Comment le Pentagone a financé la conception d'une arme russe

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Comment le Pentagone a financé la conception d'une arme russeExtrait du Spyworld Actuhttp://91-121-42-116.kimsufi.com/spip.php?article2679Comment le Pentagone afinancé la conception d'unearme russe- Renseignement - International - Date de mise en ligne : mardi 3 octobre 2006Spyworld Actuwww.spyworld-actu.com - Spyworld Actu Page 1/5Comment le Pentagone a financé la conception d'une arme russeVeniamin Efremov a bien réussi à duper le Pentagone. Avec des dollars provenant tout droit des Etats-Unis, il aconçu une arme que nul ne possède encore dans le monde. Ni les Yankees, ni les Britanniques, ni les Français.Mais parlons d'abord de cet Efremov et de l'arme unique qu'il a créée.Le "truc" d'EfremovLe Who's Who russe nous informe que Veniamin Efremov, constructeur général de l'Association science-productionNPO Anteï, a terminé l'Institut électrotechnique des télécommunications de Moscou en 1951, qu'il est membre del'Académie des sciences de Russie, lauréat des Prix Lénine et d'Etat, et que ses activités portent sur des radars etdes systèmes de direction.Tout cela est vrai. Mais, à y réfléchir de plus près, vous ne trouverez, dans cette courte note biographique, rien deplus précis. Car telle était la tradition, dans notre pays, dès lors qu'il s'agissait des secteurs des plus sensiblesqu'étaient les industries de défense. Mais on sait que Veniamin Efremov, constructeur général à NPO Anteï, estl'auteur de plusieurs versions de systèmes mobiles de missiles ...
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financé la conception d'une
arme russe
- Renseignement -
International -
Date de mise en ligne : mardi 3 octobre 2006
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Comment le Pentagone a financé la conception d'une arme russe
Veniamin Efremov a bien réussi à duper le Pentagone. Avec des dollars provenant tout droit des Etats-Unis, il a
conçu une arme que nul ne possède encore dans le monde. Ni les Yankees, ni les Britanniques, ni les Français.
Mais parlons d'abord de cet Efremov et de l'arme unique qu'il a créée.
Le "truc" d'Efremov
Le Who's Who russe nous informe que Veniamin Efremov, constructeur général de l'Association science-production
NPO Anteï, a terminé l'Institut électrotechnique des télécommunications de Moscou en 1951, qu'il est membre de
l'Académie des sciences de Russie, lauréat des Prix Lénine et d'Etat, et que ses activités portent sur des radars et
des systèmes de direction.
Tout cela est vrai. Mais, à y réfléchir de plus près, vous ne trouverez, dans cette courte note biographique, rien de
plus précis. Car telle était la tradition, dans notre pays, dès lors qu'il s'agissait des secteurs des plus sensibles
qu'étaient les industries de défense. Mais on sait que Veniamin Efremov, constructeur général à NPO Anteï, est
l'auteur de plusieurs versions de systèmes mobiles de missiles sol-air pour la DCA de l'armée de terre.
A leur nombre, des systèmes aussi célèbres que les Osa-AKM (portée en distance de 1,5 à 10 km et portée verticale
jusqu'à 6 km - ces batteries ont été vendues à 25 pays du monde) et les Tor-M1 (portée en distance de 1 à 12 km et
portée verticale de 100 m à 6 km : ils sont aussi appelés "systèmes de missiles sol-air tactiques"). Outre la Russie,
des Tor équipent les armées grecque et chinoise. En font partie aussi les systèmes Krug et ses différentes versions
(portée en distance de 4 à 50 km et portée verticale de 150 m à 25 km) et les batteries à grand rayon d'action
S-300V (portée en distance de 7 à 100 km et portée verticale de 250 m à 25 km). Et, tout récemment encore,
naissait le système de défense antimissile de théâtre Anteï-2500 (portée en distance de 200 km pour les avions et de
40 km pour les missiles balistiques, portée verticale de 250 m à 30 km). On en ignore pratiquement tout jusqu'à
présent.
