Journal du Nautisme Spécial Vendée Globe 2012

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novembre 2012 21 novembre 2012 > Supplément gratuit à L’Équipe N°21288 du dimanche 28 octobre 2012 1 François gabart Objectif GlObe SpÉciaL VeNdÉe GLobe édito Seuls au monde ? Une femme, spirituelle, drôle et bavarde, et dix-neuf gars : des « anciens » de la course au large, qui ont connu la mer avant d’en faire leur boulot, des « jeunes » aux dents acérées, résolus à faire de la mer un métier. Des mobylettes sur toilées. Le téléphone, les mails groupés, les vacations radio quotidiennes, les photos, les vidéos, les cartes postales, les interviews. La famille, les amis, les sponsors, les directeurs de la communication, les attaché(e)s de presse, les journalistes ; pas loin d’un million de personnes sur les pontons des Sables d’Olonne dans les semaines qui précèdent le départ, et autant à l’arrivée. Beaucoup plus de lecteurs, d’internautes, d’auditeurs, de téléspectateurs. Une infinité de curieux. Avec tout ça, difficile de croire que les vingt skippers qui vont, le 10 novembre prochain, s’élancer en solitaires à l’assaut du 7e Vendée Globe, trouveront la solitude. Et puis quoi ? Pensez ! Trois mois à ne plus entendre les grincements de la crise et les cris de la guerre, les pleurs de la première dent et les râles de la belle-mère, trois mois à se consacrer à soi, à décliner son identité, ça n’a pas de prix, non ? Sauf que même Felix, qui s’était bien planqué à 39 kilomètres au-dessus de nos têtes, a fini par redescendre de son perchoir à la vitesse du son.
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novembre 2012
21 novembre 2012 > Supplément gratuit à L’Équipe N°21288 du dimanche 28 octobre 2012
1
François gabart
Objectif GlObe
SpÉciaL VeNdÉe GLobeédito
Seuls au monde ?
Une femme, spirituelle, drôle et bavarde, et dix-neuf gars : des « anciens » de la course au large, qui ont
connu la mer avant d’en faire leur boulot, des « jeunes » aux dents acérées, résolus à faire de la mer un
métier. Des mobylettes sur toilées. Le téléphone, les mails groupés, les vacations radio quotidiennes, les
photos, les vidéos, les cartes postales, les interviews. La famille, les amis, les sponsors, les directeurs de
la communication, les attaché(e)s de presse, les journalistes ; pas loin d’un million de personnes sur les
pontons des Sables d’Olonne dans les semaines qui précèdent le départ, et autant à l’arrivée. Beaucoup
plus de lecteurs, d’internautes, d’auditeurs, de téléspectateurs. Une infinité de curieux.
Avec tout ça, difficile de croire que les vingt skippers qui vont, le 10 novembre prochain, s’élancer en
solitaires à l’assaut du 7e Vendée Globe, trouveront la solitude. Et puis quoi ? Pensez ! Trois mois à ne
plus entendre les grincements de la crise et les cris de la guerre, les pleurs de la première dent et les râles
de la belle-mère, trois mois à se consacrer à soi, à décliner son identité, ça n’a pas de prix, non ? Sauf
que même Felix, qui s’était bien planqué à 39 kilomètres au-dessus de nos têtes, a fini par redescendre
de son perchoir à la vitesse du son. Sauf que la solitude a ses turpitudes, ses errements, ses déboires. Ses
lenteurs infinies. Ses incommensurables douleurs.
Novice en la matière, le très talentueux François Gabart a rationnalisé les choses : que sont trois mois
dans une vie ? Jean-Pierre Dick, qui attaque sa troisième rotation en solo, a dû se forger une sorte
d’ami imaginaire - à qui il reconnaît être plus pertinent que lui-même - pour surpasser ces langueurs
monotones. Est-ce si dur de partir ? Est-ce si long de traverser la planète par trois caps ? Est-ce si vain ?
À la Est-ce si fatiguant de n’avoir à être poli qu’avec soi au réveil ? Vincent Riou, le seul ancien vainqueur du François Gabart par Pauceune
Vendée Globe à en reprendre le départ, nous a livré sa vérité : « Le marin est content de partir et il est
content de revenir. Tu vois, c’est pas difficile, un marin ». Plus que seuls, plus que solitaires, ces vingt-là
sont surtout uniques. Et c’est bien pour cela qu’on est pressé de les accompagner dans leur aventure.
Bonne lecture
Frédéric Pelatan
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GESTION PRIVÉE
Texte de Bernard Bilic - Photo dPPi et Pauce DÉVELOPPEZ AVEC VOTRE EXPERT
UNE RELATION UNIQUE AU SERVICELa du rêve
l e périple autour du monde égraine un chapelet fait de surprises, de découvertes, d’avaries, DE VOTRE PATRIMOINE
de retournements, de blessures, de bonheurs, d’incertitudes. Si le doute reste la part du rêve de ceux
qui partent, leurs péripéties sont l’encrier de la légende.
