L'Asie de l'Ouest, au centre d'un monde nouveau

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l'histoire et la géographie d'une partie du monde émergent présentée comme un ensemble régional en cours de structuration

Publié le : samedi 6 avril 2013
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L’ASIE DE L’OUEST
AU CENTRE D’UN MONDE NOUVEAU
 
Didier Gaujous
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Photo première de couverture : Meteosat-9
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PREFACE
Pour des raisons que nous approfondirons dans la suite de cet ouvrage, je suis convaincu que le monde multipolaire qui est en train d’émerger se structure autour de sept grands ensembles, que j’ai appelés Métats. Parmi ceux-ci, quatre ont une légitimité géographique forte : les deux Amériques, l’Afrique et l’Antarctique. Il reste ensuite à partager l’immense territoire Eurasiatique et le Pacifique, que je propose de découper en trois : l’Europe, au nord, l’Asie-Pacifique, de la Chine à l’Australie, et l’Asie de l’Ouest. Inventer un continent, pour reprendre l’expression savoureuse de Christian Grataloup, cela commence sans doute par le décrire, par raconter sa géographie et surtout son histoire, sa part d’ «Histoire Mondiale». C’est l’ambition de cette publication. Ce document est la somme de très nombreuses données récoltées à partir d’internet, du World Factbook de la CIA, de l’Encyclopedia Universalis, dont sont adaptées les vignettes de cartes historiques, d’ENCARTA, hélas plus publiée, source principale des cartes géographiques, et de nombreux autres ouvrages. Quand on le fait pendant ses loisirs, la mise en perspective de ces données géographiques, historiques, géologiques, économiques, prend un temps infini et je n’en serais pas arrivé à bout sans la patience de mes proches et les encouragements de mon ami le grand explorateur Michel Detay. C’est lui également qui m’a indiqué Youscribe. Merci à tous ces contributeurs. Lecteurs, je compte sur votre feedback pour continuer ensemble l’invention de l’Asie de l’Ouest, un nouveau continent au centre d’un Monde nouveau.
Didier Gaujous
Janvier 2013
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PRESENTATION 
L’Asie de l’Ouest regroupe les Etats du Moyen-Orient, de l’Asie Centrale et du sous-continent et océan Indiens. Ces Etats sont, par ordre de population décroissante : L’Inde, le Pakistan, le Bangladesh, l’Iran, l’Afghanistan, le Népal, l’Ouzbékistan, l’Arabie Saoudite, l’Irak, le Yémen, le Sri Lanka, la Syrie, le Kazakhstan, le Tadjikistan, Israël, la Jordanie, le Kirghizstan, le Turkménistan, les Emirats Arabes Unis, le Liban, Oman, La Cisjordanie, le Koweït, le Bhoutan, Gaza, le Qatar, le Bahreïn et les Maldives (Cisjordanie et Gaza sont destinés à former l’Etat Palestinien suivant les accords d’Oslo, 1993). Dès la préhistoire et à travers la haute antiquité, cette région du monde, héritière des routes de la soie et des épices, a tissé entre ses habitants des relations étroites, parfois à travers des guerres ou des tentatives de dominations, le plus souvent à travers des échanges économiques et culturels pacifiques. Sa position géographique fait de l’Asie de l’Ouest un carrefour civilisationnel au coeur de l’Afrique, l’Europe et l’Asie Pacifique. Au delà, son ouverture sur la Méditerranée et l’Océan Indien la met en communication maritime avec les façades Atlantique et Pacifique des Amériques. Un temps écartelée par le « Grand Jeu » des impérialismes Occidentaux, elle perpétue aujourd’hui des traditions séculaires de relations diplomatiques : on voit ainsi l’Inde et l’Arabie Saoudite encourager Téhéran à ôter les doutes sur ses ambitions atomiques, ou encore l’Inde agir comme facilitateur entre Israéliens et les Palestiniens ; l’Asie Centrale, libérée du rideau de fer, est l’objet de toutes les attentions de la part de ses voisins du sud. Depuis 1983, le SAARC (South Asian Association for Regional Co-Operation) regroupe l’ensemble de la péninsule indienne et l’Afghanistan. Il reste à l’élargir à l’Iran (envisagé), à la Péninsule Arabe et à l’Asie Centrale pour finir de structurer économiquement l’un des cinq grands «Métats », ensembles géopolitiques méta-étatiques mondiaux. Avec 1,8 milliards d’habitants, l’Asie de l’Ouest est le deuxième Métat en terme de population, derrière l’Asie-Pacifique (2,2 milliards) et loin devant l’Afrique (0,9 milliard), l’Europe (0,8 milliard) et les deux Amériques (0, 45 milliard chacune). C’est le plus petit en superficie (14,4 millions de km2), et le plus densément peuplé (122 hab/km2). Avec 60% des réserves pétrolières mondiales connues, le Métat est un acteur économique majeur. De quoi compenser une production agricole limitée par l’aridité du climat sur la majorité de son territoire. On ne peut évoquer l’Asie de l’Ouest sans penser aux mille et une merveilles de l’Orient, fruits du goût artistique et du raffinement intellectuel des peuples de ce monde fascinant.    
