Intercalaires + couv Revue de presse2011

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  • formalisation de la procédure de gestion des produits chimiques aux laboratoires
  • trophées de la santé inscription gratuite
  • trouble profond dans l'opinion publique
  • amélioration des services
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Publié le : mardi 27 mars 2012
Lecture(s) : 58
Source : medias-sante.com
Nombre de pages : 39
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!L’agenda
12
ème! 4 édition des Rencontres
de la cancérologie française
29 et 30 novembre 2011
Centre des congrès, Lyon.
Audit EMAS
! Soirée Ville-Hôpital
Jeudi 8 décembre 2011
!"#####$% Salle de conférence IPC2.
En septembre dernier, l’IPC a été auditionné
! Séminaire
sur son Système de Management Environnemental (SME). L’enfant confronté à la mort
Une politique volontariste menée par le service hôtelier
Vendredi 9 décembre 2011
de l’IPC qui lui a valu, en 2004, d’obtenir une certification Salle de conférence IPC2.
ISO 14001 et EMAS (règlement
! Colloque média et santé européen Eco Management
La communication de santé
and Audit Scheme).
- 9h00 - 17h30
- 18h00 - 19h30 : Débat final. Santé : Est-ce qu’on vous dit tout ?Le résultat est très satisfaisant, malgré quelques cor-
- 19h30 - 20h30 : Cérémonie : Les Trophées de la santérections ou points d’avancées soulignés par les
experts. Les points forts de notre système de mana-
Inscription gratuite au 04 96 15 12 50
gement environnemental tiennent en particulier
ou medias-sante@atout-org.com
au niveau de déploiement du SME qui permet la
maîtrise des aspects et impacts environnementaux Vendredi 9 décembre 2011
par les experts métiers (exemple : les ICPE par les Campus de la Timone, Marseille.
services techniques) et la formalisation de la procédure
de gestion des produits chimiques aux laboratoires, ! Keynote Seminar
prenant en compte la nouvelle réglementation. Différenciation monocytaire
et leucémie myélomonocytaire chronique
Les axes d’amélioration relèvent en fait davantage de remarques qui seront intégrées
Eric Solarydans les objectifs environnementaux 2012 et seront traitées au travers de fiches de suivi
(Institut Gustave Roussy, Villejuif).d’actions. Les principaux axes concernent :
Jeudi 3 novembre 2011• la préservation des réseaux d’eau pluviale en cas d’incident,
Salle de conférence IPC2, à 12h. • la formalisation du rôle des personnels en matière de tri des déchets,
• la mise en valeur dans la déclaration environnementale des actions positives menées ! Keynote Seminar
à l’Institut. Roles of Rho GTPases in cancer cell
migration and invasion
Pour rappel, notre SME certifié EMAS permet :
Anne Ridley
• à la faveur de l’audit annuel, de situer notre organisation par rapport aux obligations
Mardi 29 novembre 2011réglementaires environnementales,
Salle de conférence IPC2, à 12h. • de faciliter notre approche des critères de développement durable de la certification
V2010 de l’HAS,
! Keynote Seminar
• de contribuer à la maîtrise opérationnelle de certains secteurs (par exemple, Epigenetics and cancer : role of the
les déchets), methyl-binding proteins ZBTB4 and ZBTB38
• grâce aux exigences de la norme ISO et du règlement européen, avec des échéances
Pierre-Antoine Defossez
annuelles, de conduire une démarche d’amélioration permanente de nos perfor-
(CNRS UMR 7216, Université Paris VII).mances environnementales,
mardi 6 décembre 2011• de disposer, avec la déclaration environnementale requise, d’un outil de commu-
nication avec d’autres établissements de soins, Bibliothèque CRCM.
• de faire participer nos personnels à un projet transversal fédérateur.
! Directeur de la rédaction : Pr Patrice Viens
! Rédactrice en chef : Anne Fouchard
! Rédactrices : Anne Fouchard - Leïla Mille - Elisabeth Belarbi
! Secrétariat de rédaction - édition : Elisabeth Belarbi
! Mise en page - photographies :
Michel Gélabert, Jean-Michel Durey, Service Communication IPC
! Imprimeur : La Hulotte - Marseille - Imprimé sur du papier recyclé
Centre régional de lutte contre le cancer Provence-Alpes-Côte d’Azur
232 boulevard Sainte Marguerite, BP 156 - 13273 Marseille Cedex 9
Tél. : 04 91 22 33 33 - Fax : 04 91 22 35 12
www.institutpaolicalmettes.fr!
