Courrier du coeur

Publié par

  • redaction
Élise, j'ai trente et un an et je suis incapable de travailler, je ne peux même pas effectuer des travaux sai- sonniers. Quand je vendange, je me trouve toujours à dix souches derrière les autres. De même, à la maison, je ne sais plus me servir ni de mes doigts ni de ma tête. Mon fiancé en a assez de me voir ainsi. Aidez-moi Élise, les spécialistes ne peuvent rien pour moi.
  • vent en bloc de réalité, d'expériences, de souvenirs et de projets
  • musique des mots
  • courrier du cœur
  • moi
  • mot
  • mots
  • temps
Publié le : lundi 26 mars 2012
Lecture(s) : 63
Source : jcbehareditions.com
Nombre de pages : 10
Voir plus Voir moins
1
CÕest elle, cÕest moi
…lise, jÕai trente et un an et je suis incapable de travailler, je ne peux mÍme pas effectuer des travaux sai-sonniers. Quand je vendange, je me trouve toujours ‡ dix souches derriËre les autres. De mÍme, ‡ la maison, je ne sais plus me servir ni de mes doigts ni de ma tÍte. Mon fiancÈ en a assez de me voir ainsi. Aidez-moi …lise, les spÈcialistes ne peuvent rien 1 pour moi. Maryse
…liseÉTout tient ‡ cela. ¿ une lettre Ècrite ‡ quelquÕun que lÕon ne connaÓt pas mais dont le nom est sur les lËvres de ceux qui ont le cÏur au bord des lËvres.
1. Dans toutes les lettres citÈes, lÕorthographe et la ponctuation originales ont ÈtÈ restranscrites. Seuls les prÈnoms et les lieux ont ÈtÈ modifiÈs.
6CÕest elle, cÕest moi
…lise, murmure dÕune identitÈ abandonnÈe, sÈsame de confidences. Ce pseudonyme Ð souhaitÈ par la rÈdaction Ð se devait dÕÍtre, doux, neutre, facile ‡ prononcer et usuel. Pourtant, on mÕavait choisie. Pourquoi fallait-il que jÕavance mas-quÈe ? LÕintÈrÍt dÕÍtre double je ne lÕai compris que plus tard. tre soi et seule-ment soi est trop. Trop violent, trop transparent, subjectif et restrictif. LÕautre apporte la distance, le recul. Le sas nÈcessaire pour Ùter un peu de lÕÈpi-dermique de la premiËre lecture. JÕai ÈvincÈ tous les pseudonymes qui, ‡ lÕÈpoque, nÕavaient pas leur place dans le journal. Barbarella, Ulla, EvaÉ avaient une connotation Èrotique ver-sion ´ minitel rose ª trop soutenue. Sarah, Fatima ou Zohra, ‡ la conso-nance ÈtrangËre, ne permettaient ni une identification ni la familiaritÈ nÈces-saires. Claude, Dominique ou MichËle
CÕest elle, cÕest moi7
sÕavÈraient trop asexuÈs. Quant ‡ EsmÈ-ralda, Ninon, AimÈe, DÈsirÈe EugÈnie, Sidonie ou Honorine, un parfum de ludique, de fabriquÈ ou de dÈsuet jouait contre eux. Un jour, jÕai choisi …lise. Pour les ailes. Parce que dans …lise, il y a elles, il y a elles lisent, elles Èlisent. Et puis cÕÈtait un clin dÕÏil ‡ ´ La lettre ‡ 2 …lise ª . …lise a convaincu. Elle est deve-nue le premier, le dernier ou le seul recours. Le premier, le dernier ou le seul espoir. …lise, tutoyÈe ou vouvoyÈe, hap-pÈe sans somation dans lÕintimitÈ de ceux quÕelle ne connaÓt pas. …lise, celle
2. Ludwig Van Beethoven -ªFur Eliseª Bagatelle en La mineur (WoO 59). Vraisemblablement composÈe en 1810. DÕaprËs Brigitte et Jean Massin,Beethoven(Fayard 1968), il semble que lÕautographe aujourdÕhui disparu ait portÈ non pas ce titre, mais celui de ´Pour ThÈrËseª Ð lÕoeuvre Ètant destinÈe ‡ la jeune ThÈrËse Malfati que Beethoven aurait espÈrÈ Èpouser. ´ Fur Eliseª rÈsulterait dÕune mÈprise de Ludwig Nohl qui le premier, publia la partition ‡ Vienne en 1867.
