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Université Inter-Âges de Paris-Sorbonneoctobre 2007 / février 2008Une approche philosophique du Développement DurableMichel PuechCours 5.Le volet économique du DD6 décembre 2007Michel.Puech@paris-sorbonne.frrésumé sur http://michel.puech.free.frle volet économie du DD on passe aux choses sérieuses le « bloc » économie-social qui « écrase » le volet écologique (cours 4) une notion au centre de ce bloc : l’équitable– qu’on confond parfois avec le DD… économie / social : l’économie politique est le terrain du DD un autre niveau que les aspirations sociales les retombées institutionnelles ce cours est à compléter par le cours 9 : Développement ou décroissance ?– je laisse de côté cette question pour l’instant31les externalités définition de la notion d’externalité : en théorie économique (comptable) = ce qui n’est pas pris en compte dans le calcul de valeur mais intervient dans la production ou la consommation l’eau utilisée, les rejets dans l’air, la chaleur produite, l’emballage des produits consommés… externalité positive : – le travail des agriculteurs toscans crée le paysage dont profitent l’industrie touristique externalité négative : – l’usine rejette dans la rivière des produits qui sentent mauvais et tuent les poissons, ce qui handicape l’industrie touristique l’État peut intervenir pour réguler les externalités = des phénomènes hors-marché sont insérés dans le marchérégulé par la réglementation ...
Publié le : samedi 24 septembre 2011
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Université Inter-Âges de Paris-Sorbonne octobre 2007 / février 2008
Une approche philosophique du Développement Durable Michel Puech
Cours 5. Le volet économique du DD
6 décembre2007
Michel.Puech@paris-sorbonne.fr résumé sur http://michel.puech.free.fr
le voletéconomiedu DD
on passe aux choses sérieuses le « bloc » économie-social qui « écrase » le volet écologique (cours 4) une notion au centre de ce bloc : l’équitable qu’on confond parfois avec le DD… économie / social :l’économie politiqueest le terrain du DD un autre niveau que les aspirations sociales les retombées institutionnelles ce cours est à compléter par le cours 9 : Développement ou décroissance ? je laisse de côté cette question pour l’instant
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les externalités définition de la notion d’externalité: en théorie économique (comptable) = ce qui n’est pas pris en compte dans le calcul de valeur ma s intervient dans la production ou la consommation l’eau utilisée, les rejets dans l’air, la chaleur produite, l’emballage des produits consommés… externalité positive : le travail des agriculteurs toscans crée le paysage dont profitent l’industrie touristique externalité négative : l’usine rejette dans la rivière des produits qui sentent mauvais et tuent les poissons, ce qui handicape l’industrie touristique l’État peut intervenir pour réguler les externalités = des phénomènes hors-marché sont insérés dans le marché régulé par la réglementation (interdictions / obligations… qui ont un coût) et surtout des taxes la principale externalité négative est la pollution la notion de « capital naturel » apparue dans les théories économiques récentes
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DD :internaliser les externalités négatives une définition intellectuellement satisfaisante elle est « holiste » = prend en compte la totalité : l’écosystème (pollution, consommation de ressources naturelles – eau, air, etc.) le social (externalités affectant des humains : le bruit et les odeurs, la pénibilité du travail, le risque…) des transactions de dédommagement pas forcément des transactions économiques, elles pourraient êtresociales voir cours suivants des négociations, la recherche de consensus, une démocratie des choix économiques, industriels, techniques, etc. principe « pollueur-payeur » marché des « droits à polluer » instauré par le protocole de Kyoto (1998, actif en 2005) pour les gaz à effet de serre élargissement de ces phénomènes de « marché des externalités »… : 6
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le commerce équitable
une question présente dans la position de problème du DD les riches et les pauvres, le déséquilibre économique Nord / Sud une question qui déborde très largement l’écologie et entre rapidement en conflit avec elle l’enrichissement des pauvres est « polluant » semble-t-il… = la question politiquement essentielle de lajustice est-elle légitime dans le champ du DD ? sous la forme del’équitable? le problème avec le marché… la notion de « commerce «équitable » suppose-t-elle que le reste du commerce ne l’est pas ? = une notion potentiellement révolutionnaire ? qui refuse le l’économie de marché?
