Mémoire déposé par la Société de développement économique ...

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         MÉMOIRE             Présenté à la Commission métropolitaine de Montréal (CMM)  dans le cadre de la consultation publique sur le  Projet de Plan métropolitain d'aménagement et de développement        par la  Société de développement économique Thérèse‐De Blainville (CLD)          28 septembre 2011 
  • investissements en transport et des investissements récréotouristiques
  • connaissances économiques des auteurs du pmad
  • baisse des emplois industriels
  • économie du savoir
  • territoire agricole
  • territoires agricoles
  •     
  •    http://www.easychair.org/conferences/?conf=nplaphasia2012   
  •    http://climatechange.worldbank.org/content/social‐dimensions‐adaptation‐climate‐change.   
  •    http://www.unpei.org/knowledge‐resources/publications.html .    
  •    http://www.univ‐littoral.fr/inscription/validation_etudes.htm   
  • développement
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Publié le : mercredi 28 mars 2012
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Source : pmad.ca
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MÉMOIRE  
 
 
 
 
 
Présenté à la Commission métropolitaine de Montréal (CMM) 
dans le cadre de la consultation publique sur le 
Projet de Plan métropolitain d’aménagement et de développement 
 
 
 
par la 
Société de développement économique Thérèse‐De Blainville (CLD) 
 
 
 
 
28 septembre 2011 
 
  
Table des matières 
 
Introduction..............................................................................................................................................1 
1.  Plan d’aménagement et développement économique....................................................................3 
2.  Plan d’aménagement et entrepreneuriat........................................................................................6 
3.  Tertiarisation de l’économie de Montréal.......................................................................................8 
4.  Le manque d’espaces industriels dans le Grand Montréal..............................................................9 
Conclusion et recommandation.............................................................................................................16 
 
 
  
Introduction 

Le projet de Plan métropolitain d’aménagement et de développement (PMAD) est
sans contredit un effort important d’anticipation de ce que sera le Grand Montréal jusqu’en
2031.

Ce travail est tel que ceux qui ont participé à sa rédaction peuvent être qualifiés de
visionnaires et, ne serait-ce que pour l’effort que cela a exigé, nous les en remercions.

Cependant, et d’emblée, nous pensons que la vision proposée dans le document repose
sur de fausses prémisses et des hypothèses erronées. Elle se fonde aussi sur des
affirmations curieuses qui, mises bout à bout, en viennent à discréditer l’ensemble du
projet. Un exemple parmi plusieurs : en page 68 du document, on indique : « … dans la
grande région de Montréal, de 2001 à 2006, la valeur de la production agricole à l’hectare
a augmenté de 15 % comparativement à 5,8 % pour celle de l’ensemble du Québec. Cet
écart s’explique par la présence de sols de grande qualité ». Cette affirmation laisse donc
à penser que, de 2001 à 2006, la qualité des sols dans le Grand Montréal aurait
augmenté trois fois plus vite que dans le reste du Québec. Comment les terres peuvent-
elles ainsi accroître spontanément en qualité plus rapidement qu’ailleurs? La seule
réponse possible est que la terre est plus productive à l’hectare, soit parce qu’il y a plus
de serres ou plus d’engrais chimiques ou biologiques, soit encore parce qu’il y a plus de
terres exploitées qu’auparavant. C’est comme si nous disions : « Ce coureur court de plus
en plus vite parce qu’il court plus vite ». Si nous devions relever ainsi le nombre
d’affirmations manquées dans le document de la CMM, nous en aurions pour la journée.
Toutefois, nous disposons de quelques moments seulement. Mais par cet exemple, nous
voulons montrer qu’avec de tels raccourcis, trop nombreux dans le document, on en vient
à discréditer les efforts que la communauté a consentis pour en arriver à ce projet.