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!Organisent
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Informations et logistique
Atout Organisation Science
Tél. 04 96 15 12 50
medias-sante@atout-org.com
Atout Organisation Science! 04 96 15 12 50!
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!Santé:est-cequ’onSanté:est-cequ’on
vousditvousdit
tout?tout
!9décembre:
granddébat
publicàlaTimone
!Interview
exclusivedu
PrMaraninchi
!Prévention:faut-il
frapperencore
plusfort?
CAHIER2N˚5286-NEPEUTETREVENDUSEPAREMENT2 MÉDIASETSANTÉ Dimanche4Décembre2011
FACEAUXPOLÉMIQUESÀRÉPÉTITION
Sommaire
P3. Les Français obsédés
parleursanté. MédecinsetmédiasP4. Le long chemin d’un
médicament.
P5.Les vérités du Pr Domi-
niqueMaraninchi.
P7.Desusagersenmanque aupieddumur
d’informations.
P9.Lespharmaciens aime-
n2011,lasantéconstitue,après ques, décuplées par l’usage incon- Provence réunissent lors d'un collo-raientbienenfaireplus.
lechômage,ladeuxièmepréoc- tournable d’Internet comme vecteur que intitulé "Santé :est-ce qu’on
P11. Les effets pervers de Ecupation des Français. Grippe de communication planétaire, ne vousdittout ?",le9décembreàlaTi-
lasurmédiatisation. A, Mediator, prothèses défectueuses sommes-nouspasendroitdenousin- mone, des médecins et scientifiques,
P12et13.Leface-à-faceen- sont autant de polémiques qui font terroger sur la légitimité du message deslaboratoiresainsiquedesjourna-
tre le généticien et la jour- couler beaucoup d'encre, mais la de santé?Qui dit la vérité?Etquelle listes et des représentants des pa-
nalistevedette. communication en matière de santé vérité?À l’heure où près de7Fran- tients.Pourclôturerlesdébats,unpla-
ne se résume pasàcela. Campagnes çais sur 10 affirment s’adonner à teau rassemblera le généticien AxelP14.Lescampagnesdepré-
deprévention,marketingpharmaceu- l’automédication, dans quelle mesu- Kahn, le directeur général deventionenquestion.
tique et mêmes fictions sont présen- repeut-onfaireconfianceauxprofes- l’AFSSAPS, Dominique Maraninchi,
P15. Le Pr Barlesi veut des tessurtouslessupportsmédiatiques, sionnelsdesanté ? et la journaliste Catherine Matausch.
imagesplusfrappantes. et véhiculent ainsi des messages va- Conscientsdel'importancedutra- Etc'estbienparcequenoussommes
P16. Comment les méde- riés, parfois discordants, qui forgent vail de conception de ce message, et tous concernés que cette réunion est
cinsannoncentuncancer. uneconceptionbrouilléedelasanté. de l'analyse de son impact, ouverteàtouslesProvençaux.
Faceàcesinformationscacophoni- l’Université de la Méditerranée et La YennyMOLINAetRémiAGUADOP17. Robert Soldani, son
combatcontrele"crabe".
MARCAUBURTIN YVONBERLANDP19. Dr Calabrese, engagé
contrelediabète.
