Cours de version grecque publié sous forme de "feuilleton" - 2ème année de CPGE littéraire, La version grecque - cours n°6

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Ce cours de version grecque publié sous forme de "feuilleton" est enrichi de liens vers un ensemble de fiches "kit de survie" disponibles sur cette plate-forme (dans les Ressources/Autres), de lien vers le Wiki SILLAGES et de liens vers des sites pour hellénistes. Dix épisodes composent ce "feuilleton". Note : pour une bonne lecture de ce cours, il est recommandé de télécharger l'épisode du feuilleton sélectionné sur son ordinateur pour pouvoir accéder aux fiches "kit de survie" tout en poursuivant la lecture de cet épisode.
Publié le : vendredi 1 janvier 2010
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Michèle TILLARD – Lycée Montesquieu, 72000 LE MANS février 2011

Version grecque n° 6
Au point où vous en êtes dans l’apprentissage de la version, vous pouvez à présent vous attaquer à
de « vraies » version, destinées à des classes préparatoires littéraires, ou à des préparations
d’agrégation. Vous en trouverez chaque mois sur mon site, Philo-lettres, dans la « page de
l’helléniste ».
Je vous propose de vous lancer dès à présent dans la version du mois de février :
La bataille de Thermopyles
Après avoir décrit l’emplacement où eut lieu la bataille, Hérodote commence son récit :
[7,223] Ξέρξης δὲ ἐπεὶ ἡλίου ἀνατείλαντος σπονδὰς ἐποιήσατο, ἐπισχὼν χρόνον
ἐς ἀγορῆς κου μάλιστα πληθώρην πρόσοδον ἐποιέετο· καὶ γὰρ ἐπέσταλτο ἐξ
Ἐπιάλτεω οὕτω· ἀπὸ γὰρ τοῦ ὄρεος ἡ κατάβασις συντομωτέρη τε ἐστὶ καὶ
βραχύτερος ὁ χῶρος πολλὸν ἤ περ ἡ περίοδός τε καὶ ἀνάβασις. (2) Οἵ τε δὴ
5 βάρβαροι οἱ ἀμφὶ Ξέρξην προσήισαν, καὶ οἱ ἀμφὶ Λεωνίδην Ἕλληνες, ὡς τὴν ἐπὶ
θανάτῳ ἔξοδον ποιεύμενοι, ἤδη πολλῷ μᾶλλον ἢ κατ᾽ ἀρχὰς ἐπεξήισαν ἐς τὸ
εὐρύτερον τοῦ αὐχένος. Τὸ μὲν γὰρ ἔρυμα τοῦ τείχεος ἐφυλάσσετο, οἳ δὲ ἀνὰ τὰς
προτέρας ἡμέρας ὑπεξιόντες ἐς τὰ στεινόπορα ἐμάχοντο. (3) Τότε δὲ
συμμίσγοντες ἔξω τῶν στεινῶν*<+ ἔπιπτον πλήθεϊ πολλοὶ τῶν βαρβάρων·
10 ὄπισθε γὰρ οἱ ἡγεμόνες τῶν τελέων ἔχοντες μάστιγας ἐρράπιζον πάντα ἄνδρα,
αἰεὶ ἐς τὸ πρόσω ἐποτρύνοντες. Πολλοὶ μὲν δὴ ἐσέπιπτον αὐτῶν ἐς τὴν
θάλασσαν καὶ διεφθείροντο, πολλῷ δ᾽ ἔτι πλεῦνες κατεπατέοντο ζωοὶ ὑπ᾽
ἀλλήλων· ἦν δὲ λόγος οὐδεὶς τοῦ ἀπολλυμένου. (4) Ἅτε γὰρ ἐπιστάμενοι τὸν
μέλλοντα σφίσι ἔσεσθαι θάνατον ἐκ τῶν περιιόντων τὸ ὄρος, ἀπεδείκνυντο
15 ῥώμης ὅσον εἶχον μέγιστον ἐς τοὺς βαρβάρους, παραχρεώμενοί τε καὶ ἀτέοντες.