Une énigme pour le Patriot
A première vue, l'Anteï-2500 ressemble bien au S-300V, que d'aucuns appellent parfois le "Patriot russe". Six
tracteurs sur chenilles composent le système, ainsi que des tubes, comme ceux d'un orgue dans une cathédrale, et
des rampes de lancement identiques pour les missiles Gigant et Gladiator.
Mais l'essentiel est ailleurs. Aujourd'hui, l'Anteï tire bien plus loin que son prédécesseur. C'est actuellement l'unique
système défensif dans le monde en mesure d'abattre, outre avions et hélicoptères (dont les systèmes aéroportés de
détection et de contrôle AWACS et les avions invisibles aux radars Stealth), des missiles balistiques tactiques de
théâtre, à des distances allant jusqu'à 200 km et à des altitudes jusqu'à 30 km (les batteries S-300V les "atteignaient"
à 100 et 25 km "seulement"). Enfin, ce système est en mesure de détruire des missiles d'une portée de 2.500 km
(d'où le "2500" inséré dans le nom de la batterie) et volant à une vitesse de 4.500 m/sec.
Il s'agit des systèmes chinois Dongfeng (3, 15 et 25), des batteries américaine ATACMS et française Adès, des Scud
S irakiens et des Jericho-2 israéliens, des Pershing américains, lesquels, comme les vieux Scud de fabrication
soviétique, équipent toujours de nombreuses armées dans le monde...
Le S-300V "rattrapait" ces missiles d'une portée de 1.000 km et volant à une vitesse de 3.000 m/sec. Même le Patriot
Pack 2, objet d'une publicité tapageuse lors de la guerre du Golfe, n'arrive même pas à ces indices (sa portée de
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destruction maximale est de 40 km seulement, avec une portée verticale de 24 km).
Modernisé, le Pack 3 en serait arrivé, vers 2005, aux distances de 150 km et de 25 km, alors que la distance
maximale de départ des missiles détruits par le système aurait atteint 1.000 km.
Mais ce n'est pas tout. On ignore encore si les ingénieurs américains ont réussi à supprimer le principal défaut du
Patriot : son missile détruit non pas la tête de fusée mais, le plus souvent, son corps ou son moteur de croisière.
Voilà pourquoi le Patriot rate parfois les ogives qui atteignent leur cible (pendant la première guerre du Golfe, il en a
été ainsi dans 90% des cas, sur les 65 lancements de Scud. Lors de la deuxième guerre contre l'Irak, on s'en
souvient, le Patriot ratait aussi les missiles qui n'arrivaient pas de la "bonne direction", par exemple, depuis la mer).
Le système américain a un autre défaut : ses missiles, qui sont tirés selon un angle par rapport à l'horizon, ne
peuvent pas se tourner vers la cible si celle-ci arrive du côté opposé. De ce fait, pour "boucler le circuit", il faut
disposer de quatre rampes de lancement au moins. Quant à l'Anteï, une seule lui suffit. Ses missiles partent
verticalement pour, à une altitude de 60 à 100 m, se tourner vers la cible.
Autre chose, peut-être la plus importante... L'Anteï-2500, comme, d'ailleurs, le S-300V, frappe précisément la tête de
fusée. A 100%, dans tous les cas. Ce système a une charge unique d'action orientée (aucun autre système dans le
monde ne possède rien de pareil). Et en plus, il peut tirer simultanément sur 16 missiles balistiques, même invisibles
aux radars. Tout autre système est impuissant face aux technologies Stealth...
Voilà. Mais comment donc l'académicien russe a-t-il réussi à concevoir ce système avec de l'argent américain ?
On peut acheter un secret mais pas sa solution
Comment l'académicien russe a-t-il réussi à créer ce système et ce avec l'argent venu directement des Etats-Unis ?
Il est clair que ni le groupe NPO Anteï, ni le ministère de la Défense, son client, n'ont disposé, pendant une période
prolongée, de l'argent nécessaire. Que ce soit pour verser les salaires et encore moins pour réaliser de nouveaux
armements. Mais Efremov a trouvé la solution.
A son client, le ministère de la Défense et à la centrale de commerce d'armements russes Rosvooruzhenie (auj.