uand on avait demandé à George Mallory pourquoi il voulait réaliser Partir, c’est revenir, mais où, quand, comment et pourquoi ? Or, dès le coup de
l’ascension de l’Everest, il avait simplement répondu : « parce qu’il est canon du départ, le monde du solitaire se résume à deux mots : l’arrivée et le Qlà ! ». Le parallèle avec les sommets himalayens reste toujours très classement. Cette réduction à l’extrême cache en fait une amplitude spirituelle
présent quand il faut tenter d’expliquer l’engouement des marins et du public pour incommensurable. Car, si la compétition darde la détermination, le temps du
ce tour du monde à la voile, en solitaire, sans escale et sans assistance. Lors de la voyage stimule la réflexion. Un concurrent du Vendée Globe s’exprimait ainsi
première édition en 1989-90, ils étaient treize au départ des Sables d’Olonne mais après son arrivée : « On trouve ce qu’on n’a pas cherché. ». Or, le rêve vendéen
seuls sept arrivèrent au bout du voyage sans s’être arrêtés. Tous savaient qu’il était est une « longue route » ! Si le temps de mer est imposant, le temps de vie est
possible de boucler la boucle, beaucoup d’entre eux connaissaient déjà les mers conséquent. Parce qu’avant que de partir, il faut non seulement un binôme
du Sud, mais tous s’inquiétaient de la casse, du chavirage, des icebergs… et de la (un bateau) et un partenaire, mais surtout une énorme préparation mentale,
solitude pendant quatre à cinq mois ! Le rêve vendéen n’était pas de partir, mais physique, psychique, technique. Il faut compter des années de rêve avant de
bien d’arriver après plus de 25 000 milles (40 000 km) en huis clos avec, pour seul concrétiser, puis des mois de préparation avant de s’élancer, puis des semaines de
compagnon, un horizon qui s’étire inexorablement devant l’étrave. réadaptation à l’issue de ce voyage. Le Vendée Globe enclenche un tel processus
de transformation que même les proches ne peuvent totalement en cerner la
I he a d… substantifique moelle : aucune discipline, sportive, culturelle, professionnelle,
Jean-François Coste, qui mit 163 jours pour revenir aux Sables d’Olonne, disait : scientifique n’impose ce type d’investissement personnel aussi longtemps. Même
« C’est “Orly” de Jacques Brel ; c’est le départ pour cinq ans des baleiniers d’antan ; les astronautes autour de la lune ont des compagnons de fortune et d’infortune…
c’est l’émigré qui embarque, c’est comme tout départ en voyage qui sera… loin…
longtemps… là-bas… » Mais hors de la dimension extrême de ce périple planétaire, PrIsonnIer du rêve
ce sont les moments du quotidien qui fascinent le public averti ou non : comment Car cette « prison » du rêve est de fait un enchaînement de cauchemars : rien
peut-on supporter de vivre dans moins de 20 m3 sans voir d’autres êtres humains ne fonctionne jamais comme on l’espérait, rien ne correspond à l’imaginaire
qu’un ermite hirsute dans son miroir ? Comment appréhender cette longueur préparatoire, rien ne vient tout à fait à temps. Ou presque ! Car les quelques
d’un temps qui n’en finit pas de reculer ? Comment organiser une journée quand instants de plénitude qui marquent une journée, une semaine, un mois, un périple CONFIEZ VOTRE PATRIMOINE À UN EXPERT
le ciel vous appelle au dehors en permanence ? Comment intégrer la gestion d’un laminent les moments de doute et d’interrogation, les phases de fatigue et de QUI VOUS CONNAÎT BIEN.
monde réduit à une coque de noix sur l’immensité océanique ? Comment choisir lassitude, les rages et les questions : « Qu’est-ce que je fous là ? ». Mais il y a toujours Parce que chaque situation patrimoniale est spécifique et nécessite
la voie du raisonnable quand d’aucuns vont flirter avec les glaces ou les vents une étincelle dans ce tunnel du Vendée Globe, une lumière resplendissante au un accompagnement sur mesure, à la Banque Populaire, nous donnons la priorité
mauvais ? Comment ne pas tourner en rond dans sa tête quand on tourne en moment du départ qui diminue d’intensité au fil des jours pour ne devenir qu’une à la proximité et la qualité de la relation.
rond autour de la planète ? flammèche dans le Grand Sud, une aurore australe au cap Horn et un projecteur
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BPCE, intermédiaire en assurance inscrit à l’ORIAS sous le n° 08045100 – Crédit photo : Yann Rabanier –
arVendée Globe
tu contemples ton âme
dans le déroulement
infini de sa lame et
ton esprit n’est pas un
gouffre moins amer…
de cinéma aux Sables d’Olonne… Pour tous ceux qui ont connu l’arrivée, le triomphe LA m, ts tu c A
d’un accueil à nul autre pareil, la foule respectueuse et fascinée après des semaines de En 2004-05, le Vendée Globe devient régate planétaire lorsque Vincent Riou,
solitude, le Vendée Globe reste le moment d’une vie. vainqueur en 87 jours 10 heures, est sous la pression constante de Jean Le Cam qui
le talonne pendant presque tout le tour du monde ! C’est « l’édition des quilles » :
Ar ds t Mike Golding finit sans son appendice, Roland Jourdain, Nick Moloney et Norbert
Toutes les éditions du Vendée Globe ont apporté leur lot de drames et de déceptions. Sedlacek doivent jeter l’éponge alors que Sébastien Josse percute de plein fouet un
En 1989-90, le grand favori Philippe Poupon manque de chavirer à l’entrée des mers growler... Et le dernier Vendée Globe n’a pas dérogé aux qualificatifs extrêmes :
du Sud et Loïck Peyron vient le secourir, puis Jean-Luc van Den Heede plonge trente partants et seulement onze arrivés ! Avec trois démâtages la première nuit de
jusqu’au 63°S au milieu des glaçons quand Philippe Jeantot se dépatouille avec son course, avec un vainqueur Michel Desjoyeaux (84 j 03 h) qui revient le lendemain
vît de mulet, Pierre Follenfant avec son demi safran, Alain Gautier avec sa barre du départ pour repartir avec 36 heures de retard, avec le chavirage spectaculaire de
de flèche frivole alors que Titouan Lamazou s’envole vers la victoire (109 j 08 h) et Jean Le Cam à quelques centaines de milles du cap Horn, sauvé par Vincent Riou
Jean-François Coste vers des rivages spirituels. Mais si tous sont revenus du « pays qui démâte à suivre, avec Yann Eliès, jambe fracturée au Sud de l’Australie, aidé par
de l’ombre », parfois dans un autre port que l’arrivée prévue, il n’en est plus de même Sam Davies et Marc Guillemot (qui finit sans quille !), avec Bernard Stamm qui
trois ans plus tard : en 1992-93, le Vendée Globe est marqué par la disparition de s’échoue aux Kerguelen, avec la succession d’animateurs de la course (Loïck Peyron,
Mike Plant avant le départ et par le décès de Nigel Burgess au cap Finisterre. Et, Jean-Pierre Dick, Mike Golding, Sébastien Josse, Roland Jourdain…) contraints
pendant qu’Alain Gautier fait cavalier seul en tête (110 j 02 h), Bertrand de Broc se d’abandonner sur avarie.
