ÉCRIRE LE VOYAG EN CHINE (1840-1939

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UNIVERSITÉ PARIS IV-SORBONNE ÉCOLE DOCTORALE III Littératures françaises et comparée T H È S E pour obtenir le grade de DOCTEUR DE L'UNIVERSITÉ PARIS IV-SORBONNE Discipline : Littérature et civilisation française Présentée et soutenue par : ZHU COMBES Hui, Isabelle le : XX décembre 2011 ÉCRIRE LE VOYAG EN CHINE (1840-1939) Poétique et altérité Sous la direction de : Monsieur Didier ALEXANDRE Professeur, Université Paris IV-Sorbonne JURY (y reporter tous les membres de jury présents à la soutenance): [Civilité Prénom NOM] [Titre, établissement] Président(e) du jury (sur version définitive) [Civilité Prénom NOM] [Titre
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Publié le : lundi 26 mars 2012
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Source : paris-sorbonne.fr
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UNIVERSITÉ PARIS IV-SORBONNE
ÉCOLE DOCTORALE III Littératures françaises et comparée T H È S E pour obtenir le grade de DOCTEUR DE L’UNIVERSITÉ PARIS IV-SORBONNE Discipline : Littérature et civilisation française Présentée et soutenue par : ZHU COMBES Hui, Isabelle le : XX décembre 2011 ÉCRIRE LE VOYAG EN CHINE (1840-1939) Poétique et altéritéSous la direction de : Monsieur Didier ALEXANDREUniversité Paris IV-Sorbonne Professeur, JURY(y reporter tous les membres de jury présents à la soutenance):[Civilité Prénom NOM]établissement] Président(e)du jury [Titre,(sur version définitive)[Civilité Prénom NOM]établissement] [Titre, [Civilité Prénom NOM]établissement] [Titre, [Civilité Prénom NOM] [Titre,établissement] [Civilité Prénom NOM] [Titre,établissement] [Civilité Prénom NOM] [Titre,établissement]
Ce travail s’interroge d’une part sur la pratique de l’écriture du voyage chez les écrivains voyageurs francophones qui ont visité ou séjourné en Chine entre 1840 et 1939, et d’autre part sur la manière dont leur écriture traite des notions d’exotisme et d’altérité. Le paradigme du voyage romantique constitue un point de repère important, même si les siècles antérieurs ne sont pas à négliger. La réflexion prend en compte des complexités géographique, historique, politique, culturelle et philosophique qui ont marqué l’Occident et l’Extrême-Orient pendant cette période de cent ans. À ces enjeux «collectifs » s’en ajoutent d’autres plus personnels qui ont leur importance: la dimension individuelle du voyage, les données biographiques, les convictions spirituelles, les lectures et la conception même de l’écriture et de la littérature. La première partie de la thèse envisage les traits fondateurs du récit de voyage et aborde les récits du corpus d’un point de vue historique. La deuxième partie explore les interactions qui régissent le voyage et son écriture afin de mettre en évidence un art de composition qui transforme le vécu et le souvenir en écrit. La troisième partie appréhende l’écriture du voyage sur le plan de l’imaginaire, à travers la notion d’exotisme dans une vision qui se veut synthétique, et la question de représentation de l’altérité par le truchement de deux thèmes fédérateurs : le blanc de la carte et la langue chinoise. Mots-clés :récit de voyage, exotisme, altérité, identité, Chine, Extrême-Orient, Occident, e e XIX -XXsiècle, Claudel, Segalen, Michaux, Huc, Loti, Farrère, David-Néel Writing about travelling in China (1840-1939). Poetics and alterityThis study concerns itself with two aspects of the techniques of French-speaking travel writers who visited China between 1840 and 1939 and of those who lived there during this period: on the one hand their writing practices and on the other the manner in which their texts deal with the notions of exoticism and the Other. The archetype of the romantic voyage constitutes an important reference, but the preceding centuries are taken into account, too. The study integrates the geographical, historical, political, cultural and philosophical complexities which characterised the West and the Far East during this particular hundred-year period. These «collective »factors are complemented by other similarly important but specifically personal elements: the individual character of the journey, biographical details, spiritual convictions, reading preferences and the writers’ particular conceptions of literature and writing. The first part of the dissertation examines the founding characteristics of the travel writing and approaches the corpus from an historical perspective. The second part explores the interactions between the journey itself and the way it is described in order to highlight an art of composition which transforms experience and memories into writing. The third part considers the travel writing as the work of the imaginary through a synthesizing analysis of exoticism, and the problem of the representation of the Other by means of two unifying themes: the blank areas on the map and the Chinese language. Keywords :travel writing, exoticism, Other, identity, China, Far-East, West, nineteenth and twentieth century, Claudel, Segalen, Michaux, Huc,Loti, Farrère, David-Néel Discipline : Littérature et civilisation française École doctorale IIILittératures françaises et comparée Université Paris IV-Sorbonne, 1, rue Victor Cousin, 75005 Paris
Position de thèse Ce travail s’intéresse aux écrivains voyageurs francophones qui ont visité ou séjourné en Chine entre 1840 et 1930 et s’organise autour de deux axes principaux: s’interroger sur l’évolution de l’écriture du voyage dans une thématique consacrée à la Chine et explorer les notions d’exotisme et d’altérité en relation avec les spécificités du monde chinois et celles d’un Occident contemporain.
