La révolution française

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Publié le : lundi 26 mars 2012
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Source : ebook-en-poche.fr
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LA RÉVOLUTION FRANÇAISE
Le récit mouvementé et captivant de dix années tourmentées qui changèrent à
jamais l’histoire de la France et du monde
Elena SMIRNOVA-LEGRAND, Aurélien LEGRAND
AVERTISSEMENT
L’histoire est vaste et sujette à interprétations. Nous ne souhaitons pas nous aventurer à l’excès
dans ce maquis. Notre but est de mettre en évidence les faits principaux, connus et généralement
admis. Notre volonté est de mettre à la disposition des lecteurs, les éléments clefs d’un sujet, ainsi
qu’une interprétation, de nature à permettre la compréhension. Cela rend le sujet intéressant et
permet d’alimenter la réfexion du lecteur. A noter que le présent livre numérique, comme tous
les autres, a bénéfcié d’une rédaction nouvelle, par un historien ayant une bonne connaissance
du sujet traité.
Lathuile – Haute-Savoie
éditions du Gui - 2010
En couverture : La prise de la Bastille le 14 juillet 1789 – métal gravé, Allemagne, c. 1840 -
Colorisation ultérieure – Photo akg-images
La Révolution française
Ebook en poche • 2010 • SOMMAIRE
PRÉSENTATION p.3
DATES ET FAITS MARQUANTS p.3
PRINCIPAUX PERSONNAGES p.4
Lafayette, Marie-Joseph (1757-1834) p.4
Mirabeau, Honoré-Gabriel (1749-1791) p.4
Brissot, Jacques-Pierre (1754-1793) p.4
Danton, Georges-Jacques (1759-1794) p.4
Robespierre, Maximilien (1758-1794) p.5
Saint-Just, Louis-Antoine (1767-1794) p.5
Hébert, Jacques-René (1757-1794) p.5
Vadier, Marc-Guillaume (1936-1828) p.5
Barras, Paul (1755-1829) p.5
INTRODUCTION p.5
DÉVELOPPEMENTp.6
Grandes espérances p.6
Le temps des désastres p.9
Vive la République p.11
Gouvernement de terreur, gouvernement de salut p.14
La Révolution trahie p.17
CONCLUSIONp.20
BIBLIOGRAPHIEp.22
PRÉSENTATION
La Révolution française est incontestablement un moment exceptionnel. Par sa
durée bien entendu : 10 ans de troubles, d’émeutes, d’exécutions, de réformes et de guerres
ininterrompus. Par son ampleur ensuite : à la prise de pouvoir par Bonaparte, la France
révolutionnaire contrôle déjà la moitié de l’Europe et y impose sa vision de la politique et
de la justice pour les siècles à venir. Par sa légende enfn : qui ne connaît pas Robespierre, la
guillotine ou la Bastille, autant de nom et d’images profondément gravés dans l’imaginaire
collectif.
DATES ET FAITS MARQUANTS
1789 :
- 5 mai : ouverture des Etats Généraux. Début de la Révolution française.
- 14 juillet : prise de la Bastille.
- 26 août : Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen.
1791 :
- 20-21 juin : fuite du roi et arrestation à Varennes.
- 3 septembre : adoption de la Constitution.
1792 :
- 20 avril : déclaration de guerre à l’Empire d’Autriche.
- 10 août : prise des Tuileries et emprisonnement de la famille royale au Temple.
- 22 septembre : proclamation de la République.
La Révolution française
Ebook en poche • 2010 • 1793 :
- 21 janvier : exécution de Louis XVI.
- 10 mars : création du Tribunal révolutionnaire.
- 10-14 mars : début de la rébellion contre-révolutionnaire en Vendée et en Bretagne.
- 31 mai – 2 juin : expulsion des Girondins de la Convention.
- 5 octobre : adoption du calendrier républicain.
- 10 octobre : mise en place du gouvernement révolutionnaire.
1794 :
- 24 mars : exécution des Hébertistes.
- 5 avril : exécution des Dantonistes.
- 8 juin : fête de l’Etre suprême.
- 10 juin : réorganisation du Tribunal révolutionnaire, centralisation de la Terreur.
- 27 juillet : arrestation des Robespierristes, exécutés le lendemain. Fin du gouvernement
révolutionnaire et début de la période thermidorienne.
1795 :
- 31 octobre : installation du Directoire exécutif.