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définition de l’équitable on commence à en parler au début des années 2000 le produit phare est le café puis autres produits alimentaires puis vêtements, cosmétiques, décoration, jouets… puis séjours touristiques, etc. commerce « éthique » : dans les filières classiques de l’économie marchande, faire respecterles droits sociaux fondamentaux les fonds de placement « éthiques », les agences de notations « éthique » des entreprises commerce « équitable » : en plus, apporter à chaque travailleur un revenu suffisant pourses besoinset lapréservation de son environnement = une notion clairement DD l’équitable = 350 millions d’€ sur les 4 000 milliards d’€ du commerce mondial, donc0,00875 % une question d’étiquette vu : l’importance pragmatique desétiquettesdans le DD la logique descertifications, pour l’équitable comme le bio… 9
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un peu « fort de café »… les faits ème le café est la 2matière première échangée dans le monde, après le pétrole une AIC – Association Internationale sur le Café – maintient les prix entre 1962 et 1989 en 1989 les USA se retirent|instabilité et chute des cours, baisse de 7000 % et passage en dessous du coût de production + surproduction rapport de référence = Oxfam, « Une tasse de café au goût d’injustice », 2002 les chiffres pour un café classique (1,20 € au comptoir et 2,20 € en salle), 0,0038 €(0,32% du prix ) va au producteur pour Max Havelaar, c’est 0,016 € pour l’équitable dont 0,0078 € pour le producteur c’est 2 fois plus les 50% manquants vont aux « intermédiaires » en moyenne la plus value entre production et consommation atteint 7 000 % pour le café 10
les incertitudes éthiques des certifications éthiques… une opportunité économique cyniquement exploitée? JACQUIAU Christian,Les coulisses du commerce équitable. Mensonges et vérités sur un petit business qui monte, Paris, Mille et une nuits, 2006 = un plaidoyer anti Max Havelaar les certificateurs de l’équitable ne font que certifier, ils ne sont pas des entrepreneurs du café ils ne fabriquent pas, ne vendent pas, ne paient pas les producteurs eux-mêmes ils inspectent les entreprises le label équitable peut être obtenu pour un produit à partir d’un seul de ses composants qui est à 25 ou 50% équitable MH est très peu présent sur le terrain (50 inspecteurs pour le monde entier) et engloutit des sommes énormes en pub en 2004 la part des subventions reçues était supérieure à la part des bénéfices de labellisation dans les comptes de MH opacité comptable, à la différence des entreprises non « éthiques »…
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l’entreprise comme acteur du DD ? thèse de plus en plus présente dans les « philosophies du management » « c’est nous, les acteurs/décideurs économiques de terrain, qui agissons sur la réalité, qui faisons le monde… c’est à nous de prendre en charge les stratégies à long terme (durables) nous sommes légitimes et mieux placés que les institutions, dépassées et impuissantes les opinions, superficielles et changeantes » DUBIGEON Olivier Mettre en pratique le développement durable. Quels processus pour l'entreprise responsable ?, Paris, Village Mondial / Pearson Education, 2002 un développement DD de la RSE Responsabilité Sociale des Entreprises (prochain cours) 12
l’écologie industrielle la notion même d’« écologie industrielle » suscite la méfiance de l’écologie politique et des associations on a l’impression d’une grossière récupération pour la communication des entreprises… car effectivement les sites Web des grandes entreprises mettent en avant le DD… mais elle est peut-être une voie du DD pragmatique, opérationnelle (pas institutionnelle) plus large (« holiste ») que le seul recyclage des déchets dont les paramètres sont physiques, mesurables, pas communicationnels ERKMAN Suren Vers une écologie industrielle, Paris, Charles-Léopold Mayer, 1998, 2e éd. 2004 journaliste scientifique, dirige l'ICAST, Genève -Institut pour la communication et l'analyse des sciences et des technologies hypothèse de départ = « il est possible d’envisager le système industriel comme un cas particulier d’écosystème » apparition de l’idée en 1989 (cadres de General Motors publiant dans leScientific American) les parcs éco-industriels (ex : Kalundborg au Danemark) notion de « islands of sustainability » en Autriche : une zone la plus autonome et équilibrée possible au Japon, depuis le début des années 1970, application du principe : substituer la technologie aux ressources naturelles on prend en compte des « métabolismes », comme dans un organisme métabolisme des ménages urbains, d’une zone industrielle, d’une ville… 14
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l’économie de fonctionnalité
article Dominique BOURG « Stratégies pour une croissance non catastrophique », Le Monde, 20/10/2007 (en ligne sur le site de ce cours) 2 stratégies DD sont possibles : l’écologie industrielle, dite aussiéconomie circulaire fonctionner comme un écosystème (vu) l’économie de fonctionnalité substituer à la vente d'un bien la vente de la fonction d'usage (…) = autre calcul de lavaleur(pas les ventes, c’est-à-dire la production quantitative) l’intérêt (économique) du fournisseur est que le bien (le service) soitdurable mises en œuvre directes : Michelin, Xerox, … adaptations : le Vélib’ logique « produit » : le durable, c’est le contraire du jetable, dans tous les domaines cette mutation économique de la production peut être économiquement rentable pour nous (Occidentaux) : fabriquer des objets fiables, durables, réparables… innovation, technologie, emplois…
conclusions du jour
F.A. Vivien : la durabilité est vue à la fois comme dans la nature même du capitalisme libéral (fonctionnement du marché, optimisation) et comme la contradiction la plus radicale apportée à ce modèle économique dominant… = une alternative « intérieure », réformatrice et pas révolutionnaire ? des valeurs nouvelles mais compatibles avec celles de notre économie de marché régulé, et non pas incompatible avec lui ? ressourcer et globaliser l’économie de marché ?
problème de l’économie : qu’est-ce que la valeur ?| problème du DD : qu’est-ce qui est pour nous une valeur ? pas seulement économique maisaussiéconomique
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