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L’Asie de l’Ouest au centre du Monde (projection D. Gaujous)
MILEU NATUREL
RELIEF ET HYDROGRAPHIE
Les limites naturelles du Métat sont bien marquées : les mers l’entourent au sud et à l’ouest, des chaînes montagneuses à l’est et sur l’isthme kurde entre Méditerranée et Caspienne, la limite steppe-forêt marquant la frontière nord. Comme nous le verrons dans la partie « géologie», l’assemblage des masses continentales constituant l’Asie de l’Ouest est relativement récent. Il en résulte des reliefs marqués : ·  La chaîne himalayenne (Himalaya et Karakorum), fruit de la collision de l’Inde avec l’Eurasie, et les effets collatéraux à l’est (chaîne de l’Arakan) et à l’ouest (Monts Sulayman et Baloutchistan pakistanais). ·  L’ Hindu Kush, le Pamir, le Tian Shan, massifs d’origine plus ancienne, datant de l’arrimage de la Chine à l’Asie centrale, plus ou moins re-soulevés sous l’impact indien. ·  Le plateau iranien, bordé au nord par l’Elbourz et au sud par les Monts Zagros, soulevés lors de la collision de la plaque arabique Des reliefs plus doux se retrouvent en limite maritime des plaques : ·  La chaîne montagneuse bordant l’Ouest et le sud de la péninsule arabique, résultant de l’ouverture du rift de la Mer Rouge ·  Les monts Hajar et les reliefs du Baloutchistan iranien, de part et d’autre du Golfe d’Oman . ·  les reliefs peu marqués des Ghâts Occidentaux et Orientaux qui bordent la péninsule indienne. Des grands fleuves qui parcourent les plaines de l’Asie de l’Ouest, seuls l’Amou-Daria (anciennement Oxus) et le Syr-Daria prennent leur source sur le territoire du Métat, respectivement dans le Pamir et l’Hindu Kush pour l’un, le Tian Shan pour l’autre. L’Indus, le Gange et le Brahmapoutre prennent leur source au Tibet. Les débits du Tigre et l’Euphrate sont largement tributaires de leurs bassins amont situés en Turquie, ce qui a imposé la mise en place de règles de gestion transfrontalière des eaux.
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En raison du recours à l’irrigation, les étendues d’eaux continentales du nord ont tendance à se réduire. Dans l’espoir de réduire ses pertes en eau, la Mer Caspienne s’est vue amputée du golfe de Kara-Bogaz, isolé par une digue en 1980 et entièrement asséché dès 1983. Le volume de la Mer d’Aral a diminue des deux tiers depuis les années 1960. Le Lac Balkhach, saumâtre, baisse depuis la mise en service en 1970 du barrage de Kapchagay sur son affluent l'Ili.
CLIMAT
En définitive, les reliefs structurent le Métat en quatre ensembles géographiques bien marqués : ·  au centre, un ensemble montagneux qui s’étend en arc sur l’Iran, l’Ouest du Pakistan, l’Afghanistan, le Tadjikistan et le Kirghizstan, et se prolonge à l’est par la chaîne himalayenne. ·  à l’ouest, la plaine Mésopotamienne et la Péninsule Arabique ·  à l’est, la vallée de l’Indus et la Péninsule Indienne ·  au nord, les plaines du Turkménistan, de l’Ouzbékistan et du Kazakhstan. Comme nous le verrons dans la partie historique, c’est cet ensemble central de montagnes, de riches vallées et de plateaux qui a servi de lieu d’établissement des grandes civilisations Perses et de lien entre les autres civilisations du Métat (Mésopotamie, Indus, Empires des Steppes) et de sa périphérie (Chine via les routes de la Soie et Europe, via l’Anatolie et le Caucase).
