PHILOSOPHIE

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PHILOSOPHIE DM α L'homme est-il un être naturel ? Remarques : Le développement doit être -Ô surprise !- développé. Il faut chercher à aller au fond des choses (chercher les pourquois et les comments, évaluer ses propos -Sont-ils compréhensibles ? Sont- ils cohérents, etc.). Bien axer sa réflexion sur les conséquences/implications : vous gagnerez en profondeur, en envergure et en hauteur (tridimensionnalité de la pensée)... Les références ne peuvent pas être réduites à de simples citations sans leur analyse immédiate développée et ne peuvent être prises pour de pures vérités dogmatiques.
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Publié le : mardi 27 mars 2012
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Source : tissot.lyceefrancais-brasilia.net
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PHILOSOPHIE DM α L'homme est-il un être naturel ?
Remarques : Le développement doit être -Ô surprise !- développé. Il faut chercher à aller au fond des choses (chercher lespourquoiset lescomments, évaluer ses propos -Sont-ils compréhensibles ? Sont-ils cohérents, etc.). Bien axer sa réflexion sur les conséquences/implications : vous gagnerez en profondeur, en envergure et en hauteur (tridimensionnalité de la pensée)... Les références ne peuvent pas être réduites à de simples citations sans leur analyse immédiate développée et ne peuvent être prises pour de pures vérités dogmatiques. En philosophie, seule ma raison est juge de la vérité d'une idée, non le prestige de son auteur (cf. Descartes). Un style élaboré ou élégant est toujours préférable mais n'est pas requis. Il suffit d'être clair pour être efficace. Pour développer des définitions, se servir de ...dictionnaires ! en particulier philosophiques (ex Dictionnaire Armand Colindisponible au CDI). Dissertation NB : en italique les désignations des sous-parties de la rédaction qui ne doivent pas apparaître telles quelles dans votre texte. "REF" indique l'usage d'une référence philosophique obligatoire (du manuel Hatier en l'occurrence). NB 2 : Nul n'attend que vous fassiez une dissertation absolument semblable. Nul n'est obligé d'avoir 20 (ou plus). En revanche, ce que vous êtes tenus de faire (avoir la moyenne), c'est d'en suivre la démarche, c'est-à-dire l'esprit.
INTRODUCTION
Situation initiale :chezCréon peut s'écrierdans AntigonedeSophocle (p.422) :
Entre tant de merveilles du monde,la grande merveille,c'est l'homme. Il parcourt la mer qui moutonne quand la tempête souffle du sud, il passe au creux des houles mugissantes, et la mère des dieux,la Terre souveraine, l'immortelle, l'inépuisable, une année après l'autre il la travaille, il la retourne, alignant les sillons au pas lent de ses mules. Le peuple oiseau, race légère et les fauves des bois et la faune marine, il les capture au creux mouvant de ses filets, cet inventeur de stratagème ! Il attire dans ses pièges le gros gibier des plateaux, il courbe sous le collier le col crépu du cheval, ou le taureau des monts dans le plein de sa force. Et le langage et la pensée agile et les lois et les mœurs, il s'est tout enseigné sans maître, comme à s'abriter des grands froids et des traits perçants de la pluie. Génie universel et que rien ne peut prendre au dépourvu, du seul Hadès il n'élude point l'échéance, bien qu'à des cas désespérés, parfois, il ait trouvé remède. Riche d'uneintelligence incroyablement féconde, du mal comme du bien ilsubit l'attirance, et sur la justice éternelle il greffe les lois de la terre. Mais le plus haut dans la cité semet au ban de la cité Si, dans sa criminelle audace,il s'insurge contre la loi. A mon foyer ni dans mon cœur Le révolté n'aura jamais sa place. s'élevant contre le viol par Antigone de l'interdiction de sépulture, interdiction criminelle, sacrilège et impie pour elle. La rébellion contre la loi de la cité va contre la nature supérieure et divine de l'homme. La loi sacrée, qu'Antigone, la "révoltée", qualifierait de naturelle, s'oppose à la loi humaine de la circonstance -(pour autant que latrahison ne soit une injustice sacrée...). Dans ce scandale, surgit la question de la place de l'homme dans le cosmos : comment le situer, lui, capable des pires