[7,224] Δόρατα μέν νυν τοῖσι πλέοσι αὐτῶν τηνικαῦτα ἤδη ἐτύγχανε κατεηγότα,
οἳ δὲ τοῖσι ξίφεσι διεργάζοντο τοὺς Πέρσας. Καὶ Λεωνίδης τε ἐν τούτῳ τῷ πόνῳ
πίπτει ἀνὴρ γενόμενος ἄριστος καὶ ἕτεροι μετ᾽ αὐτοῦ ὀνομαστοὶ Σπαρτιητέων,
τῶν ἐγὼ ὡς ἀνδρῶν ἀξίων γενομένων ἐπυθόμην τὰ οὐνόματα, ἐπυθόμην δὲ καὶ
20 ἁπάντων τῶν τριηκοσίων. (2) Καὶ δὴ Περσέων πίπτουσι ἐνθαῦτα ἄλλοι τε πολλοὶ
καὶ ὀνομαστοί, ἐν δὲ δὴ καὶ Δαρείου δύο παῖδες Ἀβροκόμης τε καὶ Ὑπεράνθης, ἐκ
τῆς Ἀρτάνεω θυγατρὸς Φραταγούνης γεγονότες Δαρείῳ. Ὁ δὲ Ἀρτάνης Δαρείου
μὲν τοῦ βασιλέος ἦν ἀδελφεός, Ὑστάσπεος δὲ τοῦ Ἀρσάμεος παῖς· ὃς καὶ
ἐκδιδοὺς τὴν θυγατέρα Δαρείῳ τὸν οἶκον πάντα τὸν ἑωυτοῦ ἐπέδωκε, ὡς μούνης
25 οἱ ἐούσης ταύτης τέκνου.
*7,225+ Ξέρξεώ τε δὴ δύο ἀδελφεοὶ ἐνθαῦτα πίπτουσι μαχόμενοι, καὶ ὑπὲρ τοῦ
νεκροῦ τοῦ Λεωνίδεω Περσέων τε καὶ Λακεδαιμονίων ὠθισμὸς ἐγίνετο πολλός,
ἐς ὃ τοῦτόν τε ἀρετῇ οἱ Ἕλληνες ὑπεξείρυσαν καὶ ἐτρέψαντο τοὺς ἐναντίους
τετράκις. Τοῦτο δὲ συνεστήκεε μέχρι οὗ οἱ σὺν Ἐπιάλτῃ παρεγένοντο. (2) Ὡς δὲ
30 τούτους ἥκειν ἐπύθοντο οἱ Ἕλληνες, ἐνθεῦτεν ἤδη ἑτεροιοῦτο τὸ νεῖκος· ἔς τε γὰρ
τὸ στεινὸν τῆς ὁδοῦ ἀνεχώρεον ὀπίσω, καὶ παραμειψάμενοι τὸ τεῖχος ἐλθόντες
ἵζοντο ἐπὶ τὸν κολωνὸν πάντες ἁλέες οἱ ἄλλοι πλὴν Θηβαίων. [Ὁ δὲ κολωνὸς
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ἐστὶ ἐν τῇ ἐσόδῳ, ὅκου νῦν ὁ λίθινος λέων ἕστηκε ἐπὶ Λεωνίδῃ]. (3) Ἐν τούτῳ
σφέας τῷ χώρῳ ἀλεξομένους μαχαίρῃσι, τοῖσι αὐτῶν ἐτύγχανον ἔτι περιεοῦσαι,
35 καὶ χερσὶ καὶ στόμασι κατέχωσαν οἱ βάρβαροι βάλλοντες, οἳ μὲν ἐξ ἐναντίης
ἐπισπόμενοι καὶ τὸ ἔρυμα τοῦ τείχεος συγχώσαντες, οἳ δὲ περιελθόντες
πάντοθεν περισταδόν.