Le climat du Métat est : ·  au nord, Continental, sec (aride à semi-aride) et contrasté (froid l’hiver, chaud l’été) en raison de l’absence d’influence océanique ·  au sud, Tropical (chaud toute l’année), de désertique sur la plus grande partie du territoire à humide dans la partie influencée par la mousson d’été. Entre ces deux grandes tendances, on trouve : ·  un climat méditerranéen (l'été sec et chaud, hiver doux et humide) sur le Levant, le sud de la Mer Caspienne et quelques versants « au vent » des contreforts montagneux iraniens. ·  des climats de montagne, frais l’hiver, secs dans les massifs nord (Tian Shan, Pamir, Hindu Kush) et humides dans la chaîne himalayenne.  
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Le climat tropical de mousson est caractérisé par une saison des pluies de juin à octobre. Les précipitations atteignent leur record du monde avec près de 11000 mm par an à Cherrapunji dans le nord-est de l’Inde. À partir de décembre, la mousson s’inverse et souffle de l’intérieur des terres vers la mer : c’est la saison sèche. Le volume des précipitations varie énormément selon les années, et la mousson, qui sait se faire attendre, peut amener son lot d’inondations après une année de sècheresse. Le relief joue un rôle important dans les précipitations. Les versants « au vent » reçoivent plus de pluies que les versants opposés (effet de fœhn ). Ainsi, en Iran, les précipitations atteignent 1500 mm par an en bordure de la mer Caspienne, alors que de l’autre cote de l’Elbourz, Téhéran, à 150 km à vol d’oiseau, ne reçoit que 230 mm. Au cœur des déserts, les précipitations sont presque nulles.               
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Précipitations annuelles : sec à l’ouest, humide à l’est
Températures Janvier : froid au nord, chaud au sud
Températures Juillet : chaud, chaud !
VEGETATION ET FAUNE
La végétation du Métat varie naturellement en fonction des zones climatiques : ·  aux zones les plus arides correspondent les déserts et semi-déserts ·  prairies, steppes et savanes se développent au nord et sur les zones montagneuses peu arrosées ·  la végétation méditerranéenne se retrouve au Levant et sur les contreforts montagneux bordant le nord de la Mésopotamie. ·  Les forêts tropicales occupent les zones les plus humides. ·  La forêt boréale marque la limite septentrionale naturelle du Métat.          Sur la photo satellite ci-contre, les zones désertiques apparaissent en clair. Le long des fleuves qui les traversent (Mésopotamie, Indus, Amou-Daria, Syr-Daria, Ili) apparaissent en plus sombre les zones de cultures irriguées. Comme nous le verrons dans la partie géologie, la végétation a changé en fonction des époques. Aux causes naturelles climatiques se sont ajoutées depuis le néolithique les causes anthropiques, en particulier la déforestation, due au défrichage agricole, au surpâturage, au bois de chauffe et à l’exploitation du bois pour la construction (les forets du Levant ont été décimées pour la construction navale).
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Ibrahim Nahal ( La désertification dans le monde , Paris: L’Harmattan, 2004) insiste sur les interactions entre déforestation et climat: « une des plus grandes civilisations [celle de la Mésopotamie] a disparu à cause d’un changement de conditions écologiques provoquées par l’homme lui-même … En perturbant l’équilibre naturel et en modifiant particulièrement les rapports « eau - sol - végétation » et « sol - atmosphère », la disparition ou la dégradation du couvert forestier des zones arides, semi-arides et subhumides a joué un rôle primordial dans le déclenchement de la désertification qui se manifeste de nos jours dans ces zones ».