recoud la langue, Yves Parlier repart avec dix jours de retard suite à son démâtage,
et Philippe Poupon casse son mât à trois jours de l’arrivée… C’est pour toutes ces raisons et ces déraisons que le Vendée Globe est la course
majuscule. L’épreuve initiatique (même pour ceux qui y ont déjà participé) et la
La troisième édition est la plus dramatique : le « pirate » Raphaël Dinelli, harnaché compétition majeure. Le rêve de sommet et la descente dans l’océan blanc. Le plus
sur le pont de son bateau qui coule sous ses pieds, se fait récupérer par le Britannique exigeant des voyages sur le plus mouvant des supports. Avec pour seul paysage, le
Pete Goss, quand Thierry Dubois et Tony Bullimore doivent attendre plusieurs jours, ciel et la mer. Avec pour seul objectif, la terre, de préférence vendéenne. Un huis clos
dans leur voilier retourné, les secours australiens. La casse élimine les prétendants sartrien où l’enfer est soi-même… Car il y a un brin de folie dans cette introspection,
Yves Parlier et Isabelle Autissier alors que Gery Roufs ne répond plus. Christophe dans ce but ultime de revenir à son point de départ. Il y a de la fascination dans cette
Auguin (105 j 20 h) est sacré alors que Catherine Chabaud est la première femme mer qui « est ton miroir : tu contemples ton âme dans le déroulement infini de sa
à boucler le Vendée Globe. Et, pour le nouveau millénaire, le temps s’est accéléré : lame et ton esprit n’est pas un gouffre moins amer… »
Michel Desjoyeaux imprime sa marque (93 j 04 h) après une lutte sans merci face à
Ellen MacArthur. Mais il y a encore et toujours d’incroyables événements, quand La magie onirique vient d’une réalité qui dépasse l’entendement, d’un quotidien qui
Yves Parlier répare son mât, mouillé devant une île perdue de la Nouvelle-Zélande transcende l’imaginaire, d’une expédition solitaire qui fait vibrer la collectivité, d’un
pour repartir et finir en s’alimentant d’algues… et quand Catherine Chabaud périple inutile et nécessaire. Et vogue la galère…
démâte à quelques centaines de milles de l’arrivée.
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16.10.2012 09:59 PDF_QUADRI_300dpi_txvecto
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”Interview
novembre 2012
Propos recueillis par FRédéRIc Pel ATAN - Photo PAuce (www.pauce.com) Je n’ai que des a priori sur ce
que peut être un vendée globe,
mais J e n’ai pas de blocage
FRANçOIS GABART :
« IL FAUT ÊTRE EXTRÊME POUR
FAIRE CE QU’ON FAIT »
François Gabart ne traîne pas en route. à 29 ans, le Vendéen s’apprête à courir
son premier Vendée Globe à bord d’un bateau qui porte la griffe Michel desjoyeaux,
avec label de qualité, certificat de naissance et invitation à foncer vers la victoire.
entretien avec un marin posé, mais pressé.
aujourd’hui), et tirer des conclusions de ce qu’on a pu constater chez les autres, François, comment sentez-vous votre bateau à quelques jours
mais il n’y a pas d’avancée fondamentale. du départ ?
F.G. : Je ne pensais pas, il y a deux ans, qu’on irait aussi vite un jour. Le bateau
c ’est votre communauté d’esprit avec Michel desjoyeaux qui est super, je le dis avec pas mal de conviction. On va vraiment bien, en terme de
vous a amené à faire un bateau hyper fonctionnel ?vitesse. Lors des derniers entraînements, on a souvent été dans le coup, voire en
F.G. : Le truc, avec Michel, c’est qu’on a l’esprit pratique, on n’est pas dans le tête, devant ceux que je considère être les favoris. C’est bon signe.
subterfuge. C’est vrai que le confort est très limité. Cette limite commence par
le dessin de carène et les endroits où l’on va emmener le bateau. En revanche, et vous-même ?
pour ce qui est du confort intérieur et même si ça paraît spartiate, à l’usage, c’est F.G. : Je suis aussi content de ma manière de le maîtriser. Je ne dis pas que
exactement ce qu’il faut. Même si on n’avait pas les mêmes problématiques de je sais tout faire, ni que je ne fais pas d’erreurs mais, sur les manœuvres et
poids, je n’ajouterais pas grand-chose parce que l’installation est terriblement problématiques de base qu’on peut rencontrer sur un bateau, je maîtrise à peu
efficace pour le sommeil et répondre à une problématique Vendée Globe. C’est près le truc. Pour ce qui n’est pas de base, il y a encore un monde à conquérir.
sûr que, s’il s’agissait de faire une croisière, ça serait tout de suite moins bien ! C’est bien, parce que ce sont des bateaux très compliqués qu’on va devoir mener
pendant trois mois dans des conditions extrêmes. Il ne faut pas s’emballer pour
c omment s’est passée votre collaboration ? Vous avez pu autant, mais je suis content.
glisser vos idées ?