P20 et 23. Pour participer
aucolloquedu9décembre. "Moinsd’inquiétude "Lacacophonienuit
sionexpliquemieux" àl’infodesanté"
"Chezleslecteurs de "Les communica-Supplément
"La Provence", les thé- tionsdesantésontnom-
matiques de santéont breuses, publiques ouréalisépar
généré un intérêt très privées, provenant des
Rédacteurenchef fort, lié d'une part au professionnels de san-
adjointLaProvence: fait que le public res- té, des industriels de la
PhilippeSchmit. sentdel'inquiétudefa- pharmacieoudemulti-
Ce supplémentaété écrit ce aux thématiques de plesassociations.
par les étudiants de santé, et d'autre part Il faut bien avoir à
l’Ecole de Journalisme et parce qu'ilalesenti- l’esprit que le message
deCommunicationdeMar- ment qu'onlui cache desantéfaitpartied’un
seille (master Information de choses. Que ce soit systèmecomplexecaril
etCommunication). dans des journaux ou ya beaucoup
lors de participations d’interlocuteursetleré-Coordination:
aux forums santé sultat prend souventLaureCousin
qu’organise le journal, l’allure d’une cacopho-etJulieCohen.
la question "est-ce nie". Une cacophonie
Textes: qu'on nous dit bien MarcAuburtindirigele qui peut nuire à LePrBerlandpréside
Rémi Aguado, Maha Ah- tout ?" est régulière- GroupeLaProvence. l’élaboration de l’UniversitédeMéditerranée.
med, Anne-liseAmselle, mentprésente. l’information de santé
Barbara Appel, Souhir "Laresponsabilitédesmédiasàl'égarddupublicpose etremettreencausesavéracité.C’estautourdecettepro-
Bousbih, Sylviane Capez- une deuxième question:est-ce qu'on peut tout dire en blématique que le Pr Yvon Berland, président de
za, Pauline Chambonnet, matièredesanté?Oui,ilestpossibledetoutdireàcondi- l’UniversitédelaMéditerranéeetnéphrologue,aimaginé
Julie Cohen, Laure Cousin, tion de décrypter les informations brutes fournies par lethèmeducolloquedecetteannée.
ThaïsFabre, Alice Julie, dessupportsspécialisés,cars'adresseraugrandpublicà Si on prend l’exemple des greffes de la face qui ont fait
CharlotteLazarewicz,Yen- travers des médias ne s’improvise pas. D’autant moins couler beaucoup d’encre, Yvon Berland estime que "la
nyMolina. danslasanté,oùlasensibilitédupublic,latechnicitéet communication en matière de santé était moyenne". Il
lacomplexitédudomainenécessitentunréeltravailsur souligneàcetitre l’enjeu du thème de cette 3e édition:Photos:
lesmots,leton,lamanièred’aborderunsujet.Onsuppri- "Leproblème,c’estd’identifieretdedifférencierlesdiffé-EJCM, Philippe Laurenson,
medel’inquiétudesionexpliquemieux. rentsacteursquiinterviennentautourdumessagedesan-Frédéric Speich, Patrick
Nosetto, Bruno Souillard, "Les attentes du colloque de cette année s'inscrivent té.S’agit-ildel’État,desservicesdel’État,desprofession-
dans la continuité de notre métier en tant que média : nelsdesantéoubiendesjournalistes ?"FlorianLaunette,DR.
construireunrendez-vousannuelentrelesacteursetin- Toutescesquestionsserontabordéeslorsdesconféren-
Miseenpage: terlocuteurs de la santé;chercheurs, journalistes, com- cesducolloquevendrediprochainàMarseille(voirlepro-
Rédactiontechnique. municantsetpatientsetfaireévoluerleursrelations.Ce grammeenpage 20). "Ce que l’on souhaiteàtravers ce
doitêtreunmomentderéflexionoùnouspourronstra- colloque,c’estprovoquerunéchangeaveclepublicpourSupplémentgratuit
de"LaProvence"du vailler pour améliorer la qualité de l'information et être que tout le monde soit le mieux informépossible. On at-
dimanche4décembre2011 en adéquation avec les besoins des patients que nous tendquel’informationsoitpartagéeentreceuxquisavent
sommestous." etceuxquidemandent".3Dimanche4Décembre2011 MÉDIASETSANTÉ
DÉBAT
LasantédesFrançaiss’améliore,
pasleurangoissedelamaladie
aFrance affiche une des meilleures espé- plus d’éclabousser aussi bien le corps médical
rancesdevieaumonde.Fin2011,uneFran- quelesautoritéssanitaires,enrajouteaumalai-Lçaise peut espérer vivre en moyenne 84,8 segénéralisé.
