A/ Vision occidentale de l'iconographie nippone contemporaine

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Origines et courants de la bande dessinée japonaise, ou manga NDRL: Le terme « manga », étant référencé par l'Académie française, devra être accordé. Son pluriel donnera donc « des mangas ». Des termes comme « mangaka » ou « gekiga » n'étant pas référencés par l'Académie française resteront invariables. De plus, cet exposé n'a pas la prétention de présenter toute l'histoire et les courants du manga, qui demanderait pour cela un ouvrage entier ; il ne sera donc ici présenté que les grandes lignes de l'histoire du manga.
  • style particulier de bd narrative
  • estampes montrant des personnages populaires de l'époque
  • explications complémentaires concernant l'histoire
  • quartiers en quartiers en vélo
  • personnages arrivant de droite
  • manga
  • personnage
  • personnages
  • bandes dessinées
  • bande dessinée
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Publié le : mercredi 28 mars 2012
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Origines et courants de la bande dessinée japonaise, ou manga
NDRL: Le terme « manga », étant référencé par l’Académie française, devra être accordé. Son pluriel donnera
donc « des mangas ». Des termes comme « mangaka » ou « gekiga » n’étant pas référencés par l’Académie
française resteront invariables.
De plus, cet exposé n’a pas la prétention de présenter toute l’histoire et les courants du manga, qui demanderait
pour cela un ouvrage entier ; il ne sera donc ici présenté que les grandes lignes de l’histoire du manga.

A/ Origines de la bande dessinée japonaise:
1. Au commencement :
Etymologiquement, le terme de "manga" est utilisé pour la première fois par Katsushika
ièmeHokusai pendant la période d’Edo, au 18 siècle; il signifie littéralement “image dérisoire“.
Au Japon, le terme « manga » désigne tout simplement la bande dessinée au sens large, mais
chez nous il a une signification et une connotation incontestablement nippones.

Hokusai faisait en fait des estampes montrant des
personnages populaires de l'époque, des sortes de caricatures,
que l’on appelle les « Hokusai giga ». C'est pour cela que
l'estampe est considérée par beaucoup comme l'ancêtre du
manga, et même, dans l'histoire de la Bande Dessinée
mondiale, son point de départ originel. Les e-makimono, qui
sont des larges rouleaux peints que l'on déplie et qui racontent
des récits épiques, peuvent donc être considérés comme les
premières "bandes" -"dessinées". A coté ou directement sur le
dessin, les idéogrammes racontent l'histoire, tandis que les
dessins l'illustrent.

Extrait de la Manga de Hokusaï

Mais les e-makimono et la Manga de Hokusai ne sont pas les seuls points de départ de la
bande dessinée, d’un point de vue mondial: la tapisserie de Bayeux, chef d'œuvre unique au
monde, est un document réalisé au XI° siècle (1070), qui est considéré aussi comme l’ancêtre
de la bande dessinée européenne. C’est une broderie exécutée sur toile de lin avec des laines
de couleur variées. L'exécution de cette oeuvre fût très probablement confiée à un atelier
anglo-saxon. Cette "BD" de laine et de lin raconte l'invasion de l'Angleterre par Guillaume le
Bâtard, duc de Normandie. Sorti victorieux de cette bataille, Guillaume, devenu le
Conquérant, pu alors être couronné roi d’Angleterre en 1066. La tapisserie mesure plus de 70
mètres de long et 50 centimètres de hauteur. Le document est d'une immense richesse
iconographique : les illustrations principales sont encadrées par deux frises qui fonctionnent
comme des petits narratifs. Morceau de le tapiserie de Bayeux, considérée comme l’ancêtre de la bande dessinée européenne

Certains historiens font même remonter l’histoire de la bande dessinée japonaise au moyen-
âge, avec le « Rouleau satirique des animaux » ou « Chôjûgiga ». Ces rouleaux ont été peints
par Toba, un moine bouddhiste qui mettait en scène des animaux afin de représenter les êtres
humains.
Mais la bande dessinée moderne comme nous la connaissons apparut beaucoup plus tard.

