LE MONSTRE

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Du "Fils de Saul" à la publication prochaine de "Mein Kempf"... ce que m'inspire l'actualité internationale et francofrançaise.

Publié le : samedi 7 novembre 2015
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Michel Bellin
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Le Monstre
’en veux pour toujours à ce Monstre Majuscule J parce que lui, abject et dérisoire homoncule, il a brisé à jamais notre foi en l’Homme. J’en veux à ce Monstre froid parce qu’il a déclaré et failli démontrer que la dignité humaine n’existe pas, qu’elle n’est qu’une “ hallucination conceptuelle ”. J’en veux à ce Monstre honni parce que contre la crise, le chômage, l’inflation, la baisse du pouvoir d’achat, la hausse des prix... il a déclaré « Haro sur cette sale race de bacilles et de larves ! » J’en veux à ce Monstre pourri parce que face à ses propres déboires, son déclassement social, ses délires d’aliéné, ses ratages de barbouilleur du dimanche, ses rancœurs de loser désœuvré... il a voulu prendre sa revanche en incarnant et personnifiant son fantasme du Chef suprême, à la tête du nouveau Peuple élu, de la Race supérieure, d’Archanges blonds aux yeux bleus dont il serait le chef pour l’éternité, lui, l’Homme-Dieu, seul maître d’une « Grande Politique », lui, le minus, le timide, le noiraud, le nain moustachu, l’avorton criminel. J’en veux à ce Monstre dévoyé parce que, pour justifier son assassinat de masse planifié, il a un jour déclaré : « C’est une mission sacrée. En combattant les Juifs, je combats pour l’œuvre du Seigneur. »
J’en veux à ce Monstre intégral parce qu’en armant la main des bourreaux, en planifiant leurs méticuleux méfaits, en industrialisant l’Holocauste, en mobilisant des divisions de fonctionnaires décervelés de bureaucrates zélés d’écoliers embrigadés de jeunes recrues sacrifiées, en dépravant une Nation entière, naguère chrétienne et cultivée, il a voulu créer une “ hypermorale ” froide, rationnelle, déshumanisée, celle dont se réclament aujourd’hui tous les tenants du bio-fascisme hygiéniste et du surHomme immortel. J’en veux à ce Monstre inhumain parce qu’à peine quelques décennies plus tard à la Uneil revient, inspire des films esthétisants, espère voir enfin publiée sa Bible fondatrice (L’an prochain en tête de gondole et n°1 sur la liste des meilleures ventes), alimente en secret et en sous-main celles et ceux dont il a fait le lit les démagogues, les déclinistes, les défaitistes, les usurpateurs, les menteurs, les racistes – notre blonde bonimenteuse frontiste et nationaliste – et qu’au fond de son bunker sépulcral d’où sans cesse il renaît, mon horrible phénix s’ébroue et ricane en voyant s’accomplir encore et toujours sa sinistre prophétie griffonnée dans l’antre de Landsberg : «Les masses voudront toujours être trompées de la ma nière la plus impudent e !»(Mein Kampf. Eine Abrechnung,1925) Ecrit à Boulogne-Billancourt, le 7 novembre 2015, après avoir obstinément refusé de voir au cinémaLe fils de Saulet relu un chapitre du livre de Rüdiger Safranski intitulé « Le Mal oule Théâtre de la liberté. »
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