horreurs, horreurs qui lui semblent aller contre la nature. Dans cette tirade, apparaît aussi la puissance de l'homme, dans toute sa variété : maître des eaux, dompteur des animaux, travailleur de la terre, créateur des mots, lutteur infatigable face à la mort, créature éthique et fondateur des lois. Pas un aspect du réel ne semble échapper à l'homme et à son désir/puissance de domination. Merveilles des merveilles, l'homme semble dépasser tout autre être par ses capacités quasi divines (les dieux sont caractérisés parleur puissance). Difficultés :Mais cette merveille, ne l'est-elle pasdans cemonde ?Ne lui est-il pas essentiellement relatif ? Autrement dit, si la puissance, ou la technique, vise à nous libérer des astreintes de la nature, si nous avons besoin de dominer la nature, si nous le cherchons ou le désirons tant, n'est-cepas parce qu'elle nous domine, qu'elle nous possède telle une mère excessive ? Problématique :C'est pourquoi il faut se demander de l'être humain, avant d'avoir ce qualificatif, s'il n'est pas essentiellement un être conforme à la nature et à ses lois ? Ne faut-il pas,
bien au contraire, séparer nettement ce groupe d'êtres, dont nous sommes, du fait de sa liberté, c'est-à-dire de son indépendance radicale ? Cette distance avec le monde est-elle fondée ? Ne faut-il pas dépasser ce rapport inclusion/exclusion pour trouver une continuité entre l'ordre naturel et l'ordre anthropologique dans une logique de prolongement et de progrès ? La nature de l'homme, partant, sa "naturalité", n'est-elle pas d'être culturel ? Nous tenterons de résoudre ces problèmes en envisageant d'abord l'homme comme être physique, pour ensuite mettre en valeur sa position ambiguë "d'arrachement", pour enfin montrer que l'homme doit se comprendredans une continuité critique et "civilisatrice" avec la nature.
DÉVELOPPEMENT
1èrehypothèse:Tout être n'est-il pas par définitionnaturel?
Définition des termes :Si la nature est l'ensemble des êtres, dans le sensd'univers, l'exclusion d'une partie des êtres de son giron lui fait perdre son statut d'univers, comme ensemble universel, comme totalité (dont tout le reste n'est que parties). La nature en tant que telle suppose une intégration complète et sans exception, sinon elle ne serait qu'un sous ensemble ; il y aurait une "hyper-nature" qui serait la véritable nature, ce qui revient finalement au même. Dans ce carde, on peut préciser le sens du terme en envisageant comme naturel tout ce qui est soumis aux lois de la nature, c'est-à-dire, littéralement aux lois physiques (phusisnature). Sont naturelles les choses qui : sont gouvernées et ordonnées selon des constantes universelles, valables partout, et qui par conséquent excluenta prioritoute exception. On peut alors imaginer la nature comme étantl'ordre général de l'univers. Cet ordre général implique lui-même la logique causale : tout phénomène de l'univers est causé par un effet déterminé par une loi causale qu'est la loi naturelle. Est naturel quelque chose qui a uneoriginede faits. Univers,naturelle, quelque chose qui s'appuie sur un enchaînement ordre et origine sont les bases de toute "naturalité". Analyses :Admettant cela, n'apparaît-il pas comme nécessaire d'inclure l'homme dans le cercle naturel et universel. Comment, en tant qu'être , peut-il ne pas être comme tous les autres, naturel ? Suivant les stoïciensREF, tout homme est citoyen du monde ; il appartient à la communauté des êtres et doit diriger par conséquent son action selon les principes de la nature. Tout le reste est secondaire ou superficiel. L'éthique et la politique se fondent sur le physique car celui-ci est précisément aux fondements de toutes choses. Dans cette logique, la conformité prévaut et il faut s'inclure plutôt que chercher à se distinguer et à s'exclure. La socialité (le fait d'entrer en société d'individus) est un mode particulier de ce mouvement d'élévation de l'individu au commun. Démonstrations :Tout cela peut paraître une simple évidence. C'est de l'ordre de simples faits, difficiles à récuser, que nous sommes, êtres humains, déterminés par des principes naturels : nous ne sommes pas nés de nous-mêmes, nous avons donc une origine en dehors de nous, origine de type biologique, nos parents, et nous pouvons par