Macron, ministre populaire malgré une politique économique impopulaire

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Politique économique désavouée mais ministre de l’Economie superstar
1 – La politique économique du gouvernement atteint un niveau historique d’impopularité …
Le jugement des Français sur la politique économique du gouvernement atteint des niveaux record d’impopularité. Près de 9 Français sur
10 (86%) jugent qu’elle est « mauvaise » et seulement 14% qu’elle est « bonne ».
A un peu plus de mi-mandat, après deux ans et sept mois de Présidence Hollande, un tel niveau ne s’était encore jamais observé. Testé
régulièrement de 1997 jusqu’à la fin de l’année 2010, cet indicateur n’avait jamais recueilli de tels niveaux d’impopularité. Ainsi, à pareille
époque, après 2 ans et 7 mois, le mécontentement des Français sous les précédentes présidences Chirac puis Sarkozy était nettement
inférieur à celui observé aujourd’hui sous la présidence Hollande. Avec « seulement » 60% de mauvaises opinions à l’égard de leurs
politiques économiques contre respectivement 34% et 36% de bonnes opinions, les deux derniers Présidents peuvent presque s’estimer
« populaires » à côté de François Hollande avec ses 86% de mauvaises opinions.
Plus cruel encore pour l’exécutif actuel, le rejet est unanime aussi bien à droite (95% de mauvaises opinions) qu’à gauche (71% de
mauvaises opinions).
2 – … et pourtant, le ministre de l’Economie, lui, est extrêmement populaire
Paradoxe apparent de l’opinion, alors que la politique économique menée par le gouvernement est si impopulaire, celui qui est justement
principalement en charge de celle-ci, le ministre de l’Economie Emmanuel Macron est très majoritairement populaire !
Plus de 6 Français sur 10 (62%) estiment ainsi qu’il est un « bon » ministre de l’Economie.
Ce niveau de popularité s’est même accru de 6 points en un mois et demi, passant de 56% mi-octobre à 62% en ce mois de décembre.
Encore plus fort, le jeune ministre assumant son social-libéralisme réussit le tour de force d’être à la fois très populaire (70%) auprès de
l’ensemble des sympathisants de gauche – extrême gauche inclus – et de disposer d’un enviable niveau de popularité auprès des
sympathisants de droite (56% de bonnes opinions).
C’est que, le problème de l’impopularité actuelle de l’exécutif et de la politique économique qu’il conduit s’explique bien par l’absence
actuelle de bons résultats – chômage en hausse et croissance en berne – et nullement par une remise en question de l’orientation de la
politique suivie.
Publié le : lundi 8 décembre 2014
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Baromètre de l’économie Décembre 2014
,
Sondage réalisé par
pour
et
Publié le 4 décembre 2014
Levée d’embargo le 4 décembre –06H45
Méthodologie
Recueil
Echantillon
Enquête réalisée auprès d’un échantillon de Français interrogés par Internet les27 et 28 novembre 2014
Echantillon de1 013 personnesreprésentatif de la population française âgée de 18 ans et plus.
La représentativité del’échantillonest assurée par la méthode des quotas appliqués aux variables suivantes : sexe, âge et profession del’interviewéaprès stratification par région et catégoried’agglomération.
Synthèse détaillée du baromètre (1/3)
Les Français soutiennent les revendications des chefs d’entreprises
1 - Net rebond del’indicede moral des Français après 5 mois de baisse ininterrompue ! 8 Français sur 10 restent toutefois défiants enl’avenir
Que se passe-t-il donc en ce mois de décembre ? Le chômage augmente toujours et les bonnes nouvelles économiques ne sont pas légion. Pourtant, le moral économique des Français,s’ilest toujours calamiteux avec 80% de nos concitoyens défiants en l’avenir, s’améliorenettement par rapport au mois dernier : la part des personnes se déclarant plus confiantes en l’avenirsituation économique du pays progresse de 6 points. Inversement, celle des pessimistes diminue de 7de la points. L’indicede moral,c’estles « confiants » et les « défiants » est donc toujours très négatif,-à-dire la différence entre maiss’améliorenettement (+13 points) devenant bien moins « glacé »qu’ilnel’étaiten novembre : -61 contre -74 à l’époque. Plus positif encore, ce rebond « casse » une tendance continue à la baisse du moral observée depuis juin dernier. La remontée constatée en décembre est une « première » depuis six mois et la nomination du gouvernement Valls-I. C’est d’ailleurssans doute un impact politique qui explique en large partl’améliorationobservée : depuis six mois, le sentiment de cafouillages, et de manque de cap économique expliquait largement le sur-pessimisme enregistré dans nos mesures. Le fait que le pouvoir en place donne une meilleure lisibilité à son actionsociale-libéraleet ne trébuche pas sur les réformes depuis quelques semaines, explique probablement cette relative embellie. La progression de 8 points del’optimismeauprès des sympathisants de gauche (de 27% à 35%)s’explique probablement ainsi.
