Lois de Pilaghshût (Concubinage)

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Lois de la pilegesh (concubine) selon la Halakha. Abusivement appelé concubinage, la pilagshût est en fait une sorte de mariage légitime, mais plus léger.

Publié le : mercredi 8 octobre 2014
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Beshém Adônây Él raḥûm weḥannûn na‘asè wenaṣlîaḥ
Lois de laPîlaghshût– Hilkhôt PîlaghshûtEn plus du mariage normal (nissû’îm), laTôraégalement une union légale plus envisage “légère” entre un homme et une femme : lapîlaghshûthabituellement par (traduit “concubinage”, faute d’un terme plus adéquat). La femme ainsi épousée est appelée pîlègheshhabituellement par “concubine”), et est considérée comme une épouse (traduit légitime à part entière. Peu pratiqué, ce mariage “léger” est néanmoins codifié dans la littérature rabbinique et par les Décisionnaires ultérieurs. À la différence du mariage normal (nissû’îm), lapîlègheshunie à son époux sans est qiddûshîm(liens consacrés unissant les époux) niketubba(somme d’argent réservée [pour la femme] dans le contrat nuptial en cas de cessation du mariage). De même, en cas de divorce, vu l’absence deqiddûshîminitiaux, ungeṭ(acte de divorce) n’est pas nécessaire et un simple mé’ûn(refus/annulation) suffit. Comme pour le mariage habituel, lapîlaghshûtne célèbre l’union que de deux personnes adultes (minimum 12 ans pour une fille et 13 ans pour un garçon), Juives, saines d’esprit et consentantes. Toutefois, laTôraau père le droit de marier (par donne nissû’împar ou pîlaghshût) sa fille mineure (ce que nos Sages ne permettent plus). La futurepîlèghesh(ni sa famille) n’amène aucune dot (nâdân) au futur époux, ni celui-ci demohar[prix de la fiancée] à sa famille. Pour officialiser lapîlaghshût, le futur époux récite la bénédiction suivante devant 2 témoins, en présence de sa futurepîlèghesh(certaines communautés le font sur un verre de vin) : «Bârûkh attâ Adônây, Elôhénu Mèlekh hâ‘ôlâm, ashér qiddeshânu bemiṣwôtâw weṣiwwânu ‘al hâ‘arâyôt, we’âsar lânu èt hazzenûnîm wehittîr lânu èt happîlaghshîm(Tu es source-de-bénédiction, ô Éternel, notre Dieu, Roi du monde, qui nous a sanctifiés par Ses commandements, et qui nous a ordonnés les interdits sexuels, et qui nous a proscrits la fornication, et qui nous a autorisés lespîlaghshîm). » À laquelle tous répondentâmén. Ensuite, le marié déclare à sapîlèghesh: «Haré att pîlèghesh lî bishṭâr zè (te voici ma pîlèghesh» tout en lui remettant un contrat (ce contrat-ci),  par sheṭâr) spécifique (officialisant le statut depîlèghesh) préalablement signé devant 2 témoins (qui signent également). Voici le texte dusheṭâr(traduit): Je soussigné XXX (fils de XXX), sain de corps et d’esprit, certifie par ce contrat que je me suis uni à XXX (fille de XXX), saine de corps et d’esprit, de son plein accord, enpîlaghshûtselon les lois coutumières du Judaïsme. Cettepîlaghshûtpermet de nous lier par les liens conjugaux habituels, sans pour autant prendre l’un envers l’autre d’engagements financiers ni d’obligations de cohabitation et d’entretien. Nous nous devons fidélité exclusive et respect mutuel. Si un enfant naît de notre union bénie, il est légitime et jouit de tous ses droits sur nous. Ce lien de pîlaghshûtsacré entre mon épousepîlègheshXXX (fille de XXX) et moi-même XXX (fils de XXX) peut être dissout à tout moment dès que l’un de nous deux le désire, par le déchirement de ce contrat et par une déclaration demé’ûndevant témoins. Fait à XXX, le XXX du mois de XXX, de l’an XXX, devant Dieu et les Hommes. Ainsi tout est certifié, clarifié et bien-fondé.  XXX (fils de XXX), Époux  XXX (fils de XXX), Témoin  XXX (fils de XXX), Témoin Aucunes 7berakhôtsont récitées à l’occasion d’une ne pîlaghshût, ni au moment de l’union elle-même ni au moment des repas qui suivent. Par contre, unese‘ôdat miṣwa(repas festif) est offerte à la suite de la cérémonie.