là-même devenir à l'origine de nouveaux êtres. La succession d'ascendants et de descendants est le premier pas qui nous fait être dans l'ordre naturel. Dès la naissance ; évidemment carnaissanceestnature. La vie et ses péripéties sont toutes structurées par des lois physiques et biologiques, qui se superposent et se complètent : notre corps est organisé et fonctionne de lui-même selon des "directives" naturelles. REF Cette"législation" naturelle est toujours plus précisée par la théorie darwinienne qui permet d'expliquer de manièreprécise l'origine évolutive de tout phénomène: les organismes sont le résultats d'adaptations génétiques au milieu, à l'environnement (soumis à des lois physiques) ; les comportements se seraient dans cette logique explicative aussi constitués dans une perspective de survie et d'adaptation. L'état actuel est le résultat d'une interaction individu/milieu. Ce qui va dans le sens d'uneintégrationde l'homme dans son monde. Implications :Dès lors, quoi de plus logique que de naturaliser l'âme, selon la version matérialiste des neurosciences. La traditionnelle distinction de l'esprit/âme spirituelle etmatière corporelle perd de son sens. L'intégration générale vaut pour l'esprit et le programme de recherche des
neurosciences tendà le confirmer. Mais aussi les conséquences en sont éthico-juridiques : la notion de Droit des animauxREF(p 423) cherche à étendre le principe de l'inclusion dans le sens inverse : les animaux (en fait certains animaux, en particulier les grands singes) doivent être respectés au même titre que des personnes humaines du fait de leur ressemblanceavec nous. Leur dignité doit être reconnue du fait de leur degré de conscience. Les humains gagnent alors des obligations envers eux. À partir de là peut se déployer toute une éthique cosmologique fondée sur le respect de tout être naturel, aboutissant à des obligations écologiques, autres que simplement utilitaires (de type environnementaliste comme : "il faut éviter le réchauffement climatique pour éviter des catastrophes humaines"), et de respect écologique. Mais qu'en est-il de laliberté ? Faire de l'homme un être naturel, c'est aller contre la tendance individualiste puisque ce qui importe ce serait "l'hyper-communautaire" (au delà de la communauté humaine). L'isolement est insensé. La liberté elle-même en fait est mise en jeu puisque nous serions alors réductibles à nos causes. Étant purement naturels, tous mes actes sont d'ordre physique, comment donc leur imaginer lamoindre spontanéité ? Objections :En dehors de cet enjeu majeur, on peut se demander si cette conscience de fusion naturelle suppose que nous ne sommes pas immédiatementdans l'intégration, qu'elle doit se pratiquer. On doit justement réajuster nos actions, notre droit, voire notre vision politique. Nous avons des préjugés pesants sur notre supériorité "naturelle". Le physique a-t-il des préjugés ? Nous venons de penser notre rapport à la nature ; le pourrions-nous seulement si nous étions immédiatement naturels, si nous n'étions pas dèsnotre origine comme jetés face au monde et à la nature ?
2èmehypothèse:L'homme ne se caractérise-t-il pas parson arrachement de la nature ?
Définition des termes :L'idée d'arrachement est d'une grande force car il indique une séparation violente d'un terme en rapport à son terme d'origine. Un arrachement est une sorte d'expulsion, de "sortir hors de son lieu naturel". Il s'agit d'une perte non quelconque, mais essentielle. À la différence de l'expulsion comme illustré par celle de l'Éden dans la Bible, l'arrachement ne vient pas forcément de l'extérieur. C'est justement plutôt comme cela qu'il faudrait qualifier la mise à distance de l'homme avec lui-même en tant qu'être naturel. Cet idée implique une opposition entre nature et humanité qui se construit, qui se développe et qui peut s'accentuer comme un éloignement progressif. L'homme n'arrête pas de s'arracher de la nature. Analyses :De lui-même, l'homme serait naturel mais deviendrait non-naturel, extra-naturel. Le corps reste en lui-même naturel mais l'esprit peut lui faire porter sa marque (tatouage, comme marque extérieure incorporée ; vêtements, comme marques extérieures temporaires ; transplantation ou chirurgie, comme marques intérieures