2. Naissance :
Isao Shimizu, grand spécialiste de l’histoire de la bande dessinée, estime la naissance de la
bande dessinée japonaise à la fin de la période d’Edo et le début de Meiji (de 1850 à 1920).
En réalité, c’est à ce moment là que firent introduits au Japon les premiers dessins satiriques
occidentaux (comme quoi nous avons notre petite part d’influence !!). En 1862, l'anglais
Charles Wirgman qui vivait au Japon, débute la publication de « The Japan Punch », un
magazine satirique où il y dessine des caricatures en une case et
des strips de bandes dessinées, avec des systèmes de bulles, à
l'intention des étrangers anglophones vivant à Yokohama.
Ce magazine eut un tel succès chez les japonais qu’ils le
traduisirent même. À la même époque, le français George Bigot
créa lui aussi un magasine, Tôbae, destiné aux étrangers français et
qui contenait des strips ridiculisant la société japonaise et son
gouvernement.
Les sujets et procédés nouveaux de ces dessins satiriques furent
une révolution dans le dessin au japon, que les illustrateurs
japonais utilisèrent alors pour refléter une actualité où se
développait de violents bouleversements sociaux.

Magazine The Japan punch

Rakuten Kitawa (1876-1955) dessina, dés 1902, la première série de
bande dessinée japonaise: « Tagosaku to Mokube no Tokyo
Kembotsu » publié dans le magazine Jiji Manga, un supplément
couleur du journal du dimanche modelé sur les journaux américains.
Cependant, cette série n'utilisait pas encore les bulles de dialogue.
En 1914, l'éditeur Kôdansha publie alors le magazine Shônen Jump,
un mensuel illustré pour jeunes garçons qui propose, entres autres,
des bandes dessinées. On verra alors suivre, en 1923, une version
pour jeunes filles, le magazine Shôjo Club, et en 1926 le Yônen Club,
pour les plus jeunes.

Magazine Shôjo club
Le Nihon Mangaka Kyokai, fondé en 1932, association de mangaka qui existe encore
aujourd'hui, avait pour but d'analyser la bande dessinée étrangère, pour mieux en saisir ses
préceptes et ainsi développer leur art en se servant de diverses influences.

Mais c’est en 1947 que le premier magazine pour les jeunes, consacré uniquement à la bande
dessinée, fut édité : le Manga Shônen, publié par les éditions Gakudo-Sha.
Et c’est avec la montée inexorable du journalisme que la bande dessinée japonaise moderne
naquit.

B/ Catégories et supports de diffusion :
1. Chiffres et catégories :
Les supports de diffusion des mangas sont multiples et diversifiés.
On peut en distinguer trois grandes catégories :
1. les revues spécialisées, uniquement consacrées à la BD : les manga zasshi (par
exemple, le « Shonen Jump » qui a publié « DragonBall » et « City Hunter ».)
2. les livres en format de poche : les manga tankôbon 3. la presse, revues et quotidiens (par exemple, « Nono Chan » de Hisaichi Ishii
dans l’ « Asahi shinbun »)
Pour les revues spécialisées, on peut distinguer 6 grands groupes, selon l’âge ou le sexe
présupposé du lecteur :
1. revues pour touts petits : yônen manga
2. revues pour garçons : shônen manga
3. revues pour filles : shôjo manga
4. revues pour adolescents : seinen manga
5. revues pour adolescentes et jeunes femmes : seijin josei manga
6. revues pour adultes : seijin manga
L’ensemble des revues dites « grand public » (regroupant les seinen et seijin manga) a atteint
en 1998 le chiffre de 660 millions d’exemplaires tirés au japon. En additionnant les
publications pour enfants, on peut dire que les japonais consomment 1 300 000 000
magazines de BD par an.
La plupart des bandes dessinées sont publiées par épisodes et sont ensuite publiées en livre
de poche. En 2002, les Japonais dépensèrent environ 500 milliards de yens en bandes
dessinées. Pas loin de 2 milliards de livres et de magazines de bandes dessinées furent édités,
ce qui faisait un peu moins de 40% du marché de l’édition. Quiconque regarde un peu autour
de soi au Japon, remarque immédiatement que les mangas saturent le pays.
2. Les gekiga manga:
Dans les premières bd de ce genre parues, les gekiga caractérisent les BD de l’excès, de la
violence ou de l’extravagance.
Le terme gekiga 劇画 exprime une nuance de mépris et d’indignité.
ièmePendant la 2 guerre mondiale, on appelait gekiga ou kami-shibaï les « théâtre en papier » :
ce théâtre de papier était constitué en plusieurs dizaines de feuilles volantes, chacune support
d’un dessin que l’acteur-narrateur anime. A chaque image
correspond un texte. Pendant et avant la guerre, les animateurs de ce
théâtre allaient de quartiers en quartiers en vélo.
Mais avec l’inflation de la télévision personnelle, les artistes de ce
théâtre de papier dit gekiga perdirent leurs moyens de vivre. Certains
d’entre eux se convertirent alors dans la bd de magazine, comme
Shigeru Mizuki qui publia « Terebi-kun» dans Shonen Magazine et
créa beaucoup d’histoires de fantômes, comme celles avec les Yokaï,
qu’on peut voir d’ailleurs dans le film Pompoko de Takahata.
Un fantôme de Shigeru Mizuki