Cette période de cent ans possède un intérêt particulier pour l’analyse de l’écriture du voyage et celle de la représentation de l’altérité qui constitue l’enjeu premier du récit de voyage. D’une part, ces cent ans constituent un siècle de présence occidentale en Chine en tant que puissance coloniale, même si la Chine n’était pas considérée comme une « colonie » proprement dite. Cela a pour conséquence que les voyageurs occidentaux, venant de tous horizons, se multiplient sur le sol chinois et que de très nombreux écrits témoignent de leurs expériences voyageuses et de leurs découvertes de l’autre. D’autre part, la Chine connaît pendant ces cent ans une période particulièrement mouvementée sur le plan politique: la Chine dynastique disparaît pour toujours, cédant la place à une république.
Selon l’ordre chronologique des voyages ou des séjours en Chine, le corpus, réunissant treize auteurs et quatorze œuvres, se présente comme suit :
1.HUC Évariste,Souvenirs d’un voyage dans la Tartarie et le Thibet pendant les années 1844, 1845 et 1846, (Paris, Gaume Frères, 1850) Paris, Omnibus, 2001. 2.HUC Évariste,L’Empire chinois, (Paris, Gaume Frères, 1854) Monaco, éd. du Rocher, coll. « Itinéraires », 1980. 3.CLAUDEL Paul,Connaissance de l’Est, (Paris, Mercure de France, 1900, pour la section 1895-1900; Paris, Mercure de France, 1907, pour la section 1900-1905), Paris, Gallimard, coll. « Poésie », 1974. 4.FARRÈRE Claude,Mes voyages. La Promenade d’Extrême-Orient (latournée en Extrême-Orient eut lieu entre 1897 et 1900), Paris, Flammarion, 1924. 5.LOTI Pierre,Les Derniers Jours de Pékin, (Paris, Calmann-Lévy, 1902), inPierre Loti. Voyages (1872-1913), Paris, Robert Laffont, coll. « Bouquins », 1991. 6.HOURST Émile,Dans les Rapides du fleuve bleu, (Paris, Plon, 1904) Paris, Librairie You-Feng, éd. Plon, coll. « Secondes », 1992. 7.D’OLLONE Henri,Les Derniers Barbares. Chine-Tibet-Mongolie.Mission d’Ollone 1906-1909, (Paris, Pierre Laffitte & Cie, 1911) Paris, Librairie You-Feng, coll. « Secondes », 1988.8.GILBERT DE VOISINS Auguste,Écrit en Chine, (Paris, Floury, 1913) Paris, G. Crès et Cie, coll. « Voyages », 2 vol., 1923.