incorporées, etc. ). L'esprit n'est-il pas pourtant naturel puisque nous en avons tous dès la naissance et de manière équivalente ? L'esprit crée lui-même son monde, comme un monde parallèle au monde naturel, un sur-monde. Démonstrations :effet, même les sociétés "primitives" , censées être les plus En proches de la nature sont dans un face à face avec elle : elles pratiquent des rites sur les corps, elles se séparent d'elle par une mythologisation de la nature bien différente des lois scientifico-physiques de la nature. Elles sont proches de la nature car leur vie tourne à son rythme et est imbibée de références à elle (chaque humain a un totem -forme animal analogue à son Soi) mais elles n'en sont queprocheset non pas strictementunies ; ellesen ont toujours une vision symbolique et agissent toujours de manière ritualisée. Il arrive même que des tribus cherchent à se distinguer des animaux, à se considérer comme supérieurs, dans le même mouvement qu'elles se considèrent supérieurs aux autres tribus. Il y a bien de fait une incertitude à savoir cequ'estnature en elle-même ; incertitude la supposant une distance entre nous et elle difficile à comprendre. Tous les faits de culture en sont la preuve et il n'y a pas de population humaine sans acte culturel comme les constructions sociales (organisation de la famille, de la tribu, tous les rites dont religieux, ex. règles de mariage), les œuvres (artefacts comme des objets, des monuments -ex. les totems..., les tombeaux), les symboliques (les langues, les idées, les croyances, les sciences, etc.).REFAvec Bataille (p24), on voit bien qu'il y a là un double arrachement : transformationde la nature par l'occupation humaine qu'il appelle le travail (transformation des biotopes etcréation de nouveaux "anthropo-topes" : les villes), mais aussi transformation desoi par la culture, la morale et les institutions, comme l'autodiscipline des désirs. On
peut parler ici de négation de la nature. Sans aller jusqu'àcontrer lanature, sans cette intention moderne de sortie de la nature par l'exaltation de la technique,REFAristote (p.22) pose la distinction anthropologique à partir de sa constitution sociale : le propre de la cité humaine en opposition à la société animale est qu'une cité n'est pas seulement un regroupement d'individus en raison de leurs nécessités vitales (la société permettant la survie) ; elle est un espace symbolique (une réalité faite de signes) où les hommes échangent leurs idées, leurs opinions et discutent de valeurs. Or la nature n'a pas apparemment en elle-même de valeur. Il y a une dimensionen plus. Implications :Faut-il alors différencier l'homme au point d'en faire un être sur-naturel ? Quelle est son origine s'il n'est pas intégralement naturel ? Comment comprendre qu'il parte de la nature pour à partir d'elle produireautre chose? Est-il alors un miracle ? Est-il un demi-dieu ? Comment la nature peut-elle produire un anti-nature ? Grâce à cette séparation de la nature, on peut comprendre l'homme comme un être capable de liberté puisque cet arrachement peut être vu comme une libération du joug des lois naturelles bloquant nos désirs et nos aspirations. Cette liberté qui serait notre apanage et notre exclusivité dans le monde nous rapprocherait d'un état de perfection divine, car seuls les dieux ou le Dieu des traditions religieuses sont véritablement libres car ils font ce qu'ils veulent (ou presque,pour les dieux grec soumis au Destin...). Objections :Mais cette "divinité" de l'homme reste extraordinairement ambiguë:la civilisation produit la barbarie et la monstruosité ; où il faut distinguer la bestialité de l'animalité -naturalité- car la bestialité n'est pas animale, les animaux ne faisant que suivre leur instincts, c'est-à-dire leur nature ce qui les exempte de tout reproche moral...). La liberté de l'homme envers la nature lui permet non seulement d'aller contre elle mais aussi d'aller contre lui-même. La négation de la nature amène par une pente glissante à nier l'homme comme l'ont prouvé les différents systèmes totalitaires et hyper-barbares des derniers siècles, surgissant de sociétés jugées pourtant d'une extrême sophistication et culture.
Thèse:L'homme ne perfectionne-t-il pas la nature par l'éducation?