1799 :
- 9 novembre : coup d’état du général Bonaparte. Fin de la Révolution française.
PRINCIPAUX PERSONNAGES
Lafayette, Marie-Joseph (1757-1834)
Acteur de la Guerre d’indépendance des États-Unis, héro des premiers mois de la
Révolution, chef de la Garde nationale et l’un des auteurs de la Déclaration des Droits de
l’Homme. Il fuit la France après la chute de la monarchie. Capturé par les autrichiens, il n’y
revient qu’après le coup d’état de Bonaparte.
Mirabeau, Honoré-Gabriel (1749-1791)
Le plus brillant orateur de la Constituante. Déçu par la Révolution, il propose à Louis
XVI ses conseils, s’attachant une réputation de traître. Enterré au Panthéon après sa mort, il
en est retiré en 1793.
Brissot, Jacques-Pierre (1754-1793)
Chef de la faction girondine à la Législative et à la Convention. Principal opposant de
Robespierre, il perd la lutte politique contre les Montagnards. Arrêté puis jugé par le Tribunal
révolutionnaire, il est guillotiné avec d’autres députés girondins.
Danton, Georges-Jacques (1759-1794)
Héro de l’insurrection du 10 août 1792, orateur infuent à la Convention et chef du
premier Comité de salut public. Il s’oppose à la politique de la Terreur lors de la lutte contre la
faction hébertiste. Il sera jugé et guillotiné juste après eux.
La Révolution française
Ebook en poche • 2010 • Robespierre, Maximilien (1758-1794)
Orateur populaire de la Convention, membre infuent du Comité de salut public et du
Club des jacobins, partisan de la politique de la Terreur. Après avoir contribué à la chute des
diverses factions, il est à son tour renversé par les membres des Comités de gouvernement et
les députés de la Convention puis guillotiné.
Saint-Just, Louis-Antoine (1767-1794)
Membre du Comité de salut public, auteur de grands rapports d’accusation contre
les factions girondine, hébertiste et dantoniste. Envoyé aux armées comme représentant du
peuple, il contribue aux victoires en Alsace et en Belgique. Lié avec Robespierre, il est arrêté
et guillotiné avec lui.
Hébert, Jacques-René (1757-1794)
Journaliste, auteur du journal populaire « Le Père Duchesne », membre de la
Commune de Paris. Il accuse le gouvernement révolutionnaire d’être trop indulgent envers
des ennemis du peuple. Devenu trop dangereux pour le Comité de salut public, il est arrêté et
guillotiné avec d’autres membres de la Commune.
Vadier, Marc-Guillaume (1936-1828)
Président du Comité de sûreté générale, il dirige le travail du Tribunal révolutionnaire
et toute la police politique durant la Terreur. Porté par ses ambitions politiques, il s’oppose à
l’infuence du Comité de salut public et de Robespierre et devient un des organisateurs de la
chute de ce dernier.
Barras, Paul (1755-1829)
Député de la Convention, représentant en mission pendant la Terreur, homme clef du 9
thermidor et leader des Thermidoriens. Le plus infuant des membres du Directoire, il se retire
complètement de la vie politique après le coup d’état du 18 brumaire.
INTRODUCTION
Il y a déjà deux cent ans que la Révolution française est considérée comme l’un des
événements clés de l’histoire mondiale. Cette décennie fougueuse, pendant laquelle la France
fut déchirée par une lutte intérieure aggravée d’une guerre contre les plus grandes puissances
européenne, a changé à jamais le visage de l’Europe. La Révolution n’a pas uniquement
changé la forme de gouvernement en France, ni seulement supprimé les privilèges féodaux,
elle a créé un nouvel état d’esprit, de nouvelles réalités et de nouveaux hommes.
Les révolutions n’arrivant jamais par hasard, celle de 1789 n’est pas une exception.