Le caractère outrancier omniprésent des premières périodes de
cette bd dite gekiga s’est cependant peu à peu estompé pour laisser
place à un manga plus élaboré et moins violent.
C’est dans les années 1950 que le dessinateur Takao Saito, l’auteur
du fameux « Golgo 13 », avec d’autres dessinateurs,
abandonnèrent la bd enfantine de leur maître Osamu Tezuka pour
se destiner à un public plus adulte. Au début des années 60, ces
dessinateurs poursuivirent leurs projets en les diffusant dans des
magazines pour adolescents. Le succès monta et le terme gekiga
devint de plus en plus populaire.
Le mot gekiga ne concerne désormais qu’un style particulier de bd
narrative.

« Golgo 13 » de Takao Saito

C/ Techniques :
NDRL: Ce chapitre ne présente que les bases et quelques conseils de la réalisation d’un manga en noir et blanc.
Je n’interviendrais pas sur des aspects techniques comme la colorisation ou la retouche numérique, car ce
chapitre n’a pour but que de proposer une petite initiation technique à cet art.

« L’apprenti mangaka », Akira Toriyama
Après avoir fait des planches de charater design, où l’on étudie les attitudes, expressions,
proportions, du personnage, un scénario ainsi qu’un story board, on peut commencer à
débuter vraiment la bd.
D’abord, on fait des repères sur les planches. On crayonne la mise en page des cases, les
personnages, les décors, l’insertion des bulles de dialogue. Si l’on veut que les bulles et les
onomatopées soient homogènes au reste de la planche et qu’elles soient bien intégrées, il est
primordial de les intégrer dés les crayonnages. « L’apprenti mangaka », Akira Toriyama
Une fois les traits définis, on peut encrer, en commençant par les cadres, puis en les
remplissant. Pour cela, on utilisera une table lumineuse, on l’on pourra encrer son dessin par
transparence, en superposant le crayonné et une feuille de papier glacé vierge rigide, que l’on
encre. Une fois l’encre bien sèche, on gommera les crayonnés.

Pour l’encrage, on préférera une plume et une encre de chine. Il existe dans le commerce des
plumes rechargeables à l’encre de chine très pratique, et qui évitent les bavures.

On peut aussi utiliser des stylos à pointes tubulaires rechargeables comme les « Rotrings »,
ainsi que des marqueurs à la gouache comme les « Posca » et des pinceaux pour encrer des
zones plus épaisses.

Pour les ombrages, on va utiliser des trames, qui sont des feuilles de plastique transparent
avec des motifs noirs, que l’on peut gratter pour enlever certaines zones imprimées, que l’on
découpe et l’on colle sur les dessins. C’est une technique relativement difficile, surtout que les
feuilles sont coûteuses. Il existe une multitude de trames différentes, allant des motifs
pointillés classiques aux motifs à fleurs.

exemple de trames
Mais on utilise de plus en plus le tramage numérique, en scannant directement les planches.
On peut aussi faire soit même ses trames, de moins bonne qualité mais plus économique, sous
des logiciels comme « Adobe Photoshop » par exemple, et que l’on imprime ensuite sur
rodoïde.
Une fois toutes ces étapes finies, on pourra insérer le texte. Pour une bd traditionnelle, sans
utilisation numérique, on préférera une typographie faire à la main et à la plume, afin que les
textes soient bien intégrés aux images.

Pour ce qui est du « style », c’est au dessinateur de créer et d’imposer ses propres choix
graphiques. L’idéal serait de se procurer un ouvrage d’anatomie humaine pour les
personnages, et de travailler la perspective en faisant des croquis in situ.
« L’apprenti Mangaka » d’Akira Toriyama est aussi un bon ouvrage plein de petits conseils
pour débuter. Il existe des ouvrages proposant d’enseigner le « dessin du manga », démontrant
un dessin stéréotypé, mais il faut savoir qu’il n’existe pas de « dessin manga ». Le manga
possède des styles graphiques variés, originaux et personnels, qui ne peuvent pas être
catégorisés en un seul style. Nous tenterons donc, par la suite de cet exposé, de définir
certains aspects, les plus courants, de l’iconographie manga.