Cette version est évidemment beaucoup plus longue que celles auxquelles vous étiez
accoutumés, mais la méthode reste rigoureusement la même : on commence par des
repérages très généraux, et l’on poursuit par une analyse phrase par phrase, avec sous la
main la grammaire, le dictionnaire, le « kit de survie »< Consultez en particulier la fiche sur
la langue d’Hérodote.
Vue d’ensemble :
Le texte est composé de trois paragraphes : il y a donc fort à parier que nous aurons affaire à
trois étapes de la bataille. Il faudra donc être particulièrement attentif aux indications de
temps, de lieu, et de personnes.
er1 paragraphe (223)
ère Ligne 1 : présence de Xerxès, l’un des protagonistes du combat. Il est sujet de la 1
phrase. Puis, si l’on observe les sujets, nous constatons qu’il est question des Barbares
(οἵ τε δὴ βάρβαροι οἱ ἀμφὶ Ξέρξην), puis des Grecs (οἱ ἀμφὶ Λεωνίδην Ἕλληνες)
er Dans ce 1 paragraphe, on peut aussi remarquer que les verbes sont pour l’essentiel à
l’aoriste et à l’imparfait, temps attendus du récit.
 Les indications temporelles sont nombreuses (surlignées en vert) : elles peuvent être
absolues (ἡλίου ἀνατείλαντος, au lever du soleil ; ἐς ἀγορῆς κου μάλιστα
πληθώρην, vers l’heure où l’agora est pleine) ou relatives (πολλῷ μᾶλλον ἢ κατ’
ἀρχάς, beaucoup plus qu’au début ; ἀνὰ τὰς προτέρας ἡμέρας, au long des jours
précédents).
 Les indications spatiales sont également présentes : ἀπὸ γὰρ τοῦ ὄρεος ἡ κατάβασις,
la descente de la montagne, ἐς τὸ εὐρύτερον τοῦ αὐχενος, vers l’endroit le plus large
du défilé, τὸ ἔρυμα τοῦ τείχεος, l’abri du mur, ἐς τὰ στεινόπορα, vers la partie
resserrée, ἔξω τῶν στεινῶν, en dehors des passes, ἐς τὴν θάλασσαν, dans la mer<
Un coup d’œil au texte précédent nous montre avec quelle précision géographique
Hérodote a situé l’emplacement et le site de cette bataille décisive.
 Comme on peut s’y attendre dans un récit de bataille, les verbes sont nombreux :
majoritairement à l’aoriste jusqu’à la ligne 7 (αὐχένος), puis majoritairement à
l’imparfait (de durée ou de répétition).
ème2 paragraphe (224)
er Plusieurs choses frappent au 1 abord dans ce § :
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o Les indications temporelles et spatiales tendent à disparaître, ou du moins se
limitent à des notations anaphoriques (ἐνθαῦτα, l. 20).
o Les verbes sont à des temps divers, avec pas mal de présents, sans doute de
narration (hypothèse qu’il conviendra de vérifier) : πίπτει l. 18, πίπτουσι l. 20.
o Surtout, on voit apparaître ici un grand nombre de noms propres (surlignés
eren rose) : cela contraste avec le récit du 1 §, où dominaient les pluriels
indifférenciés. L’on remarque ainsi le nom de Darius, ainsi que des noms de
parentèle : παῖδες, θυγατήρ, τέκνον...
èreo Enfin, surgissent des verbes à la 1 personne du singulier : interventions du
narrateur, pour des commentaires et/ou des digressions.
ème3 paragraphe (225) :
 La première phrase reprend un verbe utilisé dans le second : πίπτουσι, et semble un
« sommaire » qui sert de transition avec ce qui précède.
 S’ensuit une série de verbes à l’imparfait : ἐγίνετο, ὑπεξείρυσαν, ἐτρέψαντο.