Pour qu’un éclat de colère, même d’un très grand nombre des gens, cause la destruction
défnitive et irrémédiable d’une société multiséculaire, il faut que des dizaines de facteurs,
majeurs comme secondaires, se rencontrent à un moment déterminé. La crise économique,
fnancière et sociale, la faiblesse du pouvoir et l’absence d’une volonté unie parmi les
membres privilégiés de la société française, ainsi que l’extention, depuis les décennies
La Révolution française
Ebook en poche • 2010 • précédentes, des idées des Lumières, font partie de la longue liste de ces facteurs. L’idée
de la société-nation, où le roi n’est que le premier des fonctionnaires, le premier parmi les
égaux, subordonné comme d’autres membres de la société à la loi, a conquis les esprits des
Français du XVIIIe siècle. La division médiévale de la société française en trois Ordres ne
correspondait plus à la réalité sociale et économique de la France de l’époque. Le Tiers-état
avait franchi, depuis longtemps déjà, les limites de sa fonction historique et ne consistait plus
uniquement en « ceux qui travaillent », mais en la foule des gens les plus dynamiques, les
plus actifs et les plus pensants de l’époque. Il se considère légitimement comme le véritable
représentant de la nation, il en constitue 98%, et attend des changements dans sa situation. La
moindre étincelle suffrait alors à allumer la famme endormie.
La Serment du Jeu de Paume à Versailles le, 20 Juin 1789 – Dessin, 1791, de Jacques-Louis
David (1748-1825). Lavis à la plume et au bistre. Paris Musée du Louvre - Crédit akg-images.
DÉVELOPPEMENT
Grandes espérances
Cette étincelle, c’est la convocation par le roi Louis XVI des Etats Généraux : une
assemblée réunissant des représentants de la noblesse, du clergé et du Tiers-état, les trois
Ordres de la société française. Ils n’avaient pas été convoqués depuis 1614. L’ouverture des
Etats Généraux à Versailles, le 5 mai 1789, en présence du roi et de toute la famille royale,
marque le début de la Révolution. Les députés du Tiers-état n’attendent pas longtemps avant
de revendiquer leur statut de représentants du pays tout entier et, le 17 juin, suivant l’appel de
Mirabeau, se proclament Assemblée nationale. Quelques jours plus tard, ils sont rejoints par
la majorité de la noblesse et du clergé. Le roi n’a alors pas d’autre solution que de reconnaitre
l’Assemblée nationale comme l’institution détentrice du pouvoir législatif en France.
La Révolution française
Ebook en poche • 2010 • Le 9 juin l’Assemblée prend le nom de Constituante, soulignant ainsi son but principal :
l’élaboration d’une constitution pour le royaume.
Le désir de donner à la France une constitution ne signife pas l’intention de supprimer
la monarchie. Les philosophes des Lumières, tels que Rousseau, Voltaire ou Montesquieu,
de même que les députés de l’Assemblée constituante, ont toujours été convaincus que
la monarchie est la seule forme de gouvernement possible pour la France. Ils entendent
uniquement l’encadrer par la loi et faire participer la nation entière au gouvernement du pays.
Mais se sentant menacé, Louis XVI fait rassembler des troupes autour de Paris
et congédie, le 11 juillet, le très populaire ministre Necker. De tels actes ne peuvent que
mener à l’émeute des parisiens désireux de se défendre et ont fnalement pour effet la chute
du symbole du despotisme royal : la Bastille. La prise de la Bastille est un évènement assez
secondaire en soi, mais est rapidement devenue un symbole fort et a donné naissance à de
nombreuses légendes. L’une d’elles veut qu’à la question du roi qui venait d’apprendre la
chute de la forteresse : « C’est donc une révolte ? », le duc de La Rochefoucauld réponde :
« Non, Sire, c’est une révolution ! ».
La prise de la Bastille révèle une force nouvelle : la foule, la masse populaire, qui
sera un acteur décisif des années de la Révolution. La violence spontanée et incontrôlable
de la rue, profondément attachée à la liberté, va régulièrement dicter sa volonté et sa loi aux
pouvoirs révolutionnaires. Pris de peur, les premiers émigrés, issus du milieu aristocratique, se
précipitent déjà à l’étranger. Londres, Coblenz en Allemagne, et jusqu’à la Russie impériale,
sont devenus les destinations privilégiées des émigrés français. Parmi eux se trouve le comte
d’Artois, frère cadet de Louis XVI et futur Charles X.
Pris par le vent du changement, les évènements se succèdent à une vitesse incroyable,
comme si leurs protagonistes se précipitaient pour goûter à une liberté tant attendue. Du 4
au 11 août 1789, l’Assemblée constituante vote plusieurs décrets supprimant les privilèges
de la noblesse et du clergé. Le 26 août, la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen,
le document clé de la Révolution, est née. Elle institue l’égalité devant la loi, la liberté
d’expression, le respect de la propriété et reconnaît la nation comme fondement du pouvoir
politique.