D / Thématiques :
Les thématiques des mangas sont d’une extraordinaire diversité. Il est donc difficile de parler
de « thématique manga » dans le sens où il n’existe pas de restriction de genre. Nous allons
cependant tenter de répertorier les thèmes majeurs et les plus récurrents de cet art.
Le « yonkoma » est certainement le plus ancien thème présent dans la bande dessinée
japonaise. C’est en réalité un court satyre de l’actualité, diffusé dans un journal. Le meilleur
exemple contemporain sont les yonkoma d’Hisaishi Ishii.
Le « sarîman » est une parodie mettant en scène la vie des employés de bureau.
Le « shôjo », très répandu, sont des histoires romantiques : « Love Hina » de Ken Akamatsu,
« Video Girl Aï » de Masakazu Katsura.
Le sport est aussi relativement répandu dans les mangas : « Slam Dunk » de Inoue Takehiko.
La science fiction, qui met en scène des robots dans une ère futuriste : « Macross 7 trash » de
Haruhiko Mikimoto.
Le Cyber punk, qui dérive de la SF, met généralement en scène des cyborgs humains :
« Gunnm » de Yukiko Kishiro.
L’héroïc-fantasy, reprenant un univers dans le style de Tolkien : « Bastard », de Kazushi
Hagiwara.
L’humour, comme les séries « Docteur Slump » d’Akira Toriyama ou « Gon » de Masashi
Tanaka.
Le policier, souvent influencé par les romans de Conan Doyle : « Cowboy bebop » de Yutaka
Nanten ou « City hunter » de Tsukasa Hojo.
L’ultra-violence : « Golgo 13 » de Takao Saito ou « Berserk » de Kentaro Miura.
Les histoires de rônin et bushi : « L’habitant de l’infini » de Hiroaki Samura.
L’érotique, dit “hentaï”: « Step Up Love Story » de Aki Katsu.
Les histoires courtes, comme « La tragédie de P » de Rumiko Takahashi ou « Le Cratère »
d’Osamu Tezuka.
Le combat de rue : « GTO » de Toru Fujisawa ou « Tough » de Tetsuya Saruwatari.
Les arts martiaux : « Nori Taka » de Hamori Murata ou « Ranma ½ » de Rumiko Takahashi.

E / Auteurs et Iconographie :
1. premier pas vers l’iconographie manga :
En France, on utilise fréquemment le terme « manga » pour définir toutes les productions
« dessinées » japonaises, cela venant principalement, à mon sens, d’une erreur de traduction.
Mais le manga n’est pas à associer aux films d’animation : cela caractérise uniquement la
bande dessinée.
La « déferlante manga » en France a commencé dans les années 80, devenant rapidement un
produit de grande consommation. Mais très vite, ces bandes dessinées japonaises, tout comme
les séries animées, soulèvent multiples débats de censure : l’on associe rapidement ces
productions avec le schéma «sexe et violence ».
Ces anathèmes viennent principalement du fait que la diffusion du manga en France est restée
longtemps limitée à une iconographie très restreinte issue des productions commerciales.
L’iconographie manga ne se limite aux « grands yeux pétillants », aux filles en uniforme
d’écolière et aux robots ultra-puissants.

Les mangas et l’animation japonaise se sont affranchi des modèles occidentaux pour proposer
une toute autre iconographie, proposant des nouvelles esthétiques et de nouvelles mythologies
propres à leurs univers, parfois incompris.
Des e-makimono, le manga conservera deux techniques majeures : la technique du « toit
arraché » et la technique du « Hikime-Kagihana »:
Le toit-arraché est un dessin aux lignes fluides qui adopte une perspective de haut, sans toit,
d’où son mon. Les personnages et les objets sont donc placés les uns au-dessus des autres,
donnant ainsi une illusion de profondeur.
Le Hikime-Kagihana est un style caractéristique utilisé par les artistes nippons dans la
représentation physique des personnages : les visages sont simplifiés à l'extrême, mais sans
perdre pour autant la finesse d’un trait juste et précis. Généralement, cette technique présente
des personnages avec deux points pour les yeux, un trait crochu pour le nez et un point rouge
pour la bouche, dotés de détails physiques afin de les différencier. Dans les mangas
modernes, on retrouve encore actuellement cette tendance à la simplicité, surtout lorsque
l’action devient comique, moins poussé à l’extrême, certes, mais qui s’attache tout de même
à cette tendance stylistique, comme le fait par exemple Hisaichi Ishii, auteur de « Mes
voisins les Yamada ».