 Puis une phrase qui sert à nouveau de transition, avec une première notation
temporelle : μέχρι οὗ, jusqu’à ce que, indiquant un tournant dans le récit.
 On retrouve alors les indications temporelles (ὡς... ἐπύθοντο, ἐνθεῦτεν ἤδη) et
surtout locales (ἐς τὸ στεινὸν τῆς ὁδοῦ, ὀπίσω, ἐπὶ τὸν κολωνὸν, ἐν τῇ ἐσόδῳ, ἐν
τούτῳ τῷ χώρῳ, ἐξ ἐναντίης, πάντοθεν...) : la bataille a repris après une parenthèse.
L’action occupe désormais toute la place : aucune trace du narrateur, à l’exception
d’une brève notation au présent descriptif : ὁ δὲ κολωνὸς ἐστὶ ἐν τῇ ἐσόδῳ, ὅκου
νῦν ὁ λίθινος λέων ἕστηκε ἐπὶ Λεωνίδῃ : « la colline est dans l’entrée, là où
aujourd’hui se dresse le lion de pierre en l’honneur de Léonidas ».
Analyse phrase par phrase :
Premier paragraphe :
Selon notre habitude, nous marquerons de différentes couleurs les fonctions : sujet et groupe-sujet
en rouge, COD en bleu, COI en vert etc.
Ξέρξης δὲ [ἐπεὶ (ἡλίου ἀνατείλαντος) σπονδὰς ἐποιήσατο], ἐπισχὼν χρόνον ἐς ἀγορῆς
κου μάλιστα πληθώρην πρόσοδον ἐποιέετο· καὶ γὰρ ἐπέσταλτο ἐξ Ἐπιάλτεω οὕτω· ἀπὸ
γὰρ τοῦ ὄρεος ἡ κατάβασις συντομωτέρη τε ἐστὶ καὶ βραχύτερος ὁ χῶρος πολλὸν ἤ περ
ἡ περίοδός τε καὶ ἀνάβασις.
 Trois verbes dont le sujet est Xerxès : σπονδὰς ἐποιήσατο, πρόσοδον ἐποιεετο,
ἐπέσταλτο ; un participe présent également au nominatif, donc apposé à Xerxès :
ἐπισχὼν χρόνον. L’accent sur ἐπισχὼν indique que nous avons affaire à un participe
aoriste thématique.
 Puis un dernier verbe au présent, ἐστί, dont le sujet est ἡ κατάβασις et l’attribut
συντομωτέρη
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 Enfin, on voit apparaître des nominatifs sans verbe : il est facile d’y substituer le
verbe être, couramment omis dans ce cas : on notera également une comparaison,
avec un comparatif en –τερος et un complément introduit par ἤ.
Il ne reste plus qu’à chercher le vocabulaire manquant, et à traduire !
Οἵ τε δὴ βάρβαροι οἱ ἀμφὶ Ξέρξην προσήισαν, καὶ οἱ ἀμφὶ Λεωνίδην Ἕλληνες, (ὡς τὴν
ἐπὶ θανάτῳ ἔξοδον ποιεύμενοι), ἤδη πολλῷ μᾶλλον ἢ κατ᾽ ἀρχὰς ἐπεξήισαν ἐς τὸ
εὐρύτερον τοῦ αὐχένος. Τὸ μὲν γὰρ ἔρυμα τοῦ τείχεος ἐφυλάσσετο, οἳ δὲ ἀνὰ τὰς
προτέρας ἡμέρας ὑπεξιόντες ἐς τὰ στεινόπορα ἐμάχοντο.