F.G. : Là où Michel a été super bon, c’est qu’il a su me laisser suffisamment Pour faire naître votre bateau, vous vous êtes appuyé sur Michel
de liberté pour me laisser exprimer mes envies. Il y a des choses que je fais desjoyeaux, le tenant du titre. Votre bateau est un sistership
différemment. On pourrait croire que, vu son expérience, il ne m’aurait pas de son dernier 60 pieds Foncia et son développement a été
laissé d’autonomie, mais il a su me laisser faire. Il prend un plaisir énorme à géré par sa structure de course, Mer agitée. Quelle a été la
construire un bateau, comme moi. Mais, Mich’, il a le pouvoir de faire ce qu’il répartition des rôles ?
veut, ce qu’il aime, donc il se donne à fond là-dedans. F.G. : On a travaillé ensemble. J’ai connu le développement de deux bateaux,
avec Michel : l’ex-Foncia, aujourd’hui Banque Populaire, construit en 2010 et qui
Pour construire un bateau dans ces conditions, il a donc fallu est le fruit de six ans de réflexions et de 20-30 ans d’expérience de mer, et
conjuguer un gros bagage, celui de Mer Agitée, et vos idées notamment de l’expérience de Foncia 2007, le bateau avec lequel Michel a gagné
à vous. Y a-t-il eu, même si Michel est très jeune, un choc le Vendée Globe 2008-2009. On peut donc considérer que c’était un très bon
générationnel ? bateau. Moi, j’étais directement impliqué dedans parce que je suis arrivé sur la
F.G. : On a des façons de fonctionner et de réfléchir qui sont proches : nous fin de la préparation et j’avais déjà vu le fruit de ces réflexions.
sommes deux pragmatiques. Les différences ? Lui a son expérience et, moi, j’ai En parallèle, la construction de Macif, le mien donc, a été lancée. Et on a exploité
mon inexpérience, avec ses travers et un côté positif : la fraîcheur. Je n’ai pas toutes les idées qu’on a eues lors de la préparation pour la Barcelona World
d’a priori. Ou, plutôt, si, je n’ai que des a priori, mais je n’ai pas de blocage. Je Race, idées qu’on ne pouvait pas exploiter pour Foncia.
prépare une course dont je sais finalement peu de choses. Grâce à Mer Agitée,
j’ai beaucoup d’informations à disposition, parce que l’équipe a déjà bossé sur … Qui a eu quelques soucis de démarrage…
deux ou trois Vendée Globe. Jean-Paul Roux a déjà fait des ‘Vendée’ avec Mich’, F.G. : Oui, on a démâté sur la Barcelona. Est-ce qu’on a eu plus de problèmes
mais aussi avec Vincent Riou et Christophe Auguin. que les autres ? Je ne suis pas sûr. Ce genre de bateau n’est pas opérationnel en
un claquement de doigts. C’est une question de temps : il en faut pour l’imaginer,
c omment avez-vous fait valoir votre opinion ?pour le concevoir, pour le construire et pour le mettre au point.
F.G. : L’apport de ma fraîcheur face à cette somme de savoirs, c’est de pouvoir
dire : « Attention, a priori, on ne navigue peut-être plus tout à fait comme ça l a fiabilisation d’un bateau peut être longue ?
dans ces conditions, les temps ont changé ». Et on mélange un peu tout ça, pour F.G. : C’est l’éternel problème : soit on passe dix ans à fiabiliser un bateau, au
essayer de trouver la meilleure préparation possible. Il y a des incontournables : risque qu’il soit dépassé technologiquement au bout du compte, soit on met un
on connaîtra tel et tel système météo, mais on ne sait pas ce qu’il va se passer bateau à l’eau le 8 novembre… pour un départ le 10.
réellement.
Vous avez pris l’option express !
Tous les quatre ans, on dit que la météo a changé...F.G. : Avec Macif, on est plutôt dans la fourchette des bateaux les plus récents.
F.G. : Je ne pense pas que la météo change plus qu’il y a vingt, trente ans. On a mis le bateau à l’eau en août 2011. On n’est pas fondamentalement
Les conditions sont différentes, mais la capacité de variation d’un phénomène différent des bateaux qui ont été mis à l’eau six mois plus tôt (sur les six bateaux
météo n’est pas supérieure à avant. Même avec les théories du réchauffement neufs, Virbac-Paprec, Banque-Populaire et PRB ont été mis à l’eau en 2010, Macif,
climatique. Et, pourtant, oui, on va trouver des conditions météo différentes. Acciona et Cheminées-Poujoulat en 2011, ndlr). On a eu six mois de plus pour
faire une ou deux modifications en fonction de l’ex-Foncia (Banque-Populaire >>>
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”Interview
novembre 2012
Pourquoi ? y a moins de bateaux neufs, mais ils sont très bons et joueront pour la gagne, et
F.G. : Ce qui a énormément évolué, c’est la qualité de la prévision. Elle est très, il y en a un qui a fait quelques Vendée et qui a déjà gagné - je pense à Vincent
très bonne. à peu de choses près, c’est directement lié à la puissance de calcul des Riou. D’autres ont un gros palmarès, comme Armel Le Cléac’h, et ce sont des
ordinateurs. Du coup, on a des prévisions de plus en plus précises et ça change adversaires terriblement dangereux.
nos problématiques : on a plus de certitudes sur du court terme. Avant, on ne
savait pas ce qu’il allait se passer dans 48 heures. Aujourd’hui, on commence à Un de vos principaux adversaires reste… la casse !
s’interroger sur la météo qu’on aura dans cinq ou six jours. Sur un Vendée Globe, F.G. : Dans l’histoire du Vendée, 120 bateaux ont pris le départ et 60, environ,
ça décale le moment où on ne sait plus. Du coup, le temps pendant lequel nos ont rallié l’arrivée. J’espère qu’il y en aura plus à l’arrivée de ce Vendée Globe.