Mais il y a plus important encore que ces détails anodins. Il y a plus important que la
lettre, il y a l’esprit. L’esprit du Plan métropolitain d’aménagement et de
développement (PMAD) risque de nous conduire vers une région montréalaise de plus
en plus pauvre et mal adaptée au contexte futur de l’environnement montréalais. Montréal
ne mérite pas d’être seulement un formidable terrain de jeux pour urbanistes visionnaires.

  

Cette affirmation, nous en sommes conscients, est brutale et sévère, mais notre réaction
à l’égard du projet de ce plan est telle qu’il suscite en nous des sentiments de frustration,
de crainte et de découragement pour le développement de notre région.

Dans ce qui suit, nous tenterons d’en expliquer les raisons et gardons l’espoir que ce
mémoire, soumis bien humblement à la CMM, vienne modifier le projet et que ces
réflexions déposées ne soient pas vaines.

  
 
1. Plan d’aménagement et développement économique  

Nous le savons tous, une économie prospère repose essentiellement sur l’exportation. En
effet, plusieurs économistes ont démontré une corrélation significative entre la capacité
d’exporter et le développement d’un territoire. Parmi eux, nous trouvons Voivodas (1973),
Feder (1983), et Senoun (1996). Par ailleurs, la théorie et la pratique économiques ont
conclu depuis longtemps que le commerce extérieur représente un facteur majeur de
croissance économique d’une région, en particulier lorsque ce facteur porte sur des
produits manufacturés ou des services innovateurs. L’effet de levier des entreprises
manufacturières qui exportent (entreprises des secteurs aéronautique, papier journal,
équipements de télécommunication, médicaments et produits pharmaceutiques,
informatiques (CGI), de service exportatrices) sur les emplois induits est énorme.

On constatera d’ailleurs que toutes les grappes économiques identifiées par la CMM du
Grand Montréal sont constituées d’entreprises qui exportent. On devrait donc s’attendre à
ce qu’un document dont le titre est : Un Grand Montréal, compétitif et durable porte
davantage sur les entreprises.

Il est alors dommage de constater que le projet de Plan métropolitain ne semble pas se
préoccuper outre mesure d’économie. Au dire même du président de la CMM, monsieur
Gérald Tremblay, le PMAD a pour objectif principal d’accroître l’attractivité et la
compétitivité de la région par des quartiers bien pensés, des investissements en transport
et des investissements récréotouristiques. Au contraire, nous aurions pensé que la
compétitivité de la région passe d’abord par l’accueil d’entreprises exportatrices et
d’entrepreneurs audacieux sur le territoire qui, en créant des emplois, augmentent la
richesse collective.

Le PMAD propose exactement ce que Jane Jacobs décriait et dénonçait dans son livre
The Death and Life of Great American Cities. Pour Jacobs, l’urbanisme moderne rejette
la ville, parce qu’il rejette des êtres humains vivant dans des communautés complexes et
chaotiques, certes, mais fonctionnelles. Pour se retrouver face à cette complexité, les
planificateurs modernistes, comme ceux de Montréal, créent des espaces urbains

  
artificiels et encouragent non seulement la limitation et la réglementation par un zonage
inflexible à l’égard des entreprises industrielles ou de services, mais incitent aussi, en
général, la séparation de l’utilisation des sols (résidentiel, agricole, commercial, industriel),
ce qui, pour Jane Jacobs, détruit les économies innovatrices. Un zonage inflexible, un
urbanisme planifié, sont possibles dans une économie dirigée, mais pas dans une
économie de marché en compétition avec d’autres villes nord-américaines. À ce sujet, le
cas du fabricant d’aspirateurs Electrolux est intéressant puisque cette entreprise a décidé,
en 2011 (faute d’espaces industriels et d’aide financière), de déménager de Joliette à
Nashville pour construire beaucoup plus gros sur un terrain zoné agricole et industriel
vingt fois plus grand qu’à Joliette. Il existe donc ailleurs des zones qui permettent la mixité
entre l’agricole et l’industriel. À ce propos, Bell Helicopter loue une partie de ses terrains
industriels non utilisés aux agriculteurs voisins.