ère Deux constructions strictement parallèles dans la 1 phrase : οἵ τε βάρβαροι οἱ ἀμφὶ
Ξέρξην... προσήισαν // οἱ ἀμφὶ Λεωνίδην Ἕλληνες...ἐπεξήισαν : deux noms
propres, ceux des protagonistes, deux verbes de mouvement, composés de εἶμι à
l’imparfait ; mais le membre de phrase concernant les Grecs de Léonidas est plus
développé, avec un participe introduit par ὡς (“dans la pensée que”) et qui marque la
situation tragique de ces derniers, un commentaire de l’historien (ἤδη πολλῶ
μᾶλλον ἢ κατ᾽ ἀρχὰς – désormais beaucoup plus qu’au début), et une précision de
lieu (ἐς τὸ εὐρύτερον τοῦ αὐχένος, vers la partie plus large du défilé).
 Seconde phrase, elle aussi en deux propositions indépendantes reliées par μὲν...δέ ; le
verbe ἐφυλάσσετο est au passif : « on protégeait l’abri du rempart »
 L’ensemble indique une situation précédente, ἀνὰ τὰς προτέρας ἡμέρας, “au cours
des jours précédents”, qui va précisément évoluer. On remarquera la précision
géographique d’Hérodote<
Τότε δὲ συμμίσγοντες ἔξω τῶν στεινῶν*<+ ἔπιπτον πλήθεϊ πολλοὶ τῶν βαρβάρων·
ὄπισθε γὰρ οἱ ἡγεμόνες τῶν τελέων ἔχοντες μάστιγας ἐρράπιζον πάντα ἄνδρα, αἰεὶ ἐς
τὸ πρόσω ἐποτρύνοντες.
 Le premier nominatif, συμμίσγοντες, ne peut se rapporter qu’aux combattants grecs
cités dans la phrase précédente ; il y a donc une lacune, signalée par *..+. “Ce jour-là,
en en venant aux mains en dehors des passes<”
 Le reste de la phrase ne présente pas de difficulté ; Hérodote montre ici que la
vaillance des Barbares tient beaucoup à la terreur que leurs chefs, qui se tiennent
derrière eux et non devant comme les chefs grecs, leur inspirent, le fouet à la main<
 Attention au mot τέλος, ους qui a ici le sens de « bataillon, compagnie », comme chez
Homère (Iliade VII, 380 etc.)

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Πολλοὶ μὲν δὴ ἐσέπιπτον αὐτῶν ἐς τὴν θάλασσαν καὶ διεφθείροντο, πολλῷ δ᾽ ἔτι
πλεῦνες κατεπατέοντο ζωοὶ ὑπ᾽ ἀλλήλων· ἦν δὲ λόγος οὐδεὶς τοῦ ἀπολλυμένου. (4) Ἅτε
γὰρ ἐπιστάμενοι [τὸν μέλλοντα σφίσι ἔσεσθαι θάνατον ἐκ τῶν περιιόντων τὸ ὄρος],
ἀπεδείκνυντο ῥώμης ὅσον εἶχον μέγιστον ἐς τοὺς βαρβάρους, παραχρεώμενοί τε καὶ
ἀτέοντες.
 Une première phrase concerne les Barbares ; Hérodote insiste sur l’ampleur des
pertes : πολλοὶ αὐτῶν... πολλῷ δ’ἔτι πλεῦνες (πλείονες en dialecte ionien ; voir la
fiche sur le dialecte ionien) ; voir aussi le lexique de la mort et de la destruction :
ἐσέπιπτον, διεφθείροντο, κατεπατέοντο, ἀπολλυμένου...
 La seconde phrase concerne, elle, les Grecs (on remarquera un chiasme avec les deux
phrases précédentes : les deux camps sont donc mêlés, et évoqués tour à tour ; mais
l’on termine sur les Grecs, avec un point de vue interne (ἐπιστάμενοι).