stratégies paraissent assez proches s’est rallongé. Et on mise à court terme sur de Pourquoi on n’y arrive pas, tous ? Peut-être parce que ce n’est pas simple, parce
petites différentes qui feront de grosses différences à long terme. qu’on va tourner autour de la planète, qu’il y aura des vagues plus hautes que des
maisons et que, même si on a de super prévisions météo, il reste des aléas. On est
Une victoire tient donc à des choses de plus en plus fines ! aussi seul sur un bateau, ce n’est pas simple pendant trois mois. Si l’objectif était
F.G. : C’est une question d’échelle. Si l’on traverse l’Atlantique, on va mettre simplement de finir, on fabriquerait des bateaux qui vont à deux à l’heure mais
de 10 à 15 jours en Imoca, en fonction du ciel. Et plus le bateau est lent, plus il qui seraient capables de rebondir sur les icebergs. C’est terrible de ne pas pouvoir
y a d’incertitude : en multicoque, où ça va très vite, on trace sa traversée avant terminer les courses mais, quelque part, ça participe aussi à la magie du truc. Le
de partir, presque. En Imoca, on sait qu’on va avoir quelques problématiques tour du monde, je l’ai tenté une fois, et on s’est arrêté (Barcelona World Race 2011
fortes autour des anticyclones des Açores et de Sainte-Hélène dans la descente avec Michel Desjoyeaux, ndlr). Il ne faut pas tout mettre sur le dos des bateaux, qui
et la remontée de l’Atlantique. Mais comme les Imoca vont plus vite qu’avant, sont exceptionnellement solides et fiables : on va quand même vers des endroits
l’incertitude est, logiquement, moins forte qu’avant. On a des courses où les excessivement durs.
bateaux sont de plus en plus proches. Les choix tactiques et stratégiques sont
plus petits en terme de conséquences, mais ils ont plus
de poids : un gain de deux heures, ça peut tout faire.
Parlons Vendée Globe. Combien de temps
est-il resté un fantasme ?
F.G. : J’en rêve depuis longtemps… Jusqu’à un certain
âge, tu rêves à plein de choses, et tant mieux. Puis tu
grandis et tu commences à inscrire tes rêves dans le
concret. Pour moi, c’est ça : quand j’ai choisi de faire
de la course au large mon métier, mon rêve d’enfant est
devenu un objectif concret, professionnel. Le Vendée
Globe a une cote telle qu’en terme de sponsoring, cette
course est un jour devenue envisageable. Le jour du
départ est calé dans mon agenda : le fantasme disparaît,
la réalité prend le dessus.
C’est arrivé très vite dans votre carrière !
F.G. : Oui et le feu vert a été hyper rapide. J’en ai parlé
en septembre 2010, le ‘oui’ est arrivé en novembre.
Parfois, ça peut prendre six mois. Macif et la voile, c’est
quand même une histoire d’une vingtaine d’années : ils ont fait un Vendée avec Vous appartenez à une jeune génération qui aborde la voile
Thierry Dubois… Ils savaient où ils mettaient les pieds. comme un métier, avec souvent des cursus scientifiques ; vous
fréquentez presque tous la même école du large ; à chaque
Que vous ayez les moyens de faire partie des favoris était une Vendée Globe, un architecte soutient un design dominant ;
condition de votre engagement ? deux ou trois chantiers font les bateaux de (presque) tout le
F.G. : Non, mais on était dans le même état d’esprit : si on fait les choses, on les monde… La voile française n’est-elle pas en train de glisser
fait bien. Construire un bateau neuf ne faisait pas partie de ma présentation de dans la monotypie ?
projet. Je serais parti avec un bateau d’occasion, j’aurais déjà été super content. F.G. : Ah, c’est sûr qu’il y a le risque de formatage, il existe dans tous les sports
En revanche, le faire de construire fait partie de la philosophie de Macif : le parce qu’on va vers les mêmes objectifs. Mais c’est à chacun de créer sa propre
groupe voulait faire son propre bateau et revendiquer son histoire. Il y a une histoire. Avec Mer Agitée, je crois que ça s’est bien passé par rapport à ça, parce
symbolique importante. que j’y ai apporté ma touche personnelle. Tel que c’est aujourd’hui, ça marche
plutôt bien, même si c’est améliorable. Mais ce cas de figure est identique pour
Que vous attendez-vous à vivre ? tous les métiers : la capacité à se remettre en cause concerne tout le monde. Notre
F.G. : Je crois qu’il y a du bateau au programme, de la mer, du vent, des embruns, milieu à nous est suffisamment varié pour qu’il n’y ait pas un vrai formatage. Je
on va prendre de l’eau dans la gueule… n’y connais rien, mais le 100 mètres donne l’impression d’être toujours la même
chose. Nous, il n’y a jamais une course qui ressemble à une autre. Il n’y a pas le
Pas plus ? risque de l’uniformité. Ce qui est possible, c’est que les marins de mon âge ont
F.G. : La question est difficile, parce qu’on ne sait pas, justement, ce qui nous peut-être des personnalités moins différentes qu’il y a vingt ou trente ans.
attend réellement alors qu’on passe notre temps à essayer d’imaginer ce que cela Avec Michel Desjoye Aux, on peut être. à coup sûr, je m’attends à vivre une belle histoire. C’est comme ça Le talent, c’est savoir ingérer un cadre et être capable d’en
que je l’imagine depuis le début. J’espère que je ne serai pas déçu ! Pour moi, sortir ? A l’esprit pr Atique, on n’est
c’est énorme, pour les gens qui m’entourent, c’est énorme. Plein de gens vibrent F.G. : C’est être capable de s’adapter. S’il devait y avoir une définition du talent,
pAs DA ns le subterfuge autour de ça, ça approche, il faut maintenant vivre les choses à fond. Ça peut oui, ça en ferait partie. Mais sur un bateau en équipage, il y a des postes où il
s’arrêter brutalement, ça peut aussi s’arrêter et repartir… Tous les scenarii sont faut savoir être capable de répéter le même geste à la perfection, au centième de
envisageables. seconde près.
