point de vue de leur mais qui doit être reconnu comme valeur spécifi que.
population, représentent pourtant un territoire dont
l’apport économique, démographique, environnemen-
tal et culturel à la dynamique wallonne est signifi catif.1. Une lecture caricaturale des «lignes de
force» pour faire réfl échir ! Elles endossent la presque totalité des secteurs
économiques de l’agriculture et de la sylviculture ;
Les défi s majeurs de réajustement de la politique elles représentent une part majeure de l’attractivité
territoriale proposés par les Lignes de forces de la touristique du territoire et du secteur économique tou-èmepolitique d’aménagement du territoire pour le 21 ristique wallons ; elles constituent un gisement majeur
siècle peuvent être synthétisés globalement comme du potentiel de production d’énergies renouvelables
visant à réduire l’empreinte écologique du dévelop- (dont exclusives dans le domaine de l’éolien), elles
pement territorial wallon conjugués à une reconcen- assurent la presque totalité du service écologique du
tration des impulsions de développement sur les lieux territoire (cf. Natura 2000), elles constituent la grande
induisant un maximum d’effet d’entraînement écono- diversité paysagère qui, tant du point de vue culturel
mique, à savoir les villes-pôles régionales. que touristique, fonde l’attractivité du territoire wallon,
elles sont majoritairement le siège de l’activité arti-
Elles s’expriment en la volonté de diminuer les sanale et des petites et moyennes entreprises endo-
émissions de GES dus à la mobilité, de maîtriser la gènes de la Wallonie ; ses petites villes, bourgs et
consommation de territoire et le coût des infrastruc- villages constituent des communautés de vie locale,
tures et services liés, de diminuer la consommation basée sur l’interconnaissance, la sécurité interper-
d’énergie résidentielle, … sonnelle, la dynamique de vie associative locale de
production plutôt que de consommation culturelle
Les Lignes de force proposées paraissent cependant
(orchestres d’harmonies, troupes théâtrales, évène-
associer - sinon assimiler - milieu rural et péri/désur-
ments annuels villageois…tous bénévoles…).Autant de contributions spécifi ques et irremplaçables Le tournant des années 80 & 90 voit en effet l’achè-
du territoire rural, indissociables de la population qui y vement de la liaison autoroutière Bruxelles-Namur-Ar-
vit et le dynamise. lon-Luxembourg (E411) et Liège-Arlon (E25). Conco-
mitamment la place de Luxembourg prend une part
croissance dans l’offre transfrontalière d’emplois, de
moyen et haut niveaux.3. La spécifi cité du développement territorial
d’une province entièrement rurale :
Le désenclavement autoroutier du territoire provincial
le Luxembourg a donc été une étape déterminante de son redévelop-
pement, ouvrant ou accentuant cependant la mobi-
Au sortir de la dernière guerre, la province de
lité quotidienne de travail vers les pôles extérieurs :
Luxembourg constitue un territoire et une société
Luxembourg pour l’est et le sud, Liège pour le nord-
essentiellement ruraux, hormis l’extrême Sud-Est
est et Namur pour le nord-ouest.
majoritairement ouvrier. Les petites villes qui la des-
servent sont alors presque exclusivement tertiaires de
Par compensation à la forte contraction de l’emploi
commerce et services publics, dont part importante
agricole, à côté du développement des entreprise
à l’enseignement (ville-marché, centre tertiaire de
endogènes, c’est la mobilité -souvent lointaine- qui a
services publics). Les villages constituant l’espace
soutenu le redéveloppement humain et économique
rural regroupent une population majoritairement liée à
de la population de la province. La forte mobilité peut el’agriculture. Jusqu’alors et depuis la fi n du 19 siècle
(doit ?) dès lors être considérée « consubstantielle » à
la natalité soutenue dans la province sert de réservoir
la ruralité lointaine d’aujourd’hui.
de population au développement des pôles urbains de
Bruxelles, Liège et Charleroi . Sauf dans les quelques
petits centres urbains, la population luxembourgeoise
4. La dérive de la « désurbanisation » sur le est en régression du fait de cette émigration écono-
mode du rural à faible structure urbainemique, « exode rural ».
Dès les années ’70, les couronnes de périurbanisation Avec la diffusion de l’automobile, tous les ruraux qui
se marquent autour des grands centres de Wallonie le peuvent cessent de quitter leur campagne et les
et de Bruxelles. Dans la province, ce phénomène ne années ’60 connaissent un début de « report vers »
va concerner que la proche périphérie d’Arlon dans ou plutôt de « reprise dans » les campagnes du déve-
un premier temps. Cependant l’adoption des plans de loppement résidentiel qui se concentrait jusqu’alors
secteur, avec leurs réserves foncières démesurées dans les villes. Cela ne concerne cependant que les
par rapport aux réels besoins et sans objectif d’orien-périphéries proches des centres, particulièrement
tation du développement résidentiel, va avoir sur le autour d’Arlon.
long terme un effet de déstructuration du tissu d’habi-
tat rural de la province.Il faudra attendre les années ’70 pour que le phéno-
mène se diffuse (un peu) plus largement et, (très)
En effet, les reports résidentiels vont concerner progressivement : les petites villes de la province
non seulement, comme dans un premier temps, les connaissent alors elles aussi une certaine périurbani-
proches périphéries de centres correctement équipés esation, c’est-à-dire une reprise (depuis la fi n 19 ) des
mais une frange de population nouvelle, non régionale implantations dans les villages de proche périphérie
et donc territorialement « libre » va s’installer dans de populations travaillant en ville, qu’elles en soient
des villages ou hameaux de plus en plus « lointains », originaires ou nouvellement venues. Le corollaire en
appuyés en cela par la concurrence entre communes est une certaine désaffection des noyaux urbains de
et l’intervention croissante de nouveaux acteurs fon-la province (« désurbanisation » par régression com-
ciers : la promotion immobilière.merciale et résidentielle).
Il s’en est suivi une emprise croissante sur les pay-Le début des années ’80 et la crise de l’immobilier
sages par une urbanisation presque partout visible ralentissent quelque peu le phénomène.
et une mobilité quotidienne sans cesse croissante,
obligée par l’absence d’équipement de ces lieux rési-Puis la fi n des années ’80 et début ’90 conjuguent
dentiels lointains.divers faits qui vont concourir à « ouvrir » bien plus
largement le territoire provincial.

Soyez le premier à déposer un commentaire !

17/1000 caractères maximum.