 Une infinitive, introduite par ἐπιστάμενοι : τὸν μέλλοντα θάνατον (sujet) σφίσι
ἔσεσθαι (verbe + COI) ἐκ τῶν περιιόντων τὸ ὄρος (complément d’origine) : on
notera que cette mort est dramatiquement annoncée par un double futur (μέλλοντα,
ἔσεσθαι), et le verbe « savoir », impliquant à la fois lucidité et certitude. Hérodote
annonce également ainsi la phase suivante de la bataille, l’arrivée des renforts perses
èmed’Éphialtès (voir fin du 3 §).
 Construire : ὅσον μέγιστον ῥώμης εἶχον : mot à mot « la plus grande force qu’ils
avaient » ; sur ὅσον, voir la fiche sur les relatifs ; παραχρεώμενοί signifie
“insoucieux de leur vie” et ἀτέοντες, insensés. Il faut noter le violent contraste entre
les Barbares qui ne se battent que si on les y oblige, et les Grecs qui, dans une
situation désespérée, se battent comme des forcenés<
 Il ne vous reste plus qu’à traduire ce premier paragraphe : la correction est ici.
ème2 paragraphe :
Δόρατα μέν νυν τοῖσι πλέοσι αὐτῶν τηνικαῦτα ἤδη ἐτύγχανε κατεηγότα, οἳ δὲ τοῖσι
ξίφεσι διεργάζοντο τοὺς Πέρσας.
 Une phrase au passé, qui fait le lien avec le paragraphe précédent. Attention à la règle
τὰ ζῷα τρέχει !
o Κατεηγότα : participe parfait (résultatif) de κατάγνυμι, avec sens passif :
« être brisé »
o τηνικαῦτα : à ce moment-là
 symétrie et dissymétrie : δόρατα μὲν... οἳ δέ : les javelots< les hommes<
Dramatisation : les Grecs se battent au corps à corps, n’ayant plus d’armes de jet.
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Καὶ Λεωνίδης τε ἐν τούτῳ τῷ πόνῳ πίπτει ἀνὴρ γενόμενος ἄριστος / καὶ ἕτεροι μετ᾽
αὐτοῦ ὀνομαστοὶ Σπαρτιητέων, /τῶν ἐγὼ ὡς ἀνδρῶν ἀξίων γενομένων ἐπυθόμην τὰ
οὐνόματα, ἐπυθόμην δὲ καὶ ἁπάντων τῶν τριηκοσίων.
 Rupture temporelle : irruption du présent de narration, comble de la dramatisation,
pour indiquer la mort du héros, Léonidas. Le sujet est amplifié par l’expression (qui
est un éloge funèbre) ἀνὴρ γενόμενος ἄριστος ;
ème Relance de la phrase avec un 2 sujet pour le même verbe : καὶ ἕτεροι μετ᾽ αὐτοῦ
ὀνομαστοὶ Σπαρτιητέων : et avec lui, d’autres de grand renom, parmi les Spartiates
(G. partitif) ; le verbe πίπτουσιν est sous-entendu ;
 Surgissement inattendu d’un ἐγώ suivi d’un double verbe ἐπυθόμην (aoriste de
πυνθάνομαι) : on voit ici l’historien dans ses œuvres, qui s’informe et transmet les
noms des héros morts, pour laplus grande gloire de la Grèce ; τῶν est ici employé
comme un pronom relatif ὧν ; hyperbate avec répétition du verbe : « et je me suis
même informé des noms de tous les 300 ». Il y a là probablement un souvenir
homérique, de la gloire due au nom, seule forme d’immortalité pour les héros<
Καὶ δὴ Περσέων πίπτουσι ἐνθαῦτα ἄλλοι τε πολλοὶ καὶ ὀνομαστοί, ἐν δὲ δὴ καὶ Δαρείου
δύο παῖδες Ἀβροκόμης τε καὶ Ὑπεράνθης, ἐκ τῆς Ἀρτάνεω θυγατρὸς Φραταγούνης
γεγονότες Δαρείῳ. Ὁ δὲ Ἀρτάνης Δαρείου μὲν τοῦ βασιλέος ἦν ἀδελφεός, Ὑστάσπεος δὲ
τοῦ Ἀρσάμεος παῖς· ὃς καὶ ἐκδιδοὺς τὴν θυγατέρα Δαρείῳ τὸν οἶκον πάντα τὸν ἑωυτοῦ
ἐπέδωκε, [ὡς μούνης οἱ ἐούσης ταύτης τέκνου].