Pour un personnage sociable comme vous l’êtes, prendre trois Les générations plus anciennes recèlent beaucoup de
mois ferme d’isolement ne génère pas d’angoisse ? personnalités fortes, la vôtre paraît plus… normale ? On a le
F.G. : Trois mois, ça peut paraître super long, mais qu’est-ce au regard d’une droit de dire quelque chose comme ça ?
vie ? C’est quelque chose, mais ce n’est rien. La qualité des échanges que tu peux F.G. : Est-ce que je suis plus normal qu’un autre marin ? Je ne sais pas, je ne crois
avoir avec les gens avant, pendant et après, ça va bien au delà du fait de ne pas pas en la normalité. On fait un sport dans lequel pas un bateau, pas un marin,
voir les gens pour de vrai. pas une histoire ressemble à un ou une autre. C’est un monde d’une infinie
richesse. J’espère que, jamais, un projet ressemblera trait pour trait à un autre.
Le plateau donne l’image d’une certaine homogénéité. J’espère que mes projets sont différents. Je pense que la voile, la course au large,
Je crois, oui, mais il ne faut pas chercher à comparer. Un beau Vendée Globe nous offrent de faire des choses très intéressantes par l’originalité, mais ça ne
s’annonce, c’est la certitude. Le prochain sera différent, comme celui-ci est veut pas dire qu’il faut faire des choses débiles.
différent du précédent. Je pense qu’il y a beaucoup d’expérience, dans ce Vendée.
Il y a moins de bateaux neufs par rapport à 2008 – 18 ou 19, je crois -, mais c’était Il y a quand même quelque chose d’un peu extrême en vous…
un cas extraordinaire, et il y avait beaucoup de bizuths. Je suis dans le moule du F.G. : Oui, certainement, comme dans tout passionné. Il faut une dose d’extrême
dernier Vendée, d’ailleurs : je suis bizuth avec un bateau neuf. Sur ce Vendée, il pour faire ce qu’on fait. Il faut ce feu.
12 13
‘‘
”Vendée Globe
JeAn Le cAm mArc g uiLLemot
53 ans 53 ans
3e participation au Vendée Globe (2e en 2005, 2e participation au Vendée Globe (3e ex æquo en 2009)
abandon en 2009) Victoires : Record SNSM 2009, Transat Jacques-
Victoires : Solitaire du Figaro (1994, 1996, Vabre 2009, Tour d’Espagne 2010, Record des îles
1999), Transat AG2R (1994) britanniques 2011.
Bateau : Synerciel Bateau : Safran
Plan Farr 2007, ex Gitana Eighty, ex Renault Z.E. Plan VPLP Verdier 2007ILS SONT 20 !
Site : www.jeanlecam.fr Site : www.safran-sailingteam.com
En un clin d’œil, retrouvez l’essentiel sur les 20 skippers qui prendront le départ du Vendée Globe le 10 novembre.
miKe g o Lding
Anglais
52 ans Jérie Beou
4e participation au Vendée Globe (7e en 2001, 3e en 36 ans
2005, abandon en 2009)2e participation au Vendée Globe
Victoires : Artemis Challenge (2010, 2012), Transat (abandon en 2008)
Anglaise (2004), Record SNSM (2006)Victoires : Double vainqueur de la
Bateau : Gamesa - Plan Owen Clarke 2007, ex Ecover Solitaire du Figaro (2005, 2011)
Vainqueur de la Transat Jacques Site : www.mikegolding.com/
Vabre 2011 (avec Jean-Pierre Dick)
Champion du monde Orma 2005
Champion de France de course au JeAn-Pierre dic K Bern Ard St A
large en solitaire (2002, 2005) 47 ans 49 ans
Bateau : Maître Coq 3e participation au Vendée Globe (6e en 2005, 3e participation au Vendée Globe (abandons
Plan Farr 2007, ex Foncia, ex Mapfre. abandon en 2009)en 2001 et 2009)
Vainqueur du Vendée Globe 2009 Victoires : Tour de France à la voile (2002), Transat Victoires : Round Alone 2003, Vélux 5
(Michel Desjoyeaux) Jacques Vabre (2003, 2005, 2011), Barcelona World Oceans (2007), record Brittany Ferries (2005),
Site : www.maitrecoq.fr Race (2008, 2011).Record SNSM (2009)
Bateau : Virbac Paprec 3 Bateau : Cheminées-Poujoulat
Plan Verdier VPLP 2010Plan Kouyoumdjian 2011.
Site internet : www.jpdick.comSite : www.poujoulat.bernard-stamm.com
JAvier S AnSó
43 ans
2e participation au Vendée Globe ALex t o Son
38 ans (abandon en 2008)
3e participation au Vendée Globe (abandons enVictoires : Régates Nationales et
2005 et 2009)Internationales en 3/4 Ton, en
Victoires : Records de distance sur 24 h (501 milles en 2007), Mumm36, en IMS, en Sydney 40 et en
record de la traversée de l’Atlantique en 2012 (8j 22h 8’)catamaran Clairefontaine 30.
Bateau : Hugo Boss Bateau : Acciona
Plan Farr 2007, ex Estralla Damm, ex Veolia, ex BT Plan Owen Clarke 2011
Site : www.alexthomsonracing.comSite : www.accionasailing.com
Arn Ad Boi SSire S Bertr And de Broc ALeSSAnro di Beneetto Kito de P AvAnt 40 ans 52 ans Franco-italien 51 ans
2e participation au Vendée Globe (7e 41 ans 3e participation au Vendée Globe (abandons 2e participation au Vendée Globe
en 2009) 1re participation au Vendée Globe en 1993 et 1997) (abandon en 2009)
Victoires : Record du tour d’Irlande, Fait d’armes : un tour du monde par les trois caps Victoires : Vainqueur du Tour de France à la Victoires : Solitaire du Figaro (2002),
Vainqueur de la Route de l’Equateur sur un 6.50 (268 jours) - Bateau : Team Plastique voile 1998 et 2004 Tour de France à la voile (2003),
(2005) Plan Finot-Conq 1998, ex Sodebo, ex VMI, Bateau : Votre nom autour du monde Bateau : Groupe Bel
Bateau : Akena Vérandas ex Akena Vérandas Plan Finot Conq 2007. Ex BritAir Plan VPLP Verdier 2007.