extrait de « Ninja mugei cho » d’Hisaishi Ishii
Le dessin créé l’apparence et le mouvement, et situe les personnages par rapport au décor.
L’expressivité des visages est primordiale afin de faire fonctionner une communication entre
lecteur et narrateur. Selon l’expression graphique, le caractère du personnage et la
compréhension de l’intrigue peuvent varier. Le texte et les onomatopées viennent ensuite
appuyer le dessin et ainsi le compléter.
Les onomatopées font partie intégrante du dessin. Avec son système idéographique, le
japonais possède un avantage graphique et stylistique par rapport à notre alphabet occidental
plus rigide. Certaines maisons d’édition traduisent les onomatopées, mais cette pratique est
souvent désapprouvée par les lecteurs avertis ainsi que par les illustrateurs ; le mot, dans sa
forme cognitive, n’a finalement pas une grande importance dans une onomatopée qui doit,
grâce à sa forme, traduire un bruit. De ce fait, une onomatopée efficace devrait pouvoir se
passer de traduction.
De nos jours, la production devant être accélérée afin de répondre à la demande, l’auteur
engage plusieurs assistants, afin de réaliser la colorisation, les décors et les détails. Des
spécialistes du scénario collaborent avec de grands mangaka, comme le scénariste Kazuo
Koike qui collabora avec Goseki Kojima pour « Lone Wolf and club » et avec Ryôichi
Ikegami pour « Crying Freeman » ou encore le scénariste Ikki Kajiwara (« Kyojin no Hoshi »
= L’Etoile des Giants).
2. le manga no kamisama :
Le grand novateur du manga restera cependant Osamu Tezuka, le « Manga no kamisama »
comme l’appellent les japonais, le dieu des mangas.
Ses travaux ont bercé toute une génération d’auteurs de talents, tant dans le domaine de la
bande dessinée que de l’animation.
"J’ai toujours eu la plus grande admiration pour les mangas d’Osamu Tezuka. Sa rigueur et
sa force créatrice m’ont beaucoup diverti et impressionné aussi. Ses travaux demeurèrent
longtemps ma référence absolue". Hayao Miyazaki.

Tezuka se met même parfois en scène dans ses histoires, comme on
peut le voir dans le manga « Astro le petit Robot », avec son
fameux béret et ses grosses lunettes, intervenant pour donner des
explications complémentaires concernant l’histoire, le design des
personnages, etc.

Tezuka dans AstroBoy tome1
Tezuka fera de la technologie et de l’humanité un thème récurrent dans ses œuvres dans
lequel il posera les questions de l'utilisation que l'homme fait et fera de la technologie.
Humaniste, il dénoncera tous les totalitarismes dans l’ « Histoire des trois Adolf »,
condamnant dans une formidable épopée les préjugés, la xénophobie, le sectarisme et les engagements idéologiques et militaires des hommes pendant la seconde guerre mondiale. Le
manga prend alors une connotation plus sérieuse, plus intellectuelle, devenant un moyen
d’expression populaire pour dénoncer certaines ignominies.

Osamu Tezuka fut le premier à utiliser les codes graphiques du
cinéma, principalement américain, allemand et français. Ainsi,
pour retranscrire sur papier le rythme et la vie du cinéma, il
dessine chaque action sous plusieurs angles, à des distances et des
cadrages différents, en incluant des changements de plans et des
mouvements de caméra. Cela explique aussi que le manga a
parfois des rapprochements avec le story-board. Chaque action
est décomposée. C’est principalement grâce à cette nouvelle
méthode de transposition et de découpage de l’action que Tezuka
deviendra ce Manga no kamisama. Ses prédécesseurs dessinaient
dans une perspective bidimensionnelle, comme si l’action se
déroulait dans une pièce de théâtre : le niveau et les mêmes
dimensions restaient donc figées, les personnages arrivant de
droite ou gauche. Pour Tezuka, cette retranscription ne permettait
pas de produire des effets dramatiques ou psychologiques, alors qu’en manipulant différents
plans et angles de vues, en utilisant des cadrages variés et la répétition de détails, la
synthétisation et le découpage lent de l’action, la scène prenait une dynamique inégalable.

Pour renforcer la vitesse, la puissance, on utilise alors des traits soit placés à l’arrière plan,
multipliés de manière à accentuer l'impression de vitesse, soit placés vers un personnage, de
manière à mettre en valeur ses sentiments ou son action.

A gauche: “Ghost In The
Shell” de Masamune
Shirow.
A droite: « Akira » de
Katsuhiro Otomo.
Pour donner une impression de zoom, on utilise des traits
convergeant vers un point central : ainsi, le lecteur semble rentrer
dans l’image.

« Gunnm » de Yukito Kishiro

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