  Désert de sable Steppe Forêt tropicale Végétation méditerranéenne Blé (Arabie saoudite) (Kazakhstan) (Inde) (Liban) (Kazakhstan)    La aune est ien enten u varia  e en onction e a v g tation. E e a e e aussi t tr s in uenc e par omme. D couvrons que ques esp ces notables, soit spécifiques, soit abondantes, soit rares ou menacées. Parmi les carnivores, le lion d’Asie , autrefois présent sur l’ensemble des espaces ouverts du Métat (steppes, savanes), a disparu progressivement au cours des derniers siècles. Il n’est plus représenté que par quelques spécimens (environ 300) du parc de Gir, en Inde. Le tigre du Bengale serait arrivé du nord via l'Himalaya il y a seulement 10 000 ans. L’espèce représentée par 4000 individus en Inde, au Bangladesh et au Népal, est menacée. A noter une variété de tigres blancs à Rewah en Inde. Les léopards sont plus largement repartis, en Inde, au Bengladesh, au Sri Lanka, au Népal, en Iran. Une mutation du léopard a donné la panthère noire, en Inde. L’once, ou panthère des neiges, n’est présente qu’à travers 3000 à 6000 individus en Inde et en Asie Centrale. On trouve également parmi les félins des chats sauvages et le lynx. Les hyènes sont présentes dans les zones arides (Israël, Palestine, Jordanie, Irak, Iran). Parmi les ours, à noter l’ours à collier en Asie centrale, l’ours brun en Inde, l’ours Lippu en Inde et au Sri Lanka, et le petit panda dans l’Himalaya.
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Le loup, comme les moutons, est présent sur la quasi-totalité du Métat, principalement en Asie Centrale (Kazakhstan 50000, Kirghizstan 4000, Tadjikistan 3000, Ouzbékistan 2000, Iran >1000, Turkménistan 1000, Afghanistan 1000), et dans une moindre mesure en Inde (1000) et dans la péninsule arabique. Renards et chacals ont également une large répartition. Le dhole ou cuon est un chien sauvage d'Asie chassant en bandes. Loutres, mangoustes et civettes représentent les petits carnivores. De nombreux grands herbivores ont été domestiqués au néolithique. Le chameau de Bactriane (2 bosses) vit dans le nord du Métat et est menacé à l’état sauvage. Il y cohabite avec le dromadaire, présent sur l’ensemble des espaces désertiques ou semi-désertiques, mais moins résistant au froid. Le Métat compte 260 millions de chèvres, 215 millions de moutons, 90 millions de vaches et bœufs et 30 millions de buffles. Plusieurs espèces de bovidés sauvages de la péninsule indienne, Le gaur, le bison, le nilgaut, l’antilope cervicapre, sont menacées. Une nouvelle espèce de gazelle a été découverte au Yémen en 1985. Les muntjacs sont de petits cerfs aboyeurs. L’onyx d’Arabie et le daim iranien sont menacés. Religions obligent, on ne compte que 19 millions de porcs domestiques (contre 450 millions pour la seule Chine). Le sanglier pygmée d’Inde est menacé. Les éléphants d’Asie , qui ne se reproduisent pas en captivité, sont menacés de disparition. Des damans, petits animaux biologiquement proches des éléphants, vivent au Proche Orient (Syrie, Palestine, Arabie). Le rhinocéros asiatique, à une corne, n’est plus présent qu’à travers 2000 individus en Inde et au Népal. Les ânes ont été domestiqués au Proche-Orient, alors que les chevaux l’ont été dans les steppes du nord. Les ânes sauvages d’Asie, ou hémiones, dont l’onagre, sont fortement menacés. Parmi les lapins et les lièvres, présents sur tout le Métat, les pikas sont de petits « lièvres siffleurs » (20 cm) d’Asie centrale. Le lièvre à poil dur d’Inde est menacé d’extinction. L’Acomys est un rat épineux découvert en Oman en 1980. Parmi les mammifères aquatiques, le dugong (sirénien) est présent en Mer Rouge et dans l’Océan Indien. Deux espèces de dauphins d’eau douce (platanistes) vivent respectivement dans l’Indus et le Gange. Le dauphin du Gange est un cétacé aveugle menace de disparition. Chez les oiseaux, on note le paon bleu , vénéré en Inde, le gypaète barbu, rapace charognard de l’Himalaya, le brachypteryx, espèce rare de grive découverte en Inde en 1980. L’autruche, qui habitait autrefois au Moyen Orient, a disparu victime de la chasse. Parmi les reptiles, le crocodile des marais est présent en Inde et au Sri Lanka, le crocodile marin et le gavial du Gange sont menaces d’extinction. Une espèce rare de varan a été découverte au Yémen en 1898. La Mer Caspienne est riche en esturgeons (caviar iranien).
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