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Lapîlègheshest une épouse officielle à laquelle s’appliquent tous les droits et les devoirs d’une épouse normale (d’elle envers son mari, et de celui-ci envers elle), sauf au niveau financier. Le régime matrimonial de lapîlaghshûtest celui de la séparation totale des biens. En cas de divorce, aucuneketubbalui est versée. De même, à la mort de son mari, la ne pîlègheshn’a aucune part dans l’héritage de celui-ci, ni n’en possède de droit d’usufruit. Les lois duyibbûm[lévirat] s’appliquent à lapîlèghesh. Lapîlègheshd’unkôhénmange de laterûma(c.-à-d. qu’elle est son épouse à part entière). Bien que lapîlègheshn’a pas de‘ôna[droit d’intimité conjugale sur son époux], nos Sages conseillent de lui accorder au moins une relation sexuelle par mois. Par contre, comme toute épouse, elle se doit d’être disponible au désir de son mari à tout moment. Les enfants d’unepîlègheshles mêmes droits sur l’héritage de leur père que ses ont enfants d’une épouse normale. Au niveau de l’adultère (et de l’inceste, vis-à-vis desqerôvîmson époux), tous les de interdits bibliques s’appliquent à lapîlèghesh, mais en tant quelâw seulement (c.-à-d. passible demalqûtpar un tribunal humain, et de [flagellation] kârétau [retranchement] niveau divin), du fait que la sainteté lapîlaghshûtmoindre que celle d’un mariage par est nissû’îm. Les liens depîlaghshût se rompent par unmé’ûn (littéralement “refus, annulation”) devant 2 témoins. Quand lapîlèghesh désire divorcer, elle déchire sonsheṭâr et déclare, 1 devant les témoins (en présence de son époux) : «Ê-ifshî be-XXX (zè) ba‘alî ‘ôd(je n’ai plus de volonté pour XXX (lui) en tant que mon mari). » De même, quand le mari désire divorcer, il demande lesheṭârà sapîlèghesh, et le déchire en déclarant, toujours devant les témoins 2 (en présence de sapîlèghesh«) : Ê-ifshî be-XXX (zô) pîlaghshî ‘ôd (je n’ai plus de volonté pour XXX (elle) en tant que mapîlèghesh). » Unepîlègheshdivorcée parmé’ûnest considérée commegerûsha[divorcée] par rapport à unkôhén, et ne peut plus en épouser un. De même, l’ex-mari d’unepîlègheshest prohibé 3 d’épouser sesqerôvôt(mère, sœur, fille,etc.) , ainsi qu’elle sesqerôvîm(père, frère, fils,etc.) – mais seulement en tant quelâw(au lieu de la peine capitale). À la différence de la divorcée d’un mariage normal (pargeṭ), une ex-pîlègheshse peut remarier avec son ancien époux (memâ’énoumemo’ân) même après avoir été mariée (par nissû’îmou parpîlaghshût) à un autre (ou à plusieurs) entretemps. Nombreux sont les personnages bibliques à avoir eu despîlaghshîm, comme par exemple : Abraham avec Hagar (de qui il eut Ismaël), Jacob avec Bilha et Zilpa (qui eut d’elles Dan, Nephtali, Gad et Aser), Gédéon le Juge, le Roi David, le Roi Salomon (il en eut 300), et beaucoup d’autres. La pratique de lapîlaghshût tombe en désuétude à partir du VIe siècle E.C., du fait de l’exil prolongé des communautés juives parmi des peuples qui voyaient cette coutume d’un mauvais œil. Pendant des siècles, elle est toutefois restée l’apanage discret d’une élite d’érudits. Cependant, les Décisionnaires modernes, tant séfarades 4 qu’ashkénazes , en encouragent le renouveau. ***** Bârûkh Adônây le‘ôlâm âmén we’âmén 1 Elle est alors appelée “memâ’ènet”, et son ex-mari “memo’ân”. 2 Il est alors appelé “memâ’én”, et son ex-pîlègheshmemo’ènet”. 3 Bien sûr, si sapîlègheshdécède, la sœur de celle-ci lui devient permise, comme pour le mariage habituel. 4 L’interdiction médiévale de la polygamie chez les ashkénazes ne concerne que les mariages normaux (par nissû’îm), et non lapîlaghshût.
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