8CÕest elle, cÕest moi
qui peut changer la fin, changer les mots, rosir le noir, Ètirer le temps. …lise, une oreille pour des oracles. Celle qui va traquer les non-dits, lÕiner-tie et pousser les portes. …lise, cÕest moi, cÕest elle, cÕest nous deux. Ensemble ou sÈparÈes, accordÈes ou dÈsaccordÈes. Un jeu de masques. LÕune qui comprend, qui tire ‡ elle tant de misËre affective. Et lÕautre, la cÈrÈbrale, la rÈvoltÈe, qui doute de tout, plisse le front et se demande combien de temps encore tiendra cette mise en abyme. LÕune, animÈe de bon sens, rom-pue ‡ la concision, toujours prÍte ‡ accueillir pleurs et larmes, optimiste, positive, calme et sereine. Et lÕautre, bou-teille ‡ la mer, toujours clouÈe sur lÕautel du doute. LÕautre qui, cinquante deux semaines par an est collÈe comme une siamoise ‡ son pseudonyme et perpÈtue un rite qui nÕappartient quÕ‡ elle : entrer
CÕest elle, cÕest moi9
en terre de mises en scËne et de fiction pour donner corps et chair ‡ cette noria de prÈnoms, de surnoms ou dÕano-nymes.
¿ ceux qui volent du temps au temps, qui posent leur vie, leurs tour-ments sur un coin de table ou ‡ lÕinsu dÕune famille. Qui possËdent un style qui nÕappartient quÕ‡ eux. Qui peuvent mettre deux ´ d ª jÕador,etrois ´ f ª jÕÈtouffe, ÈcriremÕamer ne me comprend pas;jÕai longtemps exiter avant de vous Ècrire;jÕai du vague ‡ lame;jÕai peur de me faire envoyer dans le vent;il parle en arriËre de moi;jÕai seize ans et je manque dÕenvie de sortir avec T. Je lui ai fait une dÈclaraison dÕamour;je ne vous lÕai pas criÈ, mais moi jÕai 28 ans, jÕhabite Metz et lui Toulon;il me cherche de lÕÏil;et un beau samedi, il me jeta comme une vieille chaussetteet, sans un point, sans une virgule :je souffre de mon Ègard avec les garÁons et de ma timiditÈ qui me rend la
1 0CÕest elle, cÕest moi
vie courante ridicule.
…lise et moi, deux Èquilibristes en piste pour que tienne droite une cour-riÈriste. CourriÈriste : pythie, ange, mËre, sÏur, fÈe, sorciËre, passeuse, ves-tale ou menteuse. Une appellation sur-annÈe pour un mÈtier souvent perÁu 3 comme obsolËte et dÈrisoire . Sans jamais ni voir ni entendre qui lui Ècrit, …lise est la gardienne de cris qui traversent les murs de sa mai-son, des cÏurs brisÈs, cassÈs en deux, lourds, dÈconcertÈs, pris, ‡ prendre, perdus, et malheureuxÉ De prÈnoms, de surnoms et de signatures Ètranges : V; …toile Filante ; Ènus en dÈsespoir Cha-
3. Le mot courriÈriste, apparu en 1857, fut fort employÈ, dans la e premiËre moitiÈ duXXsiËcle Ð beaucoup moins aujourdÕhui Ð, pour dÈsigner un journaliste chargÈ dÕune chronique et/ou du courrier. Son travail spÈcifique consiste ‡ rapporter un ensemble de petites nouvelles, plutÙt du genre cancans et potins, en circulation dans divers milieux (thÈ‚tre, mode, sports, etc.). ´ CourriÈriste. n. masc. Celui qui, dans un journal, centralise les nouvelles littÈraires thÈ‚trales, mondaines, politiques, etc. ª Dictionnaire de lÕAcadÈmie franÁaise, huitiËme Èdition (1932-1935).