Le roi perd son autonomie politique et physique. Forcé, le 5 octobre 1789, de
s’installer à Paris, il se pare d’une cocarde tricolore et signe les décrets d’août. Perdant ses
privilèges, l’Eglise ne tarde pas à perdre ses biens. Ceux-ci sont en effet mis à la disposition
de la Nation et vendus sous le nom de « biens nationaux ».
L’automne 1789 est une véritable période de jaillissement d’enthousiasme et d’ivresse
pour une liberté nouvellement découverte. Les parisiens forment leur propre garde armée,
plaçant le général La Fayette à sa tête, et l’appellent Garde nationale. Plus besoin des
soldats du roi pour protéger la capitale : la capitale se protège elle-même. La France reçoit
une nouvelle division administrative : 83 départements remplacent les anciennes provinces.
De nombreux clubs politiques apparaissent, à Paris comme en province, notamment le Club
breton qui prend le nom de la Société des amis de la Constitution mais que l’on appelle tout
simplement le club des Jacobins. Des dizaines de journaux font leur apparition et marquent la
naissance d’une presse politique qui sera désormais un outil indispensable de la vie politique
française. L’apothéose de cette ère de changements est la fête de la Fédération, organisée à
Paris le 14 juillet 1790, et qui rassemble des délégués des quatre coins du pays.
La Révolution française
Ebook en poche • 2010 • Mais cette année d’enthousiasme et d’illusions passe vite et laisse fnalement la place
aux déceptions et à une réalité dure à affronter. Ne renonçant jamais à l’idée de recouvrer son
pouvoir perdu et de mettre fn à la Révolution, Louis XVI cherche des collaborateurs au sein
de l’Assemblée même. Le comte Mirabeau, le plus brillant et le plus inspiré des orateurs de
la Constituante, offre ses services au roi et lui promet de défendre ses intérêts en l’aidant à
utiliser les antagonismes politiques de l’Assemblée. Mais Mirabeau meurt le 2 avril 1791 et
Louis XVI, dépassé par les événements, commet une erreur après l’autre et fnit par tenter de
prendre la fuite vers l’étranger accompagné de toute sa famille.
Les 21 et 22 juin 1791 marquent un tournant décisif dans les relations entre le roi et
la Nation. Pendant ces deux jours d’été, la France a défnitivement perdu foi en la possibilité
d’une union du roi et de la Révolution. Recherché et assez vite retrouvé puis arrêté à
Varennes, Louis XVI revient à Paris au milieu du morne silence des parisiens attroupés le
long du chemin de son équipage. Sa fuite est vue par les Français comme un acte de trahison.
Instantanément le roi est devenu étranger dans son propre pays. La rupture irréversible du
roi d’avec son peuple s’accentue encore le 17 juillet 1791 quand le commandant de la
Garde nationale, La Fayette, et le maire de Paris, Bailly, ordonnent d’ouvrir le feu sur la
manifestation réunie sur le Champ-de-Mars pour demander la destitution du roi.
Les voix exigeant la destitution de Louis XVI se font de plus en plus fortes et
résonnent dans la rue aussi bien qu’à la Constituante. Mais il faudra attendre encore un an
avant que les Français, monarchistes dans leur grande majorité en 1789-1790, proclament
la République. Cependant la nouvelle et première Constitution du royaume de France, enfn
adoptée le 3 septembre 1791, montre clairement à quel point le roi a perdu la confance de la
Nation. Il perd, ente autres, le pouvoir de déclarer la guerre et ne peut nommer ses ministres
sans demander la permission de l’Assemblée. Tous les mécanismes du pouvoir sont désormais
attribués à l’Assemblée, qui prend par ailleurs le nom de Législative. Le roi garde seulement
son titre et le caractère sacré de sa personne. Il n’aura qu’un an pour en profter .

La Révolution française
Ebook en poche • 2010 • La prise de la Bastille le 14 juillet 1789 – Lithographie colorisée, France, c. 1900. Collection
privée – Photo akg-images
Le temps des désastres
Le dernier décret de l’Assemblée constituante est une preuve de démocratie sans
précédent. Il interdit en effet à ses membres d’être réélus à la Législative. Tous les grands
orateurs des deux premières années de la Révolution quittent alors la tribune et s’expriment
dorénavant uniquement dans les nombreux clubs politiques.
C’est justement à partir de cet été 1791 que ces clubs commencent à prendre une
importance telle que les désisions prises en leur sein s’imposent progressivement à la
Législative. Deux clubs occupent une place prépondérante dans la vie politique : celui des
Cordeliers, emmené par Marat, et celui des Jacobins, où règne Robespierre.