ansetsoncompatriote78,1ans.EnrégionPaca, Danscecharivari,ilesttempsdefaireunepau-
avecdessecteursurbainsmédicalisésàoutran- se.Etdes’interroger.Quicroire?Quecroire ?Il
ce,d’aucunss’imaginentquelescentenairesse- faut que le personnel médical qui nous soigne,
rontbientôtlégion.Toutdevraitdoncallerpour que les autorités régulatrices qui contrôlent ces
le mieux dans le meilleur des mondes que, de soins et organisent des campagnes de préven-
mémoiredepatient,onaitconnu.Etpourtant... tion,queleslaboratoiresquiélaborentdesmédi-
Il suffit d’interroger nos proches pour perce- caments,maisaussiquelesjournalistesquisont
voir l’anxiété diffuse que chacun accumule. les relais des prouesses médicales comme des
Pour les hommes, ce sont les cancers du côlon, scandales, il faut, donc, que tous ces acteurs
delaprostateetl’infarctusquisemblentlesme- prennent le temps deréfléchiràcequ’ils trans-
nacerinexorablementdès50ans,quandlesfem- mettentsouspeinedeparlerdanslevide.Cese-
mesredoutentlescancersduseinetdupoumon ra le cas lors du colloque Médias et Santé
et l’AVC. Bref, nous sommes devenus hypocon- qu’organisentl’UniversitédelaMéditerranéeet
driaques, et avides d’onéreux scanners et IRM LaProvencele9décembreàMarseilleetauquel
pournousrassurer. lepublicpeutparticiper.
Est-ce l’effet de la prévention massive?Can- Dévoilé lundi dernier, le rapport 2011 de
cer,obésité,diabète,cholestérol,AVC...Lesmes- l’Inserm intitulé "L’état de santé de la popula-
sagessemultiplient,sesuperposent,secontredi- tionenFrance"vaalimenterledébat.Ilmontre
sent. Les médias ne sont pas en reste. Ils infor- quelasantédesFrançaiss’estamélioréedepuis
ment brutalement et massivement. Le citoyen septans.Onboitmoins,lesjeunesde17ansfu-
esteffrayéetlargué. ment moins, l’hypertension est mieux prise en
Ainsiluidit-onsimultanémentquelevin,char- chargebienque59%desfemmeshypertendues
gédetaninsetdefer,restebénéfique,maisque LesFrançaisconsommentbeaucoupde et 47%des hommes ignorent leur pathologie,
l’alcool estàexclure de nos habitudes. Que les médicamentsmaisviventvieux ! les cancers sont détectés plus tôt et mieux soi-
fruits sont bourrés de sucres et de pesticides, gnés.Etpourtant,nos concitoyensn’ontjamais
mais qu’il faut en manger plusieurs par jour. grippeA,doubléed’unegabegiefinancière,ase- étéaussiinquiets.Celarévèleunetendancelour-
Que le surpoids et l’obésité sont des ennemis à méuntroubleprofonddansl’opinionpublique. de de nos sociétés modernes (voir l’interview
combattre, alors que la télévision le harcèle de Larougeoleconnaîtactuellementunerecrudes- ci-dessous).Alors, c’est grave docteur?À lire
publicitésalimentaires. cenceetlesinstitutionssanitaireslancentdesap- l’enquête menée dans les pages suivantes, on
Les médecins eux-mêmes ne semblent pas pelsàl’utilisationduvaccindélaissé.Lesvaccins comprendquel’angoisseest,entoutcas,profon-
toujours d’accord. Quid de la vaccination?Fin seraient-ils la cause de nombreuxeffets secon- démentancrée.
2009, la cacophonie autour du vaccin contre la daires?Lescandale du Mediator, qui n’en finit SylvianeCAPEZZA
L’INTERVIEW Jean-FrançoisMattei! philosophe
"Fascinésparlasantécaronneveutplusmourir"
LephilosopheJean-FrançoisMatteis’intéresseàla seuldondelanature,alorsquelamortetla maladie
médecine et aux phénomènes sociologiques qu’elle lesontégalement.Lavuedelavieillesse,quirappelle
engendre. la mort, devient gênante. On éloigne la vieillesse, on
cachelamort.Danslecultedelajeunesse,toutcequi
Pourquoi la santé préoccupe-t-elleautant les Français n’estpasàsonmodèleestrejeté.D’oùl’engouement
actuellement ? collectifpourlesproduitsetlesmessagesdesanté.