Les planificateurs urbains oublient trop souvent que les villes existent pour des raisons
économiques. Montréal a d’abord été fondée et s’est organisée de façon chaotique autour
du commerce et de l’exportation des fourrures. Ensuite, sont venus en ordre : les routes,
l’agriculture, les entreprises de transformation et les jeux. Depuis longtemps, les
palissades de Ville-Marie sont tombées pour faire place à une zone plus large, afin de
permettre l’habitation, l’industrialisation et le développement de terres agricoles. Pour le
mieux-être de Ville-Marie, la ville s’est étalée, fort heureusement d’ailleurs; imaginez une
ville de deux millions d’habitants logés exclusivement à l’intérieur des palissades de Ville-
Marie dans des tours de 500 étages, ainsi que des entreprises produisant des
automobiles dans des bâtiments dont la hauteur porterait sur 30 étages. Bien entendu, il
s’agit d’une caricature, mais il ne faudrait pas tomber dans la caricature inverse où, faute
de possibilités de développement à Montréal, les entreprises industrielles, commerciales
et enfin, la population, se déplaceraient à Sainte-Agathe-des-Monts pour y vivre et
travailler.

La CMM dans son PMAD fait donc peu, voir pas de place à l’économie et à l’entreprise
exportatrice. Il est vrai qu’elle mentionne, en page 41, qu’elle est consciente de la
présence de contraintes freinant le développement des espaces industriels et qu’elle
prévoit établir des mesures d’atténuation liées à chacune des contraintes. Mais nous
doutons de la capacité de la CMM à amoindrir ces contraintes. La plupart de celles-ci sont
trop coûteuses à lever. À Blainville, par exemple, certains espaces zonés industriels sont

  
situés sur des terrains humides. Assécher ces zones serait une aberration, tenant compte
des préoccupations écologiques du PMAD.

  
 
2. Plan d’aménagement et entrepreneuriat 

Qui dit développement régional dit entreprises régionales et donc, entrepreneuriat. Une
idée souvent mise en avant voudrait que ce chef d’entreprise soit tributaire de
l’environnement macroéconomique lorsqu’il s’agit de prendre des décisions
microéconomiques. Pourtant, notre expérience quotidienne montre que c’est en fait tout le
contraire qui se produit. Ce sont les décisions microéconomiques, prises dans chacune
de nos régions, qui façonnent l’économie nationale et forment nos villes. Il n y avait pas
de grappes aéronautiques lorsque Canadair fut fondé. Au contraire, c’est parce que nous
trouvons sur notre territoire des Bombardier, Bell Helicopter et Pratt & Whitney qu’on a
créé une grappe en aéronautique.

Pour vous en convaincre, demandez à messieurs Bill Gates et Steve Jobs s’ils ont
attendu que l’environnement économique ou urbain leur soit favorable pour lancer leur
petite entreprise d’informatique au sous-sol d’une maison dans un quartier résidentiel.
Quant à M. Kamprad, né sur une ferme dans un petit village du sud de la Suède, il y a
fondé une micro entreprise en 1945, à l’âge de 17 ans, sur la ferme agricole familiale où il
y développa IKEA pendant des dizaines d’années. Heureusement pour lui, à cette époque
on permettait d’exploiter une entreprise commerciale même en territoire agricole.
Aujourd’hui, IKEA, avec ses 150 magasins et ses 53 000 employés, a fait peut-être plus
pour l’économie suédoise que le ministère de l’économie de la Suède en 50 ans.

Accompagner l’étalement périurbain n’est pas l’anticiper, encore moins le prédéterminer
comme le font les tenants du New Urbanism. N’en déplaise à ces tenants, un porche n’est
pas un lieu de sociabilité simplement parce qu’il a été voulu ainsi par un concepteur, écrit
1François Mancebo .

