NOS AMIES LES BETES

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Une fable zoologique et politique qui se veut tragiquement drôle.

Publié le : mercredi 9 décembre 2015
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Michel Bellin NOS AMIES LES BÊTES Fableanti-lepéniste
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"De peur de rapetisser, nous oublions de grandir. De peur d'en pleurer, nous oublions de rire." Paolo Coelho Nos amies les bêtes
os amies les bêtes Nne sont pas bêtes du tout et la vache moins fofolle qu’on l’a cru un temps. Pour preuve ces quelques scènes animales croquées sur le vif et pas tout à fait dépourvues d’âme, quoi qu’en disent les bipèdes, minus infâmes. Et puisque l’arme la plus bête du monde, la plus sauvage, inventée comme il se doit par les dits bipèdes ingénieux – lakalalch, pour ne pas la nommer – fit chez les jeunes humains les ravages que l’on sait, c’est pour commencer avec fracas l’histoire bouleversante d’une rencontre,
celle d’une mite sérieuse abordant une autre mite en train de rire, de s’esclaffer en rafales, de pouffer sur le boulevard tout près de la mare aux canards. — Mais pourquoi tu te marres, mite ? — Parce que je suis une mite railleuse. Sinistre, non ? Et cruellement prémonitoire. Passons et trépassons. Pour détendre l’atmosphère, voici une autre histoire animale, bouffonne en apparence mais tout aussi tragique, j’en ai peur. Au Royaume des grenouilles et des crapauds buffles aux émouvantes pustules, la vie est essentiellement métaphysique. Et ça commence tôt, très tôt, au fond de étangs glauques, déjà à l’époque lointaine où il existait de sublimes étangs glauques et non des plans d’eau artificiels et des boulevards périphériques. Bref, en ce temps-là où les vieux bipèdes franchouillards ne consommaient pas encore de tendres cuisses batraciennes, le drame existentiel éclatait tragiquement en même temps que la vie : chaque têtard en naissant croyait qu’il était tôt. Or, il était tard. D’où le stress postnatal et les cellules d’aide psychologique mises en place par les bipèdes au fond des étangs de plus en plus assainis et dépeuplés car pollués : une seule cellule aide ; trop de cellules tuent et puent.
Pour purifier l’atmosphère, s’il se peut, à présent cette scène bucolique et presque réconfortante. Non loin des mares castratrices de rêves et génératrices de baby blues, insouciantes en leur dernier pré carré, placides et impavides, deux vaches. Qui paissent (et pètent). Et surtout discutent, en battant de leurs longs et soyeux cils blonds. Mais en fait plus gravement déprimées qu’elles n’en ont l’air, cet air mauvais qu'elles ruminent. — Dis donc, Marine, si j’en crois nos amis bipèdes, qui vraiment déconnent grave dans leurs conclusions scientifiques, t’as pas peur de la vache folle, toi , toi qui es aujourd’hui guérie et parfaitement comestible ? — Moi ? Leur maladie de Creutzfeldt-Jacob ? Je m’en fous, j’suis un canard ! — OK, excuse-moi. Mais pourquoi les bipèdes veulent encore nous mettre tout ça sur le dos ? — Quoi “ça “ ? — Leurs âneries, leurs cochoncetés, leurs singeries, toute leur saloperie, quoi ! — Parce qu’ils sont fous et nuisibles. — Depuis quand ? — Mais depuis toujours ! Depuis la nuit des temps. Tiens, tu te souviens de l’horrible borgne. — Celui qui bouffait du bougnoule et croyais pas aux écuries à gaz ? — Exact. Et bien, son ancêtre était un cyclope. — L’ancêtre de papy Jean-Marie ?! Un cyclope ? T’es vachement savante, toi. C’est un scoop ! — Non, c’est un drame, surtout à Hénin-Baumont. Eh bien, un jour, un bébé cyclope, lointain ancêtre de Jean-Marie le Borgne, se posa cette question aussi profondément fondamentale que basiquement existentielle. Et, l’ayant ruminée longtemps, longtemps, très longtemps, il posa sa question à l’ancêtre de notre ex-Président d'Honneur, un gros et
vieux taureau-cyclope au poil lustré et à l’unique œil torve. — Arrête de me faire brouter, miss Coin-coin ! Accouche ! Quelle question ? — Celle-ci : « Dis, p’pa, pourquoi qu’on a qu’un œil ? » — Et il a répondu quoi, l’ancêtre de Jean-Marie la Fripouille ? — Ta gueule, broute, tu me casses la couille ! Logique. Tristement logique. Bref, au royaume des bêtes, les hommes sont les moins bien lotis. D’ailleurs les animaux se gaussent dans notre dos : Tous des tocards, ces bipèdes, de gros vantards, de francs connards croyant avoir deux cerveaux – un petit et un gland –mais qui ne leur servent à rien, surtout pas à voter. Fermez le ban. MORALITÉ : Marraine lapine, pardon, Marine le Pen, est plus orgueilleusement enflée de sottise crasse et de haine vipérine qu’on le croit en général dans les chaumières prolétaires comme dans les tanières secondaires et représentative d'une prolifique espèce pas du tout en voie de raréfaction voire d'extinction comme les vieux singes l’espèrent quand ils font les autruches en radotant en vain, une chope à la main.
Il faut donc ouvrir l’œil — et le bon. Et confiner la génisse brune en son enclos.Et aussi boycotter la seule résolution mondiale (censément intelligente !) prise par la Cop 21 par les bipèdes-chefs pour sauver leur planète à eux, en sacrifiant une fois encore leurs pauvres amies les bêtes : « Mangez un castor, vous sauverez un arbre ! » Fable politique écrite rageusement le 5 décembre à Boulogne-Billancourt (entre trois et quatre heures du matin). Michel Bellin Site littéraire :www.michel-bellin.fr
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