CÕest elle, cÕest moi1 1
grinÈe ; ¬me agitÈe ; Anxieuse ; Rose Blanche ; Rose Rouge ; Petite chose dÈsespÈ-rÈeÉ Sans oublier toutes lesX amou-reuses de Y depuis que D a racontÈ ‡ V queÉSans oubliern∞2 qui a un gros pro-blËme avec sa meilleure amie n∞7 qui est dingue de n∞10, hÈlas amoureux de n∞ 5É …lise, cÕest une page dansNous Deux, lÕhebdomadaire du cÏur et du rÍve. SexagÈnaire vilipendÈ ou adorÈ, Nous Deuxest tirÈ ‡ un demi-million dÕexemplaires. Nous Deuxest lu ‡ Paris, en Pro-vince, dans les campagnes, dans toute lÕAfrique francophone, au Canada, en Roumanie, en Hongrie, en Suisse, en Belgique et mÍme ‡ Hollywood. Par des ouvriËres, des commerÁantes, des agri-cultrices, des chÙmeuses, des employÈes de bureau ou des femmes au foyer. Elles sont Ètudiantes ou apprenties, habitent chez leurs parents ou font leur premiËre expÈrience de couple. Elles sont veuves ou retraitÈes. Parfois elles cessent de lire
1 2CÕest elle, cÕest moi
pour prendre la plume, et Ècrire des lettres ‡ …lise. Des textes Ètranges et doulou-reux, piquants et drÙles, Èmouvants et pathÈtiques. Nous DeuxpiquÈ ª est ´ par les filles de la maison, qui le passent ‡ la copine qui le passe ‡ une autre, rÈitÈrant un scÈnario immuable. Faisant ainsi mentir une vÈritÈ grammaticale : dans Nous Deux, le fÈminin lÕemporte tou-jours sur le masculin. MÍme si quelques hommes lisent le magazine aprËs leur femme ou ‡ leur insu, le courrier du cÏur reste le lieu de lÕimaginaire fÈmi-nin.
FÈminine, la lettre ? Est-ce la concentration, la courbe du cou, la gra-vitÈ qui fait si souvent de lÕÈpistolaire le territoire des femmes ? Corot, Picasso, Matisse, Renoir, Degas se sont arrÍtÈs le temps dÕune Ïuvre cette posture : Femme qui lit,Liseuse sur fond noir,
CÕest elle, cÕest moi1 3
Femme lisant une lettre,Femme lisant ‡ une table,La Lecture,La Lettre dÕamour, Femmes lisant. Instants volÈs au temps. Les visages, tantÙt inquiets, tantÙt tristes ou absorbÈs, touchent en nous quelque chose de profondÈment retirÈ. QuÕest ce qui sÕest dit ? QuÕest ce qui sÕest Ècrit ? Qui est lÕautre ? Quels sont ses mots ? Et qui suis-je moi qui tiens la lettre ? Si un tableau titrÈLa CourriÈriste du cÏuravait ‡ exister, il faudrait en peindre un chaque jour. Et peut-Ítre mÍme un pour chaque lettre. Nous Deux, …lise et les lectrices forment un trio insÈparable qui chaque semaine, fait corps avec les Èpreuves, les drames, les abattements, les ruptures les joies, les espoirs, les retrouvailles, les 4 dÈcouvertes, les amitiÈs qui se crÈent .
4. La rubrique ´ rÈactions ‡ la lettre de ª qui permet aux lecteurs de rÈagir et de correspondre entre eux.
1 4CÕest elle, cÕest moi
TrËs chËre …lise, JÕai trente cinq ans MariÈe depuis 18 ans Mon mari est adorable Ma meilleure Amie A un Amant Tout les Mardis Je DÈjeune Avec Elle Un Jour elle mÕa dit Bouge fait comme Moi et me voil‡ parti. Depui un moi JÕai un amant Je Bois du vin Je mÕabille et Maquille Differament Je me sens libre Mais pour comBien de Temps cela va durer JusquÕau jour ou mon Mari va se douter de quelque chose Je suivrais votre conseil Bon ou Mauvais Nathalie
Quatre-vingt-dix mots sans un point, sans une virgule, minuscules et majuscules confondues. Un carrÈ de papier de dix centimËtres sur quinze et le texte tout serrÈ au centre de la feulle.