Mais pour que l’entrepreneur puisse s’implanter au cœur de notre développement, il faut
que les élus et les leaders socioéconomiques de la communauté soient convaincus d’une
chose : l’importance de l’entreprise dans la création d’emplois, la croissance et la création
                                                            
1 Accompagner les turbulences : une périurbanisatioin durable, Université Joseph Fourier-Grenoble. 

  
de la richesse et donc de la compétitivité d’une région. Ceci est tellement une évidence
qu’il arrive qu’on l’oublie, alors que c’est de cette réalité que découle tout le reste. Le
PMAD propose à notre région un cadre humain plus vert, plus harmonieux certes, mais
cela reste une proposition balisée et modélisée et souhaitable sans doute, mais non
réalisable, car les sources de financement de ces propositions ne sont possibles que par
le développement de l’économie de Montréal.

Il faut aussi que tous les plans, dont celui d’aménagement, permettent l’accueil des
entrepreneurs. Il est certain que cet accueil ne peut se faire de façon tous azimuts, sans
tenir compte des coûts associés à l’étalement urbain et il ne s’agit pas non plus du tout-
urbanisé de façon favorable à l’entrepreneur. Mais un plan d’aménagement tel que celui
qui nous est soumis ici est carrément contre l’entrepreneuriat puisqu’il ne permet pas à
l’entreprise industrielle en particulier de s’établir sur le territoire de la CMM. Ce plan
propose une région sans développement économique. En voulant éviter les coûts de
l’étalement urbain à l’extérieur de l’île, on propose un tout urbain économique de savoir à
Montréal et un non urbain industriel dans le Grand Montréal. Ce plan prédétermine et
anticipe de façon abusive le développement, ou plutôt le non-développement industriel.

  
 
3. Tertiarisation de l’économie de Montréal 
 
En estimant que, de toute façon, les entreprises manufacturières de Montréal quitteront
ou fermeront leurs portes au profit d’une région asiatique ou sud américaine, on
abandonne l’économie de Montréal. En accordant plus de territoire à l’agriculture, et
aucun nouveau territoire à l’industrie, on planifie le déclin de Montréal. Non seulement
l’économie du savoir a besoin à tout le moins d’un espace dédié à l’économie, mais
surtout l’économie du savoir a besoin de l’entreprise industrielle pour survivre. En effet, le
repli annoncé et connu de l’emploi manufacturier est une menace très sérieuse pour le
Grand Montréal et compromet ses capacités d’innovation et de R&D. La baisse relative de
l’emploi industriel dans l’économie est un phénomène connu. Ce dont on est moins
informé, c’est que la part de la production manufacturière dans la production totale s’est
maintenue depuis les années 1950, et ce qui est encore moins ébruité, c’est le rôle
déterminant (moteur) que joue le secteur manufacturier sur les plans de la R&D, des
exportations et du tertiaire moteur, incluant l’économie du savoir, écrivait M. Sylvain
2Bélisle . Plutôt que de baisser les bras en acceptant que l’industrie quitte l’Amérique pour
les pays émergents (ce qui est en partie faux), Développement Économique Canada
propose de réinventer les modèles d’affaires des entreprises manufacturières en
maîtrisant un ensemble distinctif de capacités.

Selon le PMAD, la croissance de l’emploi doit être mise en perspective avec la
tertiarisation de l’économie, ce qui a pour effet de diminuer la pression sur la
consommation d’espace. Voici une autre affirmation qui discrédite les connaissances
économiques des auteurs du PMAD. Oui, il y a baisse des emplois industriels, ce qui ne
veut pas dire qu’il y a baisse de la production industrielle. À Blainville, l’entreprise La
petite Bretonne fabrique des croissants depuis 20 ans pour le marché national et
américain. Au mètre carré, l’entreprise fabrique dix fois plus de croissants
comparativement à il y a dix ans. Récemment encore, l’entreprise agrandissait de 150 %
pour augmenter sa production de 300 %.
                                                            
2 Direction Recherche et Analyse, Développement économique Canada (DEC) mars 2008. 

 

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