9.SEGALEN Victor,Équipée, (Paris, Plon, 1929) inVictor Segalen. Œuvres complètes, Paris, Robert Laffont, coll. « Bouquins », vol. II, 1995. 10.DAVID-NÉEL Alexandra,Voyage d’une Parisienne à Lhassa, (Paris, Plon, 1927) Paris, Plon, 1972. 11.RODÈS Jean,À travers la Chine actuelle, Paris, Fasquelle, 1932. 12.MICHAUX Henri,Un Barbare en Asie, (Paris, Gallimard, 1933) Paris, Gallimard, Nrf, 1967. 13.LALOY Louis,Miroir de la Chine, Paris, Desclée de Brouwer, coll. «Les îles», 1933.14.MAILLART Ella,Oasis interdites, (Paris, Bernard Grasset, 1937) Paris, Petite Bibliothèque Payot, coll. « Voyageurs », 2002. L’analyse tient compte des enjeux multiples. Du point de vue de la poétique de l’écriture du voyage, l’avènement de l’écriture du voyage romantique constitue pour notre étude un point de repère important, même si les siècles antérieurs ne sont pas à négliger. La question du genre est volontairement laissée ouverte, de sorte à ne pas enfermer le corpus dans une définition que les écrivains voyageurs ont toujours évitée. Cette précaution nous conduit à être attentive aux traits dominants propres au corpus quant à la condition de sa production, ses thématiques, sa structuration et sa mise en forme, afin de faire émerger une vision d’ensemble de la pratique de l’écriture du voyage dans une période qui suit immédiatement le romantisme et dans une thématique consacrée à la Chine.
Du point de vue de l’imaginaire du voyage qui implique les notions d’identité et d’altérité, l’analyse prend en considération la complexité de l’environnement socioculturel dans lequel s’inscrit le corpus, que ce soit du côté du monde chinois ou du côté du monde occidental.
Du côté du monde chinois, la complexité est d’abord liée à son Histoire récente, comme signalé plus haut. La complexité est également diachronique. Les voyageurs occidentaux qui visitent la Chine d’avant l’avènement républicain étaient-ils conscients de ce que la classe régnante est composée, non pas de Chinois, mais de Mandchous, et cela depuis e le XVIIsiècle ?Étaient-ils également conscients de ce que, à l’égard du monde chinois, l’imaginaire collectif occidental s’était construit au fil des siècles avec des réalités bien différentes : le récit de Marco Polo se réfère à la cour des Yuan, c’est-à-dire des Mongols qui avaient conquis la Chine pour un siècle et demi ; le premier jésuite en Chine, l’italien Matteo Ricci, décrit dans sonHistoire de l’expédition chrétienne au royaume de la Chineles Chinois
de la dynastie des Ming, une dynastie chinoise proprement dite, tandis que les récits et les Lettres édifiantessuccès de ses successeurs français dépeindront la cour des Mandchous à dans la première moitié de leur règne. Enfin, la complexité se trouve accrue par l’immensité et la variété qui caractérisent la Chine sur les plans géographique, ethnique et culturel. Du côté de l’Occident, la complexité réside en premier lieu dans le thème même par lequel celui-ci se désigne: la notion d’Occident est confondue ici avec un point de vue éminemment européen. La distinction entre la notion d’Orient et celle d’Extrême-Orient n’est pas non plus toujours de rigueur, car le couple Occident/Orient reste largement dominant, quand bien même l’opposition serait construite par rapport à une réalité extrême-orientale. La complexité se situe également au niveau des approches par lesquelles l’Occident appréhende l’Orient. Selon que l’approche est esthétique, scientifique et (ou) philosophique, l’altérité chinoise prend tour à tour de multiples visages. Enfin, l’histoire des missions religieuses et celle du colonialisme sont deux facteurs clefs de l’évolution de la relation entre l’Occident et l’Orient. Le premier facteur a contribué à faire connaître la Chine à l’Europe des Lumières et à provoquer un siècle de fermeture de la Chine face au reste du monde à partir du milieu du e XVIII siècle,suite à la fameuse querelle des rites, tandis que le second facteur aura pour rôle de mettre fin à cette fermeture cent ans plus tard et d’imposer à la Chine une présence occidentale inédite. Celle-ci se caractérisera par un phénomène paradoxal: les missions apostoliques se trouvent en coalition avec le gouvernement français menant une politique expansionniste, bien que la France elle-même opère la séparation de l’église et de l’état. Ce sont autant d’éléments à prendre en compte pour déceler les prises de position des voyageurs du corpus. À ces enjeux «collectifs »s’en ajoutent d’autres plus personnels qui ont leur importance : la dimension individuelle du voyage, les données biographiques, les convictions spirituelles, les lectures et la conception même de l’écriture et de la littérature.C’est au confluent de ces multiples enjeux que naît et prend forme un récit de voyage.
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