 Après les pertes dans le camp grec, Hérodote, fidèle à son principe d’alternance,
passe au camp Perse, où les morts ne sont pas moins remarquables ; d’où ici une
digression « généalogique »<
 ἐν δὲ a ici un sens adverbial : « parmi », « parmi eux », « entre autres »
 Deux fils de Darius, Abrocomès et Hyperanthès (on notera l’hellénisation des
noms<). S’ensuit une petite parenthèse : Artanès était d’une part frère du roi Darius,
d’autre part fils d’Hystapès lui-même fils d’Arsamès< ici, un petit schéma s’impose :
Arsamès
Hystaspès
Darius Artanès
Phratagouna
Abrocomès Hyperanthès

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On pourrait s’étonner que Darius ait épousé sa nièce ; cela ne surprenait pas un Grec,
habitué à ce qu’une fille épiclère (c'est-à-dire héritière et sans tuteur) épouse son plus
proche parent<
 ὃς est ici un relatif de liaison.
Tout ce second paragraphe est donc sous le signe de la mort ; il constitue également une
sorte de pause dans le récit de la bataille, entre la résistance désespérée des Grecs face à
Xerxès, et l’arrivée des renforts de celui-ci. Et la traduction est ici.
ème3 paragraphe :
Ξέρξεώ τε δὴ δύο ἀδελφεοὶ ἐνθαῦτα πίπτουσι μαχόμενοι,/ καὶ ὑπὲρ τοῦ νεκροῦ τοῦ
Λεωνίδεω Περσέων τε καὶ Λακεδαιμονίων ὠθισμὸς ἐγίνετο πολλός, ἐς ὃ τοῦτόν τε ἀρετῇ
οἱ Ἕλληνες ὑπεξείρυσαν καὶ ἐτρέψαντο τοὺς ἐναντίους τετράκις. Τοῦτο δὲ συνεστήκεε
μέχρι οὗ οἱ σὺν Ἐπιάλτῃ παρεγένοντο.
ère 1 proposition : sommaire, qui reprend la notation précédente sur les frères de
Xerxès. Présent de narration – et l’on constate qu’Hérodote ne recule pas devant la
èmerépétition : c’est la 3 occurrence du verbe πίπτειν, toujours au présent de
narration !
 La seconde proposition montre un combat autour du cadavre de Léonidas :
nouveau souvenir homérique ?
 ἐς ὃ : relatif ; « jusqu’à ce que »
 ὑπεξερύω (-ειρύω) : soustraire
 τρέπομαι, ici « mettre en fuite »
 συνεστήκεε : parfait de συνίστημι. Τοῦτο δὲ συνεστήκεε μέχρι οὗ : « cette
situation se prolongea jusqu’au moment où< » : Merci le Bailly !... La dernière
phrase annonce l’ultime phase de la bataille, l’arrivée des bataillons frais
d’Éphialtès, qui vont achever d’écraser les Spartiates.
Ὡς δὲ (τούτους ἥκειν) ἐπύθοντο οἱ Ἕλληνες, ἐνθεῦτεν ἤδη ἑτεροιοῦτο τὸ νεῖκος· ἔς τε
γὰρ τὸ στεινὸν τῆς ὁδοῦ ἀνεχώρεον ὀπίσω, καὶ παραμειψάμενοι τὸ τεῖχος ἐλθόντες
ἵζοντο ἐπὶ τὸν κολωνὸν πάντες ἁλέες οἱ ἄλλοι πλὴν Θηβαίων. Ὁ δὲ κολωνὸς ἐστὶ ἐν τῇ
ἐσόδῳ, ὅκου νῦν ὁ λίθινος λέων ἕστηκε ἐπὶ Λεωνίδῃ.