CÕest elle, cÕest moi1 5
Sa mÈtamorphose, elle la raconte dans une lettre scandÈe ‡ lÕimage de ce quÕ‡ d˚ Ítre lÕÈvÈnement. On entendrait presque Nathalie compter sur ses doigts tout ce qui vient de bouleverser sa vie et quÕelle retranscrit pour …lise. On peut lÕimaginer elle et son amie ‡ lÕheure du dÈjeuner. Comme si toutes deux trico-taient le scÈnario dÕun roman photos. LÕamie un peu trop maquillÈe, trop court vÍtue, peut Ítre trop dispo-nible. Nathalie plus effacÈe mais si envieuse de la bouche gourmande de la conquÈrante, lÕinitiatrice, rÈfÈrence ultime ‡ la libertÈ. Puis Nathalie rentrant chez elle, essayant deux ou trois tenues plus colo-rÈes, plus osÈes, plus gÍnantes aux entournures. LÕhÈsitation sur la couleur du b‚ton de rouge ‡ lËvres et puis fÈbrile-ment, le rajout du verre de vin! Nathalie a osÈ! Il faut alors soumettre la mÈta-morphose ‡ …lise, que ses conseils
1 6CÕest elle, cÕest moi
soient bons ou mauvais. Mais Nathalie nÕa-t-elle pas dÈj‡ son idÈe sur la vanitÈ du conseil attendu ? Et que proposera …lise ? Suivre la direction quÕelle devine dÈsirÈe par Nathalie ? Avaliser son aventure mais quand mÍme lÕalerter que tout ce quÕelle fera uniquement parce quÕon lui a dit de le faire ne pourra pas tenir la route longtemps ? Ou rÈpondre en songeant aux mille autres femmes mariÈes qui pour-raient sÕaventurer comme Nathalie ‡ ´ oser le rougeª et ‡ mettre leur couple en pÈril ? Ou aux mille autres qui sÕin-surgeront contre une telle conduite et une telle rÈponse ?
Il fallait que je vous Ècrive pour vous dire que vous avez bien de la constance et de lÕabnÈgation ‡ rÈpondre ‡ certaines correspondantes sur leurs problËmes qui des fois dÈpassent lÕentendement et la raison ; moi personnellement jÕaurais honte
CÕest elle, cÕest moi1 7
devant certains problËmes que cer-taines ou certains devraient garder pour elles notamment Nathalie qui ose vous demander des conseils et avoue sans honte quÕelle a 35 ans et quÕelle est mariÈe depuis 18 ans ‡ un homme adorable, sous prÈtexte que sa meilleure amie a un amant et quÕelle lui dit un jour ´ fais comme moi ª. Je me demande si non seulement elle manque de caractËre, ou est idiote ou si elle aime vraiment car quand on aime quelquÕun, je me demande si on le trompe pour faire plaisir ‡ sa meilleure amie. Vous avez de la constance ‡ rÈpondre ‡ de telles idio-ties. Je mets quand mÍme mon adresse. Gaby
Lire lÕaventure de Nathalie met Gaby hors dÕelle-mÍme. Elle a envie de communiquer sa rÈvolte. Deux lettres, deux faÁons dÕexister. Deux faÁons de faire sienne la page ´ courrier du cÏur ª. Entre ces deux Ècritures, il y a toutes celles qui un jour, liront leur tÈmoignage et qui, un autre jour, se dÈcideront ‡
1 8CÕest elle, cÕest moi
faire comme elles. ¿ vivre quelque chose et ‡ lÕÈcrire. Ou ‡ sÕoffusquer de ce que pensent dÕautres lecteurs, comme Ray-monde, AndrÈe et Yvette.