Définition des termes :Que veut dire perfectionner la nature ? C'est lui donner une forme qu'elle n'a pas ou qu'elle n'a pas encore. Un perfectionnementen général est un processus de réalisation selon un critère de valeur (le "mieux") décrivant ainsi le passage d'un état inférieur à un état supérieur. Perfectionner la nature suppose donc qu'elle puisse être considérée dans un état inférieur voué à s'améliorer. Une simple évolution est un changement de forme, neutre, sans indication d'un "moins" vers un "plus". L'éducation peut être comprise comme ce mouvement de perfectionnement del'homme par l'homme, portant donc, insistons, sur l'homme lui-même ; éduquer, c'est transformer un être en développant de manière individuelle sa personne. Elle permet en général l'acquisition de qualités, d'habitudes ou de compétencesqui ne sont pas naturelles. Analyses :la nature peut-elle être meilleure qu'elle n'est ? En termes Comment biologiques, la nature est parcourue d'événements soumis à des constantes/lois. L'idée de nature se comprend souvent comme un état parfait en soi. Mais selon la thèse darwinienne, elle se situe hors de tout contexte "parfait/imparfait"; tout n'est qu'une question de survie, de continuation ou de disparition. Cette neutralité ne permet pas d'insérer l'homme dans la nature car il se préoccupe de ce qui est bon ou de cequi est mauvais. Comment donc penser que la nature "s'auto-dépasse" par la civilisation ? La culture est d'abord une évolution analogue à l'évolution darwinienne mais dans un temps plus court (temps historique). La culture est un alliage d'imprégnation (traditions qui tentent de continuer des données culturelles, comme une langue, des pratiques culinaires, etc.) et de spontanéité (créative, inventive, comme dans l'activité artistique, intellectuelle, etc.). Ce sont aussi des modes subtiles d'adaptation. Par ces pratiques acquises et inventées, l'homme domine toujours le monde et peut habiter des lieux qui lui sonta priorihostiles (eau, déserts, etc.) et de survivre plus longtemps (médecine, etc.). Le monde des symboles est un monde qui permet à l'homme d'occuper mentalement le monde naturel en s'y inscrivant dans l'imaginaire(cf. mythes religieux sur la nature et sur sa création). La conscience dans la culture est à la fois perversion et perfectibilité : les développements de l'esprit provoquent à la fois l'exaltation de l'égoïsme (un animal n'est jamais égoïste, moralement parlant) et
par conséquent toutes les attitudes les plus condamnables, et à la fois provoquent la faculté de se dépasser soi-même, de chercher à progresser et à exiger mieux de soi et du monde. Démonstrations :REF :Lévi-Strauss (p.25), étudiant les diverses sociétés humaines en a conclu à l'existence d'une constante, l'interdit de l'inceste. Universel strict, toutes les sociétés humaines considèrent cet acte comme répréhensible d'une manière ou d'une autre. De quoi ce fait est-il la preuve ? Que ce qui est de l'ordre du naturel/universel se confond avec ce qui est de l'ordre de la norme/convention/culturel. La nature est transfigurée chez l'homme et la culture devient uneseconde nature. Les deux ordres sont mélangés de telle manière qu'il est dès lors impossible de séparer objectivement ce qui vient de l'un ou de l'autre. Le culturel, en tant qu'artificiel, ne peut alors être vu qu'en continuité avec le naturel en tant que donné. Les habitudes souvent prennent l'apparence d'évidences naturelles ; mais aussi à l'inverse, lesdonnés naturels sont plus instables qu'on nele pense. On pourrait concevoir légitimement que l'homme fait ce que fait la nature en accéléré, en y introduisant de l'axiologique. Implications :L'aspiration au retour du naturel peut être alors interprétée comme fondée mais non sans une certaine mise en perspective.REFRousseau (p.23) critique la culture en en faisant un tableau pessimiste : la sortie de l'état naturel, de la proximité avec la nature originaire a produit un monstre qu'est l'homme social. La perversion est alors "soluble" dans une nouvelle forme de culture réassumant son origine, celle du "retour au naturel". La nature devient alors une Valeur (anthropologique) et un modèle POUR l'homme. Ce retour est rigoureusementimpossible mais est à accepter comme mode d'être de l'homme, non plus en opposition avec son environnement mais dans une cohésion pacifique, voire aimante (sans réciprocité, car la nature n'a probablement pas de sentiment pour l'humain).Par la rééducation, l'homme peut se perfectionner et faire aboutir la nature.
Conclusion Bilan général :Peut-on trancher sur la nature de l'homme ? Lui donner une même nature que pour toutes choses peut être une nécessité scientifique (considérer l'homme comme un être physique pour en faire un objet de science) mais fait négliger ce qui semble être sa particularité : celle de s'inventer un mondepropre. Le désir de la nature en est aussi une facette. Réponse générale :Métaphysiquement, ontologiquement, l'homme est naturel ; irréductible. Mais pratiquement, il est dans un travail avec la nature, avec son origine. Travail de construction violente (arrachement) ou pacifiée(écologisme). Deux états d'âme qui sontdeux facettes de la condition humaine (nature ?): la liberté. Qui a raison de Créon ou d'Antigone ? Sans prestidigitation, tous les deux. Le sacré est dans l'univers et dans les œuvres humaines. Il est partout où le regard peut se porter. La supériorité de l'homme est aussi de se considérercommeautres les êtres. Quel drame humain que ce tiraillement !
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