ère 1 phrase : l’arrivée des ennemis est vécue « de l’intérieur » par les Grecs : « lorsque
les Grecs furent informés qu’ils arrivaient< » ; insistance sur les compléments de
temps : Ὡς< ἐνθεῦτεν ἤδη< qui indiquent un point de départ. Puis ce sont les
compléments de lieu qui l’emportent : on revient à un combat de mouvement : ἔς τε
γὰρ τὸ στεινὸν τῆς ὁδοῦ, vers la partie étroite de la route, ὀπίσω, en arrière,
παραμειψάμενοι τὸ τεῖχος, ayant contourné le mur, ἐπὶ τὸν κολωνὸν, sur la colline ;
de même, les verbes indiquent presque tous un mouvement – Hérodote s’efforçant
néanmoins de ne pas donner l’impression d’une déroute : ἀνεχώρεον, ils se
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repliaient, παραμειψάμενοι, ayant contourné, ἐλθόντες, étant allés, et enfin ἵζοντο,
ils prenaient position. Si les participes sont à l’aoriste, les verbes conjugués sont, eux,
à l’imparfait – ce qui donne la sensation d’un mouvement lent, et ordonné.
 ἁλής, ής, ές : rassemblé, en masse. πάντες ἁλέες οἱ ἄλλοι πλὴν Θηβαίων : tous
rassemblés, sauf les Thébains : le camp des Grecs commence à se fissurer, avec une
tentative de trahison<
 Nouvelle parenthèse « documentaire » au présent.
Ἐν τούτῳ σφέας τῷ χώρῳ ἀλεξομένους μαχαίρῃσι, *τοῖσι αὐτῶν ἐτύγχανον ἔτι
περιεοῦσαι+, καὶ χερσὶ καὶ στόμασι κατέχωσαν οἱ βάρβαροι βάλλοντες, οἳ μὲν ἐξ
ἐναντίης ἐπισπόμενοι καὶ τὸ ἔρυμα τοῦ τείχεος συγχώσαντες, οἳ δὲ περιελθόντες
πάντοθεν περισταδόν.
La dernière phrase peut paraître complexe, mais une analyse précise lève les difficultés :
 Le sujet du verbe principal est οἱ βάρβαροι, avec un participe présent apposé,
βάλλοντες, et une double amplification :
o οἳ μὲν ἐξ ἐναντίης ἐπισπόμενοι καὶ τὸ ἔρυμα τοῦ τείχεος συγχώσαντες,
o οἳ δὲ περιελθόντες πάντοθεν περισταδόν.
« les Barbares jetant des traits, les uns les poursuivant de front (ἐξ ἐναντίης) et ayant
détruit l’abri du mur, les autres faisant le tour en les encerclant de toutes parts
(περισταδόν est un adverbe signifiant « en se tenant tout autour »)<
 Le verbe principal est κατέχωσαν, de καταχώννυμι : ensevelir ; on notera que ce
verbe est de la même racine que συγχώσαντες (συγχώννυμι)
 Le COD est σφέας ἀλεξομένους : eux se défendant (ἀλέξομαι) ; μαχαίρῃσι καὶ
χερσὶ καὶ στόμασι sont des datifs instrumentaux : avec des couteaux, avec leurs
mains, avec leurs bouches (= leurs dents)
 τοῖσι αὐτῶν ἐτύγχανον ἔτι περιεοῦσαι est une proposition relative, introduite par
τοῖσι qui est ici l’équivalent d’un relatif : « pour ceux d’entre eux qui en avaient
encore » (περίειμι : être encore, rester, subsister. On reconnaît ici la formule « être +
datif » pour exprimer la possession.
Et la traduction est ici, accompagnée d’un commentaire.
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