Ayantperdusesrepèresdesocialisation,notrecivi-
lisation traverse un malaise généralisé. On vit dans Pourquoiuntelsentimentdeconfusiondescitoyensfa-
une société paradoxale:nous avons de grandes exi- ceauxmessagesdesanté ?
gences sociales (sécurité sociale, prise en charge des Laprofusiondesmessagesplongelescitoyensdans
patients) et, parallèlement, nous sommes de plus en une cacophonie où il devient difficile de faire la part
plusindividualistes.L’égoïsmeetlenarcissismenous deschoses.L’utilisationbanaliséed’Internetacontri-
renferment surnous-mêmes. Ce qui nous intéresse buéàcerythmeeffréné,maislesnouvellestechnolo-
aujourd’hui, c’est notre choix de vie.Nous nous rac- gies de communication accroissent le phénomène
crochonsdoncàlasantéenimaginantqu’elleestin- d’individualisation et donc le malaise associé. Notre
dispensableaubonheur. sociétéestdeplusenplusrapide,nousvoulonstout,
toutdesuite.LesFrançaissontlespremiersconsom-
Onassistedepuisquelquesannéesàuneexplosiondes mateurs de médicaments au monde. La santé est de
messagesdesanté.Pourquellesraisons ? plusenpluschère,lesdépensespubliquessontrédui-
Laquantité et la qualité devie sont indissociables. tes. Malgré la criseéconomique quenous subissons,
L’écologieestdeplusenplusprégnantedansnoscen- le poidsde lapublicité nousinciteàconsommerda- J.-F.Matteipointeunesociété
tresd’intérêtscaronse fascinepourlasantécomme vantage. ProposrecueillisparS.C. quiapeurdevieillir.4 MÉDIASETSANTÉ Dimanche4Décembre2011
PARCOURS
Commentunepilulepasse
dulaboàvotremain
LarechercheauralentiLes Français font partie des
"Il n'yajamais de risque zéroplus gros consommateurs de
pour un médicament,rappelle
médicaments au monde, avec Jean-Yves Mairé, et malheureuse-
mentchaquecorpsréagitdifférem-une moyenne de 48 boîtes paràuntraitement. Même sihabitant. Un chiffre énorme
toutestmisenœuvrepourquecela
qui cache mal une inquiétude n'arrivejamais,deseffetssecondai-
res peuvent survenir. C'estgrandissante sur la sécurité
d'ailleurspour cela qu'il existe desdes produits prescrits. Car
précautions d'emploi inscrites
sans verser dans la paranoïa, dans toutes lesnotices."Qu'en
l'idée que le Mediator n'est est-il des intérêts financiers?Les
laboratoires engrangent chaquequ'unexemple parmi d'autres
année des milliards de bénéfices,
et que d'autres scandales maislacréationd'unmédicament
pourraientfaire surfacetarau- peut coûter jusqu'à 800 millions
d'€,dont il faut bien compenserdel'esprit de3Français sur 4
lescoûts.Est-ceparlamiseencir-selon une étude Sofres.
culation de médicaments dits
Àraison ? "blockbusters", dont le rende-
ment colossal assure l'équilibre
nnenous dit pas tout ou des laboratoires?Faux, réplique
plutôtonnecomprendpas J.Y Mairé. "Un blockbuster est unOtout,àcommencer par le médicament qui marche très bien
médicament qu’on ingère en non pas parce qu'il est prescrit à
deux secondes sans supposer tout-va mais parce qu'il est effica-
qu'ilestlefruitd'aumoinsquinze ce.Cen'estpaslerésultat d'unob-
années de recherche médicale. jectif mais une conséquence.