Plan Farr 2006, ex PRB Site : www.teamplastique-voile.comSite : www.bertrand-de-broc.fr Site internet : http://www.Site : www.akenavoile.com
sharingsmilestour.com
SA AntA A vie S incent r io tAngy de L Aotte oiniqe A re
Anglaise 40 ans 34 ans 57 ans
38 ans 3e participation (vainqueur 2005, 3e ex aequo en 2009) 1re participation au Vendée Globe4e participation au Vendée Globe (5e en 2001,
2e participation au Vendée Globe (4e en 2009) Victoires : Calais Round Britain (2003, 2009), Victoires : vainqueur du mondial Class 40 (2008), vainqueur de la Solidaire du 4e en 2004, abandon en 2009)
Victoires : Record du tour des îles britanniques Vendée Globe (2004), Fastnet 2011, Artemis Chocolat (2009), vainqueur de la Rolex Fastnet Race (2009, 2011).Bateau : Mirabaud
2008 - Bateau : Savéol Challenge (2011), Europa Warm’Up (2012) Bateau : Initiatives-cœurPlan Owen Clarke 2006
Plan Lombard 2004, ex Veolia, ex Neutrogena Bateau : PRB - Plan VPLP Verdier 2010 Plan Lombard 1998, ex Whirlpool, ex Tiscali, ex Proform, ex Le Pingouin.Site : www.dominiquewavre.com
Site : www.saveol-samdavies.com Site : www.prb.fr Site : www.initiatives-coeur.fr
ArmeL Le cLéAc’h Fr Ançoi S gABA rt
35 ans 29 ans ZBigniew g t Ko SKiLoi S Brton 2e participation au Vendée Globe (2e en 2009)1re participation au Vendée Globe 39 ans 27 ans
Victoires : Solitaire du Figaro (2003, 2010), Victoires : Cap Istanbul (2010), Champion de 1re participation au Vendée Globe 1re participation au Vendée Globe
Transat AG2R (2004, 2010), champion du France de course au large en solitaire (2010), Bateau : EnergaVictoires : Vainqueur Course des
monde IMOCA (2008)Transat B to B (2011)Plan Finot Conq 2007Antipodes 2010
Bateau : Banque-PopulaireBateau : Macif - Plan VPLP Verdier 2011.Site : www.polishoceanracing.com.plBateau : Bureau Vallée
Plan VPLP Verdier 2010, ex FonciaSite : www.macifcourseaularge.com
Plan Farr 2006, ex Delta Dore Site : www.voile.banquepopulaire.fr
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Vendée Globe
Les fous du olant ?
SÉRIE LIMITÉE
®ZODIAC PRO OPEN
Vendée Globe 2012/2013
à fond, pied au plancher ! Telle est la réputation de
Bernard stamm (Cheminées-Poujoulat) et d’Alex
Thomson (Hugo-Boss). Cette année, c’est juré, ils
bouclent le tour du monde !
Texte de sTéPHAnie sTo LL
oué pour naviguer, doté d’une réputation de risque-tout, mais incapable d’imprimer
à son corps les pas du moon walk, Alex Thomson est néanmoins suffisamment
(1)Daudacieux pour se lancer dans une acrobatique et inventive « keel walk » sur les
eaux du Solent. à 38 ans, le skipper britannique de Hugo Boss est lassé de la réputation de PRO OPEN 650
casse-cou qui lui est faite. « C’est une question de perception, ça n’a rien à voir avec la réalité, VENDÉE GLOBE
assène-t-il. Les gens se font cette idée à cause d’échecs ou parce que j’ai battu des records. Enfin, • Equipement “Vendée Globe”
je préfère qu’on pense que je suis un marin rapide plutôt que lent. » Depuis dix ans, après deux • Moteur Yamaha 150 CV AETX
• GPS-Sondeur Garmin GPSMAP 720Sabandons (2004 et 2008), un naufrage dans Velux 5 Oceans Race (2006) et quelques records
• Equipement de sécurité complet à son palmarès (New York – Lizard cet été, meilleure distance parcourue en 24h en 2007), le
®(5 gilets de sauvetage Zodiac )Gallois rêve de conquérir le Vendée.
• Remorque Nautilus N1101MFMême ambition et même renommée fougueuse pour son aîné, le Suisse du Finistère Bernard PuRe LEGENDE!
Stamm (Cheminées-Poujoulat). « Pourquoi les gens assimilent la mer au risque ? Peut-être
/TTC*€parce qu’ils ne la connaissent pas. Si tu mets une personne qui n’a jamais conduit au volant 38990
d’une voiture, en pleine ville, elle a peur, c’est une évidence !”. Thomson en pense autant.
Personne ne les dédirait.
®En sélectionnant Zodiac comme partenaire officiel, le Vendée Globe n’a rien laissé au hasard. En partenariat avec« Le pr re ? Êe de L s as » Leader mondial des bateaux pneumatiques, référence incontestée pour la qualité de ses bateaux
Chez Bernard Stamm, les compteurs afficheront, le 10 novembre 2012, un sixième départ ®et sa connaissance de la mer, Zodiac a développé une série limitée de 50 semi-rigides
de tour du monde, dont un en équipage (Trophée Jules-Verne en 2005), deux victoires dans
PRO OPEN 650, spécialement équipés pour cette occasion. Leur mission : assurer la sécurité de la
le tour du monde solo avec escales (2003 et 2007) et deux abandons dans le Vendée Globe
zone de départ et d’arrivée, tant pour les concurrents que pour les spectateurs... Ils seront ensuite(2000 et 2008). Pour lui, « ce n’est pas la course la plus risquée, mais c’est la plus compliquée ».
proposés à la vente à un public averti et passionné. Réservez dès maintenant le vôtre auprès de votre
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*Offre disponible dans la limite des stocks disponibles et jusqu'au 31/08/2013.