Synthèse détaillée du baromètre (2/3)
2 - Le crid’amourdes Français àl’entrepriseet même aux patrons : les deux-tiersd’entreeux légitiment leur mobilisation et demandent une politique qui leur soit encore plus favorable
Devant le MEDEF cet été, le Premier ministre Manuel Valls a dit «j’aime l’entreprise! » Les Français nous le crient touspresqueunanimement en ce mois de décembre. Ils soutiennent ainsi une par une toutes les revendications les plus importantes du MEDEF, sauf une. Plus de six Françaix sur dix approuvent la demande du MEDEF de relever les seuils sociaux (61%), ou de revenir sur certaines des dispositions fortes de la loi Hamon comme de ne pas avoir à informer plusieurs mois àl’avanceleurs salariés en cas de cession (62%) ou de réformer la loi dite « pénibilité » (64%). Mieux encore pour le MEDEF, les trois-quarts des Français (77%) suivent plus globalementl’organisationpatronale sur sa demande plus globale de voir allégée la fiscalité pesant sur les entreprises. Naturellement, des clivages existent dansl’opinionsur ces sujets, les sympathisants de droite soutenant encore davantage que les autres ces demandesmais même auprès des sympathisants de gauche, il se trouve désormais une majorité pour soutenir chacune de ces revendications. En revanche, il est une revendication du MEDEF que les Français ne suivent pas du tout, celle qui consisterait à revenir sur la présence des représentants des salariés dans les conseilsd’administrationdes grandes entreprises. 8 Français sur 10 (81%) pensentqu’il s’agitd’unetrès bonne chose et soutiennent cette disposition. Sur ce sujet,l’unanimitédes Français est toute aussi grande pour ne pas suivre le MEDEF et souhaiter que soit maintenue cette obligation. Sans doute le syndicat patronal serait-il bien inspiré de ne pas trop insister dans son bras de fer avec le gouvernement sur ce sujet, afind’insistersur ses nombreuses zones de force dansl’opinion. Chose encore plus incroyable que ce soutien sur la plupart des demandes techniques du MEDEF, près de deux Français sur trois (64%) soutiennent la mobilisation des patrons de cette semaine, estimant avec eux que « les organisations patronales ont raison de se mobiliser pour manifester cequ’ilsappellent leur « souffrance et leur ras-le-bol » contre la politique du gouvernement ».
Synthèse détaillée du baromètre (3/3)
Incroyable ou étonnant car il aurait pu sembler un peu excessif voire même indécent à des Français à qui tant d’effortssont demandés que des patrons « descendent dans la rue » pour dire leur mécontentement ; surtoutqu’ils le font justement au moment où le gouvernement est en train de prendre des dispositions qui sont plus favorables aux entreprises et où il leur dit (Valls)qu’illes aime. Cette postures’expliquevraisemblablement par le soutien de principeassez nouveaudes Français à une politique del’offre,par le rejetqu’ilsont eux-mêmes del’exécutifet aussi parce que les Français ne semblent pasàl’instar des patronsavoir le sentiment que le gouvernement mènerait une politique désormais si favorable que cela à l’entreprise. Ainsi, les Français qui àl’instardes frondeurs socialistes ou de Jean-Luc Mélenchon, estiment que le gouvernement Valls mènerait une politique « trop favorable » aux entreprises sont extrêmement minoritaires (32%), les deux-tiers de nos concitoyens estimant que cette politiquen’estsoit « pas assez favorable aux entreprises » (39%) soit tout juste « bien équilibrée » (28%). Reste que, mêmes’ilest largement soutenu, ce mouvement aurait sans doute intérêt às’arrêterrapidement.
Cela permettrait aux patrons de conserver dansl’opinionle soutien exceptionnel dont ils bénéficientaujourd’huiet, accessoirement, de ne pas heurter un gouvernement qui depuis trois mois leur està son corps défendantplus que favorable.
Gaël Sliman, Président d’Odoxa
Confiance en l’avenir de la situation économique en France
6
Depuis ces dernières semaines êtes-vous plutôt plus confiant ou plutôt moins confiant concernantl’avenirde la situation économique en France ?
Plutôt moins confiant : 80% -7 pts
(NSP) 1%
Plutôt plus confiant : 19% +6 pts
Indice « Plutôt plus confiant » - « Plutôt moins confiant » = -61 (Rappel Novembre 2014: -74)
Evolution de l’indice de confiance en l’avenir
7
Depuis ces dernières semaines êtes-vous plutôt plus confiant ou plutôt moins confiant concernantl’avenirde la situation économique en France ?
Confiance en l’avenir de la situation économique en France selon la proximité partisane
8
Depuis ces dernières semaines êtes-vous plutôt plus confiant ou plutôt moins confiant concernantl’avenirde la situation économique en France ?
Ensemble
Sympathisants de gauche
Sympathisants de droite
19%
8%
Plutôt plus confiant
35%
80%
91%
65%
Plutôt moins confiant
Rappels « Plutôt plus confiant » novembre 2014
1%
13%
27%
4%
(NSP)
Approbation du mouvement des organisations patronales
9
La semaine prochaine les organisations patronales ont décidé de se mobiliser pour manifester ce qu’ilsappellent leur « souffrance et leur ras-le-bol » contre la politique du gouvernement. Vous personnellement, estimez-vousqu’ilsont raison ouqu’ilsont tort ?
Ils ont tort 35%
(NSP) 1%
Ils ont raison 64%
Approbation du mouvement des organisations patronales selon la proximité partisane
10
La semaine prochaine les organisations patronales ont décidé de se mobiliser pour manifester ce qu’ilsappellent leur « souffrance et leur ras-le-bol » contre la politique du gouvernement. Vous personnellement, estimez-vousqu’ilsont raison ouqu’ilsont tort ?
Ensemble
Sympathisants de gauche
Sympathisants de droite
Ils ont raison
35%
64%
85%
Ils ont tort
63%
35%
1%
2%
14%1%
(NSP)
Opinion sur la politique de Manuel Valls à l’égard des entreprises
11
Vous personnellement, estimez-vous que le Premier ministre, Manuel Valls, mène actuellement une politique économique :
Bien équilibrée, ni trop ni pas assez favorable aux dirigeants d’entreprises 28% Rappel Aout 2014 : 26%
(NSP) 1%
Pas assez favorable aux dirigeants d’entreprises 39% Rappel Aout 2014 : 36%
Trop favorable aux dirigeants d’entreprises 32% Rappel Aout 2014 : 37%
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