Un processus long et complexe D'autant plus qu'on travaille sur
quicommencedansl'antredesla- des recherches qui aboutiront sur
boratoires pharmaceutiques au desmédicamentsdans15à20ans.
service Recherche et Développe- Onnepeutanticiperlesuccèsd'un
ment. LesFrançaissontparmilesplusgrosconsommateurs. médicamentaumomentdesondé-
Plusieurs phases précèdent la veloppement". Il n'en demeure
décisiondelancementsurlemar- n'est pas une fin en soi, encore dizained'expertsseréunitréguliè- pas moins que tous s'accordent
ché d'un médicament. On com- faut-ilquelecorpsl'accepte.Onva rementpourexaminerchaquede- sur un point:larecherche est en
menceparlocaliserl'originedela doncl'analyseretdéterminersiel- mandeetdécide ou non de déli- stand-by, et la plupart des nou-
maladieetl'anomalie quiattaque leesttoxiqueoupaspourl'organis- vrerunavisfavorable.Etc'estjus- veaux médicaments mis sur le
certaines cellules de notre corps me. De la découverteàl'exploita- tementlàquelebâtblesse.Lacré- marché, après octroi de l'AMM et
dontlesrécepteurssontplussensi- tiondecettemolécule,onpeutfaci- dibilitéde ces experts est mise en passage par la Commission de
bles que d'autres. Une fois trou- lement compter une dizaine d'an- cause dès lors que les deux tiers Transparence chargée d'évaluer
vées, le chercheur essaye plu- néesvoireplus". sontàlafoisjugesetparties.Poin- l'amélioration du service rendu,
sieurs molécules susceptibles Cettemoléculerépondàunbe- tésdu doigtà diverses reprises, la n'apportentaucun progrès théra-
d'empêcher la progression de la soin de santé publique, elle doit question fait polémique même si peutique, comme le confirmait
maladieetlaguérir.C'estunepha- également répondreàuncahier le nouveau directeur del'Afssaps, Gilles Bouvenot, son président à
se laborieuse, il faut en tester des des charges préalablement établi DominiqueMaraninchi(voirinter- la Haute Autorité de Santé (HAS),
centaines voire des milliers avant parl'Associationfrançaisedesécu- view ci-contre), assure que les lorsd’unedéclarationà"L'Huma-
de trouver celle qui interagit avec rité sanitairedes produits de san- conflits d'intérêts de chacun sont nité":"Fin aôut, sur 150 médica-
lemalade. té(Afssaps).Unefoisquel'autori- lusàhautevoixdans lescommis- ments mis sur le marché, 139 affi-
Lesdeuxméthodeslespluscou- té de santé conclut que les pre- sionsd'AMM. chaientuneabsencedeprogrès".
ramment utilisées sont le "scree- mierstestssontpositifs,desessais Autre reproche adresséàl'Afs- Enfin,ilrevientàl’Étatd'endé-
ning", autrement dit des essais cliniquespluspoussés,surl'hom- saps:leproblème du rapport duire l'efficacité et d'en fixer les
aléatoires de molécules dont les me notamment, sont autorisés bénéfice/risque, jugé trop enclin prix. Ici encore, la sérénité n'est
propriétés peuvent être intéres- pour permettre de trouver le bon aux laboratoires, au détriment du pasaurendez-vous,leslobbysmé-
santes, et la modélisation qui dosage et de préciser le rapport malade. dicaux étant accusés d'influencer
consiste,elle,àcréerunemolécu- bénéfice/risque. Eneffet,ilincombeàlacommis- les parlementaires. Pourtant,
leàpartir de procédés de synthè- sion d'évaluer le rapport Jean-Yves Mairé l'assure:"Nous
se.Unefoiscetteétapevalidée,le L'Afssapsenquestions bénéfice/risqueàpartirdesrésul- sommes un des corps profession-
parcours du combattant ne fait Chaque laboratoire présente à tatsfournisparleslaboratoires. nels les plus contrôlés. Les gens
que commencer comme l'expli- l'Afssaps un dossier pour obtenir Comment dès lors des scanda- n'imaginent pas les coulisses du
queJean-YvesMairé,directeurde une autorisation de mise sur le les comme celui du Médiator (la- médicament. Notre problème est
la communication du laboratoire marché (AMM) du médicament. boratoireServier)peuvent-ilsécla- d'ordrepédagogique".
AstraZeneca."Trouverlamolécule Unecommissioncomposéed'une ter ?Ya-t-ildesnégligences ? SouhirBOUSBIH

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