Je nÕai pas aimÈ quand vous avait rÈpondu ‡ une gamine de 19 ans qui voyait un garÁon de 16 ans sans prendre de prÈcautions. Vous lui dites de prendre conseil auprËs dÕun gynÈ-cologue. Moi je dis quÕelle doit tra-vailler ‡ lÕÈcole et quÕelle est trop jeune pour sÕoccuper de ces choses l‡. Ce serait ma fille, je la mettrais en pen-sion. Raymonde
Mon cÏur se glace ‡ chaque fois que je lis des histoires dÕadultËre. Je me demande si vous allez encore Ècouter leurs plaintes comme vous le faites parfois. Dites-leur quÕelles feraient mieux de laisser la paix dans les mÈnagesÉ AndrÈe
Dans votre rubrique, il arrive
CÕest elle, cÕest moi1 9
souvent que des jeunes adolescents vous demandent des conseils pour embrasser leur petit ami(e). JÕai soixante trois ans et ‡ mon avis, je trouve plus joli et plus gentil pour des amoureux de sÕembrasser gentiment sur la joue plutÙt que de se lÈcher la bouche comme on voit ‡ la tÈlÈ. Un sondage du DauphinÈ (journal de Rhone et Alpes) fait mention que les petits de 3 ‡ 7 ans sennuiaient quand ils voyaient sÕembrasser sur la bouche ‡ la tÈlÈ. Recevez …lise mes respec-tueuses salutations. Yvette
…lise, cÕest quelquÕun de moi en eux et dÕeux en moi. Une disposition venue dÕon ne sait o˘, tenue dÕon ne sait qui pour le go˚t des autres. DÕun mutisme et dÕune Ècoute prudente, for-gÈs dËs lÕenfance au bruit de la peine des uns et des autres. …lise, cÕest aussi lÕhistoire dÕun voyage entrepris ‡ lÕenvers. Du mien. Retourner sur des terres repoussÈes il y
2 0CÕest elle, cÕest moi
a trËs longtemps. L‡ o˘ la musique des mots, les intonations, les brusqueries, la fatalitÈ, la paresse, le manque de curio-sitÈ, le peu dÕestime de soi et lÕhabitude des humiliations ont formÈ les bases dÕune familiaritÈ avec les souffrances, petites et grandes. L‡ o˘, au cou des fiancÈes, pendait une mÈdaille vieillotte, gravÈe de solennelles paroles : ´ Plus quÕhier, moins que demain ª, sÈsame dÕun amour indestructible quÕil fallait connaÓtre, au risque de se retrouver dans la marge.
Ces gens-l‡ et moi, on est un peu de la mÍme glaise. Un monde de tai-seux. Quand on aime comme on lÕa tou-jours vu faire en famille, la lettre, aussi personnelle quÕelle soit, transpire des mots de lÕhistoire familiale. Chez certaines lectrices deNous Deux, il y a, cachÈe et secrËte, la virgi-nitÈ qui vous colle encore ‡ la peau ‡ la Sainte-Catherine, les tabous qui se
CÕest elle, cÕest moi2 1
reproduisent ‡ la vitesse des packs de biËre et le sixiËme enfant quÕon fait entre deux claques en espÈrant quÕil recollera les morceaux. Il y a aussi les cousins quÕon aime en coupable et lÕho-mosexualitÈ qui vous fait des signes assassins. Chez eux, la volÈe de coups, la bouteille de gnÙle ou lÕinceste rÈpÈtÈ nÕont parfois rien dÕune fiction. Ils ser-vent en bloc de rÈalitÈ, dÕexpÈriences, de souvenirs et de projets. JÕÈtais enfant et les murs de ma chambre nÕÈtaient pas assez Èpais pour me protÈger du malheur Ma mËre subissait les violences de mon pËre et moi, son indiffÈrence. JusquÕ‡ ce quÕil se rende compte que je grandissait. Il se mit ‡ dÈlaisser ma mËre. Je nÕosais rien dire. Un jour, elle nous a surpris. Elle a pris le fusil de chasse et a tirÈ sur lui. Je nÕoublierai jamais ce cauchemar, ces choses, ce bruit, la police et le sui-cide de ma mËre. …lise, donnez-moi votre avis, je vous en supplieÉ Gloria
2 2CÕest elle, cÕest moi
Quand on ne sait plus comment faire, comment trouver ou retrouver le bonheur, un sens ‡ sa vie, un homme ‡ aimer, une page ‡ tourner, quand la souffrance est l‡, tapie ‡ la lisiËre de lÕindicible, de lÕinnommable, y a tou-jours une petite phrase qui rÈsonne dans la tÍte du lecteur : Vous Èprouvez des difficultÈs dans votre vie sentimentale, vous avez envie de vous confier ? …lise est l‡ pour vous aider.
…lise est l‡. CÕest Ècrit. Le voyage peut commencer.
Soyez le premier à déposer un commentaire !

17/1000 caractères maximum.