Rosoboronexport) - sans oublier bien sûr le gouvernement - il a proposé de vendre aux Américains son système de
missiles sol-air S-300V, objet, depuis des années, d'une chasse ratée de la part de la CIA. Selon l'académicien,
c'était une excellente chance pour la société qui modernisait les batteries Patriot de réaliser enfin les objectifs
assignés par le Pentagone.
Je ne pas pense pas qu'il soit nécessaire de préciser la nature des réponses que l'académicien a entendues de la
part des généraux. Un geste éloquent - un doigt porté à la tempe - a été leur réaction la moins brutale.
A l'époque, nos "spécialistes de l'intox" cherchaient déjà à "refiler" aux Américains via la Biélorussie - certes, avec
beaucoup de tapage dans la presse qui dénonçait "la vente par Minsk de secrets de Moscou" - un vieux S-300PMU,
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un développement du concurrent d'Anteï, les Bureaux d'études Almaz.
Mais quatre batteries d'une version modernisée de ce système, S-300PMU1, avaient déjà été vendues à la Chine et
l'espoir était né que ce contrat aurait un prolongement. Mais si un S-300V était vendu aux Américains, la perspective
de la poursuite de la coopération avec les Chinois risquait d'être fortement compromise.
Une question délicate se posait alors : si le Pentagone achète un système, pourquoi l'Armée populaire de libération
en achète-t-elle un autre ? Pékin a-t-il commis une erreur ? Il était évident que cette question surgirait. Quant aux
généraux, ils disaient de leur côté que le S-300V est un système renforçant la DCA et la défense antimissile de
Moscou. "Nous ne pouvons pas la compromettre en livrant nos secrets", expliquaient-ils à l'académicien.
Le constructeur général prouvait de son côté que l'algorithme de direction des missiles du S-300V ne saurait être
déchiffré même en dix ans et qu'un système de loin plus puissant verrait le jour bien avant. On ne l'écoutait pas.
Alors, Efremov a décidé d'accomplir une démarche peu ordinaire, ressemblant fort à un véritable chantage.
A sa demande, le président d'un comité parlementaire, "tapageur et querelleur" - nous ne le nommerons pas - s'est
présenté devant un fonctionnaire haut placé, dont dépendait l'autorisation de vendre le S-300V aux Américains. Le
député a promis, en cas de refus, d'exiger, devant la Douma, le limogeage du responsable.
Le fonctionnaire a cédé, apposant sa signature au bas de l'autorisation.
Plus tard, l'académicien sera accusé d'avoir vendu "des secrets défense à l'ennemi" et même de "trahison"... Le FSB
(service de sécurité) intentera, contre lui, une action judiciaire. Un grand quotidien rapportera que la DCA autour de
Moscou n'était plus ce qu'elle était après la vente des missiles de Efremov.
Mais le S-300V vendu aux Américains était tout neuf. En présence de la sécurité et d'experts de Rosvooruzhenie, le
système a quitté l'usine où il avait été assemblé. Le Pentagone a obtenu deux batteries (radar de surveillance, poste
de commandement, deux rampes de lancement pour les missiles Gigant et Gladiator). Plus 23 missiles sur les 144
nécessaires. Le total, pour 90 millions de dollars.
Il est vrai que les Américains ont d'abord versé à NPO Anteï seulement la moitié de cette somme. Un jeu quelque
peu obscur se poursuivait entre le Pentagone et la centrale Rosvoorouzhenie. On soupçonnait que les services de
renseignements, de part et d'autre, étaient impliqués.
Il est aussi vrai que Rosvooruzhenie n'a pas livré aux Américains le radar de balayage par secteurs, le coeur du
S-300V. Mais l'académicien ne s'en souciait déjà plus.
L'argent obtenu lui a suffi pour mettre au point son nouveau système Anteï 2500. Testé, il est entièrement
opérationnel.
P.S. Veniamin Pavlovtich disparaissait le16 septembre dernier, en laissant ses conceptions et ses idées qu'il
partageait généreusement avec ses disciples et ses collègues. Cela signifie que l'oeuvre de sa vie est entre des
mains sûres et professionnelles.
L'avis de l'auteur peut diverger de celui de la rédaction.
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