®Pour le Pro Open 650 Vendée Globe, transport et montage inclus dans le prix. Renseignez-vous auprès de votre distributeur Zodiac .
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Christophe Launay/Hugo Boss
Crédit photo: © Yvan ZeddaVendée Globe
TRAVAILLER CHEZ NOUS,
C’EST AVANT TOUT
TRANSMETTRE SA PASSION
Et, s’il consent pour l’interview à hiérarchiser les risques éventuels, c’est en
fonction de leur probabilité. « Le premier risque, c’est celui d’être derrière
les autres, estime-t-il. é viter cela, c’est un travail à temps plein pendant
la course. Si je hiérarchise, il y a davantage de probabilité d’être derrière
quelqu’un que de tomber à l’eau ! Hé hé ! Tomber à l’eau, ça concerne tout
le monde, pas seulement les marins du Vendée. »
Analyse de probabilités. Sachant qu’en 1989-1990, 54% de la flotte du
Vendée Globe Challenge a effectué le parcours ; qu’en 1993-1994, ce ratio
passait à 50%, puis, quatre ans plus tard, à 40% ; qu’il remontait à 62,5%
en 2000-2001, puis 64% en 2004-2005, avant de revenir à 40% lors de
la dernière édition : Mister Thomson fait-il un capitaine de navire avisé
lorsqu’il déclare : « Finir le Vendée, c’est ma mission » ?
P P, a P, a
Pour faire face aux dangers, Stamm, Thomson et l’ensemble des concurrents
recourrent, chacun selon ses moyens, à deux approches complémentaires :
préparation avant la course ; anticipation en mer. Tous leurs efforts visent
à réduire l’éventualité d’une casse mécanique. « La période de préparation
nous permet de comprendre et d’atténuer les risques, expose Alex. On Mais on ne peut pas vraiment hiérarchiser les risques : au moindre problème, tu te
vérifie tout, deux fois, trois fois à tel point qu’en Angleterre, on nous prend pour trouves derrière. La recette pour que tout se passe bien, c’est que je sois bien nourri,
des paranoïaques. On travaille avec une petite équipe et quelques fournisseurs de bien reposé et sûr de mes automatismes. »
confiance. Tous sont très impliqués. Vérifier, vérifier, vérifier ! » Un francophone
ne dirait pas mieux. Check, check, check ! Et que dire du facteur chance ? « On Bernard l’astuce
construit sa propre chance, assure le boss d’Hugo. à chaque fois, mes difficultés Illustration. Pour limiter les efforts physiques et préserver son matériel lors des
(2)ont été techniques et j’apprends de mes erreurs. En 2006, j’ai perdu ma quille. é tait- matossages , Bernard a tout stocké dans sept volumineux équipets qui circulent
ce un problème de conception ou de construction ? Je n’en sais rien, c’est comme sur un rail. En libérant le chariot juste avant de changer d’amure, vingt secondes
ça. Mais c’est moi qui avais fait les choix. J’ai donc appris à être plus prudent dans suffisent à matosser. Ingénieuse structure de pont sur ce plan Kouyoumdjian.
mes choix, car j’y ai laissé mon bateau et je n’étais pas loin d’y laisser ma vie. Mais, « Ensuite, il ne reste que les voiles à porter ! » Le skipper suisse réalise alors une
je n’ai rien changé à ma façon de naviguer. » Idem chez Stamm qui s’est instruit de figure de style toute personnelle. Le voilà sur le dos, près de la table à carte. Il
son naufrage aux Kerguélen, il y a quatre ans. lève les jambes et, des pieds, pousse le pont du bateau vers le haut afin de libérer
deux tubes verticaux qui le structurent. Dans la cabine noire, le forçat de la mer
« a f, l’… » passe à l’ouvrage. Gare aux bosses. La besogne finie, nouvel exercice gymnique
Plusieurs mois d’une efficace préparation technique et physique préviennent-ils les les pattes en l’air pour replacer les tubes autour de la table à carte. Il vérifie aussi le
risques ? « C’est dans les manœuvres que les risques de casse sont majeurs, répond système de fixation de la table à carte pivotante. Il ne faudrait pas que les équipets
Bernard Stamm. Si on anticipe bien, le bateau reste maniable. Ne pas prendre de la fassent voler en éclat. Un bol d’air dans le cockpit, monsieur Stamm ? Pourquoi
risques… C’est plus facile à dire qu’à faire. Parfois, on en prend involontairement. pas ! Cet été, le skipper a rehaussé le roof pour être mieux protégé sur sa luge
C’est la fatigue, une erreur tactique, un manque de clairvoyance. En trois mois de surtoilée. « Avant, même avec une météo normale, c’était casque et combinaison
course, on a plein de passages de fatigue et de pleine forme. » Cette année, Bernard sèche obligatoire. » Visiblement, le marin s’est assagi.
juge meilleure sa préparation et indique qu’il sera « plus prudent avec le matériel »,
(1)et qu’il passera plus de temps à contrôler son bateau et à traquer les défauts, en marche sur la quille
(2)particulier aux niveaux du mât et du fond de coque. « Le niveau de régate est lors d’un virement ou d’un empannage, manœuvre consistant à passer d’une amure à l’autre l’ensemble du
tellement serré qu’il faut garder l’ensemble en état de fonctionnement, justifie-t-il. matériel embarqué afin d’équilibrer le bateau.
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Thierry Martinez/Cheminées Poujoulat
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