A l’ouverture de l’Assemblée Législative, une nouvelle faction politique apparaît où
de nouveaux noms se font connaître et occuperont très vite une place de premier ordre dans
la Révolution : Vergniaud, Brissot, Barbaroux. Ces députés du département de la Gironde
groupent autour d’eux les plus brillants orateurs et penseurs de la Législative et créent une
faction qui se fait appeler les Girondins. Ils jouissent d’une telle autorité qu’ils sont appelés,
le 10 mars 1792, à former un nouveau cabinet des ministres, avec Roland à sa tête.
Les débats les plus importants de la période concernent la question de la déclaration
de guerre à l’Autriche impéliale. La guerre semble inévitable, la question est juste de gagner
un peu de temps pour s’y préparer effcacement. C’est dans ces termes que s’exprime
Robespierre de la tribune du club des Jacobins, mais il est seul. La France veut la guerre
immédiatement. La guerre victorieuse qui apportera la liberté à l’Europe pour les Girondins;
la guerre perdue qui permettra aux armées étrangères de restaurer la monarchie dans toute sa
La Révolution française
Ebook en poche • 2010 • splendeur pour le roi et ses partisans. Les opinions s’affrontent. « Il faut instaurer d’abord la
paix intérieure », crie Robespierre. « Les victoires des armées françaises vont ramener la paix
dans le pays », promettent les Girondins. Ces derniers ont le dernier mot : le 20 avril 1792, la
France déclare la guerre à l’Autriche.
L’échec est total : les armées françaises, mal équipées, mal commandées, avec des
soldats affamés et des offciers qui trahissent en masse, perdent sur tous les fronts. L’ennemi
franchit les frontières de la France et avance vers Paris. La peur gouverne alors. La famine
et les rumeurs de haute trahison gagnent la France, où les émeutes éclatent les unes après
les autres. La situation devient critique et exige des actions décisives et fermes. Vergniaud
propose à la Législative de déclarer la Patrie en danger. Le 11 juillet sa proposition est votée.
Cette déclaration amène la multiplication de nombreuses accusations contre la Cour, contre
les députés incapables, contre la Révolution même qui n’arrive pas à marcher jusqu’au bout.
Les demandes de destitution de Louis XVI se font de plus en plus vives. Des bataillons de
volontaires s’organisent dans tout le pays. Les parisiens se transforment en soldats.
Le 10 août 1792, l’insurrection conjointe des parisiens et des bataillons de volontaires
marseillais se termine par la prise du palais des Tuileries, la déchéance de Louis XVI et son
emprisonnement, ainsi que toute sa famille, au Temple. Il n’y a plus de monarque en France,
mais il n’y a pas encore de République non plus. Pendant plus d’un mois, le pays reste entre
deux régimes : personne ne fait d’allusions au retour de la monarchie, mais le mot même de
République fait encore peur. Tout le monde attend les nouvelles élections. La constitution ne
correspondant plus à la réalité politique, le pays a besoin d’en forger une nouvelle et pour ce
faire d’une nouvelle assemblée : la Convention nationale.
L’élection des nouveaux députés est lancée, mais cela ne parvient pas à calmer l’ardeur
des parisiens révoltés. Le 17 août, la Commune de Paris, dictant sa loi aux législateurs,
impose l’instauration d’un Tribunal extraordinaire provisoire, préfguration du terrible
Tribunal révolutionnaire de 1793-1794. Le 2 septembre, Verdun est prise par les troupes
autrichiennes. La panique envahit Paris. La rumeur court d’un complot aristocratique contre la
Révolution. Les sans-culottes, enragés, se précipitent dans des prisons parisiennes regorgeant
d’aristocrates et massacrent les prisonniers sans grande distinction d’origine. Plus d’un
millier de personnes sont tuées en cinq jours. Le cabinet girondin, terrorisé et dépassé par les
événements, n’intervient pas. Danton, Tribun du peuple, ministre de la Justice, et principal
organisateur de la prise des Tuileries, montre son impuissance devant la colère de la rue et
laisse la foule exercer sa vengeance.
Voici l’ambiance qui règne à Paris au moment des élections des nouveaux
représentants du peule. Dans cette atmosphère de terreur et de haine, la Convention nationale
ouvre sa première séance le 21 septembre 1792.
La Révolution française
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